Sommaire IC n°64

Edito:
Un NON anticapitaliste


Luttes

35 H de repos par semaine !
C'est possible avec l'U.E.

 FORUM ANTICAPITALISTE  " Accusons l’Europe Capitaliste  2005 "
Pour reprendre l'offensive

NON A LA LOI BORLOO
 loi de régression sociale

L’accord sur le préavis de grève à la SNCF
La negociation contre l'action

Quand les dirigeants de la CGT vont à la soupe   

Loi Fillon

Fillon aux ordres du patronat et du capitalisme européen  

 

Conquérir le droit syndical plein et entier dans les PME

 


International 

Algérie
50ème anniversaire du début de la guerre   d'indépendance algérienne

Côte d’Ivoire :
 achever la décolonisation

Palestine:
Montée des périls  après la  disparition de  Yasser Arafat

Ukraine
Pour une UKRAINE  libre et soviétique

  Cuba
Allocution de Fidel Castro


ECHOS DES FEDERATIONS 

Billet de Jean Sanitas

URCF – PRCF : Pour un NON à la Constitution de l’UE, unitaire et anticapitaliste 

Referendum sur la Constitution

 

Un NON ANTICAPITALISTE

 

Edito

Le référendum sur le projet de constitution européenne présente un enjeu de classe fondamental. Pour les bourgeoisies monopolistes de l’UE, cette constitution vise à légitimer la seule politique néolibérale : précarité, déréglementations, privatisations, délocalisations et à interdire toute autre politique.

 

Les monopoles veulent liquider toutes les conquêtes sociales obtenues par les luttes de classe, les résistances antifascistes, l’existence même de l’URSS et du camp socialiste.

 

Surexploitation, mise en concurrence des prolétariats, chantage à l’emploi, paupérisation, chômage massif, guerre pour conquérir de nouveaux marchés, tel est le programme de la classe capitaliste pour assurer les surprofits aux monopoles !

 

En France, les partis bourgeois sont en ordre de bataille derrière le patronat pour leur OUI de classe.

Au-delà des petites phrases politiciennes du dimanche, une fois de plus, le consensus s’exerce entre l’UMP-UDF et le PS. Les communistes doivent montrer, faits et déclarations à l’appui, que l’alternance et la mystification droite/gauche sont là pour camoufler leur rôle de pion au service des intérêts financiers et du système capitaliste.

 

Pour la classe ouvrière et les travailleurs, le NON, avec les luttes et grèves, est le moyen de se défendre contre les agressions multiples du capital, de sanctionner Chirac- Raffarin-Sarkozy, d’infliger une défaite à la bourgeoisie française et à tous les monopoles européens, puisque la règle de l’unanimité est exigée pour adopter la constitution.

 

Certes, ne semons pas d’illusions ; cette défaite serait ponctuelle mais précieuse, car elle mettrait en minorité les partis/relais de la dictature du capital et sanctionnerait le bloc impérialiste européen. La bataille va être difficile. La situation a changé depuis le référendum sur Maastricht (1992). La direction PS ne règne plus sans partage sur ses troupes : au-delà des ambitions de ses présidentiables, le désarroi, l’inquiétude, le refus ont gagné 40 % des adhérents- votants du PS. Mais, le capital dispose, aujourd’hui, d’autres relais pour exercer son influence : les bureaucraties syndicales jouent un rôle de premier plan via la C.E.S. (instrument d’application des directives monopolistes dans le mouvement syndical ouvrier) soit en se ralliant au OUI (CFDT, CFTC, UNSA) soit en refusant de s’inscrire dans le camp du NON, celui du travail. La CGT a accéléré sa mutation réformiste et son intégration au système. Elle fait la politique de l’autruche (abstention à la C.E.S.), avec un argumentaire sans repère de classe, allant même jusqu’à saluer l’" économie sociale de marché " (sic) mais regrettant l’absence de concrétisation du projet de constitution ! ! Alors même que le programme social de l’UE est édifiant : liquidation du droit au travail, interdiction des nationalisations, ouverture du capital des entreprises publiques, légalisation du lock-out.

Les militants cégétistes ne sont pas dupes. Partout grandissent l’exigence de consultation et l’appel au NON dans les UL, UD, Fédérations, idem à la FSU. L’allégeance au PS et à la CES de la CGT doit être combattue. La CGT toute entière doit rejoindre le bon côté de la barricade, le NON de classe, contre ses tenants eurocrates et collaborationnistes.

Le capital utilise une fois de plus des armes de rechange : l’euroconstructivisme (PCF/PGE, Trotskistes) qui s’oppose à ce projet de constitution mais appelle à l’Europe " sociale " dans le cadre de l’UE ; alors que les monopoles, forts de la propriété privée des moyens de production, décident de tout. Cette position intermédiaire est celle de la démocratie petite bourgeoise qui propage l’illusion d’un " capitalisme à visage humain ".

Autre arme : le nationalisme propre aux fascistes du FN qui vise à susciter la haine chauvine des autres peuples, à " ringardiser " le NON. Toutes ces raisons soulignent l’importance d’une campagne offensive et unitaire des communistes révolutionnaires. Offensive : l’URCF veut défendre le NON anticapitaliste en montrant que les souffrances quotidiennes, l’insatisfaction des besoins découlent, au-delà de l’UE, du système capitaliste et que la bourgeoisie française est responsable de la casse du tissu économique. Elle est la cible première de notre combat.

L’URCF se prononce pour un NON internationaliste et anti-impérialiste.

Partout la domination du capital et la politique de l’UE conduisent au même désastre. Les seuls bénéficiaires sont les multinationales de chaque pays qui voient grimper à des hauteurs vertigineuses leurs profits. Au bloc impérialiste européen doit s’opposer le bloc ouvrier populaire à l’échelle internationale, afin d’organiser l’Internationale des luttes et de la Résistance. Unitaire : l’URCF poursuivra sa politique de Front uni dans l’action pour frapper ensemble avec tous les groupes communistes. Ce front est composé des groupes :Collectif Militant communiste, Coordination communiste 59-62, Communistes en lutte, URCF. Après la rencontre de l’URCF et du pôle de renaissance communiste (PRCF),l’unité d’action communiste s’élargit et doit s’élargir encore. Le front uni communiste doit permettre que le NON anticapitaliste ait un large écho et contribue à la victoire du NON.

Pour l’Urcf, outre la campagne du référendum, notre forum le 12 mars le capitalisme ! " accusons l’Europe capitaliste " sera un temps fort de la bataille pour le NON de classe, anticapitaliste et internationaliste, pour la défense des revendications sociales, pour le retrait de la France de l’UE et de l’OTAN

  

35 H DE REPOS MINIMUM PAR SEMAINE ! C’EST POSSIBLE AVEC L’U.E.

Sur le site de la Confédération CGT, le projet de révision de la directive européenne sur le temps de travail est jugé inacceptable ; que dit-il ? Et bien, le temps de travail maximum de 48 heures actuel va être flexibilisé : en langage européen, cela veut dire que la commission européenne veut le porter à 65 heures ! Oui, vous avez bien lu, 65 heures ! Les dirigeants de la CGT devraient crier au voleur ! mais non, ils s’interrogent sur les tenants et aboutissants de la Constitution Européenne ! Encore plus fort, un fonctionnaire émérite spécialiste du droit du travail français et européen démontrait, sur une radio nationale, que finalement, en Europe, les salariés avaient l’assurance de 35 heures … de repos par semaine minimum : vous travaillez 13 heures ; il vous reste donc 11 heures de repos pour finir la journée. Et comme vous avez droit à une journée légale de repos de 24 heures consécutives pour la semaine, on peut dire que l’Union européenne vous garantit, au lieu de 35 heures de travail, 35 heures de repos légales (et 65 heures de travail assurées, mais en toute flexibilité….) Une preuve de plus que l’UE est au service des seuls intérêts rapaces du capital , que « l’Europe sociale » est une escroquerie.

 

