CONTRE LA FRANCE DES RICHARDS
CLASSE CONTRE CLASSE !
Les présidentielles, un scrutin antidémocratique.
Aux présidentielles, la bourgeoisie monopoliste, grâce à sa mainmise totale sur l'Etat et les médias, a orienté l'opinion publique, une fois de plus, selon sa volonté. « Le Figaro » l’avouait crûment : nous sommes en présence d’un duel au second tour qui opposerait « Thatcher à Blair », en clair deux tenants du libéralisme. Le caractère réactionnaire de la Vème République est amplement confirmé puisqu'elle satellise de fait l'ensemble des forces hors du pôle dominant : PS/UMP/UDF.
Ces forces à la « gauche du PS », au-delà de la dénonciation de la politique de la droite et de la critique de certains aspects de la gestion du PS, légitiment cette duperie, puisqu’à aucun moment, elles n’ont rappelé la nature de classe de l’Etat et le caractère antidémocratique de ce type d’élection. La logique institutionnelle conduit, moyennant finances, les partis trotskistes et le PCF à finalement se couler dans le moule constitutionnel antidémocratique. Les forces démocratiques et progressistes doivent travailler à créer les conditions de l’abrogation de cette constitution réactionnaire.
Nos propositions de luttes :
Abrogation de la constitution de la Vème République.
Non à la monarchie « républicaine » !
Agissons pour l’exigence d’une Assemblée Constituante !
Proportionnelle intégrale à toutes les élections !
Droit de vote à toutes les élections pour les travailleurs immigrés !
La stratégie du capital financier.
Jospin au pouvoir a aggravé les dispositions autoritaires et antidémocratiques de la constitution. L’avènement du « quinquennat » s’est doublé de la subordination de fait des législatives à l’élection présidentielle. En effet, ces élections se réduisent à un plébiscite véritable pour l’équipe en place.
Malgré la participation massive aux élections, la crise de la démocratie représentative opère plus que jamais. La majorité actuelle derrière sa force apparente, ne tardera pas à montrer ses limites quand elle s'attaquera aux dernières conquêtes sociales et républicaines et qu'elle affrontera ainsi la colère des travailleurs.
Durant cette campagne, le PS a prouvé, une fois de plus, au-delà du caractère populaire de certains de ses militants et électeurs, qu'il constituait un parti des monopoles chargé d'appliquer, au niveau de l'Etat, la stratégie des grands groupes financiers ; sa politique, exceptée sur le rythme des « réformes », différait fort peu de celle de Sarkozy.
Il y a deux ans, tirant les leçons du référendum victorieux, nous appelions à concrétiser cette victoire en chassant le PS du mouvement populaire, c'est-à-dire en faisant la démonstration qu’il constitue l’obstacle à la formation d’une véritable alternative progressiste. C’est la condition d’une recomposition du camp progressiste.
Il faut revenir aux catégories marxistes matérialistes pour expliquer les phénomènes sociaux.
A travers les candidatures de Sarkozy, Royal, la bourgeoisie monopoliste poursuivait les objectifs suivants :
-Mettre en avant la "valeur travail" : c'est-à-dire allonger le temps de travail, aggraver les cadences, augmenter la surexploitation, en résumé exercer une pression maximale sur la classe ouvrière et les travailleurs.
-Liquider les dernières conquêtes sociales obtenues par les luttes de classe (1936, 1945, 1968) en dénonçant les soi-disant privilèges des régimes spéciaux de retraites, en parachevant les privatisations (EDF GDF), en cassant l'Ecole Républicaine, même affaiblie depuis des années, par la suppression de la carte scolaire, en supprimant les conquêtes démocratiques d'après- guerre.
-Criminaliser la révolte des jeunes les plus marginalisés par la politique capitaliste, en renforçant l’arsenal répressif.
Dans tous les domaines, c'est bien le capital financier qui, à travers ses divers candidats, décide des orientations. Le Pen a eu pour fonction de permettre aux autres forces dites "républicaines" de reprendre nombre de ses propositions ségrégatives et racistes, tout en prétendant se démarquer du FN. Sarkozy a repris nombre de positions lepénistes et a opposé les travailleurs entre eux selon leur nationalité et confession, tout en poursuivant les rafles de type pétainiste contre les Sans-papiers.
Nos propositions de luttes :
Pour les 35 heures !
Défense des conquêtes sociales de 1936, 1945, 1968.
Non aux privatisations !
