Pas une voix aux candidats du
capital
Les élections apparaissent à juste titre comme une pitoyable farce. Les travailleurs sont sommés de choisir non pas leurs représentants à l’assemblée régionale, mais les loyaux gestionnaires des intérêts du Capital monopoliste chargés de mettre en pratique les orientations définies par la Commission de Bruxelles et traduites sous forme de lois par le gouvernement
Ainsi, les lois sur la décentralisation participeront du démantèlement des hôpitaux, transports publics, écoles, centres de recherches… par des réductions drastiques des budgets, des suppressions de postes, de services, voire d’établissements entiers. Quelle que soit la formation politique ou la coalition qui sera majoritaire, quelles que soient les bonnes volontés de personnalités du mouvement social placées sur des strapontins en guise de cautions ouvrières, il n’y aura d’autre possibilité pour l’exécutif régional que d’appliquer, dans la limite des carcans budgétaires ou plus exactement dans le cadre réel des transferts de compétences (donc de charges) de l’Etat, la politique de transfert massif des revenus du travail vers le capital, au risque de délocalisations vers les régions offrant des conditions plus avantageuses (aides à l’investissement, taxes réduites… ). Il y aura de toute façon accentuation des inégalités entre les régions. Les grands pôles économiques où se concentre le capital captant l’essentiel des investissements et crédits au détriment des régions moins développées ou sinistrées par le chômage et la désindustrialisation. Le démantèlement du service public unifié (fermeture annoncée de milliers de bureaux de poste, de lignes de chemin de fer et de gares… ) aggravera encore la crise économique et la paupérisation de la population, d’autant plus que ceux-ci seront frappés de plein fouet par les augmentations d’impôts et de taxes auxquels les collectivités locales seront obligées d’avoir recours pour faire face aux nouvelles dépenses. Ce processus est mené de concert au niveau européen par Chirac-Blair- Schröder, et les travailleurs de chaque pays subissent les mêmes attaques contre leurs acquis, leurs libertés, leurs conditions de travail et de vie, leurs revenus et leurs emplois. En Allemagne, comme ce fut le cas en Grande-Bretagne, et comme cela se déroule en France, la Deutsche Bahn (chemins de fer) a été transformée en société anonyme de droit privé, puis scindée en plusieurs entités (infrastructure, billetterie, marchandises… ) et soumise à la concurrence. Résultats : fermetures de lignes, accidents à répétition (deux mortels en 2003), 40 000 suppressions d’emplois prévues. Dans chaque pays, les mêmes attaques contre les retraites et les chômeurs sont opérées avec les mêmes alibis. Chaque processus de privatisation, de réduction des budgets sociaux se fait sous l’égide des directives de l’Union Européenne. L’élaboration de cette politique n’est, là non plus, aucunement l’émanation de la volonté populaire mais celle des monopoles qui imposent leurs décisions aux gouvernements et n’ont de compte à rendre qu’à leurs actionnaires. La lutte contre l’UE, cartel d’Etats et bloc impérialiste en construction, véritable machine de guerre, constitue donc la tâche du moment pour présenter une alternative anti-capitaliste à la politique antiouvrière et d’abandon de la souveraineté nationale. En France, la bourgeoisie réactionnaire se taille un mode de scrutin antidémocratique à sa mesure : prime au gagnant, seuils infranchissables pour les petits partis, ce qui lamine toute expression électorale des mécontentements. Le terrain avait déjà été largement balisé par la gauche plurielle, en matière de privatisation et de démantèlement du code du travail. C’est pour cela que la social-démocratie (PS-verts et PCF) peine à se différencier de la droite. Chaque parti y va ainsi de sa démagogie : promesses de transports bon marché, de logements sociaux pour tous, etc. La palme revient même au… FN qui demande, à l’instar du parti fasciste italien dans les années vingt, des mesures contre les entreprises qui licencient, l’obligation qu’elles remboursent les aides