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SOLIDARITE LIBAN-PALESTINE : A BAS l’AGRESSION IMPERIALISTE, CESSEZ-LE-FEU IMMEDIAT !
Le Parti Communiste Libanais (PCL) organise une conférence
" Analyse perspective de la Guerre au Liban : Où va le Liban ? "
Avec Gilbert Achcar
Date : Mardi 20 mars à 19h30
Lieu : LIBRAIRIE ISHTAR
10, rue du Cardinal Lemoine 75005 Paris
Le Liban se tient à une croisée de chemins, menacé de l'explosion d'une nouvelle guerre civile. Comment et pourquoi le Liban en est-il arrivé là après 17 années de paix civile ? Comment comprendre les évènements qui se sont déroulés au "pays du cèdre" depuis le retrait des troupes israéliennes en 2000, l'occupation de l'Irak en 2003, l'assassinat de Rafik Hariri et le retrait des troupes syriennes en 2005, et surtout la guerre des 33 Jours de l'été 2006 ? Quelle est la nature des camps en présence dans la confrontation politique en cours et quelles sont les perspectives d'évolution de la situation ?
Gilbert Achcar a quitté le Liban pour la France en 1983. Il est enseignant en science politique à l'Université de Paris-VIII. Son livre " Le choc des barbaries" (10/18, 2004) a été traduit en quatorze langues. Son dernier livre " La guerre des 33 Jours. La guerre d'Israél contre le Hezbollah au Liban et ses conséquences (Textuel, 2007), avec une contribution de Michel Warschawski, paraît simultanément en huit langues.
ENSEMBLE FACE AU CAUCHEMAR DE LA GUERRE CIVILE
Une fois de plus, le Liban vit, une fois de plus, le cauchemar d’une éventuelle guerre civile qui menace les citoyens, les jeunes et les pauvres, surtout, qui vont en payer le prix de leur sang, de leur avenir et de l’intégrité de leur pays.
Une fois de plus, le régime politique reproduit les circonstances de la guerre civile qui transforme le Liban en pays ouvert aux projets extérieurs, tant internationaux que locaux, dont, en particulier le projet étasunien qui vise, aujourd’hui, l’émiettement de la région arabe en entités confessionnelles et ethniques, dans le but de liquider tous les effets du conflit arabo-israélien et de mettre les peuples arabes face à des luttes intestines qui mettraient les richesses dont leur terre recèlent sous la domination complète des Etats-Unis.
Dans cette conjoncture, les appels à la sagesse et à la pondération lancés par la classe politique ne sont plus suffisants. Parce que ceux qui doivent agir raisonnablement, ce ne sont pas les jeunes qui ont investi les rues de Beyrouth et d’autres localités libanaises, mais ceux des leaders politiques et confessionnels qui ont transformé ces jeunes en instruments de leurs ambitions et qui, pour ce faire, ont mobilisé les instincts confessionnels à tel point qu’il fut presque impossible de les freiner.
Notre appel à la sagesse vise, surtout, le gouvernement qui doit démissionner à l’instant afin d’ouvrir la voie à une solution réelle à la crise que vit le pays.
Notre appel vise le Premier ministre et ce qui reste de son gouvernement qui croient pouvoir profiter de l’aide extérieure contre leur peuple ; et, ceci n’est pas une vaine accusation, parce que le discours de Madame Condoleeza Rice, hier, jeudi, durant la troisième conférence de Paris, en est une preuve tangible et confirme le fait que ce gouvernement est le principal responsable de l’impasse dans laquelle se trouve le pays, sur tous les plans.
Dans le même contexte, les différentes parties de l’opposition ne sont pas exemptes de leur part de responsabilité, parce qu’elles n’ont pas su, jusqu’à ce jour, rédiger un véritable programme de réforme démocratique qui aurait pu, à lui seul, trouver la solution adéquate à la crise originelle du Liban. Et il ne suffit pas de pallier à une telle absence par une escalade dans les formes d’action utilisées, parce que cela n’a fait que donner des alibis au gouvernement dans ses tentatives partisanes et confessionnelles.
Le Parti Communiste libanais lance un appel urgent à tous les Libanais de toutes les régions et de toutes les confessions, les jeunes, les ouvriers, les paysans, les fonctionnaires et les intellectuels.
Il les appelle à s’unifier autour de leurs intérêts patriotiques et socio-économiques, contre les tentatives de partition sur des bases confessionnelles.
Il les appelle à faire face aux objectifs du régime confessionnel de classe qui menace l’unité de notre pays et qui tente de nous sacrifier, une fois de plus, sur l’autel des tutelles étrangères.
Il les appelle à faire face aux projets concrets visant à leur appauvrissement, à l’augmentation de la dette publique et de la corruption, à un nouveau mouvement d’émigration des jeunes, mais aussi à les délester de tous les acquis sociaux que leur mouvement revendicatif avait réalisés.
Il les appelle, chacun de la position qu’il occupe, à faire pression afin que le gouvernement actuel démissionne et cède la place à un gouvernement provisoire qui aurait les prérogatives les plus larges lui permettant de superviser de nouvelles élections législatives, sur la base d’une nouvelle loi électorale adoptant la proportionnelle en dehors des quotas confessionnels. Ce qui mettrait en place les assises d’un Etat exprimant les intérêts du peuple libanais tout entier et ferait du Liban le point de départ d’un projet arabe progressiste et démocratique.
Notre parti appelle les jeunes du Liban, les ouvriers et les cadres, les intellectuels et les artistes à participer à toutes sortes d’activités qui feront pression sur le gouvernement de Fouad Siniora, ou ce qui en reste, afin de le pousser à partir, mais aussi sur certaines parties de l’opposition afin de les pousser à corriger leur trajectoire, tant dans le sens de la résistance aux effets du projet américain au Liban et dans la région que dans celui de l’élaboration d’un programme de réforme démocratique, seul capable de sauvegarder le peuple libanais de la crise qui le bloque et des dangers qui le menacent.
Le Bureau Politique du parti Communiste libanais
Beyrouth le 26 Janvier 2007
EXTRAITS DE LA CONFERENCE DE PRESSE DU PARTI COMMUNISTE LIBANAIS
A PROPOS DE LA « CONFERENCE DE PARIS-3 »
Le Parti Communiste Libanais a tenu, le mercredi 10/1/2007, une conférence de presse dans laquelle le secrétaire général du parti a mis l’accent sur les dangers contenus dans le programme économique que le gouvernement de Fouad Sanioura (ou ce qui en reste) a préparé pour la tenue de la « Conférence de Paris-3 » et qui, en fait, reprend les mêmes points et le même contenu du programme de la conférence qui devait se tenir à Beyrouth, au mois d’août 2006, et que plus de 500 000 personnes avaient refusé lors de la manifestation syndicale et populaire du 10 mai passé.
(…) Le prétendu « Projet de réforme économique » ainsi que la « Conférence de Paris-3 » expriment, en fait, le degré d’exacerbation atteint par la crise qui sévit au sein du régime politique libanais et qui menace l’unité de notre pays et de notre peuple. En effet, cette crise, aiguë, touche toutes les instances du pouvoir politique qui ont perdu toute la légalité dont elles disposaient, depuis la plus haute magistrature et jusqu’au parlement, en passant par le gouvernement. Ce qui fait que le programme mis au point pour la conférence de Paris ainsi que l’appui qui lui est accordé par certains Etats arabes et internationaux représentent, en fait, un appui à l’une des deux parties du conflit actuel, en l’occurrence le gouvernement de Fouad Sanioura, au dépens de toutes les autres.