Nationalisations des monopoles privés afin d’assurer les besoins vitaux (santé, énergie, transports, télécommunications, agro-alimentaires…) !
Régularisation de tous les sans-papiers.
Des emplois prioritaires en CDI pour les jeunes, retraite à 60 ans (37,5 annuités).
Non à la justice de classe envers les jeunes, amnistie des jeunes manifestants condamnés.
Sarkozy au pouvoir : c’est la guerre sociale contre le monde du travail !
La victoire de Sarkozy, le candidat le plus réactionnaire, a opéré un glissement à droite marqué de la représentation politique.
Le gouvernement Sarkozy peut se permettre d’utiliser le leurre de « l’ouverture » afin d’écraser Bayrou et ses idées d’ « union nationale ». Ce gouvernement s’engage dans la politique la plus réactionnaire suivie depuis 1945, en inscrivant son action dans la « révolution conservatrice » des Reagan, Thatcher afin de remodeler la société capitaliste française, comme dans les Etats de l’UE pour instaurer la "flexi-sécurité." L’objectif étant de maximaliser les profits capitalistes, par la paupérisation de la population laborieuse et l’appel à une concurrence fratricide entre travailleurs. Cette politique ne profitera en réalité qu’au renforcement des privilèges exorbitants des nouveaux nantis type « Neuilly/Auteuil/ Passy », cette oligarchie financière parasitaire.
Les premières sorties du nouveau président au" Fouquet’s", haut lieu de la « Jet set » et son séjour sur le yacht du capitaliste Bolloré à 16 000 euros la nuit, éclairent le message.
Le fait qu’invité par le capitaliste Bolloré, Sarkozy ait annoncé qu’il ne payait pas son séjour est hautement significatif de la décadence morale des politiciens au service du capital. Voilà un nouveau président qui recevant des cadeaux des monopolistes sera ainsi garant de la réciprocité. La France des richards est appelée à étaler son impudence et ses richesses ! Le patriotisme du coffre-fort des milliardaires est amplement démontré quand Johnny Hallyday annonce son retour en France, après son séjour en Suisse et sa demande de naturalisation belge !!! Les travailleurs étant les payeurs !
La politique intérieure, devient une nouvelle chasse gardée du président et le premier ministre fait office de commis des directives de l'Elysée. Dans tous les domaines, la politique de Sarkozy vise à donner toujours plus aux magnats du capital, aux rentiers et boursiers.
Ce sont tout d'abord les cadeaux faits aux seuls nantis: 93 000 foyers ont déjà récupéré 350 millions d'euros en 2006 au titre du bouclier fiscal. En baissant la part de la taxation sur les grandes fortunes à 50%, aggravant lourdement le déficit du pays - soit 18300 euros par habitant-
Les cadeaux aux richards se traduisent au total par au moins 4 milliards d'euros (certains experts vont jusqu'à 15 milliards) qui feront défaut aux recettes de l'Etat. Sarkozy économisera en partie sur la suppression des emplois des 250 000 fonctionnaires, ce qui accentuera la dégradation des services publics essentiels à la satisfaction des besoins quotidiens. Le reste sera pris dans la poche (hausse de la TVA, des prix) de ceux qui produisent toutes les richesses du pays, les travailleurs. C'est là une tare indépassable du capitalisme.
A la clé, c'est le renforcement d'une société toujours plus inégalitaire, à plusieurs vitesses, d'exclusion et de ségrégation de classe, dont rêvent le capital financier et Sarkozy.
"Travailler plus pour gagner plus", ce slogan de Sarkozy a pu tromper des travailleurs, en raison de la mise en avant de la « valeur-travail » par Royal et de la faiblesse du courant communiste et l'avènement à la CGT d’un syndicalisme d'aménagement.
Derrière le slogan se profilent la concurrence accrue entre travailleurs, le travail forcé pour ceux qui ne veulent pas les heures supplémentaires "Heures sup." qui rapporteront des profits fabuleux aux seuls capitalistes. Plus grave : outre les fraudes possibles, cette loi va aggraver le chômage en répartissant toujours plus la production entre ceux qui ont un emploi, et, en supprimant les charges, aggraver le déficit de la sécurité sociale et des caisses de retraite. Les jeunes, principales victimes du chômage sont prévenus: ce n'est pas sous Sarkozy qu'ils trouveront l'emploi auquel ils ont droit.
Nos propositions de luttes :
1500 euros nets immédiatement !
