Guerre, bas salaires, précarité, autoritarisme

Il faut en finir avec le capitalisme !

 

Dix cercueils dans une cour parisienne, et face à eux pour l’oraison funèbre, l’homme et le régime qui ont envoyé mourir en Afghanistan des jeunes de 20 ans. Le lendemain, sur la place d’un village afghan, quatre-vingt-neuf cercueils contenant les corps des civils victimes d’un nouveau bombardement de l’OTAN.

Une cruelle ironie du destin a fait se succéder, les 22 et 23 août, ces clichés issus d’une sale guerre : celle que mènent depuis 7 ans, en Afghanistan, les 70 000 hommes de 28 pays coalisés sous commandement états-unien.

 

Le capitalisme porte en lui la guerre… 

« Pour les droits de l’homme, contre la barbarie des talibans et le terrorisme », ose prétendre Sarkozy, reprenant le refrain de son maître Bush. Mais les Français, dans leur majorité, ne sont pas dupes : ils sont 55 % à demander le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, refusant le sacrifice de leur jeunesse au profit des compagnies pétrolières américaines et européennes.

La barbarie, elle est du côté de ces Etats dits « civilisés » qui, au Proche-Orient, en Afrique, ou dans le Caucase, deviennent des occupants, sèment la mort et la destruction, pour servir les intérêts de leurs monopoles avides de nouvelles terres à piller et de nouveaux marchés à conquérir.

 

Le capitalisme, c’est le vol !

Guerre impérialiste à l’extérieur, guerre sociale à l’intérieur, menée contre le peuple travailleur par la classe des possédants, avec le tandem Sarkozy-Fillon dans le rôle d’exécuteurs des basses œuvres. Depuis plus d’un an, ces deux-là accomplissent avec zèle la mission que leur ont confiée leurs amis patrons, actionnaires et banquiers, oligarchie financière toujours plus assoiffée de profits immédiats : parachever le hold-up des richesses produites par la classe des exploités, en reprenant toutes les conquêtes sociales et démocratiques concédées depuis plus d’un siècle sous l’effet des luttes ouvrières et des résistances populaires.

Ainsi s’accumulent, à un rythme effréné, les 55 contre-réformes néo-libérales, pour allonger le temps de travail hebdomadaire et la durée de carrière, supprimer le Code du travail et les contrats à durée indéterminée, réduire la masse salariale, privatiser les services publics, et baisser les impôts des plus riches. Le tout pour transférer l’argent du travail vers le capital.

 

Le capitalisme, c’est la crise permanente

Tout cela au nom de déficits publics en partie fictifs et d’une crise financière présentée comme une fatalité conjoncturelle dont il faudrait chercher les causes dans la seule « mondialisation » (prix du pétrole, politique de crédits américaine, concurrence des pays dits «émergents»…). Face à ces arguments fallacieux, les groupes anti-libéraux (ATTAC, par exemple) dénoncent, à juste titre, la dérèglementation générale et irresponsable induite par le système spéculatif, qui laisse exploser à répétition des « bulles financières »* , provoquant des dégâts considérables sur l’économie du pays ; mais les solutions préconisées limitent la portée de leur analyse : il suffirait, selon eux, de « désarmer les marchés financiers en mettant le système bancaire sous contrôle démocratique ». Ces propositions entretiennent l’illusion d’un capitalisme « réformable » et d’un Etat « au-dessus de la mêlée », capable de mener de telles réformes. Croire cela, c’est ignorer l’histoire de ce système d’exploitation fondé sur l’appropriation de la plus-valu, qui, dès la fin du 19ème siècle, a atteint un stade où la gangrène des profits financiers a généré de multiples crises structurelles, dont la réponse capitaliste est la guerre de plus en plus meurtrière, et dont la réponse ouvrière sera la révolution, victorieuse ou non…

 

Les réponses de l’Etat capitaliste à la crise révèlent sa nature de classe.