FORUM ANTICAPITALISTE « Accusons l’Europe Capitaliste » 2005

Pour reprendre l'offensive

Le Forum Anticapitaliste, organisé par l’URCF, sera un grand moment de résistance contre le système capitaliste inhumain. Il s’inscrira dans la campagne pour le NON anticapitaliste, anti-impérialiste et internationaliste à l’Union Européenne et à sa Constitution élaborée par les tenants du capital monopoliste. Des travailleurs, chômeurs, syndicalistes de France et d’Europe, communistes, immigrés, des femmes, des représentants du Mouvement Communiste International échangeront leurs analyses, leurs expériences et leurs projets de lutte afin d’unifier le combat du peuple travailleur contre le démantèlement des services publics, les licenciements, les atteintes aux libertés…. Le Forum sera divisé en deux demi-journées, entrecoupées d’animations, de tables de lecture, d’un buffet et bien sûr de discussions informelles. Le thème de la matinée portera sur la lutte contre la globalisation impérialiste menée par les USA et le cartel des États d’Europe. La réélection de Bush accroît la voracité des multinationales US qui cherchent à évincer leurs concurrents et à élever au maximum leur taux de profit. Cela passe par une exploitation toujours plus dure des travailleurs, par un transfert massif des revenus du travail vers le capital opéré notamment, en ce qui concerne les USA, par la réforme fiscale favorisant la classe possédante. Il faut également s’attendre à un regain de bellicisme en politique extérieure. Déjà se dessine en Iran le scénario orchestré avec les fameuses inspections de l’AIEA qui avaient préparé et fourni le prétexte à l’agression de l’Irak. Du côté de Cuba, l’application des mesures de restriction aux voyages et aux transferts d’argent, le renforcement du blocus et les plans de préparation d’une agression, tout cela doit susciter un élan de solidarité pour Cuba socialiste. Du côté de l’UE, le démantèlement des services publics, l’augmentation du temps et de la charge de travail sans compensation alors que le chômage augmente, la chasse aux chômeurs et la suppression de leurs droits à une indemnité décente, les suppressions d’emplois et fermetures d’entreprises, tout cela illustre la spirale sans fin de la régression du niveau de vie des travailleurs. Ainsi s’accentue, partout où règne le mode de production capitaliste basé sur la propriété privée des moyens de production et d’échanges, la crise de surproduction, la paupérisation des masses, le chômage et la misère. Mais l’impérialisme peut être mis en échec : la Résistance irakienne, la fermeté de Cuba et du Venezuela bolivarien en sont une démonstration. Les débats de l’aprèsmidi porteront sur la mise en accusation de l’Europe capitaliste, sur la nécessité du NON anticapitaliste au projet dangereux et réactionnaire de constitution ; sur la lutte pour infliger une défaite par le NON au pouvoir de Chirac- Raffarin-Sarkosi. Car ce gouvernement est le plus réactionnaire de la 5e République. Il a à son actif, après une minutieuse préparation par la gauche plurielle, et dans le cadre de l’Union Européenne : l’augmentation de l’âge de la retraite, l’achèvement de la privatisation d’Air France et de France Télécom, les milliards prélevés sur la sécurité sociale et offerts en cadeau aux entreprises, la précarisation massive du travail, la soumission de l’école et de la culture aux intérêts du patronat, la fermeture de milliers de lits d’hôpitaux et de bureaux de poste…Ces mauvais coups ne pourraient être portés avec autant de facilité si la direction de la CGT n’accompagnait pas le mouvement en bloquant les luttes et en les dispersant. De nombreux syndicalistes expliqueront au forum les difficultés qu’ils rencontrent pour organiser la convergence des luttes et pour forcer la direction confédérale à prendre une position de classe et à faire campagne pour le NON. Des militants, défenseurs des services publics, feront part de leur expérience dans l’opposition aux fermetures de bureaux de postes, de gares… Il est temps de remettre à l’ordre du jour la lutte de classe, la nécessité de reconstruire un parti communiste ayant pour perspective la prise du pouvoir par le prolétariat et la construction du socialisme, seul système qui permet d’en finir avec le chômage et les crises.

 

NON A LA LOI BORLOO LOI DE REGRESSION SOCIALE !

Quand le patronat dirige le gouvernement Pour les travailleurs, c’est la régression sociale !

Les syndicats patronaux et l’Etat capitaliste mettent les bouchées doubles, comme si c’était maintenant ou jamais. Plusieurs textes et mesures ont été adoptés : ils engagent l’avenir matériel et moral des travailleurs et de leurs enfants, qu’ils soient en activité ou au chômage

La loi Borloo n’est rien d’autre qu’une réponse capitaliste au chômage : un énième aménagement de la gestion de cette tare congénitale du capitalisme. « 13 milliards d’euros (sur 5 ans) pour les 4 millions d’oubliés de la République », ne cessent de pérorer les dirigeants de la droite et de la social-démocratie. En fait de cohésion sociale, cette loi est un ensemble de contraintes contre les salariés qui traite les chômeurs et les problèmes sociaux comme une question de mendicité. Pour l’emploi, des « contrats d’avenir » (250.000 selon le texte) seront proposés aux chômeurs : ce sont des CCD de 6 mois (renouvelables pour 3 ans au maximum, dans la même logique que les emplois jeunes de la gauche plurielle) et payés 600 euros net (équivalent de 26 heures au SMIC) ! Les patrons utilisateurs de ces contrats (surtout dans le BTP, la restauration et l’hôtellerie), pour leur contribution à l’exploitation de cette main d’œuvre bon marché, recevront une « aide » de l’Etat équivalente au RMI. C’est une extension du champ d’application du RMA, une normalisation de la précarité, qui accroît la concurrence entre salariés et aggrave l’exploitation de la force de travail. En écho aux desiderata du patronat, la loi Borloo prévoit de privatiser le service public de l’emploi, jusque-là du domaine de l’ANPE : 300 « maisons de l’emploi » seront créées pour « fluidifier le marché du travail et inciter les chômeurs à reprendre le chemin du travail » (dixit Fillon, alors ministre du travail). A la base de ces décisions, des rapports d’experts mercenaires (payés par nos impôts) : rapport sur les conditions d’un rapprochement ANPE-UNEDIC de Jean Marimbert (conseiller d’Etat, ancien directeur général de l’ANPE) ; rapport sur la simplification du Code du travail de Michel de Virville (SG de Renault) ; rapport sur « les pratiques de recours à des opérateurs externes pour la mise en œuvre des politiques actives de l’emploi » de Dominique Balmary (conseiller d’Etat et ancien délégué à l’emploi). L’argutie principale est : « 300.000 offres d’emploi de l’ANPE ne sont pas pourvues, alors qu’il y a plus de 2,5 millions chômeurs ». Alors, pour diminuer de 100.000 les offres non satisfaites (en 2004), on prend des mesures pour « convaincre les chômeurs d’accepter les postes proposés » et on autorise des bureaux privés de placement des chômeurs pour « rendre plus efficace le service de placement de l’ANPE ». Dans les faits, le monopole de l’ANPE est une fiction puisque la concurrence existe déjà entre l’ANPE et ses prestataires privés, et les cabinets de recrutement ont déjà pignon sur rue. L’ANPE compte 4.000 prestataires extérieurs sous-traitants : les associations de réinsertion, les sociétés d’intérim (comme Manpower, Adecco etc…) pour les évaluations de compétences, les ETT (entreprises de travail temporaire) et les cabinets de recrutement pour échange de CV et d’offres. Ces nouvelles mesures menacent surtout les associations de l’insertion professionnelle agissant sur la base de conventions avec l’ANPE. D’autant que des organismes étrangers auront la possibilité d’intervenir sur ce « marché des chômeurs ». Il n’y a pas de doute que les opérateurs privés seront certainement plus « efficaces » que l’ANPE : ils feront du « chiffre » pour faire des profits puisque la facturation de leurs prestations sera fonction du nombre de retours à l’emploi des chômeurs. Ils pourront s’inspirer des sociétés d’intérim qui réalisent du profit par un jeu répété de placement de salariés pour des missions de plus en plus courtes. Comme il est acquis que ces bureaux privés ne s’intéresseront qu’aux chômeurs l e s p l u s e x p l o i t a b l e s , « employables » en … langage patronal ! Cette mesure est aussi une dést r u c t u r a t ion de l ’AFPA (Association Professionnelle des Adultes) : décentralisation de la formation qualifiante, et, dès 2005, le donneur d’ordre pour la formation professionnelle sera la Région, laquelle Région ne sera plus obligée de recourir à l’AFPA. Déjà ce transfert de compétences ne sera pas suivi du même transfert des crédits : sur 700 millions de subventions à l’AFPA, seuls 450 seront transférés aux régions en 2005. C’est la politique dite « activation des dépenses passives du chômage », une politique anti-salariés et pro-patronale concertée à l’échelle de l’Europe capitaliste, comme c’est le cas de la loi HARZT en Allemagne. Dans son volet logement, la loi Borloo poursuit la privatisation du logement social : libération du barème des loyers des HLM, suppression du contingent préfectoral (25% des logements HLM pour les ménages en difficultés), … Un plan, dans lequel les chiffres sont grossis en mélangeant constructions et acquisitions, ce qui est loin d’être en rapport avec l’ampleur de la demande de logements sociaux. Une 3ème partie de la loi concerne « l’égalité des chances » qui n’a rien à voir avec les raisons de l’échec scolaire : création de 30 internats pour accueillir les élèves éloignés pour inadaptation et indiscipline ; création de « pôles d’excellence dans 150 collèges » (adieu le «collège unique ») ; renforcement de l’orientation vers le préapprentissage. La coordination sera assurée avec la réforme Fillon portant sur la 3ème des collèges et celle de Dutreil portant sur l’apprentissage : ouverture de l’apprentissage aux plus de 25 ans, passage de 7 à 8 heures de la journée de travail des apprentis, possibilité pour les élèves de rejoindre l‘apprentissage après la rentrée scolaire, jusqu’en décembre. Ainsi, l’objectif visé et annoncé est d’augmenter de 40% le nombre d’apprentis, et de porter ainsi à 2% la part des apprentis parmi les salariés des entreprises. Des petites mains pas chères, c’est bien le rêve du patronat avec son projet de « formation tout au long de la vie ». Avec les récentes propositions de De Villepin (les patrons pourront aller chercher dans les pays du Sud eux-mêmes les travailleurs dont ils ont besoin, et seront donc responsables et de leur travail et de leur séjour), en matière d’immigration, c’est un schéma d’organisation de plus en plus proche de celui en vigueur aux Etats-Unis. Pour compléter cette offensive anti-sociale, Raffarin propose de « gagner plus en travaillant plus » ! En fait, il demande aux salariés de différer ou de vendre leurs congés (RTT à 35 h), de ne pas revendiquer de hausses de salaires (cf. refus adressé aux fonctionnaires), pendant que les prix ne cessent d’augmenter, y compris ceux relevant de la décision publique comme ceux des transports, de l’énergie, des loyers et des impôts. En même temps, il donne la possibilité aux patrons (surtout moyens et petits) d’augmenter le quota annuel d’heures supplémentaires (de 180 à 220 heures) : en somme, du surtravail payé à minima et des profits de plus en plus gros ! En 2003, les revenus des patrons des entreprises du CAC 40 (hors stock-options) ont crû de 10% ; et le plus bas des revenus (parmi ces entreprises du CAC 40) est celui du PDG de Total (6,5 millions d’euros par an- soit de quoi rémunérer 451 smicards pour une année), le premier étant celui du président de Vivendi (22,8 millions d’euros par an) ! Les objectifs des patrons apparaissent au grand jour et à l’échelle de l’Europe capitaliste : exonérer toujours plus les patrons de leurs obligations sociales et transférer le maximum de prélèvements vers les salariés, enrayer la baisse du taux de profit en augmentant la durée d’exploitation des salariés et le démantèlement du système des retraites par répartition. Les directions syndicales actuelles, y compris celle de la CGT, comme les dirigeants de la « gauche plurielle », refusent d’analyser ces problèmes en termes de classe et préfèrent se contenter de négociations de salon avec les directions patronales à la recherche effrénée d’accords consensuels et minimalistes ; en totale contradiction avec les revendications matérielles et morales des millions de travailleurs pourtant scandées dans des manifestations massives et répétées. Le chômage n’est pas un fléau éternel : l’URSS a fermé dès 1927 les agences de chômage et assuré un emploi à tous ! Le socialisme peut réaliser le droit au travail grâce à la socialisation des moyens de production, au pouvoir ouvrier. Dans l’immédiat, la seule réponse est l’unité d’action : travailleurs/ privés d’emploi avec l’arme éprouvée du combat de classe : la grève générale pour le droit au travail. Pour construire les actions à la hauteur des enjeux, il faut partout dénoncer les fauteurs de chômage : la classe patronale ; isoler les dirigeants réformistes, prôner haut et fort la solidarité de classe

