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NOTE D’INFORMATION DE LA SECTION INTERNATIONALE DU PARTI COMMUNISTE DE GRECE SUR LE ROLE DE LA CES ET DE LA CSI
L’URCF soutient résolument la lutte des travailleurs de Grèce et son mouvement gréviste contre les diktats de l’UE (et en particulier des impérialismes allemand et français) et du FMI dirigé par le social-démocrate Strauss-Kahn. Nous publierons régulièrement des informations du PCG à la tête de la résistance contre la politique de trahison des intérêts populaires et nationaux.
Adresse aux partis communistes et ouvriers.
Le capital et ses gouvernements lancent dans toute l’Europe une nouvelle offensive en pleine crise économique capitaliste. La diminution drastique des salaires et des retraites, la mise en place de nouvelles taxes, le démantèlement progressif des systèmes de sécurité sociale et l’attaque contre le code du travail sont mis en avant dans le cadre de cette offensive. On défend ces mesures en prenant la crise comme prétexte et elles ne sont pas temporaires mais permanentes et elles ont été décidées, il y a des années sur la base des traités de l’UE, le premier étant le traité de Maastricht, et de la stratégie de Lisbonne (ratifiée par 13 gouvernements sociaux-démocrates et en France par le premier ministre Jospin et le président de la République Chirac. Note URCF).
Dans ces conditions les forces qui ont fait le choix de la compromission au sein du monde du travail, le mouvement syndical qui défend auprès des travailleurs une ligne de partenariat social et de collaboration de classe prétend hypocritement s’opposer à ces attaques et combattre leur mise en œuvre. Ces forces sont la CSI et la CES ainsi que les confédérations qui ont fait le choix de la compromission que sont la GSEE, la confédération des travailleurs du secteur privé en Grèce et l’ADEDY, la confédération des travailleurs du secteur public, qui ont participé officiellement aux discussions avec l’UE et les autres organisations impérialistes durant des décennies, collaborant et décidant aux côtés des monopoles de la manière dont on pourrait mettre en œuvre ces mesures anti-populaires dans chaque pays. Ces efforts ont reçu les subventions de plusieurs »fondations », telle la « fondation Ebert » social-démocrate qui cherchent à infléchir les positions des syndicats vers la recherche du consensus social.
Tous se sont rangés aux côtés de la ploutocratie européenne, la laissant faire tout son possible pour désarmer le mouvement social et s’attaquer aux droits des travailleurs. Pendant des années, ils ont signé avec les capitalistes des accords pour la diminution des salaires et des retraites, pour la réalisation de plans sociaux, pour des exonérations fiscales pour le patronat. Ils ont semé des illusions sur le fait qu’un capitalisme à visage humain était possible, que les marchés pouvaient être régulés et contrôlés et qu’ils pourraient s’attaquer à la spéculation qui est un élément inhérent et la norme de ce système d’exploitation. Ils proposent des revendications qui servent les intérêts du patronat et sa recherche de profit maximal tandis qu’ils adoptent pleinement une ligne qui permet l’optimisation des profits réalisés par le capital : l’opposition de façade. Les forces réformistes et opportunistes, les forces du syndicalisme jaune que soutient la CSI voient les mobilisations qu’elles organisent pour le 24 mars, qui sont totalement en phase avec les objectifs du capital européen, comme une « étape ».
Néanmoins, il ne s’agit pas de constater que ces forces sont incapables d’organiser la résistance des travailleurs. Elles cherchent aussi à faire passer l’idée de collaboration de classe dans les rangs des travailleurs, de les désorienter, elles se retournent contre les intérêts du peuple, elles sont de l’autre côté de la barrière. Cette position doit être démasquée même s’ils (les réformistes et jaunes. Note URCF) font des manœuvres hypocrites sous la pression des forces de classe et des travailleurs qui mettront fin qui mèneront in fine à la désillusion et à la démobilisation des masses laborieuses et populaires.
L’expérience du Parti Communiste de Grèce et sa lutte soulignent que l’émancipation et le rassemblement de la classe ouvrière rendent nécessaire le renforcement de la lutte contre les représentants du capital au sein du mouvement syndical. Les travailleurs doivent renforcer les forces qui luttent sur des positions de classe, renforcer l’organisation sur le lieu de travail et la lutte contre la ploutocratie et les politiques anti-populaires. Le mouvement populaire ne devrait s’attendre à rien d’autre de la part de la CSI et de la CES. Ces forces ont été au service du capital et elles agiront encore ainsi à l’avenir. Leurs interventions, leurs mobilisations visent à s’assurer le contrôle de la riposte des travailleurs, de les manipuler et de faire obstacle au développement de la lutte de classes.
La nécessité de la constitution d’une stratégie unifiée des forces sur des positions de classe et leur coordination à une échelle internationale à travers la Fédération Syndicale mondiale (FSM) est désormais à l’ordre du jour. Le conflit entre les forces sur des positions et les forces du consensus du « partenariat social » et du réformisme mènent à cela. Ce conflit renforcera de manière décisive la FSM et mènera à l’émancipation des forces sur des positions de classe.
L’expérience acquise souligne la nécessité de coordonner les actions de masse menées sur les lieux de travail, dans les quartiers populaires afin d’apporter une riposte résolue à l’attaque coordonnée du capital européen et des gouvernements bourgeois. Les travailleurs sont ceux qui produisent les richesses et doivent en revendiquer d’en reprendre possession.
Parti Communiste de Grèce.
Notes de l’URCF :
La CSI est l’organisation syndicale internationale, née en 2006 qui regroupe la majorité des syndicats dans le monde, elle défend les orientations traditionnelles de collaboration de classe et le « partenariat social » avec le capital. La France est représentée par la CFDT, la CFTC, FO, la FSU (par le biais de la centrale internationale enseignante) et la CGT qui a rejoint la CSI après sa rupture avec la FSM.
La CES regroupe les centrales syndicales des pays de l’UE. Sa direction est aux mains d’euro-bureaucrates syndicaux qui se font le relais des décisions de la Commission de Bruxelles et se chargent de leur mis en en œuvre afin de le faire « accepter » par la classe ouvrière et les travailleurs. De l’échec du référendum sur le TCE en France et aux Pays-Bas, à la lutte actuelle des travailleurs de Grèce, du Portugal et d’autres pays de l’UE, la CES connaît des difficultés croissantes à fédérer le consensus avec le capitalisme. CGT, CFDT, FO CFTC UNSA sont membres de la CES.
La FSM est née en 1945, après la victoire sur le fascisme e la volonté d’unir à l’échelle internationale tous les travailleurs de tous les pays, sur des positions de classe. Les syndicats nord-américains vont (suivis par le syndicats européens influencés par les partis sociaux-démocrates et leurs auxiliaires trotskistes organiser la scission avec la création de la CISL, en 1949. La FSM regroupe 100 millions d’adhérents, dont beaucoup dans des pays du « tiers-monde ». La CGT a quitté cette internationale syndicale en 1995, pour mieux rejoindre la CES et intégrer le syndicalisme d’accompagnement, la Fédération agro-alimentaire de la CGT ainsi que des syndicalistes de classe sont membres de cette confédération qui reste la plus engagée dans les luttes de classes.
Déclaration du Comité central du Parti communiste de Grèce (KKE)
A propos du 90e anniversaire de la grande révolution socialiste d’Octobre en Russie (1917)
C’est avec un optimisme révolutionnaire que le Comité central du KKE célèbre le 90e anniversaire de la grande révolution socialiste d’Octobre. Aujourd’hui encore, ce sont les enseignements d’Octobre qui guident la lutte du KKE.
La révolution d’Octobre évoque les communistes de la Première Internationale de Karl Marx et Friedrich Engels, ceux de la Seconde Internationale et de l’héroïque Commune de Paris, qui fut la première révolution prolétarienne à avoir réellement pris une véritable ampleur mais s’avéra incapable de consolider son pouvoir en raison d’un manque d’expérience, tout comme elle rappelle le slogan « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ». Elle nous remet également en mémoire la Troisième Internationale communiste, les travailleurs révolutionnaires de Canton, Turin, Berlin, d’Espagne, de Hongrie et de tous les centres prolétariens du monde entier.
Dans la gloire d’Octobre, les hommes et les femmes communistes voient la réalisation de la mission historique de la classe ouvrière. Ils voient la confirmation de ce que Marx et Engels écrivaient dans le Manifeste du parti communiste : « De toutes les classes qui, à l’heure présente, s’opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie ; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique. »
Octobre révèle le rôle irremplaçable du principal agent de la révolution socialiste, le parti communiste, en tant que parti d’un type nouveau, lorsqu’on le compare aux partis social-démocrates et à toutes leurs compromissions. Octobre révèle en même temps la force de l’internationalisme prolétarien.
