EDITO

Pas une voix aux candidats du

 Edito

Pas une voix aux candidats du capital

Lutte de classe

Droit de grève et
sa défense

EDF GDF

Sécurité Sociale et barbarie patronale

Emploi: Allier sinistré

Vaincre l' impasse du réformisme syndical

BHV: solidarité avec nos camarades CGT

8 mars  Journée internationale  des femmes

International

Solidarité avec Haïti

Vietnam : 74ème anniversaire

L'Afrique, la lutte des impérialismes pour un nouveau partage

Allemagne

 

Echos des fédérations

 

 

 

 capital

Les élections apparaissent à juste titre comme une pitoyable farce. Les travailleurs sont sommés de choisir non pas leurs représentants à l’assemblée régionale, mais les loyaux gestionnaires des intérêts du Capital monopoliste chargés de mettre en pratique les orientations définies par la Commission de Bruxelles et traduites sous forme de lois par le gouvernement

Ainsi, les lois sur la décentralisation participeront du démantèlement des hôpitaux, transports publics, écoles, centres de recherches… par des réductions drastiques des budgets, des suppressions de postes, de services, voire d’établissements entiers. Quelle que soit la formation politique ou la coalition qui sera majoritaire, quelles que soient les bonnes volontés de personnalités du mouvement social placées sur des strapontins en guise de cautions ouvrières, il n’y aura d’autre possibilité pour l’exécutif régional que d’appliquer, dans la limite des carcans budgétaires ou plus exactement dans le cadre réel des transferts de compétences (donc de charges) de l’Etat, la politique de transfert massif des revenus du travail vers le capital, au risque de délocalisations vers les régions offrant des conditions plus avantageuses (aides à l’investissement, taxes réduites… ). Il y aura de toute façon accentuation des inégalités entre les régions. Les grands pôles économiques où se concentre le capital captant l’essentiel des investissements et crédits au détriment des régions moins développées ou sinistrées par le chômage et la désindustrialisation. Le démantèlement du service public unifié (fermeture annoncée de milliers de bureaux de poste, de lignes de chemin de fer et de gares… ) aggravera encore la crise économique et la paupérisation de la population, d’autant plus que ceux-ci seront frappés de plein fouet par les augmentations d’impôts et de taxes auxquels les collectivités locales seront obligées d’avoir recours pour faire face aux nouvelles dépenses. Ce processus est mené de concert au niveau européen par Chirac-Blair- Schröder, et les travailleurs de chaque pays subissent les mêmes attaques contre leurs acquis, leurs libertés, leurs conditions de travail et de vie, leurs revenus et leurs emplois. En Allemagne, comme ce fut le cas en Grande-Bretagne, et comme cela se déroule en France, la Deutsche Bahn (chemins de fer) a été transformée en société anonyme de droit privé, puis scindée en plusieurs entités (infrastructure, billetterie, marchandises… ) et soumise à la concurrence. Résultats : fermetures de lignes, accidents à répétition (deux mortels en 2003), 40 000 suppressions d’emplois prévues. Dans chaque pays, les mêmes attaques contre les retraites et les chômeurs sont opérées avec les mêmes alibis. Chaque processus de privatisation, de réduction des budgets sociaux se fait sous l’égide des directives de l’Union Européenne. L’élaboration de cette politique n’est, là non plus, aucunement l’émanation de la volonté populaire mais celle des monopoles qui imposent leurs décisions aux gouvernements et n’ont de compte à rendre qu’à leurs actionnaires. La lutte contre l’UE, cartel d’Etats et bloc impérialiste en construction, véritable machine de guerre, constitue donc la tâche du moment pour présenter une alternative anti-capitaliste à la politique antiouvrière et d’abandon de la souveraineté nationale. En France, la bourgeoisie réactionnaire se taille un mode de scrutin antidémocratique à sa mesure : prime au gagnant, seuils infranchissables pour les petits partis, ce qui lamine toute expression électorale des mécontentements. Le terrain avait déjà été largement balisé par la gauche plurielle, en matière de privatisation et de démantèlement du code du travail. C’est pour cela que la social-démocratie (PS-verts et PCF) peine à se différencier de la droite. Chaque parti y va ainsi de sa démagogie : promesses de transports bon marché, de logements sociaux pour tous, etc. La palme revient même au… FN qui demande, à l’instar du parti fasciste italien dans les années vingt, des mesures contre les entreprises qui licencient, l’obligation qu’elles remboursent les aides régionales… Ne nous trompons pas, les habituels refrains racistes et corporatistes figurent tout de même en bonne place, car le fascisme n’a rien d’autre à apporter aux travailleurs que surexploitation, misère et guerre et terrorisme anti-ouvrier. Quand l’alternance droite-gauche ne permet plus d’endiguer les résistances au capitalisme triomphant, le fascisme devient l’arme principale de ce dernier. Le volet répressif s’accentue : lois Sarkozy-Perben, poursuites contre des syndicalistes, arrestations d’anciens militants brigadistes italiens. Les attaques contre le droit de grève sont menées sous la pression de groupes ( de défense des contribuables par exemple) qui son assimilables aux ligues qui sévissaient dans l’entre-deux guerres. La complicité des directions syndicales marginalise les militants combatifs et vide la grève de son contenu au profit de « journées de mobilisation » qui privilégie la négociation sans principes. Les travailleurs ont pu d’ailleurs faire le constat que la bureaucratie syndicale marchait de concert avec les partis de la social-démocratie dont les ministres se sont plus illustrés comme briseurs de grève que comme défenseurs du service public et des acquis sociaux gagnés de haute lutte. Dans ces conditions, que peut-on attendre de listes où figureraient des « communistes critiques » opposées à la dérive du PCF ? Ou des listes troskistes qui drainent le mécontentement social pour le dévoyer. Ils prônent le partage des richesses, mais sans remettre en cause le système capitaliste. On s’aperçoit qu’aujourd’hui, les directions syndicales sont en capacité d’empêcher un mouvement général de lutte contre la politique du Capital relayée par le gouvernement. C’est pourquoi il faut construire, dans l’action, à la base, des convergences entre les travailleurs, qui, une fois organisées, pourront menée à la grève générale, seule arme véritablement efficace de la lutte de classe. L’URCF travaille à impulser une orientation anticapitaliste aux luttes et à les unifier pour que la classe ouvrière ait conscience de sa propre force. Aux élections régionales et cantonales, les révolutionnaires communistes sont victimes de la censure par le fric. Leur jeune mouvement n’a pas les millions nécessaires contre la politique de misère, de chômage, de répression et de guerre, contre le Capital. Nous appelons au vote sanction. Pas une voix à la réaction, au pouvoir, à la sociale-démocratie, au fascisme de Le Pen ! Utilisons le bulletin rouge de l’U.R.C.F. Votons anti-capitaliste !