régionales… Ne nous trompons pas, les habituels refrains racistes et corporatistes figurent tout de même en bonne place, car le fascisme n’a rien d’autre à apporter aux travailleurs que surexploitation, misère et guerre et terrorisme anti-ouvrier. Quand l’alternance droite-gauche ne permet plus d’endiguer les résistances au capitalisme triomphant, le fascisme devient l’arme principale de ce dernier. Le volet répressif s’accentue : lois Sarkozy-Perben, poursuites contre des syndicalistes, arrestations d’anciens militants brigadistes italiens. Les attaques contre le droit de grève sont menées sous la pression de groupes ( de défense des contribuables par exemple) qui son assimilables aux ligues qui sévissaient dans l’entre-deux guerres. La complicité des directions syndicales marginalise les militants combatifs et vide la grève de son contenu au profit de « journées de mobilisation » qui privilégie la négociation sans principes. Les travailleurs ont pu d’ailleurs faire le constat que la bureaucratie syndicale marchait de concert avec les partis de la social-démocratie dont les ministres se sont plus illustrés comme briseurs de grève que comme défenseurs du service public et des acquis sociaux gagnés de haute lutte. Dans ces conditions, que peut-on attendre de listes où figureraient des « communistes critiques » opposées à la dérive du PCF ? Ou des listes troskistes qui drainent le mécontentement social pour le dévoyer. Ils prônent le partage des richesses, mais sans remettre en cause le système capitaliste. On s’aperçoit qu’aujourd’hui, les directions syndicales sont en capacité d’empêcher un mouvement général de lutte contre la politique du Capital relayée par le gouvernement. C’est pourquoi il faut construire, dans l’action, à la base, des convergences entre les travailleurs, qui, une fois organisées, pourront menée à la grève générale, seule arme véritablement efficace de la lutte de classe. L’URCF travaille à impulser une orientation anticapitaliste aux luttes et à les unifier pour que la classe ouvrière ait conscience de sa propre force. Aux élections régionales et cantonales, les révolutionnaires communistes sont victimes de la censure par le fric. Leur jeune mouvement n’a pas les millions nécessaires contre la politique de misère, de chômage, de répression et de guerre, contre le Capital. Nous appelons au vote sanction. Pas une voix à la réaction, au pouvoir, à la sociale-démocratie, au fascisme de Le Pen ! Utilisons le bulletin rouge de l’U.R.C.F. Votons anti-capitaliste !
Le gouvernement veut détruire
le droit de grève
Le gouvernement CHIRAC RAFFARIN poursuit sa course pour rayer de la Constitution le droit de grève ; il satisfait à l'extrême les revendications patronales. Aujourd'hui, le patronat tente de faire signer des accords d'entreprises qui mettraient en place un service minimum et annuleraient complètement le droit de grève. Le droit de grève inscrit dans la Constitution stipule : "le droit de grève est un droit individuel" ; la jurisprudence rappelle que les accords collectifs ne peuvent pas réduire les dispositions de la Constitution. Les attaques patronales précèdent les lois restrictives des CHIRAC et consorts qui annuleront les acquis de plus de cent années de luttes des travailleurs. Exemple : à AIR France, la direction propose un préavis de 30 jours avec assurance d'un service minimum à 75% ; en contrepartie, elle accorde deux permanents de plus aux organisations syndicales. Les travailleurs subissent depuis ces dernières années les manœuvres patronales qui tentent de criminaliser les conflits en les déplaçant sur le terrain judiciaire. Sur l'aéroport Charles de Gaulle, les salariés des sous-traitances Air France et Aéroports de Paris ont subi la criminalisation des conflits ; leurs patrons ont saisi les tribunaux pour leur imposer le préavis de grève alors qu'à Air France le préavis de grève ne plus être imposé y compris pour les pilotes. Pour Aéroports de Paris, les directives ultra-libéralistes de l'Europe du capital ont vidé la mission de service public ; seuls l'atterrissage et le décollage des avions restent soumis à cette mission..
