Une caractérisation nécessaire de la Révolution

Parti Communiste du VENEZUELA : Résolution politique du XIIIème Congrès  extraordinaire

 Discours de Hugo Chávez, président du Venezuela, aux Nations Unies, le 20 septembre 2006

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Du Secrétaire de l'Organisation du Congrès Bolivarien des Peuples : Face aux déclarations de Condolezza Rice, constituer dès maintenant un mouvement lation-américain caribéen antiimpérialiste


 

Texte de  Carolus Wimmer (Parti Communiste du Vénézuéla)

  I.- Une caractérisation nécessaire de la Révolution

 

1. Le Parti Communiste du Venezuela (PCV) a dit, lors de son récent 13ème Congrès, qu’au Venezuela, nous vivons un processus révolutionnaire de libération nationale qui doit clôturer avec succès les tâches de récupération complète de la souveraineté et de l’indépendance nationales, avancer dans la conquête de la justice et de l’égalité sociales; approfondir la démocratie populaire révolutionnaire, d’un contenu participatif et protagonique, transformer et liquider le vieil Etat bourgeois oligarchique et que, pour arriver à accomplir les tâches historiques qui mûrissent dans la société, il faut nécessairement réussir à dépasser le mode de production capitaliste injuste, de l’exploitation de l’homme par l’homme, cause principale de toutes les inégalités et menaces qui touchent l’humanité, pour avancer victorieusement vers le socialisme.

II.- La composition, le caractère et le contenu de l’alliance anti-impérialiste

2. Cette phase du processus révolutionnaire demande la plus large unité nationale anti-impérialiste, qui provient objectivement de la construction d’une alliance multiple de classes et de couches sociales, allant de la bourgeoisie non-monopoliste (celle qui n’a pas de liens de subordination avec le grand-capital transnational impérialiste), la petite-bourgeoisie, les couches intermédiaires, jusqu’à la classe ouvrière et autres secteurs de travailleurs/travailleuses, les paysans et d’autres couches sociales exploitées.

3. Il s’agit d’une alliance de classes et de couches sociales autour d’un programme minimum de transformations démocratiques et populaires, liées au développement socio-économique (développement des forces productives et des relations de production) et à la liquidation de la domination oligarchique et impérialiste. Ce bloc de forces nationales-patriotiques-révolutionnaires se retrouve dans l’objectif anti-impérialiste, mais défend en même temps des intérêts différents et entre les facteurs de l’alliance se développe la lutte des classes pour la direction du processus, dans le but d’établir des contenus, des limites, la vitesse et la profondeur de ce processus selon les intérêts particuliers de chaque facteur social qui en fait partie. Cette alliance de classes présente en son sein des contradictions non antagoniques, ce qui permet l’unité tactique, et des contradictions antagoniques qui seront définies à l’avenir. Nous définissons cette structure comme un LARGE FRONT NATIONAL PATRIOTTIQUE ET ANTI-IMPERIALISTE, autour d’un programme, avec des règles statutaires et de fonctionnement contraignant pour l’ensemble de ses composantes, une structure organique et la direction collective, présidée par le Président Hugo Chávez Frías.

4. Il faut souligner ici qu’un atout du processus révolutionnaire bolivarien est l’expérience accumulée de décennies de luttes de différents types, qui ont été renforcées pendant les années du gouvernement de Chávez, ce qui a produit un énorme bond qualitatif dans la conscience sociale et sur le plan politique et organisationnel d’importants secteurs populaires.

III.- Accumuler les forces populaires révolutionnaires pour le socialisme

5. Dans notre proposition d’accumuler des forces pour avancer vers le socialisme, nous développons en même temps l’unité nationale anti-impérialiste la plus large dont on vient de parler; une politique d’articulation et d’unité stratégique, entre tous les facteurs qui intègrent le mouvement populaire révolutionnaire, non seulement au niveau national mais aussi au niveau international.

6. Les forces qui ont une position marxiste ou marxiste-léniniste claire, sommes convaincus –comme nous l’apprend l’expérience historique de la lutte d’autres peuples et la nôtre- que le processus de transition vers le socialisme exacerbe les contradictions de classe et entraîne de nouvelles définitions, une nouvelle délimitation, de nouveaux regroupements et une recomposition des alliances, dont l’aboutissement correspondra aux rapports de forces que nous réussirons à construire.

7. Il est donc évident que cette évolution prévisible des événements de la lutte des classes, nous oblige à dépasser les énormes faiblesses présentes au niveau d’un des points fondamentaux de la Révolution socialiste: la classe ouvrière et les autres secteurs des travailleurs/travailleuses.

8. Par conséquent, nous proposons la création de Conseils de travailleurs, en tant que leur expression politique unifiée, au-dessus de leur situation syndicale, pour que leurs intérêts soient représentés de manière légitime et puissent intervenir de manière révolutionnaire dans le contrôle des centres de travail, le projet, l’exécution et le suivi de leurs politiques et processus du travail, la production et la distribution sociale de leurs bénéfices, et comme expression du pouvoir populaire qui dépasse d’ailleurs le lieu du travail mais s’étend aux lieux d’habitation et aux territoires des conseils communaux, pour leur imprégner de la conduite prolétaire et des changements de conscience nécessaires pour la construction du socialisme.

IV.- Le Parti de la Révolution

9. Le fond de la question est qu’il est impossible de diriger la révolution sur la base d’un Etat bourgeois tel que celui qui existe toujours au Venezuela. Historiquement, cet Etat n’est pas capable de s’abolir soi-même, et en plus de par son caractère et essence, il se trouve dans une situation de décomposition croissante. C’est donc un Etat qui n’est pas encore révolutionnaire et qui maintient son caractère et ses valeurs bourgeoises.

10. Ce qui précède demande l’existence et l’action d’une avant-garde révolutionnaire qui dirige l’effort créateur des masses de manière organisée, collective et cohérente. Qui met en avant des valeurs, des principes et des conduites qui visent à vaincre l’hégémonie culturelle bourgeoise dominante. Qui oeuvre, avec la collectivité populaire organisée, à l’exercice du contrôle social et politique du processus dans son ensemble.

11. C’est dans ce contexte, dans lequel en outre prédomine presqu’exclusivement, une direction individuelle du processus révolutionnaire est exercée à partir des instances gouvernementales, que le président Chávez présente la proposition du Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV).