C’est avec une grande émotion que nous nous levons pour saluer les millions de personnes qui ont donné leurs vies pour le mouvement communiste mondial, les révolutionnaires invincibles de l’héroïque histoire prolétarienne, les insurrections des travailleurs, hommes et femmes, et des paysans pauvres, toutes ces masses qui ont créé l’histoire. Leur exemple justifie l’existence de l’homme, il représente tout un enseignement et constitue en même temps l’héritage inestimable des communistes et des peuples. La révolution d’Octobre fut un événement de dimension historique, sans nul doute le plus important du 20e siècle et, pour de longues décennies, il allait marquer de son sceau le cours tout entier de l’humanité. Le « spectre du communisme », qui avait hanté l’Europe quelques décennies plus tôt, revêtit une signification concrète sous la forme d’un pouvoir (prolétarien). L’issue victorieuse de la révolution d’Octobre ouvrait la voie à l’humanité pour la faire passer « du règne de la nécessité à celui de la liberté ».
« Nous avons entamé cette tâche. Mais la question la plus essentielle n’est pas de savoir exactement quand, après combien de temps, les prolétaires de chaque nation termineront cette tâche. L’essentiel, c’est d’avoir rompu la glace, d’avoir ouvert la route, d’en avoir balisé le parcours », écrivait Lénine.
La révolution d’Octobre fut l’étincelle qui déclencha le développement progressif du mouvement communiste international. Sa flamme accéléra la formation de bon nombre de partis communistes, dont le KKE. Elle aboutit à la création de la Troisième Internationale communiste (1919-1943), dont la nécessité s’était d’autant fait sentir que la Seconde Internationale avait trahi les intérêts des travailleurs.
Depuis 1917, le capitalisme international a été obligé de prendre en considération l’existence d’une force agissant en contrepoids et qui allait être l’élément le plus déterminant dans le choix de sa ligne de conduite. Grâce à la révolution socialiste d’Octobre, apparurent les conditions pour établir des droits, ce que le monde du travail n’avait encore jamais vu avant cela, même dans les pays capitalistes les plus développés.
Les acquis des travailleurs et des paysans sous le pouvoir soviétique eurent également des effets positifs pour le monde du travail des pays capitalistes. Ils furent un facteur fondamental en obligeant les partis gouvernementaux bourgeois, libéraux et social-démocrates à faire des concessions à la classe ouvrière.
L’ébranlement provoqué par la révolution d’Octobre dans les fondements du vieux monde eut une répercussion positive immédiate sur les mouvements d’opposition au colonialisme. C’est depuis lors, en fait, que ce régime inhumain commença véritablement à se désagréger.
Le pouvoir libérateur d’Octobre s’exprima également dans la culture mondiale, surtout dans les arts et les lettres. Des artistes de premier plan du monde entier rallièrent le mouvement ouvrier révolutionnaire, trouvèrent leur inspiration dans les messages de la révolution d’Octobre et mirent leur œuvre au service de ses idéaux, au service de la classe ouvrière internationale.
Les renversements contre-révolutionnaires des années 1989-1991 ne contredisent pas que la caractéristique de notre époque est celle d’une transition du capitalisme vers le socialisme, laquelle fut inaugurée symboliquement par la révolution d’Octobre.
Les développements historiques ont mis à mal les allégations disant que la nature de l’entreprise socialiste communiste était utopiste. Aucun système socio-économique n’a jamais été consolidé une fois pour toutes dans l’histoire de l’humanité, pas même le capitalisme dans son combat contre le féodalisme. Contrairement à ce que prétendent les représentants idéologiques et politiques de la classe bourgeoise -qui clament la fin de l'histoire- , le socialisme demeure nécessaire et à propos.
La nécessité et la relevance du socialisme naissent des contradictions du système capitaliste. Elles proviennent du fait que le capitalisme a créé les préalables matériels nécessaires au passage de l’humanité à un système socio-économique supérieur, quand bien même ce passage serait reporté dans le temps, aujourd’hui, par un rapport de forces défavorable qui fait apparaître l’agressivité capitaliste comme étant irrésistible.
La nécessité de la transition vers le socialisme est générée par le capitalisme lui-même, au sein duquel les produits du travail organisé socialement constituent la propriété privée capitaliste, et ce, malgré la socialisation à une échelle sans précédent du travail et de la production.
Cette contradiction est la matrice de tous les phénomènes de crise des sociétés capitalistes contemporaines, mais elle est également la balise qui en indique l’issue ainsi que la nécessité d'amener les rapports de production en concordance avec le niveau de développement des forces productives, ce qui implique d’abolir la propriété privée des moyens de production centralisée et de les socialiser, afin qu’ils soient utilisés de façon planifiée dans la production sociale par le pouvoir socialiste qui exprime les intérêts des producteurs de la richesse sociale.
Les théories qui prétendent que n'existaient pas les préalables objectifs à la réalisation de la révolution d’Octobre résultent soit de la propagande soit d’une analyse non scientifique de la réalité.
La révolution d’Octobre a eu lieu sur base du développement du capitalisme en Russie, lequel avait déjà évolué vers son stade impérialiste. Ce fait n’est pas réfuté par la profonde disparité du développement capitaliste de la Russie ni par l’héritage précapitaliste qui avait prévalu dans une part importante de l’empire tsariste. L’existence des préalables matériels à la transformation socialiste de la Russie peut être prouvée par les statistiques de l’époque.
Dans la classe ouvrière de Russie et particulièrement dans sa section industrielle, les Soviets furent créés en tant que cellules autour desquelles fut organisée la lutte révolutionnaire de la classe ouvrière en vue de gagner du pouvoir.
Le parti bolchevique avait une confiance illimitée dans la force de la classe ouvrière et dans la capacité de celle-ci – même si, à l’époque, elle ne constituait qu’une minorité au sein de la main-d’œuvre totale – à attirer les masses dans la lutte et à les diriger. Il tira des enseignements de l’initiative révolutionnaire des masses, des institutions que ces dernières créèrent durant les périodes où la lutte des classes se fit plus intense. Dans un même temps, il développa l’initiative des masses et accrut considérablement leur niveau de conscientisation.
Les paroles de Karl Marx se sont révélées justes, à savoir que la lutte, avec sa violence révolutionnaire inhérente, est la « sage-femme de l’histoire » et que l’histoire, jusqu’à ce jour, est l’histoire de la lutte des classes. Octobre marchait sur les traces de la grande révolte des esclaves dirigés par Spartacus, des révoltes paysannes du Moyen Âge et des glorieuses révolutions bourgeoises avec, en tête, la Révolution française.
La victoire d’Octobre constitua l’expression la plus retentissante de la supériorité de la théorie du socialisme-communisme scientifique, du marxisme-léninisme sur toutes les variantes philosophiques idéalistes et antidialectiques sans exception sur lesquelles repose l’idéologie bourgeoise. Elle confirma que le marxisme constitue réellement un bond qualitatif en avant par rapport aux théories les plus avancées issues de l’esprit humain jusqu’au 19e siècle, que ce soit en philosophie ou dans les sciences sociales : l’économie politique anglaise, la philosophie allemande et le socialisme utopiste français.
Les idées des Lumières qui inspirèrent et guidèrent la révolution bourgeoise avaient été surpassées depuis longtemps parce que la bourgeoisie avait cessé d’être une classe montante et qu’elle était devenue une classe réactionnaire.
Le parti bolchevique traita la lutte économique, politique et idéologique de la classe ouvrière comme un tout unique et indivisible. Il était guidé par le principe léniniste disant que le rôle du combattant d’avant-garde ne peut être assumé que par un parti guidé par une théorie d’avant-garde.
L’idéologie socialiste-communiste – qui établit les lois régissant la société capitaliste et celles de la transition révolutionnaire du capitalisme vers le socialisme et qui généralise l’expérience de la lutte des classes – a été développée et propagée parmi la classe ouvrière par le parti communiste révolutionnaire, son avant-garde consciente et organisée. C’est précisément ici que réside la nécessité du parti communiste.
La théorie de la révolution socialiste a été forgée durant la lutte incessante contre l’idéologie bourgeoise et contre les diverses théories réformistes et opportunistes. Elle a établi scientifiquement pourquoi la condition de la classe ouvrière ne peut changer radicalement via une lutte pour des réformes.
Après la création du parti bolchevique (1903) et l’intense lutte idéologique qui s’ensuivit durant bien des années entre les adhérents aux principes léninistes et ceux qui défendaient les points de vue opportunistes du parti, une force organisée fut créée pour la première fois dans l’histoire politique, avec une définition statutaire des droits et obligations des membres du parti, avec un principe fondamental de fonctionnement : le centralisme démocratique, avec un droit d’opinion et de critique, avec une unité dans l’action et une discipline unanime une fois les décisions adoptées, avec de solides liens dans les masses laborieuses et populaires qui se consolident lorsque la démocratie interne et l’autocritique, reposant sur le principe conducteur suprême de collectivité, se développent au sein du parti.
La préparation théorique complète du parti bolchevique sous la direction de Lénine le rendit capable d’évaluer correctement la disposition et la corrélation des forces sociales et politiques, de faire preuve de la flexibilité politique appropriée sans se distancier de son but stratégique, le pouvoir révolutionnaire des travailleurs, de résoudre les problèmes relatifs à la politique des alliances et ce, au profit du mouvement révolutionnaire, d’adapter positivement et de développer des slogans convenant à chaque moment, au sein d’un ensemble de conditions mouvantes, complexes, à l’évolution rapide.