 

L’accord sur le préavis de grève à la SNCF: LA NEGOCIATION  CONTRE L’ACTION

L'accord signé par la CGT n'est pas une simple péripétie dans l'histoire  du monde ouvrier ; c'est un encouragement pour le patronat et  le gouvernement à tailler encore plus férocement dans nos acquis. 

L a corporation des  cheminots, avec  sa fédération  CGT, a souvent  été le fer de lance des luttes  revendicatives. Dès que les  cheminots "bougeaient", les  travailleurs ne s'y trompaient  pas. Ils envisageaient immédiatement  la possibilité de leur  emboîter le pas, en fonction de  l'évolution du mouvement,  pour mettre en avant leurs revendications  et entrer dans la  lutte. La Confédération CGT  était à l'écoute du niveau de  combativité chez les cheminots,  ainsi que d'autres secteurs  aussi combatifs, comme les  mineurs, les métallos etc…  afin de prendre la  "température" et d'analyser  avec suffisamment de précision  la situation sociale du  pays. Ceci lui permettait d'évaluer  immédiatement les possibilités  d'actions susceptibles  d'obtenir la satisfaction des  revendications de l'ensemble  des travailleurs, en veillant à  élargir, à fédérer les actions le  plus possible, pour faire en  sorte que le rapport de force  "bascule" en faveur des salariés.  Et ce n'est, éventuellement,  qu'à ce moment, que  pouvait commencer la phase  des négociations permettant  ainsi de faire aboutir leurs exigences,  ou tout au moins, de  les porter aussi loin que possible.  Cette conception des choses  était due à la nature de  Classe et de Masse de la CGT  toute entière.  Aujourd'hui, ces principes  ont été abandonnés au fur et à  mesure du déroulement des  différents congrès de la CGT.  L'orientation actuelle de  celle-ci peut se résumer par le  slogan :"priorité à la négociation".  Cette ligne de conduite  qui se répercute idéologiquement  à l'ensemble des structures  et organisations de la  CGT et donc parmi les travailleurs,  a tendance à faire  passer l'action au second  plan. Disons le clairement :  ce n'est pas une simple tendance,  car petit à petit, cela  devient un état de fait, une réalité  concrète. A partir de cette  réalité, la conscience des travailleurs  admet de plus en plus  la fatalité des conditions sociales  et économiques qu'ils subissent.  Ils ne remettent plus  en cause le système lui-même,  le Capitalisme, et considèrent  qu'il faut s'adapter en essayant  de faire avec, et vaille que  vaille, de temps en temps, obtenir  une petite compensation  dérisoire au regard de tous les  acquis conquis de hautes luttes  qu'on leur reprend (la liste est  trop longue pour pouvoir tout  énumérer : la sécu, les retraites,  les privatisations, les délocalisations,  les licenciements,  la santé, sont suffisamment  éloquents pour illustrer le propos).  Ce comportement promu  par toutes les centrales syndicales  de travailleurs et tous les  partis politiques de gauche  n'est pas nouveau, (bien qu'il le  soit pour la CGT et le PCF). Il  a été désigné par nos anciens  sous l'appellation de  "réformisme". Il consiste à  accepter le système économique  qui sévit sur presque toute  la planète et dans notre pays. A  penser que l'on peut l'amender,  le rendre moins sauvage, plus  acceptable, et de concession en  concession, "l'accompagner"  en prônant la paix sociale, le  dialogue social plutôt que l'action.  Ceci a pour effet d'inverser  la logique des choses. Posons-  nous simplement la question  : qu'obtiendra-t-on d'une  négociation sans avoir au préalable  créé, par l'action, un  rapport de force favorable aux  travailleurs et permettant de  faire plier le patronat, le gouvernement  (qui n'est là que  pour mettre en application autant  que faire se peut, les exigences  de la grande finance,  donc du patronat), les directions  des entreprises nationales  et publiques ?  Ce comportement est néfaste  pour l'ensemble des travailleurs  que l'on dit vouloir  défendre. C'est pourtant ce que  prône la fédération CGT des  cheminots qui vient de signer  avec le gouvernement le plus  réactionnaire que nous  connaissons depuis l'avènement  de la Vème république  un accord intitulé  "amélioration du dialogue social  et prévention des conflits".  Même si la fédération déclare  dans son journal "La Tribune  des Cheminots", afin d'atténuer  les vagues que soulève  (même à la CE fédérale) sa  signature, "le spectre d'une loi  remettant en cause le droit de  grève n'est plus AUSSI PRESSANT"  ce qui veut dire au  passage que cet accord ne l'exclue  pas vraiment. Elle invoque  les "nouvelles prérogatives  des directeurs d'établissements""  l'obligation de réponse  dans un temps imparti "(pour  négocier). Nous savons par  expérience car nous l'avons  vécu dans la non mise en application  des décisions prises  dans le cadre de la loi créant le  préavis de grève que le patronat,  les directions d'entreprises  se soucient comme d'une guigne,  des accords passés,  comme des lois d'ailleurs, lorsqu'il  s'agit de défendre ses intérêts,  ou les intérêts de ses mandants,  lorsque ça l'arrange. Ne  va-t-il pas jusqu'à fouler aux  pieds ses propres lois, sa propre  "démocratie" pour sauvegarder  la pérennité des profits  ? L'histoire est là pour le  confirmer. Que dire aussi des  "arguments" relevés dans "La  Tribune" "Depuis sa signature  par la CGT, les discours des  plus virulents de l'UMP se  lissent et se calment, voulant  laisser à l'accord le temps de  faire ses preuves.  Et en tête le premier ministre  et le ministre des transports  qui se félicitent de l'accord  trouvé à la SNCF". Ce sont  vraiment des arguments révélateurs  ! On n'a pas toujours les  félicitations que l'on mérite.  Mais à cette occasion la fédération  CGT des cheminots ne  peut pas crier à l'injustice et  que ses mérites ne sont pas  reconnus et pas par n'importe  qui. Que les autres fédérations  de cheminots signent de tels  accords n'est pas pour nous  surprendre, on en a pris l'habitude  depuis des décennies,  mais que la CGT glisse à ce  point sur la pente savonneuse  du réformisme, suivant en cela  les orientations confédérales et  la CES inféodée au capital  européen, doit faire réfléchir  ses adhérents, tous les travailleurs,  tout le monde du travail  et qu'en conclusion de leur  réflexion il renvoie tout ce  beau monde à ses chères études  (ouvrières) et qu'ils choisissent  comme dirigeants des  hommes fidèles aux engagements  de nos anciens qui œuvraient  pour un avenir où les  travailleurs seraient affranchis  des chaînes de l'exploitation  capitaliste. Des hommes qui  ramènent la CGT sur les rails  du syndicalisme révolutionnaire,  vers un syndicalisme de  Classe et de Masse. Beaucoup  de nos anciens ont payé de leur  vie non seulement le droit de  grève, mais pour l'exercice de  ce droit selon leur bon vouloir,  c'est à dire décidé librement et  démocratiquement par les travailleurs  au moment choisi par  eux, où ils veulent et comme  ils veulent. Méditons sur le cas  de Lucien MIDOL ancien dirigeant  de la CGT cheminots,  emprisonné à plusieurs  reprises et notamment  pour avoir retardé  d'une minute (vous avez  bien lu), d'une seule petite  minute, le départ de son  train. L'accord signé par la  CGT n'est pas une simple  péripétie dans l'histoire du  monde ouvrier, c'est un  encouragement pour le  MEDEF, le gouvernement  à tailler encore plus férocement  dans nos acquis. Ce n'est  pas un simple accident de parcours  : C'EST UNE TRAHISON.  Quand un accord est mauvais,  néfaste, contraire à  l’intérêt des travailleurs , il  faut le dénoncer et organiser  la lutte pour son abrogation.  C’est la tâche des cheminots  et de tous les travailleurs  solidaires. Tous ensemble,  DEFENDONS  LE DROIT DE  GREVE ! 

