TROIS TEXTES EN LIGNE
DECLARATION DE L’URCF APRES LE 2ème TOUR DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES.
DENONCER, COMBATTRE ET BATTRE LA REACTION CAPITALISTE !
L’URCF, tout au long de cette campagne, a patiemment démontré que la Constitution de la Vème République, réactionnaire sur toute la ligne, constituait une forme particulièrement redoutable et aliénante de dictature des monopoles sur l’Etat.
La bipolarité au cœur de cette Constitution offre un choix sans danger pour les grands groupes industriels et financiers entre un pôle réactionnaire autour de l’UMP et le pôle social-démocrate autour du PS.
Aucun des deux candidats en lice n’offrait un quelconque point d’appui aux revendications et luttes des travailleurs. Le journal le Figaro écrivait « Le duel Sarkozy/Royal s’apparente à un duel Thatcher/Blair ». Le MEDEF ne donnait « aucune consigne de vote entre deux candidats l’un et l’autre défenseurs de l’économie de marché ». Seillière, devenu « patron des patrons européens » s’est réjoui de la force de la « modernité » et de l’économie de marché, bien illustrées par les deux candidats et approuvées selon lui par la forte participation.
Cette élection présidentielle présentait plusieurs pièges pour les forces populaires. Le capital monopoliste voulait véritablement dynamiter le Camp du NON, victorieux au référendum. Sa première arme a été de s’appuyer sur la division. Les multiples candidatures « anti-libérales », nées des ambitions et intérêts étroits de certaines formations qui n’ont soutenu les « collectifs du 29 mai » qu’avec la visée de les utiliser pour leur candidature, ont affaibli l’influence du courant opposé tant au libéralisme qu’au social-libéralisme. Ces multiples candidatures, comme l’URCF l’annonçait dès septembre 2006, se sont avérées être des composantes d’un courant de soumission au social-libéralisme.
Le trotskisme, une fois de plus, a confirmé son rôle de diviseur professionnel, son caractère de « déviation social-démocrate au sein du mouvement révolutionnaire » comme le définissait l’Internationale Communiste.
Le réformisme muté du PCF a prouvé son impuissance à éviter la satellisation au PS social-libéral.
L’autre piège tendu par le capital consistait à remettre en selle un PS dont la direction avait été massivement désavouée lors du référendum. Certains médias ont donc présenté la candidature Royal comme rempart contre Sarkozy, en éludant, avec l’adhésion de certains progressistes et marxistes, toute analyse du contenu de classe de la politique proposée par S.Royal.
Ainsi, les monopoles misaient sur une « gauche » domestiquée et dirigée par le PS, dans le cadre du vote utile pour Royal, façon non déguisée de placer le mouvement populaire sous l’hégémonie du social-libéralisme.
On ne combat pas la politique capitaliste au moyen de l’utilisation d’un bulletin de vote social-libéral. Royal n’avait aucune revendication porteuse, elle inscrivait son mandat dans les mêmes aides financières au patronat, dans sa même priorité « à l’entreprise et à l’entrepreneur » et l’ assouplissement » du temps de travail, en clair : l’allongement de la durée du travail
C’est le candidat le plus réactionnaire, celui des monopoles du CAC 40, du soutien le plus marqué à l’impérialisme américain et à l’expansionnisme sioniste qui l’a emporté : Sarkozy. Les différences avec Royal portaient sur le rythme et la profondeur des réformes réactionnaires à conduire. L’objectif central des multinationales appuyé par les deux candidats est clair : détruire les conquêtes sociales et démocratiques de la Libération obtenues par les Résistances armées antifascistes, les luttes de classes et favorisées par l’existence d’un camp socialiste ayant l’URSS à sa tête, ainsi que les avancées sociales conséquences de la grève générale en mai 1968.
Le troisième piège tendu était d’opter pour l’une ou l’autre de ses candidatures soutenues par le Capital, comme cela s’est passé en Italie entre Berlusconi et Prodi : l’euro-atlantisme contre une UE impérialiste forte, subordonnant ainsi les forces du travail à la politique de tel ou tel impérialisme.
Maintenant Sarkozy, avec sans doute plus de brutalité que ne l’aurait fait Royal, va développer la « flexi-sécurité » que tous deux proposaient de mettre en place dans leur programme. L’heure est à l’action de toutes les victimes présentes et futures.
Cette politique consiste à individualiser toujours plus les contrats de travail, à promouvoir la concurrence entre salariés, à détourner le syndicalisme de sa mission quotidienne, au service des intérêts des travailleurs.
« Libérer le travail », par cette expression mensongère, Sarkozy vise à favoriser les heures supplémentaires (ce qui va réduire toujours plus les embauches) et ainsi à aggraver les conditions de travail, les cadences, la surexploitation afin d’assurer aux oligarques de la fortune : la maximalisation des profits.
La « sécurité sociale professionnelle », décidée par l’UE et portée par la direction de la CGT et des autres centrales est de plus soutenue par toutes les forces favorables au capitalisme, ce qui indique sa réelle portée de classe. Sarkozy en voulant concrétiser ce projet dangereux veut instaurer le « parcours professionnel individuel » en clair, le livret individuel de travail, la casse des conventions collectives, la réduction continue du chômage dans le statistiques, la transformation du syndicalisme en mutuelle du « suivi des carrières ».
La première mesure anti-ouvrière et anti-syndicale pourrait conduire à la limitation du droit de grève, au nom du « service minimum ».
Face à cette politique brutale, la résistance syndicale et démocratique doit viser non seulement Sarkozy qui n’est que le commis des intérêts des conseils d’administration des monopoles mais bien la bourgeoisie monopoliste et son système capitaliste.
La seule voie efficace, pour combattre et battre demain, la réaction capitaliste est celle des luttes multiformes sociales et politiques.