L’un des facteurs décisifs vers la victoire de la révolution fut la politique des bolcheviks durant la Première Guerre mondiale. Ce fut une guerre impérialiste, son but était la redistribution des marchés, des zones d’influence et des colonies. Elle intensifia à l’extrême toutes les contradictions de la société russe et provoqua une détérioration encore plus grave et plus abrupte des conditions d’existence des masses. On comprit que la guerre était le prolongement de la même politique interne, mais par des moyens militaires, c’est-à-dire qu’elle servait les intérêts des mêmes forces de classes qui exploitaient la classe ouvrière et qui avaient conduit des dizaines de millions de paysans au dénuement.
La direction de la Seconde Internationale, projetant de lancer le slogan de la « défense de la patrie », occulta la nature impérialiste de la guerre, ce qui aboutit à la fragmentation à l’échelle mondiale de la classe ouvrière et amena cette dernière à défendre son propre voleur « national », c’est-à-dire sa classe bourgeoise nationale. Au contraire, les bolcheviks ne se contentèrent pas de dénoncer la guerre, à l’instar des pacifistes. Ils militèrent en faveur de la transformation de la guerre impérialiste en une guerre contre les classes dirigeantes dans le but de les renverser. Cette voie seule aurait pu aboutir à une paix juste, avec l’élimination de l’exploitation de classe et de l’oppression impérialiste.
La vie elle-même créa les conditions du lancement de la révolution socialiste. Elle modela la situation révolutionnaire, un fait objectif bien existant, comme l’a dit Lénine avec insistance, lorsque les conditions suivantes sont réunies au même moment : « 1) L’incapacité des classes dirigeantes à maintenir leur pouvoir sous une forme inchangée (…) C'est seulement lorsque "ceux d'en bas" ne veulent plus et que "ceux d'en haut" ne peuvent plus continuer de vivre à l'ancienne manière, c'est alors seulement que la révolution peut triompher 2) Une détérioration plus grande que d’ordinaire, dans les privations et la misère des classes opprimées. 3) Pour les raisons énoncées ci-dessus, une augmentation importante de l’activité des masses qui, dans des temps de ‘paix’, permettraient qu’on les spolie en toute quiétude (…). »
Alors que la guerre s’éternisait, les bolcheviks ne permirent pas aux masses révolutionnaires de se laisser influencer par les forces bourgeoises qui se hissèrent au pouvoir lors de la révolution de février 1917 et du renversement du gouvernement tsariste, mais ils les menèrent à la révolution d’Octobre. Ils ne participèrent pas aux gouvernements bourgeois qui furent constitués entre février et octobre 1917. Ils tirèrent parti de l’existence de contradictions qui, non seulement maintenaient la situation révolutionnaire, mais contribuaient également à modifier les rapports de forces au sein des soviets. Le dernier gouvernement bourgeois, celui de Kerenski, fut également incapable de résoudre les problèmes qui avaient mobilisé des millions de personnes dans une lutte à mort, avec à la motivation de ceux à qui tout appartient et qui méritent de le conquérir et de vivre en paix.
Le slogan « Tout le pouvoir aux soviets ! » conquit la majorité de la classe ouvrière et attira bien vite des millions de paysans, dans le même temps qu’on l’entendit également dans les rangs de l’armée bourgeoise, au sein de laquelle les soldats chassaient les officiers réactionnaires et élisaient des révolutionnaires pour les remplacer.
La théorie léniniste du maillon faible au sein du système impérialiste fut pleinement confirmée. Dans des conditions de développement économique et politique asymétrique, ce qui constitue une loi absolue du capitalisme, il existe une possibilité de victoire pour la révolution socialiste dans un petit nombre de pays et même dans un seul pays considéré séparément.
Le nouvel État, celui de la dictature du prolétariat, qui reposait sur les Soviets, eux-mêmes issus de l’activité propre aux masses dans le feu de la révolution de 1905-1907, remplaça le vieil appareil de l’État qui avait été écrasé par la révolution d’Octobre.
La destruction des structures de l’État bourgeois est nécessaire, parce que, « quelle que soit sa forme, l’État moderne est essentiellement une machine capitaliste, l’État des capitalistes, le capitaliste collectif idéal », comme l’écrivait Engels.
« La démocratie s’appuyant sur la propriété privée ou sur la lutte pour abolir la propriété privée ? Liberté et égalité pour le travailleur, pour le paysan laborieux, pour la race opprimée ! Voilà notre slogan ! », déclarait V. I. Lénine. Et d’insister : « La dictature du prolétariat (…) n’est pas seulement le recours à la violence contre les exploiteurs et, en fait, ce n’est pas principalement la violence (…); le prolétariat, comparé au capitalisme, représente et réalise une forme plus élevée de l’organisation sociale du travail. »
L’effort du jeune gouvernement soviétique en vue de construire les fondations économiques du socialisme progressa sous les conditions d’une lutte très dure contre les forces de l’intervention militaire étrangère et de la bourgeoisie domestique, de l’encerclement impérialiste et de la subversion interne, le tout accompagné de conspirations, d’actes de sabotage et d’assassinats de bolcheviks.
Le fait que les fondations du socialisme furent en fait bel et bien posées constitue un fait historique sans précédent, vu les conditions. Ce n’est pas un hasard s’il est traité avec autant de rage par la bourgeoisie et les opportunistes. Aujourd’hui encore, le drapeau de la croisade « anti-stalinienne » est agité pour discréditer la lutte communiste et ses perspectives dans leur ensemble.
L’activité du parti reposait sur le point de vue, fondé théoriquement, relatif à la possibilité de construire le socialisme dans un seul pays, et tout particulièrement un pays de la taille de la Russie, par opposition au point de vue trotskiste de la « révolution permanente ». Ce point de vue du parti reposait sur l’unité de la classe ouvrière et son alliance avec les couches pauvres de la paysannerie. En l’absence de ces conditions, le développement industriel socialiste et la collectivisation (ou coopérativisation) de la production agricole n’auraient pu être réalisés.
Une force importante dans la construction du socialisme fut le travail d’avant-garde du mouvement stakhanoviste, qui comprenait dans ses rangs des millions de révolutionnaires, la crème de la nouvelle société. Grâce à tout cela, l’Union soviétique fut à même de devenir une grande puissance économique et militaire à la veille de la Seconde Guerre mondiale impérialiste.
Le rôle de l’Union soviétique dans la victoire des peuples contre le fascisme, lors de la Seconde Guerre mondiale, fut décisif. L’URSS décima la machine militaire de l’Allemagne et de ses alliés qui avaient envahi son territoire. Elle libéra nombre de pays européens des forces allemandes d’occupation. C’est pour cette patrie socialiste que plus de 20 millions de citoyens soviétiques donnèrent leur vie et que 10 autres millions environ furent blessés ou restèrent handicapés.
Les victoires de l’Armée rouge donnèrent une poussée considérable au développement des mouvements de libération nationale et des mouvements antifascistes, au sein desquels les partis communistes occupaient les premiers rangs. Il est caractéristique que leur développement fut plus vigoureux après la bataille de Stalingrad, qui marqua un tournant de la guerre et ce, au détriment des forces de l’Axe. La lutte de la classe ouvrière et du peuple de Chine, de Cuba, du Vietnam et de la République démocratique populaire de Corée trouva dans la politique de l’Union soviétique un soutien désintéressé en même temps qu’un appui contre l’impérialisme. L’Union soviétique aida les peuples d'Afghanistan, d’Angola, du Cambodge, du Sud-Yémen, d’Éthiopie et de douzaines d’autres pays d’Afrique, d’Asie et des Amériques. Elle soutint la Palestine et Chypre. Grâce à l’URSS et aux autres pays du pacte de Varsovie, des régions entières, tels les Balkans, connurent des décennies de coexistence pacifique entre leurs peuples, en dépit de leurs diversités ethniques.
L’URSS chercha par tous les moyens de mener à bien une politique de paix et d’élimination des points chauds de tension et de guerre allumés par l’impérialisme, qui fut responsable de deux guerres mondiales et de centaines de conflits locaux. L’Union soviétique soumit des douzaines de propositions en vue de la suppression ou de la limitation de toutes les armes nucléaires et de la conclusion d’accords pour ne pas en produire de nouvelles. Ses propositions se heurtèrent à l’agressivité des pays capitalistes.
Le pacte de Varsovie – qui fut signé en 1955, six années après la création de l’Otan – fut un instrument de défense, un bastion du socialisme. L’Union soviétique et les autres États membres proposèrent fréquemment la dissolution simultanée des deux alliances, mais sans réponse de la part des pays capitalistes. La décision du pacte de Varsovie de fournir son assistance internationaliste à la Hongrie, en 1956, et à la Tchécoslovaquie, en 1968, avait pour but la défense du pouvoir socialiste contre la contre-révolution. La lutte des classes entre le capitalisme et le socialisme fut menée à un niveau international.
Le droit de l’homme à un travail permanent et fixe, à la gratuité de l’enseignement, des soins de santé et de l’aide sociale, à un logement à bas prix et la garantie des droits politiques et sociaux fondamentaux pour la majorité de la population, tout cela est dû à la révolution d’Octobre.
Quelques années après la révolution d’Octobre, le chômage avait déjà disparu en Union soviétique. Dès 1956, la journée de 7 heures, voire de 6 heures, fut instaurée, de même que la semaine de 5 jours.
