Le NON pour GAGNER

 Sommaire IC65

Edito:
Le NON pour Gagner

Constitution européenne
Union Européenne accélère
les délocalisations
Des exemples en région Centre
 La constitution europeenne
veut en finir avec les services publics
 
LA CGT REJETTE LE TRAITÉ CONSTITUTIONNEL EUROPÉEN
Déclaration de l'URCF
 FORUM ANTICAPITALISTE  " Accusons l’Europe Capitaliste  2005 "

Luttes

La lutte de nos camarades du BHV RIVOLI continue
Allongement de la durée travail
un recul de 50 ans
 loi de régression sociale

Un monument pour la Résistance, Un point de vue de Jean SANITAS

    8 mars 2005 – Journée Internationale des Femmes
Non à la régression du droit des femmes

  


International

CUBA
Cuba SI
IRAK
Soirée de solidarité
avec la Résistance Irakienne
 Elections : Le peuple irakien n'est pas tombé dans le piège
 RUSSIE :
POUTINE LIQUIDE LES ACQUIS DES BÂTISSEURS DU SOCIALISME !
 
 Soixantième anniversaire
de la victoire de l'URSS sur le fascisme allemand:
L'URSS a sauvé l'Humanité
première partie
 Le nazisme au service du capital
 L’URCF s’associe pour que Volgograd redevienne Stalingrad    
   Billet de Jean Sanitas
 

Rien ne laissait penser il y a quelques semaines que le grand Capital serait aussi vite en difficulté sur la question du référendum constitutionnel. L’année s’était terminée avec des prises de positions favorables au traité : référendum au sein du Parti Socialiste, aboutissant à un cartel du OUI qui comprend les piliers de la dictature du Capital : UMP, UDF, PS, Verts. Les syndicats de collaboration de classe CFDT, CFTC ,CGC appellent au OUI ; FO, après son vote négatif à la CES à Bruxelles, n’a pas encore confirmé sa position devant les salariés ; du côté de la CGT, la direction confédérale évitait tout débat et se dirigeait vers un " ni OUI ni NON ", tout en laissant des dirigeants (et pas des moindres) appeler ouvertement à voter OUI !

Un débat, impulsé par la base, a eu lieu parmi les militants de la CGT ; beaucoup se sont indigné du refus de la direction confédérale de prendre position. Trop peu de militants, jusque-là, avaient compris les conséquences de l’intégration de la CGT dans la CES. Avec l’arrivée de Joël DECAILLON au Secrétariat Général de la CES, c’est la totale soumission et dépendance à une organisation, relais de l’Union Européenne, aillant participé à l’élaboration du Traité, et auditée par Giscard dans ce cadre. La bourgeoisie a su récompenser la CES, instrument de collaboration de classe et la féliciter " pour ses efforts et son aide à l’élaboration du Traité constitutionnel "

Le CCN (Comité Confédéral National) est composé de l’ensemble des responsables des Unions Départementales ainsi que des secrétaires des diverses Fédérations. Le CCN est l’organe de décision de la CGT entre deux Congrès. Or, cette instance s’est exprimé à 82% en rejetant le projet de Constitution, désavouant ainsi le bureau confédéral.

Aussitôt, B.THIBAULT s’est déclaré indigné et a même essayé de remettre en cause " une décision contraire aux orientations du Congrès ainsi que des carences en matière de démocratie interne ". Maryse DUMAS a déclaré à l’AFP :" ce n’est pas le rôle de la CGT de donner une consigne de vote ". Il est clair que la direction de la CGT a été battue et c’est une première dans son histoire.

Après ses déclarations va-t-en-guerre, Bernard THIBAULT se reconnaît minoritaire et dit s’incliner devant le CCN. Mais, une telle contradiction entre les intérêts du mouvement ouvrier et les conceptions politiques réelles de cette direction pose de graves problèmes pour sa représentativité. La CGT doit se reconstruire à la base, là où le rejet du Traité est massif. C’est dans ce contexte que les manifestations du 5 février se sont déroulées : 600 000 manifestants dans toute la France avec des cortèges CGT regonflés à bloc. Beaucoup de manifestants portaient le badge de la Journée " NON à la Constitution Européenne ".

Le mécontentement grandit parmi les salariés de toutes les professions devant les attaques qui fusent de toute part : baisse des salaires, délocalisations, privatisations, remise en cause du système de santé et de la Sécurité Sociale, loi FILLON contre l’École, chercheurs privés de crédits. Dans le même temps, le CAC 40 atteint son plus haut niveau depuis 3 ans, à plus de 4 000 points, et les grands groupes capitalistes affichent des bénéfices colossaux : Total, BNPParibas, Renault, etc…L’UE favorise la politique du capital de déréglementation de la législation sociale des États, de mise en concurrence des travailleurs, tout cela pour augmenter le taux de profit. Les salariés font de plus en plus le lien entre leurs conditions de travail et d’existence dégradées, leur pouvoir d’achat en baisse, le chômage massif et l’application du Traité de Maastricht et l’introduction de l’Euro.

La directive BOLKESTEIN - que nous avions dénoncée dès 2002 - élargit la concurrence à des secteurs, définis comme " marchands " : santé, éducation, transport. Cette directive prévoit que les sociétés qui vont se mettre en concurrence dans les divers pays pourront appliquer la législation du travail de leur pays d’origine. Dénonçons l’imposture du PS et de CHIRAC qui feignent de s’émouvoir de cette directive, alors que cette directive a été approuvée par la Commission Européenne le 13 janvier 2004 ! Sans doute CHIRAC, HOLLANDE et tous le eurocrates commencent-ils à prendre peur devant la montée du NON à la Constitution européenne qui s’amplifie de jours en jours !

La campagne pour le NON doit cibler tous les responsables de la crise, de la misère, de la précarité et de l’absence de perspective pour les jeunes : le capitalisme incapable de satisfaire les besoins matériels et culturels du plus grand nombre ; la bourgeoisie française, responsable de la casse du tissu industriel et économique du pays ; l’UE, instrument de la destruction de tous les acquis sociaux du 20ème siècle ; Le MEDEF, et ses agents de droite et de gauche, (UMP, UDF, PS).

