EDITO
Reprendre l’initiative
L’offensive du capital visant à reprendre à la classe ouvrière les acquis obtenus et défendus par des luttes de générations de prolétaires se poursuit. Malgré une mobilisation des salariés et des usagers (sans généralisation du mouvement), le processus de privatisation d’EDF s’accélère permettant entreprises privées parasitaires n’ayant pour but que le profit de racoler sans retenue les entreprises et collectivités locales pour leur vendre du courant. Dans le même temps, la bourgeoisie remet en cause les 35 heures, bien que ce dispositif constituait une régression pour les travailleurs : blocages des salaires pendant plusieurs années, annualisation du temps de travail, transfert de 7,7 milliards de revenus du travail vers le capital " allègement des charges". Elle vise, en effet, à aggraver l’exploitation en obligeant ses esclaves- salariés à travailler plus tout en rognant sur le tarif des heures supplémentaires. Le projet est d’étendre à toutes les entreprises le régime des PME de moins de 20 salariés où les heures sup’ sont payées à 10% en plus au lieu de 25%. C’est ce qui s’appelle vouloir le beurre et l’argent du beurre.
Le processus de démantèlement de la sécurité sociale se poursuit. La franchise sur les remboursements des dépenses de santé est à l’ordre du jour. Récemment, Raffarin a rencontré Bailly, PDG de la Poste, pour le " supplier " de maintenir une présence postale dans les zones rurales (avec quels statuts pour l’établissement et pour le personnel ?). Mais, ce qui est bel et bien programmé, c’est la fermeture de la moitié des bureaux. Que restera-t-il du service public ? Quel avenir pour les jeunes, si ce n’est aller grossir l’armée des chômeurs dans les grandes villes ? Sur les 5,5 milliards d’euros de recettes fiscales supplémentaires, Sarkozy souhaite en affecter l’intégralité à la diminution de la dette publique, donc au remplissage des caisses des banques et des fonds d’investissements. Le Premier ministre, lui, soucieux de ne pas se couper de la bourgeoisie moyenne et des professions libérales, envisage la création d’aide aux chômeurs de longue durée afin qu’ils soient embauchés comme personnels de maison chez les riches. Divergence qui n’est que le reflet de conflits d’intérêts entre secteurs monopolistes concurrents. La précarisation et la casse des statuts ne sont pas oubliées puisqu’il est question d’" alléger " le Code du Travail. La tâche a déjà été grandement menée sous le gouvernement de la gauche plurielle avec la complicité des directions syndicales réformistes. Parallèlement, le volet répressif s’accentue, comme le montre l’acharnement contre les réfugiés italiens, en violation des engagements pris. Alors que la bourgeoisie impose l’austérité et la régression sociale généralisée, pour " maintenir la compétitivité des entreprises dans le marché unique et au-delà " , il faut construire la résistance anticapitaliste : forger les solidarités entre les travailleurs licenciés et les habitants de la commune, entre les salariés des services publics et les usagers, entre les travailleurs ayant un statut et les sans-statut, entre les travailleurs français et les travailleurs immigrés. Cela rend indispensable une amplification des luttes sur une base ant icapi t a l i s t e , avec, au cœur du mouvement, la classe ouvrière unie, rejetant tout corporatisme afin de fédérer sous sa direction toutes les couches opprimées. Dans le même mouvement, se posera la question de l’État et celle de la reconstruction du Parti communiste, d’autant plus vite que les communistes agiront dans les masses. C’est la tâche entreprise par l’URCF et ses sympathisants, dans la perspective de construire le parti de la révolution socialiste
FORUM ANTICAPITALISTE 2005
Comment, audelà des mots, construire la réelle unité de combat des travailleurs en lutte.
Retraites, Sécu, 35 heures, délocalisations, privatisations, licenciements, précarité, répression.... Les mauvais coups pleuvent sur les travailleurs et leurs familles. Inexorablement et sans retenue. L'Europe unie, dont la construction nous était présentée comme une " chance pour tous " , s’avère, comme les communistes l’ont toujours dit, un facteur d’aggravation de l’exploitation et de négation de la démocratie dans tous les domaines. Plus ils la construisent, plus elle nous détruit.
Pas une transposition de directive européenne en loi française qui ait eu le moindre effet positif pour la classe ouvrière. Jusqu’aux années 70, des luttes puissantes ont arraché au patronat des concessions.
Mais la crise du système capitaliste est l’occasion pour le grand capital de tenter de reprendre tout ce qui avait été obtenu par les luttes. Ce fut le cas du plan Juppé en 1995 resservi avec un beau ruban rose par le gouvernement Jospin-Gayssot- Voynet.
Crise, avons-nous dit. Mais quelques-uns en vivent, et plutôt bien. Comme les compagnies pétrolières, dont les bénéfices 2002/2003 ont progressé de plus de 114% !
Sommes-nous condamnés à cette logique dévastatrice pour les plus nombreux alors qu'une minorité d'exploiteurs vit dans une insolente opulence ? La gauche institutionnelle se présente comme une alternative possible pour " changer la vie" . Mais les travailleurs n’ont pas la mémoire courte et ils se souviennent des années Mitterrand et Jospin.
Le véritable défi posé est de savoir comment, dans les années à venir, construire l’alternative à cette gauche institutionnelle de trahison sociale. Mais nos adversaires sont nombreux.
L'UE cherche à se doter d'une constitution faisant du marché et de la libre concurrence la base incontournable de toute la vie sociale. Cette même constitution se propose de doter l'UE de moyens militaires pour ses opérations hors de l’Europe, mais aussi à l’intérieur, pour faire respecter le diktat du marché.
Comment combattre ce bloc impérialiste, agressif et conquérant conçu pour disputer à l'impérialisme US son hégémonie sur la planète ? Comment combattre l’impérialisme US sans dédouaner l’UE ?