Des périodes de loisirs étaient assurées à tous les travailleurs. Leur contenu varia aussi, en raison des infrastructures créées par le pouvoir soviétique : maisons de repos, installations hôtelières ou de camping. Un vaste réseau de théâtres et de cinémas, des associations artistiques et sportives, des ensembles musicaux et des librairies couvrirent bientôt toute l’Union soviétique jusque dans les moindres villages et même dans les coins les plus éloignés de la Sibérie, dont de vastes étendues furent exploitées et littéralement transformées grâce au labeur héroïque de milliers de travailleurs, dont de nombreux volontaires.
La sécurité sociale fut une préoccupation prioritaire, pour l’État soviétique. La retraite fut fixée universellement à l’âge de 55 ans pour les femmes et de 60 pour les hommes. Des fonds de sécurité sociale furent financés par le budget de l’État et par les contributions en provenance des entreprises. Il y eut une préoccupation similaire dans les autres pays socialistes d’Europe également. Les travailleurs ne connurent jamais l’insécurité, les problèmes et les angoisses dont souffrent les travailleurs, les jeunes et les couches populaires des pays capitalistes.
Le pouvoir soviétique posa les fondations de l’abolition de la discrimination et de l’oppression à l’égard des femmes. Il leur donna les pleins droits légaux. Il protégea la maternité dans la pratique, comme un devoir social et non pas comme un devoir privé ou familial. Il soulagea les femmes de nombreuses responsabilités dans les occupations familiales en créant un système gratuit de bénéfices sociaux gérés par l’État. Dès les premiers moments de sa création, il traita des préjugés vieux de plusieurs siècles et ainsi que toutes sortes de difficultés objectives énormes. Il témoigna un intérêt particulier pour les jeunes couples. Bien que cela ne signifie pas que toute forme d’inégalité entre hommes et femmes eût été éliminée, il est un fait que le pouvoir soviétique aida les femmes à sortir de leur statut d’oubliées, d’êtres humains de seconde zone.
L’effort consenti pour élever le niveau de l’instruction publique à tous les niveaux fut une composante constante et intégrale de la politique soviétique. Plus des trois quarts des travailleurs de l’URSS ont eu une éducation de niveau universitaire ou de niveau secondaire complet et, dans le même temps, l’analphabétisme qui, en 1917, touchait les deux tiers de la population, fut rapidement éradiqué.
Les résultats s’exprimèrent à travers de l’épanouissement des sciences, via le premier vol spatial, avec Youri Gagarine, par l’apparition de savants de renommée mondiale dans des domaines aussi variés que la physique, les mathématiques, la chimie, la médecine, l’ingénierie, la psychologie et autres, créant ainsi un immense réservoir de connaissances scientifiques.
La construction de la base économique socialiste et la formation d’un État des travailleurs devinrent le fondement et l’instrument à partir desquels on allait modeler l’homme nouveau, le créateur de la culture socialiste. Son influence fut universelle et toucha tous les peuples et nations de ce vaste pays. Les réalisations de la culture socialiste dans tous les domaines devinrent la propriété des grandes masses du peuple en tant que bénéfice social de l’État.
L’État fournissait les ressources pour l’éducation artistique dès l’enfance, afin d’aider au développement de la créativité artistique. En Union soviétique, ce ne furent pas seulement de grands artistes, qui se distinguèrent dans tous les domaines de l’esthétique, mais avant tout le haut niveau culturel des masses populaire en général.
Des soins tout aussi attentifs furent apportés pour protéger et diffuser à l’adresse de l’humanité les meilleures réalisations intellectuelles jamais connues. En même temps que naissaient des œuvres de l’art socialiste et de la culture socialiste en général, des millions de citoyens soviétiques furent en mesure d’étudier et d’assimiler les grandes œuvres de la culture humaine. Après le Louvre et le Vatican, le musée de l’Ermitage possédait la meilleure collection d’œuvres d’art du monde et elle était accessible à tous. Le peuple soviétique n’a pas tardé à avoir une solide connaissance des créations culturelles et ce, dès les tout premiers moments de la révolution d’Octobre et durant la guerre civile, à une époque où les gens avaient pourtant faim, froid et mouraient fréquemment de choléra ou sur les champs de bataille.
Les progrès réalisés par les peuples de l’Union soviétique et les autres pays socialistes prouvent la supériorité du mode de production socialiste par rapport au capitaliste. Ils acquièrent même une valeur plus grande, si nous prenons en considération l’héritage de l’asymétrie capitaliste et de l’arriération de l’époque de la révolution, en comparaison avec les États-Unis, mais également avec la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Japon.
La construction du socialisme commença en Russie sur les ruines qu’y avaient laissées la Première Guerre mondiale, la guerre civile et l’intervention militaire de 16 pays impérialistes. À cela, il convient d’ajouter les destructions encore plus importantes de la Seconde Guerre mondiale. La reconstruction de l’URSS, sans la moindre aide étrangère et en quatre ans à peine (de 1945 à 1949), constitua un autre fait d’éclat du pouvoir socialiste soviétique. Au contraire, la reconstruction de l’Europe capitaliste s’appuya pour une part importante sur le « plan Marshall » des États-Unis.
La création de l’Union soviétique consista en une unification populaire progressiste, au contraire des « États-Unis d’Europe sous régime capitaliste », qui est « soit irréalisable, soit réactionnaire », comme le prédisait Lénine.
Aujourd’hui, les unions impérialistes sont totalement imprégnées de contradictions insurmontables. Leur concurrence pour la domination est engendrée par la propriété privée des moyens de production. Les relations de l’Union européenne avec les autres États et celles de ses membres entre eux sont régies par l’inégalité et la domination.
Le gouvernement soviétique s’opposa au nationalisme, à l’esprit de clocher et à la xénophobie. Il reconnut le droit de chaque peuple à l’autodétermination, y compris la séparation complète. Il promut le respect mutuel et l’égalité entre les nations et les groupes ethniques, il cultiva et instaura l’idée de leur fusion volontaire dans le seul cadre de l’Union soviétique.
Cette politique s’appuya sur l’internationalisme prolétarien, le seul principe dont l’application conséquente peut assurer le respect pour les particularismes nationaux, linguistiques et culturels et la participation uniforme au processus de la construction socialiste. Au contraire, la violation de l’internationalisme prolétarien, particulièrement dans des conditions qui voient s’accumuler des problèmes internes, peut fournir matière à émousser ou relâcher les liens et même à une opposition déclarée à l’unification.
Le facteur impérialiste, en collaboration avec les forces contre-révolutionnaires internes, tira parti des distorsions et erreurs et ranima les cendres des sentiments nationalistes pour détruire le système socialiste et aggraver les tendances sécessionnistes.
À quelque niveau que ce soit, la façon dont le gouvernement soviétique a traité tant de problèmes populaires prouve que la constante amélioration de la vie et le développement de la personnalité des travailleurs résident dans la nature et dans le potentiel inhérent du socialisme-communisme. Toutefois, ces choses ne peuvent se réaliser que via l’application d’une politique correcte de la part des partis communistes. Les déviations et les violations des principes se muent en facteurs de retard, de stagnation et même de récidive contre-révolutionnaire.
Avec les conclusions et élaborations de sa Conférence nationale de juillet 1995 sur « Les causes du renversement du système socialiste en Europe », le KKE a fait un premier pas dans l’étude de cette évolution néfaste pour les peuples. Nombre d’observations et d’affirmations additionnelles furent formulées dans les « Thèses du Comité central du KKE au 60e anniversaire de la grande victoire des peuples contre le fascisme – mai 2005 ».
Aujourd’hui qu’il a acquis une plus grande maturité et une meilleure connaissance des sources historiques, mais qu’il a également suivi les discussions qui se sont développées au niveau international entre les érudits marxistes, le KKE tente d’approfondir encore sa compréhension des causes du renversement contre-révolutionnaire et ne considère aucunement cette recherche comme étant terminée.
Le renversement du système socialiste constitue une contre-révolution parce qu’il a amené une régression sociale. La domination absolue du capitalisme a accumulé de grandes souffrances pour des millions de personnes, aussi bien à l’intérieur qu’en dehors des pays socialistes que nous avons connus. L’exploitation de l’homme par l’homme, la prostitution et les narcotiques, le chômage et le pillage capitaliste des énormes richesses de l’Union soviétique – on n’avait pas connu tout cela durant sept décennies – sont aujourd’hui typiques de la situation qui a suivi la contre-révolution et l’effondrement de l’URSS. La contre-révolution a entraîné une destruction incroyablement répandue des forces productives. La propagande contre-révolutionnaire s’est efforcée, à l’échelle mondiale, de présenter les désastres de la contre-révolution comme étant un problème inhérent à la construction du socialisme.
Les peuples ont été temporairement privés de leur grand soutien, de leur allié sincère. Ils sont des milliers à avoir perdu la vie, victimes de l’agression impérialiste, ou à être désormais infirmes, ou à avoir dû se réfugier ailleurs. Les Balkans, l’Irak et l’Afghanistan, les peuples du Rwanda, de Haïti, de la Somalie sont les victimes les plus caractéristiques du nouveau rapport mondial des forces après 1989-1981.