 

Le gouvernement veut détruire

le droit de grève

Le gouvernement CHIRAC RAFFARIN poursuit sa course pour rayer de la Constitution le droit de grève ; il satisfait à l'extrême les revendications patronales. Aujourd'hui, le patronat tente de faire signer des accords d'entreprises qui mettraient en place un service minimum et annuleraient complètement le droit de grève. Le droit de grève inscrit dans la Constitution stipule : "le droit de grève est un droit individuel" ; la jurisprudence rappelle que les accords collectifs ne peuvent pas réduire les dispositions de la Constitution. Les attaques patronales précèdent les lois restrictives des CHIRAC et consorts qui annuleront les acquis de plus de cent années de luttes des travailleurs. Exemple : à AIR France, la direction propose un préavis de 30 jours avec assurance d'un service minimum à 75% ; en contrepartie, elle accorde deux permanents de plus aux organisations syndicales. Les travailleurs subissent depuis ces dernières années les manœuvres patronales qui tentent de criminaliser les conflits en les déplaçant sur le terrain judiciaire. Sur l'aéroport Charles de Gaulle, les salariés des sous-traitances Air France et Aéroports de Paris ont subi la criminalisation des conflits ; leurs patrons ont saisi les tribunaux pour leur imposer le préavis de grève alors qu'à Air France le préavis de grève ne plus être imposé y compris pour les pilotes. Pour Aéroports de Paris, les directives ultra-libéralistes de l'Europe du capital ont vidé la mission de service public ; seuls l'atterrissage et le décollage des avions restent soumis à cette mission..