12. Certes, la révolution en tant que fait essentiellement politique, demande un organe de direction révolutionnaire capable non seulement d’arracher cette direction à l’Etat bourgeois, mais également de le détruire et de construire un Etat démocratique populaire révolutionnaire.

13. Cet organe politique est nécessairement un Parti, intégré par des cadres révolutionnaires, qui visualise, qui conçoit et qui établit des décisions intégrales, d’ensemble relatives à la société et non pas sectorielles comme il arrive souvent avec des visions qui, en général, émanant d’une position d’un seul groupe (un ministère ou institut), jugent quelles sont les tâches à accomplir, en même temps qu’ils justifient, logiquement, sans aucune critique, leur propre action.

14. Le parti qui peut jouer ce rôle doit être capable, en tant qu’avant-garde politique de la révolution, de générer une vision globale sur le processus sociopolitique, qui lui permet d’unir les masses et de leur octroyer non seulement le contrôle de l’Etat mais également l’exercice du pouvoir directe sur et à partir des milieux étatiques.

V.- Ce que nous venons de proposer de la part du PCV

15. Le Parti Communiste du Venezuela (PCV), en suivant ses principes et règles de vie interne, héritier d’une culture communiste qui privilégie le débat et les décisions collectives, a décidé dès le début dans ses organes de direction nationale, d’avancer la discussion interne la plus approfondie dans le cadre d’un congrès qui définit la position officielle de l’organisation.

16. En ce qui concerne la construction de l’instrument idéologique, politique et organisationnel de la révolution, nous avons affirmé à plusieurs occasions au sein du PCV, qu’il est opportun, pertinent et nécessaire d’avancer dans la construction de l’avant-garde collective et unifiée de la révolution.

17. Nous avons présenté une telle demande déjà en 1998-99, lorsque nous avons dit que le "Pôle patriotique" devait se transformer en front politique et social, avec des règles de fonctionnement précises et une instance collective de direction, qui permettrait de passer de l’unité dans l’action vers l’unité organisationnelle. Nous avons exprimé la même proposition avec "Comando Ayacucho" et "Comando de la Revolución". A toutes ces occasions, nous n’avons pas reçu de réponse de la direction du processus, ni non plus des actions concrètes dans le sens proposé.

18. Nous partons de la conviction qu’un processus révolutionnaire qui n’a pas d’Etat Majeur, ni de direction collective et unifiée, n’est pas en mesure, malgré les immenses qualités du dirigeant, de rassembler les forces, de les aligner dans l’orientation principale de l’action, de diriger et de contrôler le plan concret de l’action politique et, par conséquent, de faire des progrès dans les tâches posées par ce processus.

VI.- Le parti dont nous avons besoin pour avancer vers le Socialisme

19. Le PCV est conscient du fait que dans une société divisée en classes (comme le Venezuela), les partis politiques représentent les intérêts de ces classes et que ces partis constituent les instruments les plus importants pour la lutte pour accéder au pouvoir ou pour le maintenir. L’importance de cela a été illustrée lors des huit campagnes électorales qu’on a gagnées de l’opposition, élections dans lesquelles le rôle fondamental d’organisation, de mobilisation et de légitimisation a été joué par ces partis.

20. L’existence de partis politiques est liée à la division de la société en classes et à l’hétérogénéité de ces classes, aux différents intérêts des classes et des groupes qui les composent. Le parti politique est un des instruments principaux qu’une classe (ou un de ses secteurs) utilise pour lutter pour ses intérêts.

21. Lorsque nous affirmons notre volonté consciente de prendre la voie de l’unité organique des forces révolutionnaires et populaires, sans laisser tomber nos principes fondamentaux et nos objectifs stratégiques, nous nous prononçons pour un instrument révolutionnaire qui tient compte du fait que pour construire la nouvelle société, nous avons besoin d’un parti avec les caractéristiques suivantes:

Au niveau idéologique

22. En vertu de la large gamme de thèses théoriques – ou de l’absence de ces thèses- parmi les forces "chavistes", il est prévu un large débat théorique. Sa définition est toutefois d’une importance vitale. Pour nous, les communistes, il est évident que, sur la base du caractère anti-impérialiste et de l’objectif socialiste de cette révolution, le parti socialiste uni doit se baser sur le marxisme –sous-entendu qu’être marxiste aujourd’hui signifie, à son tour, être léniniste. De la même manière, le fondement idéologique doit prendre le plus avancé des idées révolutionnaires de notre peuple, à commencer par la pensée bolivarienne. Mais l’essence idéologique doit être le marxisme.

23. Cette position est le produit d’une réalité largement prouvée tout au long de l’histoire qui indique que seulement le marxisme donne des réponses scientifiques à la recherche de stratégies pour détruire le capitalisme et pour construire une société socialiste.

24. La constitution du parti doit représenter la rupture définitive avec toute manifestation de réformisme et de collaboration de classes, avec des projets socio-démocratiques dissimulant un système d’injustice, qui proposent des changements mineurs qui laissent intact son essence exploiteur. Ce programme doit aussi comprendre le dépassement des conceptions nationalistes qui offrent des réponses partielles aux problèmes du développement social à l’heure actuelle.

25. Sous n’importe quelle condition, il doit s’agir d’un parti idéologiquement unifié.

Au niveau du programme

26. La définition du fondement idéologique doit aller de pair avec la formulation d’un programme révolutionnaire qui a comme objectifs stratégiques la lutte anti-impérialiste avec une orientation socialiste définie.

27. En ce qui concerne les voies pour arriver à ces objectifs, dans l’identification des contradictions du processus, dans la forme d’aborder la lutte au moment concret, dans le contenu qui est donné à ces objectifs, dans sa caractérisation conceptuelle, il doit y avoir une orientation révolutionnaire conséquente pour l’action transformatrice. Il faut garantir la clarté et l’objectivité dans la formulation de politiques et de voies pour atteindre les objectifs stratégiques. Il faut une cohérence absolue entre la doctrine, la ligne politique et les propositions du programme.

28. Dans ce sens, la discussion autour de la définition du socialisme du siècle XXI est d’une importance cruciale, parce qu’elle synthétise la complexité des objectifs que nous poursuivons. A ce sujet, nous présenterons plus tard dans ce document les racines fondamentales de ce socialisme à partir de la position des communistes vénézuéliens.