Aux mains des impérialistes, le nationalisme, le racisme social, les différences religieuses et culturelles, l’antisocialisme et l’anticommunisme deviennent des armes servant à organiser la discorde entre les peuples et à morceler des États. On développe toujours actuellement de nouvelles armes et de nouveaux systèmes nucléaires.
Les nouvelles dimensions adoptées par l’anticommunisme et qui sont devenues, dans nombre de cas, la politique gouvernementale officielle, révèlent le caractère formel et limité de la démocratie bourgeoise en tant que dictature du capital. Dans les États qui ont émergé de la restauration du capitalisme et de l’éclatement de l’Union soviétique, dans les pays baltes, en Pologne, en République tchèque et ailleurs, on honore désormais les criminels et les collaborateurs des nazis, alors que les héros de la lutte antifasciste sont persécutés et que les symboles de la victoire des peuples contre le fascisme sont déboulonnés.
Nous rejetons le terme « effondrement » du système socialiste parce qu’il suggère un genre de nécessité du processus contre-révolutionnaire, il dissimule la lutte sociale et les conditions requises pour son évolution dans une lutte des classes ouverte. Nous estimons qu’il est fondamental de mentionner que, dans ces pays, la construction socialiste était en progrès, avec ses faiblesses, ses erreurs et ses déviations. Il ne s’agissait pas de l’un ou l’autre « système d’exploitation de transition », ni de l’une ou l’autre forme de « capitalisme d’État », comme le prétendent certains courants du mouvement ouvrier.
Le fait que, dans les anciens pays socialistes, le renversement fut dirigé par le parti et les directions de l’État montre ce que confirme l’histoire tout entière du mouvement ouvrier : l’opportunisme dans son développement, et particulièrement dans des conditions d’intensification de la lutte des classes, mûrit progressivement en une force contre-révolutionnaire.
Déformant nos affirmations, nos adversaires prétendent que le KKE réduit toute la question des causes des renversements contre-révolutionnaires aux activités subversives menées par les agents impérialistes au sein du parti et dans l’État. Prétendre cela, c’est en quelque sorte vulgariser les positions du KKE, dans le but de présenter la pensée du parti comme étant loin de ce que requièrent les circonstances, de discréditer le parti aux yeux des masses laborieuses concernées.
L'encerclement par l’impérialisme du système socialiste s’est traduit par un puissant renforcement de ses problèmes et contradictions internes. Cela a amené des décisions qui ont encore rendu plus malaisée la construction du socialisme. La course aux armements a absorbé une part importante des ressources de l’Union soviétique.
La ligne de la coexistence pacifique telle qu’elle a été développée durant la période de l’après-guerre, à un certain point lors du 19e Congrès (octobre 1952) mais particulièrement lors du 20e Congrès du Parti communiste de l’URSS (février 1956), a permis de cultiver des points de vue utopiques, à savoir qu’il est possible pour l’impérialisme de renoncer à la guerre et aux moyens militaires.
Dans la mise en place du rapport mondial des forces, un rôle important fut celui des développements du mouvement communiste international et des questions de stratégie. La décision de dissoudre l’Internationale communiste (mai-juin 1943) indiqua l’absence d’un centre au sein duquel il était possible de formuler une stratégie révolutionnaire contre le système impérialiste international.
En dépit du fait que la Seconde Guerre mondiale créa les conditions d’une intensification considérable des contradictions de classe, la lutte antifasciste n’amena un renversement du pouvoir bourgeois que dans les pays d’Europe centrale et de l’Est, grâce - d’une façon ou d’une autre - à la contribution décisive de l’Armée rouge.
Dans l’Occident capitaliste, les partis communistes ne purent élaborer une stratégie de transformation de la guerre impérialiste ou de la lutte de libération en une lutte de conquête du pouvoir ouvrier. Ils reportèrent le but du socialiste à plus tard et définirent des tâches qui limitèrent la lutte au front contre le fascisme. Le point de vue qui prévalait alors, prétendait qu’il était possible qu’il existât l’une ou l’autre forme intermédiaire de pouvoir, entre le pouvoir bourgeois et le pouvoir de la classe ouvrière révolutionnaire, avec la possibilité de le voir évoluer vers un pouvoir ouvrier.
Après la Seconde Guerre mondiale, il y eut un manque évident de liens organisationnels entre les partis communistes en vue d’élaborer une stratégie unie indépendante contre la stratégie unie de l’impérialisme international. Le Bureau d’information des partis communistes, qui fut instauré en 1947 et décida lui-même sa propre dissolution en 1956, de même que les conférences internationales des partis communistes qui furent mises sur pied à partir d’alors, ne parvinrent pas à contribuer à l’unité idéologique et à l’établissement d’une stratégie révolutionnaire.
Dans les analyses menées par le mouvement communiste international, les tactiques flexibles du capitaliste ne furent pas correctement évaluées. Les contradictions entre les États capitalistes qui, naturellement, contenaient l’élément de dépendance, comme c’est le cas dans la pyramide impérialiste, ne furent pas analysées correctement et ce fait amena des choix d’alliances avec certaines sections de la bourgeoisie décrites comme étant « nationales », contre les sections considérées comme étant dominées par l’étranger. En outre, les directions communistes ne tirèrent pas de conclusions correctes et complètes en ce qui concerne les activités contre-révolutionnaires flagrantes de l’impérialisme, pour commencer en République démocratique allemande et, ensuite, en Hongrie, Pologne et Tchécoslovaquie.
La politique suivie par bon nombre de partis communistes consistant à collaborer avec la social-démocratie, fit partie de la stratégie de la « gouvernance antimonopoliste », une sorte de stade intermédiaire entre le capitalisme et le socialisme, lequel s’exprima également par le biais de gouvernements qui tentèrent d’administrer le système capitaliste.
D’autre part, juste après la fin de la guerre, sous la direction des États-Unis, l’impérialisme lança la « guerre froide ». La « guerre froide » comprenait l’organisation de la guerre psychologique contre les pays socialistes, l’escalade dans la course aux armements, des réseaux de subversion et de sabotage du système socialiste, des provocations ouvertes de la part de l’impérialisme, l’organisation de développements contre-révolutionnaires et une politique économique et diplomatique différenciée contre les nouveaux gouvernements des travailleurs en visant à rompre leur alliance avec l’URSS. En même temps, le système impérialiste mit sur pied des coalitions militaires, civiles et économiques, comme l’Otan, la Communauté européenne, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et des accords commerciaux transnationaux qui assuraient la coordination entre les États capitalistes.
Les deux sections du mouvement communiste, celle au pouvoir et l’autre qui ne l’était pas, furent incapables d’évaluer correctement le rapport mondial des forces, tout en sous-estimant le potentiel de la réorganisation d’après-guerre du capitalisme.
Dans un même temps, la crise empira au sein du mouvement communiste international, après avoir commencé par se manifester dans un durcissement total des relations entre le Parti communiste d'Union soviétique et ceux de Chine et d’Albanie. Ensuite, les difficultés s’accrurent avec la formation d’un opportunisme droitier au sein du mouvement communiste de l’Europe occidentale pour aboutir à l’actuel « eurocommunisme », qui a convergé ouvertement vers la social-démocratie.
De ces deux côtés, l’antisoviétisme se manifesta et devint une composante de leur politique. De la part du PC de Chine, il se mua même en manifestations plus dures encore. À l’époque, l’influence réciproque de l’opportunisme au sein des partis communistes des pays capitalistes et au sein des partis communistes au pouvoir fut renforcée sous les conditions d’une menace de frappes nucléaires contre les pays socialistes.
Il conviendrait de remarquer ceci : la différence fondamentale entre le capitalisme et le socialisme-communisme, c’est que les rapports capitalistes de production sont nés dans la matrice du féodalisme, alors que ceux du socialisme-communisme ne peuvent être nés dans la matrice du capitalisme, parce qu’ils sont en conflit avec toutes les formes d’exploitation.
Le pouvoir des travailleurs révolutionnaires doit renverser radicalement et refondre toutes les relations sociales héritées du capitalisme, il doit bâtir consciemment le nouveau mode de production en résolvant les contradictions sociales au profit de la construction socialiste. C’est pourquoi il rencontre d’énormes difficultés lors de sa construction, son extension, son plein développement et sa maîtrise des nouveaux rapports de production et de distribution. Le capitalisme ne rencontra pas ce genre de difficultés.
La société socialiste porte des marques profondes de la société capitaliste qui l’a engendrée à tous les niveaux. Dans le socialisme, l’exploitation de classe est abolie, mais il n’est pas possible d’abolir toute forme d’inégalité sociale et de stratification qui se reflète dans la conscience des gens et dans leur attitude envers la vie. Pendant la construction du socialisme, les différences entre la ville et la campagne, entre le travail intellectuel et le travail manuel doivent également être éliminées. Ce n’est qu’alors que nous serons à même de dire que nous avons « enfoncé le dernier clou dans le cercueil de la société capitaliste que nous enterrons », comme l’écrivait Lénine.
