
TOUT POUR LA VICTOIRE DU NON !...
Un vent de panique souffle parmi les auteurs et promoteurs de la construction européenne, depuis que les sondages donnent le NON majoritaire en France. De larges secteurs de la population font de plus en plus le lien entre les directives de Bruxelles et la situation sociale invivable, les régressions du pouvoir d’achat, des libertés démocratiques, le démantèlement des services publics, de l’emploi, des retraites. Dès lors, les politiciens partisans du OUI multiplient les mensonges et les menaces. Ce faisant, ils contribuent involontairement à éclairer les hésitants et abstentionnistes sur leurs intérêts de classe et sur le caractère réactionnaire de ce Traité constitutionnel. La mobilisation pour le NON ne fait que grandir.
En faisant gagner le NON, les travailleurs, retraités, jeunes, démocrates, ont une occasion rarement vue depuis des dizaines d’années, de battre la bourgeoisie et ses représentants, de désorganiser son système de domination fondé sur l’alternance PS/ satellites et UMP/UDF et de montrer que celle-ci est minoritaire dans le pays. L’objectif aussi est de renforcer les luttes et d’arracher à un pouvoir affaibli d’importantes concessions. Face au succès de la manifestation du 10 mars dans laquelle le NON était porté par la plupart des participants, le gouvernement a déjà dû lâcher un peu de lest sur les salaires, même si le compte n’y est pas. La privatisation de GDF est remise à plus tard (après le référendum, bien sûr). Cela préfigure ce qui pourra être obtenu si la Constitution est rejetée. En premier lieu, la victoire du NON redonnera confiance aux travailleurs dans leurs propres forces et constituera un solide point d’appui à leurs luttes. C’est que le NON prend le contre-pied de la stratégie des bureaucraties syndicales acquises à la défense de «notre» compétitivité et à la construction de l’UE à laquelle elles sont liés organiquement et financièrement (par la CES). Au fur et à mesure que les travailleurs verront clair dans les liens entre les directions syndicales réformistes et le MEDEF pour soumettre le monde du travail au capital, se posera avec force la question de la démission de ces personnages, du retour au syndicalisme de lutte de classe et de masse et de la rupture avec la CES. La crise politique qui se profile affecte tous les partis représentant les intérêts de la bourgeoisie. Le NON gagne du terrain aussi bien au PS qu’à l’UMP. Vont être mis en porte-à-faux ces appareils qui détiennent la majorité des mandats électifs mais vont devenir minoritaires par rapport à la volonté populaire. Bien sûr, la bourgeoisie tentera alors de s’appuyer sur la gauche réformiste; mais quelle crédibilité auront ceux qui veulent ressusciter la gauche plurielle alors que la social-démocratie de droite (HOLLANDE) fait consensus avec CHIRAC et le MEDEF ? Les travailleurs savent cependant ce qu’ils expriment avec leur NON et ils n’entendent pas qu’on leur resserve la même politique sous une forme différente. L’accueil fait partout aux militants de l’URCF, l’intérêt pour leurs tracts et leur journal, l’enthousiasme et l’espoir suscités par la campagne unitaire des communistes marxistes-léninistes pour le NON anticapitaliste, anti-impérialiste, internationaliste et anti-guerre, montrent la possibilité de rassembler sur une base anti-capitaliste. Le positionnement par rapport à la Constitution européenne totalitaire et liberticide devient une des lignes de démarcation entre le camp de la bourgeoisie et celui du travail. Le rejet du projet constitutionnel doit rassembler les démocrates aussi contre le renforcement des corps de répression européens. Les accords de Schengen organisent l’exploitation et la répression des immigrés, le développement des systèmes de surveillance et de fichage de la population, la coopération des polices dans la poursuite des militants anticapitalistes, le développement de la biométrie restreignant la liberté de circuler et de travailler. La légalisation dans la future Constitution