interview IC

Intervention Communiste, avec le Comité de l'aéroport Charles de Gaulle a interviewé ALI, salarié de AIRELLE. Ex- TransRoissy. Cette entreprise sous-traitante d'A.D.P. transporte en autocars les passagers de l'aérogare aux avions stationnés au large et vice versa

 I.C. : Tu es salarié de Airelle, sous-traitant d'A.D.P et tu as subi l'assignation en justice de ta direction lors d'un conflit pour imposer aux salariés le préavis de grève.

Ali : Les patrons ont employé tous les moyens pour briser la grève. Ils ont tenté de nous imposer le préavis de grève en nous traînant devant les tribunaux alors que le transport des passagers de l'aérogare à l'avion n'est plus une mission de service public du fait que les compagnies aériennes sont soumises à une concurrence sauvage qui découle des directives européennes.

 I.C. : Le transport des passagers de l'aérogare à l'avion n'est-il pas un service public ?

ALI : Il ne l’est plus. Cette prestation d'A.D.P. est une activité d'assistance de chargement de l'avion pour une compagnie aérienne privée quelconque qui est là pour "faire du fric".

I.C. : Dans quelles conditions Airelle a-t-elle assigné les travailleurs en justice ?

ALI : En 1999, nous avons organisé des arrêts de travail sur plusieurs semaines pour nos revendications : sécurité, conditions de travail et salaire. La direction avait la ferme intention de ne pas négocier, et pour briser la grève, elle voulait à tout prix nous imposer un préavis. L'inspecteur du travail était intervenu en rappelant à la direction que nous n'assumions pas une mission de service public et qu'elle ne pouvait pas nous imposer le préavis de grève, que le droit de grève est un droit constitutionnel qui ne se négocie pas à la baisse. Malgré cet échec, la direction avait toujours la ferme intention d'imposer son diktat ; elle nous a assigné devant la justice de classe pour tenter de nous imposer le préavis. La justice de classe s'est portée au secours de la direction par une décision inique. Elle a repris les arguments patronaux qui font l'amalgame entre la mission de service public (décollage et atterrissage des avions) d'une part et l'activité commerciale d'autre part, c'est-à-dire l'assistance aéroportuaire qui est mise en concurrence et qui donc n'est plus une mission de service public. Cette décision scandaleuse nous oblige à déposer un préavis de grève ; la justice de classe a bafoué le droit de grève.

 I.C. : Les salariés d'Aircar ont subi les mêmes attaques en 2001 et la justice de classe a pris la même décision ; les conditions sont-elles les mêmes?

ALI : Non et les travailleurs d'Aircar ne font pas le même travail que nous, puisqu'ils transportent les équipages de leur lieu de prise de service à l'avion et vice versa. La décision est d'autant plus scandaleuse que la mission de service public d'Air France a pris totalement fin en 1984 ; la libre concurrence est intervenue sur toutes les destinations. Nous pouvons constater que la justice de classe diffère dans ses décisions puisque, en 1997, le Tribunal de Grande Instance de Paris rappelle qu'Air France n'a plus de mission de service public et que même les pilotes ne sont plus soumis au préavis de grève. Ce jugement applique les doctrines de l'Europe du Capital : le règlement CEE du 23 juillet 1972 concernant le transport aérien "réaffirme le principe de libre circulation et interdit les monopoles et de ce fait interdit les missions de service public".

 I.C. : Que penses-tu du service minimum ?

ALI : Le service minimum est la continuité de l'atteinte au droit de grève. Nous sommes obligés aujourd'hui de déposer un préavis ; les 5 jours de délai ne servent pas à négocier comme l'impose la loi injuste de 1963, mais ils permettent aux patrons d'organiser l'échec de la grève. Les patrons ne négocient que s'ils sont acculés et ne peuvent pas faire autrement. Le service minimum va garantir la productivité et permettra d'engager les salariés dans des conflits sans fin qui vont les affamer ; les patrons auront tous loisirs de ne plus répondre à aucune revendication.

