Comme tout organisme vivant, les mouvements politiques naissent, se développent, se modifient. La Coordination Communiste doit se transformer pour mieux servir son idéal émancipateur. Créée en 1991, après la contre-révolution bourgeoise en URSS, des militants communistes décidèrent de franchir le pas et de s’organiser. A l’époque, sous l’égide de G. Marchais, s’engageait une « mutation » qui, à travers l’abandon du centralisme démocratique visait à rompre définitivement, selon le mot de Francette LAZARD, avec le « parti de type léniniste ». R. HUE prit le relais, transformant ce parti en formation social-démocrate, bavarde et impuissante, sur le modèle de feu le PSU. Durant neuf années, la Coordination Communiste conduisit une dure lutte interne et accomplit de grandes réalisations : première force d’impulsion de l’opposition communiste, elle dénonça haut et fort la désastreuse participation gouvernementale du PCF, en avertissant de toutes ses conséquences. La «coord » proposa des textes alternatifs aux 28-29-30ème Congrès, pour la défense des principes communistes. A deux reprises, 1997 et 1998, la Coordination Communiste organisa une manifestation de ses militants à la fête de l’Huma et même devant la scène centrale (avec la fraternisation du service d’ordre). Dans les cortèges, la Coordination œuvra à dénoncer l’Europe des monopoles et les traités de Maastricht-Amsterdam. Toutefois, son activité ne fut pas exempte de limites :
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objectives : regrouper les membres restés communistes du PCF devenait une entreprise don-quichottesque au fur et à mesure des désertions massives de militants écœurés , de la disparition progressive des sections d’entreprise, de la déséducation des adhérents ignorant tout des enseignements de Marx et Lénine.
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subjectives : hétérogène, la Coordination était divisée entre ceux qui jugeaient la rupture organisationnelle avec le PCF nécessaire pour construire un nouveau Parti ; d’autres (minoritaires) estimaient que la lutte interne ferait naître le PC sur le « modèle italien ». En 1999, l’absence de véritable unité idéologique conduisit à un affrontement aigu qui se clôtura par la rupture fortement majoritaire avec le PCF mais aussi par la scission de plusieurs anciens dirigeants. La Coordination communiste entrait dans l’étape de la reconstruction. Notre politique était double. Idéologiquement, nous engagions la lutte pour vérifier notre unité théorique, d’autant que les courants opportunistes se manifestèrent, touchant plusieurs responsables minoritaires : électoralisme, conciliation avec le trotskisme, impatience gauchiste, localisme et centrisme.
Ces luttes aguerrirent notre Coordination et soulignèrent la nécessité de faire le bilan de l’héritage du PCF, de comprendre comment le meilleur Parti dont s’est dotée la classe ouvrière en France a fini par marcher sur les traces de la social-démocratie. L’adoption par plus de 95 % des adhérents de nos « 200 Thèses pour une identité révolutionnaire communiste » (100 pages !) souligne l’effort militant accompli, et la volonté de rompre tant avec le mépris de la théorie (propre au mouvement ouvrier français, selon Lénine) comme avec le révisionnisme et ses survivances. A notre Conférence d’octobre a été rappelée la validité du marxisme-léninisme concernant la nature de l’État bourgeois, de l’impérialisme, de la Révolution socialiste. Notre analyse de l’URSS rompt avec 40 ans de dogmes et mensonges révisionnistes. L’anti-stalinisme est bien le cheval de Troie de l’opportunisme dans le mouvement communiste et il inaugure un processus révisionniste symbolisé par les TITO, KHROUCHTCHEV, BREJNEV. Le révisionnisme moderne a surgi dans le PCUS et dans le mouvement communiste international (MCI) en 1956, alors que ces formations étaient nées précisément du combat et du refus des trahisons de la seconde Internationale. Le révisionnisme moderne finit par détruire le MCI, fit émerger des éléments bourgeois liés à l’économie parallèle qui, ensuite, œuvrèrent à la contre-révolution avec la complicité des GORBATCHEV– ELTSINE. Concernant le PCF, nous connaissons tous ses grands mérites : classe contre classe, Front populaire, résistance, armée antifasciste ; mais il ne sut pas éviter la résurgence de tendances historiques lourdes : électoralisme, soumission au républicanisme bourgeois, nationalisme, non assimilation de la théorie léniniste de l’État. Continuer ce qui a été fructueux et rompre avec l’héritage négatif est nécessaire pour construire un nouveau Parti.