Pour organiser la résistance syndicale, il est indispensable que chaque travailleur conscient et attaché à la défense de ses intérêts de classe soit porteur dans son entreprise, dans sa section syndicale des revendications les plus hautes portées par les 1000 grèves qui ont éclaté dans le pays durant cette campagne : Non à la flexibilité ! SMIC à 1500 euros nets immédiatement, 300 euros mensuels d’augmentation pour les salaires et les pensions ! Non à la précarité, tous les emplois en CDI ! Interdiction des licenciements ! Non aux privatisations !
Les débats entre syndicalistes et salariés sont nécessaires afin que s’organise démocratiquement la riposte aux réformes réactionnaires, un véritable front Populaire de luttes.
L’URCF appelle ses militants et sympathisants à participer massivement au Forum syndical sous l’égide de « Continuer la CGT » et des Collectifs syndicaux de lutte de classes, le 26 mai à Paris. La réflexion là et ailleurs doit s’engager pour déterminer les formes de luttes nécessaires et efficaces afin de repousser l’offensive du MEDEF et de ses agents.
La Résistance démocratique et politique doit contribuer à reconstruire le camp du NON, affaibli sans commune mesure par la division. La classe ouvrière doit s’investir dans les collectifs du NON qui veulent poursuivre dans la voie tant de l’opposition au libéralisme qu’au social-libéralisme. Si la classe ouvrière restait « observatrice », ce sont des couches sociales moins radicales et moins victimes de l’exploitation capitaliste qui conduiraient le mouvement issu du NON et qui seront plus enclines à céder aux mesures visant à réintroduire, le Traité constitutionnel européen. Le mouvement démocratique et anticapitaliste doit faire grandir l’exigence d’abrogation de la Constitution réactionnaire de la Vème République et la revendication d’une Assemblée Constituante. L’URCF appelle à porter haut et fort la revendication du droit de vote pour tous les travailleurs immigrés, à soutenir « réseau éducation dans frontières »dans sa lutte contre les rafles, pour la régularisation de tous les Sans-papiers.
Sarkozy annonce un redéploiement de la politique de l’impérialisme français vers la Méditerranée, l’internationalisme exige le renforcement de la solidarité politique avec toutes les forces progressistes et anti-impérialistes de la région, la lutte résolue contre « notre » propre impérialisme et sa politique de pillage des richesses des peuples d’Afrique et du Proche-Orient.
Les communistes marxistes-léninistes doivent prendre pleinement leur responsabilité et agir afin que se forge dans ce vaste mouvement qui reste encore anti-néo-libéral, une aile anticapitaliste qui relie les luttes quotidiennes contre le libéralisme à la lutte générale contre le capitalisme.
L’URCF continuera son travail prioritaire dans les usines et entreprises, son travail théorique et pratique visant à l’examen des sources idéologiques, matérielles, politiques ayant permis la victoire du révisionnisme dans le mouvement communiste.
Dans cette campagne, des courants de conciliation dans le mouvement communiste, sont apparus vis-à-vis du social-chauvinisme, du trotskisme, du révisionnisme. L’opportunisme est un danger permanent, un facteur de désagrégation et d’édulcoration du mouvement communiste qui a emporté le PS d’avant 1914, le PCF et d’autres organisations nées, précisément, pour renverser le capitalisme.
Le chemin pour construire un Parti communiste unique et révolutionnaire continue de retarder par rapport aux besoins objectifs de la classe ouvrière, dans sa défense au quotidien et dans son combat stratégique pour la révolution socialiste en France.
La tendance à vouloir construire l’unité autour de « ses axes » d’organisation existe. Un large appel pour une rencontre unitaire a été lancé par des camarades d’autres groupes, sans inviter l’URCF et le CNU! L’expérience montre que cette façon de voir signifie en pratique : absence d’unité d’action et persistance de divisions qui contribuent à empêcher le déploiement de toutes les forces se réclamant du communisme.
L’URCF et maintenant 8 autres organisations communistes ont décidé, dès novembre 2006 de travailler ensemble à la clarification politique et théorique, à l’action commune dans un Centre national Unitaire (CNU). Chaque organisation restant indépendante et libre de suivre telle ou telle campagne. Nous ne sommes qu’au début de ce processus, ouvert en permanence à tous ceux qui veulent rejoindre le CNU mais c’est l’une des voies utiles pour organiser le « frapper ensemble ».
Pour sa part, L’URCF continuera d’agir pour l’unité d’action de toutes les organisations communistes, de façon bilatérale et plus (dans la dernière période nous avons eu des contacts positifs avec certaines autres organisations nationales) comme dans le cadre unitaire du CNU. L’URCF développera sa propre action et contribution afin que se construise en lien avec les luttes du prolétariat, le parti communiste de type léniniste, outil incontournable de lutte pour le socialisme, seule alternative révolutionnaire au capitalisme et à la réaction.
Secrétariat de l’URCF. 8 mai 2007
CONTRE LE LIBERALISME ET LE SOCIAL-LIBERALISME !
CONSTRUIRE LE FRONT UNI DU TRAVAIL !
Le piège des institutions
Durant la campagne, l’URCF a dénoncé le présidentialisme comme le camouflage d’une démocratie tronquée. En effet, à chaque consultation, l’ « alternance » permet que le pouvoir du capital financier s’exerce sans anicroche au profit exclusif des partis des monopoles : UMP/UDF et PS. Cela revient à limiter le choix des électeurs entre deux types de gestion au même contenu de classe capitaliste : libéralisme ou social-libéralisme.
