PAS DE TROUPES FRANCAISES EN AFGHANISTAN !

RETRAIT DU CORPS EXPEDITIONNAIRE !

RETRAIT DE LA FRANCE DE L’OTAN !

 

Devant le parlement britannique, ce qui souligne le degré de respect de la souveraineté nationale de Sarkozy, le président de la République a annoncé sa décision d’envoyer un millier de soldats supplémentaires afin de renforcer le corps expéditionnaire en Afghanistan.

Après les attentats du 11 septembre 2001, Bush avait pris prétexte de la « lutte contre le terrorisme » pour déclencher une nouvelle guerre impérialiste d’annexions visant le contrôle  des matières premières, des champs pétrolifères, du gaz. En décembre 2001, l’intervention des grandes puissances impérialistes, avec l’OTAN comme bras armé, a entraîné le débarquement puis l’occupation de l’Afghanistan. La guerre a chassé la clique islamo-féodale des Talibans pour y substituer la clique féodalo-islamiste compradore de Karzaï.

Les troupes de l’OTAN étaient censées « pacifier le pays, apporter la démocratie, éradiquer Al Qaeda ». Sur tous ces points, c’est l’échec total de la coalition impérialiste.

La guerre contre le peuple afghan a commencé voici trente ans. La révolution démocratique populaire d’avril 1979, dirigée par le Parti populaire démocratique afghan (PPDA) de Taraki, apporta brièvement la terre aux paysans, l’égalité et le droit de suivre des études pour les femmes, une politique anti-impérialiste. Il est notoire que les Etats capitalistes et leurs services secrets, CIA en tête, oeuvrèrent à l’envoi de mercenaires, de conseillers militaires, au trafic massif d’armes comme les missiles « stinger ». Parmi ces mercenaires, figure entre autres Ben Laden. Leur mission, conduite par les divers partis islamistes contre-révolutionnaires au nom de la « guerre sainte »,  était de renverser le pouvoir révolutionnaire-démocratique. Cette tâche fut facilitée par les divisions du PPDA (combat fratricide des factions Khalq et Parcham).

Ceux qui étaient baptisés en occident « combattants de la liberté » par les intellectuels défenseurs de l’impérialisme américain, par  le PS et la CFDT, se sont montrés sous leur véritable visage, celui des représentants des intérêts des grands propriétaires fonciers, des narco-trafiquants, des champions des survivances vivaces du féodalisme, de la réaction cléricale moyen-âgeuse.

En 1981, le gouvernement révolutionnaire recourut à l’aide militaire de l’URSS. Toutefois, la dégénérescence révisionniste du PCUS allait instrumentaliser la révolution afghane jusqu’à la trahison de Gorbatchev. Trahison qui ouvrit la voie à la terreur anticommuniste ; le secrétaire général du PPDA, le gorbatchévien Najibullah, et des centaines d’autres furent torturés atrocement et leurs corps pendus aux réverbères de Kaboul.

Depuis lors, les factions islamistes des divers « seigneurs de la guerre » ont déclenché une guerre intestine dont la première victime est le peuple afghan, de la victoire des talibans jusqu’à celle de Karzaï arrivé avec les troupes US. L’occupation américaine, britannique, française, allemande se traduit par les bombardements de population civile, l’intégrisme religieux, la misère (90 % des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté), la culture du pavot (opium, héroïne) autorisée par les « gauleiters » de l’OTAN, alors que l’administration américaine de Bush  prétend livrer un combat à mort contre le trafic de drogues !

La décision française d’envoyer des troupes en Afghanistan fut prise conjointement par Chirac et Jospin, premier ministre du gouvernement de la « gauche plurielle ». Cette opération nommée « liberté immuable » (cela ne s’invente pas !) a été insuffisamment dénoncée et combattue par les forces anti-impérialistes et démocratiques de France.

Les troupes françaises ont pour mission les bombardements aériens, la sécurisation de Kaboul, la formation des officiers de l’armée afghane.

Depuis plusieurs mois, les troupes de l’OTAN, confrontées aux attaques des talibans, rencontrent de plus en plus de difficultés à protéger le gouvernement Karzaï et à contrôler le pays et les routes.

Tant et si bien que le candidat Sarkozy, dans la campagne des présidentielles, avait déclaré le 26 avril 2007 : « La présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive ». Comme sur les autres sujets, il y a loin du geste à la parole.

Le 6 septembre, le gouvernement Fillon décidait le transfert des avions de guerre- Mirage 2000d, Mirage F1- stationnés au Tadjikistan (ancienne république soviétique). Le 26 mars, à la chambre des communes britannique, Sarkozy déclarait : « La France va proposer de renforcer sa présence militaire en Afghanistan ».

Cette mesure belliciste s’inscrit dans la lutte pour le repartage impérialiste du monde, accentuée par la crise économique et financière du capitalisme. Elle traduit aussi l’accélération du cours visant à aligner l’impérialisme français sur les objectifs guerriers et rapaces de Washington, d’encerclement de la Russie bourgeoise, de la Chine, de l’Inde, de l’Asie centrale et du Moyen-Orient.

En réintégrant l’OTAN, Sarkozy achève la rupture de son parti avec la variante impérialiste incarnée par la politique gaulliste qui voulait faire jouer un rôle indépendant  au capitalisme français. Politique qui fut abandonnée progressivement, mais qui est enterrée aujourd’hui.

La totale ré-adhésion  de la France à l’OTAN consacre une réorientation de la diplomatie armée de la France : rechercher à se substituer à la Grande-Bretagne, comme premier lieutenant de l’impérialisme américain, tout en oeuvrant à conquérir l’hégémonie sur l’UE, grâce au domaine militaire et à l’arme nucléaire dans une « politique européenne de sécurité  de défense commune» (PESD).

Bush, au sommet de l’OTAN, devrait pratiquer le donnant-donnant, en apportant son soutien à la PESD en échange de l’euro-atlantisme du président français ; cependant rien n’est moins sûr que Washington concoure  à donner un blanc seing aux visées de l’impérialisme français. La Grande-Bretagne blairiste de Brown et l’Allemagne de Merkel peuvent tout aussi bien tirer leurs marrons du feu.

La décision d’envoyer des renforts au corps expéditionnaire français n’obéit qu’aux intérêts financiers des monopoles et du complexe militaro-industriel ; ses résultats dramatiques sont prévisibles : ce sont les populations civiles afghanes qui feront les frais de cette politique irresponsable et dangereuse. Les soldats français pensent  (peut-être) agir  pour la « liberté », ils tomberont sacrifiés pour le profit capitaliste !

La tâche des marxistes-léninistes est de dénoncer partout la sale guerre menée en Afghanistan, de faire grandir l’exigence du retrait du corps expéditionnaire français, et du refus de décider à la place des Afghans de leur destinée, de militer pour l’arrêt de la guerre et le rapatriement des armées impérialistes.

Notre presse doit rappeler aux jeunes générations ce que fut l’OTAN, bras armé de la politique d’endiguement puis du renversement du socialisme en Europe, devenu le corps mercenaire surarmé  de la préparation de la IIIème guerre mondiale que les « docteur Folamour » des divers Etats impérialistes rêvent de déclencher pour se partager le monde au détriment de la liberté, des droits démocratiques et sociaux, afin de pérenniser le sanglant régime capitaliste d’exploitation.

Les travailleurs doivent lier leur combat quotidien pour leur revendications urgentes : salaires, emplois, conditions de travail, à la  lutte anti-guerre. Pas un euro  pour la sale guerre !

Déclaration du bureau de l’URCF. Le 2 avril 2008.

 
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