 

 QUAND LES DIRIGEANTS  DE LA CGT VONT  A LA SOUPE 

 Lors du 45ième congrès de  1995, l’adhésion à la CES  avait été présentée par les  dirigeants de la CGT  comme un changement  d’orientation dans le sens  progressiste de la Centrale  européenne, alors que nous  avions dénoncé le reniement  de la CGT qui, pour  adhérer à la CES, devait se  désaffilier de la FSM. Nous  dénoncions à l’époque l’adhésion  à une centrale syndicale  internationale dont la  stratégie essentielle concernait  l’application du traité  de Maastricht, traité qui  mettait en place le démantèlement  des services publics,  les privatisations, la casse  des statuts et des conventions  collectives ainsi que  du Code du travail !  En ce début 2005, alors  que tous les droits des travailleurs  sont remis en  cause, que la législation  anti-ouvrière se met en  place dans toute l’UE, que  jamais les travailleurs n’ont  connu autant de précarité,  de bas salaires, et que des  cadeaux colossaux sont  faits au patronat, les dirigeants  de la CGT se demandent  si le projet de  constitution européenne est  bon ou pas pour les travailleurs  ! En fait, pour rester  dans la direction collégiale  de la CES, ils doivent se  conformer aux directives  des syndicats de collaboration  de classe qui dirigent la  CES.  Ceux-ci cogèrent dans de  nombreux pays avec le patronat  ; ils sont largement  subventionnés par ces derniers,  y compris par la  Commission Européenne.  C’est la raison pour laquelle  ils veulent gagner du temps.  Plus tard la direction de la  CGT prendra position,  moins elle pèsera sur la décision  finale, et moins on  parlera d’elle à Bruxelles.  Ainsi elle aura joué parfaitement  son rôle de petit soldat  masqué des intérêts du  capital. Plus même, il est  déjà des dirigeants confédéraux  qui poussent à appeler  à voter OUI au projet de  constitution !  Sous prétexte d’informer  largement les syndiqués  afin qu’un grand débat  s’instaure, on prévoit de ne  pas prendre position avant  plusieurs semaines ! La  Confédération va même  plus loin encore : le Bureau  Confédéral réuni le 23 novembre  2004 pour expliquer  sa lenteur se demande  si même le referendum  va avoir lieu !  On croit rêver !  Pendant ce temps, le  grand Capital nous assène  chaque jour sa  dose de propagande  abjecte pour plus d’Europe.  Nous avons vécu  le référendum bidon du  Parti Socialiste comme  si les Bobos de ce parti  étaient représentatifs de  la population française  ! (la preuve la  plus éclatante étant les  75% de oui dans le  Nord –Pas de Calais alors  que cette région votait déjà  à près de 60% non en  1992 !)  On culpabilise les salariés  en les rendant responsables  des délocalisations, à cause  de leurs soi-disant salaires  élevés ; quand ce n’est pas  Sarkozy qui s’en prend aux  « charges salariales écrasantes  » supportées par le  Patronat !  Bref, un bourrage de  crâne permanent sans possibilité  de réaction de quiconque  puisque mêmes les  partisans du non comme le  Parti Communiste ajoutent  un oui à une Europe sociale  qui est une véritable escroquerie  pour les raisons développées  ci-dessus !  Alors, dans ces conditions,  il faut que les militants  syndicaux exigent que  la Confédération CGT se  positionne rapidement, afin  de démontrer toute la nocivité  de la Constitution Européenne  et entre en campagne  pour faire échec au projet  néfaste qui est en train  de se mettre en place.  Déjà, de nombreux Syndicats  CGT de toute la France  appellent à voter NON : à  Paris, citons les Unions Locales  du 15ième et du 10ième  arrondissements mais d’autres  vont suivre !  En effet, ce qui compte  aujourd’hui, ce n’est pas  seulement que la CGT appelle  à voter NON, mais  surtout qu’elle se lance  dans la campagne contre la  Constitution Européenne.  Lors du dernier Comité  Général de l’UD de Paris  du jeudi 9 décembre 2004,  les dirigeants voulaient parler  surtout du renforcement  de la CGT pendant toute la  journée et n’aborder  « l’Enjeu Européen » qu’à  15h30, afin d’éluder le véritable  débat. Ils en ont été  pour leurs frais : 90% des  interventions de la journée  portèrent sur la Constitution  Européenne, bien que la  présidente de séance n’ait  pas hésité à polluer les débats  par des interruptions  intempestives de la plupart  des orateurs en prétendant  qu’ils sortaient du sujet ou  qu’ils dépassaient les 3 minutes  arbitrairement décidées L

ors de la réunion du  comité exécutif de la  CES du 14 octobre 2004,  Thibault s’est abstenu sur  le vote de la résolution  approuvant la  Constitution Européenne,  résumant ainsi  l’embarras constaté  depuis de nombreux  mois par les dirigeants de  la CGT en rupture de  plus en plus marquée  avec leur base.

Le vote final (76.49% pour le NON, 10680 voix sur 13963) fut acquis contre la volonté de la direction de l’UD. D’ailleurs, le texte que le bureau de l’UD s’était engagé à réécrire ne respecte pas le mandat donné par les membres du Comité Général. Bien que la plupart des intervenants ait vilipendé l’Union Européenne, le texte parle de temps fort européen pour mars 2005, de «remettre en cause le dogme libéral » proteste contre les directives européennes qui imposent la concurrence comme règle pour tous ! Comme si une seule directive européenne depuis que l’Europe existe avait été favorable aux travailleurs ! La ligne réformiste des dirigeants confédéraux est de plus en plus claire pour nombre de militants : le mythe Thibault largement mis en scène par les médias (aux ordres du patronat) commence à prendre l’eau ! Ces dirigeants confédéraux doivent être démasqués : pour cela, il faut déjouer et dénoncer leur rôle de roue de secours du patronat. D’ailleurs, les médias et le patronat trouvent de plus en plus sympathique le secrétaire général de la CGT et non sa base ! A la CGT, certains rêvent que la centrale appelle au vote OUI ; à défaut leur tactique est l’absence de consignes de vote…ce qui revient à refuser le combat de classe contre le OUI du Médef, à semer les illusions sur l’Europe des monopoles. Si la direction parvient à ces fins, ce sera grave de conséquences pour l’avenir du mouvement ouvrier ; ceux qui s’égarent à de tels espoirs rejoignent objectivement le combat de ceux qui se sont mis en quête de détruire la CGT de lutte de classe.

 

Projet de loi d’orientation pour l’école :

Fillon aux ordres du patronat et du capitalisme européen

Depuis le 16 décembre, la version définitive du projet de loi pour l’Éducation nationale est connue. Rédigé au pas de charge, le texte de cette loi d’orientation, qui engage l’avenir de l’école publique pour au moins dix ans, devrait être soumis au Parlement dès janvier. Entre temps, les deux principales instances consultatives de l’Éducation auront eu beau voter très majoritairement contre son projet, le ministre n’en a cure : il est pressé, désormais, de répondre aux injonctions des maîtres à penser d’une Europe au service du capital.

 Le cadre de la loi : la stratégie de Lisbonne et les prévisions du MEDEF L’objectif stratégique fixé par l’Union européenne pour 2010 est rappelé en préambule du document de travail, avec la citation intégrale du Conseil européen de Lisbonne de mars 2000 : « Devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde, capable d’une croissance économique durable, accompagnée d’une plus grande cohésion sociale. » Objectif relayé par les exigences du patronat français, à lire dans l’introduction du rapport Thélot : « Accroître le niveau de qualification des individus, mais pas lors de la formation initiale, donc prévoir l’essor de la formation tout au long de la vie… Prévoir la part considérable des emplois peu qualifiés ou d’une qualification d’ordre comportemental ou relationnel… » Les mesures Fillon s’inscrivent bien dans ce cadre et préparent adroitement le terrain d’une école à moindre coût public et à deux vitesses. Des chiffres en trompe l’œil affichent de prétendues ambitions (80% d’une classe d’âge au niveau du Bac, 100% de qualification pour tous, 50% de diplômés en 2015), affichage qui relève du cynisme dans le contexte de la nouvelle saignée budgétaire annoncée pour la rentrée prochaine ( -7500 postes d’enseignants dans le secondaire) et les perspectives pour les cinq ans à venir (déficit de 10 000 recrutements). En fait, les chiffres qui intéressent le patronat sont donnés plus loin : le nombre de classes européennes (qualifiées parfois comme classes d’élite) augmenté de 20%, le nombre d’apprentis (formés sous la férule patronale ) augmenté de 50%.

Pour organiser ce tri social permettant l’émergence d’une élite compétitive d’une part, et d’une masse de travailleurs sous qualifiés et surexploitables d’autre part, le ministre impose aux élèves l’acquisition d’un « socle commun » des connaissances, véritable arme de guerre contre la démocratisation de l’école. En effet, ce socle des indispensables (français, maths, ordinateur, saupoudrage de culture historique et scientifique) devrait permettre à l’institution scolaire de marquer au fer rouge les enfants considérés en échec, issus principalement des couches populaires, puis de les orienter dès l’âge de 12 ans vers des filières de relégation (apprentissage, classes dites « préprofessionnelles », dispositifs relais…).

Pour enfoncer le clou de cette exclusion organisée, le ministre invente le CIRE , « contrat individuel de réussite éducative » qui renvoie à chaque élève (et à sa famille) la responsabilité de son échec…prévisible, compte tenu du niveau dérisoire de l’aide apportée. Parallèlement à ces mesures, le projet de loi réduit encore l’offre d’enseignement, notamment dans les lycées généraux et professionnels (horaires allégés en seconde, suppression de dédoublements et d’options), renforce le cloisonnement entre les filières, et remet en cause la valeur nationale du brevet et du baccalauréat (avec le poids du contrôle continu, un « bac de banlieue » aura- t-il la même valeur qu’un «bac de centreville » ?) On le voit, les élèves des milieux populaires seront les premières victimes de cette loi, mais les personnels seront, eux aussi, sacrifiés sur l’autel de la compétitivité et de la rentabilité financière.