Après sa défaite au référendum, la bourgeoisie monopoliste n’a eu de cesse d’œuvrer à empêcher toute traduction politique du camp du NON progressiste. Son objectif permanent, afin de pérenniser son système d’exploitation, est d’assurer le contrôle politique et idéologique du mécontentement populaire que ne manque pas d’engendrer le libéralisme.
Avec le trio Sarkozy-Royal-Bayrou, le grand Capital a gagné provisoirement mais Lénine a montré que la classe ouvrière est à bonne école quand elle apprend de ses défaites !
Le camp du NON affaibli par la division
Au référendum, le NON progressiste a su transformer son handicap de départ, la diversité de ses composantes, en force. Des collectifs se sont formés, expression d’une démocratie directe, antithèse de la « démocratie » délégataire version Vème République. Une charte antilibérale a été adoptée, dont l’URCF souligne les aspects progressistes mais aussi les sérieuses lacunes ; mais le débat va se poursuivre. L’objectif alors était de mettre le PS social-libéral, hors du mouvement populaire. Le capital et le PS ont su s’appuyer sur les appétits électoraux et financiers, sur des intérêts étroits d’organisation pour diviser le camp progressiste à coups de multiples candidatures, porteuses de la conciliation avec le social-libéralisme. Au lieu du potentiel de 10 % (exprimé au 1er tour) et qui aurait été plus important avec le dynamisme d’une campagne unitaire, les scores décevants des uns et autres attestent que la division du Non progressiste a été sanctionnée, nous sanctionnant tous !
Devoir d’analyse et de mémoire.
Le battage dans les médias, dans les derniers jours, annonçant le 50/50au second tour entre Sarkozy et Royal, a suscité un « vote utile » désastreux pour les intérêts des travailleurs. Tant et si bien que les électeurs auront le choix, une fois de plus, entre la réaction et la fausse gauche. D’autant que certains marxistes oublient que sous le capitalisme, le réel exécutif se situe dans les conseils d’administration des monopoles, que l’élection consiste à élire les commis du capital. La politique de demain sera celle dictée par les grandes sociétés. Ce sera toujours ainsi si on ne s’attaque pas au capitalisme.
Sarkozy est le candidat de la réaction sur toute la ligne. Son programme est directement inspiré de la « révolution conservatrice » mise en œuvre par Reagan, Thatcher, Blair. Les rafles d’inspiration pétainiste et lepéniste, la répression contre les jeunes des cités, la généralisation de la flexibilité et de la précarité sur le mode du « Travaille plus et tais-toi ! », l’alignement sur la politique de l’impérialisme américain, figurent clairement à son programme.
Le piège se referme sur le monde du travail. Beaucoup de travailleurs, de progressistes veulent apporter leurs voix pour battre Sarkozy, nous comprenons cette aspiration. Mais voilà, voter Royal, c’est une fois de plus donner un chèque en blanc, à une candidate social-démocrate. N’ayons pas la mémoire courte. Le PS et son précurseur, la SFIO, sont à l’origine de maintes trahisons des intérêts des travailleurs. De la « non-intervention » durant la guerre d’Espagne, au décret Sérol instituant la peine de mort pour activités communistes, du vote des pleins pouvoirs à Pétain aux guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie, la social-démocratie a couvert les basses œuvres de l’impérialisme français. Plus récemment, le PS sous Mitterrand, durant les années 80, a battu un triste record, celui du licenciement de 100 000 délégués syndicaux et Jospin a été le plus grand privatisateur. Sarkozy, c’est le militarisme, mais quelles garanties, dans la lutte pour la paix, avons-nous avec une candidate d’un PS qui a conduit la première guerre du Golfe, l’intervention contre un Etat souverain d’Europe : la Yougoslavie ?
Royal, dans sa campagne, a avancé des concepts qui constituent une version à peine atténuée du programme de Sarkozy : « ordre juste », encadrement, des jeunes par l’armée, CPE-bis. Des pans entiers de leurs propositions sont de même nature : allongement du temps de travail et précarité au nom de la « valeur-travail », « sécurité sociale professionnelle » qui individualise les situations, aggrave la concurrence entre salariés et casse les conventions collectives, projet identique de faire adopter le Traité constitutionnel européen, rejeté par les électeurs, même bruit de bottes à l’encontre de l’Iran.
Sarkozy/Royal : quelle réelle alternative ?
Au second tour, d’ores et déjà, nous pouvons dire qu’il y aura un seul vainqueur : le libéralisme. En 1938, 90 % de la population approuvait l’accord de Munich qui en livrant la Tchécoslovaquie, ouvrait la voie à la seconde guerre mondiale. Seul, le PCF osa aller à contre-courant et choisit de ne pas se couler dans le consensus mou. L’URCF appelle avec la même détermination, à refuser le piège tendu qui reviendrait sous prétexte de « moindre mal », à endosser bon gré mal gré, la politique voulue par le capital et ses deux candidats. On ne battra la politique réactionnaire que par le développement des luttes, la construction à la base d’une alternative progressiste. Toutes les conquêtes sociales ont été le résultat des luttes de classes, demain les véritables changements seront obtenus par les travailleurs en lutte.
Durant cette élection, les médias ont tu un évènement marquant : le réveil de la classe ouvrière. Plus de 1000 entreprises ont vu des grèves se déclencher. Les PSA d’Aulnay ont avancé les revendications qu’il faut partout généraliser : SMIC à 1500 euros nets tout de suite, 300 euros d’augmentation mensuelle des salaires, transformation des emplois précaires en CDI.