de la répression armée de toute émeute ou insurrection apparaît comme le recours possible à l’état d’exception que ne peuvent plus dissimuler les proclamations sur la liberté et le progrès. Défendre les droits démocratiques est indissociable des luttes sociales. Il en est de même sur le terrain de la lutte contre la guerre. L’Union Européenne a pour vocation de devenir une puissance militaire unifiée rivale des États-Unis dans sa politique d’expansion, de pillage des pays opprimés, de guerres de re-colonisation. En affirmant sa soumission à l’OTAN et en obligeant les États membres à participer aux aventures militaires afin d’étendre ses intérêts dans le monde, la Constitution porte en elle la guerre, y compris à l’intérieur des frontières de l’Union. L’UE a déjà à son actif un conflit en Europe et le démembrement d’un État souverain : la Yougoslavie. L’UE est le principal partenaire commercial d’Israël, et par ce fait un de ses principaux soutiens. La future armée européenne équipée des armes les plus modernes engloutira des sommes colossales qui manqueront aux budgets sociaux et qui brisera la vie de milliers de jeunes en même temps qu’elle répandra dans le monde entier le feu et le sang. Un NON victorieux en France, première puissance militaire de l’UE, frapperait au cœur l’impérialisme et ferait grandir l’exigence du respect de l’indépendance des nations et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La campagne doit encore gagner en ampleur, dans les villages, les cités populaires, les marchés, les entreprises, afin de convaincre les éventuels abstentionnistes. Le meeting unitaire du 5 mai à Paris rencontre un large écho, il sera l’occasion de porter haut et fort le NON progressiste et internationaliste. Dans les jours à venir, dans toutes nos actions militantes, faisons grandir le mot d’ordre «le NON pour gagner !»
FORUM
"ACCUSONS LE CAPITALISME",
UN VRAI SUCCÈS
Le 12 mars, la seconde édition du forum anticapitaliste a été l’occasion d’un débat de qualité entre militants de plusieurs organisations communistes et syndicales. Le collectif «militant communiste» l’association de Renaissance communiste de Paris (PRCF), la coordination communiste du Nord/Pas-de-Calais, l’URCF organisatrice, ont pris la parole aux côtés de divers militants associatifs. Étaient présents des représentants de Partis frères : PADS (Algérie), PC grec, PTB (Belgique), EMEP (Turquie). Le matin, la discussion a plus particulièrement porté sur les conséquences sociales des privatisations et des délocalisations, sur les résistances que la politique néo-libérale ne manque pas de susciter. Quelles leçons tirer de l’échec de 2003 où malgré la mobilisation, la loi FILLON sur les retraites a été adoptée ? Les divers intervenants ont mis l’accent sur la nécessité du "tous ensemble et en même temps" ! sur la grève générale reconductible. Une telle action se prépare en s’appuyant sur les alliances de classe nécessaires, la création de comités larges regroupant les travailleurs sans distinction d’appartenance politique, syndicale, centrés sur la défense des services publics, veillant à associer usagers et salariés de l’entreprise; de comités contre les délocalisations. La question de la renaissance du syndicalisme de lutte de classes est venue en discussion. Beaucoup se sont réjouis du NON majoritaire de la CGT au projet de Constitution européenne, ce qui constitue un coup de frein à la mutation réformiste de cette centrale. D’autres (CGT-E) ont fait part de leur expérience après leur expulsion des rangs de la CGT. L’URCF estime que le primat du combat, c’est le contenu de classe et non la forme (appartenance) : tous les syndicalistes de classe et de masse de la CGT, de SUD, de la FSU, d’associations de combat syndical doivent se retrouver aux avants-postes des énergies militantes, principalement à la base. En fin de matinée, l’association «Racines Cubaines» a exalté le bilan du pouvoir révolutionnaire à Cuba. L’après-midi, le débat était consacré à la lutte contre