Pour conclure, nous ne pouvons que constater que s'il y a eu échec pour la direction d'Air France, le patronat des entreprises sous-traitantes peut dormir tranquillement, le gouvernement CHIRAC RAFFARIN veille sur eux et la justice de classe qui viole les lois bourgeoises viendra à leur secours.  

NDLR : la disparition du préavis est un progrès sur le plan social, mais pas la privatisation du service public d’Air France.

Pour EDF/GDF amplifions la bataille contre la privatisation!

Après avoir repoussé plusieurs attaques de grande ampleur, nous appelons les électriciens, gaziers, énergéticiens, mineurs, élus et usagers à se mobiliser pour faire barrage au gouvernement Raffarin qui a réaffirmé sa volonté d’ouvrir le capital EDF et GDF dans le courant de l’année 2004

Il est vrai que cette même annonce fracassante a été faite en 2002, prévoyant le changement de statut pour le 1er semestre 2003, sous les injonctions de Bruxelles et ses directives européennes « électricité et gaz ». Mais la résistance des électriciens et gaziers s’inscrivant dans celle des mouvements sociaux de mai/juin contre la réforme des retraites et la loi Fillon, a contraint le gouvernement à ne pas mettre en œuvre sa politique de casse de ces services publics en 2003. Ceci étant, la riposte aurait pu s’organiser déjà il y a plusieurs années avec le PCF lorsqu’il faisait partie de la « majoritaire » gauche plurielle. Au lieu de voter contre ces lois scélérates de transposition en droit français des directives européennes et d’organiser la lutte dans le pays, ses ministres n’ont manifesté que mollement leur désaccord en déclarant qu’il valait mieux amende r un texte que de risquer de tout perdre (malgré la désapprobation majoritaire des camarades communistes électriciens et gaziers). Alors, aujourd’hui, où en sommes-nous ? Les nombreuses actions et grèves menées par les plus conscientisés d’entre nous ont fait reculer, en partie, le pouvoir et les directions d’EDF/GDF. Toutefois, ces dernières agissent en sous-main et appliquent d’ores et déjà des mesures de privatisation : c’est 8 000 postes supprimé s dans le secteur de la Distribution de l’électricité et du gaz avec un recours accru à la sous-traitance pour des tâches réalisées autrefois avec professionnalisme par les agents en place ; ce qui fragilise la sécurité autant électrique que gazière pour le personnel mais également pour les usagers. Il y a notamment, dans les centrales nucléaires, des agents du privé qui ne sont pas formés et s’exposent aux rayons ionisants, mettant leur santé en danger avec risque de leucémie. C’est le kWh traité en bourse avec le trading (vente en temps réel de la production) chez London Electricity (filiale d’EDF). Avec l’ouverture des marchés aux fournisseurs en juillet 2004 et la concurrence entre groupes privés, ce sont les valeurs fondatrices du service public qui seront bafouées : la qualité des prestations et la continuité de la fourniture ne seraient plus garanties ainsi que la péréquation tarifaire et l’unicité de traitement sur tout le territoire. Ce scénario est grave et peut conduire à la catastrophe. (Dénonçons l’exemple de la mairie de Paris « dite de gauche » qui a déjà commandé un audit pour savoir quel fournisseur d’électricité serait le plus intéressant). Les exemples des pannes de fourniture et des faillites de courant ENRON aux USA et celles d’Italie nous prouvent que notre service public doit être défendu et développé car il a maintes fois démontré son efficacité pendant la tempête, les inondations, la canicule etc… . Les agents d’EDF/GDF étaient sur le terrain et ont rétabli rapidement le courant et/ou le gaz à des millions d’abonnés, faisant preuve de leurs capacités professionnelles et disposant d’un matériel adapté. Pourquoi changer ce qui marche bien ? Même si des améliorations sont toujours à faire. Veut-on un « grand retour en arrière » avec d’une part, les « clients » qui pourront se payer un branchement et avoir l’électricité et/ou le gaz et, d’autre part, ceux qui n’auront pas les moyens. Le choix est vite fait. Non seulement il ne faut pas privatiser EDF, qui est un bien payé par les travailleurs, mais il faudrait la revenir aux principes du service public. Battons-nous pour conserver ces 2 énergies qui ne sont pas des marchandises comme les autres mais des besoins vitaux comme l’air que l’on respire. Accusons le capitalisme dont les requins veulent nous spolier de ce qui nous appartient car pour eux, l’énergie, c’est la poule aux œufs d’or, ressource spéculatrice inestimable de ce troisième millénaire. En effet, les possesseurs des ex-sociétés et leurs descendants n’ont jamais baissé les bras et ont toujours eu pour but de récupérer ces richesses. Mais ce que l’on a réussi à arracher avec la résistance antifasciste au lendemain de la guerre, ils ne nous le reprendront pas ! Nous appelons à nous organiser et à participer aux actions de mars. La CGT ne doit pas se contenter de cartes-pétitions pour un référendum consultatif des usagers ou de propositions alternatives à cette privatisation, mais doit fermement exiger le maintien du service public nationalisé avec la fusion d’EDF/GDF.