L’existence d’un véritable parti communiste révolutionnaire aurait pesé d’un tout autre poids pour contenir la poussée de la réaction. L’URCF prendra ses responsabilités pour renforcer et faire vivre en actes, l’unité de tous les communistes. Nous devons transformer les élections législatives en campagne de résistance contre le libéralisme et le social-libéralisme. Le gage du succès, c’est l’unité des partisans du NON progressiste avec des candidatures uniques dans chaque circonscription, centrées autour de la défense des revendications, de l’abrogation de la Vème République et pour l’instauration d’une Constituante, de la lutte contre l’UE impérialiste. L’URCF soutiendra de telles candidatures tout en conduisant une campagne unitaire et indépendante Il faut construire d’urgence une alternative progressiste, dans les luttes, afin que les travailleurs aujourd’hui piégés aient d’autre choix, enfin, que la peste réactionnaire ou le reniement de leurs aspirations via un ralliement impuissant !
SARKOZY EST UN FLEAU, MAIS PAS D’ANTIDOTE AVEC ROYAL !
à méditer: déclaration du MEDEF. " Pour le second tour des élections présidentielles, le MEDEF ne donnera pas de consignes particulières, les deux candidats en présence étant favorables à l'économie de marché
ELECTIONS PRESIDENTIELLES : DECLARATION DE L’URCF.
Démocratie du Capital= démocratie tronquée !
Les élections en régime capitaliste ne peuvent être dissociées de la domination de la classe capitaliste sur les entreprises grâce à la propriété privée des usines, entreprises, banques, terre, moyens d’information, de l’exploitation du travail salarié.
Le pouvoir du capital, y compris sous la « démocratie bourgeoise » s’exerce au moyen d’une véritable dictature de classe, celle de l’oligarchie financière. Les appareils d’Etat : répressifs, judiciaires, statistiques, « éducatifs », les medias, visent à sauvegarder le régime capitaliste, à « encadrer » les travailleurs. Dans tout Etat : « l’idéologie dominante est celle de la classe dominante » (Marx).
Propriétaire de la presse écrite et audio-visuelle, des instituts de sondage, le capital financier va influencer et orienter l’opinion publique pour tromper ainsi les citoyens. Les chiffres des sondages abondamment commentés par les plumitifs du capital permettent de susciter le »vote utile » autour de candidats dont on dit avant le scrutin, les scores escomptés. Cela écarte de fait de la « compétition » les candidatures alternatives. En somme, l’élection serait l’affaire de 4 « grands candidats » : Sarkozy, Royal, Bayrou, Le Pen ! Ce n’est pas un hasard si ces candidatures, avec leur registre propre mais toutes inscrites dans le libéralisme représentent les intérêts des grands groupes financiers.
Dans ce cadre, nous pouvons légitimement parler de démocratie tronquée. La Véme République constitue un cadre institutionnel particulièrement réactionnaire. Le présidentialisme, par son caractère d’autoritarisme, a instauré une véritable monarchie « républicaine ». Aux élections, il s’agit de mettre en avant et de « choisir » l’homme ou la femme providentiel(le) susceptible d’appliquer les décisions des véritables instances de décision : les conseils d’administration des monopoles. La confrontation démocratique d’idées est réduite au minimum, puisque sondages et « enquêtes d’opinion » obligent, les candidats du capital sont conduits à s’adapter à la commande !
Jusqu’ici, la Véme République a conforté le pouvoir capitaliste par le « bipolarisme ». Ce bipolarisme s’appuie sur l’alternance entre la droite libérale et le PS social-libéral. De 1997 à 2002, le social-libéralisme du gouvernement de gauche plurielle de Jospin a permis au capital des profits énormes avec les « aides publiques » aux entreprises et la manne de 35 milliards de privatisation qui ont touché 900 entreprises et 145 000 salariés dont ceux d’EADS principal actionnaire d’Airbus.
L’alternance s’est faite autour des mesures libérales des Raffarin, Villepin, Sarkozy qui ont supprimé la retraite de fait à 60 ans, miné la sécurité sociale et le système de santé, affaiblit par les restrictions budgétaires le service public d’éducation, ouvert l’apprentissage dès 14 ans, généralisé la flexibilité des emplois, poursuivi les privatisations.
Ce système bipolaire d’alternance connaît une crise sans précédent, source de méfiance et de désaffection populaire. Cela explique le scepticisme qui entoure ces élections présidentielles. A trois reprises, référendum sur le traité constitutionnel, lutte contre la précarité et le CPE, explosion sociale des cités, les travailleurs et jeunes en lutte se sont heurté aux conséquences de la politique de précarité et de la « ville » de l’UMP-UDF et du PS.
Lors du référendum, malgré le battage médiatique et l’engagement pour le OUI de 90 % de la représentation nationale (le refus de toute proportionnelle fait que PS, UMP/UDF soit 40 % des votes aient le quasi monopole de la représentation au Parlement !), l’engagement de l’UMP, UDF, PS, églises, MEDEF, syndicats de collaboration ont été battus par la large mobilisation populaire.
Face à cette crise, la bourgeoisie monopoliste recherche de nouvelles formes de duperies, c’est le sens de la promotion des candidatures de Bayrou et Le Pen, tout en ne manquant pas de relancer la mystification droite libérale/gauche social-libérale.
Les monopoles expriment directement leurs intérêts de classe, principalement autour des « 4 grands candidats ».
Les candidats du capital.
Sarkozy est le candidat d’un tournant réactionnaire accentué dans tous les domaines. En politique étrangère, il se fait le porte-parole de l’atlantisme et du soutien à la politique belliciste du sionisme israélien. Sa visite à Bush, « pour présenter les excuses de la France » pour ne pas avoir soutenu l’intervention armée des impérialismes étasunien et britannique, montre que Sarkozy aux commandes du pays, la France aurait été engagée dans cette agression à caractère colonialiste destinée à assurer l’hégémonie de l’impérialisme européen, devenu un véritable bourbier pour les troupes d’occupation.