Quelques remarques préliminaires :
1. Les deux précédentes conférences, Paris-1 et Paris-2 qui s’étaient tenues dans des circonstances régionales et libanaises moins aiguës que celles sévissant aujourd’hui, n’avaient pas fait grand-chose pour la sauvegarde de la situation économique au Liban. Bien au contraire : elles avaient eu pour seules conséquences l’augmentation de la dette publique, déjà importante, ainsi que la création de nouveaux problèmes sociaux. Dans le cas de la situation actuelle, il est à penser que les résultats seront pires que tout ce que le peuple libanais a déjà vécu.
2. Le Premier ministre Fouad Sanioura croit pouvoir se moquer du monde en disant que le programme économique qu’il vient de présenter fut rédigé au Liban, alors que tout le monde sait que les soi-disant « propositions » qu’il contient constituent des conditions posées, depuis longtemps déjà, par le FMI et la Banque mondiale. D’ailleurs, dans ce programme « made in Lebanon », nous n’avons trouvé ni la fonction économique du Liban, ni son rôle prévu dans la région ; sans parler du déséquilibre entre les différents secteurs de l’économie libanaise que ce programme contient. Voilà pourquoi, nous disons au Premier ministre : ça suffit comme ça ! La majorité des Libanais refuse que vous continuiez à utiliser les points de litige existants sur le plan politique afin de faire passer des recettes que d’autres peuples, en Amérique latine et en Afrique ont déjà expérimentées et éprouvé les conséquences néfastes dans l’augmentation du taux de pauvreté à travers le monde.
3. Le gouvernement libanais actuel a poursuivi l’œuvre de ses prédécesseurs, vidant le « Conseil social et économique » de son contenu, puisqu’il refuse de faire de ce conseil le cadre des consultations supposées obligatoires à tout programme de réforme, surtout lorsque celle-ci touche de près à la vie des citoyens et à la stabilité économique et sociale du pays.
4. La fonction de toute l’aide attendue des participants à « Paris-3 » ne réside pas dans la création d’un climat qui permette le développement ou la réduction de la dette mais, plutôt, dans la reconsolidation de l’économie libanaise en tant qu’économie de services et de médiation. Une telle économie constitue, comme nous le savons, un obstacle au développement des secteurs productifs. En effet, le Liban importe, annuellement, pour la somme de 7 milliards de dollars, des matières et des services en provenance de l’Occident ; ce qui fait que l’appui dont notre économie bénéficie aujourd’hui n’a pas d’autre but que celui de garantir la poursuite d’une telle activité favorable aux économies occidentales.
5. Le projet pour la « Conférence de Paris-3 » a insisté sur le rôle des agressions israéliennes, y compris celles de juillet 2006, dans la destruction de l’infrastructure et, partant, de l’économie au Liban. Et comme les Etats-Unis, instigateurs des dernières agressions contre notre pays, sont les plus « enthousiastes » pour la tenue de la conférence de Paris, il nous est permis de nous demander pourquoi le gouvernement de Sanioura ne revendique pas de ses amis et supporters des compensations qu’ils doivent, ainsi que les Israéliens, à notre peuple.
6. Les Etats appelés à participer à la conférence sont, tous, des débiteurs qui réclament le payement prochain de la majeure partie des 16 milliards de dollars qui doivent être restitués en 2008. Ce qui explique, en grande partie, les mesures proposées dans la feuille de « Paris-3 », dont, surtout, les privatisations qui permettent à ces pays d’acquérir pour des bouchées de pain les secteurs rentables appartenant au service public, dont essentiellement, le téléphone cellulaire.
7. Malgré les affirmations de Fouad Sanioura sur l’absence de conditions politiques à la réalisation de ce projet économique de la part des Etats donneurs, plusieurs points restent flous, surtout si nous prenons en considération ce qui est dit dans l’introduction du programme des « réformes » concernant le projet de « créer un Etat fort et modéré » au Liban. Cela va dans le sens d’une certaine ligne politique que Georges Bush tente d’appliquer dans la région ; et ce qui rend ces mesures encore plus dangereuses, c’est la proposition de liquider une partie des effectifs du secteur public en faveur de l’augmentation du nombre des forces armées en dehors d’une politique défensive définie ; ce qui implique des intentions visant à renforcer les services de renseignements dans des objectifs purement libanais ; et les prémices d’une telle politique se dessinent dès maintenant dans la répression et le dysfonctionnement de la justice.
Le PCL avait, dès le début des années quatre-vingt-dix et jusqu’à la promulgation du programme de la conférence non tenue de « Beyrouth-1 », attiré l’attention sur les dangers de la ligne économique et sociale suivie par les gouvernements successifs. C’est qu’il voyait clairement que cela ne pouvait qu’aboutir à ce qui nous préoccupe aujourd’hui, à savoir : la crise dans le domaine de l’économie, l’élargissement de la dette publique, les problèmes sociaux graves, l’émigration des cerveaux, même si les responsables promettaient monts et merveilles aux Libanais.
Et si, aujourd’hui, il revient à la charge, c’est qu’il voit que ces responsables sont de plus en plus incapables de faire face à la crise socio-économique et qu’ils poursuivent, malgré tout, leur campagne de camouflage quant aux causes réelles qui ont abouti à la situation actuelle.
Il est vrai que la dernière agression israélienne contre le Liban est, en partie, responsable des problèmes que vit le Liban ; cependant, ce dont souffrent les Libanais est, en grande partie, antérieur à cette agression.
L’endettement énorme, la faillite des entreprises, l’escalade des taux d’émigration et la chute du niveau de vie sont aussi des indices qui ont marqué la vie libanaise depuis la fin des années quatre-vingt-dix, au moins. Ce qui veut dire que les causes de la crise résident dans les politiques économiques, monétaires et financières adoptées. Sans oublier une autre cause, structurelle, relevant de la nature même de l’économie libanaise dans laquelle les secteurs des services prédominent au dépens des secteurs productifs…
Ajoutons à cela une politique monétaire traduite par un mariage effectué entre les pouvoirs politiques et les grandes banques ; ce qui s’est traduit par l’acquisition de grands profits dans des temps record, à tel point que les capitaux de ces banques ont augmenté 20 fois en 15 ans contre une augmentation du PIB ne dépassant pas le double. De plus, la politique de stabilisation de la monnaie nationale a provoqué un grand déséquilibre à cause des taux d’intérêts exorbitants sur les bons de trésor et les différences voulues entre les taux d’intérêts sur la livre libanaise et le dollar… Ce qui a poussé l’épargne vers des secteurs non productifs, laissant l’industrie et l’agriculture sans armes face à la concurrence étrangère.
Il ne faut pas non plus oublier le rôle négatif des taxes et impôts indirects sur la consommation ni celui du gaspillage et de la corruption.
Aucun de ces facteurs n’est mentionné dans la feuille de réforme présentée par le gouvernement. Cette absence cache une position politique et de classe bien claire. Ce que le gouvernement veut suggérer, c’est que l’origine de tous nos problèmes est extérieure et elle n’a aucun lien avec les politiques adoptées. Et cela est suffisant pour mettre en doute les intentions gouvernementales et les capacités de ce gouvernement de sortir le pays de l’impasse dans laquelle il se trouve.
Les dangers de la feuille des soi-disant réformes résident dans les points suivants :
1.La feuille de « Paris-3 » fait fi de la contradiction existant entre les capacités d’augmenter les impôts (indirects), même à partir de l’an 2008, et l’augmentation des prix des services généraux, tels le carburant et l’électricité, et les possibilités presque inexistantes de procéder à une diminution réelle dans les dépenses publiques, cette diminution que les gouvernements successifs avaient prônée dans les dix dernières années sans aucun succès, tandis que le pourcentage des impôts par rapport au PIB s’était élevé à plus de 50%.
2. Le programme des soi-disant réformes insiste sur le caractère indirect des impôts proposés ; cependant, il ne prend pas la responsabilité de s’arrêter ni sur le déséquilibre visible dans la répartition du PIB ni sur le phénomène de la pauvreté. Il ne tente pas de résoudre du problème des salaires gelés depuis 1997, surtout le SMIG, à un moment où l’inflation a augmenté de plus de 35%.
