APRES LE 19 MARS : POURSUIVRE ET AMPLIFIER
LA MOBILISATION CONTINUE POUR VAINCRE !
Communiqué de l’URCF
Le 19 mars a constitué un succès remarquable, malgré les 49 jours qui nous séparaient du 29 janvier !
Colère et mécontentement se sont exprimés avec davantage de détermination et de force : 3 millions de manifestants, près de 8 millions de grévistes.
Les états-majors syndicaux sont soumis à une double pression : celle de la base qui veut faire céder le pouvoir et le patronat pour satisfaire ses revendications vitales, les emplois et les salaires ; et celle du pouvoir qui n’entend rien céder sur la seule base des « journées d’action » et n’accordent même pas les « miettes » qui permettraient aux dirigeants syndicalistes d’accompagnement, de sortir leur stylo pour signer !
Le sommet des centrales syndicales décevra les attentes par son manque de perspectives et de détermination. La parole est donc maintenant à la base, dans les entreprises, par la tenue d’assemblées générales qui avancent des propositions pour la continuité du mouvement de grèves jusqu’à ce que patronat et pouvoir reculent !
Le communiqué commun intersyndical déclare à juste titre que les travailleurs « n’ont pas à payer une crise dont ils ne sont pas responsables », et appelle « à rechercher les modalités les plus adaptées pour donner encore plus d’efficacité aux prochaines mobilisations »… Et chacun, d’évoquer le 1er mai.
Comme travailleurs, nous comprenons la nécessité du front uni syndical, mais nous pensons qu’il doit se faire dans la clarté et le refus de s’aligner sur ceux qui s’en tiennent (en attendant le « bon vouloir » du pouvoir) à des journées d’actions exutoires.
François Chérèque, le dirigeant de la CFDT, déclarait avant le 19 mars, sur les ondes de RTL : « Oui, voilà, les journées, c’est pour canaliser le mécontentement, vous savez autrement, ça pourrait exploser de manière incontrôlée ».
Le front uni syndical doit se construire solidement à la base, car tous les travailleurs (au-delà de leur appartenance syndicale), de Continental à l’Education nationale, de Renault à la santé, sont identiquement victimes du système capitaliste, du pouvoir de Sarkozy qui chaque jour, à coups de licenciements, de fermetures d’usines, de suppressions de postes publics, nous fait payeurs des frais de la crise pour mieux enrichir les banquiers.
Pendant ce temps, les profits des monopoles grimpent comme ceux du groupe Total, avec ses 14 milliards à distribuer aux actionnaires ; le bouclier fiscal rapporte en moyenne 300 000 euros à ses bénéficiaires ; et les patrons de la Société Générale, après avoir touché des fonds publics, s’octroient des parachutes dorés ou des stock-options !
Pour faire reculer un patronat arc-bouté sur ses privilèges et sa morgue de classe, et un pouvoir néo-monarchique au service du capital financier, les travailleurs doivent veiller à établir un rapport de forces supérieur.
Cela n’est possible que par une mobilisation continue et permanente. Les journées d’action isolées dans le temps n’ont pas cette capacité, comme l’a prouvé la lutte en 2003 pour la défense de la retraite à 60 ans.
Au sommet syndical, la CGT, la FSU et Solidaires ont proposé une action rapprochée, Solidaire évoquant le 30 mars, mais les autres confédérations (qui ont eu le dernier mot) misent sur l’attentisme (on attend une énième fois, une énième allocution de Sarkozy !)… Avec la perspective lointaine du 1er mai.
Durant les jours qui nous séparent de la prochaine réunion nationale des 8 centrales, c’est à la base que nous devons amplifier le rapport de forces, et construire une alternative de luttes fondées sur la mobilisation permanente.
Nous devons tirer les enseignements de la grève générale de Guadeloupe et de Martinique, sans copier mécaniquement.
En Guadeloupe, la situation coloniale provoque la colère et la révolte de tout un peuple frappé par une misère extrême. Sur cette île, la CGTG et l’UGTG sont des centrales de lutte de classes et de masse. Elie Domota est un grand leader syndical qui, avec ses camarades, a su éviter les écueils innombrables et assurer la grève générale victorieuse.
En France, ces conditions n’existent pas. Un tel dirigeant fait défaut dans le paysage syndical actuel, les centrales sont sous la direction des tenants du syndicalisme d’aménagement.
De plus, un front socio-politique, le LKP, a su rassembler syndicats, partis progressistes et révolutionnaires ainsi que les associations diverses, alors qu’en « métropole », les traditions de dissociation des syndicats et des partis politiques restent vivaces, et sont entretenues par le syndicalisme réformiste et d’accompagnement. L’existence d’un front de type anticapitaliste est encore embryonnaire sur le continent, mais c’est la voie d’avenir.
Toutefois, la grève générale a une portée bien au-delà des îles. Comme en Guadeloupe, nous devons construire et développer un rapport de forces supérieur, en rassemblant les travailleurs autour d’une plate-forme revendicative de combat : hausse générale des salaires et pensions de 300 euros, SMIC à 1600 euros, interdiction des licenciements, nationalisation sans indemnités des monopoles casseurs d’emplois, non aux suppressions de 30 000 emplois publics…
Comme en Guadeloupe, nous devons réfléchir à des propositions susceptibles d’entraîner des actions continues et multiformes, en envisageant la grève générale nationale et reconductible comme voie et moyen pour lever les obstacles à la satisfaction de nos revendications.
D’ici au 30 mars, nous défendrons les propositions suivantes, afin de mobiliser, tout en tenant compte de la période de congés scolaires étalés du 4 avril au 4 mai :
- Nous avançons l’idée d’organisation d’actions et de grèves générales interprofessionnelles régionales, tournantes et assurant une mobilisation continue, durant tout le mois d’avril.
- Le 1er mai, sur le thème central « Non, les travailleurs ne doivent pas payer la crise du capitalisme ! », nous soumettons au mouvement gréviste l’idée d’une marche nationale à Paris pour les emplois et la hausse des salaires, avec l’objectif d’être des millions dans les rues de la capitale !
De telles propositions nécessitent logistique, travail d’organisation, détermination, mais la mobilisation de masse et permanente est la voie obligée pour faire céder le patronat et le pouvoir !
Non les travailleurs ne paieront pas la crise du capitalisme !
Union des Révolutionnaires-Communistes de France (URCF), le 21 mars 2009