Intervention Communiste, avec le Comité de l'aéroport Charles de Gaulle a interviewé ALI, salarié de AIRELLE. Ex- TransRoissy. Cette entreprise sous-traitante d'A.D.P. transporte en autocars les passagers de l'aérogare aux avions stationnés au large et vice versa
I.C. : Tu es salarié de Airelle, sous-traitant d'A.D.P et tu as subi l'assignation en justice de ta direction lors d'un conflit pour imposer aux salariés le préavis de grève.
Ali : Les patrons ont employé tous les moyens pour briser la grève. Ils ont tenté de nous imposer le préavis de grève en nous traînant devant les tribunaux alors que le transport des passagers de l'aérogare à l'avion n'est plus une mission de service public du fait que les compagnies aériennes sont soumises à une concurrence sauvage qui découle des directives européennes.
I.C. : Le transport des passagers de l'aérogare à l'avion n'est-il pas un service public ?
ALI : Il ne l’est plus. Cette prestation d'A.D.P. est une activité d'assistance de chargement de l'avion pour une compagnie aérienne privée quelconque qui est là pour "faire du fric".
I.C. : Dans quelles conditions Airelle a-t-elle assigné les travailleurs en justice ?
ALI : En 1999, nous avons organisé des arrêts de travail sur plusieurs semaines pour nos revendications : sécurité, conditions de travail et salaire. La direction avait la ferme intention de ne pas négocier, et pour briser la grève, elle voulait à tout prix nous imposer un préavis. L'inspecteur du travail était intervenu en rappelant à la direction que nous n'assumions pas une mission de service public et qu'elle ne pouvait pas nous imposer le préavis de grève, que le droit de grève est un droit constitutionnel qui ne se négocie pas à la baisse. Malgré cet échec, la direction avait toujours la ferme intention d'imposer son diktat ; elle nous a assigné devant la justice de classe pour tenter de nous imposer le préavis. La justice de classe s'est portée au secours de la direction par une décision inique. Elle a repris les arguments patronaux qui font l'amalgame entre la mission de service public (décollage et atterrissage des avions) d'une part et l'activité commerciale d'autre part, c'est-à-dire l'assistance aéroportuaire qui est mise en concurrence et qui donc n'est plus une mission de service public. Cette décision scandaleuse nous oblige à déposer un préavis de grève ; la justice de classe a bafoué le droit de grève.
I.C. : Les salariés d'Aircar ont subi les mêmes attaques en 2001 et la justice de classe a pris la même décision ; les conditions sont-elles les mêmes?
ALI : Non et les travailleurs d'Aircar ne font pas le même travail que nous, puisqu'ils transportent les équipages de leur lieu de prise de service à l'avion et vice versa. La décision est d'autant plus scandaleuse que la mission de service public d'Air France a pris totalement fin en 1984 ; la libre concurrence est intervenue sur toutes les destinations. Nous pouvons constater que la justice de classe diffère dans ses décisions puisque, en 1997, le Tribunal de Grande Instance de Paris rappelle qu'Air France n'a plus de mission de service public et que même les pilotes ne sont plus soumis au préavis de grève. Ce jugement applique les doctrines de l'Europe du Capital : le règlement CEE du 23 juillet 1972 concernant le transport aérien "réaffirme le principe de libre circulation et interdit les monopoles et de ce fait interdit les missions de service public".
I.C. : Que penses-tu du service minimum ?
ALI : Le service minimum est la continuité de l'atteinte au droit de grève. Nous sommes obligés aujourd'hui de déposer un préavis ; les 5 jours de délai ne servent pas à négocier comme l'impose la loi injuste de 1963, mais ils permettent aux patrons d'organiser l'échec de la grève. Les patrons ne négocient que s'ils sont acculés et ne peuvent pas faire autrement. Le service minimum va garantir la productivité et permettra d'engager les salariés dans des conflits sans fin qui vont les affamer ; les patrons auront tous loisirs de ne plus répondre à aucune revendication.