3. Les solutions aux problèmes sociaux sont, toutes, présentées sous la rubrique des promesses et des slogans à caractère général. Elles parlent d’une amélioration, indéfinie, dans les budgets de l’enseignement et de la santé. De plus, certaines solutions relèvent d’une tendance caritative envers des couches décrites comme faibles. Une telle tendance prendra sûrement la forme d’aides financières, minimes, à des personnes et des familles dont le profil est flou ; ce qui laisse supposer que ces aides devront passer incontestablement par les émirs des confessions et les représentants de la classe politique qui se chargeront de les donner aux proches et à ceux qui font profit des relations de clientélisme nourries par le régime politique confessionnel.
4. La feuille de la conférence de Paris s’est contentée de faire des allusions très générales aux problèmes vécus par les secteurs économiques productifs et aux solutions nécessaires à leur développement, bien que la crise économique au Liban soit, précisément, liée à ces secteurs qui souffrent d’une régression dans leurs capacités concurrentielles, l’augmentation de ses dettes, l’absence de programmes adéquats de financement et de réseaux de services de coût moyen. En contrepartie, cette feuille explique longuement les directives concernant les privatisations de certaines entreprises publiques, notamment le secteur des télécommunications, sans préciser pour autant les avantages économiques, financiers et sociaux d’une telle opération, surtout que la privatisation du téléphone cellulaire donnerait, au plus, 2,7 milliards de dollars tandis que sa rentabilité annuelle s’élève à près d’un milliard actuellement.
5. La feuille a ignoré complètement les problèmes des différentes régions libanaises. Elle ne fait mention d’aucune mesure visant la décentralisation économique et administrative qui constitue un affluent essentiel au développement économique et social du pays.
Les alternatives :
1. Développer les secteurs productifs de l’industrie, de l’agriculture et du tourisme en leur accordant l’aide et la protection nécessaires qui leur permettent d’acquérir une capacité concurrentielle réelle.
2. Remettre en cause le système monétaire dans le sens qu’il soit mis au service de l’économie nationale et non à celui des secteurs non productifs.
3. Créer des caisses pour le développement des régions et pour donner les motivations nécessaires aux projets productifs.
4. Adopter un régime fiscal juste, basé sur l’impôt progressif et limitant l’utilisation de la TVA.
5. Mettre la main sur le dossier des biens maritimes de l’Etat.
Oui, ce projet vise les intérêts des classes sociales pauvres et moyennes, des fonctionnaires, des ouvriers et de ceux qui pratiquent les métiers libéraux.
C’est un projet qui défend les seuls intérêts de l’alliance politico confessionnelle au pouvoir et des banques qui ont gagné des dizaines de milliards de dollars dans des spéculations relevant des taux d’intérêts et autres.
C’est un projet qui vise la liquidation des acquis sociaux des couches pauvres qui seraient à la merci des émirs de la politique, mais aussi la liquidation du secteur public.
C’est un projet qui augmentera les impôts indirects et la TVA (15% en 2008), mais aussi les prix des carburants.
Ce projet, qui vise à vendre les biens publics et les services de base, oublie de parler des droits de l’Etat dans le centre-ville de Beyrouth, confisqués par le groupe « SOLIDERE ».
Le PCL appelle au report de la « Conférence de Paris-3 » et demande au gouvernement de charger le Conseil social et économique de préparer un programme nouveau basé sur une politique économique allant dans le sens des intérêts du peuple libanais, du rôle du Liban et de sa fonction économique réelle dans la région. Une politique qui va dans le sens de prévenir l’émigration des jeunes par le développement des secteurs productifs et la création d’emplois effectifs.
Le PCL organisera des débats dans toutes les régions et les grandes villes du pays. Il couronnera ses activités par une manifestation qui aura lieu le 24 janvier, la veille de la date prévue pour la tenue de la conférence de Paris, si le gouvernement ne prend pas en considération les revendications des masses.
La nouvelle guerre israélienne contre le Liban :
De Aïta Ach-Chaab? au "Grand Moyen Orient"
Introduction :
La nouvelle guerre israélienne contre le Liban (12 juillet-14août 2006) a constitué un tournant dans la politique de guerre adoptée par les Etats-Unis à la suite du 11 septembre 2001 et appelée "politique des guerres préventives" ; cette politique avait pour point de départ l'Afghanistan, suivi par l'Irak et, ensuite, par la Palestine, le Liban et, enfin, le Soudan? Sans oublier les sérieuses menaces proférées contre la Syrie et l'Iran.
Et si les guerres "préventives" des Etats-Unis ont pris pour emblème "la suppression du terrorisme", et si leurs instigateurs ont toujours profité de la présence importante du "lobby" sioniste américain et du sectarisme religieux qui exprime, en réalité, une position ultra-droite, les objectifs réels des nouvelles tendances agressives de l'administration américaine (que certains appellent "la mondialisation militaire") résident dans la volonté de dominer une région, le monde arabe en l'occurrence, d'une grande importance stratégique : elle lie trois des cinq continents ; son sol recèle de richesses naturelles sans précédents (pétrole et gaz) et elle a assez d'eau et beaucoup de soleil qui constituent, comme on dit, les deux sources futures d'énergie? A cela, s'ajoute un atout majeur : cette région est facilement "contrôlable", puisqu'elle contient - selon les théoriciens américains des années soixante du siècle précédent - tous les éléments permettant son implosion en des dizaines de mini-Etats antagonistes, soit à cause des contradictions ethniques et tribales toujours prêtes à s'envenimer ou, encore, des divisions confessionnelles qui continuent à sévir depuis le septième siècle et qui divisent la région en deux "croissants" qui partent de l'Afghanistan pour aboutir en Palestine et au Liban : le "croissant" chiite, qui commence à l'Est de l'Afghanistan, puis traverse l'Iran, le Sud de l'Irak et les régions "alaouites" de la Syrie avant d'aboutir au Liban, et le "croissant" sunnite qui lui fait face presque complètement.
I . Le "Nouveau Moyen Orient"
Cette image, même très schématique, met, cependant, en lumière les éléments essentiels qui ont poussé les Etats-Unis, durant les deux administrations de Georges W. Bush, à revenir au projet mis au point par le ministre des Affaires étrangères durant les années soixante-dix, le Républicain Henry Kissinger. Ce projet s'était basé sur la réorganisation du Moyen Orient en général et des pays arabes en particulier sur la base de nouveaux petits Etats antagonistes, réunis seulement autour de leur protecteur américain et de son bras armé dans la région, Israël. Surtout que ce dernier avait pu, durant les années soixante et soixante-dix du siècle précédent, affaiblir et vaincre les Arabes, profitant pour cela du régime officiel arabe et de ses positions hésitantes quant aux droits du peuple palestinien au retour et à construire un Etat indépendant sur son territoire national.
Il faut dire aussi que le projet du "Grand Moyen Orient"(ou du nouveau Moyen Orient) s'était, d'abord, basé sur la politique du "pas-à-pas" mise au point par Henry Kissinger et ayant déjà fait les preuves de son efficacité dans la division du monde arabe, surtout qu'elle avait poussé le président égyptien Anouar Sadate à signer une paix séparée avec les Israéliens. Ajoutons à cela que les succès acquis ont induit en erreur les Etats-Unis qui, après avoir neutralisé l'Egypte, ont réussi, d'abord, à pousser l'Irak dans une guerre féroce avec l'Iran, puis à diviser les Etats arabes qui entourent Israël (La Jordanie, la Syrie, le Liban et la Palestine) : en effet, à la suite du congrès de Madrid, l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) fut orientée sur une autre voie que nous avions appelée "Gaza-Jéricho : le commencement et la fin" . Des conflits arabo-arabes avaient pris aussi le devant de la scène tandis que les pouvoirs arabes mis en place pratiquaient la répression à outrance contre les peuples qui furent, une fois de plus, rayé de possibilité de participer au combat contre les agressions israéliennes et que le "Front de la résistance nationale libanaise" contre l'occupation israélienne (créé en 1982) se voyait persécuté dans le but de donner à la résistance l'image confessionnelle qui faciliterait, pensait-on, son encerclement. Tout cela se passait alors que le Liban était terrassé par une guerre civile très meurtrière qui a duré plus de quinze ans et durant laquelle les Etats-Unis, même après le départ de l'OLP, en 1982, avaient joué un rôle de premier plan très bien exprimé par Henry Kissinger, dans le dernier volume de ses Mémoires .