Trois mesures phares organisent l’accroissement de la charge de travail, une flexibilité renforcée et la casse des solidarités : le remplacement en interne, dans les collèges et lycées, permettant la réquisition d’enseignants obligés d’accepter jusqu’à 72 heures supplémentaires annualisées ; flexibilité et dévalorisation du métier d’enseignant aggravées par la contrainte de la bivalence (enseigner plusieurs disciplines) ; le renforcement des pouvoirs du chef d’établissement et la création d’un « Conseil pédagogique » où des professeurs choisis par le chef d’établissement pourront exercer un contrôle sur le travail de leurs collègues.

Face à une telle entreprise de démolition du service public d’éducation, on pouvait s’attendre à une réaction d’ampleur de la part des organisations syndicales. On est loin du compte, et la grève lancée par le SNES le 7 décembre, malgré un résultat honorable, a mis en évidence, non seulement la trahison d’organisations vendues au capital comme l’UNSA ou la CFDT, mais aussi la fragilité idéologique des syndicats de la FSU, peinant à mettre en cohérence les mesures Fillon, la politique de casse du gouvernement Raffarin et le projet de constitution européenne. L’URCF, quant à elle, considère qu’on ne peut pas défendre l’école publique, sans s’opposer résolument à la construction d’une Europe au service d’une minorité de capitalistes.

 

CONQUERIR LE DROIT SYNDICAL PLEIN ET ENTIER DANS LES PME !

Les libertés syndicales ont été acquises par des luttes sanglantes de la classe ouvrière. Dans les petites entreprises, le rapport des forces n’a pas toujours été à la mesure de l’enjeu. De ce fait, les libertés syndicales ont toujours été pratiquement inexistantes ; même ce minimum a toujours subi des attaques frontales du patronat et des gouvernements pour qu'il n'en reste rien. Il faut savoir que pour créer une section syndicale et désigner un délégué syndical, l'effectif de l'entreprise doit totaliser plus de 50 salariés. Il en est de même pour avoir un comité d'entreprise ; en effet, pour élire des délégués du personnel, l'effectif de l'entreprise doit totaliser plus de 11 salariés.

L'arbitraire patronal, le chantage à l’emploi, les discriminations de toutes sortes, etc.… entravent la mise en place de ces institutions ; les pouvoirs publics complices violent les lois qu'ils sont censés faire appliquer. L'entrée, à marche forcée, dans l'Europe du capital, menée, avec zèle, par tous les gouvernements successifs et plus particulièrement les sociaux démocrates, aggrave la situation. Les lois AUBRY de 1992 sont une attaque en règle contre les libertés syndicales. Les petites entreprises sont les premières touchées car ces lois délèguent le peu de représentativité syndicale qui y existe en confiant la défense des salariés à des représentants étrangers à l'entreprise : le conseiller du salarié.

Le droit de substitution, (qui permet à une organisation syndicale de se substituer à un salarié de cette entreprise pour saisir le juge du contrat de travail à sa place et avec son accord) est remis en cause à tout moment sur la pression patronale. Et c’est le début de l'exclusion du syndicat des entreprises quelle qu'en soit la taille… directive européenne oblige. D'ailleurs, un éminent juriste de la C.G.T., en désaccord sur ce sujet avec la confédération réformiste, écrivait à l'époque dans la Revue Pratique de Droit Social que les travailleurs des petites entreprises n'ont pas besoin de faux-semblant. Ils ont besoin qu'entrent dans les entreprises de véritables libertés syndicales démocratiques (ne pas confondre avec les libertés bourgeoises).

Les Lois AUBRY sortent de l'entreprise les institutions représentatives du personnel, à l’exemple de l’Allemagne où les organisations syndicales sont locales ou régionales. A court terme, si on n’y prend garde, ces restrictions s'appliqueront à toutes les entreprises. C’est l'application, avec zèle, du traité de MAASTRICHT ; il faut niveler par le bas tous les acquis et plus particulièrement les acquis démocratiques. Le gouvernement BALLADUR a profité de la brèche ouverte par les socialistes pour minimiser la représentativité syndicale dans les P.M.E. en faisant voter la loi quinquennale qui instaure le collège unique dans les entreprises entre 50 et 200 salariés, supprimant ainsi les élus du comité d’entreprise ; une majorité de socialistes a voté ce texte. Il importe de mobiliser l’ensemble des forces du travail pour le respect du droit syndical. Il faut agir pour que toutes les entreprises quels que soient leurs effectifs voient leurs salariés bénéficier des droits syndicaux pleins et entiers. Notre bataille pour le NON de classe est indissociable de la lutte générale pour les droits démocratiques mis à mal par l’UE et ses divers traités.

 

50ème anniversaire du début de la guerre   d'indépendance algérienne

Il y a 50 ans, le 1er novembre 1954, le peuple algérien  se soulevait contre le colonialisme français et exigeait son indépendance.  

Pour le colonialisme français, l'Algérie,  c'était la France… la "démocratie" coloniale  y régnait puisque celle-ci était divisée en trois  départements français. Le bémol, c'est que  l'apartheid, avec son lot de ségrégations, régnait  en Algérie. Il y avait deux sortes de population  : les citoyens français originaires de  la métropole et les "sujets de la France", les  populations indigènes. Il y avait deux collèges  électoraux : un collège pour les citoyens  français (un votant =1voix) et le collège  "indigène" (10 votants = 1 voix). 

Après la guerre de 1940, les Algériens qui  avaient combattu les nazis dans les Forces  Françaises Libres, dès leur retour au pays,  exigeaient les mêmes droits que les citoyens  français. Une grande manifestation eut lieu à  SETIF en 1945 que le colonialisme réprima  dans le sang, avec pour bilan  45 000 morts. 

La répression de SETIF marque le début du  rassemblement de tous les courants de pensée  algériens, y compris celui représenté par la  bourgeoisie nationaliste, pour mener la bataille  de l'indépendance. Deux organisations  principales verront le jour : le F.L.N. et le M.N.A. Il faut rappeler que le Parti communiste  algérien a toujours été acteur de la lutte pour  l'indépendance. 

Le 1er novembre 1954 marque le début de  l'insurrection du peuple algérien pour son  indépendance. Cette journée est un moment  fort de l'attaque contre l'appareil d'état colonial  dans plusieurs villes, c'est le début de la  « guerre sans nom » qui durera 7 ans et demi.  Le pouvoir colonial organise une répression  sanglante. Le"maintien de l'ordre" est  confié à l'armée ; le contingent est  rappelé, le service militaire est  officialisé avec une durée de 32  puis de 28 mois.

En 1955, le Ministre  de l'Intérieur, François  MITTERAND, donne carte blanche  à l'armée et décore les deux  colonels tortionnaires, ARGOUD  et GODARD. La torture est institutionnalisée.  Pendant ce temps, le général le  plus décoré de France, Jacques  Pâris de la BOLLARDIERE (entré en résistance  contre le nazisme dès avril 1941) qui  s'oppose à la torture, est mis aux arrêts forteresse  et est relevé de ses fonctions.

L'escalade dans l'ignominie du régime colonial  s'accélère, et le gouvernement GUY  MOLLET se fait voter les pleins pouvoirs. Il  donne les pouvoirs de police et de justice à  l'armée. Des officiers du service Action du  contre espionnage (SDECE) seront réintégrés  dans l'armée régulière, pour exercer…leurs  talents. Lors de la bataille d'ALGER, plus de  10 000 personnes seront torturées, 3 000 exécutions  sommaires seront perpétrées. En haut  lieu, l'ordre est donné d'exécuter Larbi BEN  M'HEDI, Chef de la Résistance du district  d'ALGER. 

BEN M'HEDI , révolutionnaire, avait organisé  la résistance à ALGER. Il avait su mobiliser  la population pour se rassembler dans  l'action puis dans la grève générale. La dynamique  de la lutte jusqu'à l'indépendance était  lancée et l'idée d'une Algérie socialiste avançait,  la bourgeoisie nationaliste était mise en  minorité.  La guerre d'Algérie a fait plus 1 500 000  morts au sein du peuple algérien. Les militants  d'avant-garde ont été les premiers décimés  par la répression coloniale, d'où les difficultés  de construction d'une Algérie socialiste.  Il faut rappeler que le pouvoir colonial a  utilisé le contingent comme force de répression.  La population française sera aussi endeuillée  (27 500 morts, 65 000 blessés, 1000  disparus, des traumatismes psychologiques ne  sont pas comptabilisables).

 Le 19 mars 1962, le cessez-le-feu est enfin  proclamé et le Peuple algérien ne peut  qu'avoir espoir en son avenir sur la longue  route à parcourir pour arriver au socialisme. 

 

Pour une UKRAINE  libre et soviétique

L’élection présidentielle en Ukraine est le produit à la fois des  contradictions entre États impérialistes qui veulent s’emparer  des ressources de ce pays, (pour les États-Unis l’encerclement  stratégique de la Russie) et des conséquences de la contre-révolution  bourgeoise en URSS (1991). 

L’introduction du capitalisme s’est  traduite par une paupérisation et un chômage  massif (30 % de la population) ; les  ressources industrielles : mines, entreprises  sidérurgiques et chimiques sont tombées  dans l’escarcelle des trafiquants de l’ombre  devenus de puissants oligarques issus ou  liés au capital russe.  Koutchma, l’ancien président, est devenu  le symbole de cette politique réactionnaire  prenant appui sur l’antisoviétisme  le plus effréné : réhabilitation des  fascistes kollabos de Bandera présentés  comme « patriotes ukrainiens » (sic !),  anticommunisme et répression à l’égard  des travailleurs en grève, répression des  militants authentiquement communistes,  et assassinat d’opposants ou de journalistes. 

Dès les résultats de l’élection présidentielle  connus (élection de Ianoukovitch),  les partisans de l’autre candidat,  Iouchtchenko, sont descendus dans les rues  de Kiev, amplement relayés par les médias  américains et l’UE. En effet, l’impérialisme  US et ses dollars, avaient soutenu  activement la campagne de Iouchtchenko.  Le scénario de la « révolution orange », sur  le modèle roumain et géorgien, a été  concocté par la CIA : avant même la proclamation,  les partisans du candidat proaméricain  descendent dans la rue et proclament  leur « victoire » ! 