Concernant notre pratique, la campagne « Accusons le Capitalisme » permet de lier la dénonciation de chaque réforme réactionnaire à la nature même du système, à sa dictature de classe, à la propriété privée des entreprises, services et banques. La Coordination, engagée dans la création de sections d’entreprises, la défense du syndicalisme de classe, la création des conditions d’une grève générale défensive contre le gouvernement CHIRAC-RAFFARIN- SARKOZY, fait de la classe ouvrière unie le pivot de la construction du Parti. Forts de notre unité idéologique, des progrès qualitatifs, du succès de notre Forum «Accusons le Capitalisme», de notre engagement dans les luttes de mai-juin, nous entrons dans une nouvelle étape transitoire à la construction du Parti. Dans le même temps, une partie de l’aile gauche du PCF évoque maintenant sa «liquidation», s’engageant, mais avec retard, dans la perspective de sa «renaissance». Dès lors, la question centrale est la suivante : quel Parti construire ? «Parti attrape tout» refusant la rupture avec le révisionnisme moderne et adepte de la «voie parlementaire au socialisme», «d’union avec le PS sur un bon programme» engendrera les mêmes conséquences liquidatrices ? La refondation communiste italienne a vite fait de rattraper le PCI d’avant la «cosa» (1). La Coordination Communiste en se dépassant dans « l’Union des Révolutionnaires-Communistes de France » (l’URCF) veut contribuer, œuvrer et agir à la création d’un Parti marxiste-léniniste, internationaliste.
Notre « Union » signifie que les portes sont grandes ouvertes à ceux qui mesurent que le Parti renaîtra dans les luttes, pas dans les «sommets de chefs», dans la capacité à apprendre des grèves spontanées, à y diffuser les principes communistes, ouvertes aussi à nos camarades qui mesurent les impasses de la répétition des erreurs du passé à coups de slogans «républicains», nationalistes ou économistes. «Révolutionnaires- Communistes» parce qu’à la fois continuateurs du PCF léniniste mais aussi en rupture à son avatar consacré à la seule survie de son appareil de permanents et atteint de stérilité programmatique.
«De France», car nous voulons forger un détachement modeste mais ancré dans la renaissance du mouvement communiste international. Une nouvelle page s’ouvre, celle de la construction du Parti dont les travailleurs ont besoin pour se défendre au quotidien, pour dénoncer les impasses de la gauche plurielle et du trotskisme, pour élaborer le programme de la Révolution qui enverra le capitalisme aux oubliettes de l’histoire.
(1) nom donné au phénomène qui engendrera le parti de la gauche démocratique.
Forum de lutte et d’espoir
Depuis plus d’un an, la Coordination Communiste a engagé une campagne nationale sur le thème "Accusons le Capitalisme". Ce mot d’ordre a été le support militant de la Coordination dans les luttes qui ont jalonné l’année 2003, notamment : lors du mouvement social de mai-juin, à la manifestation d’Annemasse, au Forum Social Européen de Paris, contre la guerre en Irak, contre les menaces US sur Cuba, la Corée Populaire, contre l’Union Européenne, etc… Le Forum du 23 novembre avait pour but, non pas de clôturer la série d’initiatives réalisées par la Coordination depuis un an, mais au contraire d’en faire le bilan pour poursuivre l’action avec le souci de construire un pôle de résistance ouvrière et œuvrer à la reconstruction d’une force révolutionnaire anticapitaliste.
Les THÈMES du débat
Ces débats et perspectives, la Coordination Communiste a voulu qu’ils soient ouverts et internationalistes à partir de quatre thèmes :
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Enseignement des luttes et comment relancer l’action contre la politique CHIRAC-RAFFARIN ;
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Comment agir nationalement et internationalement, contre la globalisation capitaliste, contre l’impérialisme nord-américain, l’Union européenne ?
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Comment poursuivre le combat contre la guerre et impulser la solidarité avec les pays menacés par l’impérialisme (Cuba, Corée Populaire, Palestine, etc.)
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Quelle plate-forme d’action en appui au combat quotidien ?
Bon succès pour ce premier Forum
Près d’une centaine de participants au cours de la journée dont une majorité de syndicalistes ouvriers et enseignants. L’Association "Les Amis de Continuer la CGT" y était représentée. Les Comités Départementaux des régions du Sud-Est, d’Auvergne, du Nord, du Centre, de Paris et Ile-de-France avaient réalisé de gros efforts de participation, cependant que de nombreux militants d’autres régions avaient tenu à adresser des messages de soutien.
