NON A LA GUERRE DANS LE CAUCASE !
Le déclenchement du conflit armé dans plusieurs régions du Caucase (Ossétie, Abkhazie, Géorgie) trouve son origine historique dans la victoire de la contre-révolution bourgeoise en URSS.
La destruction de cet Etat socialiste fédéral et multinational, où 101 nationalités formaient une nouvelle nation soviétique, a eu pour conséquence la renaissance de l’impérialisme russe, l’exacerbation des nationalismes indissociables de la domination de la classe capitaliste dans ces pays.
Conflit qui est aussi l’expression des contradictions entre impérialismes états-unien et russe. La source économique de cette guerre se situe dans la concurrence exacerbée entre compagnies américaines et Gazprom, pour le contrôle des oléoducs et gazoducs dans la région.
La guerre du Caucase est injuste pour les deux peuples de Russie et de Géorgie.
La Géorgie bourgeoise de Saakachvili a conduit une politique irresponsable et aventurière. Ce fut tout d’abord sa politique ethniciste qui l’a conduite à refuser le statut d’autonomie (accordé par le pouvoir soviétique) à deux régions géorgiennes : l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, ce qui s’est traduit par une séparation de fait de ces deux régions.
En perte de vitesse après la prétendue « révolution des roses », en raison de la politique libérale à marche forcée qui a paupérisé la majorité de la population, Saakachvili n’a vu d’autre issue que l’allégeance toujours plus forte à l’impérialisme nord-américain, en lui proposant d’adhérer à l’OTAN au Sommet de Budapest.
Proposition qui a rencontré la vive approbation de l’administration Bush … mais a suscité l’opposition des impérialismes français et allemand, soucieux de ménager le régime de Poutine. Les actuels « efforts de médiation » de la France et de l’UE, par l’intermédiaire de Sarkozy, sont à situer dans ce contexte de rivalités interimpérialistes.
Le président Saakachvili, par son intervention en Ossétie du Sud, n’a pas hésité à placer la population géorgienne en première ligne, misant dangereusement sur une intervention de l’armée russe pour obliger l’OTAN à le soutenir ouvertement. L’objectif étant de déclencher un conflit majeur sur le modèle éprouvé de la guerre contre la Yougoslavie.
Le 8 août, l’intervention militaire de la Géorgie en Ossétie du Sud, sous prétexte de « rétablir la réalité constitutionnelle », et le bombardement de sa capitale Tskhinvali, ont occasionné de très nombreuses victimes, la quasi destruction de cette ville, l’exode forcé de 30 000 Ossètes vers la Russie.
Au lieu de s’en tenir à la voie diplomatique pour faire condamner l’agression géorgienne, l’impérialisme russe a organisé une riposte armée dont les principales victimes sont les civils géorgiens, dont beaucoup condamnent l’aventurisme irresponsable de leur premier dirigeant. La ville de Gori (un symbole aussi, c’est le lieu de naissance du dirigeant soviétique Staline), le port de Poti, ont été victimes de lourds bombardements.
L’URCF condamne tant le nationalisme fascisant du pouvoir de Saakachvili, son ambition de faire de la Géorgie une base d’agression de l’OTAN et de l’impérialisme US, que l’interventionnisme impérialiste russe qui renouvelle la politique de force de type tsariste contre les peuples du Caucase.
L’URCF soutient les forces démocratiques et pacifiques de la région, qui appellent à fraterniser, comme le firent ces athlètes géorgienne et russe aux J.O, à faire grandir l’exigence d’un véritable cessez-le-feu, du retrait de toutes les troupes hors leurs frontières, au droit à l’autodétermination des peuples abkhaze et ossète, afin qu’ils décident en toute indépendance de leur avenir sans les pressions bellicistes de Saakachvili et de Washington.
L’URCF voit, dans ces tragiques événements, la preuve supplémentaire que le capitalisme signifie l’exploitation, l’oppression nationale, la guerre. Occasion de rappeler à chacun la portée réelle du socialisme en URSS qui, en liquidant tous les maux cités ci-dessus, avait permis l’union fraternelle de la Russie et de la Géorgie soviétiques et de toutes les autres Républiques sœurs. URSS qui prouva l’unité de classe et internationaliste des 15 Républiques socialistes en libérant, à l’avant-poste, l’humanité du joug du fascisme allemand et japonais.
L’URCF est solidaire du combat de classe et antiguerre des communistes du Parti communiste ouvrier de Russie contre leur propre impérialisme, et de la lutte des communistes de Géorgie pour la paix et contre la clique atlantiste et fascisante de Saakachvili.
URCF le 11 août 2008