Un énorme travail d’explication doit être accompli afin que les millions de mécontents se rassemblent et s’unissent avec le NON pour gagner. retour sommaire


L’Union Européenne accélère les délocalisations

En déclarant dans la Tribune qu’elle veillerait à faciliter les délocalisations en Europe, Danuta HÜBNER, commissaire européenne à la politique régionale, a semé le trouble dans la classe politique bourgeoise. Il faut dire que ce sujet est sensible et illustre un des aspects les plus visibles des méfaits du capitalisme. Le chantage à la délocalisation fait partie de l’arsenal que le capital utilise pour imposer aux travailleurs une plus grande exploitation, passant par l’augmentation des heures travaillées gratuites, la limitation des droits syndicaux…

Ce terme de " délocalisations " recouvre en fait un des aspects du capitalisme monopoliste dont MARX décrivait la tendance à donner un caractère cosmopolite à la production et à la consommation et dont LÉNINE exposa les traits essentiels dans son ouvrage " l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme ".

Le principe premier est que le capital investit toujours là où les possibilités de tirer un profit maximum sont les plus grandes. L’exportation des capitaux est donc un des traits de l’impérialisme qui ne peut en aucun cas être contrecarré ou régulé même par une réglementation fiscale européenne ou mondiale. Sur ce point, l’illusion semée par certains alter-mondialistes et par les tenants d’une " autre Europe " correspond à la thèse prônée déjà par KAUTSKY : il affirmait qu’il était possible que les contradictions capitalistes disparaissent au stade d’un " ultra-impérialisme ", et " qu’un monde pacifié " en émergerait. Voie utopique qui ne fait que le jeu des multinationales et désarme le mouvement ouvrier.

Contrairement aux idées reçues, cette circulation du capital ne se fait pas uniquement des centres impérialistes vers les pays opprimés, à bas salaires. L’Inde, destination importante de délocalisations en provenance de Grande-Bretagne, exporte à son tour dans le domaine des services de l’informatique (logiciels…). Elle est aussi la destination de nouvelles usines auparavant délocalisées vers l’Europe centrale et orientale qui ne rapportent déjà plus assez de profit malgré des salaires cinq fois moins élevés qu’en Occident.

Dans un contexte de crise structurelle de surproduction et de baisse tendancielle du taux de profit, les monopoles cherchent à diminuer la part du capital variable dans la production. Ils exportent donc leurs sites de production vers des pays où les salaires et protections sociales sont les plus basses. Ce faisant, cela aggrave la surproduction capitaliste mondiale, puisque, là où il y a délocalisation, les travailleurs se retrouvent au chômage et consomment moins. Il n’est pas rare de voir le mouvement en sens inverse de re-localisations, d’autant plus que la législation sociale régresse et que les entreprises peuvent bénéficier de subventions publiques de façon à maintenir un bénéfice à un niveau élevé.

Une autre donnée, c’est la lutte de classe, puisqu’elle existe partout où il y a exploitation. En novembre 2004, les travailleurs sud-coréens se sont mobilisés contre les assouplissements du marché du travail, les restrictions au droit de grève et à l’action collective dans le secteur public, la précarité. Les travailleurs ne peuvent faire face à ces fermetures d’usines qui entraînent la ruine de régions entières qu’en s’opposant par la lutte au dogme de la compétitivité des entreprises prôné par le Capital. Ils doivent y opposer la solidarité de classe avec les travailleurs des autres pays et sites de production à l’étranger pour obtenir par la lutte les meilleurs acquis pour tous. Ils doivent prendre conscience qu’ils ne forment qu’une seule classe face à un même exploiteur, lutter pour le maintien et le développement de l’outil de travail, l’embauche, les salaires. Au niveau de l’État, ils doivent exiger le remboursement des aides perçues pour liquider les usines et la nationalisation sans indemnisation des monopoles. retour sommaire

 
DES EXEMPLES EN REGION CENTRE  

Nos correspondants et les médias de la région nous informent des luttes pour les salaires, l'emploi, contre les délocalisations, les restructurations, les fermetures, etc.…. Voici quelques exemples parmi tant d'autres :

LOIRET – Les ouvriers d'Otis à Gien ont fait grève pour une augmentation des salaires. Elco-Brandt à Saint-Jean-de-la-Ruelle délocalise en Pologne. 50 à 60 intérimaires sont menacés.

EURE-ET-LOIR – Snappon à Chartres a déménagé ses machines. Les salariés qui avaient empêché la fermeture ont été expulsés et sont tous licenciés.

INDRE-ET-LOIRE – Après son installation à Tours, la succursale française de la banque anglaise sur Internet, Egg, a fermé. Les 338 salariés tourangeaux subissent les lois du marché.

INDRE – Avec la liquidation de la Compagnie Cent Mille (100 000 chemises) c'est une institution qui disparaît. La délocalisation des fabrications sans doute moins soignées, mais toujours "mode" sont tellement plus rentables. Berry Fonderie est à vendre.

CHER – Michelin qui emploie environ 990 personnes à Bourges, veut supprimer 200 emplois d'ici 2006. Deux chaînes de montage ont été délocalisées vers l'Est. L'objectif est d'augmenter le bénéfice d'exploitation.

LOIR-ET-CHER – A Blois, délocalisation de Socoloir dans le Loiret. Les salariés devront faire plus de 100 kilomètres (aller et retour) pour conserver un emploi. Les Produits Céramiques de Touraine à Selles-sur-Cher ont supprimé 40 emplois. Le domaine hôtelier de Seillac a fermé. Le groupe Paul Prédault (jambon cuit) a été racheté par William Saurin et Garbit. Ces attaques sont au cœur même du système capitaliste. Le monde du travail ne peut compter que sur lui-même. La région Centre (le jardin de la France) ne doit pas devenir un lieu de passage nord-sud. Les habitants luttent contre les injustices, ils veulent travailler et vivre au pays.  retour sommaire

 

FORUM ANTICAPITALISTE

"Accusons l’Europe Capitaliste " 2005

        


LA LUTTE DE NOS CAMARADES DU SYNDICAT CGT DU BHV RIVOLI CONTINUE !

Petit rappel des articles précédents

Nos camarades sont en lutte contre les instances de la CGT qui ont négocié dans leur dos l’adhésion du Sycopa-CFDT à la CGT. Ils se sont vus imposer à des postes dirigeants du CE des syndicalistes véreux qu’ils combattaient la veille pour leur politique de collaboration de classe avec la Direction. Leur adhésion à la CGT n’a pas changé leurs pratiques syndicales, sauf qu’ils ont maintenant le soutien des hautes instances de la CGT et peuvent " se payer " la vraie CGT de lutte qui continue d’exister dans l’entreprise !

La justice a été amenée à trancher sur l’existence de deux syndicats CGT: elle a donné le label CGT au syndicat historique. Ne pouvant être présents au premier tour des élections de CE, la Fédération CGT et ses sbires ont appelé à l’abstention afin que le quorum ne soit pas atteint et que la liste Sycopa-CGT soit présente au deuxième tour. C’est donc dans un climat délétère pour nos camarades que se sont déroulées les élections du 2 février 2005 : deux listes CGT – du rarement vu – situation qui ne profite qu’au patronat. Mais n’est-ce pas le rôle des transfuges de la CFDT ? Malgré tout, le Syndicat CGT historique arrive quand même en tête avec 37% des voix, devançant de 10 % la lite dissidente.