l’Europe capitaliste dont tous les participants ont dénoncé le caractère de classe bourgeois, impérialiste, antisocial. Les thèses de LÉNINE sur l’Europe unie "réactionnaire" ou "impossible" trouvent confirmation, puisque l’UE s’avère un instrument aux mains des divers États impérialistes coalisés pour durcir toujours plus les conditions d’exploitation capitaliste. L’UE forte des traditions colonialistes et bellicistes des impérialismes français, allemand , britannique, belge, … constituerait, avec une armée unie ou coalisée dans le cadre de l’OTAN une lourde menace pour la paix mondiale. Les participants ont appelé "à tout faire pour la victoire du NON" au référendum. L’enjeu de classe est décisif : il faut consolider l’alliance objective de tout le camp du NON, en isolant les fascistes ou autres réactionnaires qui veulent une Europe raciste, chauvine sous direction de l’impérialisme français, tout en approuvant la politique néo-libérale de l’UE. A cet égard, le Forum a contribué à resserrer les rangs des communistes. L’URCF a rappelé que chaque groupe conduit sa politique en toute indépendance, mais que l’unité d’action est nécessaire pour que les militants apprennent à combattre côte à côte. L’URCF a proposé que les organisations aient une structure de dialogue et de luttes communes permanente, sur une base égalitaire et le respect de l’indépendance de chaque groupe ou parti.
TRAITE CONSTITUTIONNEL : TOUJOURS MOINS DE DROITS SOCIAUX !
L’un des arguments les plus avancés par les partisans du OUI consiste à dire que toutes les centrales syndicales sauf trois appuient le texte constitutionnel. La Confédération européenne des syndicats (CES) salue les «avancées sociales» contenues dans le projet concocté sous la direction de Giscard. Cette presque unanimité est révélatrice du rôle des bureaucraties réformistes comme soutien aux intérêts impérialistes dont elles touchent quelques dividendes. Signalons aussi que les trois centrales opposantes sont françaises : CGT, FSU, FO qui, à des degrés divers, ont exprimé des désaccords sur le contenu du projet notamment sur la dimension sociale (ou plutôt son absence).
Voyons quelles sont les propositions du texte :
«L’UE combat l’exclusion sociale et les discriminations et promeut (…) l’égalité entre les femmes et les hommes».(art.1-3)
La réalité est passablement différente : dans tous les États de l’UE, les salaires des femmes à travail égal sont inférieurs de 30%, les discriminations à l’embauche et aux promotions persistent. Un seul secteur assure cette égalité : la fonction publique que précisément l’UE veut détruire par l’ouverture au capital et les privatisations. Pire, de nombreux droits des femmes ont été supprimés par l’UE au nom d’une conception dévoyée de l’égalité : la directive 76/207 a levé l’interdiction du travail de nuit des femmes dans les usines.
«L’UE promeut la justice et la protection sociale, (…) la solidarité entre les générations et la protection des droits de l’enfant» (art. 1- 3).
Prenons la France : la solidarité intergénérationnelle est mise à mal par une autre réforme FILLON (celle sur les retraites) qui prépare progressivement le passage de la retraite par répartition à la capitalisation individuelle. Quant à la protection sociale, le mensonge est tout aussi flagrant : la Commission européenne déclare «adapter les systèmes de protection y compris les systèmes de santé à la réduction des déficits».
«Tout citoyen a la liberté de chercher un emploi» (art. 2-75).
Dans la quasi totalité des Constitutions nationales, le droit à l’emploi était reconnu (certes formellement). Il reconnaissait les obligations de l’État vis-à-vis de ses citoyens. Ce droit est supprimé dans la future Constitution. A la place, on a le droit de chercher un travail («merci patron»). La liberté de travailler signifie que nul n’a d’obligations envers le travailleur. Un droit de plus pour les patrons !
«L’UE veut promouvoir une politique de main-d’œuvre qualifiée, susceptible de s’adapter» ( art. III- 27).
