Un NON ANTICAPITALISTE
Edito
Le référendum sur le projet de constitution européenne présente un enjeu de classe fondamental. Pour les bourgeoisies monopolistes de l’UE, cette constitution vise à légitimer la seule politique néolibérale : précarité, déréglementations, privatisations, délocalisations et à interdire toute autre politique.
Les monopoles veulent liquider toutes les conquêtes sociales obtenues par les luttes de classe, les résistances antifascistes, l’existence même de l’URSS et du camp socialiste.
Surexploitation, mise en concurrence des prolétariats, chantage à l’emploi, paupérisation, chômage massif, guerre pour conquérir de nouveaux marchés, tel est le programme de la classe capitaliste pour assurer les surprofits aux monopoles !
En France, les partis bourgeois sont en ordre de bataille derrière le patronat pour leur OUI de classe.
Au-delà des petites phrases politiciennes du dimanche, une fois de plus, le consensus s’exerce entre l’UMP-UDF et le PS. Les communistes doivent montrer, faits et déclarations à l’appui, que l’alternance et la mystification droite/gauche sont là pour camoufler leur rôle de pion au service des intérêts financiers et du système capitaliste.
Pour la classe ouvrière et les travailleurs, le NON, avec les luttes et grèves, est le moyen de se défendre contre les agressions multiples du capital, de sanctionner Chirac- Raffarin-Sarkozy, d’infliger une défaite à la bourgeoisie française et à tous les monopoles européens, puisque la règle de l’unanimité est exigée pour adopter la constitution.
Certes, ne semons pas d’illusions ; cette défaite serait ponctuelle mais précieuse, car elle mettrait en minorité les partis/relais de la dictature du capital et sanctionnerait le bloc impérialiste européen. La bataille va être difficile. La situation a changé depuis le référendum sur Maastricht (1992). La direction PS ne règne plus sans partage sur ses troupes : au-delà des ambitions de ses présidentiables, le désarroi, l’inquiétude, le refus ont gagné 40 % des adhérents- votants du PS. Mais, le capital dispose, aujourd’hui, d’autres relais pour exercer son influence : les bureaucraties syndicales jouent un rôle de premier plan via la C.E.S. (instrument d’application des directives monopolistes dans le mouvement syndical ouvrier) soit en se ralliant au OUI (CFDT, CFTC, UNSA) soit en refusant de s’inscrire dans le camp du NON, celui du travail. La CGT a accéléré sa mutation réformiste et son intégration au système. Elle fait la politique de l’autruche (abstention à la C.E.S.), avec un argumentaire sans repère de classe, allant même jusqu’à saluer l’" économie sociale de marché " (sic) mais regrettant l’absence de concrétisation du projet de constitution ! ! Alors même que le programme social de l’UE est édifiant : liquidation du droit au travail, interdiction des nationalisations, ouverture du capital des entreprises publiques, légalisation du lock-out.
Les militants cégétistes ne sont pas dupes. Partout grandissent l’exigence de consultation et l’appel au NON dans les UL, UD, Fédérations, idem à la FSU. L’allégeance au PS et à la CES de la CGT doit être combattue. La CGT toute entière doit rejoindre le bon côté de la barricade, le NON de classe, contre ses tenants eurocrates et collaborationnistes.
Le capital utilise une fois de plus des armes de rechange : l’euroconstructivisme (PCF/PGE, Trotskistes) qui s’oppose à ce projet de constitution mais appelle à l’Europe " sociale " dans le cadre de l’UE ; alors que les monopoles, forts de la propriété privée des moyens de production, décident de tout. Cette position intermédiaire est celle de la démocratie petite bourgeoise qui propage l’illusion d’un " capitalisme à visage humain ".
Autre arme : le nationalisme propre aux fascistes du FN qui vise à susciter la haine chauvine des autres peuples, à " ringardiser " le NON. Toutes ces raisons soulignent l’importance d’une campagne offensive et unitaire des communistes révolutionnaires. Offensive : l’URCF veut défendre le NON anticapitaliste en montrant que les souffrances quotidiennes, l’insatisfaction des besoins découlent, au-delà de l’UE, du système capitaliste et que la bourgeoisie française est responsable de la casse du tissu économique. Elle est la cible première de notre combat.
L’URCF se prononce pour un NON internationaliste et anti-impérialiste.
Partout la domination du capital et la politique de l’UE conduisent au même désastre. Les seuls bénéficiaires sont les multinationales de chaque pays qui voient grimper à des hauteurs vertigineuses leurs profits. Au bloc impérialiste européen doit s’opposer le bloc ouvrier populaire à l’échelle internationale, afin d’organiser l’Internationale des luttes et de la Résistance. Unitaire : l’URCF poursuivra sa politique de Front uni dans l’action pour frapper ensemble avec tous les groupes communistes. Ce front est composé des groupes :Collectif Militant communiste, Coordination communiste 59-62, Communistes en lutte, URCF. Après la rencontre de l’URCF et du pôle de renaissance communiste (PRCF),l’unité d’action communiste s’élargit et doit s’élargir encore. Le front uni communiste doit permettre que le NON anticapitaliste ait un large écho et contribue à la victoire du NON.