Le mouvement révolutionnaire et communiste sort de sa plus terrible défaite : contre-révolution à l’Est, destruction des partis communistes. Poursuivre l’héritage révolutionnaire du PCF est la tâche de l’heure, rendue toutefois plus complexe par la division des militants communistes dispersés dans de nombreuses organisations. Cette division est un facteur d’incompréhension et de découragement pour les travailleurs.
Comment, audelà des mots, construire la réelle unité de combat des travailleurs en lutte.
Les révolutionnairescommunistes souhaitent débattre de toutes ces questions avec tous ceux qui ont à cœur les intérêts des travailleurs : militants syndicaux, politiques et associatifs. C’est le sens de notre invitation à participer le samedi 29 janvier à Paris au forum anticapitaliste 2005.
Le Comité Central de l’URCF
Au-delà des péripéties politiciennes entre Sarkozy et Chirac, le personnel politique bourgeois est mû par la défense de ses intérêts monopolistes, parfois contradictoires, liés aux marchés à conquérir. Sarkozy, depuis plusieurs mois, vise à rallier le rôle de leader de l’aile euro-atlantiste, c’est-à-dire, des secteurs voulant subordonner l’UE aux États-Unis. Cette Europe étant vouée à la lieutenance dans la politique de "l’Empire", à l’intégration toujours plus grande à l’OTAN.
Sarkozy, c’est une surmédiatisation constante, une autocongratulation permanente. Pourtant, jamais il n’a exprimé une quelconque solidarité avec la position prise par l’impérialisme français sur son refus d’intervenir militairement en Irak.
Florilège de propos tenus à Washington où le Ministre de l’Économie fut reçu par Colin Powell et Condoleezza Rice, responsable du Conseil National de Sécurité : " je n’ai pas peur de dire que je partage beaucoup de valeurs américaines ", " les États-Unis et la France ont connu une période un peu tendue à la suite du désaccord qui nous a opposé sur la façon dont il convenait de traiter la question irakienne. Eh bien, cela appartient maintenant au passé ", " je crois que c’est très important que les américains et les français se comprennent mieux ", " moi, je ne crois pas à l’antiaméricanisme. Écoutez, chacun d’entre nous connaît des jeunes dans toutes les familles de France qui n’ont qu’un seul rêve : visiter les États-Unis, en apprendre la langue, pouvoir y travailler … la réalité de notre histoire, c’est l’amitié ", " le modèle américain est un modèle social " , " j’aimerai bien importer ou m’inspirer de beaucoup de choses des États-Unis ", "l’optimisme, le dynamisme, la reconnaissance du succès, la possibilité de donner une nouvelle chance, ce sont des choses qui ont contribué à la prospérité américaine, à la création phénoménale (sic !) d’emplois aux Etats-Unis ".
Dans le Financial-Times, Sarkozy conteste " l’efficacité du moteur franco-allemand ", pour revendiquer la défense des intérêts de la Grande- Bretagne, de l’Italie, de l ’Espagne (Aznar) impliqués dans la guerre en Irak pour les intérêts US. Notre héraut de l’Atlantisme n’hésite pas à donner de nombreux gages à l’administration Bush : relayant les propos du colonialiste Sharon, Sarkozy parle de la "France antisémite" sous Jospin " (sic !), chante les vertus de son modèle : Blair.
Dès lors, nul doute que le dernier acte d’Aznar décernant une décoration à Sarkozy exprime la reconnaissance de l’engagement du " Ministre d’Etat ", candidat à la présidence de l’UMP comme le champion incontesté de l’atlantisme en France.
Crise politique, référendum et alternative politique
Nous sommes déjà intervenus dans IC sur la grave crise politique que traverse notre pays. Les dernières élections régionales et européennes confirment notre analyse. De plus, le phénomène apparaît maintenant comme touchant l’ensemble des Etats de l’Union Européenne. Ce ne sont pas uniquement les élections européennes qui le montrent : la désaffection des citoyens des ex-Etats socialistes pour les régimes corrompus et la nostalgie pour le passé socialiste illustrent le phénomène.
La bourgeoisie monopoliste, sauf recours à la dictature fasciste, a besoin, pour exercer sa dictature de classe, d’un consensus minimum des masses qu’elle exploite. Ce qui implique que l’alternance soit crédible. Mais la social-démocratie, sans sous-estimer ses marges de manœuvres, ne bénéficie pas du reflux de la droite, ou plutôt son discrédit dans les masses n’a pas diminué, quand le système a besoin pour fonctionner d’un minimum de crédibilité de l’alternance envisagée.
Cette situation est à l’origine du phénomène auquel nous assistons, à droite et au PS : crise de direction. Chirac a du mal à s’imposer, Raffarin semble ailleurs, et rien ne dit que dans les semaines qui viennent il reste premier ministre, Sarkozy et ses amis tentant de s’imposer comme alternance à l’équipe actuelle, Chirac compris.
Du côté du PS, les batailles de chefs s’accentuent et les divisions s’approfondissent de la même façon. En réalité, les uns et les autres sont partisans d’une politique dont le caractère de classe est identique, même si l'emballage est différent. La question posée aux révolutionnaires, et même plus largement aux démocrates, c’est que la crise politique est marquée aussi par la tendance contre-révolutionnaire dominant actuellement en Europe.
Le changement de nature du PCF, aujourd’hui vassalisé par la nébuleuse réformiste, la trahison de la direction de la CGT, l’attitude confédérale pendant la grève d’EDF en sont une nouvelle manifestation. Cela explique largement la faiblesse des ripostes à la politique réactionnaire du grand capital et le fatalisme qui frappe les travailleurs. Fatalisme qui incline les masses à opter pour la politique du " moindre mal", faute d'alternative révolutionnaire portée par une force sociale conséquente, à l'heure actuelle.
On ne saurait sous-estimer les dangers que recèle une telle situation. Il y a toujours le risque que la bourgeoisie impose son diktat avec une dictature bonapartiste ou de type Bush pour permettre la surexploitation, les conflits pour repartager le monde.