Tels sont les mesures préliminaires prises dans le but de réaliser le projet qualifié, dernièrement, par des adjectifs différents, tels : le "grand" Moyen Orient, "élargi" et "nouveau", enfin? Quant à sa carte géopolitique, elle ne diffère pas beaucoup de celle mise au point par Kissinger, surtout que, cette fois aussi, les deux conditions qui ont guidé son traçage étaient les divisions ethniques et confessionnelles.
Cette carte commence par des divisions dans les républiques islamiques de l'ex Union soviétique. Elle répartit, ensuite, l'Irak en trois mini -Etats et deux régions "indépendantes" (le premier pas est déjà fait dans la conception de la nouvelle constitution et dans la mesure "indépendantiste" prise par les Kurdes). L'étape à venir devrait, selon le plan, se faire au Liban, puis en Syrie, en Egypte et au Soudan ; les Etats du Golfe arabique sont menacés eux aussi d'un retaçage de leurs frontières? Tout cela se prépare tandis que les Etats-Unis avaient fini leur "rôle" dans la région des Balkans qu'ils ont divisée et où les nouveaux Etats créés furent placés sous les directives de l'OTAN.
Nous pouvons, donc, dire que les Etats-Unis ont, longtemps même après la chute de l'Union soviétique et la fin de la "bipolarité", usé de leur nouvelle situation afin de conduire leurs alliés européens dans des aventures militaires qui ont profité, économiquement, à Washington et abouti à étendre la présence de ses troupes et de ses bases militaires dans le monde entier, faisant de l'administration américaine, surtout celle des Bush père et fils, la maîtresse incontestée de la Planète devant qui tout et tous se plient, y compris le Conseil de sécurité des Nations Unies. D'ailleurs, ce dernier n'est plus d'aucune efficacité, puisque son nouveau rôle consiste à entériner les diktats et les décisions des Etats-Unis, afin que ceux-ci puissent mieux asseoir leur domination sans conteste sur les postes de prise des décisions, les marchés, les sources d'énergie et toutes les richesses naturelles dont notre Planète recèle.
Tout cela est bien visible dans les résolutions et les décisions prises par le Conseil de sécurité ou, même, les Nations Unies, mais aussi dans les formes que chaque intervention avait prises, les moyens que l'on doit utiliser et le nombre de chaque force de frappe (ou autre) qui doit opérer sur le terrain. Nous voudrions rappeler, à titre d'exemple dans ce domaine, quelques-unes de ces résolutions prises depuis l'an 1993 et concernant les interventions en Somalie, en Bosnie, en Afghanistan, au Liban, en Irak et, il y a quelques jours au Darfour (Soudan) et aux tentatives d'encercler l'Iran (sur ce plan, nous nous référons à la résolution que les Etats-Unis préparent avec les autres grandes puissances et aussi à ce qui a été dit concernant des raids aériens élargis sur des objectifs essentiels n'ayant pas, tous, un caractère militaire) .
Il faut noter, à ce sujet, qu'à l'exception de la guerre en Bosnie, toutes les interventions des Nations Unies ont été élaborées à la suite de campagnes politiques intenses (accompagnées d'autres faits par la CIA et d'autres services de sécurité occidentaux "alliés") ayant pour emblème "la lutte contre l'axe du Mal" représenté, comme dit la nouvelle terminologie, par "le terrorisme islamique" ou, encore, "le fascisme islamique" que Georges W. Bush lia, dernièrement, au "communisme", terme oublié depuis le début des années quatre-vingt-dix .
II. La guerre américano-israélienne contre le Liban
Ces raisons et ces objectifs, essentiels pour les Etats-Unis, surtout la suppression de toutes formes de résistance (armée, notamment) contre le nouveau régime mondial et son homologue sur le plan arabe, le "Grand Moyen Orient", sont à la base de l'agression menée par l'administration de Georges Bush contre le Liban, par l'intermédiaire d'Israël. Nous disons "intermédiaire", parce que le rôle du gouvernement présidé par Ehoud Olmert s'était limité, d'après tout ce qui a été dit et écrit, à mettre les plans exécutifs d'un projet mis au point, il y a plus de trois ans, par les responsables de "la sécurité nationale" américaine, sous la direction de Donald Rumsfield, vice-président des Etats-Unis . D'ailleurs, le gouvernement israélien avait dit ouvertement que c'est l'administration américaine, représentée par la ministre des Affaires étrangères Condoleeza Rice, qui a imposé la poursuite des hostilités, même après les échecs cuisants de l'armée de terre israélienne. De plus, c'est cette même administration qui a fixé le cessez-le-feu, après avoir imposé au Conseil de sécurité son point de vue concernant le contenu et l'exécution de la résolution 1701, puisqu'elle a accepté la poursuite du blocus aérien et maritime du Liban? jusqu'à l'application par le Liban du contenu des paragraphes 11 et 14 concernant le déploiement des forces internationales nouvelles dans les ports et l'Aéroport international de Beyrouth . Et nous pensons que les Etats-Unis continueraient à créer des problèmes au Liban jusqu'à ce que le gouvernement libanais cède à propos de "la nécessité de déployer les forces multinationales sur les frontières avec la Syrie" et aussi de leur participation à la prise des armes du Hezboullah, afin que John Bolton, représentant des Etats-Unis à l'ONU puisse dire : nous avons gagné par la diplomatie ce que nous avions perdu dans le combat?
Quant aux causes de l'agression contre le Liban, elles sont nombreuses. Certaines ont rapport avec la situation libanaise intérieure ; d'autres sont liées à ce qui se passe en Palestine et dans certains pays arabes, l'Irak en particulier, ou régionaux, tel l'Iran.
1.Nous pouvons résumer les "causes libanaises" comme suit :
? Détruire la Résistance islamique (et réquisitionner les armes en sa possession) et, surtout, mettre fin à toute action de résistance maintenant et à l'avenir? Sans oublier l'objectif de mettre la main sur les armes des palestiniens vivant au Liban (non seulement à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur des camps).
? "Nettoyer" la région libanaise se trouvant au Sud du Litani de toutes les armes lourdes et à longue portée. Cela doit être accompagné d'un retour à l'Armistice (1949) qui spécifiait la présence, dans cette région, d'un effectif militaire réduit et utilisant des armes légères ; ce qui permettrait à Israël d'opérer des raids et des incursions au Liban sans avoir à se préoccuper de la situation des "colonies" du Nord. Il faut dire que ce que nous trouvons étrange dans tout cela, c'est le fait que certaines parties du regroupement appelé "14 février" aient pu insister sur ce même point
? En finir avec la revendication concernant la "libanité" des fermes de Chebaa et des hauteurs de Kfarchouba, vu que ces zones ont une importance stratégique et économique vitale pour les Israéliens qui profitent pour asseoir leur occupation de ces terres libanaises de la position ambiguë de la Syrie, d'une part, et des allégations de certains hommes politiques de la "majorité" que ces fermes sont syriennes.