Pour l’Urcf, outre la campagne du référendum, notre forum le 12 mars le capitalisme ! " accusons l’Europe capitaliste " sera un temps fort de la bataille pour le NON de classe, anticapitaliste et internationaliste, pour la défense des revendications sociales, pour le retrait de la France de l’UE et de l’OTAN
35 H DE REPOS MINIMUM PAR SEMAINE ! C’EST POSSIBLE AVEC L’U.E.
Sur le site de la Confédération CGT, le projet de révision de la directive européenne sur le temps de travail est jugé inacceptable ; que dit-il ? Et bien, le temps de travail maximum de 48 heures actuel va être flexibilisé : en langage européen, cela veut dire que la commission européenne veut le porter à 65 heures ! Oui, vous avez bien lu, 65 heures ! Les dirigeants de la CGT devraient crier au voleur ! mais non, ils s’interrogent sur les tenants et aboutissants de la Constitution Européenne ! Encore plus fort, un fonctionnaire émérite spécialiste du droit du travail français et européen démontrait, sur une radio nationale, que finalement, en Europe, les salariés avaient l’assurance de 35 heures … de repos par semaine minimum : vous travaillez 13 heures ; il vous reste donc 11 heures de repos pour finir la journée. Et comme vous avez droit à une journée légale de repos de 24 heures consécutives pour la semaine, on peut dire que l’Union européenne vous garantit, au lieu de 35 heures de travail, 35 heures de repos légales (et 65 heures de travail assurées, mais en toute flexibilité….) Une preuve de plus que l’UE est au service des seuls intérêts rapaces du capital , que « l’Europe sociale » est une escroquerie.
FORUM ANTICAPITALISTE « Accusons l’Europe Capitaliste » 2005
Pour reprendre l'offensive
Le Forum Anticapitaliste, organisé par l’URCF, sera un grand moment de résistance contre le système capitaliste inhumain. Il s’inscrira dans la campagne pour le NON anticapitaliste, anti-impérialiste et internationaliste à l’Union Européenne et à sa Constitution élaborée par les tenants du capital monopoliste. Des travailleurs, chômeurs, syndicalistes de France et d’Europe, communistes, immigrés, des femmes, des représentants du Mouvement Communiste International échangeront leurs analyses, leurs expériences et leurs projets de lutte afin d’unifier le combat du peuple travailleur contre le démantèlement des services publics, les licenciements, les atteintes aux libertés…. Le Forum sera divisé en deux demi-journées, entrecoupées d’animations, de tables de lecture, d’un buffet et bien sûr de discussions informelles. Le thème de la matinée portera sur la lutte contre la globalisation impérialiste menée par les USA et le cartel des États d’Europe. La réélection de Bush accroît la voracité des multinationales US qui cherchent à évincer leurs concurrents et à élever au maximum leur taux de profit. Cela passe par une exploitation toujours plus dure des travailleurs, par un transfert massif des revenus du travail vers le capital opéré notamment, en ce qui concerne les USA, par la réforme fiscale favorisant la classe possédante. Il faut également s’attendre à un regain de bellicisme en politique extérieure. Déjà se dessine en Iran le scénario orchestré avec les fameuses inspections de l’AIEA qui avaient préparé et fourni le prétexte à l’agression de l’Irak. Du côté de Cuba, l’application des mesures de restriction aux voyages et aux transferts d’argent, le renforcement du blocus et les plans de préparation d’une agression, tout cela doit susciter un élan de solidarité pour Cuba socialiste. Du côté de l’UE, le démantèlement des services publics, l’augmentation du temps et de la charge de travail sans compensation alors que le chômage augmente, la chasse aux chômeurs et la suppression de leurs droits à une indemnité décente, les suppressions d’emplois et fermetures d’entreprises, tout cela illustre la spirale sans fin de la régression du niveau de vie des travailleurs. Ainsi s’accentue, partout où règne le mode de production capitaliste basé sur la propriété privée des moyens de production et d’échanges, la crise de surproduction, la paupérisation des masses, le chômage et la misère. Mais l’impérialisme peut être mis en échec : la Résistance irakienne, la fermeté de Cuba et du Venezuela bolivarien en sont une démonstration. Les débats de l’aprèsmidi porteront sur la mise en accusation de l’Europe capitaliste, sur la nécessité du NON anticapitaliste au projet dangereux et réactionnaire de constitution ; sur la lutte pour infliger une défaite par le NON au pouvoir de Chirac- Raffarin-Sarkosi. Car ce gouvernement est le plus réactionnaire de la 5e République. Il a à son actif, après une minutieuse préparation par la gauche plurielle, et dans le cadre de l’Union Européenne : l’augmentation de l’âge de la retraite, l’achèvement de la privatisation d’Air France et de France Télécom, les milliards prélevés sur la sécurité sociale et offerts en cadeau aux entreprises, la précarisation massive du travail, la soumission de l’école et de la culture aux intérêts du patronat, la fermeture de milliers de lits d’hôpitaux et de bureaux de poste…Ces mauvais coups ne pourraient être portés avec autant de facilité si la direction de la CGT n’accompagnait pas le mouvement en bloquant les luttes et en les dispersant. De nombreux syndicalistes expliqueront au forum les difficultés qu’ils rencontrent pour organiser la convergence des luttes et pour forcer la direction confédérale à prendre une position de classe et à faire campagne pour le NON. Des militants, défenseurs des services publics, feront part de leur expérience dans l’opposition aux fermetures de bureaux de postes, de gares… Il est temps de remettre à l’ordre du jour la lutte de classe, la nécessité de reconstruire un parti communiste ayant pour perspective la prise du pouvoir par le prolétariat et la construction du socialisme, seul système qui permet d’en finir avec le chômage et les crises.
