NON au Traité de Lisbonne
NON A LA VIOLATION de la souveraineté populaire !
Résistance populaire contre l’UE et la politique du Capital!
En réunissant le Congrès (sénateurs et députés) à Versailles, Sarkozy a trouvé le moyen d'imposer le clone du Traité constitutionnel européen rejeté en 2005, violant ainsi la volonté populaire.
Dès sa présentation à Lisbonne, l’URCF a dénoncé un véritable putsch institutionnel visant à contourner et à ignorer totalement le NON massif exprimé lors du référendum.
Nous avons là une preuve supplémentaire de la « démocratie » tronquée du Capital qui n’hésite pas à l’annulation de fait d’un vote quand sa politique est remise en cause.
Les députés et sénateurs UMP, Modem, UDF, PS qui vont ratifier ce Traité seront coupables de forfaiture et rejoindront dans l’indignité les parlementaires qui votèrent les pleins pouvoirs à Pétain !
L’UE : une instance anti-ouvrière et anti-sociale
En 1992, au moment où la France comptait 2 millions de pauvres (7 millions aujourd’hui), Jacques Delors, l’architecte du Traité de Maastricht annonçait une « ère de prospérité ». Les opposants à ce Traité, battus de justesse lors du référendum, prévenaient de ce qui attendait chaque pays de l’UE : chômage de masse, pauvreté croissante, précarité des emplois, restriction des libertés démocratiques. Les faits ont confirmé ces vues, ce fut la base de la victoire du NON en 2005.
L’UE est une entente entre capitalistes d’Europe (ce qui n’élimine pas la concurrence féroce entre eux pour la conquête de marchés).
Voulue et édifiée par les monopoles, l’UE orchestre la liquidation de toutes les conquêtes sociales obtenues au XXème siècle. Ce sont les retraites repoussées partout, à 65 ans et même 67 ans, la mise en place des assurances et fonds de pension, l’allongement du temps de travail, la privatisation totale des services publics. L’Education dans tous les pays de l’UE devient soumise aux diktats patronaux et à la rentabilité financière. L’instruction publique se voit substituer une Ecole instrumentalisée où les savoir-faire remplacent le savoir. L’autonomie des universités signifie en clair la subordination de la formation supérieure et de la recherche aux étroits intérêts financiers des monopoles.
Il y a 25 millions de chômeurs en UE (et encore ce sont les chiffres officiels fort contestables !). L’UE a amplifié la politique capitaliste de ruine de la petite paysannerie, du petit commerce. La politique des quotas agricoles et de pêche constitue une aberration, résultat de la recherche du maximum de profits, alors que des millions de gens souffrent de la vie chère et de malnutrition.
L’Euro présenté comme une panacée aux difficultés économiques a engendré dans tous les pays une inflation permanente, le scandale des prix de l'immobilier.
Le Traité de Lisbonne est liberticide, antisocial, totalitaire puisqu’il ne légitime que la seule politique néolibérale. La résistance au-delà du vote du Congrès doit se lever non seulement contre le Traité de Lisbonne et ses prédécesseurs mais contre l’UE comme superstructure impérialiste conduisant une politique d’ingérences et de guerre : Yougoslavie, Afghanistan, Afrique, Palestine, Irak.
Notre mot d’ordre de lutte, à renforcer toujours plus pour prolonger la victoire du NON et lui assurer la victoire est d’œuvrer, tous ensemble au retrait de la France de l’UE !
France : vers l’aggravation de la crise
Sarkozy a été élu, grâce à la propagande déchaînée des medias instruments des monopoles. Sa politique consiste à appliquer, à marche forcée, la stratégie néolibérale du sommet de Lisbonne (2001 – ratifiée par Chirac et Jospin). Ses contre-réformes (« contre » car elles aggravent la situation existante) détruisent les avancées sociales de 1936, 45, 68 obtenues au prix de dures luttes de classes et fruit de la résistance armée antifasciste.
Mesurons les coups :
retraites avec bientôt 41 annuités, baisse continue du pouvoir d’achat (- 20 à 30 % pour les catégories populaires en 10 ans) ; destruction du Code du Travail et des conventions collectives.
A ceux qui misent sur les « négociations » à la SNCF et qui ont brisé la grande grève de 8 jours des cheminots, rappelons qu’ainsi ils n’empêcheront pas la privatisation du fret, transition à la privatisation générale des Chemins de Fer. Idem à la Poste où les concurrents privés organisent un service parallèle et dégradé.