La lutte pour établir et développer la nouvelle société doit être dirigée par le pouvoir des travailleurs révolutionnaires dont le noyau est le parti communiste, lequel agit consciemment, sur base des lois du mouvement de la société socialiste. Par conséquent, la nature scientifique et basée sur un point de vue de classe, de la politique du parti communiste, le développement de la théorie du socialisme-communisme scientifique par le parti communiste par-dessus tout, est un préalable absolu de la construction socialiste. Les partis au pouvoir n’ont pas mené cette tâche à bien. Et, dans la mesure où la politique du pouvoir socialiste ne parvint pas à résoudre ces contradictions au profit de la construction socialiste, ces mêmes contradictions évoluèrent par entrer réellement en concurrence. La théorie opportuniste prétendant que les contradictions non concurrentes ne peuvent se muer en contradictions concurrentes ne fut pas confirmée.
Après la guerre, comme l’a fait remarquer le 19e Congrès du PCUS, en dépit des succès enregistrés dans la réalisation du 4e plan quinquennal (1946-1950), il y eut des problèmes concernant la modernisation et le développement des moyens de production, la direction des entreprises et le niveau du bien-être social.
À partir du 20e Congrès du PCUS, en 1956, des approches théoriques erronées furent progressivement adoptées pour résoudre de tels problèmes et des mesures opportunistes furent appliquées dans l’économie avant de s’étendre au pouvoir socialiste et aux relations internationales. En même temps, sous prétexte de vouloir combattre le « culte de la personnalité », une campagne effrénée fut lancée contre la politique de l’État soviétique sous Staline et cela ouvrit la voie au grand glissement opportuniste de droite du mouvement communiste international.
Au lieu de renforcer les rapports socialistes de production/distribution, on renforça les relations marchandes potentiellement capitalistes. La planification centrale se mit à régresser et la propriété sociale s’éroda. Une part importante des produits agricoles émanant de la production privée et coopérative fut vendue librement sur le marché, c’est-à-dire au point culminant de la fluctuation des prix. La différenciation sociale dans l’industrie fut même plus forte encore. L’enrichissement illégal, ce qu’on a appelé « le capital de l’ombre », chercha à opérer légalement en tant que capital productif, c’est-à-dire qu’il chercha à restaurer le capitalisme. Ceci affecta le parti, renforçant l’érosion opportuniste et la dégénérescence social-démocratique.
Le subjectivisme dans l’évaluation du cours de la construction socialiste en tant que « socialisme développé » et le développement de l’opportunisme se retrouvèrent dans les évaluations du 21e Congrès du PCUS en 1959 : « Le socialisme en URSS a finalement triomphé, et pour de bon (…). Il est entré dans la période de la construction étendue de la société socialiste. » En 1961, le 22e Congrès adopta le « Programme de construction du communisme ». Dans les changements qui furent formulés dans la Constitution de 1977, on institua « l’État du peuple tout entier » et le « parti du peuple tout entier ».
La théorie de « l’État du peuple tout entier » a eu un autre effet en altérant les caractéristiques de l’État et en dégradant le rôle de la classe ouvrière. Il altéra également la nature de la démocratie socialiste. En même temps, la définition du parti en tant que « parti du peuple tout entier » signifiait un changement dans son caractère de classe ouvrière.
Dans les Documents de la Conférence nationale du KKE, en juillet 1995, sur « Les causes du renversement du système socialiste en Europe », il est fait mention du fait que « le rôle d’avant-garde du parti s’est affaibli progressivement (…). Dans la période de la perestroïka, l’état du parti atteignit un stade de dégénérescence. » Les forces du parti communiste qui n’avaient pas consciemment glissé vers l’opportunisme considérèrent le rôle prépondérant du parti dans la société comme étant acquis et incontestable.
Le contrôle du parti par les forces ouvrières s’affaiblit progressivement et finit par disparaître. Le principe de l’égalité entre communistes fut violé. Les conditions furent créées pour le développement du carriérisme parmi les cadres.
La classe ouvrière et les masses populaires en général ne rejetèrent pas le socialisme. Il est typique que les slogans utilisés par la perestroïka furent « la révolution dans la révolution » et « davantage de socialisme ».
Le fait que la classe ouvrière ne réagit pas contre la contre-révolution peut s’expliquer par ceci et d’autres facteurs encore. A fur et à mesure que les directions des partis communistes firent des choix qui érodèrent la nature sociale de la propriété et renforcèrent les intérêts strictement privés, des sentiments d’aliénation vis-à-vis de la propriété sociale furent créés et dans le même temps, la conscience sociale s’éroda. La passivité et l’indifférence eurent ainsi tout loisir de gagner du terrain.
L’érosion opportuniste du mouvement communiste international fut un long processus avec des racines profondes dans le développement capitaliste du 20e siècle, et ce processus n’a pas été promptement analysé, ni de façon objective. L’interaction entre l’opportunisme au sein des partis communistes des pays capitalistes développés d'une part et de celui du PCUS ainsi que des autres partis communistes au pouvoir d'autre part, requiert une plus ample recherche historique et est nécessaire pour le renforcement idéologique et politique, ainsi que pour l’unité du mouvement communiste au 21e siècle.
Il est également nécessaire de tirer et d’assimiler des conclusions du développement et de la croissance de la lutte des classes durant la construction socialiste du 20e siècle. La future construction socialiste va certainement commencer et évoluer à un niveau supérieur, si on la compare à celle du 20e siècle. Il est toutefois certain aussi qu’elle entrera dans une confrontation tout aussi brutale avec l’héritage capitaliste aux niveaux économique, politique et idéologique.
Pour le mouvement ouvrier des pays capitalistes d’aujourd’hui, il reste le problème d’un piégeage des masses dans les structures du système (contrôle du parlement, du gouvernement et des patrons, syndicats, gouvernements locaux et autres). La puissante influence idéologique bourgeoise sur le mouvement ouvrier s’exprime également par le biais de révisionnisme et de l’opportunisme dans bon nombre de partis communistes.
Aujourd’hui, plus que jamais auparavant, on peut prouver que la lutte des classes ne peut être avant tout défensive, si elle veut sauvegarder certains acquis, au moment où les besoins immédiats changent, tant de la part du capital que de la classe ouvrière. Des résultats immédiats et plus particulièrement des résultats à long terme, ne peuvent être obtenus qu’en politisant les actions, en mettant en exergue les revendications qui se heurtent à la stratégie du capital, qui prétendent que la richesse doit être produite au bénéfice de ses producteurs directs, tout en préparant en même temps le facteur subjectif pour la conquête du pouvoir. De telles luttes peuvent créer des rapports de forces en faveur de la classe ouvrière et de ses alliés potentiels, les masses populaires.
L’un des principaux devoirs du front idéologique communiste est de restaurer aux yeux des travailleurs la vérité concernant le socialisme au 20e siècle, sans verser dans les idéalisations, mais objectivement et indépendamment des calomnies bourgeoises. La défense des lois du développement du socialisme et, en même temps, la défense de la contribution du socialisme au 20e siècle fournissent une réponse aux théories opportunistes concernant des « modèles » de socialisme adaptés aux particularismes « nationaux », mais aussi à la discussion défaitiste des erreurs. La défense de cette contribution est, aux yeux du KKE, un critère dans les relations avec d’autres partis communistes et partis des travailleurs, en vue de la création du pôle communiste au sein du mouvement international.
Les calomnies et les croisades anticommunistes ne peuvent cacher la vérité bien longtemps. L’anticommunisme dont l’un des éléments est la récriture de l’histoire, est une preuve de la crainte éprouvée par la classe bourgeoise. Il a été confirmé qu’il n’y a pas de voie sans classe ou de troisième voie vers le développement. Toute voie servira le capitalisme, c’est-à-dire la gestion du système capitaliste, ou elle servira le peuple.
Tous les mythes, anciens et contemporains, doivent être renversés et dénoncés dans la pratique : les mythes du « libre marché » et de la « compétitivité », de la « modernisation », du « consensus », du « dialogue social », de la « démocratie des institutions », des « voies à sens unique » ainsi que les mythes qui touchent à la sécurité et au respect des droits souverains et des frontières. La question est celle-ci : qui est au pouvoir, qui domine, au profit de qui et à quelle fin ?
La classe ouvrière et les couches pauvres des masses populaires ne resteront pas collées au passé. La classe ouvrière, et particulièrement ses générations plus jeunes, de même que les plus jeunes générations des masses populaires, ne méritent qu’un seul futur, celui que craint l’impérialisme : un futur socialiste-communiste.