Plusieurs militants d’autres organisations, comme "Communistes" ou "Parti Communiste de France maoïste" présents au Forum ont pu s’y exprimer.
Des délégations étrangères de Partis frères, répondant à l’invitation de la Coordination ont pu participer aux débats ou saluer les travaux du Forum : Ligue Ouvrière de Reconstitution du KPD (Allemagne), Parti du Travail de Belgique (PTB), Parti Communiste du Tchad (ACTUS), Parti du Travail de Turquie (EMEP), des Communistes Algériens, Parti Communiste Bulgare, les dirigeants syndicalistes d’Italie (CUB), de Grèce (PAME), d’Allemagne, une représentation de l’Ambassade de Corée Populaire, des messages d’amis progressistes lecteurs d’IC.
Un débat riche et intense
Hormis la présentation des thèmes par les animateurs du Forum, une soixantaine de camarades ont pu intervenir dans les débats. Il va sans dire que toutes les interventions, même sommairement, ne peuvent être rapportées dans un tel article. Tout logiquement, la situation économique et sociale, avec le mouvement de mai-juin dernier, ont constitué les points forts de ce Forum. La plupart des intervenants, ayant encore en mémoire leur vécu de cette période, n’ont pas manqué de stigmatiser le rôle négatif des hauts responsables syndicaux, jusqu’à leur trahison des travailleurs. "Il y avait nécessité et possibilité d’aller à la grève générale pour imposer le retrait des projets de réformes CHIRAC-RAFFARIN" ont martelé plusieurs camarades. Á l’Éducation Nationale, l’amertume a été grande et le souvenir reste vivace dans les esprits de beaucoup d’enseignants. Certes, les retenues de salaire, comme en général dans la Fonction Publique, ont pesé mais la combativité n’est pas perdue. Mais, le débat a montré aussi que, si les travailleurs, les enseignants, les fonctionnaires ont été floués par la trahison des dirigeants réformistes, c’est aussi parce qu’il manque dans notre pays un véritable Parti révolutionnaire communiste, un parti qui défende les intérêts de la classe ouvrière. Á travers ce débat, un camarade a résolument posé la question du combat pour le socialisme, en rappelant que "le bloc de l’URSS et des pays de l’Est a permis la libération des peuples de certains pays ; et même nos acquis sociaux ont pu, en Europe occidentale, être préservés jusqu’à la phase décisive de la contre-révolution ».Un autre camarade, animateur des débats, faisait observer que le combat ne devait pas se limiter aux luttes – si indispensables qu’elles soient – mais s’élargir à la bataille idéologique, pour faire comprendre aux masses que, pour changer durablement la vie des travailleurs, il fallait changer de société par une révolution. La mondialisation capitaliste a été dénoncée en tant que moyen de domination économique de la planète par les monopoles, voire de re-colonisation des pays dépendants par les puissances impérialistes, sur fond de contradictions capitalistes de plus en plus aiguës et d’affrontement entre blocs impérialistes pour le repartage du monde. L’invasion anglo-américaine en Irak, après la Yougoslavie, l’Afghanistan, est là pour le montrer. Un camarade a fait observer que la guerre est une affaire de combat de classe porté à son paroxysme. Une autre intervenante rappelle que les États impérialistes – sous couvert des instances internationales – pillent les richesses de certains pays voire des continents entiers (Afrique, Amérique du Sud…).Mais la mondialisation, ce n’est pas simplement le pillage et les guerres de reconquêtes coloniales, c’est aussi, en Europe même, comme l’a démontré une camarade belge, la casse industrielle pour délocaliser, c’est-à-dire pour les capitalistes, aller faire des super-profits ailleurs en exploitant les travailleurs à meilleur marché encore. Avec la casse des acquis sociaux(mondialisation, construction de l’Europe libérale), c’est le développement de la paupérisation qui touche l’ensemble des masses populaires où les travailleurs immigrés sont particulièrement touchés. Un camarade attire l’attention sur la dégradation des conditions de vie des populations immigrées, où la nécessaire solidarité des travailleurs – sans distinction d’origine – doit être relancée pour consolider les liens et unifier la lutte anticapitaliste. Cette solidarité "travailleurs français-immigrés"ne pouvait être mieux illustrée qu’avec l’invitation faite aux employés de Mac-Do en lutte, dont un de leurs représentants a pu s’exprimer sur leurs conditions de travail et la maltraitance qu’ils subissent de la part de l’employeur. Le représentant du Tchad devait, lui aussi, en condamnant sans ménagement les atrocités du capitalisme qui fait payer un lourd tribut aux pays du tiers-monde, appeler à la solidarité et au combat anticapitaliste pour changer de société. Avant de conclure sur le vote des dix points de la plate-forme d’action, la parole était donnée aux représentants de LOR-KPD d’Allemagne. Le camarade allemand allait dénoncer la politique de guerre menée par le gouvernement social-démocrate de son pays, en faisant observer la similitude des politiques française et allemande notamment ; sur la remise en cause des acquis sociaux, comme point fondamental des conséquences de l’Europe impérialiste. Soucieuse de renforcer la solidarité internationale, la délégation allemande invitait officiellement le coordinateur national de la Coordination Communiste à participer, en janvier2004, à une série de rencontres en Allemagne. L’ambiance de ce Forum, visiblement satisfaisante pour tous les participants, ne pouvait être mieux résumée que parce camarade du Nord qui, ayant participé la veille à une réunion politique d’un autre groupe déclarait :"Hier, j’étais à une réunion où je n’ai guère entendu que les chefs. Aujourd’hui, j’ai participé à un véritable débat politique !".