 

Face à la barbarie patronale

L’été 2004 risque d’être fatal à la  Sécurité Sociale face à la barbarie  patronale incarnée par le  gouvernement CHIRAC -  RAFFARIN.  Un projet de réforme dans le  droit fil de la "refondation sociale"  du MEDEF sera mis en débat  en avril prochain pour être  finalisé et adopté – comme  pour les retraites l’an dernier –  au cours de l’été prochain. Bénies soient les vacances ! La discussion  avec les "partenaires sociaux"  a déjà débuté sur la base  d’un rapport commandité par J.  F MATTEI, établi par le Haut  Conseil de l’Assurance maladie

Ce projet est l’aboutissement  des assauts successifs  du Patronat depuis  plus de vingt ans, que les  gouvernements "de gauche" n’ont  en rien entravés quand ils n’ont pas  été complices. Mais au-delà, cette  réforme répond aux exigences de la  mondialisation capitaliste et aux directives  européennes d’harmonisation  sociale par le bas. Sous les pressions  du FMI qui pousse à la libéralisation  totale des protections sociales,  c’est l’enjeu de la privatisation de  la Sécurité Sociale et des prestations  sanitaires qui est posé.  Comme pour les retraites et le marché  de l’emploi, l’Allemagne et la  France sont en pleine osmose avec  la conception néolibérale de l’Europe.  La réforme de la Sécurité Sociale  que le gouvernement social-démocrate  allemand a fait voter à  l’automne dernier avec l’appui de la  droite, présente les mêmes caractéristiques  que le projet français : réduction  des cotisations patronales,  amputation des prestations, transfert  des charges sur les assurés sociaux. 

