le tract du CNSP pour la manifestation de dimanche 1 er juillet 2007 à PARIS
Collectifs Sans- Papiers
APPEL REGULARISATION DE TOUS LES SANS PAPIERS
ARRÊT DES RAFLES ET DES EXPULSIONS FACE À L'INJUSTICE …
Nous, militants d'associations et simples citoyens, dénonçons la politique inhumaine de la France à l'égard des sans papiers et exigeons le respect des droits fondamentaux pour tous les étrangers. Le nouveau ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement, dirigé par Brice Hortefeux, s'est déjà fixé comme objectif l'éloignement de 25000 étrangers « illégaux » en 2007.
En juxtaposant, dans un relent nationaliste, les termes immigration et identité nationale, la création de ce ministère annonce une politique encore plus hostile aux étrangers, boucs émissaires désignés comme toujours responsables dans les moments de crise. Les rafles, les contrôles au faciès (pourtant interdits par la loi) et les arrestations de sans-papiers, qui vivent dans des situations souvent très précaires, se multiplient.
Actuellement de nombreux sans papiers, souvent exploités, vont travailler la peur au ventre et certains hésitent déjà à envoyer leurs enfants à l'école… De plus, les règles encadrant le regroupement familial, déjà mis à mal par de précédentes réformes, seront durcies par ce ministère. Des expulsions violentes ont déjà eu lieu, comme le 26 mai, empêchée par l'intervention de passagers indignés. Des moyens colossaux sont dépensés pour cette chasse indigne aux sans papiers.
Et que dire des centres de rétention administrative, véritables prisons pour innocents, où les étrangers en situation irrégulière sont retenus dans des conditions inacceptables comme le dénoncent plusieurs rapports parlementaires… Tous ces centres doivent être fermés ! Chaque expulsion est un drame humain, pour tous les sans-papiers, célibataires ou non, leur famille et leurs amis. La clandestinité organisée par le refus de régularisation massive et l’arbitraire administratif perpétue exploitation et insécurité pour les sans-papiers, tenus à l’écart des droits fondamentaux, mais se révèle très profitable pour de nombreux secteurs économiques (bâtiment, restauration, confection…), bien souvent avec la complicité de l’Etat.
AGISSONS ! Face à cette chasse aux sans papiers, nous devons réagir !
En en parlant autour de nous, en nous organisant et en luttant. Malgré la faible couverture médiatique, la dernière manifestation du 31 mars a été un véritable succès : nous étions plus de 10000 personnes à exiger la régularisation de tous les sans papiers ! Dans tout l'Est parisien, ce sont des dizaines de collectifs RESF qui par leur mobilisation ont empêché des expulsions de parents d'élèves et de familles entières depuis la rentrée… Pour que nous puissions continuer à vivre ensemble, à nous enrichir mutuellement : régularisation de tous les sans-papiers !
MANIFESTATION Dimanche 1e r j u i l l e t 2 0 0 7
Départ 1er/2e /3e/4e arrdts : Mairie du 3e 14H00 Départ 10e arrdt : Mairie du 10e 15H30 Départ 11e arrdt : Mairie du 11e 14H30 Départ 17e arrdt : Place de Clichy 14H30 Départ 18e arrdt : Porte de la Chapelle 14H30 Départ 19e arrdt : Place des Fêtes 14H00 Départ 20e arrdt : Place Gambetta 15H00 Les autres arrondissements rejoindront un de ces rendez-vous
Convergence des cortèges -
17 heures à Stalingrad : 16 heures M°Belleville / 16 heures 30 M°Chapelle Coordination 75 des sans-papiers, RESF 75, RUSF, UCIJ 19e-20e – quartiers solidaires Contact : ucij1920@yahoo.fr www.educationsansfrontieres.org www.contreimmigrationjetable.org
Communiqué de la Coordination Nationale des Sans-Papiers (CNSP)
PROJET DE LOI DU BOUTEFEU HORTEFEUX :
LES IMMIGRE(E)S SONT DES MAUVAIS PARENTS, L’ETAT DOIT VOLER LES ENFANTS!
En 4 ans, voilà la quatrième loi sur l’immigration. Cette fois, ce n’est plus le ministère de la police, mais le mal nommé « ministère de l’identité nationale » sous la houlette du clan Sarkozy dont les tentacules ne cessent de s’élargir. Nous l’avions déjà dit : si il y a besoin de défendre l’identité nationale par la création d’un ministère portant ce nom, il faudra bien déclarer publiquement et clairement qui donc menace celle ci ? Pour réduire le nombre de titres de séjour délivré pour regroupement familial de 95.389 en 2005, déjà en baisse de 7% par rapport à 2004 la réponse à cette question vient de tomber par le biais du projet de loi boutefeu :
-Test d’évaluation de maîtrise du français avant le départ du pays d’origine alors que des « classes européennes » sont créées dans les lycées pour la connaissance de plusieurs langues européennes; Les langues africaines, asiatiques parce que « barbares » seraient ainsi incompatibles avec la connaissance du français?
-avoir 1,2 fois le smic et des ressources ‘indexées’ sur la taille de la famille (nombre d’enfants), sera t-il bientôt demandé aux français la même somme pour avoir le droit de fonder une famille?
- création d’un contrat d’accueil et d’intégration (CAI) qui est un flicage des parents pour les traîner devant le juge des enfants; N’est-ce pas l’académicienne H. Carrère d’Encausse qui expliquaut que la « polygamie est à l’origine des émeutes de banlieues »?