? Soutirer, à nouveau, l'eau des fleuves libanais se trouvant au Sud du Litani, vu que cette eau est vitale pour le développement de l'agriculture israélienne, en particulier les arbres fruitiers. Et nous sommes à même de dire que c'est la compétition entre les produits agricoles libanais et ceux d'Israël sur certains marchés, qui a poussé Israël à brûler de grandes surfaces de terres cultivées, non seulement dans le Sud et la Békaa Ouest, mais aussi dans les régions de la Békaa du centre et du Nord (où a eu lieu le massacre d'Al-Qaa)? De plus, l'aviation israélienne a fait des raids contre les canaux d'irrigation le long du fleuve Litani, détruisant même les canalisations à l'intérieur des champs irrigués, surtout dans la Békaa Ouest. Le but : détruire les récoltes et, aussi, d'interdire aux Libanais, pendant un certain temps, de pouvoir profiter de l'eau du Litani, ce qui renforcerait les "justificatifs" avancés et selon lesquels : Israël soutire l'eau du Liban parce que cette eau n'est pas utilisée et qu'elle se jette ?dans la mer.
? Aider certaines forces "alliées" d'Israël dans le milieu politique libanais afin qu'elles puissent poursuivre les changements qu'elles n'ont pas pu faire lors de la guerre de 1982 ; ce qui permettrait le retour du Liban dans le giron américain qu'il avait quitté dans les années soixante du XX° siècle, par suite de plusieurs faits arabes et internationaux, dont les plus importants furent : le rôle joué par Jamal Abdul-Nasser, après la Révolution du 4 juillet 1952, la Résistance palestinienne et, aussi, le changement positif qui s'était opéré dans les relations entre le mouvement nationaliste arabe et le mouvement communiste, tant à cause du rôle joué par le Parti Communiste libanais dans la Résistance contre l'occupation (la création de la "Garde nationale", en 1969, et la participation active à la création des "Forces des partisans", en 1970) que grâce à l'appui de l'Union soviétique à la cause des peuples arabes?
? Pousser le Liban à signer des accords avec Israël au terme de quoi il accepterait de garder une partie des Palestiniens qui vivent sur son territoire? Surtout que le projet américain à ce propos, sur lequel se sont entendus les responsables de la seconde administration de Georges W. Bush, consiste à utiliser la politique de "transfert" de 70 000 familles palestiniennes en Jordanie et en Irak, à raison de 7000 familles par ans et pendant dix ans, tout en mettant au point un nouveau "Plan Marshall" pour effectuer ce "transfert" en toute quiétude .
2. Quant aux causes "régionales" de l'agression, elles se résument comme suit :
? La cause la plus importante est celle liée à la situation en Palestine. En effet, la tentative israélienne de mettre fin à toute résistance armée au Liban, et à celle du Hezboullah en particulier, aurait pu avoir des répercussions "positives" sur la réalisation du plan israélien concernant la liquidation par le feu et le sang de l'Intifada. Surtout que la guerre contre le Liban a attiré à elle toutes les attentions (les médias, en particulier) ; ce qui a facilité au gouvernement israélien toutes ses actions meurtrières contre le peuple palestinien, à Gaza surtout, où des centaines de personnes furent tuées et blessées, des maisons détruites et des personnalités politiques emprisonnées sans que cela soulève des réactions sur le plan international.
? La seconde cause réside dans la guerre menée en Irak où l'escalade au Liban fut accompagnée de la recrudescence des violences dans toutes les régions, mais surtout dans les régions "chiites", prenant de plus en plus l'aspect d'une guerre civile. Sans oublier les pratiques violentes des soldats américains et les arrestations par centaines qu'ils opèrent dans la population civile sous les prétextes les plus futiles.
? A cela s'ajoutent toutes les raisons données par Georges Bush, dans ses discours, et aussi les déclarations des membres de son équipe, sur le fait que la guerre contre le Liban est l'avant-propos d'une autre, plus généralisée, contre ceux qui, dans la région, "aident le terrorisme". Deux Etats furent nommés à plusieurs reprises : l'Iran et la Syrie. Dans cette perspective, l'équipe de Bush et ses supporters au Liban ont argué, pour expliquer l'attaque contre le Liban, de la présence d'un "agenda" mis par l'Iran à partir de son influence sur le Hezboullah afin de déstabiliser la région. Ainsi, ils croyaient atteindre d'une pierre deux coup : Le premier visant la Résistance qui prend, alors, l'image, non d'un mouvement de libération, mais celle d'une troupe mercenaire à la solde d'une puissance régionale ; le second consistant à démontrer que l'Iran est un pays qui appuie le "terrorisme", d'où il serait dangereux de ne pas lui couper toutes les voies lui permettant l'acquisition de la bombe atomique déjà détenue par Israël.
A cette lumière venant de l'intérieur et de l'extérieur, nous pouvons mieux voir que le Liban était pris comme champ d'expérience dans le but de lancer la deuxième phase du projet du "Grand Moyen Orient" afin de faire le pendant à la poursuite de la première qui doit se répandre hors de l'Irak vers l'Arabie Saoudite et l'Iran. Ainsi s'expliquent les paroles de la ministre des Affaires étrangères des Etats-Unis, Condoleeza Rice, qui a dit, répondant à ceux qui lui parlaient des souffrances du peuple libanais et des massacres perpétrés contre les civils, les enfants surtout : Ce sont les douleurs de l'enfantement d'un nouveau Moyen Orient? Une telle position n'a pas besoin d'une longue explication pour en saisir le contenu criminel.
III. Les résultats et les conclusions
L'agression israélienne a échoué dans ses objectifs "libanais" du fait du regroupement du peuple autour de la Résistance, même si des tentatives politiques ont eu lieu dans le sens de rendre cette Résistance responsable de tous les maux causés par Israël. Ces tentatives se sont, surtout résumées dans des "déclarations" faisant de l'agression une "réaction" répondant à des "actions" dont la dernière était l'enlèvement des deux soldats israéliens dans le but de libérer ceux des Libanais restés dans les prisons israéliennes? Bien que de nombreux journaux, américains, aient parlé de la préparation de cette guerre comme une préparation de longue haleine, y compris dans le choix de ses objectifs et son déroulement (fixé à trois semaines). Ce qui a changé la situation, c'est l'échec de l'armée israélienne à appliquer le plan et sa défaite devant quelques centaines de résistants?
Nous ne parlerons pas, ici, des bombardements (qui ont rappelé ce qui s'était passé en Bosnie), ni les bombes interdites, ni même la mort de plus de 1300 personnes, dont 900 femmes et enfants que les avions israéliens avaient poursuivis à l'intérieur des abris, mais aussi dans les ambulances et tous les moyens de transport. Nous nous contenterons de dire que ce prix, lourd, payé par le Liban, a abouti aussi, vu la résistance de son peuple, à déstabiliser la société israélienne qui s'est trouvée, pour la première fois, dans l'?il du cyclone, du fait de la riposte du Hezboullah. De même, cette résistance a mis en échec les plans américains concernant l'ouverture d'un front autre que celui de l'Irak devant le Projet du Moyen Orient nouveau (même si l'action des séparatistes kurdes de déclarer "l'indépendance" de leur région menace de revenir à des hostilités nouvelles dans cette région). Ce front est, bien entendu, le Liban que le projet de Kissinger, adopté par l'équipa de Bush, divisait en quatre cantons, après lui avoir ajouté quelques territoires pris en Syrie et une petite part du Nord de la Palestine occupée.