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Abrogation de la Constitution de la Vème République, pour une Assemblée Constituante ;
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Mobilisation contre le gouvernement CHIRAC-RAFFARIN ; œuvrer à la base pour créer les conditions de la grève générale aux fins de stopper les projets réactionnaires ;
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Non aux fermetures d’entreprises, aux licenciements. Nationalisation des monopoles destructeurs d’emplois
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Défense du service public et secteur nationalisé ;
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Non à l’Europe capitaliste ; non à l’Armée européenne ; retrait de l’UE ;
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Contre les guerres impérialistes des BUSH-BLAIR & Cie ; retrait des corps expéditionnaires français des différents pays ; dissolution de l’OTAN ; retrait de la France du Pacte Atlantique ;
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Solidarité internationaliste avec tous les États et peuples qui résistent au nouvel ordre mondial (Palestine, Irak, Cuba, Corée Populaire, etc…) ;
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Lutte contre les campagnes mensongères de l’anticommunisme. Défense du bilan de l’URSS et des autres États socialistes ;
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« Accusons le Capitalisme » en liant la crise économique, le chômage et la guerre, au système fondé sur la dictature du Capital et la propriété privée des moyens de production et d’échange ;
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Forger la seule alternative possible au Capitalisme : le socialisme fondé sur le pouvoir de la classe ouvrière et de ses alliés.
ÉRADIQUER LE CHÔMAGE C’EST POSSIBLE AVEC LA SOCIÉTÉ SOCIALISTE !
Alors qu’en France, nous connaissons actuellement une hausse constante du chômage, aggravée encore par l’application du RMA, rappelons une page d’histoire occultée par les manuels bourgeois. En 1928 en URSS, la dernière bourse de chômeurs ferma ses portes à Moscou. Le socialisme mettait fin à cette aberration du capitalisme, grâce au pouvoir ouvrier et à la socialisation des moyens de production. Pour analyser comment un tel phénomène est possible, faisons un peu d’histoire et revenons à l’économie politique marxiste.(Extrait du manuel d’économie politique -1955- de l’Académie des Sciences de l’URSS).« Dans la société bourgeoise, au fur et à mesure qu’augmente la richesse sociale, une partie de la classe ouvrière est vouée à un travail toujours plus dur et excessif tandis que l’autre partie est condamnée à un chômage forcé. Les ouvriers éliminés de la production forment « l’armée industrielle de réserve », l’armée des chômeurs. Cette armée est un attribut nécessaire de l’économie capitaliste sans lequel elle ne peut, ni exister, ni se développer. L’existence de cette armée permet aux capitalistes de renforcer l’exploitation des ouvriers. Les chômeurs sont contraints d’accepter les plus dures conditions de travail. Le chômage crée une situation instable pour les ouvriers employés dans la production, et réduit considérablement le niveau de vie de la classe ouvrière toute entière. Voilà pourquoi les capitalistes n’ont pas intérêt à voir supprimer« l’armée industrielle de réserve » qui pèse sur le marché du travail et assure au capitaliste une main-d’œuvre à bon marché. Avec le développement du mode de production capitaliste, l’armée des chômeurs, diminuant dans les périodes d’essor de la production et augmentant pendant les crises, s’accroît dans l’ensemble. L’expérience de l’édification du socialisme en Union soviétique, nous convainc de la supériorité de ce système sur le mode de production capitaliste. «L’industrialisation socialiste de l’Union soviétique et la collectivisation de l’agriculture ont abouti à un mieux-être sans précédent des travailleurs des villes et des campagnes. La classe ouvrière de l’URSS se débarrassa à jamais du chômage, des crises et de la crainte du lendemain qui sont une véritable malédiction pour des millions de travailleurs dans les pays du capital. Au pays des Soviets, le chômage fut éliminé et ses causes liquidées sans retour, à l’époque justement où, dans les pays capitalistes, des dizaines de millions d’hommes et de femmes étaient privés de gagne pain». (Extrait des « Cahiers du communisme» organe du PCF -juillet1951-). Précisément, la contre révolution bourgeoise en URSS en1991, conséquence des abandons des principes par les directions révisionnistes, allait très vite ressusciter le chômage et les bourses du travail qui touchent aujourd’hui 30 % de la population. Nous voyons, qu’en France et avec l’Europe des monopoles, les lois du capitalisme sont plus actives que jamais. L’Etat capitaliste exploite toujours plus les travailleurs pour réaliser le profit maximum. La seule solution est de construire un véritable Parti des révolutionnaires-communistes oeuvrant au renversement du capitalisme pour assurer la dictature du prolétariat (n’en déplaise à Krivine-Besancenot) et la propriété sociale et collective des moyens de production et d’échange. C’est l’objectif de « l’Union des Révolutionnaires Communistes de France (URCF) ».