NON A LA LOI BORLOO LOI DE REGRESSION SOCIALE !
Quand le patronat dirige le gouvernement Pour les travailleurs, c’est la régression sociale !
Les syndicats patronaux et l’Etat capitaliste mettent les bouchées doubles, comme si c’était maintenant ou jamais. Plusieurs textes et mesures ont été adoptés : ils engagent l’avenir matériel et moral des travailleurs et de leurs enfants, qu’ils soient en activité ou au chômage
La loi Borloo n’est rien d’autre qu’une réponse capitaliste au chômage : un énième aménagement de la gestion de cette tare congénitale du capitalisme. « 13 milliards d’euros (sur 5 ans) pour les 4 millions d’oubliés de la République », ne cessent de pérorer les dirigeants de la droite et de la social-démocratie. En fait de cohésion sociale, cette loi est un ensemble de contraintes contre les salariés qui traite les chômeurs et les problèmes sociaux comme une question de mendicité. Pour l’emploi, des « contrats d’avenir » (250.000 selon le texte) seront proposés aux chômeurs : ce sont des CCD de 6 mois (renouvelables pour 3 ans au maximum, dans la même logique que les emplois jeunes de la gauche plurielle) et payés 600 euros net (équivalent de 26 heures au SMIC) ! Les patrons utilisateurs de ces contrats (surtout dans le BTP, la restauration et l’hôtellerie), pour leur contribution à l’exploitation de cette main d’œuvre bon marché, recevront une « aide » de l’Etat équivalente au RMI. C’est une extension du champ d’application du RMA, une normalisation de la précarité, qui accroît la concurrence entre salariés et aggrave l’exploitation de la force de travail. En écho aux desiderata du patronat, la loi Borloo prévoit de privatiser le service public de l’emploi, jusque-là du domaine de l’ANPE : 300 « maisons de l’emploi » seront créées pour « fluidifier le marché du travail et inciter les chômeurs à reprendre le chemin du travail » (dixit Fillon, alors ministre du travail). A la base de ces décisions, des rapports d’experts mercenaires (payés par nos impôts) : rapport sur les conditions d’un rapprochement ANPE-UNEDIC de Jean Marimbert (conseiller d’Etat, ancien directeur général de l’ANPE) ; rapport sur la simplification du Code du travail de Michel de Virville (SG de Renault) ; rapport sur « les pratiques de recours à des opérateurs externes pour la mise en œuvre des politiques actives de l’emploi » de Dominique Balmary (conseiller d’Etat et ancien délégué à l’emploi). L’argutie principale est : « 300.000 offres d’emploi de l’ANPE ne sont pas pourvues, alors qu’il y a plus de 2,5 millions chômeurs ». Alors, pour diminuer de 100.000 les offres non satisfaites (en 2004), on prend des mesures pour « convaincre les chômeurs d’accepter les postes proposés » et on autorise des bureaux privés de placement des chômeurs pour « rendre plus efficace le service de placement de l’ANPE ». Dans les faits, le monopole de l’ANPE est une fiction puisque la concurrence existe déjà entre l’ANPE et ses prestataires privés, et les cabinets de recrutement ont déjà pignon sur rue. L’ANPE compte 4.000 prestataires extérieurs sous-traitants : les associations de réinsertion, les sociétés d’intérim (comme Manpower, Adecco etc…) pour les évaluations de compétences, les ETT (entreprises de travail temporaire) et les cabinets de recrutement pour échange de CV et d’offres. Ces nouvelles mesures menacent surtout les associations de l’insertion professionnelle agissant sur la base de conventions avec l’ANPE. D’autant que des organismes étrangers auront la possibilité d’intervenir sur ce « marché des chômeurs ». Il n’y a pas de doute que les opérateurs privés seront certainement plus « efficaces » que l’ANPE : ils feront du « chiffre » pour faire des profits puisque la facturation de leurs prestations sera fonction du nombre de retours à l’emploi des chômeurs. Ils pourront s’inspirer des sociétés d’intérim qui réalisent du profit par un jeu répété de placement de salariés pour des missions de plus en plus courtes. Comme il est acquis que ces bureaux privés ne s’intéresseront qu’aux chômeurs l e s p l u s e x p l o i t a b l e s , « employables » en … langage patronal ! Cette mesure est aussi une dést r u c t u r a t ion de l ’AFPA (Association Professionnelle des Adultes) : décentralisation de la formation qualifiante, et, dès 2005, le donneur d’ordre pour la formation professionnelle sera la Région, laquelle Région ne sera plus obligée de recourir à l’AFPA. Déjà ce transfert de compétences ne sera pas suivi du même transfert des crédits : sur 700 millions de subventions à l’AFPA, seuls 450 seront transférés aux régions en 2005. C’est la politique dite « activation des dépenses