Le choix est alors, soit la répression  sous la vue des caméras, soit la  « démission » comme le sinistre Chevarnadzé  … au profit d’un candidat tout aussi  réactionnaire mais aligné sur Washington  et Bruxelles. Iouchtchenko bénéficie du  soutien de ceux qui se sont enrichis par la  restauration capitaliste : bourgeois, spéculateurs,  affairistes, nationalistes héritiers  du nazi Bandera et de nombreux paysans  espérant l’arrivée de subventions de  l’UE (la privatisation ayant ruiné nombre  d’entre eux). De plus certains groupes ont  même soutenu, Iouchtchenko, candidat des  Etats-Unis et de l’UE !  Son adversaire, Ianoukovitch, tout  aussi réactionnaire, est le soutien du capital  monopoliste russe. Comme premierministre,  il a soutenu le président Koutchma  et conduit les privatisations.

Il est  possible que les élections aient été truquées  par les deux protagonistes. Les ingérences  de Bush et Poutine ont été manifestes.  L’antagonisme des deux candidats se  fonde sur la géopolitique de l’Ukraine. A  l’ouest rural, catholique et où les tendances  antisoviétiques existaient, s’oppose l’est,  russophone, ouvrier, orthodoxe, aux traditions  communistes affirmées.  Iouchtchenko élu, les entreprises de  l’est seront démantelées ou livrées aux occidentaux.  Certaines autres organisations  communistes prônaient le vote Ianoukovitch  qui a « gauchi » sa campagne : promesse  de nationaliser ce qu’il avait privatisé  ! (la nationalisation sous dictature du  capital relève du capitalisme d’Etat).

D’autres  prônaient le boycott mettant dos à dos  les deux candidats.  Certes, le plus réactionnaire et dangereux  est Iouchtchenko qui livrera totalement  le pays aux impérialistes et à leurs  bases de l’OTAN mais l’avenir réside  dans l’union du peuple travailleur pour  l’indépendance de l’Ukraine contre les  appétits de Wall Street et de l’UE, contre  les héritiers du fascisme. En mars 1991,  un référendum proclamait l’attachement  de 80 % des soviétiques à l’URSS. La  contre-révolution allait violer cette volonté.  En décembre 2004, les principales organisations  communistes de Russie :  PCOR (Tioulkine), Russie Laborieuse  (Anpilov), PC(b)US (Andreeva), PCUS  (Chenine) ont rappelé leur engagement  commun et internationaliste aux côtés des  travailleurs d’Ukraine, leur volonté d’agir  pour la renaissance de l’URSS sur les principes  fondateurs de Lénine et Staline.

En  Ukraine, si la lutte quotidienne exige le  combat contre la main-mise des USA et de  l’UE, la solution véritable réside dans  l’émergence de la Révolution socialiste et  l’union avec les travailleurs des autres Républiques.  L’Ukraine libre sera soviétique  ! 

 

Montée des périls  après la  disparition de  Yasser Arafat

Yasser Arafat, incarnation de la lutte du    peuple palestinien pour sa libération et    son indépendance, dirigeant de l’OLP et    chef de l’Etat, est mort par la faute de    l’occupant sioniste et de son chef A. Sharon.

Fondateur du Fatah dans les années 6O, Y.Arafat reprit en mains l’OLP qui avait été créée en 1969 et en fit la principale organisation de    lutte contre Israël. Il dirigea la lutte sur le terrain    politique, militaire et diplomatique, y compris au Liban lors de l’invasion de 1982. Sous    l’influence de Gorbatchev, il s’impliqua dans  le « processus de paix » sans mesurer pleinement combien celui-ci constituait une vaste escroquerie au détriment de son peuple. De fait,  40% des colonies qui existent actuellement ont été construites après les accords d’Oslo.

L’occupant, soutenu par Bush, oppose une fin    de non-recevoir à l’exigence du retour des réfugiés    (Arafat n’a cependant jamais transigé sur    ce point), et les « territoires autonomes » sont    entièrement tributaires de l’aide internationale    et du bon vouloir d’Israël et sont à la merci de ses tanks et hélicoptères. L’armée sioniste  maintenait le Président Arafat enfermé dans son quartier général depuis plusieurs années et Sharon avait à plusieurs reprises évoqué l’éventualité de son élimination.  

Sharon profite de la crise provoquée par la disparition de celui qui représentait l’unité nationale    palestinienne pour imposer sa    « solution » : création de bantoustans nonviables et isolés les uns des autres dans la continuation  des accords de « paix », achèvement du    mur asphyxiant encore plus l’économie, assassinats    des cadres de la Résistance. Les contradictions qui apparaissent entre les organisations  palestiniennes facilitent sa tâche.   

Alors qu’il apparaît à la majorité de la population  que la voie des négociations et des concessions  n’a rien donné et a même fait empirer la  situation et qu’il n’y a d’autre solution que la poursuite de la résistance, le Premier Ministre, Mahmoud Abbas, proclame qu’il est temps de déposer les armes.

Parallèlement, la candidature du chef de l’Intifadah Marwan Barghouti, emprisonné en Israël, apparaissait plus comme un signal d’alarme que comme une alternative pratique à la politique des compromis de la direction de l’OLP et de l’Autorité Palestinienne. En  tout état de cause, l’élection présidentielle sous occupation sioniste ne peut être libre.   

56 ans d’oppression, d’expulsions, de tueries, de destructions, ont anéanti l’économie et ont réduit à néant les forces sociales capables de  prendre en mains le mouvement de libération  nationale. De ce fait, les mouvements de résistance  islamique grandissent en recrutant dans le  lumpen prolétariat constitué de paysans ruinés  et de la jeunesse sans avenir. Si Sharon boycotta  et isola Yasser Arafat, c’était dans le but de favoriser  l’accession à la direction palestinienne  des chefs islamistes qui sont des alliés objectifs de l’Etat sioniste et opposés à la création d’une Palestine laïque et démocratique.   

Le peuple Palestinien, outre le colonialisme  sioniste, doit vaincre l’esprit de renoncement  porté par certains secteurs de la bourgeoisie nationale. A cet égard de plus en plus, grandit  la colère populaire tant face aux crimes de la    soldatesque israélienne que face aux actes de corruptions, à l’affairisme de certains cadres palestiniens qui prônent la conciliation à l’égard de l’occupant. Les forces populaires de Palestine sauront lutter sur ces deux fronts. La solidarité internationaliste doit s’amplifier afin que le peuple frère palestinien écarte les obstacles et voit en 2005 se rapprocher le moment de la naissance de l’Etat de Palestine libre et démocratique avec Al-qods pour capitale.

Côte d’Ivoire : achever la décolonisation

Depuis maintenant plus de deux ans la Côte  d’Ivoire vit une situation tragique. Une guerre civile  qui divise le pays en deux parties, voire trois,  une ingérence étrangère permanente visant à dicter  des solutions contraires aux aspirations des Ivoiriens.  Cette situation, avec ses spécificités locales,  n’est rien d’autre que l’illustration tragique de la  domination néo-coloniale qui pèse sur le continent.  Les « expatriés » français  sont légions, véritables  Colons. On les retrouve  dans tous les rouages ou  presque de l’économie  ivoirienne  Les communistes révolutionnaires  de France sont solidaires des  aspirations du peuple ivoirien à  une véritable indépendance    

Du prétendu  « paradis »  néocolonialiste…
Il y a encore quinze ans, la  Côte d’Ivoire était présentée,  dans la presse française,  mais aussi dans les manuels  de géographie, comme le  modèle du développement  capitaliste en Afrique.  En réalité, l’alternative  n’était pas capitalisme ou  socialisme, mais maintien de  la domination impérialiste  française sous des formes  n o u ve l l es (le néo-colonialisme), ou politique  d’indépendance nationale  qui n’aurait pu voir le jour  que par une révolution nationale  démocratique.
La figure de proue du modèle  ivoirien était Houphouët-  Boigny. Planteur, il  avait, durant la période coloniale,  incarné ces couches  sociales aspirant à  s’enrichir et à administrer  le pays sans  pour autant vouloir  rompre avec la puissance  coloniale. Cela  le conduisit à l’attitude  paradoxale  d’exprimer les aspirations  à l’indépendance  et à trahir ces  mêmes aspirations  dès lors que Paris lui  assurait sa promotion  personnelle. Lorsque De  Gaulle, en 1960, entreprend  de moderniser la domination  française en Afrique, c’est  donc tout naturellement qu’il  « nomme » Houphouët-Boigny comme Président de  la Côte d’Ivoire, celui-ci  étant déjà en place dans les  institutions coloniales.
Pour autant, le personnage  n’est pas non plus une simple  marionnette, comme  d’autres l’ont été. Il met en  place un système qui va permettre  de consolider sa base  sociale d’appui, en reprenant  les mécanismes de régulation  économique et sociale  qui existent en France, en les  adaptant. C’est le cas en particulier  de la Caisse de Stabilisation  qui permet aux planteurs  de cacao et de café,  dont il est issu, d’avoir des  revenus stables garantis. La  caisse achète le cacao et le  café au prix moyen des quatre  campagnes précédentes et  revend sur le marché mondial.  Si le prix est supérieur,  elle empoche le bénéfice  pour constituer une réserve,  dans le cas contraire, elle  puise dans la réserve.  Ce système permettra un  temps l’extension de l’agriculture de plantation (ananas, et banane), parallèlement  à l’exploitation  intensive de la forêt dense,  saccagée par les sociétés capitalistes  françaises. Au nord  du pays, dans le domaine de  la savane, c’est le coton  cultivé au profit d’une société  française. Plantations et  coton réclament une main-d’œuvre  importante et bon  marché, alors que la Caisse  de Stabilisation maintient la  petite paysannerie.
Dans le  prolongement de la période  coloniale, on a donc recours  à la main d’œuvre du Burkina-  Fasso et du Mali qui  s’installe dans le pays sans  difficulté (les frontières sont  une création coloniale). Bien  évidemment, le régime recourt  à la répression contre  toute opposition (on meurt  facilement de « maladie »  quand on est opposant  d’Houphouët et pour ne pas  surcharger les services hospitaliers,  on ne pratique pas  d’autopsie quand la famille  le demande).
Enfin, dernière  touche, la Côte d’Ivoire  fut le seul pays africain, hors l’Afrique du Sud de l’apartheid,  à ne pas établir de relations  diplomatiques avec  l’Union Soviétique. Ce qui  n’empêcha pas Houphouët  en 1991 de prophétiser que  la disparition de l’Union Soviétique  allait considérablement  détériorer la position  des pays du Tiers Monde... 