En politique intérieure, Sarkozy s’est attaqué aux libertés démocratiques. La liberté de correspondance (courriels, téléphoniques) est subordonnée à la prétendue « lutte contre le terrorisme », la vidéo surveillance s’est généralisée. En déclarant la guerre aux jeunes des banlieues, sous des insultes du type: « racailles », « karchériser », il a en réalité voulu camouflé la politique de discrimination du capital en suscitant la « haine » des plus grandes victimes de cette politique. Les relents vichystes de sa politique sont clairs : proposition d’un « ministère de l’immigration et de l’identité nationale », rafles des travailleurs Sans-Papiers et de leurs enfants scolarisés, alors que la majorité de ces derniers ont un emploi, non déclaré par les patrons. Les sans-papiers contribuent ainsi à la production de richesses dans notre pays tout en étant surexploités et précarisés à l’extrême, puisque « mission achevée », la bourgeoisie les renvoie dans leur pays ! Ce volet de sa politique « sécuritaire » lui servant en même temps de faire-valoir auprès des électeurs du FN dont il brigue les voix.
Les rafles contre les étrangers résidant en France éveillent l’écho sinistre des rafles du régime de Pétain-Laval et des occupants nazis qui visèrent d’abord les Juifs « étrangers » et leurs enfants. Certes les conséquences ne sont pas comparables, mais on sait où commence « l’immigration choisie » mais on ignore où elle s’arrête ni qui la conduirait demain !
Son communautarisme importé du modèle américain s’est manifesté dans sa politique visant à subordonner les travailleurs à une prétendue communauté et à ses chefs religieux. Le cléricalisme a toujours été l’apanage des pires régimes de réaction.
Son programme économique en fait le champion du libéralisme. Son credo est connu : « Il faut travailler plus, pour gagner plus ! ». C’est un soutien et un encouragement au patronat pour qu’il aggrave sa politique de surexploitation ouvrière à coups d’heures supplémentaires. Sarkozy propose que ces heures de travail soient majorées de 25 %, alors que la législation la fixe à 50 % ! C’est une incitation dans le droit fil de la déclaration du sommet européen de Lisbonne (ratifié par Chirac et Jospin) à l’ouverture d’emplois, jobs complémentaires (y compris au noir) afin de solutionner (pour le seul profit du Capital) la perte de pouvoir d’achat (de 20 à 30 % selon les catégories populaires en 20 ans !). Nul doute que cette mesure aggraverait la surexploitation, les conditions de travail et raccourcirait l’espérance de vie des travailleurs !
Sarkozy prône la limitation du droit de grève qui ne pourrait s’exercer qu’après une consultation préalable des salariés. Sa proposition d’actionnariat ouvrier s’inscrit dans le rêve d’une association Capital/Travail où les « actions » des ouvriers alimenteraient les fonds de pension des milliardaires ! Enfin Sarkozy s’attaque à l’impôt sur les grandes fortunes en limitant son taux de prélèvement à 50 % des revenus, une aubaine pour les milliardaires. La politique de Sarkozy aggraverait le chômage puisqu’il propose de ne pas remplacer 225 000 fonctionnaires partant en retraite.
La politique de Sarkozy est celle de la réaction ouverte dans tous les domaines et constitue un grand danger pour les forces du travail.
Ségolène Royal incarne pour sa part le social-libéralisme qui ne constitue en rien une parade à la politique de Sarkozy. Ministre de Jospin, elle n’a pas rompu avec ce cadre de pensée, désapprouvé par un nombre croissant de salariés. Certes face à un candidat de la réaction aussi marqué que Sarkozy, il est plus facile au PS et à sa candidate de semer des illusions.
Mais la vigilance s’impose. Prenons la proposition de SMIC à 1500 euros (bruts) d’ici à 5 ans. Il s’agit d’un leurre puisque précisément, le cadre réglementaire conduira à un tel montant.
« L’allocation d’autonomie » pour les jeunes, financée sur les fonds de la formation permanente, ne sera touchée que si « en échange », le jeune offre son « temps », en clair c’est le recours au travail partiel et précaire.
Autre mesure phare de son programme : la décentralisation qui gérerait la création d’emplois. Il s’agit là de l’application de la stratégie de l’Union européenne visant à s’appuyer sur des régions fortes affaiblissant les Etats nationaux, entraves règlementaires (relatives) à la réalisation du maximum de profits. Les régions fortes ne pouvant l’être qu’au détriment de zones de désertification économique, ce qui multipliera la bureaucratie régionale, la formation de lobbys pour gagner des activités économiques, les délocalisations et la casse des emplois, enfin l’inégalité de développement entre régions !
« Je ne déferai pas pour le plaisir ce qu’a fait la droite », en effet sur les « 35 heures », sur les retraites, Royal se contente de prôner une réunion des acteurs sociaux. On connaît le refus de négocier du patronat sans la pression des luttes.
Son « ordre juste » s’aligne sur la politique sarkozyste d’encadrement de la jeunesse. L’un par la répression policière, l’autre par le recours à un travail « humanitaire » au sein de l’Armée.
Les deux principaux candidats et leur acolyte Bayrou se positionnent pour la rédaction d’un nouveau traité constitutionnel européen. Par voie parlementaire pour le candidat de l’UMP, par voie référendaire pour Royal, l’un et l’autre veulent satisfaire les intérêts et appétits des monopoles qui ont besoin de voir le néo-libéralisme imposé comme seule politique « légale » en Europe.
Sarkozy/Royal : les deux principaux candidats ont le même objectif de ramener la dette intérieure du pays à hauteur de 60 % du PIB, avec une croissance de 2,5 % stimulée par les aides au patronat : absence de charges patronales pour les heures supplémentaires et le travail partiel des retraités (Sarkozy), continuation et renforcement des aides « aux entreprises » (en fait aux patrons) d’un montant de 65 milliards auxquels s’ajoutent les 23 milliards d’exonérations diverses !