Se font jour des courants qui veulent accentuer le caractère antidémocratique, autoritaire de l'encadrement institutionnel. Lang (PS) prône l'avènement d'une VIème république avec un présidentialisme exacerbé sans gouvernement, non responsable devant le parlement ! Montebourg (PS), Chevènement (MDC), Sarkozy, Madelin proposent aussi cette présidentialisation complète, aggravant le caractère monarchiste- césarien de la constitution.
Le projet de constitution entre dans cette perspective d’écarter encore plus les peuples européens des décisions et également des possibilités de manifester, laissant aux seuls exécutifs nationaux (conseil des ministres européens, commission et Conseil Européen) plein pouvoir.
La crise politique que nous avons évoquée, le fait qu’elle frappe particulièrement l’Union européenne comme structure, à laquelle la bourgeoisie française participe, a cependant un effet dialectique : elle oblige les porte-parole politiques du Capital à reconstruire un nouveau consensus exploités/exploiteurs. C’est ce que tente Chirac avec le référendum sur la Charte européenne (dite Constitution).
Dans ce contexte la bataille pour un NON anticapitaliste, impérialiste, un NON de classe à la liquidation de toutes les conquêtes démocratiques, à commencer par la notion de souveraineté populaire de chacun de nos peuples et donc des souverainetés nationales, est une bataille qui peut se révéler décisive pour l’émergence d’une alternative politique véritable. Un tel NON doit permettre de rassembler dans l'action les travailleurs pour infliger une défaite cuisante aux bourgeoisies française et européenne.
Solidarité de classe avec les travailleurs d’Allemagne
Chaque lundi, dans les grandes villes d’Allemagne, les manifestations ouvrières prennent de l’ampleur. Le gouvernement socialdémocrate de Schröder a décidé de restreindre drastiquement les allocations chômage, transformées au bout de 12 mois en revenu minimal, conduisant ainsi à la paupérisation des exclus du système. La résistance est vive dans les villes de l’ex- RDA où officiellement un travailleur sur cinq est au chômage (en réalité beaucoup plus !). Le capital monopoliste, parrain de la loi Härtz IV exige la fermeté du pouvoir. La réponse des manifestants est à la hauteur des enjeux : " suppression d’Härtz IV " " non à Schröder " " les poches sont vides, la coupe est pleine " . Nos frères de classe, d’Allemagne nous montrent la voie à suivre, celle des luttes contre Raffarin, Sarkozy, contre la politique antiouvrière de l’Union européenne. Leur combat est le nôtre !
Commission ouvrière et d’entreprise de l’URCF
CONTRE LA RESIGNATION ET LES CAPITULATIONS
FORGER LA RESISTANCE
Les forces du travail n’ont pu s’opposer efficacement à trois contre-réformes aggravant considérablement notre quotidien : retraites, Sécurité sociale, changement de statut EDF. Lénine a toujours expliqué que les travailleurs sont à bonne école, s’ils savent tirer les leçons de leur défaite ! "
Les conditions objectives actuelles de luttes
Confronté à une crise économique de très grande ampleur, le capitalisme, pour assurer le maximum de profits aux monopoles et pérenniser sa dictature sur l’Etat et les entreprises, a lancé une offensive visant à annihiler les droits sociaux, démocratiques arrachés par les luttes de classes. A l’échelle mondiale, les données sont identiques : libéralisations, ouverture accélérée des marchés aux capitaux et produits, privatisations, flexibilité, soustraitance, précarité, exclusion, tout cela au prix de la surexploitation salariale.
Au 20ème siècle, la Révolution socialiste d’octobre 17 a permis que s’instaure pour la première fois au monde, un régime " contre " le capitalisme et " sans " capitalistes, débarrassé ainsi de l’exploitation et de l’oppression : le socialisme. L’existence de l’URSS et du camp socialiste constituant u n c o n t r e p o i d s à l a " mondialisation " impérialiste, a modifié et favorisé les conditions générales de luttes. Concernant les travailleurs, notamment des métropoles impérialistes, la bourgeoisie était à la fois confrontée à des luttes sociales radicales et effrayée des avancées du communisme ; elle opta donc pour la voie des réformes et des concessions sociales.
Avec la victoire de la contre-révolution en URSS, la classe capitaliste a les mains déliées pour reprendre ce qui a été arraché ou concédé précédemment, alors que dans le même temps, les profits des monopoles connaissent une ascension vertigineuse. La base objective existe pour arracher au capital dans les luttes son droit à l’existence quotidienne, à un avenir décent pour ses enfants.
Conditions subjectives : Parti/Syndicat
Le révisionnisme, c’est-àdire, l’abandon du marxisme- léninisme, a occasionné la destruction de la quasitotalité des PC. Au-delà de la dénomination et de la forme " communiste ", le PCF est devenu un appendice du courant socialdémocrate, au-delà du dévouement de ses adhérents, une force d’aménagement du capitalisme. Sans principes révolutionnaires, l’intégration au système est inévitable ; l’histoire de la social-démocratie l’atteste.
Ce glissement à droite continu des partis de gauche : PS vers le social-libéralisme, PCF vers le social-démocratisme, constitue un formidable point d’appui pour le capital puisque les partis réformistes inscrivent leur action dans l’économie de marché " (lire le Capitalisme) et son caractère " incontournable ". Sur le terrain syndical, on assiste au même glissement : la CFDT est la courroie de transmission des diktats du Medef.
La CGT voit ses organes dirigeants depuis plusieurs congrès, tourner le dos à l’héritage de luttes des B. Frachon, P. Sémard, G. Monmousseau, au nom " d’un syndicalisme rassemblé " qui sectorise, catégorise à l’excès " oubliant " la force du collectif, la convergence des intérêts et aspirations des travailleurs. " Syndicalisme rassemblé " qui, au lieu de partir des revendications des travailleurs, négocie uniquement sur la base des propositions patronales. Là aussi, volonté d’aménager le cadre actuel national et européen, via la CES. Ajoutée à ces facteurs, l’absence de grandes victoires, tout cela a conduit à une crise sans précédent du syndicalisme qui regroupe entre 7 et 9 % de syndiqués en France.