à l’Enfer de la  globalisation. 
En fait, Houphouët savait  de quoi il parlait. Depuis le  milieu des années quatre vingt,  tous les indicateurs  étaient au rouge. Les prix du  cacao et du café s’effondraient,  la Caisse de Stabilisation  était en faillite, la déforestation  irréversible.  Le pays était endetté d’une  manière inimaginable, d’autant  plus que Houphouët  s’était lancé dans une politique  somptuaire visant à sa  propre glorification : transfert  de la capitale à Yamoussoukro  (son village natal),  construction d’une cathédrale,  copiée sur St Pierre de  Rome, la plus grande du  monde… dépenses pharaoniques  qui ruineront le pays et  les travailleurs !
FMI et Banque  Mondiale avaient laissé  le nœud coulant  se refermer. Le  choix en 1990 par  Houphouët d’un  premier ministre  d’origine Burkinabé,  Alassane  Ouattara, répond  de fait au besoin  de rassurer ces  populations sur  leur avenir, et de  les intégrer au  système néocolonial  en empêchant  toute tentative de les  instrumentaliser depuis  l’étranger. Et, en même  temps, Ouattara est un des  hauts cadres du FMI, dont il  sera vice-président. En 92-  93, le pays annonçait qu’il  ne pouvait plus payer. Cela  lui valut un de ces fameux  plans d’ajustement structurel  dont la parenté avec les médecins  de Molière est  connue : pour tuer la maladie,  on tue le patient.
Au  nom du libéralisme, ce fut la  suppression de la Caisse de  Stabilisation (et des autres  organismes et mesures de  régulation, ainsi que la privatisation  des secteurs nationalisés),  précipitant des  centaines de milliers de  paysans dans la misère  dans la moitié sud du  pays, où domine l’ethnie  Baoulé de Houphouët.  Des milliers de personnes  d’origine burkinabé et  malienne se retrouvèrent  au chômage ou en  concurrence directe avec  les ivoiriens des  ethnies que le régime  avait jusque là  favorisées, tandis  que le fossé nord/  sud s’approfondissait.

La mort du Houphouët  devait révéler  l’ampleur de la  crise de la société.  Et fait significatif, le  gouvernement a tardé à  annoncer la nouvelle.  Henri Konan Bédié,  président du Parlement, le  soir même, précipitait sa  prise de fonction comme  Président (or rien ne le pressait  officiellement, puisqu’il  était le successeur désigné  constitutionnellement). Par  la suite, il apparut évident  que Konan Bédié et sa clique  craignaient un coup de Ouattara,  puisque des lois furent  édictées interdisant aux personnes  n’étant pas de père et  de mère ivoiriens de faire  acte de candidature aux élections. 

Mais la mesure, autant  que l’apparition de la fameuse  « ivoiriennité », ne  faisaient que traduire la peur,  de ceux qui avaient amplement  profité du régime néocolonial  grâce à leurs liens  ethniques et régionaux avec  le Président défunt, d’être  dépossédés par le clan Ouattara  ou par d’autres. En effet  les mesures dictées par le  FMI et prises par Ouattara  pendant qu’il était premier  ministre, visant à la libéralisation  complète de l’économie,  se traduisaient toutes  par la suppression des trafics  liés à Houphouët. 

En 1995, les élections furent  largement boycottées  par la population, et le sang  coula. Un coup d’Etat militaire  renversa Konan-Bédié  en 1999 mais réaffirma les  mesures contre les  « étrangers » et  « l’ivoiriennité ».  Le général Gueï fit  adopter une nouvelle  constitution et  des élections présidentielles  eurent  lieu en 2000. Après  le renversement de  Konan Bédié, Paris  appuya ouvertement  Ouattara et ne  cessa d’œuvrer  contre les gouvernements  successifs. 

Mais Ouattara fut  interdit d’élection  et si Gueï se proclama  élu aux présidentielles,  un véritable  soulèvement  populaire soutenu par une  partie de l’armée, imposa  l’élection de Laurent Bagbo,  vieil opposant du régime  Houphouët, ancien leader  étudiant, et reconverti à l’internationale  socialiste. Pour  autant, le PS français, alors  au gouvernement et gérant  loyalement les affaires du  colonialisme, ne lui apporta  pas l’aide escomptée. En  2002, une rébellion éclate  avec l’aide d’une partie de  l’armée (les nordistes ?). Le  coup d’Etat échoue mais  Gueï est tué. Et le pays se  retrouve divisé en deux, le  gouvernement, reconnu par  tous, de Bagbo fragilisé.

Les contrevérités  de Chirac. 

L’impérialisme français a  toujours suivi avec attention  ce qui se passait, utilisant les  contradictions, les conflits  d’hommes et d’intérêts.  Les « accords  militaires » imposés  depuis l’indépendance,  permettent à  Paris d’avoir en permanence  des troupes  stationnées (en  1968, elles ont participé  à la répression  contre le soulèvement  des étudiants).

D’autre  part les « expatriés » français  sont légions, véritables colons  : on les retrouve dans  tous les rouages ou presque  de l’économie ivoirienne.  C’est d’ai l l e u rs la  « sécurité » de ces ressortissants  français, qui dans la  grande tradition colonialiste,  va être le prétexte à l’intervention  de l’armée française  en 2002. Chirac ment donc  effrontément quand il déclare,  en novembre 2004,  que les troupes françaises  sont présentes en Côte  d’Ivoire à la demande de  l’ONU et de l’Union Africaine.  Les Etats-Unis ont profité  de l’occasion pour accroître  leur présence en s’appuyant  sur l’hostilité anticolonialiste  contre l’ancienne (et toujours)  puissance coloniale. 

Cependant la situation est  tellement dégradée, qu’il est  difficile à chacun de retrouver  ses petits, comme l’indiquent  les tergiversations de  la politique élyséenne  confrontée, pour la première  fois à ce niveau, à une  contestation de sa domination.  Il faut dire que les accords  de Marcoussis ont souligné  les relents coloniaux,  voire racistes, de la politique  élyséenne (le Président de  l’Assemblée nationale ivoirienne  avait préféré s’en aller  que d’accepter le ton sur lequel  les Français s’adressaient  aux Ivoiriens).

Mais  tout en hésitant sur la tactique  à suivre, Paris a une ligne  de conduite ferme :  conserver coûte que coûte sa  domination. C’est ce qui explique  les évènements qui se  sont succédés depuis novembre  2004. Alors que les forces  rebelles du Nord semblent  avoir multiplié les  exactions contre certains  secteurs de la population, la  tentative des forces armées  ivoiriennes de reprendre  l’offensive, s’est heurtée à la  riposte des troupes françaises.  Puis des avions ayant  bombardé les troupes françaises  à Bouaké (occupé par  les rebelles), l’Elysée a réagi  par un acte de guerre caractérisé  contre la Côte  d’Ivoire : l’aviation de ce  pays a été détruite par un  raid de l’aviation française.  Et M. Chirac ne saurait prétendre  avoir reçu quelques  mandats internationaux pour  se faire.

D’autant que le gouvernement  ivoirien a démenti  avoir donné quelque  ordre que ce soit  pour le raid sur Bouaké.  Aucune enquête n’a  été diligentée et tout le  monde a été mis devant  le fait accompli.  Ce comportement de  Paris a provoqué la colère  dans certaines villes  de Côte d’Ivoire.  Tout ce qui représentait  la domination néocoloniale  a été pris pour  cible, en particulier les  ressortissants français.  D’autant plus remarquable  est la mise en  cause de l’attitude de  Paris par certains d’entre  eux. Selon leurs témoignages,  le commandement  militaire, avec l’accord  de Paris, a fait tirer sur les  manifestants d’Abidjan, occasionnant  60 morts et de  nombreux blessés.

Sans  mandat international (ce qui  ne serait pas juste pour autant). 

Les communistes révolutionnaires  de France sont  solidaires des aspirations du  peuple ivoirien à une véritable  indépendance, plus particulièrement  du nouveau  Parti communiste de Côte  d’Ivoire qui n’est pas  reconnu par les autorités.  Ils s’opposent à toutes  tentatives, de Paris  comme de Washington,  de profiter de la  situation pour accroître  la dépendance de  la Côte d’Ivoire vis-àvis  des monopoles de l’agroalimentaire  et du Capital financier  international. Il faut  mettre fin aux traités inégaux  qui imposent la présence de  l’armée française en Afrique  et en tout premier lieu en  Côte d’Ivoire. Les troupes  françaises doivent évacuer le  continent africain sans plus  attendre et la France doit  cesser toute ingérence sous  quelques prétextes que ce  soit dans les affaires intérieures  des peuples africains. 