Le Programme du KKE, adopté lors du 15e Congrès, insistait d’ailleurs sur ceci : « Le 21e siècle sera le siècle où les forces révolutionnaires se regrouperont, où l’offensive du capital sera repoussée et où la contre-offensive décisive sera mise sur pied. Le 21e siècle sera le siècle d’une nouvelle croissance au sein du mouvement révolutionnaire mondial et d’une nouvelle série de révolutions sociales. »
traduit par Jean-Marie Flémal[Belgique], 5 septembre 2007 retour haut de page
Progression importante des communistes au Parlement grec
Résultats des élections législatives grecques 16 septembre 2007
|
Parti |
% 2007 |
% 2004 |
sièges 2007 |
sièges 2004 |
|
Nouvelle Démocratie (ND) |
41,85 |
45,4 |
152 |
165 |
|
Parti socialiste (Pasok) |
38,11 |
40,6 |
102 |
117 |
|
Parti communiste (KKE) |
8,15 |
5,9 |
22 |
12 |
|
Coalition de gauche (Syriza) |
5,03 |
3,3 |
14 |
6 |
|
Rassemblement populaire orthodoxe (LAOS) |
3,79 |
2,6 |
10 |
0 |
Aleka Papariga, secrétaire générale du KKE, a déclaré le soir des élections : « C’était un pas audacieux. Il ne faut pas se faire d’illusion, les deux partis (ND et PASOK) ont de grands pourcentages, qui ne correspondent pas à l'indignation populaire qui s'est exprimée les derniers temps. Une tendance combative est notamment apparue dans les grands centres urbains. Nous ne décevrons pas les nouveaux électeurs. Avec une dynamique nouvelle, nous créerons un rempart contre les nouvelles mesures. La dynamique qui est apparue s’est progressivement formée avec notre participation à l'action et aux combats. Nous avons averti avant les élections : les deux grands partis ne changeront pas. »
Le Parlement grec compte 300 représentants. Avec 152 sièges, le parti conservateur - Nouvelle Démocratie - du premier ministre Caramalis conserve de justesse la majorité absolue. Il avait obtenu, aux élections de 2004, une confortable majorité avec 165 sièges. Le parti socialiste, PASOK, a lui même également baissé en siège, passant de 117 à 102. Le parti d'extrême-droite, LAOS, a passé le seuil des 3% et entre pour la première fois au Parlement avec 10 sièges. Le parti Syriza (Synaspismos), affilié au Parti de la gauche européenne, est passé de 6 à 22 sièges. Il a bénéficié notamment du glissement de voix du PASOK.
Le résultat du Parti communiste de Grèce (KKE), passant de 12 sièges à 22 sièges, qui a fait une campagne particulièrement militante, en affirmant son caractère populaire et révolutionnaire, est une grande joie pour tous les communistes du monde. Comme le KKE le rappelait récemment:« Le 21e siècle sera le siècle où les forces révolutionnaires se regrouperont, où l’offensive du capital sera repoussée et où la contre-offensive décisive sera mise sur pied. Le 21e siècle sera le siècle d’une nouvelle croissance au sein du mouvement révolutionnaire mondial et d’une nouvelle série de révolutions sociales. »
INTERVENTION URCF A LA CONFERENCE EUROPEENNE SUR L’EDUCATION SOUS L’EGIDE DU PC DE GRECE (BRUXELLES 23 mars 2007).
La politique de néo-libéralisme promue partout par les Etats impérialistes comme réponse à la crise générale du capitalisme signifie que l’éducation comme la culture auparavant deviennent des marchandises régies par les critères de rentabilité financière.
L’UE s’inscrit dans cette politique : sommet de Lisbonne qui vise à l’objectif de faire de l’économie de l’UE « la plus compétitive dans le monde », fixe comme objectif aux systèmes éducatifs de former les jeunes afin qu’ils acquièrent «l’adaptabilité », la « flexibilité » nécessaire à « l’insertion dans l’emploi à l’échelle de l’Europe ». Sommet de Bologne, accord général sur les services et commerces participent de cette politique.
L’Education est donc ajustée aux lois du marché de main d’œuvre.
Se mène dans tous les Etats de l’UE, une politique de privatisation du service public d’éducation. En France, 20 % des élèves sont scolarisés dans le privé financé par l’Etat et les fonds publics. Dans le secteur public d’éducation sont importés les méthodes du privé : allongement du temps de travail (réunions plus fréquentes), remplacements des collègues absents, pression « consommatrice » des parents, dénonciation des enseignants directement aux instances de direction, projet de « bivalence » pour chaque enseignant aujourd’hui spécialisé dans les collèges et lycées.
Cette privatisation rampante s’appuie sur les médias bourgeois qui diffusent des classements des lycées selon leurs résultats aux examens, sans tenir compte de l’origine sociale dominante de la population de la ville d’accueil des élèves. Certains politiciens comme Sarkozy propose de payer les enseignants au « mérite » sur le modèle américain.
La « carte scolaire » conçue à l’origine pour diffuser équitablement les moyens et fixer une « mixité sociale » est vidée de tout contenu. A Paris, 50 % des familles envoient leurs enfants dans des Etablissements autres que celui prévu par la carte scolaire. Les moyens sont donc concentrés dans les « meilleurs établissements », dans les quartiers populaires et cités malgré le dévouement des enseignants, s’instaure une « ghettoïsation » de leur collège ou lycée, voué à l’accueil des enfants d’immigrés.
Cette polarisation de classe dans l’école se traduit par un différentiel accru des moyens financiers, par des fermetures de classe, par l’échec scolaire dans les quartiers populaires.
Les mécanismes complexes de l’idéologie bourgeoise se reflétant chez certains enseignants vont se traduire par la tendance caractérisée et croissante à sélectionner les élèves à l’issue du collège selon des critères de classe. Les enfants des milieux populaires sont voués aux études courtes professionnelles ou à l’apprentissage. 60 % des enfants d’ouvriers vont dans ces filières, 80 % des enfants issus de l’immigration. La décision d’ouvrir l’apprentissage dès l’âge de 14 ans va renforcer cette sélection de classe, violant le principe démocratique, conquête de la Résistance antifasciste sur l’école obligatoire jusqu’à 16 ans.
Le principe républicain de gratuité scolaire est jeté par-dessus bord. Les familles supportent des charges de plus en plus lourdes pour scolariser leurs enfants. Dans les lycées avec la complicité de certaines équipes éducatives, mais nous n’accablons pas, les moyens manquent, l’autofinancement avec des entreprises ou des « sponsors » devient la règle pour financer voyages éducatifs ou certaines activités. Les stages d’entreprise obligatoires dans les lycées professionnels permettent au patronat de réaliser de substantiels profits puisque les jeunes vont travailler 1 mois sans aucune rémunération ! Idem pour le projet européen Leonardo Da Vinci qui consiste à envoyer un mois des jeunes dans un autre Etat de l’UE où le travail n’est pas rémunéré et une partie du séjour est à la charge des familles, tout cela pour « acquérir un plus dans le CV » !
L’université française connaît une crise sans précédent. La concurrence entre facultés aboutit à un enseignement supérieur à deux vitesses. La sélection sociale discriminatoire se reflète dans les chiffres suivants : 14 % des enfants d’ouvriers s’engagent dans des études supérieures après le baccalauréat. Moins de 1 % va dans les » Grandes Ecoles », établissements supérieurs de prestige qui forment les cadres dirigeants de l’Etat bourgeois et des monopoles. Les Universités faute de moyens adéquats sont dans un état lamentable, les amphithéâtres sont surchargés. L’échec du système universitaire bourgeois en France se reflète dans ce chiffre : 50 % des étudiants ne terminent pas leurs études et 40 % n’auront pas de diplômes d’enseignement supérieur. C’est là un exemple de gâchis humain.
Ces dernières années, les gouvernements tant de droite que sociaux-démocrates ont diminué le budget d’Etat consacré à l’éducation. La droite actuellement au pouvoir a aggravé cette tendance. La bourgeoisie parle de « développement en moyens financiers constants ». En clair, cela se traduit par des fermetures de classe, la perte d’heures d’enseignement, les suppressions de postes (les enseignants partant en retraite ne sont pas remplacés), le développement de l’auxiliariat (les prolétaires de l’éducation) sans garantie d’emploi durable, très faiblement payés, l’affaiblissement des moyens des « zones d’éducation prioritaire ».
Dans les pays capitalistes, l’école a toujours été soumise à l’idéologie bourgeoise. Cette main mise va croissant et de plus l’école est directement subordonnée au patronat, à ses besoins de caste.
Les programmes scolaires reflètent cette domination de classe, donne à l’école une visée purement instrumentale. Le contenu des programmes visent à développer des »savoir-faire » et des « savoir-être », dans les lycées professionnels les patrons évaluent le « comportement » des élèves lors de stages. Le savoir, but suprême de l’éducation est attaqué par l’école capitaliste. L’enseignement des langues, du français, des sciences ont été affaiblis et subordonnés à l’acquisition de simples savoir-faire, cela est une des causes des difficultés de l’enseignement supérieur.
Les sciences et la conception matérialiste sont mises à mal, la théorie de Darwin est ouvertement attaquée par les intégrismes religieux, l’étude des religions comme « moment de la conscience humaine » est inscrite dans les programmes officiels, violant le principe républicain de laïcité. Dans les programmes officiels d’histoire, dans la droite ligne des Furet et Courtois inspirateur ou auteur du « Livre noir du communisme », le maccarthysme a droit de cité. L’URSS et le communisme sont assimilés à l’Allemagne hitlérienne et au fascisme sous couvert de « totalitarisme ». L’ensemble de la seconde guerre mondiale antifasciste a été récrit dans cette optique visant à minimiser ou nier l’apport de l’URSS et du socialisme à la civilisation. L’esprit critique qui n’est plus enseigné, recule, l’UNESCO place la France au milieu du tableau mondial dans ce domaine.