Le projet de réforme 

Le projet – bien que non encore  publié, élections régionales obligent  ! – n’en est pas moins dévoilé  dans ses grands traits à travers le  rapport du Haut Conseil de l’Assurance  maladie. Si certaines précautions  de formule sont prises pour ne  pas effrayer l’électeur, l’essentiel des  fondements de la réforme y est.  Bien entendu est mis en avant le  déficit de la Sécurité Sociale (30 milliards  d’€ cumulés depuis 2002). Les  causes ? exonération des contributions  patronales, baisse des impôts  pour les plus fortunés, aggravation  du chômage et de la précarité, baisse  des salaires, taux de croissance au  plus bas, investissements productifs  en berne, délocalisations etc…  autant de phénomènes réducteurs  du financement de la protection  sociale, mais dont on ne parle pas !  Depuis des lustres, les gouvernements  successifs, de droite ou de  "gauche", désignent les responsables  : les assurés sociaux qui  consomment trop, et les professionnels  de santé qui prescrivent trop !  La démarche consiste donc à  "responsabiliser" acteurs et consommateurs.  Comme le gouvernement  n’entend pas toucher aux intérêts  capitalistes, alors il va falloir faire  payer le bon peuple.  Les pistes ouvertes au débat, mais  qui s’annoncent comme inéluctables  si les masses populaires n’ont pas la  capacité d’interférer, sont de plusieurs  ordres.  Tout d’abord, estimant la croissance  des dépenses de santé comme inéluctable,  le Haut Conseil de l’Assurance  maladie n’exclut pas l’augmentation  des recettes et parmi les  mesures avancées figure au premier  chef la CSG (Contribution Sociale  Généralisée) comme première réponse  possible.  La CSG a été créée par le gouvernement  ROCARD (PS) avec l’appui  de la CFDT en 1990. Elle a contribué  aux recettes  de l’assurance  maladie en 2003 à  hauteur de 34  milliards d’€. La  CSG est aux assurés  sociaux ce  que la TVA est  aux consommateurs,  une fiscalité  des plus injustes qui touche surtout  les travailleurs, les populations modestes.  L’autre piste fiscale tentante pour  le gouvernement compte-tenu de la  dette (30 milliards cumulés) à la  Caisse des Dépôts, c’est d’augmenter  le taux de prélèvement (0,5%  actuellement) de la CRDS  (Contribution au remboursement  de la dette).  Mais si le volet fiscalité prend une  part importante dans les mesures  prévisibles du gouvernement, il y a  toutes les autres qui potentialisent  les dangers de la réforme.  Le rapport du Haut Conseil de  l’Assurance maladie préconise d’améliorer  le fonctionnement du système  pour "optimiser les dépenses",  grâce notamment à des restructurations  susceptibles d’améliorer "la  productivité". Cela risque de ne pas  suffire, aussi prévoit-on, afin de modérer  les dépenses, de remettre en  cause le principe de la gratuité, l’avance  du ticket modérateur, et de  transférer une partie de la prise en  charge vers l’assurance maladie  complémentaire. La Fédération patronale  des assureurs privés qui a  approuvé les conclusions du Haut  Conseil de l’Assurance maladie pose  clairement la distinction à faire entre  ce qui doit relever de la Sécurité Sociale,  et une couverture qui dépende  du choix individuel relevant  du champ d’intervention  des entreprises  d’assurances. Autrement  dit, pas à pas la  privatisation rampante  va s’installer. Outre la  réduction du taux de  remboursement voire le  déremboursement intégral  de centaines de  médicaments (pour la  3ème fois depuis un an le gouvernement  s’apprête à dérembourser 426  médicaments), il y a d’autres déremboursements  tout aussi graves qui  vont toucher de façon dramatique  parfois les assurés sociaux. Depuis  le 1er janvier 2004, la Sécurité Sociale  ne couvre plus à 100% les soins pré  et post-opératoires. C’est une mesure  inique destinée, selon J.F  MATTEI, à "traquer" les abus en  tous genres. De quoi s’agit-il ? Réduire  le remboursement à 60 ou  70% de tous les soins pré et post  opératoires d’un coefficient égal ou  supérieur à 50 (coût moyen d’une  centaine d’€), c’est-à-dire la plupart  des opérations pratiquées à l’hôpital  (soins infirmiers, pansements, injections,  kinés,  transport… ).  Tous ces  actes jusqu’à  lors couverts  par le ticket  modérateur  sont considérés  trop  coûteux.  Seuls sont épargnés les indigents  couverts par la CMU. Le gouvernement  va ainsi prélever 500 millions  d’€ dans la poche des assurés sociaux  au titre de la  "responsabilisation face aux abus".  Certes, les mutuelles et assurances  complémentaires vont assurer la  prise en charge du différentiel, mais  inévitablement au prix d’une augmentation  de leur cotisation. Mais  tout le monde n’a pas forcément les  moyens de se payer une mutuelle ou  une assurance… 