Les réformes en cours et programmées à l’Education Nationale : suppression des BEP, salaires des enseignants au « mérite », réforme des bacs généraux et technologiques, vont entraîner la suppression de dizaines de milliers de postes, créant une école au rabais. Pareillement dans le domaine de la santé publique où la suppression de lits et des moyens se poursuit, où le Capital avec les franchises veut écarter les couches populaires des soins.
Ce domaine illustre bien la dégradation constante du capitalisme. En 1945, dans la France ruinée par la guerre et l’occupation nazie, les communistes contribuèrent à instaurer la gratuité des soins avec la Sécurité Sociale. Aujourd’hui, les plumitifs du Capital nous expliquent doctement qu’il faut payer toujours plus pour se soigner, en raison de la conjoncture économique !
La bourgeoisie monopoliste s’attaque même à l’épargne populaire puisque le livret « A » sera confié aux banques privées comme la Société Générale où un trader « détourne » sans susciter traces et émois 5 milliards d’euros.
Cette mesure de liquidation du livret A affaiblirait définitivement le logement social, mais Sarkozy (sur le mode de Marie-Antoinette appelant le peuple à manger des brioches) appelle à une « France de propriétaires » !
Tout est bon pour élargir la sphère des profits monopolistes. L’allongement de la durée de carrière et du temps de travail a pour conséquence la recherche systématique de la plus-value absolue.
Toutes ces contre-réformes aggravent la surexploitation et la misère. La classe ouvrière est pressurée à l’extrême. La paupérisation relative y compris de certaines couches moyennes et la paupérisation absolue du prolétariat sont le lot quotidien. Désormais, on travaille plus pour gagner toujours moins !
Ces dernières années, ce sont 220 milliards d’euros qui ont été pris à la classe ouvrière et aux travailleurs, sous forme de prélèvements directs et indirects, de cadeaux aux richards (les 15 milliards de cadeaux fiscaux), d’aides aux entreprises.
Les ¾ des nouveaux emplois sont précaires. Les cadences infernales, le stress, la concurrence entre travailleurs orchestrée par le patronat, la peur du chômage, occasionnent accidents du travail (60 000 en 2006) et même des suicides croissants (360 l’année dernière).
Cela atteste de la violence de l’exploitation capitaliste.
Tous ces faits aggravent les contradictions économiques et politiques, accentuent la polarisation sociale entre une oligarchie financière de plus en plus riche (300 000 personnes) et la masse paupérisée des travailleurs.
La trahison sociale des directions syndicales réformistes (plutôt d’accompagnement « social » du néolibéralisme) se reflète dans leur refus d’analyser la société à partir des positions de classe, de dénoncer le capitalisme et l’exploitation du salariat. Alors que les contre-réformes broient tout sur leur passage, les bureaucraties syndicales (toutes membres de la CES qui approuve le nouveau traité de Lisbonne) organisent des journées d’action sans lendemain, refusent de s’opposer frontalement à la politique globale de Sarkozy et ne visent par la « concertation » qu’à infléchir ses mesures ; enfin elle rejettent et craignent toute globalisation des luttes autour des salaires, retraites et revendications générales communes, comme toute solidarité de classe interprofessionnelle.
Certains progressistes, tenants du NON ne dénoncent que les excès de l’UE et du capitalisme : cancer financier, spéculation, absence d'investissement productif.
On peut considérer que c’est un premier pas, mais c’est loin d’être suffisant. Car ainsi, l’UE à peine dénoncée, le capitalisme à peine critiqué, ont encore de beaux jours devant eux !
L’adversaire des travailleurs, c’est cette classe capitaliste, son système d’exploitation et d’oppression, son Etat qui conduit une politique de plus en plus répressive : expulsion de Sans-papiers, projet d’enfermement en camp de rétention jusqu’à 18 mois, arrestation de leurs défenseurs, tests ADN, video-surveillance, licenciements de syndicalistes de classe, projet de suppression de l’assistance juridique gratuite.
Depuis des décennies, le parti révisionniste (PCF) en ayant abandonné les principes marxistes-léninistes, le PS social-libéral ont affaibli la conscience de classe avec leurs discours sur la « mondialisation qui nous oblige à… », ou sur « le caractère incontournable de l’économie de marché » qu’il faudrait juste aménager socialement.