Pour conclure, nous ne pouvons que constater que s'il y a eu échec pour la direction d'Air France, le patronat des entreprises sous-traitantes peut dormir tranquillement, le gouvernement CHIRAC RAFFARIN veille sur eux et la justice de classe qui viole les lois bourgeoises viendra à leur secours.
NDLR : la disparition du préavis est un progrès sur le plan social, mais pas la privatisation du service public d’Air France.
Pour EDF/GDF amplifions la bataille contre la privatisation!
Après avoir repoussé plusieurs attaques de grande ampleur, nous appelons les électriciens, gaziers, énergéticiens, mineurs, élus et usagers à se mobiliser pour faire barrage au gouvernement Raffarin qui a réaffirmé sa volonté d’ouvrir le capital EDF et GDF dans le courant de l’année 2004
Il est vrai que cette même annonce fracassante a été faite en 2002, prévoyant le changement de statut pour le 1er semestre 2003, sous les injonctions de Bruxelles et ses directives européennes « électricité et gaz ». Mais la résistance des électriciens et gaziers s’inscrivant dans celle des mouvements sociaux de mai/juin contre la réforme des retraites et la loi Fillon, a contraint le gouvernement à ne pas mettre en œuvre sa politique de casse de ces services publics en 2003. Ceci étant, la riposte aurait pu s’organiser déjà il y a plusieurs années avec le PCF lorsqu’il faisait partie de la « majoritaire » gauche plurielle. Au lieu de voter contre ces lois scélérates de transposition en droit français des directives européennes et d’organiser la lutte dans le pays, ses ministres n’ont manifesté que mollement leur désaccord en déclarant qu’il valait mieux amende r un texte que de risquer de tout perdre (malgré la désapprobation majoritaire des camarades communistes électriciens et gaziers). Alors, aujourd’hui, où en sommes-nous ? Les nombreuses actions et grèves menées par les plus conscientisés d’entre nous ont fait reculer, en partie, le pouvoir et les directions d’EDF/GDF. Toutefois, ces dernières agissent en sous-main et appliquent d’ores et déjà des mesures de privatisation : c’est 8 000 postes supprimé s dans le secteur de la Distribution de l’électricité et du gaz avec un recours accru à la sous-traitance pour des tâches réalisées autrefois avec professionnalisme par les agents en place ; ce qui fragilise la sécurité autant électrique que gazière pour le personnel mais également pour les usagers. Il y a notamment, dans les centrales nucléaires, des agents du privé qui ne sont pas formés et s’exposent aux rayons ionisants, mettant leur santé en danger avec risque de leucémie. C’est le kWh traité en bourse avec le trading (vente en temps réel de la production) chez London Electricity (filiale d’EDF). Avec l’ouverture des marchés aux fournisseurs en juillet 2004 et la concurrence entre groupes privés, ce sont les valeurs fondatrices du service public qui seront bafouées : la qualité des prestations et la continuité de la fourniture ne seraient plus garanties ainsi que la péréquation tarifaire et l’unicité de traitement sur tout le territoire. Ce scénario est grave et peut conduire à la catastrophe. (Dénonçons l’exemple de la mairie de Paris « dite de gauche » qui a déjà commandé un audit pour savoir quel fournisseur d’électricité serait le plus intéressant). Les exemples des pannes de fourniture et des faillites de courant