300 euros d’augmentation pour les pensions et les salaires
Non à la flexi-sécurité, des CDI pour tous !
Taxation des profits du capital, renforcement de l’impôt sur les grandes fortunes !
Pas d’aide financière publique aux monopoles !
Baisse de la TVA pour les produits de première nécessité, hausse de la TVA pour les produits de luxe !
Sarkozy, c’est l’atlantisme et une politique brutale au service des intérêts impérialistes
L'entrée de plusieurs politiciens de "gauche" atteste du degré de dégénérescence de la social-democratie. Kouchner, partisan de l'entrée de la France dans la guerre impérialiste contre le peuple irakien, sera chargé d'appliquer les directives atlantistes et pro-sionistes du nouveau président.
Ce dernier, qui avait présenté les excuses de la France à Bush pour les positions prises sur l'Irak, est un tenant affirmé de l'Euro-Atlantisme, de la politique de soumission et de subordination des Etats du "Tiers monde" au système impérialiste.
Sarkozy annonce l’adoption d’un traité constitutionnel européen, défiant la position souveraine adopté par la majorité des électeurs. L’inscription du nouveau pouvoir dans une construction « euro-méditerranéenne » vise à conforter et à renforcer la présence de l'impérialisme français dans sa « chasse gardée » au Liban, dans le Proche Orient ainsi qu’en Afrique du Nord.
Sarkozy sera le garant de la politique brutale et rapace de l'impérialisme français sur l'ensemble du continent africain.
Kouchner et son inspirateur, le philosophe reaganien Glucksman, seront ainsi les interprètes de la politique de Washington visant à encercler et affaiblir la Russie bourgeoise, toujours grosse d'une révolution socialiste et la Chine, concurrent sérieux dans la conquête des marchés, à soutenir la politique de guerre impérialiste contre les pays qui refusent le « nouvel ordre mondial » impérialiste.
Nos propositions de luttes :
Non à toute nouvelle mouture du traité constitutionnel européen liberticide, au seul service des intérêts financiers !
Lutte contre les diktats de l’UE dans la perspective générale de lutte de classe pour le retrait de la France de l’UE !
Lutte contre l’impérialisme français : retrait de toutes les troupes françaises du Liban; d’Afrique, d’Afghanistan !
Autodétermination des territoires d’outre-mer (DOM-TOM)
Stop aux ingérences dans la politique des Etats africains, dénonciation du pillage de leurs ressources par les monopoles français ; dissolution de la françafrique !
Retrait de la France de l’Otan !
Non à la politique de guerre de l’impérialisme nord-américain ; retrait des troupes Anglo-US d’Irak !
Solidarité aux révolutions anti-impérialistes de Cuba, du Venezuela, de Corée populaire !
Pour un Etat de Palestine libre, indépendant, démocratique, avec Al-Qods pour capitale !
Contre les coups du capital et de son gouvernement : résistance de classe !
Le contrat unique.
Sarkozy veut mettre en place un contrat unique à la place des nombreux contrats actuels. Là aussi, il y a tromperie, puisque certains pensent que la précarité sera ainsi liquidée.
En réalité, le gouvernement Sarkozy Fillon veut instaurer un contrat unique s'inspirant du CNE avec une période d'essai de deux ans. Ainsi le patronat s'il embauche (la généralisation des heures supplémentaires sera un frein à l'embauche) pourra disposer d'une souplesse accrue pour licencier les nouveaux salariés.
Le MEDEF veut en finir avec le Code du Travail. Le "contrat unique" et le projet de sécurité sociale professionnelle (en cas de licenciement le salaire serait assuré par l’argent public) aggraveront la casse de l'emploi et effaceront la majorité des privés d'emploi des statistiques du chômage. Ce projet de « sécurité sociale professionnelle », lancé entre autre par la direction de la CGT, s'inscrit bien dans l'aménagement du capitalisme, son "embellissement", dans la tentative de camouflage de l'antagonisme entre le capital et le travail.
Nos propositions de luttes :
Non à la précarité ! Emplois prioritaires en CDI pour tous les jeunes demandeurs !
Interdiction des licenciements !
Revalorisation des minima sociaux et des allocations chômage
La "Justice" instrument de la répression contre les jeunes et les exclus.