Enfin, tous deux se prononcent pour une politique plus agressive de l’impérialisme français. L’un et l’autre ont recours à des propos va t’en guerre sur l’Iran, Sarkozy reprenant les propos de Bush et Royal allant jusqu’à interdire les recherches nucléaires civiles, autorisées internationalement par le traité de Non-prolifération nucléaire !
« L’ascension » de Bayrou est le produit de la crise de la représentation. La bourgeoisie en cas d’impasse de la bipolarité traditionnelle, veut relancer une « union nationale » regroupant la droite et la gauche au sein d’un même exécutif. En somme au lieu du bipolarisme s’affrontant et se substituant par alternance, une cohabitation permanente ou la bipolarité en un seul gouvernement !
La politique de Bayrou est jumelle de ses deux principaux rivaux. Il propose d’exonérer le capital : pour 2 emplois nouveaux crées, les patrons verront leurs charges supprimés pendant 5 ans. Bayrou propose plutôt que d’augmenter le SMIC d’alléger ou de supprimer les charges des employeurs, les 7 millions de pauvres dans ce pays apprécieront à sa juste valeur ce cadeau fait aux possédants !
Même antienne que Sarkozy sur le « travailler plus ». Moins « cannibale » Bayrou propose que les heures supplémentaires soient payées avec une majoration de 35 % (inférieure au Code du travail !).
Partisan résolu d’une UE fédérale, comme ministre de l’éducation nationale, Bayrou est à l’origine de la plus grande manifestation enseignante et de parents en 1993 (plus d’un million de personnes) quand il voulut permettre aux collectivités locales de financer les écoles privées au-delà de la limite légale des 10 %. Cela mérite rappel quand les instituts de sondage font état du vote Bayrou dans les salles de profs.
Le Pen est le porte-parole des monopoles et du capital acquis à la nécessité (pour eux) de peser sur le programme des autres candidats dans le sens du racisme et de la fascisation. Se faisant passer pour un « homme du peuple » avec la complicité de quelques plumitifs douteux et avides d’argent, Le Pen est un milliardaire représentant des intérêts du capital financier au-delà de ses imprécations mensongères et démagogiques contre le CAC 40.
Le Pen défend l’ensemble des points programmatiques du MEDEF : retour à 65 ans comme âge légal des retraites, suppression comme Sarkozy et Bayrou des régimes spéciaux des retraites, diminution de l’impôt sur les sociétés, suppression de l’impôt sur les grandes fortunes, réglementation du droit de grève (en fait sa limitation, voire son interdiction), allongement du temps de travail et suppression des 35 heures, aménagement du SMIC (en clair la suppression du salaire minimum), hausse du budget de la défense nationale passant de 1,6 % du PIB à 2, 8 !!!
Le Pen comme son compère le hobereau De Villiers mettent en avant la question de l’immigration comme la source de tous les maux qui accablent les français. Leur proposition de « préférence nationale » relève de la rhétorique fasciste classique. Faire croire que les responsables des malheurs ce ne sont pas les capitalistes qui vivent de notre exploitation mais nos frères de classe de nationalité différente. La candidature et le programme de Le Pen visent à la division des travailleurs, à empêcher l’unité ouvrière autour des revendications immédiates et futures. De plus, en appelant à une discrimination aggravée, Le Pen permet d’entériner de fait et détourne l’attention des mesures réelles de fascisation et de restriction des libertés publiques prises sous l’égide de Sarkozy. Quand un travailleur vote Le Pen, il se tire une balle dans le pied !
Aucune voix ne doit se porter sur les candidats du capital, tous sont les futurs applicateurs zélés des directives des monopoles et de leur libéralisme.
Les candidatures à la « gauche de la gauche » : une occasion manquée !
La victoire du NON au référendum a renforcé l’aspiration des forces progressistes à construire une alternative populaire d’urgence contre la droite réactionnaire mais aussi contre le PS social-libéral.
Les collectifs du 29 mai formés durant la campagne, élément important du camp du NON progressiste mais pas unique, ont adopté une « charte antilibérale », fruit d’un compromis entre les diverses composantes de ces collectifs.
Cette charte, selon nous, présente des aspects contradictoires en raison du poids encore faible joué par la classe ouvrière dans ces comités. D’un côté les revendications fondamentales de l’heure sont reprises : les 35 heures pour tous sans diminution de salaires dans la perspective des 32 heures ; l’interdiction des licenciements boursiers ; l’abrogation des dispositifs de précarité ; l’arrêt des privatisations et la nationalisation des monopoles de l’eau, de l’environnement, de l’énergie, de la poste et des transports ; l’abrogation de la Véme République et des mesures de démocratisation et de luttes contre les discriminations et le racisme.
Cependant, figurent aussi des mesures au caractère illusoire et trompeur. La charte reste ambiguë sur la construction de l’Europe capitaliste et ne voit pas dans son cadre institutionnel, l’instrument de la domination des multinationales. Comment prétendre démocratiser l’UE alors que le pouvoir réel est exercé par une commission non élue aux ordres de la Table-Ronde des industriels européens ? Cette position euroconstructive constitue de fait un alignement sur le bloc impérialiste européen, perçu comme un moindre mal voire un contrepoids à l’hégémonie de l’impérialisme nord-américain. Ces thèses gravement erronées découlent de l’absence de toute analyse marxiste de l’Etat. La charte appelle à un rôle « régulateur » de l’Etat et à son arbitrage alors que l’Etat est dirigée par la bourgeoisie monopoliste.