C’est justement au nom de cette «adaptation» que partout des mesures néo-libérales ont été prises, afin de faire de L’UE un champion de la flexibilité, de la précarité (en Europe, 40% des emplois créés sont des emplois précaires). Tout le projet tourne autour de l’objectif maintes fois réitéré :
«Maintenir la compétitivité de l’Union» (art. III-209).
Concernant la durée légale du temps de travail, le texte est cynique :
«tout travailleur a droit à une limitation de la durée maximale, c’est-à-dire des périodes de repos journalier et hebdomadaire» (art. III-91).
C’est précisément le cadre proposé par la loi MORANGE-NOVELLI qui va se traduire par une durée légale de 45 heures en France. En Europe, la durée maximale est portée à 65 heures dans certains États ! Où sont les avancées sociales «vues» par la CES, par exemple sur les licenciements : le texte écrit
« tout travailleur a droit à une protection contre tout licenciement injustifié »(art. 2-90)
Ce qui revient à reconnaître qu’il y a des licenciements «justifiés». C’est bien l’inscription dans la concurrence tous azimuts et son corollaire, les délocalisations. Le projet écarte tout moratoire (revendication bien timide), a fortiori l’interdiction de tout licenciement, mesure devenant illégale dans le cadre de ce projet ! Un droit fondamental est liquidé d’un trait de plume, le droit au logement. A la place est proposé
« le droit à une aide au logement » (art. 2-94).
En somme, le locataire doit trouver un logement en le payant en partie, l’argent public complétant le loyer. Là aussi, partage de la misère et aucune obligation pour le capital. Rien non plus sur la gratuité des transports pour les chômeurs ! Sur les services publics, on sait que les socialistes de droite (HOLLANDE en tête) assurent non sans vergogne et démagogie, que leur OUI est motivé par la «reconnaissance des services publics» ! Mensonges, d’autant que c’est le gouvernement JOSPIN qui a le plus privatisé dans ce pays ! Le texte n’évoque nullement le secteur public. Sont évoqués les services d’intérêt économique général (SIEG). Les SIEG ne peuvent exister en tant que tels que si des entreprises privées n’assurent pas ce service. De plus, la Constitution refuse toute situation de monopole public puisque la concurrence est un principe obligatoire. Dès lors, les services publics sont amenés à s’ouvrir aux capitaux privés et à des appels d’offres concurrentes. C’est la voie du démantèlement du service public comme le montrent, entre autres, les exemples de France Télécom, d’Air-France et demain de l’EDF. Un service public fonctionnant avec des critères de non rentabilité marchande (satisfaction des besoins) ne peut évidemment survivre à la concurrence d’un prestataire privé qui, n’ayant jamais investi dans l’équipement et la production, va utiliser ces derniers (financés par l’argent public) pour faire un véritable dumping des tarifs sans maintenance ni qualité équivalentes. C’est un vol et un détournement d’entreprises publiques, opérés pour le profit des spéculateurs. HOLLANDE précise : «les SIEG, c’est service public dans le langage européen» (sic). Nouveau mensonge, puisque le Livre Blanc de l’UE écrit : «Les termes SIEG ne doivent pas être confondus avec l’expression «services publics» » (les guillemets sont de l’auteur du livre blanc) [Annexe 1]. Les travailleurs n’ont pas oublié les promesses du temps de Maastricht. Le bilan de la construction capitaliste de l’Europe est significatif : dans L’UE, comparativement au XXème siècle, on travaille plus longtemps dans la semaine, on part en retraite plus tard, les salaires sont bloqués, on paye plus cher des médicaments toujours moins remboursés, les statuts et CDI deviennent l’exception, les missions de services publics sont dans les mains des oligarques financiers. Le 29 mai, nous saurons tous traduire notre colère et utiliser le NON pour gagner !
Le permis de tuer constitutionnalisé!
