Quand les peuples résistent l'impérialisme plie
Depuis la disparition de l’URSS, il semblait que l’impérialisme, s’il ne pouvait parvenir à juguler sa crise de surproduction, parvenait tout de même à imposer partout ses plans de démantèlement qui détruisent les économies nationales, paupérisent les ouvriers, les paysans et amènent le chômage et les fermetures d’usines.
L’impérialisme américain dispose pour cela de sa puissance militaire et de sa mainmise sur les institutions internationales. D’autre part, il dispose des bourgeoisies compradores entretenues sur le dos de leurs peuples, de relais politiques et syndicaux capables de dévoyer les revendications des masses et de casser leurs luttes.
Mais les récents événements démontrent qu’il est possible de résister, de passer à la contre-offensive, et de mettre en échec l’impérialisme. La réalisation du premier essai nucléaire de la République Populaire Démocratique de Corée appartient à ce mouvement que dressent les peuples face aux prétentions, à l’agressivité et à la domination de l’impérialisme. C’est pour l’ensemble des peuples une victoire et un point d’appui significatifs, venant d’un pays indépendant, attaqué, comme Cuba, par un blocus et tout un dispositif de sanctions et de subversions. En défendant, contre les va-t-en guerre et les média menteurs la RPDC et son juste combat, l’URCF considère que la lutte du peuple coréen pour la dénucléarisation de la péninsule ne sera victorieuse qu’après le retrait des troupes US et des leurs armes, y compris nucléaires, stationnées en Corée du Sud. La victoire du peuple libanais contre l’agression de l’Etat sioniste, la résistance irakienne, portent des coups de plus en plus durs tant à l’armée d’Israël, qu’à l’armée d’occupation anglo-américaine. Il est significatif que le ministère “irakien” de la Santé ne soit plus autorisé à annoncer le nombre de morts lors des combats. La résistance en Afghanistan, la lutte continue des Palestiniens dans des difficultés inimaginables, participent de l’affaiblissement de l’impérialisme. Cette résistance contribue à ce que les plans de guerre et de recolonisation des américains contre l’Iran et la Syrie soient rendus plus aléatoires. Bush, en étendant sa croisade contre “l’axe du mal” est pris ainsi à son propre piège, d’une part en ne parvenant pas à atteindre ses objectifs, d’autre part en suscitant la colère des masses. En soutenant les peuples opprimés par l’impérialisme et le sionisme, les antiimpérialistes en France s’opposeront du même coup aux entreprises d’armement qui aident Israël, et aussi aux multinationales françaises de l’eau, du bâtiment, de l’énergie qui participent au pillage des pays agressés. Dans ce front des peuples en lutte, l’Amérique Latine, en particulier le Venezuela, la Bolivie mettent également en difficulté les multinationales, qu’elles soient étasuniennes ou européennes : en refusant les diktats et en nationalisant leurs ressources naturelles. Cuba y trouve de nouveaux alliés qui lui permettent de contourner le blocus. C’est par la mobilisation du peuple que les dirigeants de Cuba, du Venezuela, de Bolivie répondent aux menaces de Bush et aux injonctions du FMI et de l’OMC. Ils affrontent le même ennemi que les travailleurs des états impérialistes, victimes des restructurations et attaques contre leurs acquis. En France, le NON à la Constitution de l’UE, et la lutte victorieuse des jeunes et des travailleurs pour le retrait du CPE sont les prémices d’un passage à la résistance. Il faut, pour cela, mettre en échec la réaction, les sociaux libéraux et les syndicalistes de collaboration de classe, qui soumettent les travailleurs à l’idéologie de la compétitivité des entreprises et de la concurrence entre les travailleurs. Il faut défendre les revendications en les reliant à la dénonciation du pouvoir du capital, de son État et de l’Union Européenne. Un courant anti-néolibéral a émergé et pose la question d’une rupture avec les politiques prônées par la droite et le PS social-libéral, mais il est pour l’instant limité à ce qui est acceptable par la bourgeoisie. Il faut passer de la lutte exclusivement anti-libérale à la lutte générale contre le capitalisme. Les communistes, dans la perspective de la création du parti marxiste-léniniste, inscrivent dans leur pratique l’internationalisme prolétarien. Ils considèrent que les luttes quotidiennes en France, le combat contre l’impérialisme français sont parties intégrantes de la lutte antiimpérialiste mondiale (Edito Intervention Communiste n°77)