Le néo-libéralisme dans l’éducation s’est aussi traduit par une profonde dévalorisation du métier d’enseignant. Dévalorisation salariale, depuis 1981, les rémunérations des personnels éducatifs ont baissé de 20%. Dévalorisation sociale, la presse accuse les enseignants « d’absentéisme », d’être responsables des difficultés de l’école, doublée de l’attaque générale des néo-libéraux contre les « fonctionnaires ». La violence y compris contre les maîtres s’est considérablement aggravée, tant le mal-vivre y est profond, tant l’école dépourvue de moyens financiers et humains tourne le dos aux exigences d’école de la réussite.
Confrontés à de telles difficultés, les enseignants constituent un des secteurs les plus combatifs du mouvement populaire, même si le social-réformisme continue d’y être hégémonique. Le syndicalisme enseignant autonome historiquement est marqué par le « syndicalisme de services » avec une grande efficacité de la FSU dans ce domaine mais reste marqué par le réformisme, la « défense de la construction européenne » (de l’UE impérialiste), la tendance à ne conduire des luttes que de manière défensive, en réaction aux mesures ministérielles, perdant la bataille sur les salaires et privilégiant la défense des conditions de travail.
Ces dernières années, en réaction aux journées traditionnelles d’action (pas toujours mobilisatrice et efficace), dans les régions confrontés à la « ghettoïsation » des établissements, à un recours massif à l’auxiliariat, en 2001 et 2003 des comités de grèves se sont formées qui ont conduit des luttes longues et tournées vers l’alliance avec les autres catégories de travailleurs pour la défense du service public et les moyens afférents, obligeant les directions syndicales à emboîter le pas sous peine de risque de désaffection massive. Nous voyons là le signe des bases d’une recomposition syndicale de la profession éducative avec un fort contenu de classe.
La bataille conjointe du mouvement ouvrier, étudiant, des enseignants doit viser tout d’abord à l’exigence de priorité budgétaire à la recherche et à l’éducation :
-la création de dizaines de milliers d’emplois statutaires, la résorption de l’auxiliariat et la titularisation des personnes précaires, la revalorisation salariale des personnels avec l’exigence d’augmenter les salaires de 300 euros mensuels, l’augmentation continue des moyens financiers.
-La lutte permanente de l’école et de ses acteurs contre la privatisation, la main mise du patronat sur la formation, des stages d’entreprise rémunérés sous le contrôle des organisations syndicales.
-L’abrogation des mesures conduisant à l’apprentissage dès 14 ans, la priorité au service public de formation professionnelle avec un enseignement général de qualité.
La mesure centrale se fondant sur la nécessaire bataille pour une éducation gratuite et de qualité, sur la lutte contre les discriminations de classe et de nationalités.
L’URCF estime que la bataille pour une école démocratique au fur et à mesure de son intensification débouchera sur la remise en cause d’un système : le capitalisme qui pour maximiser ses profits est conduit à casser et à « marchandiser » l’éducation. La véritable éducation populaire ne se réalisera qu’en renversant la domination des monopoles et en libérant le travail de l’exploitation salariale.
URCF. Le 18 mars 2007
Solidarite avec la jeunesse communiste tchèque (KSM)
Le 4 mars, il est probable que l'Union de la Jeunesse communiste (KSM) tchèque sera interdite. Nous devons protester de partout.
Signez MAINTENANT la pétition sur http://4KSM.kke.gr
Nous, les soussignés, protestons énergiquement contre les actions juridiques arbitraires prises par le Ministère de l'Intérieur de la République tchèque visant à abroger le statut "d'association civique" de l'Union de la Jeunesse communiste - KSM. (...) Nous exprimons notre pleine solidarité avec l'Union de la jeunesse communiste - KSM, avec les communistes et d'autres progressistes de la République tchèque dans leur combat pour la défense des droits démocratiques élémentaires et des libertés. Nous exigeons la fin immédiate des attaques et la prise immédiate de mesures pour restaurer les libertés démocratiques de base de la jeunesse tchèque et la liberté d'action de l'Union de la jeunesse communiste - KSM.
A propos du " stalinisme " et d'autres choses
Déclaration du Parti communiste de Grèce le 22 janvier 2006
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Manifestation Strasbourg 24 janv 2006 contre le Maccarthysme européen | Dans le document de la conférence nationale [Parti communiste de Grèce] de 1995, où figure une première approche des facteurs qui ont déterminé le renversement du système socialiste en Europe, il est mentionné ceci : " Avec la notion d'analyse du "stalinisme", l'impérialisme a montré sa haine de classe envers la formation du système socialiste après la Seconde Guerre mondiale. "
Il est aisé de voir que la constatation ci-dessus ne concerne pas seulement le passé, mais aussi la croisade anticommuniste menée en Europe sous le drapeau du mémorandum anticommuniste, soumis à la discussion dans l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Le texte même de la résolution est révélateur des inquiétudes, mais aussi des objectifs et des préoccupations qui l'ont dicté.
Egalement révélatrice est l'attitude des structures de l'opportunisme, du Parti de la gauche européenne et de ses forces dirigeantes, qui s'identifient ouvertement avec les arguments de M. Lindblad et ses homologues, qui ne diffèrent pas particulièrement de la propagande après la guerre civile dans notre pays.
Le Parti de la gauche européenne, muet comme une carpe pendant des mois à ce sujet, " désapprouve " la résolution du Conseil de l'Europe avant de clarifier immédiatement (pour qui en vérité ?) que bien sûr... " Tout autre chose est la nette condamnation des crimes du stalinisme, lesquels sont absolument à l'encontre de l'idée de base du socialisme. " Donc il applaudit l'argumentation du mémorandum et n'a d'opinions divergentes que sur la procédure ! A ses côtés, le Parti communiste français, souligne surtout qu'il a accompli à temps son virage : " Le PCF n'a pas attendu la chute de l'URSS pour condamner les violations des libertés qui ont si longtemps bafoué et, parfois, continuent de bafouer les principes humanistes et démocratiques qui sont le coeur du projet communiste. " A ses côtés, l'Aurore[1] clame son " indignation ": " Aleka[2] défend le stalinisme "...
Tout cela ne nous étonne pas. L'hostilité envers le mouvement communiste et le socialisme que nous avons connu au 20ème siècle en Europe et en URSS est la physionomie caractéristique du Parti de la gauche européenne (PGE). N'oublions pas que le Parti de la gauche européenne est celui qui a ouvert la discussion au sujet de la " condamnation du stalinisme ", qui pratiquement coïncidait (est-ce bien un hasard?) avec l'attaque anticommuniste majeure à l'occasion du 60e anniversaire de la victoire antifasciste, prouvant ainsi que, dans ses orientations idéologiques, il est en harmonie et s'identifie avec le courant anticommuniste moderne.
L'absence criante d'une quelconque initiative de réaction aux manoeuvres antidémocratiques et anticommunistes ou de soutien à la lutte anti-impérialiste n'est pas un hasard. On n'a pas non plus entendu leurs voix ou leur réaction au fait que des partis communistes d'Europe soient interdits, que des communistes soient exclus d'élections, emprisonnés ou poursuivis, que leurs symboles soient interdits.
Et comment pourrait-il en être autrement lorsque, selon son président du PGE, Fausto Bertinoti, " le rejet du stalinisme appartient à notre identité politique " (Conseil exécutif du PGE, Berlin, 8-9 janvier 2005 ? alors que le PC de Bohême et Moravie, parti observateur dans le PGE, a presque été soumis à l'inquisition).
" La chose avec laquelle il faut marquer une rupture, c'est le stalinisme. Si nous ne le faisons pas, ceci sera la fin du PGE ", a déclaré à la même rencontre Wolfgang Gerke, du PDS allemand. Michael Schuman, également du PDS, a clarifié à la même rencontre les derniers doutes au sujet de ce qu'ils entendent par la " condamnation du stalinisme " : Pour M. Schuman, le stalinisme est " toute l'expérience d'un ex-pays socialiste ", et il précise que " les stalinistes se nommaient marxistes-léninistes ".
Il faut rendre justice à Claudio Grassi, de la tendance Refondation communiste, lorsqu'en critiquant l'" antistalinisme " du congrès fondateur du Parti de la gauche européenne à Rome en 2004, il constate que bien sûr, pour ces gens, le problème n'est pas Staline. " Le problème, c'est la Révolution d'Octobre, le problème, c'est le Lénine et l'expérience des communistes au 20e siècle et qu'il ne faut pas la jeter. "
Lors des " années de plomb "[3], renier Staline signifiait sortir de prison. La déclaration moderne de repentance se traduit par un brevet délivré par Monsieur Lindblad et ses homologues (point 4 du projet de résolution) : " L'Assemblée reconnaît que malgré les crimes des régimes communistes totalitaires, certains partis communistes européens ont travaillé à la réalisation de la démocratie. ", et à la limite, à l'accès à quelques deniers de la Commission européenne attribués aux " partis européens ". A chacun la place qui lui revient !
Nikos Seretakis
(Rizospastis, 22 janvier 2006)
traduit par Cécile Chams
http://www.rizospastis.gr
[1] L'Aurore (????), quotidien grec proche du parti Synaspismos, membre du Parti de la gauche européenne.
[2] Aleka Papariga, secrétaire générale du Parti communiste de Grèce (KKE). [3] Les années 50-74 en Grèce, quand les communistes et progressistes étaient persécutés. | |
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