Déclaration commune URCF - CEL- CMC

Contre la répression du mouvement de lutte anti-CPE

Libération immédiate et sans condition de tous les manifestants encore emprisonnés!

Abandon de toutes les procédures en cours

Annulation des peines infligées !

 

 Contre la répression du mouvement de lutte anti-CPE, nous exprimons notre solidarité avec les manifestants qui subissent la  répression de l’Etat du capital. Nous exigeons la libération immédiate et sans condition de tous les manifestants encore emprisonnés, l’abandon de toutes les procédures en cours et l’annulation des peines infligées ! 

Après la légitime révolte sociale des jeunes des ghettos, le gouvernement bourgeois a été confronté au début l’année 2006 à l’une des plus fortes contestations sociales depuis 1995 : des millions de manifestants ont défilé dans plus de 200 villes, 38 universités se sont mises en grève reconductible, pour s’opposer à une loi adoptée le 9 mars dite « sur l'Egalité des chances » qui s’est cristallisée pour l’abrogation du « contrat première embauche » (CPE).

Quelle fut la réaction de la classe bourgeoise face à ce mouvement social de grande ampleur ? Elle a répondu de manière violente dévoilant ainsi son vrai visage, l’impérialisme c’est l’exploitation, la misère et la guerre. Le paravent parlementaire n’ayant pas suffisamment dupé la jeunesse, la force est alors utilisée pour imposer la « loi ». Ainsi un déferlement de violence s’est abattu sur les étudiants qui se trouvaient à la pointe du mouvement. Les étudiants qui occupaient la Sorbonne sont délogés manu militari, dans les manifestations les provocateurs tentèrent de dénaturer et saboter le mouvement et permirent surtout aux forces de répression d’intervenir, de tabasser et d’arrêter massivement. Ainsi le bilan est lourd : la répression du printemps 2006, c'est : 4350 arrestations, 1985 gardes à vue, 637 jugements (dont 271 comparutions immédiates), 71 peines de prison ferme, 167 peines de sursis, TIG ou mises à l'épreuve.

L’Etat bourgeois  a pour fonction d’empêcher toute lutte de classes menaçant les intérêts partiels ou généraux de l’oligarchie financière  et tente dans le même temps de punir les plus radicaux pour les empêcher de recommencer et de décourager tous ceux qui pourraient suivre leur exemple. Comme l'an dernier à l'encontre des lycéen(ne-s) en lutte contre la loi Fillon, comme lors des révoltes de novembre dernier dans les banlieues-ghettos, une justice expéditive et répressive s’exerce n’ayant qu’un but criminaliser les révoltes sociales, empêcher leur progression en lutte révolutionnaire consciente. Nous devons la combattre. Nous devons exprimer notre solidarité avec toutes les victimes de la justice de classe, briser l’acharnement de la justice bourgeoise contre les manifestants anti-CPE.

Cette révolte sociale comme celle précédemment des jeunes des ghettos inquiète la bourgeoisie monopoliste exploiteuse d’où sa volonté de diaboliser cette révolte sociale au yeux de l’opinion publique.  En effet, une fraction non négligeable de la jeunesse et des salariés est en train de prendre conscience de la réalité du capitalisme,  de son incapacité à satisfaire ses aspirations et aussi de la nécessité de lutter  pour construire une autre société débarrassée de l’exploitation, jusqu’au   renversement du système d’exploitation. La victoire du « NON » au référendum sur le TCE, la révolte des ghettos, les mobilisations massives contre le CPE, la teneur des discussions dans les AG étudiantes en sont des manifestations concrètes.

Le recul du gouvernement bourgeois montre qu’une lutte unitaire et massive peut déjouer certaines attaques de la bourgeoisie, en particulier les plus dures. Et cela la classe exploiteuse ne l'ignore pas, même s’il  s’agit d’un recul très limité, voire tactique (la « loi sur l’inégalité des chances » sur l’apprentissage à 14 ans, le travail de nuit, le CNE, etc.,  n’a pas été abrogée). Le combat continue !

Les communistes marxistes-léninistes ont pris toutes leur place et leur responsabilité dans la lutte contre le CPE, aujourd’hui nous prenons toute notre place pour obtenir l’amnistie de tous les manifestants anti-CPE qui subissent la répression judiciaire.

 La répression de ce mouvement découle du bilan d’une lutte exemplaire mais limitée. Cela montre qui il faut dépasser les objectifs à court terme, les revendications strictement corporatistes, que les jeunes et travailleurs en lutte ne peuvent compter que sur eux- même (trahison des bureaucraties syndicales, rôle néfaste de soutien à l’ordre capitaliste des partis bourgeois  UMP- PS ou  petits-bourgeois :trotskystes¦), qu’il est nécessaire de lier les luttes sociales à la dénonciation globale du système capitaliste, cela ne pourra se faire qu’en construisant un parti communiste révolutionnaire capable de développer, unifier et organiser les luttes du prolétariat et des travailleurs  jusqu’à la révolution socialiste .

Paris le 13 juillet 2006

 
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