Ne cédons pas à l’idéalisation : les non-syndiqués ne le sont pas principalement par rejet des bureaucraties syndicales réformistes, mais surtout en raison de l’oppression liée à la dictature patronale qui viole les droits syndicaux élémentaires, notamment dans les PME. Adhérer au syndicat est la première forme de prise de conscience pour se défendre au quotidien, la base pour travailler à rallier les masses non-syndiquées. Au-delà des options réformistes des directions, les éléments les plus combatifs se regroupent principalement à la CGT sans omettre certains secteurs du SNES-FSU et de Sud.
De plus, la fin du " partnership social ", de la politique de concession du capital pousse certaines sections FO à une résistance, surtout verbale jusqu’ici. Soyons attentifs à tous ces phénomènes. Les syndicalistes révolutionnaires, les communistes ont le devoir de s’insérer dans les luttes, de les déclencher là où ils sont en mesure de le faire pour résister à l’offensive du capital sous le drapeau de l’ " unité de combat de la classe ouvrière " : français/ immigrés, public/privé, précaires/ statutaires, chômeurs/actifs.
Quelles luttes, quelles résistances ?
Les révolutionnaires-communistes, par leurs liens avec les masses dans les entreprises, doivent mesurer selon l’expression de Marx " le pouls de la classe ", mesurer les périodes de flux et de reflux du combat ; c’est le BA-ba de la lutte de classes.
Qu’est-ce qui a favorisé l’offensive du pouvoir et du Medef, sinon la stratégie des centrales réformistes qui agissent pour éviter toute généralisation des luttes comme si l’avenir des salariés des entreprises délocalisées, des électriciens et gaziers, des pompiers n’intéressaient qu’eux-mêmes, comme si la force de la classe ouvrière ne reposait pas avant tout sur sa " solidarité " !
On aboutit ainsi à l’apologie du catégoriel, du " chacun pour soi ". Or, la finalité du syndicalisme de classe et de masse est de fédérer, de synthétiser les aspirations et revendications en un courant unique de luttes. Salaires, emploi, Sécurité sociale et retraites exigent d’ailleurs ces convergences.
En 2003, en période de flux, le mot d’ordre de grève générale contre le projet Fillon, s’il n’a pas gagné la majorité des grévistes, a puissamment ébranlé les directions syndicales réformistes. C’est un acquis précieux pour l’avenir. Conjointement au magnifique mouvement des enseignants contre la décentralisation, beaucoup de grévistes étaient prêts à un mouvement d’ensemble, seul moyen de faire plier le pouvoir.
En 2004, des luttes existent mais encore plus isolées … conduisant à des lendemains amers. La défaite, le projet Fillon qui est devenu loi, pèsent sans aucun doute. La grève générale demeure plus que jamais la solution mais la conscience de sa nécessité a reculé. On ne peut donc comme un perroquet lancer ce mot d’ordre sans agir par un long travail de conscientisation, de préparation, d’organisation, nécessaire à son déclenchement. Dans toute lutte partielle : " délocalisés ", entreprises victimes du chantage patronal, cela passera tout d’abord par la démonstration de la convergence d’intérêts des ouvriers, employés, petits commerçants, paysans-travailleurs, intellectuels.
Nos camarades du Var, de Marly (95) ont su rassembler et agir pour la création de larges comités pour la défense du service public de proximité (Poste) à l’heure où la moitié des bureaux de poste sont condamnés à la fermeture. Les différentes actions, pétitions ont obligé les divers élus à soutenir la population pour ne pas mettre en péril leurs futurs mandats. Il faut généraliser ces initiatives autour d’EDF, de l’école, des entreprises délocalisées, en ayant soin d’agir dans tous les secteurs. Nos militants ont été actifs dans les comités de lutte EDF-GDF qui visaient à l’extension du mouvement, à l’appel à la solidarité de tous les travailleurs. Ces comités sont à l’origine des opérations " Robin des Bois " (basculement des tarifs, remise en service de l’électricité aux plus démunis), occupations, grèves.
Certes, le mouvement n’a pas été assez fort pour faire céder Sarkozy, mais il est gage d’avenir pour stopper le processus de privatisation. Ces actions nécessitent des formes souples de rassemblement autour de revendications unifiantes : défense de l’emploi, des services publics, des besoins économiques et sociaux. Les comités de luttes sont le cadre approprié parce qu’issus des secteurs en grève et rassemblant audelà, sur la base de la convergence des intérêts.
Ce sont les luttes qui engendrent ces comités, pas l’inverse, quand les secteurs en action mesurent la nocivité des options réformistes.
Concernant les entreprises délocalisées, victimes du chantage à l’emploi, l’Internationale communiste prônait l’occupation … et la mise en service de la production sans les patrons, avec recherche de la solidarité de la population. Les travailleurs ont une force considérable quand leur mouvement touche l’ensemble des secteurs économiques : production, services, transports ; rappelons que toutes les grandes victoires ont été liées à des grèves à l’échelle de tout le pays. Ce travail de conviction, d’action est indissociable de la critique des positions des centrales réformistes limitant les luttes et constituant ainsi le principal fourrier de l’esprit de résignation. Le syndicalisme de lutte et de masse se reconstruira en bas dans les luttes fédérées.
D’accusons le capitalisme à la promotion du socialisme .
Sans tomber dans l’adoration des sondages, ces derniers attestent de forts sentiments anticapitalistes, y compris dans la jeunesse. Le capitalisme est de moins en moins perçu comme capable de solutionner les maux quotidiens, de satisfaire les besoins.