L’existence de divergences sérieuses avec la Charte ne doit pas conduire les marxistes-léninistes à ignorer ces potentialités. La première est que cette charte est le fruit d’un large débat qui se poursuit. La seconde est l’existence de collectifs pluralistes, base pour l’unité d’action de toutes les composantes progressistes. Nous avons gagné le référendum par un front unissant opposants anti-impérialistes à l’UE et tenants d’ « une autre construction européenne » dans le cadre de l’UE. Nous ne faisons pas de la reconnaissance de nos positions favorables au retrait de l’UE, de notre analyse de l’Etat capitaliste comme dictature de classe des préalables à l’action contre la politique de l’UE et celle de l’Etat des monopoles.
A cette élection présidentielle, une candidature unique du camp progressiste du NON aurait bénéficié de notre soutien critique, même si nous considérons qu’en toute circonstance le primat va aux luttes de classes. Cette candidature unique aurait dynamisé les forces démocratiques et progressistes dans leur lutte pour la satisfaction de leurs revendications urgentes. Cette candidature en lien avec toutes les luttes en cours aurait fait grandir l’aspiration et la construction d’une alternative progressiste immédiate contre le néo-libéralisme.
Au lieu de cela, comme nous l’avons craint dès septembre, la logique des appareils de parti l’a emporté sur la dynamique unitaire portée par la base. Une des sources objectives et un des pièges de la bourgeoise est le financement des partis par l’Etat (chaque voix rapporte) qui conduit à privilégier ses intérêts partisans mais étroits !
Laguillier, Besancenot ont été les premiers à entrer dans la course des présidentielles et portent la première responsabilité dans la division des forces populaires. Cela doit éclairer les jeunes générations sur le rôle du trotskisme. Favorable à « l’unité » quand cette dernière n’est pas réalisée, l’ instrumentalisant pour gagner quelque popularité. Par contre quand l’unité populaire devient une perspective concrète, les formations trotskistes sont les premières à jouer les diviseurs !
Le trotskisme est bien comme l’analysait l’Internationale Communiste, une déviation social-démocrate au sein du mouvement ouvrier. Laguillier et Besancenot s’opposent au PS verbalement mais par leurs candidatures de division, en pratique en raison de la dispersion des candidats progressistes dont ils sont les premiers responsables, ils alimentent le vote utile pour Royal !
Ainsi l’électorat progressiste n’aura le choix qu’entre le vote inutile car impuissant et le refus de choisir parmi les diviseurs !
Les coups suivants ont été portés contre l’unité par les candidatures de Buffet et Bové. Certes, ils reprennent (avec Besancenot) les aspects essentiels de la « charte anti-libérale » et ses revendications clés mais franchement avec quelle efficacité avec autant de candidatures ? La réponse est évidente.
Certains camarades de quelques groupes du mouvement communiste marxiste-léniniste jugent fondamental, l’appel à voter pour Marie-George Buffet. Leur argument principal serait que le PCF même révisionniste serait porteur de traditions de luttes, représenterait des secteurs ouvriers et syndicalistes, ajoutant que les anticommunistes veulent en finir avec le PCF.
C’est selon nous ne pas mesurer le degré de dégénérescence atteint par le PCF, en tant que parti se revendiquant du communisme. Nous parlons ici de ses orientations. Depuis des décennies, la ligne stratégique du PCF a été l’abandon programmé de l’identité révolutionnaire autrefois défendu par ce même parti : abandon de l’analyse matérialiste de l’Etat comme dictature de classe, (en liquidant le concept marxiste de dictature du prolétariat, le PCF a cessé de définir l’Etat capitaliste comme dictature des monopoles) ; abandon du concept de révolution pour changer de mode de production ; du parti de type nouveau sur le modèle des partis de l’Internationale Communiste ; du marxisme-léninisme comme guide pour l’action ; du socialisme comme alternative au capitalisme. Excusez du peu !
Reste une formation dont les dirigeants visent à occuper l’espace social-réformiste abandonné par le PS social-libéral. Une phrase de son programme résume bien cette aspiration : « Construire un nouveau partage entre capital et travail fondé sur une véritable responsabilité sociale des entreprises » !
Cette question pose aussi la vision du front uni à la base. Nous sommes favorables (et nous le faisons en maintes circonstances) à l’action commune avec les membres du PCF, comme avec tous les travailleurs quelque soit leur opinion, en tant que victimes du système d’exploitation du salariat. Nous sommes favorables au front uni de toutes les composantes du NON, à la base mais aussi avec les organisations et partis qui ont mené cette campagne en frappant ensemble, tout en nous réservant le droit de critique et de démarcation que nous reconnaissons à chacun.
Cela dit, si nous avions soutenu de manière critique un candidat unique issu du camp du NON, quelque soit ce candidat y compris bien sûr Buffet. Nous aurions appelé à voter pour elle ou d’autres : Bové etc, non parce qu’ils sont trotskiste, altermondialiste, ou du PCF mais parce que démocratiquement, ils ont été désignés comme représentant unique du camp du NON. Et ce quelque soit notre préférence ou avis. Ce compromis de toutes les forces progressistes du NON était la condition de l’unité d’action dans la présidentielle et après.
A partir de la multiplicité des candidats des forces progressistes (Besancenot, encore une fois porte une lourde responsabilité), la voie était ouverte au « solo funèbre » selon le mot de Marx. A partir du moment ou Buffet (bien que majoritaire en voix dans les collectifs) n’est pas acceptée par la majorité des composantes nous ne saurions soutenir sa candidature comme celle de Bové parce qu’elles divisent au lieu d’unir les forces démocratiques.
D’ailleurs nos camarades, tenants du vote Buffet s’emmêlent. D’un côté, ils présentent Buffet comme désignée par les collectifs anti-libéraux et donc légitime à cet égard et de l’autre appellent à voter pour la candidate du PCF pour contrer « l’anticommunisme » !