Rejoignez notre combat !
GOUVERNEMENT ET PATRONAT S’ATTAQUENT AUX CHÔMEURS
Plus de 180 000 chômeurs selon l’UNEDIC, 250 000 selon des estimations plus fiables, sont arrivés en fin de droit le 1er janvier 2004 ; peu d’entre eux ont été prévenus de leur sort, ils vont découvrir soudainement leur situation, conséquence directe de l’accord UNEDIC du 20 décembre 2002 signé entre le patronat et les « syndicats CFDT,CGC, CFTC ». Cet accord durcit considérablement les conditions d’accès à l’indemnisation : 6 mois d’activité salariée nécessaire au lieu de 4, abaissement de la durée d’indemnisation pour les chômeurs âgés de plus de 50 ans : 36mois au lieu de 48 mois (seuls les chômeurs âgés de plus de 50 ans qui étaient en cours d’indemnisation avant la fin 2002 garderont leurs droits ouverts : 45ou 60 mois ). Pour les autres, les anciennes durées seront converties avec une baisse d’indemnisation comprise de7 à 9 mois. Selon une estimation de l’UNEDIC, la conséquence de l’entrée en vigueur de cet accord va toucher 876 000 allocataires dès début 2004, en raison des baisses drastiques des indemnisations chômages. Il en est de même pour ceux qui, en fin de droit, percevaient l’allocation pour le retour à l’emploi (742 € minimum pour une personne seule) et qui se retrouveront en ASS (Allocation de Solidarité Spécifique) avec 406 € ou au RMI 411 €.. Sous le fallacieux prétexte que les chômeurs doivent retrouver le goût du travail, ce qui sous-entend que ce sont des fainéants, le gouvernement accélère le démantèlement des dispositifs qui existaient et qui étaient déjà largement insuffisants ; limitation à 2 ans au lieu de 3 ans de l’ASS, transformation du RMI en RMA, qui deviendrait un contrat de travail de 20 heures par semaine pour une durée maximale de 18 mois. L’employeur percevrait le RMI de son « nouveau travailleur forcé » , le salaire total qui serait un demi SMIC ne coûterait en fait que 130 € au patron. Avec une telle mesure de tiers-mondialisation des chômeurs, c’est un cadeau de fin d’année fait par le Gouvernement RAFFARIN au MEDEF : cinq salariés pour le prix d’un ! Qui dit mieux !? Bien sûr, la promo ne s’arrête pas là ; avec le RMA, pas d’arrêt maladie possible, pas de droit de grève, pas de Code du Travail, bref le moyen-âge cher au baron SEILLÈRE ! C’est le retour pour la Bourgeoisie de la peur des classes dangereuses du 19ème siècle : lorsque l’on réduit les individus à l’état d’indigent, le pas est vite franchi pour leur coller l’étiquette d’inadapté, de délinquant potentiel, une sorte d’handicapé social à qui il faudrait« ré-inculquer » le goût du travail, de l’effort ! Lors du débat au Sénat sur la loi créant le RMA, une définition type du RMIste a été donnée en recoupant les propos tenus par certains sénateurs particulièrement réactionnaires : il s’agit d’une «personne fragile» qui en perdant son « employabilité » a perdu ses «repères» et «l’estime de soi», elle a besoin pour son accompagnement d’un «référent» ou d’un «tuteur» dans son «cheminement parfois chaotique». Sous d’aussi bons sentiments, il s’agit de faire le tri parmi cette catégorie de laissés-pour-compte entre employables et irrécupérables, de rationaliser la gestion de cette main-d’œuvre, particulièrement celle qui n’est pas qualifiée pour la livrer au Patronat à un prix défiant toute concurrence. L’étape nouvelle que se fixent Patronat et Gouvernement va donc correspondre à une accentuation de la paupérisation de la population : si l’on considère qu’actuellement près de 5 millions de personnes sont au chômage sous diverses formes : RMI, 1,2 million, chômeurs indemnisés ou non, 3 millions préretraités et autres, 800 000, il faut ajouter les millions de salariés précaires: contrats à durée déterminée, intérimaires, temps partiels sous toutes les formes ! On peut imaginer les ravages que vont faire de telles mesures !Pour l’année 2004, faisons en sorte que, partout, s’exprime le mécontentement, et fédérons les énergies combatives.
