EN LUTTE POUR LA VICTOIRE PAR L’ABROGATION DU CPE !
A BAS LE POUVOIR DE CHIRAC-VILLEPIN-SARKOZY !
Affrontement de classe majeur autour du CPE.
La France connaît un affrontement de classe majeur entre la jeunesse et les salariés d’un côté de la barricade et de l’autre le capital monopoliste, son MEDEF et un gouvernement aveugle et sourd à la colère populaire, misant sur le passage en force pour faire avaliser la destruction du Code du travail et la précarisation totale de la jeunesse.
Depuis 6 semaines, la mobilisation se renforce et a atteint les 3 millions de manifestants le 28 mars. Les grèves de lycées et universités, loin de faiblir, vont croissant entraînant toujours plus d’étudiants. Les directives de G. de Robien visant à faire évacuer les établissements scolaires par l’intervention policière constituent une claire provocation et attestent de la perte de mesure d’un gouvernement aux abois.
Maintenant, après l’aval du Conseil constitutionnel, J. Chirac va donner sa signature pour un passage au forceps du CPE.
La bataille change de forme (du retrait à l’abrogation) mais pas de finalité. Le CPE est une loi scélérate, les luttes doivent la rejeter comme telle, sans aucune recherche d’amendements. Les tentatives de division et diversion du président de la République sur « le dialogue social » susciteront le mépris de tous les syndiqués et de tous les salariés. La détermination et la combativité des jeunes sont telles que si une direction syndicale était prête à endosser le rôle de faire-valoir de Villepin dans un « Grenelle bis », cela serait perçu comme trahison ouverte des intérêts populaires.
La contre-offensive du mouvement populaire.
Le peuple-travailleur redresse la tête et prend conscience de sa force considérable. C’est une donne nouvelle, car depuis dix ans au moins, toutes les réformes de régression sociale, malgré l’existence d’une riposte courageuse des travailleurs, ont été entérinées.
En effet, à la détermination de la classe capitaliste et des gouvernements à son service, a correspondu la généralisation d’un syndicalisme d’accompagnement et de résignation, y compris dans la centrale (la CGT) qui historiquement, par ses luttes, a joué le rôle premier dans la bataille pour de nouvelles conquêtes sociales.
L’expérience acquise dans les diverses grèves depuis 2003, le bilan désastreux du « syndicalisme de propositions » en place du syndicalisme de classe et de masse font qu’à la base, les traditions de luttes n’ont pas disparu, exerçant jusqu’ici la pression nécessaire pour empêcher les directions réformistes de capituler.
La contre-offensive populaire contre les conséquences dramatiques du capitalisme et de sa politique néo-libérale s’est engagée en 2005.
Ce fut tout d’abord la campagne et la victoire du NON au référendum, expression massive du rejet de la casse sociale conduite par les divers gouvernements de « gauche » et de droite dont les membres et soutiens se sont unis autour du OUI. Par le vote NON, le peuple français avait clairement exprimé sa colère devant les bas salaires, la précarité, l’exclusion, la destruction des services publics, la ruine des petites exploitations agricoles, la casse de l’école, de la recherche, de la santé publique. Le vote NON exprimait aussi le refus des diktats de l’Union européenne et des traités iniques de Maastricht-Amsterdam, de la déclaration de Lisbonne (2000) fossoyeurs des conquêtes sociales, dans chaque pays et de l’indépendance de chaque nation avec son droit imprescriptible à opter librement pour sa propre voie de développement.
A l’automne 2005, ce fut l’explosion sociale des banlieues, non réductible comme voudraient le faire croire les médias, aux « casseurs » mais bien la révolte spontanée d’une jeunesse non seulement discriminée socialement, mais aussi par son appartenance d’origine ou actuelle à l’immigration.
Déjà, le pouvoir de Villepin-Sarkozy avait riposté par la proclamation de l’état d’urgence, la répression.
Maintenant la colère et la révolte embrasent l’ensemble de la jeunesse écœurée devant le CPE et sa perspective d’emplois précaires et mal payés, après de longues études !
Six semaines de luttes ininterrompues ont permis à la jeunesse de formuler cette juste exigence : la bataille pour le retrait du CPE passe par la défaite totale du gouvernement chiraquien de Villepin-Sarkozy !
Vision autrement plus lucide que celle de formations de gauche (radicaux, PS, PCF, LCR de Besancenot) qui adressent une supplique à un président de la République délégitimé par des années de démagogie, de promesses non tenues, lui qui fut élu sur le thème de « combler la fracture sociale » !!
Comment battre le pouvoir et abroger le CPE ?
La journée de grève nationale du 4 avril constituera un temps fort de la lutte pour l’abrogation du CPE, mais pour gagner, il faudra avant, pendant et après le 4 avril, amplifier toujours plus le rapport de forces pour faire céder le gouvernement.