Cela, bien sûr n’entérine nullement notre volonté d’unité d’action avec ces camarades, car au-delà de la tactique électorale, les possibilités d’unité d’action sont réelles. Mais en toutes circonstances, nous nous devons le devoir de franchise.
D’autres forces de la reconstruction communiste appellent à voter pour les candidats à gauche du PS et du PCF. Nous ne partageons pas ce point de vue qui donne un chèque en blanc aux formations trotskistes, ce qui revient à accréditer leur rôle de diviseurs sous toutes les formes : « jeunisme » avec Besancenot, national-républicanisme avec Schivardi, économisme et anarcho-syndicalisme avec Laguillier.
L’URCF appelle pour sa part, sous les formes choisies par chacun : abstention révolutionnaire, bulletin alternatif, à refuser d’apporter sa voix aux candidats du capital comme aux candidats de la division et de la dispersion du camp progressiste du NON.
La question générale du parlementarisme.
Le parlementarisme a engendré aussi dans le mouvement ouvrier, des illusions en raison des succès électoraux.
Au début du vingtième siècle, chez Bernstein, Jaurès, Kautsky, les succès électoraux, le concept de « démocratie continue », la « force croissante de la classe ouvrière » créent des « conditions nouvelles » selon eux qui ne nécessitent plus la révolution, ni la nécessité de briser l’appareil d’Etat bourgeois.
Ce crétinisme parlementaire a été dénoncé avec vigueur par Marx et Engels, alors que les apparences (le parlementarisme) semblaient donner raison aux opportunistes. C’est pourquoi les marxistes-léninistes ne se contentent pas d’analyser les phénomènes en surface mais dans leur profondeur et contradictions internes.
Cette déviation parlementariste a été à l’origine politique de la dégénérescence de la Seconde Internationale, puis du courant révisionniste moderne dans beaucoup de partis communistes autour des thèses du 20éme congrès du PCUS (1956).
Rappelons que pour Marx et Engels, le suffrage universel présente des aspects contradictoires. Il est tout d’abord dans beaucoup de pays, le fruit et le résultat des luttes de la classe ouvrière et de la bourgeoisie républicaine (ou pas) pour les libertés démocratiques. C’est en cela que les communistes contemporains doivent combattre toute violation et restriction des droits démocratiques bourgeois.
Ne pas le faire sous prétexte de crainte du « renforcement des illusions des masses vis-à-vis du capitalisme », c’est ignorer la dialectique de lutte entre le combat pour les droits démocratiques (toujours limités sous le capitalisme) et la révolution socialiste.
C’est s’en tenir à une simple dénonciation « économiste » du capitalisme, c’est ainsi renoncer à expliciter la nature de l’Etat capitaliste. Si des droits nouveaux sont conquis de haute lutte, ils renforcent la confiance de la classe ouvrière dans ses propres forces. Ne pas mener de tels combats, c’est nuire au rôle dirigeant du prolétariat dans le mouvement démocratique, le cantonner à un certain corporatisme.
Mais il existe un autre aspect bien occulté par l’opportunisme et le révisionnisme : le contenu de classe du suffrage universel et des élections dans le cadre du capitalisme.
Pour la bourgeoisie, forte de son monopole sur les sources d’informations et de connaissances, c’est le moyen privilégié et décisif pour duper les travailleurs en « légalisant et légitimant » les équipes pro capitalistes au pouvoir, « selon la volonté populaire » !.
En définitive : « En régime capitaliste, la démocratie est rétrécie, comprimée, tronquée, mutilée par cette ambiance que créent l’esclavage salarié, le besoin et la misère des masses » (Lénine).
Cela a des incidences sur le régime politique bourgeois. Le parlementarisme traditionnel perd de son utilité pour le capital financier, puisque les monopoles se sentent assez puissants pour imposer leur politique à leurs alliés de classe.
Même si le parlementarisme reste proclamé constitutionnellement, il est devenu largement superfétatoire pour la bourgeoisie monopoliste.
Dès lors, à des rythmes variable selon les Etats, le pouvoir bourgeois va chercher à s’appuyer sur des exécutifs « forts ».. Le capitalisme de monopoles va donc entraîner selon l’expression remarquable de Lénine « un tournant de la démocratie vers la réaction, la réaction sur toute la ligne ». La constitution gaulliste exprime ce tournant.
La question électorale en France aujourd’hui.
Nous devons partir des formes concrètes prises par la dictature du capital dans notre pays. En 1958, la venue au pouvoir des réactionnaires dirigés par De Gaulle signifiait avec un certain retard, un redéploiement de la politique de l’impérialisme français.
Tournant réactionnaire tout d’abord qui mit fin au parlementarisme bourgeois classique (III et IVéme République) pour les motifs de classe évoqués ci-dessus.
C’est tout d’abord la Constitution de 58 qui s’appuie sur l’élection au suffrage universel du Président de la République, pour substituer au parlementarisme traditionnel, un exécutif fort accordant des pouvoirs démesurés à un seul homme !
Ainsi les monopoles sont plus à même d’exercer le pouvoir réel, l’article 16 de cette constitution autorise même l’Etat d’urgence et les mesures d’exceptions en « cas de troubles publics » accordant au Président des pouvoirs dictatoriaux.
Cette forme autoritaire de pouvoir renoue avec les pires tendances réactionnaires de l’histoire de France : monarchisme et bonapartisme. Aux Législatives le nouveau mode de scrutin allait favoriser la constitution de bloc autour d’une formation dominante à droite et à gauche, laminant les « petites formations ». La réforme du mandat présidentiel à 5 ans vise à subordonner les législatives aux présidentielles puisqu’elles se déroulent « dans la foulée ».
Enfin, cette nouvelle constitution a signifié un renfor