Mobilisation contre le projet

La mobilisation des travailleurs,  des retraités et plus généralement  des assurés sociaux sera décisive  pour empêcher la destruction de  notre système d’assurance maladie  comme acquis social incomparable  de la Libération.  Pourtant le climat de sensibilisation  des masses ne s’annonce pas si  encourageant et pour cause !  Syndicats et organismes sociaux  dont la mutualité qui se préparent à  la négociation ne fixent aucune  perspective d’action de masse pour  imposer les reculs nécessaires au  gouvernement et au Patronat. Pire  sans doute, les premières impressions  qui se dégagent de l’accueil qui  est fait au rapport du Haut Conseil  de l’Assurance maladie, inclinent à  penser que des compromis réducteurs  des droits des assurés sociaux  sont en cours de marchandage.  Mais est-ce si étonnant quand la  gauche plurielle au Pouvoir (1997-  2002) a assuré une continuité tranquille  de la politique de droite identifiée  aux projets du MEDEF ? Car le  projet de réforme de la Sécurité Sociale  qu’on nous présente aujourd'hui, comme la réforme sur les retraites  il y a un an, ne sont rien d’autre  qu’une actualisation du Plan  JUPPE de 1995 à la mondialisation  capitaliste.  Faut-il rappeler que certaines organisations  syndicales comme la  CFTC, la CFDT aujourd’hui et la  Mutualité Française combattirent  farouchement aux côtés de la  Droite politique, la loi Ambroise  CROIZAT sur la Sécurité Sociale  en 1945 ?  Faut-il rappeler que l’on retrouve  les mêmes organisations auxquelles  s’était ralliée la CGT cette fois-ci, le  2 juin 1994, pour signer un communiqué  commun soutenant le Plan  JUPPE dans ce qu’il recelait de plus  dangereux : la création d’un Régime  Universel d’Assurance Maladie ? si, quelques jours plus tard, la CGT dut  se désister de ce communiqué commun  sous la pression des secteurs  sociaux confédéraux, on peut vérifier  aujourd’hui que ce n’était pas  une « erreur ».

 Danger réel  et imminent 

La Sécurité Sociale est face à un réel danger de liquidation au privé, pour faire place à un Régime Universel  d’Assurance Maladie à l’anglo- saxonne : avec toutes conséquences  sur l’hôpital et l’organisation  de la médecine de ville, la distribution  des soins.  Droite et extrême droite poussent  les feux au maximum comme elles  l’ont fait avec succès pour les retraites  l’an dernier. Alors que pour les  retraites, des luttes sans précédent  depuis 1968 ont pu être mises en  échec à cause de la trahison des dirigeants  syndicaux et des politiques,  les travailleurs, avec les révolutionnaires-  communistes, doivent en  tirer les enseignements.  Une élévation des consciences  pendant et après les luttes de mai juin  2003 est nettement perceptible  aujourd’hui, avec toutefois l’amertume  de l’échec sur les retraites, la  décentralisation, les acquis sociaux…  La reprise de confiance doit  s’opérer. Elle se forgera non pas en  attendant les mots d’ordre exutoires  des leaders nationaux, mais en organisant  partout des Comités de lutte  fédératifs des mouvements sociaux  conduisant à la grève générale. 

EMPLOI: L'ALLIER SINISTRE 

En remontant dans le temps avec  Dunlop à MONTLUCON, Aventis à  COMMENTRY, Bailly à MOULINS,  Bourgoin à ST GERMAIN DES FOSSES,  voilà que le Bassin de VICHY  subit une nouvelle purge : fermeture  de SEDIVER à St YORRE (286 emplois),  POLYFLEX à St GERMAIN  (60 emplois), Manurhin à VICHY  (420 emplois). C'est près de 800 emplois  qui sont rayés de la carte, près de  1100 avec la sous-traitance. Chaque  jour, malheureusement la liste s'allonge,  avec hier l'annonce de BEARN  à MONTLUCON, JPM à MOULINS ;  petit à petit se dilapide le tissu industriel  du département.  Quant au secteur public et nationalisé,  il n'est également pas épargné - regroupement  des bureaux distributeurs  de la Poste, fermetures de classes, suppressions  de trains sur la ligne Clermont  Ferrand – Paris, contournement  de la gare SNCF de St Germain des  Fossés, le tout avec des suppressions  d'emplois au nom de la sacro-sainte  rentabilité financière, jetant à la rue  des centaines et des centaines de salariés.  C'est SCANDALEUX, car certains  patrons du privé ont bénéficié de  conditions d'implantations exceptionnelles,  construction d'ateliers relais,  exonération de la taxe professionnelle  pendant 5 ans, utilisation des fonds  publics, dégageant dernièrement des  bénéfices, c'est dire que rien ne justifie  les fermetures.  Dans cette conjoncture, la riposte s'est  organisée, deux manifestations se sont  déroulées à VICHY pour la défense de  l'EMPLOI : le 6 février ( 3 000 personnes),  le 21 février (5 000 personnes),  du jamais vu dans la cité thermale.  Une nouvelle manifestation,  cette fois régionale, a lieu le 13 mars  2004 à Clermont- Ferrand.  Ces initiatives sont l'expression d'un  profond mécontentement, d'un RAS  LE BOL, d'un désarroi.  Tous les hommes politiques – toutes  tendances confondues – sans scrupule  ont participé à ces manifestations oubliant  – à moins que ce ne soit l'approche  des élections – que là sont les  conséquences de la politique qu'ils ont  défendue.  OUI, il s'agit bien d'un problème politique  qui ne peut être résolu ni par un  dépassement, ni par un aménagement  du capitalisme mais par son renversement,  d'où la nécessité de reconstruire  un Parti Communiste révolutionnaire  comme le propose l'URCF.