L'article II-2 de la Charte des droits fondamentaux contenu dans le projet de Traité constitutionnel dit en substance : "toute personne a droit à la vie. Nul ne peut être condamné à la peine de mort et exécuté (…)". Superbe déclaration mais brutalement démentie par la suite :"la mort n'est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans le cas où elle résulterait d'un recours à la force rendu absolument nécessaire (…) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection."
Ainsi, lorsqu’un manifestant sera tué – comme lorsque la police italienne tua un altermondialiste à Gènes en 2002 – cela deviendra légal. Par dizaine de millions, les citoyens de l'UE connaissent la discrimination, le chômage, la misère, la précarité dans tous les domaines de la vie. Les peuples des pays membres de l'UE vivent une agression permanente. La Constitution européenne croit pouvoir, en suscitant la peur par l'oppression, empêcher toute rébellion. Quel extraordinaire contraste avec les révolutionnaires français du dix-huitième siècle dont la déclaration des Droits de l'Homme de 1793 dit à son article 33 "La résistance à l'oppression est la conséquence des autres droits de l'homme." A l’article 35 : « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » Cette résistance au recul de société que veut imposer la grande bourgeoisie, existe d'ores et déjà. Elle s'exprime à travers des actions, des manifestations syndicales ou autres (occupation des bureaux de poste, occupation des usines en passe d'être délocalisées ou privatisées, interpellation des élus…), par le rejet des institutions européennes. La Constitution envisage l'encadrement légal des mécontentements. Elle considère comme des actes terroristes "la capture illicite d'installations étatiques ou gouvernementales de moyens de transport public, d'infrastructures, de lieux publics, de biens ou les dommages qui leur sont occasionnés". Les acteurs de la lutte des classes sont clairement désignés comme des terroristes potentiels, alors que le véritable terrorisme est celui que la classe bourgeoise minoritaire exerce sur la classe ouvrière et la majorité de la population. En rejetant le Traité constitutionnel, en faisant triompher le NON, nous montrerons aux faiseurs de misère et aux marchands de mort que les souhaits des sans-culotte de 1793 ne sont pas tombés dans les oubliettes de l'Histoire.
Salaires public/privé : le compte n’y est pas !
Il y a encore un mois, le gouvernement disait impossible toute augmentation de salaires. Une mobilisation importante des salariés a fait revoir sa copie à l’État capitaliste.
Le grand capital n’a qu’une politique, celle qui lui assure profit maximum et pérennisation du système. L’État au service des monopoles vise à créer les conditions de l’obtention de ce sur-profit. Le néolibéralisme fait payer la crise aux travailleurs à un degré de surexploitation jamais atteint ; il veut dégager le sur-profit (à court terme voire immédiat) par l’accroissement du taux de profit et la baisse de cette part variable que constitue le salaire. Dans la Fonction Publique, en 4 ans, le pouvoir d’achat a perdu 6% soit un mois à un mois et demi de salaire selon la catégorie. Le traitement brut de début de la catégorie B est à peine supérieur de 5 % au SMIC ! Le gouvernement, qui vient de céder 1,8%, est loin du compte. Nous devons casser les idées reçues : la part de la Fonction Publique dans le PIB est passée, en 20 ans, de 27 % à 17%. Et encore, n’oublions pas que les budgets de l’appareil répressif d’État (armée, police, gendarmerie), eux, n’ont pas cessé d’augmenter. Dans le privé, la réponse du gouvernement (à la satisfaction du MEDEF) se limite à renvoyer la question des salaires à chaque entreprise, d’où l’action nécessaire des syndicats pour contraindre le patronat à négocier nationalement sur les salaires. Le gouvernement propose d’aller plus loin dans l’intéressement et la capitalisation, au lieu d’augmenter les salaires. D’une part, le recours massif à l’actionnariat des