Nous disons, donc, que la guerre américano-israélienne contre le Liban n'a pas pu réaliser ses objectifs. Cependant, cet échec ne constitue pas un obstacle devant les visées des Etats-Unis et d'Israël qui vont chercher par tous les moyens à exécuter leur projet qui date depuis plus de trente ans déjà. Surtout qu'ils profitent d'un appui total et inconditionnel de la part de toutes les grandes puissances occidentales qui sont unanimes quant à l'aide devant être apportée à l'agresseur (Israël) contre la victime (le Liban). Cette aide transparaît dans le contenu de la résolution 1701 qui rend le Hezboullah responsable de tout ce qui s'est passé entre le 12 juillet et le 13 août 2006 et qui, par l'ambiguité de son contenu, a permis à Israël d'avoir recours au blocus et lui permet de mener des "actions défensives" (puisque le paragraphe 1 de la résolution parle de l'arrêt des actions "offensives") que son gouverneur explique par des possibilités de "nouveaux raids contre le Liban" jusqu'à ce que le gouvernement libanais accepte, au dépens de sa souveraineté, le déploiement des forces internationales sur tout son territoire afin qu'elles contrôlent, non seulement les frontières avec la Syrie, mais aussi le reste du Liban, contrairement au mandat qui lui fut accordé.
Nous pensons que le futur proche, à la suite de la présentation du rapport du secrétaire général de l'ONU concernant l'application de la résolution 1701 et les fermes de Chebaa, connaîtra le début de nouvelles tentatives visant à porter un coup à la résistance et aussi à toutes les forces anti-américaines. Pour ce faire, les Etats-Unis vont s'appuyer sur deux bases :
La première, intérieure libanaise, à partir de l'accentuation des pressions sur la Résistance, afin qu'elle rend les armes et qu'elle se replie sur la position "politique".
La seconde, internationale, à travers les forces internationales présentes au Liban qui seraient "priées" d'exécuter des tâches non stipulées par la résolution 1701 qui pourrait être amendée ou, même, changée, à la suite du rapport de Monsieur Kofi Annane, dans le sens des seuls intérêts israéliens.
Conclusion
Le Liban et la région arabe (et moyen orientale) se trouvent devant des développements nouveaux pouvant, selon la poursuite de l'échec du projet américain ou, au contraire, son succès, opérer des changements qualitatifs pour des dizaines d'années à venir. Il est, donc, nécessaire, sinon obligatoire, pour les forces politiques libanaises qui font face, depuis 1982, au projet américain, de profiter de la période de trêve actuelle afin d'étudier la situation à venir et de mettre au point un plan pouvant lui faire face.
Le premier pas sur cette voie consiste à faire une analyse de toute la période précédente, surtout à la suite de la libération de la bande frontalière du Sud, le 25 mai 2000, et cela sur tous les plans : la situation socio-économique et la participation des forces politiques à la solution des problèmes dans ces domaines, l'opposition aux projets visant à reprendre au mouvement populaire les quelques acquis qu'il avait réalisés et, surtout, les visions du changement démocratique et le plan qui permet sa réalisation.
Cette révision nécessite une étude sérieuse sur les deux plans politique et socio-économique, appliqués par le gouvernement de Fouad Sanioura, et en premier lieu les élections législatives et tous les projets présentés dans le but de changer la loi électorale en vigueur au Liban et de parvenir à des réformes véritables (pour ne pas dire radicales) au sein du régime politique libanais. Parce que ce que nous demandons, c'est de faire avancer les "ententes" conçues jusqu'à ce jour entre plusieurs forces de l'opposition dans le sens d'un programme commun pouvant profiter de la victoire de la Résistance et de tous les sacrifices du peuple libanais afin de construire la "patrie" libanaise libérée de tous les quotas et les divisions, surtout sur le plan confessionnel; ces divisions qui, depuis 1975 (pour ne pas dire : depuis la Commune d'Antélias, au milieu du XIX° siècle), ont affaibli le Liban et permis toutes sortes de tutelles sur son peuple.
Ce que nous voulons, c'est un Liban indépendant et souverain de toutes les tutelles, proches ou lointaines. Un Liban arabe, non en paroles seulement. Un Liban pour les masses laborieuses, tant dans les villes que dans les campagnes. Le Liban des droits de l'Homme et où la discrimination est absente, surtout à l'encontre des femmes. Un Liban, enfin, où les jeunes, les intellectuels et les créateurs peuvent produire en toute liberté?
C'est ainsi que nous comprenons la Résistance contre Israël et ses protecteurs aux Etats-Unis ? C'est ainsi que nous avons appris à résister, tant dans la Résistance nationale qu'islamique. Et si nous utilisons ces qualifications, ce n'est pas pour faire de différence entre les résistances. Pour nous, il n'y a aucune différence entre ceux qui luttent pour la liberté, à quelle tendance idéologique appartiennent-ils.
D. Marie NASSIF-DEBS
(Membre du Bureau politique du parti Communiste libanais)
Beyrouth, le 5/9/2006
SOLIDARITE LIBAN-PALESTINE : A BAS l’AGRESSION IMPERIALISTE, CESSEZ-LE-FEU IMMEDIAT !
Derrière les fumées de mensonges, cerner les causes de la guerre !
Les médias ont longuement commenté l’enlèvement de deux soldats israéliens, par le Hezbollah libanais. Le prétexte était trouvé pour déclencher un conflit contre l’ensemble du Liban. On peut légitimement s’interroger sur la méthode consistant à déclencher une guerre, pour faire libérer deux soldats qui peuvent d’ailleurs être victimes des bombardements de leur propre aviation. Leur vie n’est-elle pas davantage en péril ? Si bien sûr !
La réalité est tout autre : les soldats israéliens ont été capturés à l’intérieur du Liban où ils effectuaient une incursion militaire dans la zone d’ Aïta El Chaab !
Le gouvernement avait arrêté le mode opératoire du conflit voici 5 mois, lors de la nomination d’Ehud Ohlmert au poste de premier ministre. L’Etat sioniste prétend que c’est « pour détruire le Hezbollah ». L’alibi n’est pas nouveau, déjà lors de la précédente invasion du Liban par Israël, Sharon et consorts voulaient « éradiquer l’OLP de Yasser Arafat », alors réfugié au Liban. Les conséquences avaient été dramatiques pour les peuples libanais et palestinien : 12 000 morts, les massacres de Saba et Chatilah. Le Hezbollah, (Parti de dieu, islamique) était d’ailleurs précisément apparu lors de ce conflit.
Cet été, la dite « guerre contre le Hezbollah » a déjà occasionné 1 000 morts, principalement des civils et de nombreux enfants, des milliers de disparus, 800 000 réfugiés (un quart des Libanais) fuyant les bombardements et privés de toit. L’aviation israélienne a programmé la destruction systématique du tissu économique du Liban : arrêt du tourisme (principale ressource du pays), destruction d’entreprises et d’écoles, notamment les réserves d’hydrocarbures et l’usine de fabrication du lait, destruction des logements, villes, aéroports, des ponts et routes. Le peuple libanais est frappé cruellement mais ne tombe pas dans le piège de la division, tendue par l’état-major israélien. En effet, le régime colonialiste sioniste et l’impérialisme américain poursuivent l’objectif de « balkaniser », « irakiser » devrait-on dire maintenant, le Liban, en le faisant éclater en territoires « confessionnels ».
La résistance multiforme du peuple libanais qui regroupe tous les patriotes, du Hezbollah aux communistes du PCL, porte de rudes coups à l’agresseur, l’unité nationale du Liban constitue la meilleure réponse aux objectifs de partition des boutefeux sionistes et américains, objectifs qui sont ainsi mis en échec. A vouloir mettre les peuples à genoux, on provoque leur sursaut !
Les objectifs de l’impérialisme américain : établir un « nouveau Moyen-orient »
Cette guerre planifiée de longue date, s’inscrit dans la « guerre de 100 ans » annoncée par Bush. L’hebdomadaire « Solidaire » organe du Parti du Travail de Belgique révèle que des membres de son administration présidentielle : Richard Perle, adjoint au secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, John Bolton, ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, Douglas Feith n° 3 du pentagone, ont rédigé un mémorandum en 1996, intitulé « une nouvelle stratégie pour assurer l’avenir du royaume (d’Israël) », texte qui sert de stratégie à Bush.