Mieux même, la conscience se développe que c’est le capitalisme qui est à l’origine de tous les problèmes. Nous sommes pourtant loin de la traduction politique de cette perception. La raison découle à notre avis de la crise de crédibilité de l’alternative révolutionnaire au capitalisme : le socialisme.
Crise de crédibilité qui débouche sur les théories réformistes du " partage des richesses ", " dépassement du capitalisme " qui ne sont d’ailleurs que des mesures d’aménagement impossibles à mettre en œuvre. La criminalisation du communisme a eu pour objectif de détruire l’aspiration au socialisme et a marqué des points. Les coups les plus durs ont été portés de l’intérieur par Trotski ou le rapport Khrouchtchev qui ont dressé un tableau apocalyptique du régime soviétique à l’époque de Staline, … alors que le socialisme s’est édifié et a remporté les succès économiques, sociaux, militaires, qui ont permis à l’humanité démocratique de vaincre le fascisme. Les écrits des trotskistes, des révisionnistes ont été diffusés massivement … devenant vérité incontournable des manuels scolaires.
Pourtant, les archives soviétiques, le travail des historiens (saluons Annie Lacroix-Riz) des militants communistes de Russie : PCOR, Bolchéviks, Russie Laborieuse, du PTB (Belgique), du PC de Grèce, du PTA (Albanie) et à modeste échelle de l’URCF (cf. ses " 200 Thèses ") ont dévoilé les calomnies, mensonges de la bourgeoisie et de ses agents. Ces divers travaux ont montré que l’antistalinisme est le cheval de Troie de l’anticommunisme, la porte ouverte à la contre-révolution.
A partir des positions matérialistes et de classe, les communistes doivent patiemment faire connaître, expliquer, défendre le socialisme en URSS sous Lénine et Staline, dans les démocraties populaires, s’opposer aux campagnes de criminalisation actuelle de Cuba et de la Corée populaire, fondées sur les mêmes mensonges dans la poursuite des mêmes objectifs pour l’impérialisme.
Rétablir la vérité sur le socialisme est le passage obligé pour combattre efficacement le capitalisme. Mais cela n’est pas suffisant. Il faut partir des problèmes, aspirations, maux actuels pour démontrer et populariser la nécessité de la propriété sociale, du pouvoir de la classe ouvrière et des travailleurs. Marx enthousiasmé devant la Commune s’écriait : " voilà ce qu’est la Dictature du prolétariat ".
Lorsque les comités de lutte à EDF répliquent à Sarkozy annonçant le maintien des statuts des agents, " ce que nous voulons, c’est aussi un grand Service Public et National de l’électricité et de l’énergie dans l’intérêt de toute la population laborieuse ", nous avons là deux conceptions de classe opposées. La bourgeoisie monopoliste, pour satisfaire ses appétits financiers, conduit à la ruine du tissu social-économique du pays … lourd de menaces pour les travailleurs et leur famille.
Les travailleurs d’EDF montrent les prémisses du fait que la classe ouvrière en s’émancipant libère l’humanité laborieuse ! Là réside l’avenir !
Quand les capitalistes rêvent d’une Fonction publique sans fonctionnaires…
Le nouveau CDD/CDI dans l'Education Nationale
Dans la Fonction publique, vous le savez sans doute, il y a des fonctionnaires, parfois nommés "titulaires"; il y a aussi des précaires (contractuels ou vacataires) … à cause des mesures d’austérité budgétaires). Mais la particularité de ces précaires, c’est que, souvent, ils le sont depuis longtemps. En effet, de nombreux précaires ont plus de dix ans d’ancienneté. Jusqu’au jour où, victimes d’une politique de restriction budgétaire comme celle du gouvernement Raffarin, ils peuvent être remerciés du jour au lendemains.
Dans l’Académie d’Aix- Marseille, par exemple, ce sont 92% des professeurs contractuels qui se retrouvent sans emploi à cette rentrée. Jusqu’à présent, et grâce à de nombreuses batailles syndicales, des plans de titularisation avaient permis de résorber une partie, certes insuffisante, de cette précarité.
Désormais, avec la loi de " modernisation de la Fonction publique " qui sera soumise à l’automne au Parlement, plus question de titulariser, puisqu’on envisage de ne remplacer qu’un fonctionnaire retraité sur deux ; l’idéal, pour nos fidèles servants du capitalisme, serait de conserver un volant de précaires employés comme variable d’ajustement et en même temps de " précariser " les titulaires qui coûtent décidément trop cher…
L’outil, pour cela, c’est le nouveau CDD / CDI : le précaire serait recruté au maximum pour 3 ans, contrat renouvelable une seule fois, donc le précaire serait éjectable au bout de 6 ans ; sinon, au bout des 6 ans, il se verrait proposer un CDI. Nul besoin d’être devin pour supposer que la plupart des contrats seront arrêtés avant la fatidique sixième année, situation " couperet " dont on peut prévoir les effets dramatiques sur les personnels concernés. Si des CDI sont créés, les titulaires verront donc s’instituer, à leurs côtés, une sous-catégorie de personnels, privés des droits statutaires de la Fonction publique, en particulier de la garantie d’emploi (car le CDI ne protège pas du licenciement ).
Dès lors, comment imaginer que cette coexistence entre " CDIstes " et titulaires ne sera pas l’occasion, de la part du gouvernement, de nouvelles mesures de régression sociale contre les uns et les autres ! Il est donc bien question pour nous, communistes-révolutionnaires, d’impulser, dans un même objectif de lutte contre le capitalisme, le combat contre la précarité et la défense des statuts de services publics.