Au niveau organisationnel

29. Dans ce débat, nous les communistes apportons la proposition léniniste de l’organisation. Nous pensons que sans unité interne, sans centralisme démocratique, sans discipline révolutionnaire, sans identification complète à une ligne politique, sans critique et autocritique, sans direction collective, sans présence organique au sein des masses, il ne sera pas possible de construire l’avant-garde de la révolution bolivarienne et d’avancer dans la perspective socialiste.

30. Le parti de la révolution ne peut pas comprendre un amalgame d’organisations de partis, de structures, même s’il faut préciser que, du moins au début, il sera difficile d’éviter l’action de groupes, de courants et de fractions internes. Ce n’est pas le meilleur scénario, mais c’est une possibilité réelle.

Parti de "masse" ou de "cadres"?

31. Ce parti devra être composé des meilleurs cadres de la révolution, de ses meilleurs facteurs, de ceux qui sont le plus clair au niveau idéologique, le plus honnête, le plus dédié, de ceux qui répondent aux plus grandes exigences de conscience révolutionnaire, d’action pratique et bien sûr, d’éthique. Le fondement éthique du parti sera d’une importance fondamentale pour accomplir sa mission de diriger le peuple vénézuélien dans la construction du socialisme.

32. Cela ne doit pas nécessairement être un parti très nombreux pour pouvoir accomplir sa mission. La qualité doit être prédominante. Cela signifie que pas tout le monde pourra adhérer. Il faut des critères et des paramètres pour entrer, ce qui permettra l’épuration des forces révolutionnaires de tout ce qui est arriviste, bureaucrate, corrompu.

33. Ainsi, ce que nous proposons est un parti révolutionnaire de cadres et de masses, dans le sens où ses membres seront des cadres éprouvés de la révolution qui, dans un contexte de développement de la conscience révolutionnaire du peuple, comme aujourd’hui, permettra la formation d’un détachement nombreux de militants. La massification des cadres augmentera encore à la température de la lutte des classes, ce qui permettra l’accroissement de ses rangs.

 

L’action révolutionnaire

 

34. Le parti socialiste unifié aura comme tâche principale la conquête de l’avant-garde des luttes populaires et, de cette manière, se nourrir du meilleur de ses représentants, ce qui signifiera finalement un énorme saut qualitatif en termes de renforcement de la révolution vénézuélienne.

35. Le parti doit être une manifestation conséquente de l’unité entre la théorie et la pratique révolutionnaire. Il ne peut pas être un projet politique basé sur la formation de stratégies réussies, de propositions qui sont irréfutables du point de vue des défis devant lesquels se trouve la révolution, alors que dans son action, il se sépare de ceux-ci.

36. Il doit garantir l’exécution d’une gestion adaptée aux principes du programme, tout en évitant n’importe quelle friction et contradiction entre les moyens utilisés et les intérêts fondamentaux du peuple. Il ne pourra pas suivre les pas de partis qui se sont autoproclamés (et qui s’autoproclament) populaires et qui utilisent des gestions gouvernementales qui nuisent aux intérêts du peuple, murs scandaleux pour contenir la protestation populaire.

37. Un élément très significatif dans ce contexte est le rôle du parti de la révolution dans la construction de l’Etat démocratique populaire révolutionnaire.

38. Le parti doit montrer une action dans l’actuelle période de transition vers le socialisme, qui permet de faire pencher la balance dans la lutte pour le contrôle du pouvoir politique en faveur des forces les plus conséquentes de la révolution bolivarienne. Ce parti doit être un détachement fondamental dans la construction de l’Etat socialiste.

39. Le soutien populaire que le parti de la révolution peut susciter, ne dépend pas seulement de la bonne gestion administrative face au gouvernement à tous les niveaux, en lutte contre la corruption, l’inefficacité et le bureaucratisme.

40. Ceci doit en outre se convertir en un modèle d’efficacité révolutionnaire à tous les fronts de lutte populaire. Il faut établir les liens les plus étroits avec les masses populaires. Actuellement, il n’y a pas d’organisation politique capable de le faire, ce qui fait que la tâche de créer la structure de direction des masses ne peut plus être reportée.

41. Le parti ne sera pas l’exécuteur des instances du pouvoir, ni un intermédiaire dans son fonctionnement, mais le principal promoteur de la participation démocratique des masses par l’éducation et l’organisation du peuple, tout cela en fonction du développement du pouvoir populaire, de la transformation du peuple en protagoniste conscient de la construction de la nouvelle société. Dans une révolution pacifique et démocratique comme la nôtre, cet élément acquiert une valeur spéciale, puisque ce n’est pas la violence révolutionnaire qui établit le nouvel ordre au moyen de l’imposition abrupte de nouvelles réalités, mais l’action révolutionnaire constante du peuple travailleur organisé, ce qui permettra le déplacement progressif des anciennes structures.

Le caractère de classe

42. Lorsque nous référons aux liens avec les masses, nous devons mettre spécialement l’accent sur le lien avec la classe ouvrière. Si nous voulons éradiquer le capitalisme, nous devons nous convertir dans l’organisation politique, le réel interprète des intérêts de la classe sociale qui, par sa position dans la structure socio-économique, n’est pas seulement directement touchée par l’exploitation capitaliste, et donc objectivement intéressée dans la suppression de l’esclavage salarié, mais qui, dans la poursuite de cet objectif ultime libère le reste de la société du régime d’exploitation, puisque, tout en étant dénuée des moyens de production, objectivement elle n’aspire pas à les conquérir pour exploiter d’autres classes sociales.

43. Cette classe sociale n’est autre que la classe ouvrière, et le parti de la révolution devra donc, de par son contenu, de par sa politique, de par sa composition, de par son idéologie et de par les intérêts qu’il incarne, le parti de la classe ouvrière et de tout le peuple travailleur. Evidemment, des membres d’autres classes et couches de la société entreront dans ce parti, mais les intérêts qu’il incarnera devront être ceux de la classe ouvrière, si nous voulons être conséquents par rapport à l’objectif programmatique d’ordre stratégique que nous poursuivons: le socialisme.