-la France ayant été plusieurs fois condamner pour non respect du droit d’asile, le demandeur d’asile a dorénavant droit à un recours suspensif de 24h contre une décision de rejet.
Telles sont en substance les dispositions complémentaires du projet de loi complémentaire à la loi xénophobe Sarkozy 1, Villepin sur le droit d’asile, puis Sarkozy 2/Ceseda. Il s’agit ici d’une forfaiture claire visant l’immigration régulière et qui va fabriquer comme toutes les révisions tous les 1 an et demi de la loi sur l’immigration depuis 1945.
Les à priori xénophobes et racistes des dérives successives des lois ont un lien évident avec la poussée raciste et xénophobe en France dont les manifestations sont entre autres : les propos de Finkielkraut, Frêche, de Villiers et Le Pen sur l’équipe de France de football (qui aurait notamment « trop de noir »), les propos de l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse sur la « polygamie » qui serait à l’origine « des émeutes de banlieues », ceux de Pascal Sevran, animateur de France Télévision, qui s’est livré à l’abject entretien de la parole raciste dans son dernier livre : « La bite des noirs est responsable de la famine en Afrique ». Il confirme ses propos dans Var Matin du 6 décembre 2006 : « Et alors ? c'est la vérité ! L'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète ! ». L’immigration est considérée comme un danger majeur d’une société laminée par les effets sociaux, économiques, culturels, politiques désastreux du néolibéralisme imposé par les milliardaires du CAC40, lesquels modèlent le pays selon leurs intérêts prédateurs.
Sarkozy et Hortefeux n’ont rien inventé, ils ont tout simplement dépoussiéré une vieille obsession chauvine et raciste que l’histoire de France leur a « légué ». Dans une lettre du Directeur de l’Institut Colonial de Bordeaux (Ministère des Colonies) au Maire de Bordeaux en date du 24 décembre 1927, on peut lire : « tout d’abord, une mesure préventive paraît s’imposer pour mettre un terme à l’augmentation progressive du nombre déjà considérable des indigènes résidant en France et provenant de nos colonies d’Afrique. On est d’accord pour estimer que les éléments les moins intéressants de cette population ont quitté leur pays à la suite d’embarquement clandestin; (…) La présence sur le territoire de la métropole d’une population indigène importante, qu’elle provienne de l’Afrique du Nord ou de nos autres grandes colonies, par exemple l’Afrique Occidentale Française, colonie d’origine de la plupart des indigènes qui ont fixé leur résidence dans notre port, constitue incontestablement une menace pour le bon ordre et la sécurité publique » (archives municipales de Bordeaux, cité par Mar Fall, édition l’Harmattan).
Sarkozy le soir même de sa victoire électorale a déclaré : « je veux rendre à la France ce qu’elle m’a donné ». L’histoire de France version Sarkozy a un amer goût colonialiste, utilitariste, raciste, anti-social. Sarkozy a manifestement appris l’histoire de France exclusivement à travers des « manuels » douteux qui sont aujourd’hui remis au goût du jour pour casser tout projet sérieux progressiste du vivre ensemble dans l’égalité et la dignité humaine. La nouvelle loi Sarkozy comme toutes celles qui l’ont précédé – de droite et de gauche – sont des usines à fabriquer des nouveaux sans papiers dont l’économie patronale a besoin pour mettre bas tous les acquis sociaux et droits démocratiques gagnés de haute lutte par les générations précédentes.
L’avant projet de loi est une offensive libérale pour obliger les sans papiers à se clandestiniser. Dans son sillage chaque secteur du monde du travail, les uns après les autres, va subir la broyeuse sociale des anti-réformes libérales et pro-patronales.
La CNSP appelle tous les sans papiers à résister aux torrents racistes, répressifs, voire terroristes qui s’abat déjà. Voilà comment nous allons contribuer au réveil inévitable du grand peuple de France, du monde du travail de France dont nous sommes partie prenantes.
Fait à Paris le 15/06/07
Rappel
SANS PAPIERS enlutte>>>coordinationnationale
Coordination Nationale des Sans-Papiers (CNSP) 25, rue François Miron, 75004 Paris
tél : 01.44.61.09.59 – fax : 01.44.61.09.35 – mail : coordnatsanspap@wanadoo.fr
solidarité financière : compte bancaire N°80187841
Paris le 30 mai 2007
Convocation et Invitation
Objet : Convocation et Invitation à l’Assemblée Générale de la CNSP le Dimanche 24 juin 07 de 10h à 18h à la Bourse du Travail de Saint Denis, métro Porte de Paris (réservée par la Coordination 93).
Camarades, Chers ami(e)s,
La situation est aujourd’hui caractérisée par l’avènement de M. Sarkozy à la présidence de la République.
Sarkozy a proclamé haut et fort que « l’immigration choisie » est la réponse « adéquate » à l’émigration subie. Puis lors du débat télévisé avec sa concurrente au second tour, ils se sont tous les deux accordés sur « le cas par cas ».
Les interrogations fusent sur les perspectives de notre lutte pour la régularisation globale.
Examiner toutes les questions qui se posent, échanger sur la situation nouvelle ainsi créée et dégager des perspectives deviennent un impératif commun à tous les acteurs du mouvement des sans papiers.
Ordre du jour :
1) Situation du mouvement dans chaque localité
2) Situation nationale du mouvement dans son ensemble
3) Quelle stratégie de relance unitaire de la lutte au plan national?
Comptant sur la présence de tous, recevez nos salutations militantes.