Mais la Fédération du Commerce ne fait pas dans la dentelle : alors que le personnel lui a infligé un réel camouflet, elle n’a pas hésité, pour marginaliser le syndicat de lutte, à s’allier avec tous les syndicats, même les non-représentatifs (UNSA, CFDT maintenue) pour exclure les élus CGT des instances du CE. Une aubaine pour le patron qui veut supprimer des emplois avec la complicité des syndicats collabos ! ! Le personnel du BHV pourra tout de même compter sur son véritable syndicat CGT qui depuis toujours est à ses côtés pour construire le rapport de force nécessaire à la satisfaction de ses revendications et faire face aux agressions patronales. L’attitude de certaines Fédérations en osmose avec la Confédération pose problème par leur façon de procéder, elle nous rappelle les méthodes de jadis utilisées dans les années 1920 qui visaient principalement les partisans du syndicalisme révolutionnaire.

Un singulier coup de frein à ces méthodes a été porté lors du récent épisode du NON à la Constitution ; il ne faut pas en rester là car c’est l’avenir du syndicalisme de lutte de classe qui en dépend ! retour


Allongement du temps de travail

Gouvernement et patronat imposent un recul social de plus de 50 ans en arrière

La loi AUBRY sur les 35 heures, comme nous l'avons déjà écrit dans plusieurs numéros d'I.C., est une loi inique et scélérate. Son but était de vider le Code du Travail de son contenu pour l'adapter à l'Europe ultra-libérale en déréglementant la durée du travail et en la flexibilisant par l'annualisation du calcul de la durée du travail. Cette mesure a satisfait les besoins de la productivité au coup par coup pour mieux exploiter les travailleurs. La loi cadre de 1936 – acquis des luttes – a été jetée aux orties, les revendications patronales étant satisfaites, dévoyant une aspiration légitime.

Les travailleurs croyaient travailler 35 heures et être payés 40, ils ont travaillé 40 heures et ont été payés 35. Pour exemple, citons les salariés dont l'activité est saisonnière : leurs conditions de travail se sont considérablement aggravées puisque alors qu'ils travaillaient 39 heures hebdomadaires, avec la loi AUBRY, hors-saison, ils travaillent 25 heures et en saison, ils travaillent 48 heures, de plus si à la fin de l'année ils n'ont pas effectué une moyenne de 35 heures hebdomadaires ils doivent de l'argent; par contre les semaines pour lesquelles ils ont effectué 48 heures ils ne perçoivent plus de majorations.

Avant la loi AUBRY, pour les salariés qui travaillent en équipes continues à roulement : la semaine où ils travaillaient moins que la durée légale, ils étaient payés pour la durée légale ; la semaine où ils travaillaient plus que la durée légale, ce dépassement était majoré. Avec la loi dite des 35 heures, non contents de ne plus avoir de majoration la semaine où ils dépassent la durée légale, à la fin de l'année, ils doivent de l'argent s’ils n'ont pas effectué une moyenne de 35 heures hebdomadaires. Les sociaux-démocrates, en 20 ans, ont remis en cause les garanties sociales (sortie du droit commun de la négociation collective, etc. …). Cette remise en cause permet au pouvoir CHIRAC- RAFFARIN d'emprunter le boulevard qu'ils ont ouvert pour satisfaire encore plus le patronat avide de toujours plus de profits, entraînant ainsi des conditions de vie et de travail à la limite du supportable. L'exploitation capitaliste arrive ainsi à son summum. La loi MORANGE/NOVELLI votée récemment va permettre aux patrons de passer des accords avec les syndicats "maniaques de la signature".

Ces accords vont permettre d'allonger la durée du travail, d'instituer des "comptes épargne-temps". Ceux-ci vont également permettre d'effectuer des heures au-delà de la durée collective, et non légale, du travail. Ces heures passent sous forme de complément de rémunération et bien entendu ne sont pas majorées en heures supplémentaires. Les salariés seront incités à renoncer jusqu'à 10 jours de repos et ce travail supplémentaire ne sera pas majoré. C'est l'institutionnalisation du travail à la carte, le mot "majoration des heures supplémentaires" sera rayé du Code du Travail. Ces mesures de régression sociale nous ramènent en 1935 : 1936 : 40 heures hebdomadaires non modulables. Loi AUBRY : 1 607 heures annuelles modulables. Loi FILLON : 1 787 heures annuelles modulables. Les salariés auront obligation de travailler jusqu'à 48 heures hebdomadaires… selon le "fait du prince" (voire plus, suivant la profession : transport routier, etc. …). Ces objectifs patronaux vont augmenter la précarité et le chômage.

Le but est d'individualiser les situations pour mieux diviser les salariés, pour mieux les exploiter. Pour ceux qui refuseront de tels accords qui aggravent les conditions de vie et de travail et qui baissent les salaires, ce sera le chantage à l'emploi, aux plans sociaux, aux délocalisations. Les profits de l'exploitation capitaliste n'ont jamais été aussi juteux. Ce sont les travailleurs qui ont créé ces richesses, elles doivent leur être distribuées. La mobilisation de tous les salariés fera naître l'idée que la grève générale est le seul moyen de gagner les revendications. La Constitution européenne néo-libérale va encore aggraver les conditions de vie et de travail des travailleurs. Il faut infliger une défaite au patronat, au gouvernement, à la fausse gauche, à l'UE avec un NON massif de classe, anticapitaliste, internationaliste.

 

La Constitution européenne veut en finir avec les services publics

Pour répondre à la grave crise du capitalisme, le capital financier, fort d’un rapport de force favorable (contre-révolutions en URSS et ses alliés), se débarrasse de sa régulation monopoliste d’État. Les nationalisations et " l’État-Providence " avaient été, entre autres, la solution au coût exorbitant de la reconstruction d’après-guerre. Aujourd’hui, le néolibéralisme, devenu le programme mondial de l’impérialisme, doit faire payer la crise aux travailleurs en atteignant un degré de surexploitation jamais atteint : les États capitalistes veulent accaparer de nouveaux marchés (privatisations, ouverture de capital) et assurer un profit maximum (déréglementation, casse des statuts). L’offensive du capital est générale !