44. Ce contenu de classe bien défini du parti socialiste unifié est une nécessité historique et n’est pas en conflit avec le caractère anti-impérialiste de la révolution bolivarienne aujourd’hui. Cette phase de notre révolution exige en effet une large alliance de classes et de facteurs autour des objectifs de la libération nationale. Utiliser toutes les contradictions et divergences qui peuvent exister entre les secteurs de la grande et la petite bourgeoisie, d’une part, et de l’impérialisme, d’autre part, est une des tâches primordiales, mais cette alliance ne doit pas se produire au sein du parti de la révolution, spécialement lorsque nous reconnaissons que l’objectif de cette révolution est le socialisme.

 

45. Un des multiples aspects qu’implique le contenu de classe du parti est son caractère internationaliste. La classe ouvrière est une classe sociale avec des ramifications très fortes dans le monde entier et, de la même manière, avec une plate-forme internationale de lutte contre la domination planétaire du capitalisme. Dans le contexte actuel de l’expansion globale des sociétés transnationales avec des répercussions dévastatrices pour les peuples du monde, cela joue un rôle primordial. Il ne faut donc pas seulement des relations d’amitié avec les détachements des travailleurs dans le monde entier, mais une large coordination d’actions communes contre la domination impérialiste.

46. Voici les éléments que nous considérons d’une importance fondamentale pour construire le parti dont la révolution bolivarienne a besoin, et que nous soumettons a la plus large discussion du peuple bolivarien et, spécialement, de nos alliés, confiants que la rationalité révolutionnaire, et non pas la force électorale, s’imposera dans la quête du consensus.

47. En tout cas, la construction du nouveau parti ne sera pas un acte unique, mais un processus très dynamique.

 

 

Carolus Wimmer,

Membre du Bureau Politique, Secrétaire des Relations Internationales

 

 

 

  

 

 

PARTI COMMUNISTE DU VENEZUELA-PCV

 XIIIe Congrès National Extraordina
Miranda, 3 et 4 mars 2007

 Le XIIIe Congrès National extraordinaire du PCV Au Commandant Hugo Rafael Chavez Frias, A la commission constitutive du PSUV,Aux organisations politiques et sociales, A la classe ouvrière et au peuple Vénézuélien.

RESOLUTION POLITIQUE

 Après le profond débat qui s'est déroulé dans tout le pays, des Conférences de Cellules aux Conférences Régionales du Parti Communiste du Venezuela (PCV), sur les thèses approuvées par les IVe et Ve réunions Plénières du Comité Central, fût convoqué avec succès le XIIIe Congrès National Extraordinaire du PCV à Tacarigua de la Laguna ( Etat de Miranda ), les 3 et 4 mars 2007, avec la participation active de 847 délégué(e)s qui avaient, comme expérience politique, une moyenne de 11 années de militantisme communiste.

Le XIIIe Congrès compta avec la participation du camarade William Lara, Ministre du Pouvoir Populaire de la Communication et de l'Information, représentant le Président Hugo Chavez Frias, qui souligna le moment historique que vit le Venezuela et l'Amérique Latine et la référence de notre révolution inspirant les courants démocratiques et progressistes qui, à travers le monde, se lèvent aujourd'hui contre l'impérialisme.

Les contributions orales et écrites, résultant de plus de 2 mois de discussions dans nos organismes de base, mettent en exergue le rôle du PCV tout au long de la lutte du peuple vénézuélien pour la Libération Nationale et le Socialisme, ainsi que son apport à la théorie Révolutionnaire durant 76 ans d'histoire et de lutte.

Il faut noter l'extraordinaire démonstration des délégués, commissions et responsables des diverses activités lors du congrès, garantissant la pratique du centralisme démocratique comme expression de la démocratie révolutionnaire, qui s'est manifestée avec intensité, sérieux et discipline prolétarienne.

Le PCV réitère sa caractérisation de la révolution bolivarienne comme: Révolution de Libération Nationale, anti-impérialiste, démocratique et populaire; une révolution qui prend le chemin de la construction du socialisme. La révolution bolivarienne de libération nationale doit résoudre, avec succès pour le peuple, la contradiction principale actuelle qu'expriment les antagonismes entre la nation vénézuélienne et l'impérialisme états-unien, combat dans lequel le commandant Chavez a joué un rôle catalyseur.

Dans ce contexte il s'avère indispensable de consolider, par tous les moyens à notre disposition, une grande alliance des forces sociales et politiques qui se reconnaissent dans la lutte anti-impérialiste lesquelles, du fait de leur diversité idéologique et politique, ne partagent pas actuellement le projet socialiste. Cette alliance constituera un ample instrument articulant les divers secteurs et couches sociales, incluant l'unité stratégique militaro-civique, dont les intérêts sont affectés par l'aggravation des agressions de l'impérialisme mondial sur les plans économique, politique, social, culturel et militaire.

L'ensemble de cette lutte se situe dans le cadre stratégique de la construction de la société socialiste. Pour avancer dans cette direction il faut un parti révolutionnaire, imprégné de l'idéologie Marxiste-Léniniste et de la pensée Bolivarienne, afin de continuer à assumer avec force le rôle dirigeant révolutionnaire dans la lutte de classes qui fait avancer l'histoire. Ce parti est historiquement une nécessité, comme l'a démontré l'accumulation de luttes de notre peuple ainsi que l'expérience révolutionnaire d'autres peuples frères.

Conformément à l'ensemble de ces considérations, le XIIIe Congrès déclare:

1.  Approuver les fondements politiques, idéologiques et stratégiques contenus dans les Thèses sur le Parti de la Révolution, comme apport au débat de l'ensemble des forces du processus bolivarien en ce qui concerne les instruments nécessaires à la révolution dans la phase actuelle. Tous les organismes du Parti et de la Jeunesse doivent se les approprier pour les utiliser comme guide idéologique et pratique dans chaque espace de combat.

2.  le XIIIe Congrès Extraordinaire du PCV souligne le rôle du président Hugo Chavez Frias comme leader du processus révolutionnaire, des processus d'intégration, de la lutte anti-impérialiste et pour le socialisme : Idéaux pour lesquels ont toujours lutté le PCV et les forces démocratiques et progressistes du Venezuela et du monde .

3.  Notre révolution a avancé victorieusement dans la confirmation de son caractère anti-impérialiste et de son objectif stratégique le socialisme : dans ce cadre, le PCV réaffirme son engagement à poursuivre la lutte au niveau national et continental pour la constitution d'un large et solide front anti-impérialiste qui constitue un apport social et politique pour la défense de la patrie face à l'agression impérialiste en cours. Une instance de ce type a besoin pour son développement, du concours et du leadership du commandant Chavez.