salariés dans les pays impérialistes lie les personnels actionnaires aux résultats de «leur» entreprise. Se diffuse ainsi une mentalité petite-bourgeoise dans la classe ouvrière qui retarde la prise de conscience et peut créer des illusions sur le système capitaliste. D’autre part, l’actionnariat salarié fait dépendre la rémunération, comme le patrimoine, de la situation des marchés financiers, sans garanties dans la préservation de la valeur de leur épargne. Les salariés cumulent ainsi le risque de perte de leur épargne avec celui de la perte de leur emploi. Les salaires du privé n’ont pas suivi l’inflation et les inégalités y sont très grandes. Sans oublier les ponctions 2005 supplémentaires sur les travailleurs (retraite, assurance-maladie, etc.) d’environ 4 Milliards d’€ pour les ménages contre 2 Milliards sur les entreprises. Les revenus des grands patrons ont encore explosé : +10% en moyenne pour varier entre 6 et 20 millions d’€ annuels. Les serviteurs zélés de l’État se remplissent aussi les poches : 2,352 millions d’€ dans le porte-monnaie de Thierry BRETON pour son départ de France Télécom et son arrivée au Ministère des Finances, 5000 € d’augmentation en moyenne pour les Directeurs des services fiscaux… On le voit, les capitalistes s’enrichissent des richesses créées par les travailleurs. Seul le rapport de force peut contraindre le patronat et le gouvernement à restituer une partie de ce vol. Après la mobilisation du 10 mars, le compte n’y est pas ! Contre l’offensive du Capital, il faut opposer une force supérieure ; tous unis, les travailleurs peuvent faire reculer le pouvoir. La convergence dans les luttes et la grève nationale interprofessionnelle sont la voie de l’avenir. La victoire du NON au référendum sur la Constitution européenne infligerait aussi une défaite aux forces du capital. Nous vivons bien une contradiction fondamentale entre les possibilités objectives de satisfaire tous les besoins de la population et l’incapacité historique du capitalisme à satisfaire ces besoins. Cette contradiction s’aiguise toujours plus. Seule la prise révolutionnaire du pouvoir d’État et la construction du socialisme résoudra cette totale aberration du capitalisme.
l’Union européenne, c’est la guerre
Il est caractéristique que depuis quelques années, chaque fois que l’on nous parle de «démocratie», «d’État de droit», on nous rajoute toujours la nécessité d’une armée ! Le Traité constitutionnel ne faillit pas à ce rituel. Et plus encore par son contenu «néo-libéral», il fait le lien entre étape actuelle du développement de l’impérialisme et de ses contradictions et militarisation renforcée de la vie sociale.
L’impérialisme français, deuxième exportateur d’armes derrière les États-Unis, compte bien tirer les marrons du feu d’une politique découlant de l’application du Traité : obligation est faite, de facto, à chaque État d’augmenter son budget militaire pour s’équiper et participer à la création d’une force militaire intégrée dans… l’OTAN, qui est la référence explicitement citée. Ce qui implique deux choses. La première, c’est que cela va renforcer le contrôle militaire des États-Unis sur les politiques de défense des pays européens, et en deuxième lieu que les soldats de l’UE seront mis à contribution sur le terrain et serviront de chair à canon chaque fois que des opérations militaires de l’OTAN seront engagées. Ce que confirme le fait qu’il est écrit que la politique de défense mise en place ne saurait entrer en contradiction avec les engagements pris par les États membres de l’OTAN vis-à-vis de cette organisation. Cette politique est dangereuse pour la paix, comme pour l’indépendance des peuples. Car le Traité engage les États membres à lutter contre le «terrorisme» (le terrorisme est au bout du compte la contestation politique de l’impérialisme), ce qui, par les temps qui courent, inscrit l’objectif dans celui des États-Unis. Il fait plus, puisqu’il prévoit dans l’article I- 43/a «de prévenir la menace terroriste sur le territoire des