Executive life ou le capitalisme putréfié
Le scandale de l’affaire «Executive Life» illustre l’actualité de l’analyse de LÉNINE sur le capitalisme pourrissant, putréfié, au stade impérialiste. Les faits : en novembre 1991, le Crédit Lyonnais rachète le portefeuille de «Junk Bonds» (obligations à risques) d’Executive Life. L’assureur MAAF l’acquiert de manière illégale pour le Crédit Lyonnais. En 1995, le monopoliste François rachète les obligations à risques du Lyonnais et prend même le contrôle d’Executive Life, rebaptisé Aurora. En 1999, sur dénonciation, la justice nord-américaine porte plainte. Le gouvernement JOSPIN laisse traîner l’affaire pour ne pas «léser» François Pinault et laisser la patate chaude si la droite revient aux affaires. En septembre 2003, le parquet de Californie accepte un « compromis » (avec l’argent, on peut tout acheter même et surtout la justice US). Le Crédit Lyonnais, la MAAF, l’Etat français (les contribuables et les travailleurs par la TVA) paieraient 585 millions de dollars contre l’abandon des poursuites. François PINAULT, qui aurait gagné un milliard d’Euros de plus-value, étant écarté de cet accord. Ce dernier, très en cour à l’Elysée … bénéficie de solides protections, puisque le gouvernement a refusé de ratifier cet «accord». L’amende sera donc beaucoup plus lourde encore. Ces péripéties qui seraient grotesques si elles n’étaient pas prétextes à surexploiter davantage les travailleurs, comportent plusieurs enseignements. - Illustration du cancer financier, des manœuvres frauduleuses pour racheter des actions, exporter les capitaux, ruiner ses concurrents. Les contradictions inter-impérialistes étant aggravées, au coup d’épingle des monopolistes affairistes de France va répondre le bazooka du capital financier nord-américain, avec l’objectif d’affaiblir notre économie et de paupériser les travailleurs. - Vérification de la thèse léniniste sur la subordination de l’État et de son appareil aux monopoles. Les amis de gauche de F. PINAULT (ses adjoints sont des anciens collaborateurs de L.FABIUS) et de droite jusqu’au plus haut sommet, prennent les français en otages pour mieux couvrir ses agissements illégaux, frauduleux, rapaces. Enfin, quelle information, alors que les travailleurs vont devoir se serrer la ceinture, austérité oblige, travailler à l’œil à la Pentecôte, se faire exploiter plus longtemps (loi FILLON), que les chômeurs (RMA) sont voués à la misère extrême, les intermittents à renoncer à leur profession, de savoir que l’oligarchie financière coule des jours heureux. J. BOVÉ, M.G. BUFFET, A. KRIVINE diraient : il faut répartir l’argent autrement, partager les richesses. L’URCF préfère ne pas semer d’illusions et œuvrer à l’expropriation des expropriateurs, seule voie pour assurer justice, progrès social, fin du chômage et de la misère. Tout est à eux, rien n’est à nous. Prenons leur tout !