Rachida Dati propose une refonte du Code Pénal sur le modèle de Malthus visant à diffuser une idéologie de « classes laborieuses, classes dangereuses ». Les jeunes défavorisés, en voie de marginalisation économique par le capitalisme, sont la cible de la nouvelle garde des Sceaux. C'est la revanche de "Neuilly" sur la révolte des cités qui a fait si peur aux boursicoteurs et affairistes. C'est l'annonce des "peines plancher" pour les récidivistes et l'abaissement de la responsabilité pénale à 16 ans! C'est la fin d'une justice "individuelle" jugeant au cas par cas, afin de statuer sur les faits en partant du parcours de vie du délinquant, en lui ôtant toute possibilité de réinsertion. Le « tout carcéral », la surpopulation pénitentiaire vont s'aggraver. Si le gouvernement applique ses directives, ce sont 300 000 délinquants qui se "partageront" les 61 000 places dans les prisons.
La brutalité, l'inhumanité, la loi des caïds seront plus que jamais la règle dans les établissements pénitentiaires. Le tout-répressif ne réglera pas l'insécurité qui a ses racines dans un système capitaliste où le luxe étalé à longueur des médias défie la marginalisation et le labeur. Une société qui réprime sa jeunesse n’a pas d’avenir.
La justice, c'est de travailler à la prévention pour les jeunes en difficultés, d’œuvrer à une école de qualité non-ségrégative et discriminatoire, de renforcer les missions des éducateurs de proximité, de punir les délinquants avec une politique éducative d'insertion dans l'emploi. D’ailleurs la société capitaliste impuissante ne peut que cacher ses maux en réprimant grâce à son contrôle sur sa justice de classe.
La fusion DST/Renseignement Généraux est l’indication du penchant du pouvoir à criminaliser tous ceux qui combattent l'injustice et le capitalisme.
Toute opposition risque d'être assimilée à un délit contre la "Sûreté de l'Etat" : c'est bien le rôle de la DST. Sous couvert de lutte contre le terrorisme réel, tout adversaire du libéralisme et du capitalisme ne risque t-il pas d'être taxé de "terroriste" comme les fascistes allemands et leurs laquais de Vichy le firent à l'encontre de Guy Môquet et de ses camarades.
Nos propositions de luttes :
Maintien de la majorité pénale à 18 ans !
Pour une politique de prévention, de dissuasion de la délinquance et d’insertion dans l’emploi des jeunes en difficulté !
Création d’emplois d’éducateurs et d’animateurs de quartier !
Répression des divers trafics de drogue et humains en s’attaquant à leur source : les gros trafiquants, le grand banditisme !
Dissolution des officines secrètes et de la police politique !
Une politique de santé discriminatoire : une franchise anti-pauvres !
Sarkozy veut instaurer une franchise avant d'accéder au remboursement des soins. Le "trou de la Sécu" sert de prétexte pour engendrer une médecine (de qualité) pour les riches et une autre pour les familles populaires si elles ne peuvent pas payer les soins.
Il s'agit selon le pouvoir de "responsabiliser" le malade en le contraignant à s'acquitter d'un véritable péage-santé
Cette tranche s'appliquera tant aux consultations médicales, qu’aux soins hospitaliers d'urgence, médicaments et examens de prévention.
La franchise se montera à 40 euros, les bénéficiaires des minima sociaux étant exemptés. Dur, dur pour les smicards et les précaires. Aujourd'hui 20% des travailleurs renoncent à se soigner faute d'argent. Cela aggravera l'état de la santé publique notamment pour les plus fragiles - enfants des classes populaires et personnes âgées aux faibles ressources.
Le capitalisme, en crise permanente, montre son incapacité à assurer la santé publique, le libéralisme signifie : élever la loi de rentabilité financière au-dessus des besoins vitaux de la majorité de la population !
Nos propositions de luttes :
Priorité budgétaire à la recherche médicale publique !
Nationalisation des monopoles pharmaceutiques !
Défense et développement des missions de la Sécurité Sociale, définies lors de sa création !
Taxation des profits capitalistes afin de supprimer la CSG, les taxes du type franchise, et d’assurer le remboursement intégral des soins.
Création urgente de 100 000 « lits » dans les hôpitaux et établissements psychiatriques (supprimés sous Jospin et Raffarin) !
Démocratisation de la gestion de la sécurité sociale par des élections assurant la majorité des sièges aux représentants des travailleurs !
Ecole : toujours plus de ségrégation et de discriminations.