Ne pas déserter le combat syndical
Les militants communistes ont toujours constitué un important noyau du courant révolutionnaire, qui a animé jusqu’à présent le syndicalisme de lutte de classe. L’histoire du syndicalisme français en atteste ! L’action des syndicalistes communistes et révolutionnaires a permis à la CGT de surmonter l’héritage des deux courants anarcho-syndicaliste et réformiste jauressien dont elle était issue. La CGT va façonner la vie sociale jusqu’à permettre à la classe ouvrière de notre pays d’obtenir des acquis importants arrachés à un patronat qui dira officiellement à cette époque " plutôt Hitler que le Front Populaire ! "
Après la victoire de la contre révolution en URSS, le Mouvement Communiste International se trouve très affaibli et en voie de recomposition, décrédibilisé devant la grande masse des travailleurs du monde. Ceux qui sont principalement responsables de cette situation ont, la plupart du temps, changé de camp, leur idéologie révisionniste les conduisant immanquablement à reconnaître le système capitaliste comme un système universel qu’il faut seulement aménager.
Ce courant réformiste est malheureusement assez puissant pour diriger les principales centrales syndicales des pays d’Europe dont la CGT dans notre pays ! C’est dans ce contexte que doit se poser la question du militantisme des communistes-révolutionnaires dans le syndicalisme : devons-nous, comme le préconisent certains, témoigner et asséner des vérités dont beaucoup de travailleurs (de moins en moins politisés) ne comprennent malheureusement plus le sens, ou devons nous militer dans les organisations de base pour faire passer le message aux travailleurs ?
Comme nous l’avons toujours dit, nous revendiquons le passé du PCF, notamment celui qui a permis l’obtention des grandes conquêtes sociales : les congés payés, la semaine de 40 h, la Sécurité Sociale, le Statut des Fonctionnaires, les nationalisations des Banques et Assurances, l’EDF et GDF, la Sidérurgie, etc.….. et aussi les grandes batailles pour la Paix (appel de Stockholm, la décolonisation, la lutte pour l’indépendance des peuples).
Notre principal combat, qui doit être aujourd'hui prioritaire, est d’aller à la rencontre des travailleurs, de ceux qui se battent, même si nous préfèrerions que les luttes engagées et leurs objectifs soient plus aigus avec l’adversaire de classe . Ce dernier n’hésite pas, avec un gouvernement à son entière dévotion, à franchir tous les obstacles en utilisant tous les moyens sans l’ombre d’une riposte d’envergure de la part des dirigeants de la CGT. Ce climat délétère ne renforce pas la cohésion des travailleurs ; il est accompagné ça et là par une véritable chasse aux sorcières dans les organisations de la CGT ; des militants se retrouvent privés de mandats, des syndicats dissous, on prétexte du nécessaire rajeunissement des cadres pour mieux virer les militants aguerris, quitte à les remplacer par de jeunes syndiqués sans expérience et même sans militantisme.
La bataille doit donc être prioritaire pour les militants communistes.
Partout où c’est possible, il faut être aux côtés des salariés pour donner un contenu de classe aux revendications, expliquer que le combat ne s’arrête pas à l’obtention même partielle d’une revendication car l’adversaire est toujours là. A l’image de ce qui se passe aujourd’hui, il ne manquera pas d’essayer de reprendre ce qu’il a dû concéder hier face aux luttes victorieuses!
La poste de Marly (95), la lutte au quotidien
Une interview du secrétaire départemental de la CGT PTT La poste de
Mobilisation usagers et personnels ce mois de juin en faveur du bureau de Poste de Marly la Ville dans le Val d'Oise : l'annonce du déclassement s'est répandue comme une traînée de poudre. Les Marlysiens ont bien perçu que cela signifie à terme sa fermeture ; très rapidement, une pétition circule qui recueille en trois jours des centaines de signatures auxquelles s’ajoutent les 1 500 signatures déjà remises à la Direction de la Poste Départementale.
A l’appel de la Municipalité et du syndicat CGT PTT du 95, la population et le personnel occupent le bureau de Poste le 24 juin. Les militants de l'U.R.C.F. de la ville et des communes avoisinantes sont de la bataille. C'est donc devant le bureau de Poste qu’ Intervention Communiste rencontre Sébastien Velasco, secrétaire départemental CGT des PTT
IC: " Pouvez-vous expliquer la bataille d'aujourd'hui ? "
S.V.: " Le Val d'Oise n'échappe pas aux restructurations - réduction d'effectifs et fermetures de bureaux-. Déjà, par exemple, les services courrier sont regroupés dans des grands centres en prélevant les effectifs sur les petits bureaux. La distribution du courrier est affectée, les tournées sont ralenties et une lettre peut mettre jusqu'à sept jours pour arriver à son destinataire. Il faut savoir que la poste a théoriquement une obligation contractuelle d'une tournée par jour partout. Un autre exemple, les services financiers sont en sous-effectifs. Il manque selon les bureaux de une à trois personnes. Conséquences pour les usagers : 1/3 des guichets sans personnel, des files d'attentes trop longues sans compter les non-remplacements en période de congés, maladie etc... les usagers sont mécontents et le personnel est en totale impossibilité d'assurer correctement sa mission de service public."
IC:" Concrètement que se passe-t-il pour le bureau de Marly? "
SV:" La direction entend supprimer l'emploi de receveur (le chef d'établissement) et de deux guichetiers. Le bureau est déclassé. Ce ne sera plus un bureau de plein exercice mais seulement une annexe. Qu'on ne s'y trompe pas, ce déclassement, si on ne parvient pas à l'empêcher, est la première étape avant sa suppression pure et simple ! Le processus est malheureusement connu ; dans une annexe, les horaires d'ouverture et de fermeture peuvent être modifiés et réduits ; il n'y a pas d'obligation d'ouverture quotidienne. Le service public n'assure plus toutes ses missions, les usagers critiqueront le bureau pour service non rendu, et seront obligés de se déplacer par leurs propres moyens pour aller dans un bureau de plein exercice. Petit à petit, il y aura une désaffection de l'annexe et la Direction pourra alors justifier sa fermeture définitive. La fermeture des bureaux de poste s'inscrit dans le cadre de la régionalisation avec une perte d'autonomie des communes et une baisse de l'offre des services publics, prémisse à une privatisation tout azimut."