ENRON aux USA et celles d’Italie nous prouvent que notre service public doit être défendu et développé car il a maintes fois démontré son efficacité pendant la tempête, les inondations, la canicule etc… . Les agents d’EDF/GDF étaient sur le terrain et ont rétabli rapidement le courant et/ou le gaz à des millions d’abonnés, faisant preuve de leurs capacités professionnelles et disposant d’un matériel adapté. Pourquoi changer ce qui marche bien ? Même si des améliorations sont toujours à faire. Veut-on un « grand retour en arrière » avec d’une part, les « clients » qui pourront se payer un branchement et avoir l’électricité et/ou le gaz et, d’autre part, ceux qui n’auront pas les moyens. Le choix est vite fait. Non seulement il ne faut pas privatiser EDF, qui est un bien payé par les travailleurs, mais il faudrait la revenir aux principes du service public. Battons-nous pour conserver ces 2 énergies qui ne sont pas des marchandises comme les autres mais des besoins vitaux comme l’air que l’on respire. Accusons le capitalisme dont les requins veulent nous spolier de ce qui nous appartient car pour eux, l’énergie, c’est la poule aux œufs d’or, ressource spéculatrice inestimable de ce troisième millénaire. En effet, les possesseurs des ex-sociétés et leurs descendants n’ont jamais baissé les bras et ont toujours eu pour but de récupérer ces richesses. Mais ce que l’on a réussi à arracher avec la résistance antifasciste au lendemain de la guerre, ils ne nous le reprendront pas ! Nous appelons à nous organiser et à participer aux actions de mars. La CGT ne doit pas se contenter de cartes-pétitions pour un référendum consultatif des usagers ou de propositions alternatives à cette privatisation, mais doit fermement exiger le maintien du service public nationalisé avec la fusion d’EDF/GDF.
Face à la barbarie patronale
L’été 2004 risque d’être fatal à la Sécurité Sociale face à la barbarie patronale incarnée par le gouvernement CHIRAC - RAFFARIN. Un projet de réforme dans le droit fil de la "refondation sociale" du MEDEF sera mis en débat en avril prochain pour être finalisé et adopté – comme pour les retraites l’an dernier – au cours de l’été prochain. Bénies soient les vacances ! La discussion avec les "partenaires sociaux" a déjà débuté sur la base d’un rapport commandité par J. F MATTEI, établi par le Haut Conseil de l’Assurance maladie
Ce projet est l’aboutissement des assauts successifs du Patronat depuis plus de vingt ans, que les gouvernements "de gauche" n’ont en rien entravés quand ils n’ont pas été complices. Mais au-delà, cette réforme répond aux exigences de la mondialisation capitaliste et aux directives européennes d’harmonisation sociale par le bas. Sous les pressions du FMI qui pousse à la libéralisation totale des protections sociales, c’est l’enjeu de la privatisation de la Sécurité Sociale et des prestations sanitaires qui est posé. Comme pour les retraites et le marché de l’emploi, l’Allemagne et la France sont en pleine osmose avec la conception néolibérale de l’Europe. La réforme de la Sécurité Sociale que le gouvernement social-démocrate allemand a fait voter à l’automne dernier avec l’appui de la droite, présente les mêmes caractéristiques que le projet français : réduction des cotisations patronales, amputation des prestations, transfert des charges sur les assurés sociaux.
