EXPLOSION SOCIALE DES BANLIEUES :

SOLIDARITE AVEC LA JEUNESSE QUI SOUFFRE !

 (déclaration du secrétariat de l’URCF)

 Les évènements actuels dramatiques qui touchent les banlieues des agglomérations urbaines sont le résultat de 40 ans de la politique de discrimination sociale et raciale conduite par le capital monopoliste.

L’expérience montre que les banlieues et cités ont constitué pour le capital, le laboratoire d’une société néo-libérale capitaliste toujours plus oppressive où une partie de la classe ouvrière, des familles populaires, était « exclue », mis en marge et en réserve  de la société tant que sévit la crise économique. La bourgeoisie monopoliste française, avide de profits immédiats, a cassé les emplois industriels dans les secteurs pourvoyeurs de main d’œuvre : textile, sidérurgie, métallurgie, tout en s’emparant d’entreprises et de marchés à l’étranger. Cette stratégie de l’impérialisme français signifie : toujours plus de profits pour l’oligarchie financière, la surexploitation et (même) l’ « exclusion » pour les autres, en laissant faire et même en encourageant pour cette catégorie, le développement d’une économie parallèle. Un ministre de l’intérieur (socialiste) affirmait que cela évitait un chômage encore plus massif !

En effet ce sont les populations obligées de vivre en banlieue, dans les cités, qui ont été les premières victimes du chômage, de la précarité via les « petits boulots », de l’absence de moyens financiers véritables pour les services publics : écoles, santé, transports, pour les équipements culturels et de loisirs.

Le capital monopoliste demandait toujours plus de main d’œuvre immigrée, conçue comme véritable chair à exploitation, mais se dégageait de toute responsabilité quant à son habitat, à l’accueil et à l’intégration citoyenne de ces travailleurs obligés de vendre leur force de travail, loin de leur pays. La grande majorité des communes s’inscrivait dans un véritable apartheid racial et social, en refusant d’accueillir ces populations. Ce fut l’honneur des forces progressistes de l’époque, d’accueillir même dans les conditions que l’on connaît, des travailleurs d’Afrique, que les magnats du capital auraient bien vu vivre comme dans les années 60 dans de sinistres bidonvilles !

Ces communes d’accueil, parmi les plus défavorisées, ont donc logé dans un habitat d’urgence, des centaines de milliers d’immigrés. Or la bourgeoisie a fait de l’urgence, du provisoire, la norme, si bien que ces cités aux logements souvent vétustes, loin de tout, au faible environnement commercial et d’équipements, se sont transformées en ghettos de la misère et de la précarité.

L’actuelle révolte des banlieues a son origine dans cette politique ségrégative s’est mise en place, tout en se réclamant frauduleusement du « modèle français d’intégration républicaine», l’importation au contraire du « modèle » américain de discriminations et de ségrégations. Ces dernières années, le ministre de l’intérieur Sarkozy, s’est fait le chantre de ces méthodes en accentuant le communautarisme, l’inféodation au cléricalisme. Lors de la formation du gouvernement Villepin-Sarkozy, l’URCF annonçait la formation d’un « gouvernement des flics et des patrons », nous voulions dire par là, que le capital monopoliste, après sa défaite au référendum du 29 mai, optait pour la fuite en avant, le soutien et l’application renforcée des mesures exigées par le MEDEF (contrat nouvelle embauche, nouveau champ de privatisations, hausse de l’essence) et que pour appuyer cette politique, les multinationales comptaient sur l’arsenal répressif annoncé avec fracas par Sarkozy. Répression, fichage des citoyens, autoritarisme, accompagnaient  un néo-libéralisme renforcé.

Dans ce climat, le ministre de l’intérieur a cru bon, par carriérisme et manque d’esprit de responsabilité, de lancer des anathèmes et des provocations pour chasser sur les terres électorales de Le Pen : « nettoyer la cité au karcher », « éliminer la racaille ».