Pendant ce temps, le capitalisme, toujours plus parasitaire et pourrissant, accumule des profits exorbitants (100 milliards d’euros en 2006 des entreprises du CAC 40), au prix de l’appauvrissement et de l’exploitation de la majorité de la population.
La crise du capitalisme accentue la colère de travailleurs, de plus en plus nombreux. L’anticapitalisme grandit. C’est le moment où la LCR trotskiste veut se dissoudre pour créer le « parti anticapitaliste », en surfant sur la cote de popularité de Besancenot (mesurée par les instituts de sondage… capitalistes !).
Son programme revendique le « partage des richesses », partage d’ailleurs impossible puisque le but vital du Capital, fort de son appareil d’Etat est de légiférer et de « légitimer » sa politique de casse des conquêtes et de paupérisation qui lui rapporte ses profits.
C’est là, sous couvert de référence à Marx, une édulcoration de ses enseignements qui appelaient à la lutte quotidienne contre le patronat, pour les salaires, afin d’obtenir une meilleure répartition des richesses grâce aux grèves, et nullement par on ne sait quel compromis impossible Capital/Travail !
Le nouveau traité européen, la politique destructrice et brutale de Sarkozy, c’est bien contre le capitalisme, source de cette politique qu’il faut lutter continûment, de la défense des intérêts quotidiens jusqu’à l’expropriation des monopoles par la révolution socialiste.
La colère et la radicalité grandissent. Le moment approche où les bureaucraties syndicales ne pourront plus endiguer le flot des grèves et des luttes.
Pour se défendre au quotidien, il faut un outil de lutte de classes et de masse : le syndicat. Nous savons, sans préjuger des formes que cela prendra, que la renaissance du syndicalisme de lutte de classes se fera immanquablement comme en 1920 (création de la CGTU), dans de grandes luttes générales. Mais dès maintenant, il faut que les travailleurs tracent le bilan d’une décennie de « syndicalisme rassemblé » ( en fait d’aménagement et accompagnement des contre-réformes néolibérales), notamment de la CGT, le syndicat qui, dans le passé, a le plus contribué aux gains sociaux des forces du travail.
Pour l’URCF, le bilan est accablant pour ceux qui ont prôné l’abandon des formes éprouvées de lutte de la classe ouvrière et dont la « modernité » revendiquée a été impuissante et même complice face à la liquidation des conquêtes sociales obtenues par les grèves impulsées par le syndicalisme de lutte de classes !
La classe ouvrière doit se réorganiser aussi politiquement afin de conduire la lutte de toutes les victimes du capitalisme. Cette classe a prouvé à l’échelle mondiale, sa capacité à diriger et organiser la société contre les capitalistes puis sans eux. Pour remplir cette mission, elle forgera son parti révolutionnaire, un parti communiste, ouvrier, marxiste-léniniste pour rassembler les masses populaires dans la lutte pour conquérir leur liberté en renversant le capitalisme et son pouvoir.
L’URCF veut contribuer à l’unité des communistes ayant rompu avec l’opportunisme, avec son mot d’ordre exprimant sa pratique : Communistes de France, une seule organisation !
En effet, la crise générale du capitalisme et son incapacité à résoudre les problèmes globaux de l’humanité, attestent que la bourgeoisie a fait son temps.
Pour avancer, l’humanité doit s’appuyer sur le pouvoir de la classe ouvrière et des travailleurs, sur la propriété sociale des moyens de production, d’échange, des médias, sur la suppression de l’exploitation des salariés et des oppressions de classe, de nationalités, de sexe.
En un mot, l’humanité pour avancer a besoin du socialisme.
Aujourd’hui, la classe capitaliste pense en avoir fini avec le communisme. Toutefois l’histoire nous a appris que des forces exploitées, passagèrement défaites, entrent un jour dans la voie de la contre-offensive. Après la Commune, la bourgeoisie avait, pensait-elle, écrasé définitivement les « partageux ». La victoire d’octobre 17 a su ramener les bourgeois à la « raison ». Maintenant, ils pensent avoir triomphé définitivement. Les communards du 21ème siècle sauront s’inspirer de leurs aînés et rappeler, à l’oligarchie financière que partout où existent l’exploitation et l’oppression, apparaît la résistance, « résistance qui sera victorieuse demain » !
Bureau de l’Union des Révolutionnaires-Communistes de France (URCF). Le 2 février 2008