Le projet de réforme
Le projet – bien que non encore publié, élections régionales obligent ! – n’en est pas moins dévoilé dans ses grands traits à travers le rapport du Haut Conseil de l’Assurance maladie. Si certaines précautions de formule sont prises pour ne pas effrayer l’électeur, l’essentiel des fondements de la réforme y est. Bien entendu est mis en avant le déficit de la Sécurité Sociale (30 milliards d’€ cumulés depuis 2002). Les causes ? exonération des contributions patronales, baisse des impôts pour les plus fortunés, aggravation du chômage et de la précarité, baisse des salaires, taux de croissance au plus bas, investissements productifs en berne, délocalisations etc… autant de phénomènes réducteurs du financement de la protection sociale, mais dont on ne parle pas ! Depuis des lustres, les gouvernements successifs, de droite ou de "gauche", désignent les responsables : les assurés sociaux qui consomment trop, et les professionnels de santé qui prescrivent trop ! La démarche consiste donc à "responsabiliser" acteurs et consommateurs. Comme le gouvernement n’entend pas toucher aux intérêts capitalistes, alors il va falloir faire payer le bon peuple. Les pistes ouvertes au débat, mais qui s’annoncent comme inéluctables si les masses populaires n’ont pas la capacité d’interférer, sont de plusieurs ordres. Tout d’abord, estimant la croissance des dépenses de santé comme inéluctable, le Haut Conseil de l’Assurance maladie n’exclut pas l’augmentation des recettes et parmi les mesures avancées figure au premier chef la CSG (Contribution Sociale Généralisée) comme première réponse possible. La CSG a été créée par le gouvernement ROCARD (PS) avec l’appui de la CFDT en 1990. Elle a contribué aux recettes de l’assurance maladie en 2003 à hauteur de 34 milliards d’€. La CSG est aux assurés sociaux ce que la TVA est aux consommateurs, une fiscalité des plus injustes qui touche surtout les travailleurs, les populations modestes. L’autre piste fiscale tentante pour le gouvernement compte-tenu de la dette (30 milliards cumulés) à la Caisse des Dépôts, c’est d’augmenter le taux de prélèvement (0,5% actuellement) de la CRDS (Contribution au remboursement de la dette). Mais si le volet fiscalité prend une part importante dans les mesures prévisibles du gouvernement, il y a toutes les autres qui potentialisent les dangers de la réforme. Le rapport du Haut Conseil de l’Assurance maladie préconise d’améliorer le fonctionnement du système pour "optimiser les dépenses", grâce notamment à des restructurations susceptibles d’améliorer "la productivité". Cela risque de ne pas suffire, aussi prévoit-on, afin de modérer les dépenses, de remettre en cause le principe de la gratuité, l’avance du ticket modérateur, et de transférer une partie de la prise en charge vers l’assurance maladie complémentaire. La Fédération patronale des assureurs privés qui a approuvé les conclusions du Haut Conseil de l’Assurance maladie pose clairement la distinction à faire entre ce qui doit relever de la Sécurité Sociale, et une couverture qui dépende du choix individuel relevant du champ d’intervention des entreprises d’assurances. Autrement dit, pas à pas la privatisation rampante va s’installer. Outre la réduction du taux de remboursement voire le déremboursement intégral de centaines de médicaments (pour la 3ème fois depuis un an le gouvernement s’apprête à dérembourser 426 médicaments), il y a d’autres déremboursements tout aussi graves qui vont toucher de façon dramatique parfois les assurés sociaux. Depuis le 1er janvier 2004, la Sécurité Sociale ne couvre plus à 100% les soins pré et post-opératoires. C’est une mesure inique destinée, selon J.F MATTEI, à "traquer" les abus en tous genres. De quoi s’agit-il ? Réduire le remboursement à 60 ou 70% de tous les soins pré et post opératoires d’un coefficient égal ou supérieur à 50 (coût moyen d’une centaine d’€), c’est-à-dire la plupart des opérations pratiquées à l’hôpital (soins infirmiers, pansements, injections, kinés, transport… ). Tous ces actes jusqu’à lors couverts par le ticket modérateur sont considérés trop coûteux. Seuls sont épargnés les indigents couverts par la CMU. Le gouvernement va ainsi prélever 500 millions d’€ dans la poche des assurés sociaux au titre de la "responsabilisation face aux abus". Certes, les mutuelles et assurances complémentaires vont assurer la prise en charge du différentiel, mais inévitablement au prix d’une augmentation de leur cotisation. Mais tout le monde n’a pas forcément les moyens de se payer une mutuelle ou une assurance…
Mobilisation contre le projet