4.  Ainsi pour assurer le succès dans la lutte anti-impérialiste il est nécessaire d'atteindre la plus large unité des forces politiques et sociales au niveau national, continental et mondial. L'avancée vers le socialisme réclame simultanément la construction d'un parti révolutionnaire qui regroupent les cadres exprimant les positions les plus conséquentes des classes et couches sociales historiquement engagées avec la révolution et le socialisme, qui se constitue en avant-garde idéologique, politique et organique; qui dirige et organise collectivement l'effort créateur des masses pour détruire l'Etat capitaliste et assume les tâches de construction du Pouvoir Populaire, qui défend les valeurs, les principes et comportements permettant de supplanter l'hégémonie culturelle bourgeoise encore dominante. Cette organisation politique doit exprimer, tant théoriquement que dans sa pratique sociale, les traditions historiques et de luttes de notre peuple aux racines profondément bolivarienne, mais aussi le marxisme-léninisme appliqué aux conditions concrètes de notre patrie.

5.   Nous soulignons l'aiguisement de la lutte de classes dans la phase actuelle du processus révolutionnaire, dans laquelle l'impérialisme et la droite réactionnaire interne intensifient les plans pour liquider les progrès en cours et, c'est pourquoi, une fois de plus nous appelons le peuple et tous nos militants à maintenir une vigilance active pour défendre la révolution et la patrie. Dans ce sens nous confirmons l'appui du XIIIe congrès aux mesures révolutionnaires contre la spoliation et la spéculation, pour la récupération de la souveraineté dans les activités pétrolières, le secteur des télécommunications (RCTV et CANTV) et dans le secteur électrique, mesures qui doivent avancer vers d'autres secteurs de l'économie comme la banque, l'agriculture et l'élevage.

6.  Nous soutenons le processus de transfert du pouvoir au peuple, pour qu'il assure avec la plus grande fermeté les tâches de construction des nouvelles instances de pouvoir populaire et qu'il détruise jusqu'à ses racines, le vieil Etat bourgeois, bureaucratique, corrompu et corrupteur. Dans ce processus de lutte contre les vices qu'engendre le capitalisme, jouent un rôle fondamental les Conseils Communaux et les Conseils de Travailleurs et Travailleuses tels qu'ils ont été proposés par le commandant CHAVEZ et dont les idées centrales ont été appuyées sans réserve par le PCV

7.  Face à l'aiguisement des contradictions internes et externes et les tâches d'enracinement du processus, la défense de la révolution et de la patrie nécessite l'adhésion majoritaire de notre peuple et son unité de fer pour la construction du socialisme. Raison pour laquelle le PCV et la JCV expriment leur ferme décision et volonté de bonifier le chemin de l'articulation et de l'unité organique des révolutionnaires comme instrument collectif de direction politique dans la construction du socialisme.

Pour le socialisme, créons le Pouvoir Populaire!

XIIIe Congrès National Extraordinaire

Parti Communiste du Venezuela

   


Discours de Hugo Chávez, président du Venezuela, aux Nations Unies, le 20 septembre 2006:

"Représentants des gouvernements du monde, bonjour à tous. Tout d'abord, je voudrais très respectueusement inviter ceux qui n'ont pas lu ce livre à le lire. Noam Chomsky, l'un des Américains et des intellectuels du monde les plus prestigieux, Noam Chomsky, et ceci est l'un de ces tout derniers ouvrages, "'Hegemony or Survival: The Imperialist Strategy of the United States" [L'hégémonie ou la survie : La stratégie impérialiste des Etats-Unis]

 [Chavez brandit le livre et l'agite en face de l'Assemblée Générale.]

C'est un excellent livre qui nous aide à comprendre ce qui s'est passé dans le monde au cours du 20ème siècle, sur ce qui se passe aujourd'hui et sur la plus grande menace qui plane sur notre planète. Les prétentions hégémoniques de l'Empire Américain mettent en danger la survie même de l'espèce humaine. Nous continuons de vous alerter sur ce danger et nous en appelons au peuple des Etats-Unis et au monde à faire cesser cette menace, qui est une épée de Damoclès.

J'avais pensé, un moment, vous faire la lecture de ce livre, mais pour des raisons de temps, [il fait tourner les pages du livre, qui sont nombreuses] je me contenterai de vous le recommander. Il se lit facilement, c'est un très bon livre, et je suis sûr, Madame la Présidente, que vous le connaissez. Il a été publié en anglais, en russe, en arabe et en allemand. Je pense que les premiers qui devraient le lire sont nos frères et nos soeurs des Etats-Unis, parce que la menace se trouve exactement dans leurs propres foyers.

Le diable s'est introduit chez eux. Le diable, le diable lui-même, est dans leur maison. Et Hier, le diable est venu ici. Ici, le diable est entré. Juste ici. [Il fait le signe de croix] Et ça sent encore le soufre aujourd'hui.

Hier, Mesdames et Messieurs, de cette tribune, le président des Etats-Unis, le monsieur que j'appelle le Diable, est venu ici parler comme s'il possédait le monde entier. Vraiment. Comme s'il était le propriétaire du monde. Je pense que nous pourrions appeler un psychiatre pour analyser la déclaration que le président des Etats-Unis a faite hier. En tant que porte-parole de l'impérialisme, il est venu pour faire partager ses remèdes de charlatan afin d'essayer de préserver le modèle actuel de domination, d'exploitation et de pillage des peuples du monde. Alfred Hitchcock aurait pu utiliser [cette déclaration] comme scénario pour un de ses films. Je peux même proposer un titre : "La Recette du Diable". Comme Chomsky le dit [dans son livre] de façon claire et détaillée, l'empire américain fait tout ce qu'il peut pour consolider son système de domination.

Et nous ne pouvons pas lui permettre de faire cela. Nous ne pouvons autoriser que la dictature mondiale se consolide. La déclaration du dépositaire du monde cynique, hypocrite, emplie de cette hypocrisie impérialiste provenant de leur besoin de tout contrôler. Ils disent qu'ils veulent imposer un modèle démocratique. Mais c'est cela leur modèle démocratique ! C'est le modèle fallacieux des élites et, je dirais, une démocratie très originale qui s'impose par les armes, les bombes et l'artillerie.