Se sentant encouragées, certaines forces de police ont fait la chasse aux jeunes, entraînant la mort de deux adolescents pourchassés dans des conditions restées obscures, puis lançaient des gaz lacrymogènes dans une mosquée.

Ces faits ont été ressentis comme une injustice et une provocation supplémentaire, dés lors, l’explosion sociale des banlieues a éclaté.

L’absence de véritable alternative politique progressiste et d’un véritable parti communiste révolutionnaire pèse de tout son poids, renforçant le désespoir et le désarroi. Gouvernements de droite et de gauche, au-delà des différences de formes, ont conduit la même politique de classe, en continuant d’ignorer ces populations discriminées, paupérisées. Des annonces étaient faites par les divers ministres en charge du dossier : Tapie (quelle provocation, que cet affairiste soit  responsable de la ville), Gaudin, Borloo, mais rien n’a changé sur le fond. Les frustrations, les malheurs se sont accumulés jusqu’à engendrer la révolte, la « haine » comme disent nos jeunes.

Penser remédier à cette situation qui vient de loin, par le recours à la répression, à une justice expéditive ne règlera en rien le présent et l’avenir.

La révolte des jeunes prend aussi des formes destructives : incendies de voitures, attaques contre des services publics, contre les personnes. L’opinion publique, chauffée par les médias au service du capital, s’indigne et marque sa désapprobation. Mais n’oublions pas la source et l’origine réelles de la colère et de l’embrasement des banlieues, ne nous livrons pas à des amalgames simplificateurs et discriminatoires, ouvrant la voie à la chasse aux sorcières.

Certains jeunes ,faute de force anticapitaliste puissante, confondent Etat capitaliste et services publics. Leur colère vise parfois sans discernement aussi bien les responsables réels de leurs difficultés que d’autres victimes du système d’exploitation , les travailleurs frappés par les délocalisations, les privatisations, la casse des conquêtes sociales. De manière autocritique, les communistes marxistes-léninistes doivent dresser ce constat, habitués à œuvrer dans les entreprises avec les salariés exploités mais qui ont un emploi, n’avons-nous pas ignorer le plus souvent ces nouveaux « parias » du capitalisme, voués à l’exclusion ?

Notre cause doit devenir commune, esprit de révolte et d’organisation doivent se rencontrer. Le combat quotidien contre le chômage, contre le néo-libéralisme et son cortège de précarisations, de privatisations, d’exclusions diverses, a besoin de l’union de toutes les victimes. Lutter pour la nationalisation des secteurs assurant ce qui relève des besoins vitaux : santé, transports, énergie, communication, c’est ouvrir la voie à la création d’emplois qualifiés et durables. Combattre le racisme et la discrimination ne peuvent s’effectuer efficacement par la division des victimes selon leur « ethnie » ou croyances , mais au contraire par leur unité et solidarité de classe. L’Union des Révolutionnaires-Communistes de France et le Collectif Militant Communiste et d’autres engagés pour la construction d’une authentique force révolutionnaire, anticapitaliste oeuvreront à la construction d’une aile anticapitaliste et anti-impérialiste dans le large camp du NON anti-néolibéral. Là se situe l’espoir de renaissance d’une force véritablement progressiste. Dans l’immédiat, les habitants des cités doivent s’organiser en comités dressant des Etats-généraux de leurs revendications et besoins, à satisfaire dans l’urgence. Le ministre de l’intérieur s’est disqualifié par ses provocations verbales, nous exigeons sa démission. (triste exemple du consensus régnant parmi les battus du 29 mai, le dirigeant socialiste J.Dray refuse cette démission « pour ne pas donner  raison aux émeutiers ! ». pourtant cette démission montrerait que la politique de répression n’est pas la réponse appropriée aux graves problèmes auxquels sont confrontés toutes les victimes de la politique de l’Union européenne et du gouvernement. Enfin, l’URCF appelle les forces démocratiques et progressistes à soutenir les revendications des cités en les liant aux revendications générales contre le néo-libéralisme.

Travailleurs français-immigrés, une seule classe ouvrière !

Tous ensemble contre le capital !

 

 
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