A la SNCF : les critères marchands de rentabilité financière poussent à 3 990 suppressions d’emplois. Les retards sont dus principalement aux 1 200 km de voies non entretenues (les trains devant ralentir) et à l’augmentation des pannes consécutives à des révisions moins fréquentes. Le lancement de l’iDTGV a pour but de favoriser la concurrence dans l’entreprise pour préparer sa privatisation.

A la Poste : le projet de loi vise à créer des services postaux à plusieurs vitesses. L’allégement des prix pour les entreprises (sur demande de la Cour des Comptes) va être financé par l’augmentation des tarifs pour les travailleurs : premier effet, la hausse du timbre de 6%. Les services postaux vont être totalement ouverts à la concurrence en 2009. Un bureau de Poste sur deux va être supprimé et les services restants seront toujours plus tournés vers les activités financières bancaires, juteuses pour le patronat. A l’Éducation Nationale : la réforme FILLON s’inscrit dans la mise en place d’une École à moindre coût public et à plusieurs vitesses. FILLON rappelle l’objectif de l’UE : favoriser la mobilité de la main-d’œuvre. La mise en place d’un "socle minimum de connaissances" vise à opérer un tri "social" entre une "élite compétitive" et la masse des futurs travailleurs que l’on veut corvéables à merci.

On pourrait aussi parler de l’ouverture du capital d’EDF-GDF, de la baisse des moyens dans les hôpitaux ou de la moins médiatique privatisation du service technique de contrôle des poids lourds. Les services publics sont en danger et les communistes doivent les défendre. Certes, nous marxistes-léninistes, nous n’oublions pas quelle classe dirige l’État. Mais les nationalisations dans le contexte de la toute puissance du néolibéralisme constituent une mesure démocratique à maints égards : elles permettent aux entreprises d’assurer mieux que les monopoles privés une mission de service public ; les travailleurs ont un statut plus favorable, les libertés syndicales sont plus grandes (conditions plus favorables pour les luttes de classe) ; les entreprises capitalistes d’État sont aussi plus faciles à socialiser après la Révolution.

C’est bien en forgeant la solidarité de classe des travailleurs sur la base de leurs intérêts communs que nous sauverons les services publics et que nous démontrerons que la vraie solution à la satisfaction des besoins (usagers et salariés), c’est la prise révolutionnaire du pouvoir d’État par la classe ouvrière.

 

CUBA SI

Les 29 et 30 janvier, le Forum Social d'Ivry accueillait, dans le cadre d'un atelier " Résistances et Ruptures ", des associations représentant la Palestine, le peuple Sahraoui, la communauté des Chiapas, Porto Alegre, le Cercle Bolivarien pour le Vénézuela et Racines Cubaines. Malgré le peu de temps dont disposaient les orateurs pour valoriser la lutte et les espoirs des peuples qu'ils représentent, plusieurs d'entre eux ont témoigné de l'importance du soutien que Cuba leur accorde (dans le domaine de la santé, de l'Enseignement). Démontrant, par les faits, qu'Internationalisme ne se conjugue qu'avec socialisme. Le représentant vénézuélien souligna le caractère révolutionnaire du processus engagé par son peuple depuis l'avènement de Hugo CHAVEZ et l'adoption de la nouvelle Constitution.

La mise en place, sur proposition de CHAVEZ, de l'ALBA (Alternative Bolivarienne pour les Amériques), dont l'objet est de développer les solidarités et les coopérations entre les peuples, apparaît comme une réelle alternative à la domination impérialiste états-unienne. Cuba et le Venezuela sont les premiers signataires de l'ALBA. La dernière intervention fut celle de Pablo Gonzalez JUSTO, Président de Racines Cubaines. Par sa voix, onze millions de Cubains, interdits dans les médias capitalistes, s'exprimaient. La démocratie cubaine s'est construite dans un contexte de résistance à l'agression permanente des États-Unis. Depuis le début de la Révolution, les États- Unis ont utilisé tous les moyens pour essayer de détruire Cuba : création d'une contre-révolution interne, blocus économique, financier et commercial qui dure depuis 46 ans, agressions militaires et bactériologiques, menace d'extermination nucléaire, guerre médiatique et diplomatique. C'est dans ces conditions - nécessité de l'unité du peuple uni autour d'un seul parti et de ses dirigeants et nécessité de résister à l'agression des États-Unis - que les cubains ont construit une nouvelle société. La victoire de la contre-révolution en Union soviétique et dans les pays de l'Est a vu le renforcement du blocus en 92, en 96 et mai 2004.

Le peuple de Cuba résiste et continuera de résister

En résistant à l’impérialisme, Cuba donne aussi de l'espoir aux peuples du monde qui luttent pour leur avenir. La démocratie ce n'est pas seulement un concept qu'on avance dans les fauteuils confortables du Théâtre du Rond Point, mais des réalisations concrètes, quantifiables, évaluables qui montrent des acquis sociaux et ceux de Cuba sont uniques en Amérique latine et même dans le monde. Pablo et tout le peuple cubain sont fiers de penser que Cuba n'exporte pas d'armes mais des enseignants, des médecins et des professeurs de sport dans 66 pays du monde, et que des étudiants du monde entier sont accueillis dans leurs universités. Fiers aussi que Cuba soit citée en exemple par les Nations-Unies pour la prévention des catastrophes naturelles, et sa participation active à la campagne contre le Sida en Afrique. "Si 200 millions d'enfants dans le monde dorment dans la rue, pas un seul n'est cubain." Il n'y a pas de modèle de société sur mesure. Cuba ne prétend pas être un modèle, ni être une société parfaite. La société cubaine se remet en question régulièrement dans une démocratie directe mise en place par et pour les citoyens. " Si l'objet de ce forum, c'est la rupture, alors oui Cuba a rompu définitivement avec le système capitaliste et libéral ", conclut Pablo. retour sommaire


LA CGT REJETTE LE TRAITÉ CONSTITUTIONNEL EUROPÉEN

Déclaration de l'URCF

L’URCF avait appelé les militants syndicaux à se positionner clairement pour le NON anticapitaliste dans les diverses instances de leur syndicat. Le Traité constitutionnel européen s’inscrit dans une démarche visant à rendre légal le seul néolibéralisme et ses conséquences sociales : privatisation des services publics, déréglementation généralisée, flexibilité et précarité des emplois, chômage massif. C’est là le bilan réel de l’Union Européenne et des divers gouvernements de droite et de " gauche " au service des multinationales, piliers de l’UE.