La mobilisation des travailleurs, des retraités et plus généralement des assurés sociaux sera décisive pour empêcher la destruction de notre système d’assurance maladie comme acquis social incomparable de la Libération. Pourtant le climat de sensibilisation des masses ne s’annonce pas si encourageant et pour cause ! Syndicats et organismes sociaux dont la mutualité qui se préparent à la négociation ne fixent aucune perspective d’action de masse pour imposer les reculs nécessaires au gouvernement et au Patronat. Pire sans doute, les premières impressions qui se dégagent de l’accueil qui est fait au rapport du Haut Conseil de l’Assurance maladie, inclinent à penser que des compromis réducteurs des droits des assurés sociaux sont en cours de marchandage. Mais est-ce si étonnant quand la gauche plurielle au Pouvoir (1997- 2002) a assuré une continuité tranquille de la politique de droite identifiée aux projets du MEDEF ? Car le projet de réforme de la Sécurité Sociale qu’on nous présente aujourd'hui, comme la réforme sur les retraites il y a un an, ne sont rien d’autre qu’une actualisation du Plan JUPPE de 1995 à la mondialisation capitaliste. Faut-il rappeler que certaines organisations syndicales comme la CFTC, la CFDT aujourd’hui et la Mutualité Française combattirent farouchement aux côtés de la Droite politique, la loi Ambroise CROIZAT sur la Sécurité Sociale en 1945 ? Faut-il rappeler que l’on retrouve les mêmes organisations auxquelles s’était ralliée la CGT cette fois-ci, le 2 juin 1994, pour signer un communiqué commun soutenant le Plan JUPPE dans ce qu’il recelait de plus dangereux : la création d’un Régime Universel d’Assurance Maladie ? si, quelques jours plus tard, la CGT dut se désister de ce communiqué commun sous la pression des secteurs sociaux confédéraux, on peut vérifier aujourd’hui que ce n’était pas une « erreur ».
Danger réel et imminent
La Sécurité Sociale est face à un réel danger de liquidation au privé, pour faire place à un Régime Universel d’Assurance Maladie à l’anglo- saxonne : avec toutes conséquences sur l’hôpital et l’organisation de la médecine de ville, la distribution des soins. Droite et extrême droite poussent les feux au maximum comme elles l’ont fait avec succès pour les retraites l’an dernier. Alors que pour les retraites, des luttes sans précédent depuis 1968 ont pu être mises en échec à cause de la trahison des dirigeants syndicaux et des politiques, les travailleurs, avec les révolutionnaires- communistes, doivent en tirer les enseignements. Une élévation des consciences pendant et après les luttes de mai juin 2003 est nettement perceptible aujourd’hui, avec toutefois l’amertume de l’échec sur les retraites, la décentralisation, les acquis sociaux… La reprise de confiance doit s’opérer. Elle se forgera non pas en attendant les mots d’ordre exutoires des leaders nationaux, mais en organisant partout des Comités de lutte fédératifs des mouvements sociaux conduisant à la grève générale.
EMPLOI: L'ALLIER SINISTRE
En remontant dans le temps avec Dunlop à MONTLUCON, Aventis à COMMENTRY, Bailly à MOULINS, Bourgoin à ST GERMAIN DES FOSSES, voilà que le Bassin de VICHY subit une nouvelle purge : fermeture de SEDIVER à St YORRE (286 emplois), POLYFLEX à St GERMAIN (60 emplois), Manurhin à VICHY (420 emplois). C'est près de 800 emplois qui sont rayés de la carte, près de 1100 avec la sous-traitance. Chaque jour, malheureusement la liste s'allonge, avec hier l'annonce de BEARN à MONTLUCON, JPM à MOULINS ; petit à petit se dilapide le tissu industriel du département. Quant au secteur public et nationalisé, il n'est également pas épargné - regroupement des bureaux distributeurs de la Poste, fermetures de classes, suppressions de trains sur la ligne Clermont Ferrand – Paris, contournement de la gare SNCF de St Germain des Fossés, le tout avec des suppressions d'emplois au nom de la sacro-sainte rentabilité financière, jetant à la rue des centaines et des centaines de salariés. C'est SCANDALEUX, car certains patrons du privé ont bénéficié de conditions d'implantations exceptionnelles, construction d'ateliers relais, exonération de la taxe professionnelle pendant 5 ans, utilisation des fonds publics, dégageant dernièrement des bénéfices, c'est dire que rien ne justifie les fermetures. Dans cette conjoncture, la riposte s'est organisée, deux manifestations se sont déroulées à VICHY pour la défense de l'EMPLOI : le 6 février ( 3 000 personnes), le 21 février (5 000 personnes), du jamais vu dans la cité thermale. Une nouvelle manifestation, cette fois régionale, a lieu le 13 mars 2004 à Clermont- Ferrand. Ces initiatives sont l'expression d'un profond mécontentement, d'un RAS LE BOL, d'un désarroi. Tous les hommes politiques – toutes tendances confondues – sans scrupule ont participé à ces manifestations oubliant – à moins que ce ne soit l'approche des élections – que là sont les conséquences de la politique qu'ils ont défendue. OUI, il s'agit bien d'un problème politique qui ne peut être résolu ni par un dépassement, ni par un aménagement du capitalisme mais par son renversement, d'où la nécessité de reconstruire un Parti Communiste révolutionnaire comme le propose l'URCF.