IC: " Comment réagit le personnel ? "
SV: " Il faut relier le projet de"régulation des activités postales" du gouvernement au processus de privatisation de France Télécom. On assiste à des atteintes de plus en plus nombreuses aux droits syndicaux, la direction essayant de s'aligner sur le Privé. Elle joue au yo-yo avec le personnel et exige une mobilité accrue. Actuellement, les services comptables du département sont regroupés avec ceux des Yvelines, les personnels ont donc été mutés dans le 78 mais ce n'est pas définitif ; et peut être que l'année prochaine, ils devront retourner dans le 95 !!!! "
IC: " Aujourd'hui, avec environ 150 personnes, vous occupez le bureau de poste, quelles autres actions envisagez- vous ? "
SV: La fédération CGT PTT du 95 mettra tout en oeuvre pour empêcher la fermeture du bureau de Marly. Demain, le personnel du bureau de Marly sera en grève avec les collègues du département ; la création d'un comité de sauvegarde du bureau de Marly, associant personnels syndicats et usagers, est une bonne chose. Il faut savoir que la CGT PTT avec le personnel lutte contre la casse du service public. Nous menons une grande campagne nationale pour sauvegarder le principe d'égalité de traitement des usagers, pour un service public de qualité et de proximité.
Des actions d'ampleur nationale contre le projet gouvernemental sont prévues à la rentrée. NDLR : la forte mobilisation du personnel et des Marlysiens a permis une première avancée. Le 8 juillet, le Directeur Départemental et son état major ont dû se rendre à la Mairie de Marly après la réoccupation de la poste le 1er Juillet : à cette réunion assistait Marie-Claude Beaudeau sénatrice ex-PCF, le député Socialiste de la circonscription : Blazy (qui s’était fait chahuter le 25 juin par les élus et la CGT devant une centaine de marlysiens quand il avait affirmé que la privatisation de la Poste était l’œuvre de la seule Droite) les élus municipaux, la CGT, et des membres du comité de défense.
Lors de cette négociation, il avait été obtenu l’engagement de remplacer les 2 départs en retraite. A ce jour, les informations qui nous parviennent semblent corroborer cette première victoire, mais la vigilance s'impose ; pas question pour le moment de nommer un Receveur et comme le disait Sébastien Velasco un peu plus tard " la Direction n’a pas dit son dernier mot, elle joue sur la démobilisation des usagers après l’été pour revenir sur ses reculs ! "
Le Comité de Défense devait se réunir le 31 août afin de préparer les nouvelles initiatives d’actions pour imposer la nomination d’un nouveau Receveur ! …à suivre !
Bosch-Vénissieux : ouverture du bal de la plus-value absolue
Le patronat est friand de toujours plus de plus-value. Dans la conjoncture actuelle caractérisée par l’offensive de la contrerévolution et l’aiguisement de la concurrence, les patrons des entreprises monopolistes se distinguent dans leur soif d’exploitation de la force de travail.
A Vénissieux, Bosch a ouvert le bal des vampires (car, comme le notait Marx, la plus value, c’est la transformation en or de la sueur et du sang des travailleurs). Menaçant de délocaliser en République Tchèque, ils ont imposé aux travailleurs de l’entreprise d’accepter de travailler 36 h payées 35 ! Pour faire bonne mesure, les patrons ont exigé que chaque travailleur signe son accord avec la proposition et posé en condition que 90% d’entre eux au minimum devraient donner leur accord pour que Bosch reste à Vénissieux ! Dans ce contexte il faut saluer le fait que 28% de travailleurs n’aient pas répondu et 3% ont eu le courage de dire non. Mais la direction a considéré que ceux qui n’avaient rien dit consentaient !
Ce chantage éhonté a eu la caution des dirigeants de la CFDT, jamais en reste pour se prostituer au détriment des travailleurs. Décidément CFDT signifie " Corrompu, Fourbe, Défaitiste, Traître ". La section CGT d’entreprise s’est battue avec courage contre le chantage patronal. Par contre la municipalité et le député maire PCF ont été silencieux sur un fait qui a été à la une de toute la presse.
Dans la foulée, la soif de plus-value, et l’extorsion de plus- value absolue pour la satisfaire gagnent l’ensemble de l’Union Européenne, partout accompagnée du chantage à la délocalisation (tandis que d’autres délocalisent sans prévenir les travailleurs mais préviennent les CRS pour pouvoir déménager). Exemple : Siemens, Porsche, et jusqu’au Poulet Dodu. Dans cette dernière entreprise, le patron veut récupérer 23 jours de RTT. Sachant que cela signifie des heures supplémentaires effectuées et non payées, on voit l’ampleur de l’aggravation de l’exploitation.
Cette offensive concertée est rendue possible par le démantèlement du code du travail, sous l’impulsion de l’Union Européenne et des patrons français. Ce sont les socialistes, avec les lois Auroux de 1982 et Aubry, improprement appelée " loi sur les 35 h ", qui ont permis de créer les conditions pour que le patronat puisse impunément remettre en course ces pratiques flibustières.
C’est l’ensemble des conquêtes sociales qui ont été arrachées depuis la Révolution d’Octobre qui sont dans le collimateur de la bourgeoisie. Et, puisque ces messieurs veulent nous ramener au XIXe siècle, qu’ils se souviennent de ce que disait Pottier dans sa chanson sur la Commune de Paris vaincue : " Oui mais ça branle dans le manche Les mauvais jours finiront ! Et gare à la revanche Quand tous les pauvres s’y mettront ! "
En attendant, il nous faut expliquer patiemment aux travailleurs concernés que seule la lutte peut sauver les emplois, et que toute acceptation de la remise en cause les conditions de travail, de salaire et d’emploi ne peut que renforcer l’agressivité plus grande du patronat et qu’il faut mener le combat politique pour assurer la protection sociale perdue.
Une victoire du NON au référendum sur l’Union Européenne peut être une étape importante dans ce sens.