 

URCF – PRCF : Pour un NON à la Constitution de l’UE, unitaire et anticapitaliste

Les directions de l’URCF et   du PRCF se sont rencontrées le   7 décembre. Les deux délégations   sont d’accord, outre leurs   divergences idéologiques et   politiques, pour frapper ensemble   à la base et au sommet sur   les questions cardinales suivantes   :   1°/ A l’occasion du référendum  sur le Projet de Constitution   Européenne, les deux organisations   veulent agir en   commun contre le projet et tout   autre projet de constitution de   l’Europe capitaliste. L’URCF   et le PRCF appellent à former   des comités de lutte pour un   NON anticapitaliste clairement   démarqué des thèses réformistes   illusoires sur une « autre   Europe » sous la dictature des   Monopoles. Des actions communes   et un meeting national   du NON anticapitaliste sont   programmées.   2°/ Pour la défense de Cuba   socialiste, la solidarité active   avec le PCC, Fidel Castro, le   peuple de Cuba, contre les tentatives   contre-révolutionnaires   des Etats-Unis, de l’UE et de   leurs agents.   3°/ Pour commémorer à   l’occasion du 60ème anniversaire   de la victoire sur le fascisme,   le rôle libérateur mondial   de l’URSS et des Résistances   armées, du PCF comme   « Parti des fusillés ». Cette   campagne vise à s’inscrire   contre la réécriture des événements   et le révisionnisme historique   réhabilitant sournoisement   ou pas l’impérialisme   allemand, présentant l’intervention   américaine comme le   principal (voire l’unique) facteur  de la victoire.   La rencontre s’est déroulée  dans un climat franc et fraternel.  L’unité d’action est en   marche. 

 

ECHOS DES FEDERATIONS

Fédération de   SEINE SAINT DENIS   La Fédération du 93 a commencé la   campagne pour un NON de classe au   référendum. Des distributions de tracts   ont eu lieu sur les marchés de ROMAINVILLE,   des LILAS, de PANTIN.   Notre tract a été bien accueilli ;   car il y a nécessité de contrecarrer la   désinformation autour des effets dévastateurs   pour les travailleurs de cette   constitution : celle-ci aggravera la destruction   des acquis sociaux déjà mis à   mal par la construction de l’Europe du   capital.   A l’aéroport Charles de GAULLE,   6000 tracts ont été distribués sur tous   les lieux accessibles. Les salariés de l’aéroport, victimes de l’Europe du capital depuis sa création, ont conscience de la nécessité d’une véritable alternative   politique. 

Fédération du   PUY DE DÔME   Le bureau de la Fédération du Puy de   Dôme, a, lors de sa dernière réunion, décidé   d’effectuer la remise des cartes 2005   le dimanche 23 janvier prochain.   A cette occasion, sera organisée une   discussion au cours de laquelle pourront   débattre les adhérents et les sympathisants   invités.   Une exposition des numéros   d’"Intervention Communiste", de   "l’Etincelle", journal de la Fédération, et   de tracts, retracera l’activité de la   "Coordination Communiste" et celle de   "l’Union des Révolutionnaires Communistes   de France".   Disons, au passage, que le dernier numéro   de "l’Etincelle" a été distribué à des   centaines d’exemplaires chez Michelin, aux aciéries Auber et Duval et chez les territoriaux.   Deuxième décision : la tenue, le 20   mars 2005, de la fête fédérale, sous le   signe du printemps de la nature, printemps   de l’URCF.   Exposition de peintures, de dessins et   de sculptures d’artistes membres de   l’URCF ou sympathisants.   Discussion.   Animations par Jean-louis et Maryline   Ricard. Création de la chanson Les Arvernes,   écrite par Jean Sanitas, mise en musique et chantée par Maryline Ricard.   Participation des Camarades de l’Allier et de la Haute Loire

 

Billet de Jean Sanitas

L'écureuil, le lance roquette  et la truelle

 Après m'être longtemps   demandé ce qui pourrait   être le sujet de cette chronique   à paraître dans le présent   numéro d'"Intervention   Communiste", une idée me   vint, lumineuse à souhait :   j ' allais parler de   "L'Humanité", cet estimé   journal que fonda jadis Jean  Jaurès en guerre contre la  guerre, dans lequel je fus longtemps journaliste –   grand reporter, s'il vous   plait ! – et que je ne lis plus depuis belle lurette, depuis bien avant que ne disparaissent la faucille et le marteau,  dont s'adornait son   titre, emportés par le vent   de l'histoire, une histoire   triste revue et corrigée par  de tristes gens, décidés à la poursuivre tristement dans   le renoncement des valeurs   et des ambitions que symbolisaient   ces deux ostentatoires outils.   J'allais donc acheter   "L'Huma" du jour et me   plongeais dans sa lecture, y  découvrant page après page, des articles pourfendeurs de la société capitaliste   et de ceux qui, au gouvernement   ou ailleurs, ouvertement   ou en catimini,   sournoisement la défendent.   Et…   Et je me suis dit : c'est   bien vrai, l'habit ne fait pas   le moine.   En effet, sous l'habit du   journal, où le rouge domine,   se dissimule un défroqué   de la lutte des classes,   de la Révolution, le   Parti Communiste Français.   Un parti dont il ne reste que   la peau et les os. Même pas   le squelette. Un squelette   marchand d'illusions, complice   pendant cinq ans d'un   gouvernement dans lequel   siégèrent plusieurs de ses   militants, qui, ayant disposé   de tous les pouvoirs pour   pratiquer une politique de   gauche tendant à l'éradication   du capitalisme, a fait la   politique de la droite, avant,   conséquence inéluctable, de   lui céder la place.   Le Capitalisme dans sa   continuité.   Marchand d'illusions,   donc, le Parti Communiste   Français ?   Oui!   Catégoriquement.   La preuve ?   Elle réside – incontestable   – dans le fait que   "L'Humanité", son journal,   a la tête maintenue hors de   l'eau par de singuliers actionnaires   : un fabricant de   matériel de guerre, Matra,   le plus grand bétonnier du   monde, Bouygues, et une   institution d'Etat, la Caisse   d'Epargne.   Signification de cet état   de fait : le Capitalisme a   besoin d'un petit parti communiste   et de son petit journal,   acquis au réformisme   et à la collaboration de   classe, pour, maniant habilement   la démagogie, maintenir   dans la suggestion et   la léthargie le plus grand   nombre possible de travailleurs. Ni vu, ni connu, je t'embrouille   et vogue la galère.   Une proposition aux   directions du Parti Communiste   Français et de   "L'Humanité": pourquoi, en   lieu et place de la faucille et   du marteau, relégués au   grenier, ne pas orner le titre   de cette dernière d'un écureuil   tenant dans une de ses   mains – pardon une de ses pattes – un lance roquette et de l'autre une truelle ?   Impossible, me répondra-t-on : ce serait un aveu.  

 

CUBA

Extrait de l’allocution prononcée   par Fidel Castro   Ruz, Président de la République   de Cuba, à la clôture   du Huitième Congrès de   l’Union des jeunes communistes,   le 5 décembre 2004,   au Palais des congrès de La   Havane.  

L’empire [américain] rage et proclame avec un cynisme époustouflant qu’il faut libérer Cuba et apporter la démocratie à ce peuple asservi et, qui plus est, lui apprendre à lire et à écrire, comme il l’affirme dans son programme de transition au capitalisme. Les masses, encore bernées en   partie par le déluge de mensonges et de calomnies qui   tombe des puissants médias   impérialistes, nous croiront toujours plus à mesure qu’elles s’éveilleront à la réalité qui les attend et comprendront que l’écart qui sépare notre système de celui que prône l’empire est abyssal. 

Le capitalisme a perdu toute essence humaniste, il vit du   gaspillage et pour le gaspillage, et il ne peut guérir de ce mal congénital et incurable. Il suffit de dire qu’en Haïti, le pays le plus pauvre du continent, Cuba a envoyé 450 médecins ; les pays industriels ne  pourraient même pas en envoyer cinquante : ils ont le capital financier, mais pas le capital humain. Ni les agressions, ni les blocus,  ni les actions terroristes,  ni la désintégration du camp socialiste, ni la domination unipolaire du monde, ni la   prise de pouvoir aux Etats-Unis par l’extrême droite, ce   dont j’avais averti en 1998 comme quelque chose possible   et même de probable, ni  les menaces d’extermination n’ont pu briser l’esprit de lutte de notre peuple héroïque. Nous avons goûté à l’indépendance réelle et à la vraie   liberté. Jamais nous ne nous résignerons à vivre sans elles ! Et nous sommes prêts à payer   le prix nécessaire dont parlait Martí ! Nous continuerons de créer   et de lutter. Nul n’aura désormais assez de forces pour renfermer  dans la lampe le génie d’un peuple qui a échappé   pour toujours au pillage, à   l’humiliation et à l’opprobre. Comme l’a dit Camilo Cienfuegos, ce combattant extraordinaire qui apparaît aux côtés de Mella et du Che sur l’emblème  de l’Union des jeunes communistes et qui n’avait que vingt-sept ans à sa mort, dans son dernier discours du   26 octobre 1959 : « Nous ne nous plierons le genoux   qu’une seule fois, nous baisserons   le front qu’une seule fois, et ce sera le jour où nous arriverons à la terre qui garde vingt mille Cubains pour leur dire : « Frères, la Révolution est faite, votre sang n’a pas   coulé en vain. » Il y a beau temps que le peuple cubain a dit : La Patrie ou la mort ! et il poussera sa Bataille d’idées jusqu’aux dernières conséquences. Vive le peuple qui a fait front dans l’honneur au plus puissant empire jamais connu ! Vive à tout jamais l’exemple que la jeunesse cubaine offre aujourd’hui au monde !   Vive à tout jamais le   socialisme

 

 
[ Accueil ] [ Journal ]
Site créé avec ThunderSite