passives du chômage », une politique anti-salariés et pro-patronale concertée à l’échelle de l’Europe capitaliste, comme c’est le cas de la loi HARZT en Allemagne. Dans son volet logement, la loi Borloo poursuit la privatisation du logement social : libération du barème des loyers des HLM, suppression du contingent préfectoral (25% des logements HLM pour les ménages en difficultés), … Un plan, dans lequel les chiffres sont grossis en mélangeant constructions et acquisitions, ce qui est loin d’être en rapport avec l’ampleur de la demande de logements sociaux. Une 3ème partie de la loi concerne « l’égalité des chances » qui n’a rien à voir avec les raisons de l’échec scolaire : création de 30 internats pour accueillir les élèves éloignés pour inadaptation et indiscipline ; création de « pôles d’excellence dans 150 collèges » (adieu le «collège unique ») ; renforcement de l’orientation vers le préapprentissage. La coordination sera assurée avec la réforme Fillon portant sur la 3ème des collèges et celle de Dutreil portant sur l’apprentissage : ouverture de l’apprentissage aux plus de 25 ans, passage de 7 à 8 heures de la journée de travail des apprentis, possibilité pour les élèves de rejoindre l‘apprentissage après la rentrée scolaire, jusqu’en décembre. Ainsi, l’objectif visé et annoncé est d’augmenter de 40% le nombre d’apprentis, et de porter ainsi à 2% la part des apprentis parmi les salariés des entreprises. Des petites mains pas chères, c’est bien le rêve du patronat avec son projet de « formation tout au long de la vie ». Avec les récentes propositions de De Villepin (les patrons pourront aller chercher dans les pays du Sud eux-mêmes les travailleurs dont ils ont besoin, et seront donc responsables et de leur travail et de leur séjour), en matière d’immigration, c’est un schéma d’organisation de plus en plus proche de celui en vigueur aux Etats-Unis. Pour compléter cette offensive anti-sociale, Raffarin propose de « gagner plus en travaillant plus » ! En fait, il demande aux salariés de différer ou de vendre leurs congés (RTT à 35 h), de ne pas revendiquer de hausses de salaires (cf. refus adressé aux fonctionnaires), pendant que les prix ne cessent d’augmenter, y compris ceux relevant de la décision publique comme ceux des transports, de l’énergie, des loyers et des impôts. En même temps, il donne la possibilité aux patrons (surtout moyens et petits) d’augmenter le quota annuel d’heures supplémentaires (de 180 à 220 heures) : en somme, du surtravail payé à minima et des profits de plus en plus gros ! En 2003, les revenus des patrons des entreprises du CAC 40 (hors stock-options) ont crû de 10% ; et le plus bas des revenus (parmi ces entreprises du CAC 40) est celui du PDG de Total (6,5 millions d’euros par an- soit de quoi rémunérer 451 smicards pour une année), le premier étant celui du président de Vivendi (22,8 millions d’euros par an) ! Les objectifs des patrons apparaissent au grand jour et à l’échelle de l’Europe capitaliste : exonérer toujours plus les patrons de leurs obligations sociales et transférer le maximum de prélèvements vers les salariés, enrayer la baisse du taux de profit en augmentant la durée d’exploitation des salariés et le démantèlement du système des retraites par répartition. Les directions syndicales actuelles, y compris celle de la CGT, comme les dirigeants de la « gauche plurielle », refusent d’analyser ces problèmes en termes de classe et préfèrent se contenter de négociations de salon avec les directions patronales à la recherche effrénée d’accords consensuels et minimalistes ; en totale contradiction avec les revendications matérielles et morales des millions de travailleurs pourtant scandées dans des manifestations massives et répétées. Le chômage n’est pas un fléau éternel : l’URSS a fermé dès 1927 les agences de chômage et assuré un emploi à tous ! Le socialisme peut réaliser le droit au travail grâce à la socialisation des moyens de production, au pouvoir ouvrier. Dans l’immédiat, la seule réponse est l’unité d’action : travailleurs/ privés d’emploi avec l’arme éprouvée du combat de classe : la grève générale pour le droit au travail. Pour construire les actions à la hauteur des enjeux, il faut partout dénoncer les fauteurs de chômage : la classe patronale ; isoler les dirigeants réformistes, prôner haut et fort la solidarité de classe
L’accord sur le préavis de grève à la SNCF: LA NEGOCIATION CONTRE L’ACTION
L'accord signé par la CGT n'est pas une simple péripétie dans l'histoire du monde ouvrier ; c'est un encouragement pour le patronat et le gouvernement à tailler encore plus férocement dans nos acquis.