 Comme beaucoup de salariés, nous nous félicitons de la position adoptée par le Comité Confédéral National de la CGT, qui à l’écrasante majorité de 82%, a voté pour le rejet du Traité constitutionnel européen. Cette prise de position confirme qu’on peut compter sur les militants CGT comme point d’appui important pour la victoire du NON au referendum. C’est une aide considérable à la lutte des travailleurs pour la défense de l’emploi, des salaires, des entreprises publiques menacées par l’ouverture du capital, des victimes des délocalisations et du chômage. Cette prise de position du CCN constitue un coup de frein à la politique de transformation réformiste de la CGT, entreprise officiellement depuis le 45ème  Congrès, politique qui vise au nom d’un " syndicalisme rassemblé " et du ralliement à la CES, à liquider le syndicalisme de lutte de classe et de masse. La décision adoptée par le CCN – reflet des votes des militants de base – dans les instances de leur syndicat représente selon le mot de J.C. Le DUIGOU " une défaite pour la direction, ce n’est pas la peine de le cacher…c’est une prise de position qui revient sur les 10 ou 15 dernières années de l’évolution initiée par Louis VIANNET et continuée par Bernard THIBAULT ". Face à ce revers des défenseurs intégristes de la CES, la direction est tentée par le non-respect des décisions prises par les militants et leur syndicat. Au CCN, B. THIBAULT intervenant au milieu des débats a dénoncé " de graves carences de la démocratie interne " et condamné " le processus et la démarche qui caractérisent ces décisions, je les considère en rupture avec nos orientations de Congrès sur plusieurs points essentiels ". Ainsi, la haute direction crie au manque de démocratie, sous prétexte que peu de syndiqués ont pris part aux consultations ; c’est effectivement un mal qui serait corrigé avec de plus claires orientations, tant contre le pouvoir de CHIRAC- RAFFARIN, contre l’UE que sur les formes de luttes à promouvoir pour contrer l’offensive du MEDEF. Pourtant au Congrès qui a été favorable à B.THIBAULT et ses amis, le nombre de participants n’était pas plus élevé et le Congrès était présenté comme une avancée par ces mêmes dirigeants ! C’est une conception à géométrie variable de la démocratie ! B.THIBAULT poursuit : " un fossé se creuse entre les orientations adoptées par nos Congrès et notre capacité à les faire vivre face aux évènements…Les militants les plus branchés ont cherché à conforter leurs convictions personnelles en les faisant labelliser…Je veux revenir en quelques mots sur les consultations qui ont été menées par plusieurs organisations…j’ai beau y réfléchir, je n’en comprends pas le sens. Où est l’intérêt de recueillir l’opinion des adhérents CGT sur leur intention de vote au referendum ?…Si c’est pour connaître l’état d’esprit qui domine dans nos rangs, je vous le dis, c’est du temps perdu. Il n’y a pas besoin de cela pour savoir qu’une majorité des adhérents est critique, voire hostile au Traité ". Puisque cette majorité existe et qu’elle est même reconnue par le secrétaire général de la CGT, la suite devrait être simple : appliquer le mandat délivré par les adhérents ! Pourquoi alors la colère que la haute direction manifeste dans toutes leurs réactions depuis leur CCN ? Maryse DUMAS, secrétaire confédérale, est explicite quand elle déclare : " nous devons réformer davantage la CGT ". En effet, si la direction était parvenue à la clôture du processus visant à nier le syndicalisme de classe et de masse, elle aurait alors appelé au OUI au referendum ! C’est le sens de la "tribune libre" dans " Le Monde ", de deux hauts responsables CGT à la CES : J. DECAILLON (secrétaire de la CES) et Daniel RETUREAU qui saluaient les avancées du Traité constitutionnel européen et vantaient même son caractère "progressiste" ! Le Bureau Confédéral avait adopté une tactique visant, au nom de la lecture du Traité, à ne pas prendre position, à fournir des pistes de lecture soulignant les "enjeux" à investir, tout en présentant ce projet constitutionnel "comme une avancée par rapport aux Traités européens précédents" (Déclaration du Bureau Confédéral). B. THIBAULT déclarait au CCN : "nous sommes engagés depuis plusieurs années dans la Confédération Européenne des Syndicats. Nous l’avons décidé et confirmé en Congrès.(…), là aussi, il ne faut pas sous-estimer l’impact que représenterait pour beaucoup de syndicalistes européens, une déclaration de la CGT qui pourrait être perçue comme une volonté de rupture". Au contraire, nous y voyons un formidable encouragement pour tous ceux qui s’opposent à la politique de construction de l’Europe capitaliste, y compris en s’engageant dans des luttes sabotées par les centrales réformistes comme nos camarades d’Allemagne en butte à la loi HARTZ…et à la trahison de leurs dirigeants syndicaux. La prise de position du CCN traduit, pour J.C.Le DUIGOU, secrétaire confédéral un retour "aux postures protestataires et au lien avec le politique. C’est en tout cas un positionnement différent de la démarche proprement syndicale que nous voulions développer" Ces propos sont une véritable apologie du réformisme syndical prétendument indépendant du politique. L’apport immense de la CGT forgée par B.FRACHON a consisté à faire mesurer par la majorité des travailleurs que les luttes de classes étaient la voie incontournable pour s’opposer à l’exploitation capitaliste et que cela passait par la conscience que les monopoles sont les ennemis du progrès social. B. THIBAULT, J.C Le DUIGOU aiment à vanter “l’indépendance”, mais alors que penser de l’engagement de J.C. Le DUIGOU dans une association qui sur le modèle du Comité des Forges en 1914 regroupe syndicalistes et patrons ? En effet " Confrontations " est animée par F.MER, J.PEYRELEVADE, J. GANDOIS (tous des monopolistes qui se sont illustrés dans la casse de l’emploi, l’austérité salariale à la tête de leurs entreprises ou comme ministre au gouvernement de RAFFARIN ! Que peut bien faire un haut dirigeant de la CGT en une telle compagnie ?

L’avenir de la CGT passe par l’indépendance vis-à-vis du patronat, des divers gouvernements de droite ou de gauche, de l’Union Européenne et de la Commission de Bruxelles.