Quelle étrange démocratie ! Aristote pourrait bien ne pas la reconnaître ou les autres qui sont aux racines de la démocratie. Quelle sorte de démocratie imposez-vous avec les Marines et les bombes ? Hier, le président des Etats-Unis nous a dit, ici même, dans cette salle, et je cite : "Partout où vous regardez, vous entendez des extrémistes vous dire que vous pouvez échapper à la pauvreté et retrouver votre dignité par la violence, la terreur et le martyre". Partout où il regarde, il voit des extrémistes. Et vous, mes frères il regarde la couleur de votre peau et il dit, oh ! il y a un extrémiste. Evo Morales, le valeureux président de Bolivie est, pour lui, un extrémiste. Les impérialistes voient des extrémistes partout.

Ce n'est pas que nous soyons des extrémistes. C'est que le monde se réveille. Il se réveille partout. Et les gens se lèvent. J'ai le sentiment, cher dictateur du monde, que vous allez vivre le reste de votre vie comme un cauchemar, parce que le reste d'entre nous se lève, tous ceux qui se soulèvent contre l'impérialisme américain, qui réclament l'égalité, le respect, la souveraineté des nations.

Oui, vous pouvez nous appeler des extrémistes, mais nous sommes en train de nous soulever contre l'empire, contre ce modèle de domination.

Alors, le président a dit et c'est lui qui l'a dit : "Je suis venu parler directement aux populations du Moyen-Orient, pour leur dire que mon pays veut la paix". C'est vrai. Si nous marchons dans les rues du Bronx, si nous nous promenons dans New York, Washington, San Diego, dans n'importe quelle ville, San Antonio, San Francisco et que nous demandons aux gens, aux citoyens des Etats-Unis, que veut ce pays ? Veut-il la paix ? Ils diront oui. Mais ce gouvernement ne veut pas la paix.

Le gouvernement des Etats-Unis ne veut pas la paix. Il veut exploiter son système d'exploitation, de pillage, d'hégémonie par la guerre. Il veut la paix ? Mais que se passe-t-il en Irak ? Que se passe-t-il au Liban ? En Palestine ? Que se passe-t-il ? Que s'est-il passé ces 100 dernières années en Amérique Latine et dans le monde ? Et à présent il menace le Venezuela de nouvelles menaces contre le Venezuela, contre l'Iran ?

Il a parlé au peuple libanais. Beaucoup d'entre vous, leur a-t-il dit, ont vu comment leurs maisons et leurs communautés ont été prises dans les tirs croisés. Comment peut-on être cynique à ce point ? Quelle capacité à mentir d'un air penaud ! Les bombes sur Beyrouth d'une précision millimétrée ? Ce sont des feux croisés ? Il pense à un western, lorsque les gens dégainent de la hanche et tirent et que quelqu'un se trouve pris dans les feux croisés. Ceci est impérialiste, fasciste, assassin, génocide.

L'empire et Israël qui tirent sur les Palestiniens et les Libanais. C'est ce qu'il s'est passé. Et à présent, nous entendons "Nous souffrons parce que nous voyons nos maisons détruites". Le président des Etats-Unis est venu parler aux peuples aux peuples du monde. Il est venir leur parler J'ai apporté quelques documents avec moi, parce que ce matin je lisais quelques déclarations et je vois qu'il s'est adressé au peuple d'Afghanistan, au peuple du Liban, au peuple de l'Iran. Et il s'est adressé directement à ces peuples.

Et vous pouvez vous demander, alors que le président des Etats-Unis s'adresse à ces peuples du monde, ce que ces peuples du monde lui diraient si on leur donnait la parole ? Qu'auraient-ils à dire ? Et je pense avoir une petite idée de ce que les peuples du Sud, les oppressés pensent. Ils diraient "Impérialiste yankee, rentre chez toi!" Je pense que c'est ce que ces peuples diraient si on leur donnait le micro et s'ils pouvaient parler d'une seule voix aux impérialistes américains.

Et voici pourquoi, Madame la Présidente, mes chers collègues, mes amis, l'année dernière nous sommes venus ici dans cette même salle, comme nous l'avons fait ces huit dernières années, et nous avons dit quelque chose qui s'est à présent confirmée entièrement, entièrement confirmée. Je ne pense pas que quiconque dans cette pièce pourrait défendre ce système.

Voyons les choses en face ! Soyons honnêtes ! Le système de l'O.N.U., né après la Deuxième Guerre Mondiale, a fait faillite. Il est inutile.

Oh, oui ! Il est bon de nous réunir tous ensemble une fois par an, de nous rencontrer, de faire des déclarations et de préparer toutes sortes de longs documents et d'écouter de bons discours, comme celui que de (inaudible), hier, celui du Président Lula. Oui c'est bon pour cela. Et il y a beaucoup de discours et nous en avons entendu beaucoup, du président du Sri Lanka, par exemple, et de la Présidente du Chili.

Mais nous, l'assemblée, avons été transformés en un organe à peine délibérant. Nous n'avons aucun pouvoir, aucun pouvoir d'avoir le moindre impact sur la terrible situation mondiale. Et c'est pourquoi le Venezuela propose une nouvelle fois, ici, aujourd'hui, le 20 septembre 2006 que nous ré-établissions les Nations-Unies.

L'année dernière, Madame, nous avons fait quatre propositions modestes que nous ressentions comme étant d'une importance cruciale. Nous devons en assumer la responsabilité, nos chefs d'Etats, nos ambassadeurs, nos représentants, et nous devons en discuter. La première est l'extension du Conseil de Sécurité, et Lula en parlé hier ici même. Le Conseil de Sécurité comporte à la fois une catégorie permanente et une catégorie non-permanente, (inaudible) les pays en développement et les pays sous-développés doivent accéder à des sièges de membres permanents. C'est la première étape.

Deuxièmement, des méthodes efficaces pour s'occuper et résoudre les conflits mondiaux, des décisions transparentes.

 Point trois, la suppression immédiate et c'est une chose à laquelle tout le monde appelle du mécanisme antidémocratique connu sous le nom de veto, le veto sur les décisions du Conseil de Sécurité. Permettez-moi de vous donner un exemple récent.

Le veto immoral des Etats-Unis qui a permis aux Israéliens, en toute impunité, de détruire le Liban. Exactement devant nous tous alors que nous étions debout à regarder, une résolution du conseil fut empêchée.