L a corporation des cheminots, avec sa fédération CGT, a souvent été le fer de lance des luttes revendicatives. Dès que les cheminots "bougeaient", les travailleurs ne s'y trompaient pas. Ils envisageaient immédiatement la possibilité de leur emboîter le pas, en fonction de l'évolution du mouvement, pour mettre en avant leurs revendications et entrer dans la lutte. La Confédération CGT était à l'écoute du niveau de combativité chez les cheminots, ainsi que d'autres secteurs aussi combatifs, comme les mineurs, les métallos etc… afin de prendre la "température" et d'analyser avec suffisamment de précision la situation sociale du pays. Ceci lui permettait d'évaluer immédiatement les possibilités d'actions susceptibles d'obtenir la satisfaction des revendications de l'ensemble des travailleurs, en veillant à élargir, à fédérer les actions le plus possible, pour faire en sorte que le rapport de force "bascule" en faveur des salariés. Et ce n'est, éventuellement, qu'à ce moment, que pouvait commencer la phase des négociations permettant ainsi de faire aboutir leurs exigences, ou tout au moins, de les porter aussi loin que possible. Cette conception des choses était due à la nature de Classe et de Masse de la CGT toute entière. Aujourd'hui, ces principes ont été abandonnés au fur et à mesure du déroulement des différents congrès de la CGT. L'orientation actuelle de celle-ci peut se résumer par le slogan :"priorité à la négociation". Cette ligne de conduite qui se répercute idéologiquement à l'ensemble des structures et organisations de la CGT et donc parmi les travailleurs, a tendance à faire passer l'action au second plan. Disons le clairement : ce n'est pas une simple tendance, car petit à petit, cela devient un état de fait, une réalité concrète. A partir de cette réalité, la conscience des travailleurs admet de plus en plus la fatalité des conditions sociales et économiques qu'ils subissent. Ils ne remettent plus en cause le système lui-même, le Capitalisme, et considèrent qu'il faut s'adapter en essayant de faire avec, et vaille que vaille, de temps en temps, obtenir une petite compensation dérisoire au regard de tous les acquis conquis de hautes luttes qu'on leur reprend (la liste est trop longue pour pouvoir tout énumérer : la sécu, les retraites, les privatisations, les délocalisations, les licenciements, la santé, sont suffisamment éloquents pour illustrer le propos). Ce comportement promu par toutes les centrales syndicales de travailleurs et tous les partis politiques de gauche n'est pas nouveau, (bien qu'il le soit pour la CGT et le PCF). Il a été désigné par nos anciens sous l'appellation de "réformisme". Il consiste à accepter le système économique qui sévit sur presque toute la planète et dans notre pays. A penser que l'on peut l'amender, le rendre moins sauvage, plus acceptable, et de concession en concession, "l'accompagner" en prônant la paix sociale, le dialogue social plutôt que l'action. Ceci a pour effet d'inverser la logique des choses. Posons- nous simplement la question : qu'obtiendra-t-on d'une négociation sans avoir au préalable créé, par l'action, un rapport de force favorable aux travailleurs et permettant de faire plier le patronat, le gouvernement (qui n'est là que pour mettre en application autant que faire se peut, les exigences de la grande finance, donc du patronat), les directions des entreprises nationales et publiques ? Ce comportement est néfaste pour l'ensemble des travailleurs que l'on dit vouloir défendre. C'est pourtant ce que prône la fédération CGT des cheminots qui vient de signer avec le gouvernement le plus réactionnaire que nous connaissons depuis l'avènement de la Vème république un accord intitulé "amélioration du dialogue social et prévention des conflits". Même si la fédération déclare dans son journal "La Tribune des Cheminots", afin d'atténuer les vagues que soulève (même à la CE fédérale) sa signature, "le spectre d'une loi remettant en cause le droit de grève n'est plus AUSSI PRESSANT" ce qui veut dire au passage que cet accord ne l'exclue pas vraiment. Elle invoque les "nouvelles prérogatives des directeurs d'établissements"" l'obligation de réponse dans un temps imparti "(pour négocier). Nous savons par expérience car nous l'avons vécu dans la non mise en application des décisions prises dans le cadre de la loi créant le préavis de grève que le patronat, les directions d'entreprises se soucient comme d'une guigne, des accords passés, comme des lois d'ailleurs, lorsqu'il s'agit de défendre ses intérêts, ou les intérêts de ses mandants, lorsque ça l'arrange. Ne va-t-il pas jusqu'à fouler aux pieds ses propres lois, sa propre "démocratie" pour sauvegarder la pérennité des profits ? L'histoire est là pour le confirmer. Que dire aussi des "arguments" relevés dans "La Tribune" "Depuis sa signature par la CGT, les discours des plus virulents de l'UMP se lissent et se calment, voulant laisser à l'accord le temps de faire ses preuves. Et en tête le premier ministre et le ministre des transports qui se félicitent de l'accord trouvé à la SNCF". Ce sont vraiment des arguments révélateurs ! On n'a pas toujours les félicitations que l'on mérite. Mais à cette occasion la fédération CGT des cheminots ne peut pas crier à l'injustice et que ses mérites ne sont pas reconnus et pas par n'importe qui. Que les autres fédérations de cheminots signent de tels accords n'est pas pour nous surprendre, on en a pris l'habitude depuis des décennies, mais que la CGT glisse à ce point sur la pente savonneuse du réformisme, suivant en cela les orientations confédérales et la CES inféodée au capital européen, doit faire réfléchir ses adhérents, tous les travailleurs, tout le monde du travail et qu'en conclusion de leur réflexion il renvoie tout ce beau monde à ses chères études (ouvrières) et qu'ils