Trois axes sont définis :
1°) « Les arabes doivent reconnaître nos droits inconditionnellement, surtout notre droit d’occuper le territoire ». Ce mémoire nie tout droit aux palestiniens à un Etat indépendant et souverain. Est « accordé » le droit de vivre dans de véritables « bantoustans » isolés les uns des autres et sous surveillance de l’armée israélienne, « constituant des alternatives à l’emprise d’Arafat ». Les conséquences de l’application de ce mémorandum sont connues : séquestration d’Arafat à Ramallah, bombardements contre les populations civiles et les bâtiments de l’autorité palestinienne, assassinats de dirigeants, embargo économique, poursuite de la colonisation des terres. Dans la dernière période, le gouvernement Ohlmert s’est même livré à de véritables actes de piraterie internationale : enlèvements de ministres du Hamas et de députés palestiniens ! Rappelons que plus de 5 000 prisonniers palestiniens sont enfermés dans les geôles israéliennes.
2°) « Pour reprendre l’initiative stratégique, Israël devrait attaquer le Hezbollah, la Syrie, l’Iran le long de sa frontière nord ».
L’assassinat du premier ministre Hariri avait servi de prétexte aux impérialistes américains et français pour accuser la Syrie d’être l’instigatrice du crime. La campagne médiatique a abouti à affaiblir l’influence et a provoqué le retrait de l’armée syrienne du Liban (sa présence était la conséquence de la guerre de 1982). Un an après, on peut mesurer que cette vaste campagne a contribué, en réalité, à favoriser les desseins des futurs agresseurs. Dès 1996, des hauts dirigeants américains affichaient leur volonté de provoquer la guerre avec l’appui armé d’Israël pour s’approprier de nouvelles zones d’influence. L’administration Bush est venue au pouvoir dans les conditions litigieuses que l’on connaît pour réaliser les objectifs du complexe militaro-industriel et des multinationales du pétrole !
3°) « Les efforts doivent se concentrer sur l’éviction de Saddam Hussein en Irak ».
Ce fut la guerre de 2003 déclenchée par l’impérialisme américain et britannique. Depuis, l’Irak est divisée de fait en trois micros-Etats ethniques et confessionnels, la guerre civile règne opposants « kollabos » des américains et patriotes qui veulent un Irak indépendant et unique.
Ces axes s’inscrivent dans la volonté affichée et théorisée par Condoleezza Rice de « promouvoir un nouveau Moyen-orient », derrière l’alibi d’instaurer la « démocratie » se cachent en réalité les intérêts financiers et rapaces des magnats de Wall-street qui veulent le contrôle total des ressources énergétiques du Proche-Orient pour assurer l’hégémonie de Washington sur l’ensemble des ressources énergétiques, entraînant la dépendance des ses « rivaux » économiques.
Dans ce dispositif, le sionisme et l’impérialisme américain accorde à Israël, le rôle de gendarme régional des intérêts US, en échange du maintien de sa politique coloniale.
Agissons tous ensemble pour un cessez-le feu immédiat !
Les grandes puissances affichent leur « émotion » face à la tragédie vécue par le peuple libanais. Pourtant les Etats-Unis et leur fidèle « caniche » Blair ont torpillé les efforts de la communauté internationale pour aboutir à un cessez-le feu immédiat dont Israël ne veut pas, tant que ses objectifs militaires ne sont pas réalisés. Il y a urgence, il faut stopper immédiatement le bras des agresseurs, afin que la population libanaise puisse regagner ses foyers, reconstruire, se soigner et enfin vivre en paix !
Le drame libanais ne saurait occulter la guerre permanente que livre le colonialisme sioniste contre le peuple palestinien. Il n’y aura pas de paix durable dans cette région du globe, sans reconnaissance du droit légitime des palestiniens à fonder leur propre Etat avec Al Qods pour capitale, et du droit au retour des réfugiés palestiniens chassés en 1948. L’URCF exprime sa solidarité, tant avec l’ensemble des peuples arabes de la région qui luttent pour une paix juste et démocratique, leur libération nationale qu’avec les forces anticolonialistes et antisionistes d’Israël (communistes en tête) qui refusent cette politique belliciste semant partout la mort de populations civiles y compris du pays agresseur Israël.
CESSEZ-LE FEU IMMEDIAT !
VIVE LE PEUPLE LIBANAIS !
POUR UN ETAT DE PALESTINE SOUVERAIN ET INDEPENDANT !
A BAS LA GUERRE IMPERIALISTE, POUR UNE PAIX JUSTE ET DEMOCRATIQUE !
UNION des REVOLUTIONNAIRES-COMMUNISTES de France (URCF).
Paris le 5 août 2006 - déclaration du secrétariat.
Communiqué du Parti Communiste Libanais
Les martyrs de Baalbeck et Jammalieh ont répondu à l'appel de la patrie et du parti contre l'agression israélienne (Parti Communiste Libanais 03 Août 2006)
Le 2 août, le Parti Communiste Libanais a publié un communiqué dans lequel il rapporte le martyr des camarades Awad Jamal-Eddine (Abou Akram), Maxime Jamal-Eddine et Haçan Awad Jamal-Eddine .
Les trois camarades avaient gagné des positions proches de l'hôpital "Dar Al-Hikmat" afin de faire face aux troupes israéliennes qui tentaient de pénétrer dans la ville de Baalbeck.
Le camarade "Abou Akram" a failli toucher un hélicoptère israélien vers lequel il avait tiré une roquette RPG.
Auparavant, et répondant à l'appel de leur parti, les trois martyrs communistes avaient, comme leurs camarades de Srifa, organisé des embuscades afin d'empêcher les forces d'agression israéliennes de pénétrer dans leur région.
Le PCL annonce au peuple libanais que les trois nouveaux martyrs avaient fait leur devoir patriotique, continuant ainsi l'Oeuvre héroïque des années du "Front de la résistance patriotique libanaise" et se solidarisant avec les Résistants du Hezboullah dans leur objectif visant à mettre en échec les projets israélo-américains dans notre pays et notre région.
Le Bureau politique du PCL
Beyrouth, le 3 août 2006
LE PEUPLE LIBANAIS UNI MET EN DEROUTE L'IMPERIALISME SIONISTE
L'agression israéliennes contre le Liban et les territoires palestiniens occupés ou récemment évacués a été commanditée par les Etats-Unis pour instaurer leur zone de domination au proche Orient et asseoir la position de leur instrument sioniste.
Selon le magazine New Yorker, Bush aurait demandé à Israël d'ouvrir un front contre le Hezbollah, prélude à un bombardement US contre les installations nucléaires de l'Iran. Elle s'inscrit dans la guerre de 10 ans annoncée par Bush au lendemain du 11 septembre 2001 et qui vise à la mise en place du Grand Moyen Orient, plan états-unien de division de la région en entités maintenues artificiellement en conflit les unes avec les autres sur des bases ethniques, religieuses ou économiques, dépendantes des Etats-Unis par leur soumission aux diktats de l'OMC avec l'Etat sioniste dans le rôle de gendarme et de force de répression.
L'instauration de cet état de choses nécessite pour l'impérialisme l'anéantissement des forces de résistance, en premier lieu palestiniennes, anti-impérialistes et nationalistes. L'invasion du Liban (la troisième) par l'armée sioniste a été rendue possible par le retrait de l'armée Syrienne suite à l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafik Hariri qui servit de prétexte à une campagne internationale contre la Syrie et à son inscription sur la liste des pays faisant partie de "l'axe du mal".