Et le 4 au soir ? ? le mouvement populaire ne peut laisser la jeunesse seule, occuper le terrain des luttes quotidiennes. La force du mouvement actuel anti-CPE réside dans l’unité de combat Jeunesse/Travailleurs qui doit toujours plus s’exercer et se renforcer ! Déjà des cheminots, des enseignants, d’autres salariés soutiennent et participent aux actions « coups de poing ».
L’expérience historique atteste que confronté à des gouvernements de désastre social et national comme celui de Villepin, le mouvement populaire a eu recours à la grève générale interprofessionnelle reconductible pour arracher ses revendications urgentes !
Certains rétorquent selon les propos d’une haute responsable d’une centrale sur « le caractère inopérant de la grève générale », il n’en est rien, cette forme de lutte sociale est la plus haute dans l’expression de la solidarité intergénérationnelle et de classe.
Les assemblées générales dans les entreprises, dans les établissements scolaires doivent profiter des jours à venir, avant le 4 avril, pour préparer la riposte en lui donnant un caractère continu jusqu’au renvoi du CPE dans les oubliettes de l’histoire !
Le choix de la forme de combat afin de donner ce caractère ininterrompu est décisif. On ne peut s’en remettre à de simples journées, même massives, étalées de 8 jours en 8 jours. L’efficacité réside dans l’innovation et la montée en puissance, nos militants dans leur syndicat respectif interviendront pour le déclenchement de grèves générales interprofessionnelles, chaque jour peut être région par région en alternance, avec aboutissement dans une journée de grève à l’échelle de tout le pays avec organisation d’une marche nationale à Paris de tous les partisans du retrait-abrogation du CPE.
Pour organiser cette grève générale en alternance et recommencement si nécessaire, il faut globaliser les revendications spécifiques et particulières autour de la défense du droit à l’emploi durable et stable, de la lutte contre les bas salaires et la précarité. La jeunesse, les victimes des délocalisations, des licenciements, des privatisations, de la casse de l’école, de la recherche, de la création artistique, de la santé publique doivent forger un front de défense du Travail dans la grève générale régionale et nationale.
Combat anti-CPE et perspectives politiques.
Le gouvernement Villepin-Sarkozy constitue l’obstacle immédiat au progrès social, aux libertés publiques, aux droits démocratiques que nous voulons défendre et élargir. La perspective politique ne peut se consolider sans rupture avec le social-libéralisme d’une gauche qui aux affaires a privatisé tous azimuts et géré la précarité avec les emplois-jeunes.
Communistes révolutionnaires, nous nous battons dans la perspective de la révolution socialiste et du renversement d’un système : le capitalisme obstacle à l’émancipation des travailleurs et de la jeunesse, incapable de satisfaire les besoins urgents et vitaux !
Mais nous entendons aussi les souffrances actuelles de millions de salariés, de jeunes qui nécessitent des luttes et perspectives politiques immédiates.
Souffrances qui ne sauraient être résolues par des incantations au « patriotisme économique », ni par une « autre Europe » alors que le capital financier et ses hommes construisent l’Union européenne pour leurs seuls intérêts de classe, en clair, ni droite sarkozyste ou villepiniste toujours plus autoritaire et antisociale, ni une gauche comprenant les défenseurs sociaux-libéraux de la constitution européenne et tous les gestionnaires loyaux du système.
La révolte massive de la jeunesse, la combativité des travailleurs soulignent que la tâche urgente de l’heure est la construction d’un mouvement anticapitaliste. Mouvement qui peut et doit se structurer autour de quatre exigences de luttes urgentes :
1) Abroger la Vème République agonisante et pourrissante par la lutte pour former des comités populaires pour une Assemblée Constituante.
2) Nationaliser toutes les entreprises privatisées et élargir le service public (recherche, eau, emploi, énergie, logement …) afin de satisfaire les besoins essentiels et quotidiens comme en 1945 en refusant les critères de rentabilité financière, en créant des centaines de milliers d’emplois stables et durables, afin de lutter d’urgence contre le chômage de masse.
3) Satisfaire les revendications concernant la défense et la démocratisation de la sécurité sociale, la défense du droit à la retraite à 60 ans sur la base de 37,5 annuités pour tous (années d’études supérieures comprises), les 35 heures pour tous, l’interdiction de la précarité et des licenciements.
4) Opter pour notre propre voie de développement en refusant le dogme néo-libéral de l’UE, en refusant ses diktats, en rompant avec la politique antisociale, antipopulaire érigée dans les traités de Maastricht-Amsterdam, du sommet de Lisbonne. Accorder partout le même droit à l’indépendance de ses choix aux peuples opprimés par l’impérialisme français.
Secrétariat de l’URCF, le 31 mars 2006