L'annonce de la suppression programmée de la carte scolaire constitue une menace d'une gravité extrême, d'autant que dès la rentrée, 20% des élèves seront concernés. La carte scolaire - malgré ses dérogations nombreuses - était la garantie que les établissements des quartiers populaires pouvaient continuer d'accueillir des élèves en bénéficiant des moyens financiers pédagogiques afférents même si insuffisants. Les médias au service du capital ont préparé les esprits à une véritable contre-réforme réactionnaire en classant les lycées, collèges en forme de « hit parade de la réussite aux examens ». Evidemment, nul n'ignore que la réussite scolaire est facilitée par les niveaux de revenus et culturel des parents d'élèves.
Le lycée "Henri IV" obtiendra toujours plus de réussite aux examens qu'un lycée de Clichy- sous-Bois sans rapport à la qualité du travail des équipes éducatives.
La levée de la carte scolaire constitue une privatisation de fait du service public, un renforcement de l'inégalité des conditions de travail, voire du traitement des enseignants. Cette mesure entraînera des fermetures d’écoles et l’abaissement drastique des moyens pour les collèges, lycées généraux et professionnels des villes populaires. La fin des zones d’éducation prioritaire sera ainsi programmée.
Sarkozy, liquidant les principes républicains de l'Ecole, va ainsi favoriser l'école privée et renforcer la logique financière et clientéliste dans les établissements d’élite formellement publics. Les lycées professionnels sont dans le collimateur, la stratégie du patronat étant de se subordonner une main d’œuvre corvéable grâce à l’apprentissage. Sarkozy applique les directives du sommet européen de Lisbonne signées par Chirac et Jospin visant à développer l’ «adaptabilité, la mobilité des jeunes, leur « savoir-être » afin de satisfaire les exigences des entreprises dans la concurrence et la course aux profits.
Autonomie des universités:
Sarkozy veut instituer l'autonomie pour chaque université. Là aussi, les moyens iront aux établissements huppés à coup de sponsorisation patronale accordant aux facs de banlieue (St Denis, Villetaneuse…) l'illusion de diplôme "nationaux".
Les patrons embaucheront en priorité les étudiants formatés dans universités « autonomes » selon le modèle américain. Des centaines de milliers d'étudiants vont se trouver sur le carreau renforçant l'armée des sans emplois, faute de diplômes qualifiants. Quant aux autres dont les familles feront des sacrifices financiers, les droits d'inscription seront toujours plus faramineux. Ainsi comme au Moyen Age et au début du capitalisme, l'université sera réservée aux enfants des nantis. Pire, la recherche va pâtir de l’entrée massive de la loi de rentabilité financière dans le champ universitaire, la formation assurée portera des finalités et un contenu de classe, étroitement « utilitaristes ».
Toutes ces mesures sont celles prévues par le capital financier pour accroître le profit, pérenniser le système par l'écrasement idéologique, culturel, politique et économique de la classe ouvrière et des couches populaires.
La politique de Sarkozy, en réalité du capital financier puisque S. Royal prônait la même autonomie, constitue une brutale remise en cause des conquêtes démocratiques scolaires, de la démocratisation de l’enseignement et de l’accès au supérieur. La sélection devient celle du fric, écartant les enfants des classes populaires, à quelques exceptions, du droit à l’enseignement supérieur, confirmant et aggravant considérablement la politique de ségrégation à l’égard des enfants d’ouvriers sévissant depuis des années dans l’enseignement supérieur, non professionnel.
Nos axes de luttes :
Revalorisation générale des salaires des enseignants, revalorisation des grilles d’évolution de carrière, priorité budgétaire à l’école !
Défense et développement des moyens financiers pour les zones d’éducation prioritaire !
Maintien de la carte scolaire, instrument de lutte contre les ségrégations et la sélection par l’argent !
Lutte pour la gratuité réelle dans l’enseignement public !
Nationalisation des établissements privés financés par les fonds publics !
Non à la privatisation des facultés, défense d’un grand service public du supérieur et de la recherche.
Sarkozy ou l’attaque frontale contre le droit de grève !
Sous couvert de "service minimum" dans les services publics (et demain dans le privé ?) Sarkozy veut s'attaquer au droit de grève en le subordonnant toujours plus aux "négociations" qui, sans rapport de force établi au préalable, ne peuvent rien apporter de positif aux travailleurs.