Pour déjouer les règles majoritaires, la secrétaire confédérale Maryse DUMAS appelle à bâtir "des règles qui respectent l’opinion des adhérents les plus nombreux" ; la menace se précise de convoquer un Congrès extraordinaire, chiche ! Nous sommes persuadés que les militants toujours plus nombreux sauront rappeler à une haute direction devenue la première contestatrice des orientations majoritaires le bilan d’une ligne qui a toujours refusé de s’engager dans une stratégie de convergence des luttes pour imposer l’abandon des réformes réactionnaires du pouvoir de CHIRAC-RAFFARIN. Avec les militants de la CGT, avec toutes les forces progressistes, les communistes révolutionnaires feront entendre haut et fort la voix des victimes de l’UE et de la politique du capital. Quant à ceux, qui ignorant leur mandatement, veulent dresser des obstacles, leur base saura leur rappeler que se soumettre à l’opinion majoritaire ou se démettre, il n’est pas d’autre voie ! retour au sommaire


Un monument pour la Résistance, Un point de vue de Jean SANITAS

 L'idée m'est venue – dernièrement – de l'édification d'un mémorial, dont la structure reste à définir le cas échéant, sur lequel figureraient les noms de nos compatriotes et des étrangers morts les armes à la main dans les maquis ou tout autre lieu au cours d'opérations menées contre l'ennemi, morts sous les balles de pelotons d'exécution, morts dans les tortures ou morts en déportation. Ce monument pourrait être érigé – cela va de soi – au cœur de Paris et le poète pourrait écrire, paraphrasant le grand HUGO :

C'est pour ces morts dont l'ombre est ici bienvenue Que ce haut monument élevé dans les nues au-dessus de Paris la ville aux mille tours Un mur de noms que le soleil levant dore chaque jour. Ne méritent-ils pas ces hommes sublimes dans leur engagement, leur désintéressement et leur modestie, ce perpétuel hommage ?

J'aimerais m'en aller en sachant – leurs noms gravés dans la pierre – qu'ils resteront ainsi vivants à jamais dans la mémoire des hommes, que leur souvenir incitera ceux d'aujourd'hui et ceux de demain, inspirés par leur exemple, héritiers de leur sacrifice, à lutter sans défaillance pour la défense de la liberté toujours en sursis car toujours menacée par les tenants de la croix gammée et ses faisceaux romains, plus nombreux de par le monde qu'on ne le pense. Sachant, avec Georges SEFÉRIS, que "tant de choses nous ont passé devant les yeux que nos yeux n'ont rien vu, mais plus loin et en arrière flotte la mémoire", aidons cette mémoire à se manifester "chaque jour" au "soleil levant" à la vue de tous les hommes de bonne volonté. L'érection d'un monument pour se souvenir, un monument pour apprendre, un monument à utiliser comme une arme pour mener le plus noble des combats, celui de la liberté, c'est ce que je demande ici.

Jean SANITAS Ancien résistant, fils et frère de résistants morts en déportation


8 mars 2005 – Journée Internationale des Femmes.

Non à la régression du droit des femmes

Interview de Renée AVIGNON membre de l’Association Femmes Solidaires par Claude EVEN.

I.C En cette nouvelle année 2005, quelle est la question à votre avis qui préoccupe le plus les femmes ?

Renée : Je dirai leur statut de femme dans la société. Il y a un recul, une attaque contre nos acquis fondamentaux, entre autres, par exemple sur l’IVG.

I.C. : Avez-vous des exemples ?

Renée : Lors d’une manifestation récente et importante par le nombre des femmes présentes, le samedi 15 janvier 2005, à l’occasion du 30ème anniversaire de la loi VEIL autorisant l’interruption volontaire de grossesse, nous avons vu des pancartes rappelant la position de certains pays composant l’Union Européenne où les femmes de ces pays sont encore sous la coupe des interdits de la religion. Par exemple, avec les mots d’ordre suivants : En Pologne, Irlande, Portugal, Malte : droit à l’avortement

I.C. : Et en France ?

Renée : en France, il y a des tentatives – toujours au nom de la religion – pour remettre en cause notre droit à l’IVG. La vigilance s’impose depuis que l’intégrisme religieux relève la tête. De plus, la dégradation du service public de Santé, voire la privatisation galopante à marche forcée imposée par l’UE, les lits privés dans les hôpitaux publics, ne permettent plus d’intervenir dans les délais normaux. Par exemple, difficulté d’accès au droit à l’IVG , trois semaines en moyenne. On note aussi l’absence de campagne d’information sur la contraception de la part du gouvernement. La contraception, l’avortement, notre privilège doit être le DROIT de toutes les femmes dans tous les pays. En France, aussi, il faut nous battre pour conserver nos acquis ; nous l’avons fait en manifestant le 15 janvier.

I.C. : quelles sont les luttes urgentes que les femmes ont à mener ?

Renée : dans l’immédiat, faire prendre conscience aux femmes de l’urgence de prendre en mains leur avenir en défendant les droits acquis qui sont menacés et en participant aux manifestations de défense de leurs droits. Il est réconfortant d’observer que les étudiantes manifestent avec comme mot d’ordre : les étudiants s’engagent pour défendre l’avortement. Je terminerai par un tableau sur la situation de la femme à Cuba (Au fait Cuba est un pays socialiste !)

 

A CUBA

1997

2000

2003

Espérance de vie

 

 

78 ans

Dirigeantes

30 %

30,3%

35,5 %

Députées

27,6 %

27,65 %

35,5 %

Professionnelles, techniciennes

64,1 %

66,1 %

66,2 %

Accouchement

sous contrôle médical

 

 

100 %


Soirée de solidarité avec la Résistance Irakienne

La Résistance a besoin de notre soutien

Vendredi 28 janvier 2005 s’est tenue à Paris une soirée de solidarité avec la Résistance irakienne.

Dix personnalités sont intervenues au nom de la Résistance irakienne. Ces dernières ont montré que la résistance est un large front politique, social, national, qui organise la lutte du peuple irakien contre l’occupation du pays par les troupes impérialistes et contre les irakiens collaborateurs de l’occupant (armés et civils). La Résistance est apparue comme étant une force laïque, multiethnique, trans-partisane. Sont intervenus : une écrivaine, un kurde, des irakiens du Nord et du Sud, sunnites et chiites, deux communistes (anciens cadres, dissidents opposés à la direction du PCI), un baâthiste (ancien officier de l’armée, des nationalistes, deux intellectuels progressistes. L’un d’entre eux a rappelé qu’un des mots d’ordre les plus scandés dans la rue irakienne (popularisé par la Résistance) était : " La Sunna, la Chiaâ, El Bilad mahi lil biaâ " (une rime en arabe qui veut dire : Ni sunnites, ni chiites, le pays n’est pas à vendre !). Les formes de la résistance Les intervenants ont appelé à la vigilance pour repousser tout dénigrement des actions de la Résistance. Ils ont insisté pour dire que : La résistance est naturelle chez tous les peuples. C’est aussi un droit. Le peuple est en légitime défense. 100 000 Irakiens (selon l’ONG Lancet) ont été tués : le sang de chacun réclame justice. Et aujourd’hui, la justice en Irak ne peut se faire sans les armes ! La résistance peut gagner car la résistance rejoint la lutte pour la liberté. Plus de 200 000 mercenaires sont présents en Irak avec pour mission d’éliminer la population qui n’accepte pas l’occupation. De nombreuses villes sont interdites à l’ennemi ou insécurisées pour lui, y compris Bagdad. Ses pertes sont de plus en plus lourdes. Un cadre resté révolutionnaire du PC Irakien est intervenu pour dénoncer la trahison de la direction du PCI : "les dirigeants qui collaborent sont entrés avec les troupes d’occupation, sont financés par l’occupant, ils ne peuvent donc que servir l’occupation." Le combat que mène la Résistance est très difficile : c’est un combat contre le projet américano-sioniste de soumission et de contrôle des peuples et des richesses de toute la région du Moyen-Orient. C’est ce qui explique la prolongation et la permanence de présence massive des troupes d’occupation dans cette région, ainsi que la coordination objective et organique avec les forces de l’État d’Israël. Cette bataille concerne tous les peuples, européens compris : si l’impérialisme américain réussit, il s’attaquera à d’autres peuples pour poursuivre sa politique d’hégémonie mondiale. Si les États-Unis échouent, ce sera une victoire pour tous les peuples. Un vétéran communiste (engagé dans la Résistance) a appelé les forces progressistes à la solidarité avec le peuple irakien, en renouant avec ses traditions de lutte et de résistance contre le fascisme. Il a résumé l’optimisme et la détermination de la Résistance : "Irak meurtri, Irak déchiré, mais Irak libéré" ! Les participants se sont engagés à propager ces informations dans leurs organisations et à lutter contre la désinformation et les mensonges des médias capitalistes.

