Communiqué de l'URCF

Le service minimum à l’école : bientôt la fin du droit de grève dans la Fonction publique ?

 

2008, les bons vœux du ministre Darcos aux enseignants :

« Travaillez plus, et payez…de votre personne ! »

 

Le 8 janvier, sur LCI, le ministre de l’Education Xavier Darcos a annoncé son intention d’appliquer le « service minimum » dans les écoles dès le 24 janvier, jour de grève nationale unitaire dans la Fonction publique pour la défense du pouvoir d’achat et des emplois publics.

Alors qu’il avait parlé d’une application « après concertation » (sic !) seulement à compter de septembre 2008, il veut tester au plus vite cet outil de répression anti-grève qu’est le service minimum scolaire : obligation de se déclarer gréviste 48 heures à l’avance, utilisation des retenues sur salaires pour payer d’autres personnels (assurant de la garderie dans quelles conditions de sécurité pour les élèves ?), report sur les municipalités de la responsabilité de ce recrutement et de cet accueil ; on voit bien par quelles pressions de toutes sortes le ministre veut contraindre les enseignants à renoncer à leur droit légitime de recourir à la grève.

 

Son objectif principal de sarkozyste zélé aux ordres du Capital, est de contribuer à mater les bastions de contestation collective que sont encore les cheminots et les enseignants. Il n’a pas oublié les coups de semonce de 1995 et de 2003 : il sait que ces travailleurs pourraient jouer un rôle important dans la constitution d’un front convergent de luttes public-privé pour la défense du pouvoir d’achat, de l’emploi et des acquis sociaux.

 

La preuve du caractère essentiellement répressif de cette mesure, c’est la menace non voilée de la phrase « Si cela ne fonctionne pas, il faudra aller plus loin » (c’est-à-dire l’interdiction pure et simple du droit de grève !) ; c’est aussi une nouvelle insulte à l’égard des fonctionnaires désignés comme les « fainéants »de service : « Si les fonctionnaires veulent, comme tout le monde, avoir une situation plus aisée, il faut sans doute qu'ils paient un peu plus de leur personne. »

 

Ce qu’assurément les travailleurs de la Fonction publique ne veulent pas payer, c’est le prix des contre-réformes néo-libérales qui cassent leurs services publics et leurs garanties statutaires, pour y faire fructifier la loi des profits et de l’exploitation capitalistes. La meilleure réplique qu’ils pourront opposer à de telles attaques, c’est justement de se mettre massivement en grève !

 

Le 24 janvier et après dans toutes les luttes, l’URCF sera à leurs côtés !

 
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