Chirac champion toutes catégories de
la destruction du droit de grève
La grève est devenue licite en 1884. Mais si la légalité de la grève est reconnue à compter de cette date, le patronat et les gouvernements à son service n'auront de cesse de la remettre en cause. Les grandes grèves et plus particulièrement celles du début du siècle et de 1934 seront réprimées dans le sang ; les méthodes criminelles du capitalisme n'entameront pourtant pas la détermination de la classe ouvrière. En 1936, sous le Front Populaire, il apparaît une nouvelle forme de grève avec occupation des locaux. La bourgeoisie et le patronat engageront des poursuites d'indemnisation contre l'État au motif qu'il n'avait pas fait respecter le libre accès à la propriété privée. C'est également en 1936 que les salariés de la Fonction publique obtiendront le droit de grève. Avant cette période, les fonctionnaires qui utilisaient la grève étaient révoqués de fait purement et simplement. 1945 sera une étape décisive : la position de force de la classe ouvrière et un Parti Communiste digne de ce nom, avec le Ministre du Travail Ambroise CROIZAT, imposeront que le droit de grève soit inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946. En 1947, afin de mieux pouvoir réprimer la grande grève des mineurs du Bassin de la Loire, les ministres Jules MOCH et Paul RAMADIER (ministres socialistes), font voter à la hussarde la Loi du 6 décembre 1947, tendant à la protection de la liberté du travail ; ce texte législatif n’assure pas la protection des salariés et le droit au travail mais la répression des salariés grévistes. Cette loi prévoit de fortes condamnations à des peines de prison et d’amendes. Dans la foulée, ce gouvernement votera l'état d'urgence. Les mineurs se virent interdire de se réunir à plus de trois personnes, des centaines de mineurs furent traduits devant la justice de classe et condamnés à de lourdes peines. Ces textes scélérats n'entameront pas la détermination des mineurs mais laisseront des séquelles dans le monde du travail du Bassin de la Loire. Dans ces années 47 à 60, sous l'influence du mouvement révolutionnaire politique et syndical, la répression patronale ne pourra pas se servir de son arsenal législatif contre la grève. Dans les années 1980, le patronat tentera, avec la justice de classe, de se faire indemniser par les organisations du préjudice qu'il aurait subi au cours des grèves. Cette tentative échouera. Plus tard, AIR INTER assignera en justice le Syndicat des Pilotes de ligne pour tenter de faire annuler le préavis de grève au motif que les revendications n'étaient pas raisonnables ! Dans un premier temps, la justice de classe du Tribunal de CRÉTEIL donna raison à AIR INTER. Sous la pression des Travailleurs et du Syndicat de la Magistrature, la Cour d'Appel rappellera que seuls les salariés ont la maîtrise de leurs revendications, à condition qu'elles découlent de l'exécution de leurs contrats de travail. En 1962, le Général De GAULLE attaquera le droit de grève pour les travailleurs de la Fonction publique et des entreprises qui ont une mission de service public. Cette attaque catégorielle qui divise les travailleurs va permettre de faire voter pendant les congés payés la Loi scélérate du 31 juillet 1963. Cette loi prohibe les grèves tournantes et les grèves surprises dans les services publics, à moins qu'elles ne soient précédées d'un préavis de plus de 5 jours déposé par les organisations syndicales représentatives. L'argument de la Droite était que le préavis devait servir la négociation et éviter la grève. Mais les pouvoirs publics et les divers gouvernements ont toujours violé cette clause et refusé de négocier. Il apparaît donc clairement que le but du patronat et de l’État capitaliste est de rendre la grève impossible. Depuis 1968, CHIRAC a tenté quatre ou cinq fois de remettre en cause le droit de grève. Aujourd'hui, sa volonté n'est pas plus qu’avant de privilégier la négociation. Son but est de réduire les conditions d’exercice du droit de grève dans le secteur public et assimilé, tout en sachant que les attaques au droit syndical dans le secteur privé la rende au combien plus difficile. Le but de l’état bourgeois est d’opposer les intérêts des usagers (service minimum) aux intérêts des grévistes en lutte pour leur revendication. Nous devons contourner le piège de la division, et unir grévistes et usagers, autour de revendications qui soient universelles et communes. C’est cela précisément que vise la campagne «Accusons le capitalisme». Il s’agit aussi d’une tentative d’aligner le droit bourgeois français du travail, sur les droits très restrictifs des autres pays européens, où la grève légale est, de fait, presque impossible. Quand bien même la bourgeoisie parviendrait à ses fins, nous devons nous souvenir que jamais une loi ne peut empêcher la mobilisation des travailleurs, et que la vie les poussent à la révolte. Toujours les victoires de la classe ouvrière ont été acquises par des grèves, légales ou pas.
FERRY et DARCOS devant la Commission des finances…
Les masques tombent, ils veulent tuer l’Éducation nationale !