Au XIXè siècle, le droit de grève a été gagné, précisément au moyen de grèves puissantes et « illégales ». La frilosité des directions confédérales par rapport à cette menace, montre que la riposte et la défense du droit de grève plein et entier se construiront dans les entreprises, dans l’interprofessionnel, à la base. Comme dans la lutte anti-CPE, la pression devra s’exercer sur des directions syndicales réformistes, promptes déjà à discuter du « contenu » du projet. Le « tous ensemble et en même temps » par la grève générale doivent être l’outil qui repoussera le projet antipopulaire et anti-ouvrier du gouvernement.
Nos propositions de luttes :
Défense et refonte démocratique du Code du Travail !
Droit syndical effectif dans toutes les PME, avec organisation partout d’élections professionnelles.
Loi anti-harcèlement pour protéger les élus du personnel!
Défense du droit de grève, comme expression légitime du mécontentement et comme instrument de défense des intérêts des salariés !
Abrogation des « clauses de confidentialité » sur la gestion des entreprises !
Renforcement des pouvoirs de contrôle de la gestion patronale des élus des salariés aux comités d’entreprise !
LE CAPITALISME A FAIT SON TEMPS : LA SEULE SOLUTION, C’EST LE SOCIALISME !
Quand Sarkozy évoquait non sans succès l'opposition entre "la France qui travaille et celle qui est assistée", le but était de diviser les travailleurs selon leur situation sociale, de dresser une partie du monde du travail contre les plus précarisés et marginalisés sur le mode "sus aux pauvres".
La politique de Sarkozy traduit en réalité l’inquiétude de la bourgeoisie monopoliste placée devant l’incapacité historique de « son » système fondé sur l’exploitation, d’assurer les besoins vitaux, de surmonter la crise économique profonde, en vivant avec la crainte d’un krach boursier en raison du cancer financier.
Le capitalisme, il est vrai, peut compter sur les directions politiques et syndicales réformistes qui, jusqu’ici, ont réussi à encadrer les luttes à ce qui demeure acceptable par le capital. Mais, l’élément important de la campagne, ce furent les 1000 grèves qui ont éclaté dans le pays, contre les fermetures, les licenciements, les délocalisations, mais aussi pour refuser la précarité et revendiquer une hausse générale des salaires et pensions. Nous sommes convaincus que la classe ouvrière et les travailleurs sauront trouver la voie pour vaincre le scepticisme et le découragement propagé par les réformistes et obliger le capital à des reculs substantiels dans la réalisation de sa stratégie. Le PCF, né du combat pour renverser le capitalisme, en abandonnant son identité marxiste, a fini par sombrer dans la social-démocratie. Les militants de l’URCF ont quitté ce parti, pour reconstruire un véritable parti ouvrier et communiste. En trois ans d’existence, nous avons opéré un travail prioritaire en direction des usines, parce que la classe ouvrière, spoliée, exploitée, méprisée par le capital, est bien la classe demain qui dirigera la société nouvelle débarrassée du capitalisme.
Le président de la République a appelé à rendre hommage à Guy Môquet. Nous avons là l’impudence des forces réactionnaires qui n’hésitent pas à transformer les communistes en icônes à leur mort. Guy Môquet est certes mort pour la France, mais pas celle du capital et de la bourgeoisie qui avaient conduit le pays au désastre ; pas celle qui fascisante et réactionnaire qui avait puni de mort les activités communistes grâce au décret du socialiste Sérol. Guy Môquet a lutté dès son plus jeune âge pour une France nouvelle où l’émancipation de l’exploitation, de la propriété capitaliste, la fin de la misère et du chômage, la conquête d’une véritable démocratie pour le prolétariat et les travailleurs seraient la condition de l’émancipation de la majorité de la population, ici et dans le monde.
Ce combat reste d’actualité à une époque où le capitalisme conduit l’humanité à vivre plus mal qu’au XXème siècle, et se propose de ramener les conditions de travail à celles de 1850. Le pays a besoin de la recomposition des forces progressistes autour des mesures d’urgence et des revendications, c’est la lutte contre le néo-libéralisme qu’il faut mener dans l’unité la plus large. On améliorera ainsi des situations dramatiques, on fera reculer la misère, mais le capitalisme restera debout. Il faut donc, outre la résistance contre la politique de régression de civilisation, proposée par Sarkozy et ses amis du MEDEF, construire la force politique : le parti communiste qui permettra de tracer, de défendre la seule alternative réelle au capitalisme : la révolution socialiste. Ce combat était celui de Guy Môquet, le meilleur hommage que nous puissions rendre à son martyre, est de continuer son combat jusqu’à la victoire !
Union des Révolutionnaires-Communistes de France (URCF). Le 4 juin 2007.