Vive l'URSS! Vive les partisans antifascistes
Sous prétexte des commémorations du 60ème anniversaire : 6 juin, débarquement de Provence et de la Libération–insurrection de Paris, l’historiographie bourgeoise a franchi un pas supplémentaire dans la réécriture falsificatrice de la guerre mondiale antifasciste.
Les cérémonies officielles, les articles ont traité uniquement du second front. " Second " dans la chronologie : 1944 ! alors que l’URSS combattait l’Allemagne fasciste depuis le 22 juin 1941. " Second " , par le facteur militaire, les 9/10ème de la Wehrmacht plus les troupes des États satellisés par le Reich (qu’on se rappelle la sinistre LVF du renégat Doriot) étaient engagés sur le front de l’est.
Le révisionnisme historique vise à effacer ce fait de la mémoire des aînés nés après guerre ; à empêcher les jeunes générations de connaître le rôle premier de l’URSS, de son Armée Rouge et des Partisans antifascistes dans tous les pays tombés sous la botte de la " bête immonde " . A la Libération, l’un des premiers sondages posait la question suivante aux français : quel est le pays qui a le plus contribué à la victoire ? 65 % répondaient l’URSS ! A la même question, voici quelques années, le pourcentage est tombé à 7 % !
C’est le résultat d’un véritable lavage des cerveaux, ayant son origine dans les manuels scolaires officiels, les médias capitalistes. Il revient en premier lieu aux communistes révolutionnaires, à tous les démocrates antifascistes de combattre, tant la criminalisation du communisme que le négationnisme à l’égard de l’URSS, des Résistances antifascistes qui ont sauvé la civilisation mondiale menacée par la barbarie fasciste, politique exterminatrice de l’impérialisme.
LE PREMIER MINISTRE ALLAOUI :
" LE MAIRE DE TROIS RUES DE BAGDAD"
Voilà déjà plus de 16 mois que la nouvelle agression des impérialistes US contre le peuple irakien a débuté.
Contrairement aux années 91-92, l’objectif fixé cette fois est l’occupation de l’Irak. Le scénario Yankee n’a guère varié depuis des décennies : c’est au nom de la liberté que ce dernier a justifié sa forfaiture ! Mais cette fois-ci, rivalités impérialistes obligent, certaines grandes bourgeoisies européennes se jugeant lésées par l’objectif américain, n’ont pas suivi. Il s’agit principalement de la France, de l’Allemagne rejointes par la Russie, pays dont les intérêts pétroliers et commerciaux sont remis en cause par cette invasion US. Déjà des bases militaires américaines se sont implantées dans les ex- Etats Soviétiques du Caucase, des indépendantistes islamiques agissent sur le territoire de la Fédération de Russie afin d’obtenir le détachement de certaines régions autonomes limitrophes telles la Tchéchénie et l’Ingouchie.
Il ne fait pas de doute, qu’en dernier ressort, ces groupes constitués il y a plus de 25 ans par la CIA sont toujours financés directement ou indirectement par ceux qui les ont créés. Si l’ONU, devenu le " machin " des USA, n’a pu officiellement soutenu l’agression, ces derniers ont largement utilisé cette instance pour essayer de légitimer leurs forfaits ! En raison des revers infligés par la résistance irakienne, le Pentagone a accéléré la nomination d’un gouvernement à son entière dévotion. C’est un certain Allaoui (rémunéré par la CIA depuis douze ans) qui le préside. Il est la risée de la population de Bagdad qui le surnomme " le maire de trois rues de Bagdad " sans doute une allusion au seul secteur où il règne en maître (et encore) : celui abritant les ministères qui sont interdits à la population et contrôlés par les occupants US !
La résistance reste composite même si des rapprochements se font jour. Ce qui s’est passé à Najaf en atteste : Moqtada Al-Sadr, imam chiite qui se proclame nationaliste arabe et défenseur de l’intégrité de l’Irak, et son armée du Mahdi ont occupé pendant de nombreuses semaines la ville sainte. Peu entraînés et dotés d’armes légères, ses combat tants risquaient de faire les frais d’une victoire militaire que recherchent les envahisseurs yankees et le Gouvernement fantoche en mal de reconnaissance ! L’issue heureuse de cet épisode est certainement due aux rapports de force internes entre religieux chiites, très compromis avec l’occupant.
Ils essaient aujourd’hui de jouer la carte de la neutralité en raison de l’impopularité du régime qu’ils soutiennent face à la population irakienne ! Ramadi, Fallujah, Baquouba, Kut, Mahmoudiya, Hilla, et Samarra ne sont plus sous contrôle américain, depuis que les troupes US sont retranchées dans leurs propres casernes ! Peu d’informations fiables nous parviennent en raison de la censure en place. La résistance n’a pas encore les moyens de faire connaître ses actions, les journalistes qui ne se conforment pas aux injonctions américaines sont expulsés ou menacés physiquement (dans la situation confuse où se trouve l’Irak actuellement, il est assez facile de dissimuler des actes criminels en faisant porter le chapeau aux groupes armés). C’est pour ces raisons que les informations radiotélévisées sont avant tout des communiqués de l’état-major US peu conformes à la réalité !
Les pertes américaines ainsi que celles de leurs supplétifs sont largement minorées. Les bombardements des populations civiles, qui font chaque jour de nombreuses victimes sont passés sous silence ! La guerre qui sévit en Irak ne doit pas faire oublier l’embargo américano-onusien pendant 13 longues années : des centaines de milliers d’Irakiens sont morts de privations !
Non seulement la situation perdure, mais elle est aggravée dans l’Irak en guerre. Chaque jour, les irakiens sont confrontés à des coupures d’électricité qui durent de 16 à 20 heures alors que la température oscille en été entre 45 et 55 degrés, avec en plus l’absence d’eau potable. L’assainissement des eaux usées est interrompu depuis le début de l’invasion avec pour conséquence la propagation de la t