PARTI ALGERIEN POUR LA DEMOCRATIE ET LE SOCIALISME (Communiqué du PADS)
Elections législatives du 17 mai : Poursuivre le combat pour forger dans les luttes politiques les instruments d’organisation indépendants de la classe ouvrière et des masses laborieuses
Les élections législatives du 17 mai se dérouleront dans le contexte d’un système politique verrouillé. Il est vrai que sur un plan formel plusieurs partis et des “indépendants” ont été autorisés à entrer en lice pour donner un semblant de légitimité démocratique aux résultats du scrutin. Certains d’entre eux expriment leur opposition aux méthodes autoritaires de l’équipe au pouvoir ou s’opposent à sa politique sociale antipodaire.
Mais dans le fond la coalition au pouvoir empêche depuis des années la libre expression de l’opinion des courants qui ne s’inscrivent pas dans sa ligne antinationale, anti-populaire et antidémocratique. Le mouvement de masse est ligoté. Le syndicat officiel fait la chasse aux syndicalistes qui ne suivent pas ses orientations. Les syndicats autonomes qui échappent à son contrôle sont de fait interdits. Leurs représentants sont persécutés ou harcelés par les tribunaux aux ordres. Les journalistes ne peuvent dénoncer les malversations commises par les hauts responsables sans s’exposer à des poursuites judiciaires pour diffamation. Le droit de réunion et de manifestation est violé sous prétexte de l’état d’urgence. Des partis politiques qui ont été créés en conformité avec les conditions posées par la loi sur les partis pourtant foncièrement antidémocratique ne sont pas agréés. Le pouvoir s’ingère dans la vie interne des partis au mépris de toute règle démocratique. Depuis des années la télévision est complètement fermée à l’expression de tout point de vue qui ne va pas dans le sens d’un soutien inconditionnel au pouvoir.
De nombreux citoyens ont tenté de mettre à profit ces législatives pour entrer dans la bataille politique dans le cadre de listes indépendantes. Ces listes ont été pour la plupart rejetées.
En conséquence les jeux sont pratiquement faits. Tout a été mis en place pour que, sauf événement imprévu, la répartition actuelle des sièges au sein de l’Assemblée nationale soit reconduite dans ses grandes lignes et pour que soient préservées les positions de la coalition présidentielle.
Et pourtant, dans tout le pays le mécontentement populaire est à son comble face à l’arbitraire, au regain du terrorisme encouragé par le politique de “réconciliation nationale”, à la corruption généralisée, au détournement à grande échelle des richesses du pays, à l’impunité assurée pour les commanditaires du pillage des banques publiques comme le scandale Khalifa l’a illustré, aux inégalités sociales grandissantes, au chômage et à la misère, au refus des dirigeants de lancer une véritable stratégie de développement alors que le pays regorge de ressources en devises (plus de 80 milliards de dollars de réserve de change), à l’abandon des entreprises publiques, à la liquidation du système de protection de l’économie nationale. Malgré la mainmise des classes dirigeantes sur tout, les luttes spontanées ou organisées des jeunes, des travailleurs, des citoyens marginalisés par la politique libérale et capitaliste, ont continué à se développer. Ce mécontentement a tendance à s’étendre au point que des fractions de la bourgeoisie expriment leur mécontentement de ne pas avoir leur part “équitable” du gâteau ou de ne pas être écoutées et cherchent en conséquence à s’engager dans la bataille politique pour éviter l’explosion. Les contradictions internes des classes dirigeantes s’accumulent. Les frictions autour du projet de révision constitutionnelle, pour le moment différé, s’accentuent. Les positions de la bourgeoisie compradore, réactionnaire et mafieuse - aile marchante et hégémonique de la bourgeoisie au pouvoir- sont attaquées.
Dans les conditions d’un système verrouillé le choix des travailleurs ne sera pas facile.