choisissent comme dirigeants des hommes fidèles aux engagements de nos anciens qui œuvraient pour un avenir où les travailleurs seraient affranchis des chaînes de l'exploitation capitaliste. Des hommes qui ramènent la CGT sur les rails du syndicalisme révolutionnaire, vers un syndicalisme de Classe et de Masse. Beaucoup de nos anciens ont payé de leur vie non seulement le droit de grève, mais pour l'exercice de ce droit selon leur bon vouloir, c'est à dire décidé librement et démocratiquement par les travailleurs au moment choisi par eux, où ils veulent et comme ils veulent. Méditons sur le cas de Lucien MIDOL ancien dirigeant de la CGT cheminots, emprisonné à plusieurs reprises et notamment pour avoir retardé d'une minute (vous avez bien lu), d'une seule petite minute, le départ de son train. L'accord signé par la CGT n'est pas une simple péripétie dans l'histoire du monde ouvrier, c'est un encouragement pour le MEDEF, le gouvernement à tailler encore plus férocement dans nos acquis. Ce n'est pas un simple accident de parcours : C'EST UNE TRAHISON. Quand un accord est mauvais, néfaste, contraire à l’intérêt des travailleurs , il faut le dénoncer et organiser la lutte pour son abrogation. C’est la tâche des cheminots et de tous les travailleurs solidaires. Tous ensemble, DEFENDONS LE DROIT DE GREVE !
QUAND LES DIRIGEANTS DE LA CGT VONT A LA SOUPE
Lors du 45ième congrès de 1995, l’adhésion à la CES avait été présentée par les dirigeants de la CGT comme un changement d’orientation dans le sens progressiste de la Centrale européenne, alors que nous avions dénoncé le reniement de la CGT qui, pour adhérer à la CES, devait se désaffilier de la FSM. Nous dénoncions à l’époque l’adhésion à une centrale syndicale internationale dont la stratégie essentielle concernait l’application du traité de Maastricht, traité qui mettait en place le démantèlement des services publics, les privatisations, la casse des statuts et des conventions collectives ainsi que du Code du travail ! En ce début 2005, alors que tous les droits des travailleurs sont remis en cause, que la législation anti-ouvrière se met en place dans toute l’UE, que jamais les travailleurs n’ont connu autant de précarité, de bas salaires, et que des cadeaux colossaux sont faits au patronat, les dirigeants de la CGT se demandent si le projet de constitution européenne est bon ou pas pour les travailleurs ! En fait, pour rester dans la direction collégiale de la CES, ils doivent se conformer aux directives des syndicats de collaboration de classe qui dirigent la CES. Ceux-ci cogèrent dans de nombreux pays avec le patronat ; ils sont largement subventionnés par ces derniers, y compris par la Commission Européenne. C’est la raison pour laquelle ils veulent gagner du temps. Plus tard la direction de la CGT prendra position, moins elle pèsera sur la décision finale, et moins on parlera d’elle à Bruxelles. Ainsi elle aura joué parfaitement son rôle de petit soldat masqué des intérêts du capital. Plus même, il est déjà des dirigeants confédéraux qui poussent à appeler à voter OUI au projet de constitution ! Sous prétexte d’informer largement les syndiqués afin qu’un grand débat s’instaure, on prévoit de ne pas prendre position avant plusieurs semaines ! La Confédération va même plus loin encore : le Bureau Confédéral réuni le 23 novembre 2004 pour expliquer sa lenteur se demande si même le referendum va avoir lieu ! On croit rêver ! Pendant ce temps, le grand Capital nous assène chaque jour sa dose de propagande abjecte pour plus d’Europe. Nous avons vécu le référendum bidon du Parti Socialiste comme si les Bobos de ce parti étaient représentatifs de la population française ! (la preuve la plus éclatante étant les 75% de oui dans le Nord –Pas de Calais alors que cette région votait déjà à près de 60% non en 1992 !) On culpabilise les salariés en les rendant responsables des délocalisations, à cause de leurs soi-disant salaires élevés ; quand ce n’est pas Sarkozy qui s’en prend aux « charges salariales écrasantes » supportées par le Patronat ! Bref, un bourrage de crâne permanent sans possibilité de réaction de quiconque puisque mêmes les partisans du non comme le Parti Communiste ajoutent un oui à une Europe sociale qui est une véritable escroquerie pour les raisons développées ci-dessus ! Alors, dans ces conditions, il faut que les militants syndicaux exigent que la Confédération CGT se positionne rapidement, afin de démontrer toute la nocivité de la Constitution Européenne et entre en campagne pour faire échec au projet néfaste qui est en train de se mettre en place. Déjà, de nombreux Syndicats CGT de toute la France appellent à voter NON : à Paris, citons les Unions Locales du 15ième et du 10ième arrondissements mais d’autres vont suivre ! En effet, ce qui compte aujourd’hui, ce n’est pas seulement que la CGT appelle à voter NON, mais surtout qu’elle se lance dans la campagne contre la Constitution Européenne. Lors du dernier Comité Général de l’UD de Paris du jeudi 9 décembre 2004, les dirigeants voulaient parler surtout du renforcement de la CGT pendant toute la journée et n’aborder « l’Enjeu Européen » qu’à 15h30, afin d’éluder le véritable débat. Ils en ont été pour leurs frais : 90% des interventions de la journée portèrent sur la Constitution Européenne, bien que la présidente de séance n’ait pas hésité à polluer les débats par des interruptions intempestives de la plupart des orateurs en prétendant qu’ils sortaient du sujet ou qu’ils dépassaient les 3 minutes arbitrairement décidées L
ors de la réunion du comité exécutif de la CES du 14 octobre 2004, Thibault s’est abstenu sur le vote de la résolution approuvant la Constitution Européenne, résumant ainsi l’embarras constaté depuis de nombreux mois par les dirigeants de la CGT en rupture de plus en plus marquée avec leur base.