Quatrièmement, nous devons renforcer, comme nous l'avons toujours dit, le rôle et les pouvoirs du secrétaire général des Nations-Unies. Hier, le secrétaire général nous a pratiquement livré son discours d'adieu.

Et il a reconnu que pendant ces dix dernières années, les choses sont tout simplement devenues plus compliquées ; la faim, la pauvreté, la violence, les violations des droits de l'homme se sont aggravées. C'est la conséquence extrême de l'effondrement du système des Nations Unies et des prétentions hégémoniques des Etats-Unis.

Madame, le Venezuela, il y a quelques années, a décidé de livrer cette bataille au sein des Nations-Unies en reconnaissant l'ONU. En tant que membres, et nous prêtons nos voix, nos réflexions. Notre voix est une voix indépendante pour représenter la dignité et la recherche de la paix et ré-élaborer le système international ; pour dénoncer la persécution et l'agression par les forces hégémoniques de la planète. Voici comment le Venezuela s'est présenté.

La patrie de Bolivar a cherché à obtenir un siège permanent au Conseil de Sécurité. Voyons ! Bon, il y a eu une attaque en règle par le gouvernement étasunien, une attaque immorale, pour essayer d'empêcher le Venezuela d'être élu librement à un poste au Conseil de Sécurité.

L'imperium a peur de la vérité, il a peur des voix indépendantes. Il nous appelle extrémistes, mais ce sont eux les extrémistes. Et j'aimerais remercier tous les pays qui ont aimablement annoncé leur soutien au Venezuela, même si le scrutin est secret et qu'il n'est pas nécessaire d'annoncer ces choses. Mais étant donné que l'imperium a attaqué, ouvertement, ils ont renforcé les convictions de nombreux pays. Et leur soutien nous renforce.

Le Mercosur, en tant que bloc, a exprimé son soutien. Nos frères du Mercosur. Le Venezuela, avec le Brésil, l'Argentine, le Paraguay, l'Uruguay, est un membre à part entière du Mercosur. Et de nombreux autres pays d'Amérique Latine, *CARICOM* et la Bolivie ont exprimé leur soutien au Venezuela. La Ligue Arabe, l'ensemble de la Ligue Arabe a exprimé son soutien, nos frères des Caraïbes, l'Union Africaine. Presque toute l'Afrique a exprimé son soutien pour le Venezuela et des pays comme la Russie et la Chine et beaucoup d'autres.

Je vous remercie chaleureusement de la part du Venezuela, de la part de notre peuple et de la part de la vérité, parce que le Venezuela, avec un siège au Conseil de Sécurité, n'exprimera pas seulement la pensée du Venezuela, mais il sera aussi la voix de tous les peuples du monde et nous défendrons la dignité et la vérité. Au-delà et au-dessus de tout cela, Madame la Présidente, je pense que nous avons des raisons d'être optimistes.

Un poète aurait dit "désespérément optimistes", parce qu'au-dessus et au-delà des guerres et des bombes et de la guerre agressive et préventive et la destruction de peuples entiers, on peut voir qu'une nouvelle ère se dessine. Ainsi que Silvio Rodriguez le dit, cette ère donne naissance à un coeur. Il y a des moyens alternatifs de penser. Il y a des jeunes gens qui pensent différemment. Et ceci s'est déjà vu en l'espace d'une simple décennie. Il a été démontré que la fin de l'histoire était une affirmation totalement fausse et la même chose a été démontrée à propos de la /Pax Americana/ et de l'établissement du monde capitaliste néolibéral.

Il a été démontré que ce système engendre la pauvreté. Qui le croit maintenant ? Ce que nous avons à faire maintenant est de définir le futur du monde. L'aube se lève partout. Vous pouvez vous en rendre compte en Afrique et en Europe et en Amérique Latine et en Océanie. Je veux insister sur cette vision optimiste.

Nous devons nous renforcer, notre volonté de livrer bataille, notre conscience. Nous devons construire un monde nouveau et meilleur. Le Venezuela se joint à cette lutte et c'est pourquoi nous sommes menacés.

Les Etats-Unis ont déjà planifié, financé et mis en place un coup d'Etat au Venezuela et ils continuent de soutenir les tentatives de coup d'Etat au Venezuela et ailleurs. La Président Michelle Bachelet nous a rappelé, il y a juste un instant, l'assassinat horrible de l'ancien ministre des Affaires Etrangères, Orlando Letelier.

Et je voudrais ajouter une chose : Ceux qui ont perpétré ce crime sont libres. Et cet autre événement où un citoyen américain est mort, tué par les Américains eux-mêmes. Ils étaient des tueurs de la CIA, des terroristes. Et nous devons rappeler dans cette pièce que dans exactement trois jours il y aura un autre anniversaire. Trente ans auront passé depuis cette attaque terroriste horrible contre l'avion cubain de la ligne /Cubana de Aviacion/, où 73 innocents ont trouvé la mort.

Et où se trouve le plus grand terroriste de ce continent qui a pris la responsabilité de faire sauter cet avion ? Il a passé quelques années en prison au Venezuela. Mais grâce à la CIA et aux responsables du gouvernement [vénézuélien] de l'époque, il fut autorisé à s'échapper et il vit dans ce pays, protégé par le gouvernement [des Etats-Unis].

Mais il a été condamné. Il avait avoué son crime. Mais les normes du gouvernement étasunien sont à géométrie variable. Il protège les terroristes lorsqu'il le veut. Et ceci, pour dire que le Venezuela est entièrement engagé à combattre le terrorisme et la violence. Et nous sommes l'un des peuples qui combattent pour la paix. Luis Posada Carriles est le nom de ce terroriste qui est protégé ici. Et d'autres personnes extrêmement corrompues qui se sont échappées du Venezuela vivent aussi ici sous protection : un groupe qui a posé des bombes dans diverses ambassades, qui a assassiné des gens pendant le coup d'Etat. Ils m'ont kidnappé et ils allaient me tuer, mais je pense que Dieu est descendu et notre peuple est sorti dans les rues et l'armée y était aussi et ainsi je suis ici devant vous, aujourd'hui. Mais ces personnes qui ont dirigé ce coup d'Etat sont ici, aujourd'hui, dans ce pays, protégés par le gouvernement américain.