Israël justifiait initialement cette guerre par l'enlèvement par le Hezbollah (mouvement islamiste armé ayant lutté contre l'occupation sioniste du sud-Liban et, après avoir chassé l'ennemi en 2000, contre le maintien de ses troupes dans la zone des fermes de Cheba), de deux membres d'un commando israëlien ayant pénétré au sud du Liban; puis fut ajouté par Olmert et son ministre travailliste de la défense Peretz la volonté de repousser le Hezbollah au-delà du fleuve Litani, de détruire sa capacité militaire et de l'empêcher de tirer des roquettes contre "son" territoire.
La zone du fleuve Litani est convoitée depuis longtemps par Israël à cause de la ressource hydraulique qu'il représente et de sa position stratégique. l'Etat sioniste avait à son actif pas moins de 2400 violations du territoire et de l'espace aérien libanais en 2005.
L'argument de la légitime défense ne tient donc pas, il s'agit d'une nouvelle phase de la guerre d'expansion et de rapine. Il veut fixer lui-même ses frontières puisque les peuples refusent de capituler et de renoncer à leurs droits. Une première phase fut le redéploiement en Cisjordanie après l'évacuation de Gaza, puis la construction du mur annexant encore plus de terres palestiniennes en rendant la vie impossible aux populations arabes.
Il existe également des plans de déportation des Palestiniens en Jordanie (l'Irak était une autre destination envisagée mais la résistance du peuple a contrarié les desseins sionistes de ce côté.) A partir du 12 juillet, le Liban subit des bombardements quotidiens par des avions, hélicoptères et des bateaux de guerre, puis des offensives terrestres (10000 soldats accompagnés de chars, bulldozers et autres).
Les destructions de tout le tissu économique: routes, centrales électriques, ponts, habitations, bâtiments publics et administratifs, installations militaires... ont transformé des zones entières en un tas de ruines et provoqué l'effondrement économique du pays qui se remettait à peine des conséquences de la guerre de 1982-1988. La valeur des destructions s'élève à 2,5 milliards de dollars, somme susceptible d'augmenter avec la hausse du cours des matières premières. Il faudra au moins trois ans pour tout reconstruire.
Le nombre de victimes, la plupart civiles, est d'environ 1200 morts et 3700 blessés. Près de 900000 personnes avaient dû fuir les bombardements, soit près du quart de la population (3,8 millions d'habitants+ 400000 réfugiés palestiniens). De nombreuses personnes perdent encore la vie à cause des mines et des bombes à fragmentation qui peuvent encore exploser par simple contact. Beaucoup de gens ont tout perdu, les enfants sont traumatisés, certains ont assisté à l'exécution de leur famille par les soldats israéliens.
C'est qu'en matière de massacres et de génocide, ils ont une grande expérience après cinquante ans d'occupation de la Palestine et de guerres contre les pays de la région. Tout y est passé: attaques contre des positions de l'ONU, bombardements de convois de réfugiés comme celui de civils et soldats évacués de Marjayoun, destruction d'immeubles d'habitations et d'abris. Le 30 juillet, ils tuent 62 personnes dont 42 enfants au village de Cana, provoquant la colère et l'indignation dans le monde entier. Ajoutons aussi les menaces contre la population par envois de messages téléphoniques et lâchers de tracts, le piratage des médias,... méthodes répondant à la définition de terroristes puisqu'elles visaient à provoquer par la terreur la soumission des Libanais et les pousser à se désolidariser des forces de résistance.
C'est précisément l'effet inverse qui s'est produit.
L'agression a soudé le peuple qui a fourni l'essentiel de l'effort de résistance: aux côtés du Hezbollah, du Parti Communiste Libanais, d'Amal, des patriotes, éléments de l'armée, simples habitants voulant défendre leur terre ont pris les armes, aidé les combattants, hébergé les réfugiés et sinistrés.
La bourgeoisie, entre deux séances de pleurnicherie du premier ministre Siniora, a dû elle aussi montrer les dents pour ne pas être totalement déconsidérée par le peuple et éconduisit la représentante des boutefeux US Condoleeza Rice qui prétendait imposer ses conditions.
Les habitants des camps de réfugiés palestiniens privés de droits (même de celui de travailler) ont accueilli leurs frères libanais et partagé avec eux leurs maigres ressources.
C'est ainsi qu'un peuple put mettre en échec la plus puissante armée du Moyen Orient équipée des armes les plus modernes et soutenue par la "communauté internationale".
Dès lors, il devenait urgent de sauver la mise d'Israël en limitant les dégâts, par la résolution 1701 préparée par la France et les USA prévoyant l'arrêt des combats (plus exactement, en ce qui concerne Israël, seulement l'arrêt des opérations militaires offensives), le passage à 15000 du nombre des soldats de l'ONU au Liban et leur déploiement dans le sud du pays, en même temps que le retrait des troupes israéliennes. Ce dernier point n'était même pas inclus dans la première mouture de la résolution et ne fut rajouté que suite au refus du gouvernement libanais.
Rien n'y est dit sur les responsabilités des grandes puissances impérialistes, en premier lieu les USA. Le Hezbollah accepta la résolution et cessa les tirs sur Israël, sans renoncer à son droit à la Résistance. Depuis l'entrée en vigueur de cette résolution, l'Etat sioniste s'est rendu coupable de plusieurs violations de celle-ci, révélant, s'il le fallait encore, son mépris de toute légalité et convention internationale.
Dans la nuit du 18 août, il procéda à une nouvelle attaque d'avions et d'hélicoptères, le prétexte étant cette fois d'empêcher le Hezbollah de recevoir des armes. Parallèlement, il poursuit ses attaques contre la Palestine: bombardements de centrales électriques, de maisons, véhicules, assassinats., enlèvements de représentants du peuple tel le Vice-Premier Ministre. Il détient 10000 prisonniers palestiniens et libanais. Il maintient toujours le Liban sous blocus.
L'économie libanaise est surtout axée sur le secteur des services (67%). L’agriculture représente 10% des emplois mais ce secteur en induit 30%. De petites industries représentent 21% du PIB. Le pays survivait aussi grâce à l'aide de la diaspora (15 millions de personnes). Un accord de libre-circulation des marchandises avec la Syrie avait été signé et ne cadrait évidemment pas avec les velléités dominatrices de Washington. Ce dernier a aussi comme préoccupation de changer les régimes en Syrie et en Iran pour les remplacer par des pantins favorables à Israël et à l'intégration dans l'économie mondiale.
La position des impérialismes européens découle de leurs intérêts économiques, et de leur amitié avec Israël. L'UE est le principal investisseur au Liban, son premier partenaire commercial (40% des importations en 2005 et 9% des exportations). La France, l'Allemagne, l'Italie, la Grande-Bretagne avaient remporté les marchés de l'eau, de l'électricité, des télécommunications, tous ces secteurs étant inscrits dans le plan gouvernemental de privatisation des entreprises publiques. Derrière les actes de destructions de l'armée sioniste apparaît donc la volonté de l'Oncle Sam d'évincer ses rivaux et de s'imposer économiquement dans la région.
La France veille ainsi à préserver les intérêts de ses entreprises en évitant d'apparaître comme défendant les objectifs d'Israël. Or, ceux-ci sont inscrits dans les résolutions de l'ONU qui demandent le désarmement des milices, c'est à dire de la résistance libanaise. Ceci explique les hésitations à envoyer le nombre de soldats français demandé. Aujourd'hui, ce sont surtout des pays musulmans qui s'engagent pour la reconstruction (l'Arabie Saoudite qui était en tête des investisseurs parmi ces pays, suivie du Koweït et des Emirats Arabes Unis).
En fait, ces aides concerneront surtout l'infrastructure économique, mais c'est le peuple lui-même qui devra reconstruire ses villes et villages et bâtir un Liban démocratique et laïque. Ceci ne pourra se faire sans l'arrêt de la politique agressive d'Israël et sans la satisfaction des droits du peuple Palestinien à un Etat avec Al Qods comme Capitale, le retour de ses réfugiés, le retrait des territoires occupés .
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