En ces temps de nouvelles technologies au service d’un pseudo grand débat sur l’école, une activité est à la mode : la recherche des mots-clés. Nul besoin d’attendre le résultat de cette mascarade de consultation ; les mots-clés des orientations gouvernementales en matière d’éducation nous ont été donnés le 28 octobre, lors de l’audition des deux ministres devant la Commission des finances. Celle-ci les entendait sur leur «stratégie de réforme du ministère» et leurs propositions pour faire des économies. Rendement, souplesse de gestion, redéploiements, annualisation, rationalisation, décentralisation, autonomie des établissements ; tous ces mots, coups de poignard portés contre les personnels et le service public d’éducation, et les clés de la maison «école publique» offertes sur un plateau au patronat et aux vautours de la grande foire capitaliste. La stratégie, mise en œuvre depuis des années avec la collaboration active des gouvernements sociaux-démocrates, reste la même, avec maintenant un bon coup d’accélérateur :
- asphyxie budgétaire
- éclatement du service public
- privatisation . 1/
11-Pour renforcer l’asphyxie de l’école, rien de tel qu’une bonne régression budgétaire. L’apparente augmentation de 2,8% du budget de l’Éducation cache en fait une baisse d’au moins 2% des moyens d’enseignement ; la saignée dans les effectifs de personnels confine à l’hémorragie : économie programmée de 4 000 postes d’enseignants, de 1 100 emplois administratifs (soit un tiers des effectifs) et de 16 000 postes de surveillants ; l’offre de formation sera « rationalisée », c’est-à-dire réduite, en supprimant des options et en diminuant le temps scolaire.
21-Le but essentiel de ce désengagement de l’État va au-delà du seul souci d’économies ; il s’agit avant tout de parachever le démantèlement du service public d’éducation, de briser les cadres nationaux et statutaires pour les enseignants et d’aggraver les pressions de l’idéologie patronale. Le cadre national tend à disparaître, avec la décentralisation, qui livre 95 000 agents, ouvriers et techniciens aux Conseils généraux, avec le recrutement désormais local des surveillants et des enseignants précaires ; les statuts, quand ils ne disparaissent pas comme celui des étudiants-surveillants, sont ouvertement remis en cause, à travers les propositions ministérielles d’annualisation des services (qui obligerait, par exemple, les professeurs de collège à enseigner deux matières et à remplacer les collègues au pied levé). Décentralisation, casse des statuts et flexibilité, autant d’armes efficaces que se donne aussi le gouvernement pour briser les solidarités et les résistances collectives des personnels.
31-Une fois la dérégulation du service public bien engagée, il s’agit, pour nos gouvernants, de satisfaire les appétits des exploiteurs qui veulent, d’une part formater librement les consciences de leurs futurs exploités, et d’autre part «marchandiser » l’école à leur plus grand profit. Pour cela, le maître mot, répété au moins dix fois devant la Commission, le mot magique, véritable Sésame vers la privatisation, c’est le mot «autonomie». L’autonomie des établissements, cela signifie selon M. FERRY «rapprocher le mode de décision dans les établissements publics de celui qui est mis en œuvre dans les établissements privés», à savoir gestion libre d’un budget global, avec possibilité de financements issus d’entreprises privées, renforcement du pouvoir des chefs d’établissement qui pourront recruter les enseignants et les «manager» avec la carotte du salaire au mérite ; l’autonomie, cela signifie aussi la fin du caractère national des programmes, puisque 15% des contenus d’enseignement seront laissés à la libre décision des établissements, pour mieux s’adapter aux exigences des entreprises locales. La concurrence entre établissements, qui découlera de cette autonomie, renforcera la course aux performances et la soumission aux pressions de l’extérieur, aux demandes des entreprises. « Rapprocher l’École et l’entreprise », prône la Commission européenne. Zélés, nos ministres soumettent toujours plus l’école aux intérêts et aux besoins du patronat : l’alternance collège/entreprise pour les élèves dès l’âge de 14 ans, modification des programmes selon les voeux du MEDEF. On le voit, le rouleau compresseur de la privatisation est en marche, et si on ne l’arrête pas maintenant, il écrasera sur sa route bien des jeunes, enfants d’ouvriers notamment, que seule l’école publique pourrait conduire sur la voie de l’émancipation et de la réussite. On peut s’interroger : pourquoi, face à un tel danger, les défenseurs de cette école publique ne se lèvent-ils pas à nouveau ? Il est sûr que le sentiment d’échec après le mouvement du printemps dernier, et la répression qui a suivi avec les retraits sur salaires, ne