Il est cependant important, dans la phase actuelle où l’esprit de résignation et le sentiment d’impuissance demeurent dominants, d’encourager toute initiative qui contribue à clarifier les enjeux, à faire progresser la cristallisation de la conscience sociale et politique des travailleurs, à mobiliser les masses autour de leurs intérêts sociaux et de la défense de leurs revendications démocratiques L’esprit de boycott systématique qui a fait le jeu des classes réactionnaires au pouvoir a sensiblement reculé. Il est nécessaire d’impulser la combativité politique des courants qui expriment les intérêts des travailleurs. Il n’y aura jamais de grand parti révolutionnaire, enraciné au sein des masses laborieuses et influent, si ses batailles ne sont pas menées avec détermination et esprit de suite.
Il est nécessaire aussi de combattre les confusions idéologiques entretenues par les appels à se rassembler d’abord autour des revendications démocratiques et à remettre à plus tard l’expression des positions de classe des travailleurs. De telles confusions sacrifient l’avenir du mouvement ouvrier indépendant à d’illusoires avancées démocratiques momentanées. Les franges “modernistes” de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie intellectuelle, sont d’ailleurs les premières à exclure de tout pôle démocratique les représentants des travailleurs qui ne rejettent pas la “théorie de la lutte de classes”. Sans exclure la possibilité de mener des actions communes avec ces courants, chaque fois que ce sera nécessaire pour faire face aux fascistes ou à l’autoritarisme du pouvoir, les communistes appellent les travailleurs à faire une priorité de l’édification de leurs instruments de lutte indépendants.
C’est pourquoi nous appelons les travailleurs, les exploités, les victimes du libéralisme, à rejeter les représentants de la coalition au pouvoir, à refuser leur appui aux candidats des courants bourgeois quelles que soient leurs appellations, à appuyer toute candidature qui défend leurs intérêts économiques, sociaux et politiques et qui s’inscrit dans les revendications suivantes:
-Abrogation de la loi scélérate sur les partis et les syndicats, libertés de presse et d’organisation;
-Assainissement de la justice pour mettre fin à l’arbitraire et à son instrumentalisation par le pouvoir ou par les milieux de la corruption;
-Sanctions contre les responsables auteurs de malversations et confiscation des biens acquis de façon frauduleuse;
-Interdiction de l’utilisation des lieux de culte et des médias à des fins politiques;
-Lutte politique, idéologique et militaire sans merci contre les fascistes qui instrumentalisent l’Islam;
-Egalité juridique effective de l’homme et de la femme;
-Refonte de l’Ecole en vue de l’acquisition du savoir, de l’esprit critique et de l’ouverture sur la culture humaniste universelle:
-Défense de l’accès démocratique à tous les stades de l’enseignement;
-Lancement d’une nouvelle stratégie de développement axée sur la préservation des entreprises publiques stratégiques, industrielles et bancaires, canalisation, à cette étape de l’évolution du pays, du secteur privé vers la production;
-Protection de l’économie nationale, retrait de l’Accord d’association avec l’Union européenne, suspension des négociations pour l’intégration à l’OMC;
-Répression des employeurs qui bafouent les droits des travailleurs et notamment leurs droits à la protection sociale;
-Augmentation du SNMG et des minimums de pension de retraite;
-Aides aux citoyens dont les revenus sont modestes pour le soutien au loyer, au transport;
-Annulation de tout accord avec l’OTAN, rejet des pressions visant à imposer l’installation de bases militaires en Algérie;
-Solidarité avec la lutte des peuples en lutte contre la domination et l’exploitation: Cuba, Venezuela, Bolivie, Equateur, Corée du Nord, Irak, Palestine, Sahara occidental, etc.
Aucune voix ne doit aller vers ceux qui trompent les travailleurs par leur soutien verbal à certaines de ses revendications alors qu’ils appuient en fait la coalition au pouvoir et se font les défenseurs des fascistes qui exploitent la religion!
La mobilisation doit se poursuivre jusque dans le contrôle du dépouillement des bulletins de vote et la proclamation des résultats!
Cette bataille est un jalon dans le long et dur chemin de l’émancipation des travailleurs
PADS 27 avril 2007