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NON AU MACCARTHYSME EUROPEEN!
Toute la direction du parti communiste hongrois risque deux ans de prison (oct 2007)
Un tribunal hongrois risque de condamner à deux ans de prison le président du parti communiste, Gyula Thürmer, et six autres membres du présidium, pour « diffamation envers la justice ». Solidaire, l'hebdomadaire du Parti du Travail de Belgique, a téléphoné au président pour de plus amples explications.
Jef Bossuyt
Gyula Thürmer. Déjà, au printemps 2005, l’ancien vice-président, Attila Vajnai, a exigé que nous modifiions la ligne de notre parti et qu’on en fasse un parti réformiste. C’est pourquoi, lors de notre congrès, nous avons exclu sa fraction de la direction. Il a contesté cette décision auprès du tribunal de Budapest. Celui-ci a décidé que lui et ses partisans devaient être réadmis dans le parti, et même à sa direction. « Vous ne travaillez pas selon des normes démocratiques », a décrété le tribunal. Toutes les résolutions de notre congrès ont été déclarées nulles et non avenues. Nous estimons que de telles choses sont inadmissibles. La loi sur les partis politiques ne prévoit des interventions que si quelqu’un subit des dommages matériels ou financiers ou si des actes répréhensibles sont commis contre les membres. Aussi avons-nous déclaré publiquement ceci : il s’agit ici d’une discussion politique et la décision du tribunal est politique.
Quelle autre ligne « réformiste » Vajnai voulait-il imposer ? Gyula Thürmer. Dans les mots, ils sont contre le capitalisme mais, dans les faits, ils veulent s’allier aux social-démocrates du Parti socialiste hongrois qui, depuis 2002 déjà, siège au gouvernement en compagnie des conservateurs. Ce gouvernement mène une politique néolibérale, qui n’a strictement rien à voir avec un programme de gauche.
Pourquoi le tribunal intervient-il ici ? Gyula Thürmer. En 2006, il y a eu des élections. Entre les social-démocrates et les conservateurs libéraux, il n’y a pas de différence. Par sa décision, le tribunal nous a empêchés de participer à ces élections. Après cela, nous avons tenu à nouveau un congrès et le groupe de Vajnai s’en est allé pour de bon, maintenant. Mais, de la sorte, nous avons perdu un an et demi et nous n’avons pas pu travailler en tant que parti non plus. Cela a eu des conséquences pour les résultats électoraux : les social-démocrates et les libéraux ont a nouveau gagné.
Comment votre parti réagit-il à la décision du tribunal ? Gyula Thürmer. Nous avons dit qu’il s’agissait d’un arrêt politique sans précédent. Et que c’était une mesure de vengeance contre le référendum que nous avions lancé contre la privatisation des hôpitaux. En 2004, presque deux millions de Hongrois ont voté contre la privatisation des soins de santé. Le tribunal de Budapest a exigé que nous retirions nos propos, ce que nous avons refusé, naturellement. Là-dessus, le tribunal nous a poursuivis pour « diffamation en public » et la police a instruit l’affaire… juste avant les élections de 2006.
Et qu’en pense l’opinion publique hongroise ? Gyula Thürmer. Les médias ne disent pas un mot de l’affaire, parce qu’ils veulent nous isoler. Ils intimident les gens à l’aide d’une campagne anticommuniste. Mais la sympathie croît malgré tout parmi la population. Non pas parce que nous sommes communistes, mais parce qu’il s’agit d’une violation tellement flagrante du droit à la libre expression - l’article 61 de la Constitution. De même, des journalistes et des membres d’autres partis comprennent qu’ils pourraient très bien être les prochaines victimes. C’est vraiment se moquer des normes en vigueur en Europe. L’Organisation des droits de l’homme nous soutient. Elle a fourni des avocats, qui nous défendent lors du procès.
Le 6 novembre, il y a une nouvelle séance du tribunal. Que pouvons-nous faire, nous, en Belgique ? Gyula Thürmer. Nous avons reçu la lettre de solidarité du PTB et nous vous en sommes reconnaissants. Dans d’autres pays aussi, on a adressé des lettres aux ambassades de la Hongrie, en exigeant d’arrêter ce procès. Une conférence de presse est prévue en Grèce et en Italie. Si cela pouvait se faire à Bruxelles également - puisque c’est la capitale de l’Union européenne - cela aurait alors une grande signification.
Comment considérez-vous le 90e anniversaire de la révolution d’Octobre 1917 en Russie ? Gyula Thürmer. Les idées de cette révolution demeurent d’une importance capitale. La défaite du socialisme en Union soviétique et dans l’Europe de l’Est n’est que passagère. Et nous allons le faire savoir partout. Nous prévoyons des activités de haut en bas, à tous les niveaux, des commémorations officielles ainsi qu’une expositions de timbres sur Lénine. | |
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