8 mars Journée internationale des femmes.
Le capitalisme opprime doublement la femme comme ouvrière, travailleuse, et comme femme soumise à la division capitaliste du travail. Au labeur aggravé par les tâches domestiques s’ajoute l’oppression des religions. Toutes les religions confinent la femme à un statut subordonné à l’homme et à un prétendu Dieu, « femme, mi-ange mi-bête », selon les théologiens catholiques. Il en est de même du voile islamique, qui représente une tentative obscurantiste de faire de femme un simple objet pour l’homme. La société capitaliste a besoin pour se développer – jusqu’à sa chute – d’une armée de chômeurs ( armée industrielle de réserve). Et il est évident que les femmes en sont les premières victimes (taux de chômage plus élevé, déqualification, infériorité des rémunérations). Pour accuser le capitalisme, les femmes doivent s’organiser, se regrouper dans des comités de lutte, rejoindre le combat pour construire un authentique parti communiste. En effet, si « la femme est l’avenir de l’homme », (Aragon), le socialisme est l’avenir de l’homme et de la femme. Car la dictature du Capital et la propriété privée des moyens de production seront abolies. Le socialisme montrera que le droit à a différence n’est pas la différence des droits. Vive la lutte des Femmes, dans le cadre de la lutte des classes
Vaincre l'impasse du réformisme syndical
Apprendre des défaites
Dans des articles précédents, nous avons appelé à faire le bilan des luttes de mai-juin 2003. Une contradiction n'a pas été levée, celle entre une mobilisation et une combativité remarquables, et le choix des directions syndicales d'opter pour des "journées d'action" étirées dans le temps ; alors que nombre de personnels éducatifs étaient engagés dans un grève nationale reconductible. Or, ce mouvement social n'a pas rempli ses objectifs : annuler le projet Fillon sur les retraites, casser les mesures de décentralisation qui détruisent pan après pan le caractère national de la fonction publique. Les futures armées victorieuses ont cette grande capacité : apprendre des défaites pour ne plus se tromper.
Mesurer le rapport de forces entre Capital et travail
Suite à la contre-révolution bourgeoise en URSS, les peuples et les prolétariats ont perdu leur base arrière qui contrecarrait les desseins de l'impérialisme. Le rapport des forces à l'échelle mondiale (et en France : destruction du PCF, mutation réformiste de la CGT) s'est brutalement modifié en faveur des monopoles. Nous sommes donc dans une période de reflux obligeant la classe ouvrière et les travailleurs à la défensive. La stratégie mondiale de l'impérialisme (les contradictions inter impérialistes ne portent pas sur cette politique mais pour savoir qui va conquérir le plus de marchés) repose sur l'aggravation sur toute la ligne de l'exploitation des travailleurs par la recherche du surprofit.