L’URCF prend et continuera de prendre une part active à cette solidarité anti-impérialiste.

 

IRAK / Elections

Le peuple Irakien n’est pas tombé dans le piège électoral

Plus de 100 000 irakiens ont été assassinés depuis l’invasion de leur pays par les armées anglo-américaines. Avec des pertes de plus en plus conséquentes, les agresseurs se trouvent pris à leur propre piège. Pour se sortir du guêpier dans lequel ils se sont placés, ils ont organisé une parodie d’élection pour donner une légitimité aux kollabos locaux afin que ces derniers puissent les suppléer.

Ces élections étaient totalement bidon et au mépris de la législation internationale : la Convention de Genève n’autorise pas les autorités d’occupation à organiser des élections ; de plus, le Code électoral irakien a été modifié selon les desiderata de l’agresseur. La population des secteurs à majorité sunnite (secteurs les plus peuplés d’Irak) a voté à hauteur de 2 % ; par contre 100 000 pèlerins iraniens ont pu voter. Les registres de l’État civil ont été brûlés pour empêcher toute contestation. De plus, la commission électorale (nommée par les américains) censée surveiller les élections siégeait en Jordanie. Cette élection, qu’une grande majorité de journalistes a qualifiée (toute honte bue) "comme la plus démocratique depuis des dizaines d’années" avait la particularité de présenter des listes sans nom de candidats. Ils étaient censés appartenir aux 275 partis formés et financés par l’occupant. Les élections avaient aussi pour objectif d’amplifier la partition de l’Irak, en s’appuyant au Nord sur les Kurdes pro-américains, et au Sud sur les intégristes chiites, tout cela pour encercler les sunnites. La Résistance continue ses actions, y compris le jour même des élections ; car les forces démocratiques et patriotiques irakiennes savent qu’il n’y aura pas de liberté nationale et de progrès social, sans chasser l’envahisseur. La Résistance annonce que ses actions ne doivent pas être confondues avec les projets politiques islamiques obscurantistes, ni avec ceux attribués au fantôme de ZARKAOUI créé de toutes pièces pour couvrir et justifier les crimes des terroristes états-uniens. Plus de 200 000 mercenaires sont présents en Irak avec pour mission d’éliminer ceux qui n’acceptent pas l’occupation. Ainsi, il est facile d’organiser des attentats terroristes qui touchent la population et discréditent la Résistance. Les proches du pouvoir irakien se présentent de plus en plus souvent cagoulés, en raison de l’insécurité qui règne pour eux et les anglo-américains et qui gagne chaque jour du terrain ! Aujourd’hui la Résistance est en train de passer à la vitesse supérieure, sur le terrain elle est de plus en plus à l’initiative des combats. Quant aux dirigeants du PC irakien qui sont englués dans la politique de collaboration avec les forces d’occupation, la plupart des militants les ont quitté et ont rejoint la Résistance nationale, civile et armée, ils travaillent ainsi à restituer au communisme irakien son honneur et sa glorieuse histoire. L’URCF appelle ses amis et camarades à soutenir activement la lutte du peuple irakien !


Le nazisme au service du capital

Pour le 60ème anniversaire de la défaite du fascisme allemand, les cérémonies officielles tenteront une fois de plus d’occulter le caractère de classe de la 2ème Guerre Mondiale. Malheureusement, elles trouveront un large écho du fait de la faiblesse de la voix de ceux qui sont porteurs ou continuateurs de la mémoire ouvrière, de l’endoctrinement de l’école bourgeoise qui consiste à nier la spécificité du nazisme et à le relier au concept de " totalitarisme ", afin de l’assimiler à son ennemi mortel, le communisme. L’URCF et IC vont contribuer à faire de cet anniversaire un grand moment de lutte et de prise de conscience pour que les travailleurs reprennent le flambeau de l’antifascisme