C’est aussi sous-estimer gravement la nature de classe de l’Etat capitaliste, dont la subordination aux monopoles apparaît plus clairement à chaque changement d’équipe au pouvoir. Le jeu de l’alternance politique entre « droite et gauche » n’a pas empêché la continuité des mesures prises en faveur de la bourgeoisie monopoliste (privatisations et cadeaux aux patrons, notamment), préparant le terrain des régressions vécues aujourd’hui au quotidien par des millions de familles : taux d’inflation record, pouvoir d’achat en chute libre, destruction massive d’emplois industriels et publics, chute dramatique des cours pour les pêcheurs et les agriculteurs, précarité et souffrance au travail aggravées, accès aux services publics détournés de leurs missions, générant plus d’inégalité ; un nombre croissant de travailleurs est frappé par la paupérisation, tandis que s’affichent impunément les hausses des profits et des « salaires » de PDG. Le recul du PIB a beau faire surgir le spectre de la « récession », Fillon réaffirme le 18 août : « Il faut poursuivre les réformes structurelles pour rétablir la compétitivité ».

 

En aggravant ainsi les antagonismes entre monde du travail et forces du capital, il sait bien que le mécontentement populaire peut se faire plus menaçant. Pour le juguler, le pouvoir sarkozyste a doté l’Etat de nouveaux outils institutionnels et policiers lui permettant d’affermir la dictature du capital : renforcement du pouvoir autocratique de la Présidence et réduction des droits du Parlement caractérisent la nouvelle Constitution, adoptée par le Congrès le 23 juillet 2008 (avec le « coup de pouce » de 10 députés dits « de gauche » -dont le social-libéral J.Lang-) ; la politique dite « sécuritaire » (c’est-à-dire répressive), se poursuit, avec un fichage généralisé de tous les citoyens engagés (fichier Edvige créé par décret du 27 juin 2008).

 

Pas d’alternative au capitalisme sans rupture !

Les forces de résistance ont besoin d’un vrai mouvement communiste unifié à vocation révolutionnaire. Bien loin des vœux pieux et illusoires d’une M-G. Buffet, prônant « une réforme de la fiscalité qui permette une redistribution de l’argent », bien loin des tartufferies gauchistes d’un Besancenot devenu la nouvelle coqueluche des médias bourgeois…

 

Dans l’urgence, rassemblement populaire de luttes pour se défendre et gagner !

Tirons les leçons de mai 68, et sachons créer les conditions de l’union, dans la lutte globale, de toutes les victimes du capitalisme, pour résister et faire céder pouvoir et patronat sur nos revendications urgentes. Les salariés et usagers, en prenant l’initiative de se regrouper en collectifs de défense des services publics, en défendant l’emploi dans les entreprises menacées de délocalisation ou de fermeture, jetteront les bases de la résistance à la politique de Sarkozy. L’URCF y travaille.

 

Pour l’avenir de l’humanité, pas de progrès durable sans révolution socialiste !

Mais ses militants refusent que les victoires conquises à l’issue de ces luttes, puissent être, dans l’avenir, à nouveau usurpées par les forces du capital. Celles-ci doivent être définitivement mises hors d’état de nuire, par un vrai renversement de leur système : que les travailleurs s’approprient les moyens de production et d’échange, et le pouvoir politique ; qu’ils construisent une société nouvelle, socialiste ; et plus aucun cercueil ne portera la mention : « Mort pour les profits » !

 

* une « bulle financière » est créée quand un vendeur fait croire à ses acheteurs que le prix de ses produits (dans l’immobilier, par exemple) ne vont pas cesser d’augmenter, prévision fausse par rapport à la réalité. La bulle explose quand les prix s’effondrent sous l’effet de l’appauvrissement des ménages et que les acheteurs ne peuvent plus rembourser leurs crédits (affaire des « subprimes » aux USA).

 
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