8 mars  Journée internationale  des femmes.

Le capitalisme opprime doublement  la femme comme ouvrière,  travailleuse, et comme femme  soumise à la division capitaliste  du travail. Au labeur aggravé par  les tâches domestiques s’ajoute  l’oppression des religions. Toutes les religions confinent la femme à un statut subordonné à l’homme et à un prétendu Dieu, « femme, mi-ange mi-bête »,  selon les théologiens catholiques.  Il en est de même du voile  islamique, qui représente une  tentative obscurantiste de faire  de femme un simple objet pour  l’homme.  La société capitaliste a besoin pour se développer – jusqu’à sa  chute – d’une armée de chômeurs ( armée industrielle de réserve). Et  il est évident que les femmes en  sont les premières victimes (taux de chômage plus élevé, déqualification, infériorité des rémunérations).  Pour accuser le capitalisme,  les femmes doivent s’organiser, se  regrouper dans des comités de  lutte, rejoindre le combat pour  construire un authentique parti  communiste.  En effet, si « la femme est l’avenir  de l’homme », (Aragon), le socialisme  est l’avenir de l’homme et de  la femme. Car la dictature du Capital  et la propriété privée des  moyens de production seront  abolies. Le socialisme montrera  que le droit à a différence n’est  pas la différence des droits. Vive  la lutte des Femmes, dans le cadre  de la lutte des classes

 

Vaincre l'impasse du réformisme syndical

Apprendre des défaites

Dans des articles précédents, nous   avons appelé à faire le bilan des   luttes de mai-juin 2003. Une   contradiction n'a pas été levée,   celle entre une mobilisation et une   combativité remarquables, et le   choix des directions syndicales   d'opter pour des "journées d'action"   étirées dans le temps ; alors   que nombre de personnels éducatifs   étaient engagés dans un grève   nationale reconductible. Or, ce   mouvement social n'a pas rempli   ses objectifs : annuler le projet Fillon   sur les retraites, casser les mesures   de décentralisation qui détruisent   pan après pan le caractère   national de la fonction publique.   Les futures armées victorieuses ont   cette grande capacité : apprendre   des défaites pour ne plus se tromper.  

Mesurer le rapport de forces entre Capital et travail

Suite à la contre-révolution bourgeoise   en URSS, les peuples et les   prolétariats ont perdu leur base   arrière qui contrecarrait les desseins   de l'impérialisme. Le rapport   des forces à l'échelle mondiale (et   en France : destruction du PCF,   mutation réformiste de la CGT)   s'est brutalement modifié en faveur   des monopoles. Nous sommes   donc dans une période de reflux   obligeant la classe ouvrière et les   travailleurs à la défensive. La stratégie   mondiale de l'impérialisme   (les contradictions inter impérialistes   ne portent pas sur cette politique   mais pour savoir qui va   conquérir le plus de marchés) repose   sur l'aggravation sur toute la   ligne de l'exploitation des travailleurs   par la recherche du surprofit.