Le vote final (76.49% pour le NON, 10680 voix sur 13963) fut acquis contre la volonté de la direction de l’UD. D’ailleurs, le texte que le bureau de l’UD s’était engagé à réécrire ne respecte pas le mandat donné par les membres du Comité Général. Bien que la plupart des intervenants ait vilipendé l’Union Européenne, le texte parle de temps fort européen pour mars 2005, de «remettre en cause le dogme libéral » proteste contre les directives européennes qui imposent la concurrence comme règle pour tous ! Comme si une seule directive européenne depuis que l’Europe existe avait été favorable aux travailleurs ! La ligne réformiste des dirigeants confédéraux est de plus en plus claire pour nombre de militants : le mythe Thibault largement mis en scène par les médias (aux ordres du patronat) commence à prendre l’eau ! Ces dirigeants confédéraux doivent être démasqués : pour cela, il faut déjouer et dénoncer leur rôle de roue de secours du patronat. D’ailleurs, les médias et le patronat trouvent de plus en plus sympathique le secrétaire général de la CGT et non sa base ! A la CGT, certains rêvent que la centrale appelle au vote OUI ; à défaut leur tactique est l’absence de consignes de vote…ce qui revient à refuser le combat de classe contre le OUI du Médef, à semer les illusions sur l’Europe des monopoles. Si la direction parvient à ces fins, ce sera grave de conséquences pour l’avenir du mouvement ouvrier ; ceux qui s’égarent à de tels espoirs rejoignent objectivement le combat de ceux qui se sont mis en quête de détruire la CGT de lutte de classe.
Projet de loi d’orientation pour l’école :
Fillon aux ordres du patronat et du capitalisme européen
Depuis le 16 décembre, la version définitive du projet de loi pour l’Éducation nationale est connue. Rédigé au pas de charge, le texte de cette loi d’orientation, qui engage l’avenir de l’école publique pour au moins dix ans, devrait être soumis au Parlement dès janvier. Entre temps, les deux principales instances consultatives de l’Éducation auront eu beau voter très majoritairement contre son projet, le ministre n’en a cure : il est pressé, désormais, de répondre aux injonctions des maîtres à penser d’une Europe au service du capital.
Le cadre de la loi : la stratégie de Lisbonne et les prévisions du MEDEF L’objectif stratégique fixé par l’Union européenne pour 2010 est rappelé en préambule du document de travail, avec la citation intégrale du Conseil européen de Lisbonne de mars 2000 : « Devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde, capable d’une croissance économique durable, accompagnée d’une plus grande cohésion sociale. » Objectif relayé par les exigences du patronat français, à lire dans l’introduction du rapport Thélot : « Accroître le niveau de qualification des individus, mais pas lors de la formation initiale, donc prévoir l’essor de la formation tout au long de la vie… Prévoir la part considérable des emplois peu qualifiés ou d’une qualification d’ordre comportemental ou relationnel… » Les mesures Fillon s’inscrivent bien dans ce cadre et préparent adroitement le terrain d’une école à moindre coût public et à deux vitesses. Des chiffres en trompe l’œil affichent de prétendues ambitions (80% d’une classe d’âge au niveau du Bac, 100% de qualification pour tous, 50% de diplômés en 2015), affichage qui relève du cynisme dans le contexte de la nouvelle saignée budgétaire annoncée pour la rentrée prochaine ( -7500 postes d’enseignants dans le secondaire) et les perspectives pour les cinq ans à venir (déficit de 10 000 recrutements). En fait, les chiffres qui intéressent le patronat sont donnés plus loin : le nombre de classes européennes (qualifiées parfois comme classes d’élite) augmenté de 20%, le nombre d’apprentis (formés sous la férule patronale ) augmenté de 50%.