Il faut, en premier lieu, adopter une approche matérialiste de l’Histoire qui analyse les faits sociaux par rapport à la lutte de classe ; sinon, on risque d’expliquer la prise du pouvoir d’Hitler par son seul "charisme", son habileté de dresseur de foules, et à faire reposer sur l’esprit d’un ou plusieurs individus tout ce qui s’est passé pendant son règne. La 2ème Guerre Mondiale commence comme une guerre de repartage du monde entre puissances impérialistes rivales. A la suite d’une grande crise (la crise de 1929) au cours de laquelle la concentration du capital s’est accentuée. Il s’agit en même temps de détruire le premier État socialiste et le mouvement ouvrier qui sont très puissants et menacent la survie du système d’exploitation. L’Allemagne, ayant subi le joug du traité de Versailles, et la crise ayant frappé les masses populaires de façon très aiguë, les capitalistes augmentent le taux d’exploitation en allongeant la journée de travail. D’immenses cartels se sont constitués, comme l’IG Farben qui emploie en 1929 120 000 ouvriers et développe déjà des liens avec les trusts américains (Standard Oil, Dupont de Nemours). La situation politique intérieure est particulièrement tendue. La Bourgeoisie se trouve face à un mouvement social de grande ampleur et à un Parti Communiste puissant. Alors que la misère est le lot quotidien des masses, des scandales financiers impliquant des membres du Gouvernement éclatent. Le NSDAP (Le parti national-socialiste ouvrier allemand, en fait parti nazi-fasciste) se fait de façon démagogique le porte-parole de la colère du peuple, notamment avec le slogan "ça ne peut plus durer comme ça". Il calque ses méthodes de propagande sur celles du KPD (Parti communiste d’Allemagne) et propose un programme destiné à tromper les ouvriers et les couches populaires : "annulation des dettes des paysans et fixation de prix rémunérateurs, du travail pour les ouvriers avec des salaires suffisants". Dans le programme initial figuraient même la nationalisation des trusts, la réforme agraire (redistribution des grands domaines aux petits paysans) sans indemnisation. Mais en 1927, il sera remanié pour exalter la propriété privée. La démagogie anti-capitaliste du début cède la place à l’antisémitisme, ou, pour reprendre l’expression de BEBEL, "le socialisme des imbéciles". La composition sociale du parti nazi montre qu’il compte dans ses rangs nombre d’exploiteurs. Les fascistes sont avant tout au service du grand capital et doivent se préparer à la gestion des affaires des monopoles et leur démagogie socialisante (HITLER s’est affirmé socialiste !) dissimule mal leur position de classe pro-bourgeoise. Le 14 avril 1930, la fraction parlementaire du NSDAP dépose une loi permettant la nationalisation des banques. C’est HITLER qui intervient pour la faire retirer. Les nazis lièrent leurs votes aux réactionnaires et aux sociaux-démocrates pour refuser les propositions de loi déposées par le KPD visant à soulager la misère du peuple et à faire payer les nantis (taxation des profits, aides aux chômeurs, impôts sur les fortunes …) et au contraire se prononcèrent pour des baisses d’impôt sur le capital. Les nazis se feront les défenseurs du capitalisme national, opposé au capitalisme international qu’ils présentent comme le responsable des malheurs du pays. Bien entendu, les monopoles ont joué le rôle essentiel dans la construction du régime fasciste, en finançant le parti et en payant ses campagnes électorales. En 1931, le syndicat patronal des charbons de la Ruhr ayant à sa tête KINDORF lui offrit 50 pfennig par tonne de charbon vendue, soit près de 60 millions de reichsmark par an. THYSSEN donna 3 millions pour les candidats nazis aux élections. Mais il n’y eut pas que le capital allemand qui était intéressé par la carte HITLER. Un large financement de l’industrie de guerre allemand est venu de banques et de monopoles étrangers, comme la Standard Oil et surtout la fameuse Union Banking Company, dirigée entre autres par Prescott BUSH, le grand-père de l’actuel président des USA. Avec son beau-père Georges H. WALKER et en compagnie de Fritz THYSSEN, il finança HITLER y compris pendant la guerre. Outre les profits qu’ils pouvaient espérer de l’industrie de guerre, leur intérêt était évidemment de pousser l’Allemagne à agresser l’Union Soviétique. HITLER arriva au pouvoir en 1933 et les travailleurs purent juger du sérieux de ses discours. De nombreux chantiers d’infrastructures nécessaires au pays et à la vie quotidienne furent abandonnés au profit de l’industrie de guerre. La répression patronale ne connut plus de limite et les organisations ouvrières et social-démocrates furent interdites et leurs membres et dirigeants assassinés ou déportés. La vie quotidienne devint impossible et peut être comparée à celle qu’allait connaître la France sous l’occupation : diminution de la ration alimentaire, constituée d’ersatz de pain, de café et ceux d’autres produits de base introuvables, dégradation du système de santé, insécurité liée à la montée de la criminalité, de la corruption des policiers et du fait qu’ils étaient essentiellement affairés à réprimer toute opposition politique. Les promesses faites à la jeunesse de voyager, d’avoir sa propre automobile, bref de mener la belle vie, laissèrent place à l’embrigadement militaire et aux "voyages" sur le front. Le régime put tenir d’abord par la répression des dirigeants ouvriers et par une habile propagande détournant les masses de leurs véritables oppresseurs et désignant à leur vindicte les communistes, les juifs et les étrangers. Le fascisme consiste en la suppression de tout droit démocratique et HITLER ne prit pas le risque de remettre son mandat devant les électeurs. La militarisation de l’économie a pu donner l’illusion d’une amélioration du niveau de vie pour certaines couches de la population, mais la logique de guerre a vite fait de détruire l’illusion de "l’empire construit pour mille ans", qui s’effondra sous les coups de la Résistance et de l’armée soviétique.


RUSSIE :

POUTINE LIQUIDE LES ACQUIS DES BÂTISSEURS DU SOCIALISME !

La contre-révolution bourgeoise ayant liquidé la propriété sociale, démantelé les kolkhozes, franchit une étape ultérieure et s’attaque frontalement à la génération des constructeurs du socialisme et des vainqueurs de Stalingrad. Depuis le 1er janvier, le Président POUTINE a décidé de supprimer des allocations et pensions pour 34 millions de citoyens : anciens combattants, handicapés de guerre ou non, retraités. Ces allocations diverses accordées par le pouvoir socialiste et soviétique concernent la gratuité des transports en commun, l’accès aux soins médicaux jusqu’alors pris en charge par l’État. À la place de ces aides matérielles, de nouvelles "aides" accordent 7,5 dollars mensuels. C’est une politique de paupérisation massive de la population qui a travaillé l’essentiel de son temps d’activité sous le socialisme. Une vague de mécontentement sans précédent a déferlé dans toutes les grandes villes de Russie : 10 000 manifestants à Petersbourg (Leningrad) à l’appel des syndicats et notamment du Parti Communiste Ouvrier de Russie (PCOR), 7 000 manifestants à Moscou, des dizaines de milliers dans toute la Russie centrale à l’appel des Partis marxistes-léninistes et même du parti révisionniste PCFR. Notons que les organisations des Jeunesses communistes défilent aux côtés de leurs aînés. Occupations de bâtiments publics, affrontements avec la police, piquets de lutte sont, entre autres, les formes de combats adoptées. La lutte a remporté un premier succès significatif : POUTINE a dû reculer et augmenter du double les allocations initiales. Cependant, la lutte continue pour l’abrogation du décret présidentiel et le maintien des acquis pour les vétérans. Lutte qui est aussi reliée au combat contre les privatisations, qu’elles soient sous forme d’actionnariat ou de propriété des oligarques d’État type Gazprom. L’URCF exprime sa solidarité de classe à l’égard des travailleurs et pensionnés de Russie, qui montrent, que formés à l’école soviétique, ils sauront faire preuve de l’abnégation et du courage nécessaires pour vaincre !