Et j'accuse le gouvernement américain de protéger ces terroristes et d'avoir un discours complètement cynique. Nous avons mentionné Cuba. Oui, nous y étions, il y a encore quelques jours. Nous sommes revenus de là-bas très heureux. Et là-bas, vous voyez qu'une nouvelle ère est née. Le Sommet des 15, le Sommet des non-alignés, ont adopté une résolution historique. Ceci est le document qui en a résulté. Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous le lire. Mais vous avez toute une série de résolutions ici qui ont été adoptées d'une façon transparente après un débat ouvert par plus de 50 chefs d'Etats. Pendant quelques semaines, La Havane était la capitale du Sud et nous avons donné, une fois encore, un nouvel élan au groupe des non-alignés.

Et s'il y a quelque chose que j'aimerais vous demander à tous ici, mes compagnons, mes frères et mes soeurs, c'est de bien vouloir prêter votre bonne volonté pour permettre un nouvel élan au Mouvement des Non-Alignés afin de donner naissance à une nouvelle ère, pour empêcher l'hégémonie et empêcher de nouvelles avancées de l'impérialisme. Et comme vous le savez, Fidel Castro est le président des non-alignés pour les trois prochaines années et nous pouvons lui faire confiance pour qu'il dirige cette charge efficacement. Malheureusement, ils ont pensé "Oh ! Fidel est en train de mourir." Mais ils vont être déçus parce qu'il n'est pas mort. Et non seulement il est en vie, il est de retour dans son uniforme vert et il préside désormais les non-alignés.

Donc, mes chers collègues, Madame la Présidente, un nouveau mouvement, fort, est né, un mouvement du Sud. Nous sommes des hommes et des femmes du Sud. Avec ce document, avec ces idées, avec ces critiques. Je referme à présent mon dossier. Je prends le livre avec moi. Et, n'oubliez pas, je le recommande très fortement et très humblement à vous tous. Nous voulons des idées pour sauver notre planète, pour sauver la planète de la menace impérialiste.

Et espérons que dans ce siècle même, dans pas trop longtemps, nous verrons cette, nous verrons cette nouvelle ère. Et pour nos enfants et nos petits-enfants, un monde de paix basé sur les principes fondamentaux des Nations-Unies, mais de Nations-Unies rénovées. Et peut-être devrons-nous déménager leur siège. Peut-être devons nous le mettre ailleurs ; peut-être dans une ville du Sud. Nous avons proposé le Venezuela.

Vous savez que mon médecin personnel a dû rester dans l'avion. Le chef de la sécurité a dû rester enfermé dans un avion verrouillé. Aucuns de ces deux messieurs n'ont été autorisés à venir assister à la réunion de l'Onu. Ceci est un autre abus et un autre abus de pouvoir de la part du Diable.

Cela sent le soufre ici, mais Dieu est avec nous et je vous embrasse tous. Que Dieu nous bénisse tous ! Bonne journée à vous.

 

 


Appel lancé par le Congrès bolivarien des Peuples.

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Du Secrétaire de l'Organisation du Congrès Bolivarien des Peuples

 

Face aux déclarations de Condolezza Rice

 

CONSTITUER DÈS MAINTENANT UN MOUVEMENT LATINO-AMÉRICAIN CARIBÉEN ANTIIMPÉRIALISTE

 

Face aux déclarations de Condolezza Rice, qui appellent à former un front international afin de combattre les gouvernements de Chávez et Fidel, le Secrétaire de l’organisation du Congrès bolivarien des Peuples, Fernando Bossi a déclaré : il est nécessaire que dès maintenant le Congrès Bolivarien des Peuples se constitue en un puissant mouvement latino-américain caribéen anti-impérialiste pour faire face à la politique chaque jour plus agressive développée par le gouvernement Bush.

 

Les attaques contre le Venezuela bolivarien ont monté d’un cran : l’impérialiste n’agit plus seulement à travers les fabuleuses sommes d’argent qu’il distribue aux groupes putschistes vénézuéliens sinon qu’il prétend organiser une « Sainte Alliance » contre les peuples latino-américains qui ne se soumettent pas à ses desseins.» a ajouté Fernando Bossi.

 

Le Secrétaire de l’organisation du congrès Bolivarien des Peuples, appellent les c Nationaux et toutes les forces populaire du continent à s’organiser pour la défense du Venezuela, de Cuba et de tous les pays attaqués par le gouvernement nazi-fasciste étasunien.

 

«Les peuples de Notre Amérique, nous devons comprendre qu’un ennemi puissant menace nos souverainetés, nos richesses et nos vies. L’unité des forces populaires et la mobilisation permanente devront être les consignes du moment. Nous ne pouvons pas attendre que l’ennemi historique des latino-américains et des caribéens s’organise sur le plan international pour… répondre. il est urgent de prendre des mesures et d’accélérer le processus de constitution d’un puissant congrès Bolivarien des Peuples, comme mouvement international anti-impérialiste, en session permanente et attentif à nous mobiliser sur tout le continent face à n’importe quelle agression yankee : seuls les peuples organisés, avec les armes de la raison et de la vérité, pourront vaincre les forces de la réaction » a conclu le secrétaire d’Organisation.

 

 

 

COMUNICADO DE PRENSA

Por Secretaría de Organización del Congreso Bolivariano de los Pueblos.

Ante las declaraciones de Condolezza Rice

 

CONSTITUIR YA UN MOVIMIENTO

LATINOAMERICANO CARIBEÑO ANTIIMPERIALISTA

 

Ante las declaraciones de Condolezza Rice, convocando a un frente internacional a fin de combatir los gobiernos de Chávez y Fidel, el Secretario de Organización del Congreso Bolivariano de los Pueblos, Fernando Bossi, declaró: "es necesario que en lo inmediato el Congreso Bolivariano de los Pueblos se constituya en un poderoso movimiento latinoamericano caribeño antiimperialista para enfrentar la política cada vez más agresiva que expresa el gobierno de Bush".

 

Los ataques a la Venezuela bolivariana van subiendo de tono;  "ya no sólo el imperialismo actúa a través de las fabulosas sumas de dinero que entrega a los grupos golpistas venezolanos, sino que ahora pretende organizar una 'Santa Alianza' contra los pueblos latinoamericanos que no se sometan a sus designios", agregó Fernando Bossi.

 

La Secretaría de Organización del Congreso Bolivariano de los Pueblos, convoca a los Capítulos Nacionales y a todas las fuerzas populares del continente a organizarse en defensa de