Pour organiser ce tri social permettant l’émergence d’une élite compétitive d’une part, et d’une masse de travailleurs sous qualifiés et surexploitables d’autre part, le ministre impose aux élèves l’acquisition d’un « socle commun » des connaissances, véritable arme de guerre contre la démocratisation de l’école. En effet, ce socle des indispensables (français, maths, ordinateur, saupoudrage de culture historique et scientifique) devrait permettre à l’institution scolaire de marquer au fer rouge les enfants considérés en échec, issus principalement des couches populaires, puis de les orienter dès l’âge de 12 ans vers des filières de relégation (apprentissage, classes dites « préprofessionnelles », dispositifs relais…).
Pour enfoncer le clou de cette exclusion organisée, le ministre invente le CIRE , « contrat individuel de réussite éducative » qui renvoie à chaque élève (et à sa famille) la responsabilité de son échec…prévisible, compte tenu du niveau dérisoire de l’aide apportée. Parallèlement à ces mesures, le projet de loi réduit encore l’offre d’enseignement, notamment dans les lycées généraux et professionnels (horaires allégés en seconde, suppression de dédoublements et d’options), renforce le cloisonnement entre les filières, et remet en cause la valeur nationale du brevet et du baccalauréat (avec le poids du contrôle continu, un « bac de banlieue » aura- t-il la même valeur qu’un «bac de centreville » ?) On le voit, les élèves des milieux populaires seront les premières victimes de cette loi, mais les personnels seront, eux aussi, sacrifiés sur l’autel de la compétitivité et de la rentabilité financière.
Trois mesures phares organisent l’accroissement de la charge de travail, une flexibilité renforcée et la casse des solidarités : le remplacement en interne, dans les collèges et lycées, permettant la réquisition d’enseignants obligés d’accepter jusqu’à 72 heures supplémentaires annualisées ; flexibilité et dévalorisation du métier d’enseignant aggravées par la contrainte de la bivalence (enseigner plusieurs disciplines) ; le renforcement des pouvoirs du chef d’établissement et la création d’un « Conseil pédagogique » où des professeurs choisis par le chef d’établissement pourront exercer un contrôle sur le travail de leurs collègues.
Face à une telle entreprise de démolition du service public d’éducation, on pouvait s’attendre à une réaction d’ampleur de la part des organisations syndicales. On est loin du compte, et la grève lancée par le SNES le 7 décembre, malgré un résultat honorable, a mis en évidence, non seulement la trahison d’organisations vendues au capital comme l’UNSA ou la CFDT, mais aussi la fragilité idéologique des syndicats de la FSU, peinant à mettre en cohérence les mesures Fillon, la politique de casse du gouvernement Raffarin et le projet de constitution européenne. L’URCF, quant à elle, considère qu’on ne peut pas défendre l’école publique, sans s’opposer résolument à la construction d’une Europe au service d’une minorité de capitalistes.
CONQUERIR LE DROIT SYNDICAL PLEIN ET ENTIER DANS LES PME !
Les libertés syndicales ont été acquises par des luttes sanglantes de la classe ouvrière. Dans les petites entreprises, le rapport des forces n’a pas toujours été à la mesure de l’enjeu. De ce fait, les libertés syndicales ont toujours été pratiquement inexistantes ; même ce minimum a toujours subi des attaques frontales du patronat et des gouvernements pour qu'il n'en reste rien. Il faut savoir que pour créer une section syndicale et désigner un délégué syndical, l'effectif de l'entreprise doit totaliser plus de 50 salariés. Il en est de même pour avoir un comité d'entreprise ; en effet, pour élire des délégués du personnel, l'effectif de l'entreprise doit totaliser plus de 11 salariés.
L'arbitraire patronal, le chantage à l’emploi, les discriminations de toutes sortes, etc.… entravent la mise en place de ces institutions ; les pouvoirs publics complices violent les lois qu'ils sont censés faire appliquer. L'entrée, à marche forcée, dans l'Europe du capital, menée, avec zèle, par tous les gouvernements successifs et plus particulièrement les sociaux démocrates, aggrave la situation. Les lois AUBRY de 1992 sont une attaque en règle contre les libertés syndicales. Les petites entreprises sont les premières touchées car ces lois délèguent le peu de représentativité syndicale qui y existe en confiant la défense des salariés à des représentants étrangers à l'entreprise : le conseiller du salarié.
Le droit de substitution, (qui permet à une organisation syndicale de se substituer à un salarié de cette entreprise pour saisir le juge du contrat de travail à sa place et avec son accord) est remis en cause à tout moment sur la pression patronale. Et c’est le début de l'exclusion du syndicat des entreprises quelle qu'en soit la taille… directive européenne oblige. D'ailleurs, un éminent juriste de la C.G.T., en désaccord sur ce sujet avec la confédération réformiste, écrivait à l'époque dans la Revue Pratique de Droit Social que les travailleurs des petites entreprises n'ont pas besoin de faux-semblant. Ils ont besoin qu'entrent dans les entreprises de véritables libertés syndicales démocratiques (ne pas confondre avec les libertés bourgeoises).
Les Lois AUBRY sortent de l'entreprise les institutions représentative