États membres et de protéger les institutions démocratiques et la population civile d’une éventuelle attaque terroriste». De la même manière, le Traité fait référence «aux valeurs communes» des États de l’UE. Parmi celles-ci, celle qui imprime son contenu de classe, la reconnaissance de «l’économie concurrentielle», lire «le capitalisme» (ce que même les statuts de l’OTAN de 1949 ne proclamaient pas, mais qui y a été introduit en 1999). Or la politique de défense esquissée par le Traité repose sur les valeurs communes et leur défense dans le cas où elles seraient menacées ! Par conséquent voilà un texte «Constitutionnel» qui prévoit une intervention militaire (mettons les points sur les i) contre tout pays membre qui déciderait de mettre en cause, même partiellement, le capitalisme. Même partiellement, car plusieurs articles manient la démagogie. Ainsi l’article II-81/1 sur les discriminations interdit toute discrimination liée à la fortune. Ce qui signifie en clair, qu’une loi dans un État taxant les profits, établissant un impôt sur la fortune, voire rétablissant une véritable proportionnalité sur l’impôt sur le revenu, pourrait servir de prétexte, en cas de crise, à une interprétation de «la violation des valeurs communes». Par conséquent, le Traité Constitutionnel, loin de garantir la paix entre les États membres n’empêche nullement les contradictions inter-impérialistes. Par l’intermédiaire de l’OTAN, dont l’existence et la politique sont sanctifiées au même titre que le capitalisme et sa politique actuelle (dite néo-libérale), il satisfait les tenants de l’hégémonie états-unienne tout en laissant la possibilité d’une armée européenne (bloc germano-français). Bien entendu, l’UE ne menace pas la paix mondiale uniquement par ses contradictions internes. Alliance d’États impérialistes, elle intervient dans les affaires des États non-membres. Aujourd’hui, elle participe militairement, unie ou non, aux conflits suivants : Afghanistan, Irak, Côte d’Ivoire, Haïti, Yougoslavie-Kosovo. Sur l’Irak, la France, la RFA comme la Belgique, se sont opposées à BUSH. Mais dans le même temps, des compromis ont été trouvés dans le cadre de l’UE et de l’ONU qui permet aux agresseurs de garder la face et de ne pas se retrouver dans l’isolement total. Avec le Traité, si, par malheur, il était ratifié, le nouveau rôle imparti aux affaires étrangères permettrait de mettre les récalcitrants au pas plus facilement (et il est significatif que des commissaires aux affaires étrangères aient été d’abord secrétaires généraux de l’OTAN). Mais la mise sur pied d’une «défense commune» s’inscrit dans la volonté de disposer d’une force militaire capable d’écraser les mouvements de libération nationaux. Les menaces proférées par le Royaume-Uni et un commissaire européen contre le Zimbabwe sont significatives de cet objectif militaire de l’UE, celui de la reconquête coloniale sous des formes nouvelles! D’un autre côté, on voit bien comment UE et États-Unis s’ingèrent dans les affaires intérieures des États issus de l’URSS et comment ils s’inscrivent dans une politique d’isolement de la Russie bourgeoise visant à son démantèlement. Ce qui, de nouveau, nous plonge dans les risques de confrontations militaires. Le vote NON, le 29 mai, ne règlerait pas d’un coup de baguette magique ces questions fondamentales, à l’origine même de l ’ Union Européenne (Communauté Européenne de Défense repoussée en 1953), que sont pour les impérialistes les problèmes de prévention des révolutions socialistes, de maintien de leur zone d’influence y compris coloniales, de préparation d’affrontements meurtriers entre pays ou groupe de pays concurrents ! Mais dans les questions de la guerre et de la paix, il faut toujours prendre en compte les rapports de forces et les résistances populaires anti-guerres. Un NON victorieux le 29 mai sera donc une étape cruciale pour une première défaite du militarisme du bloc impérialiste européen et de l’OTAN.
Droit des femmes et Traité constitutionnel : La Régression
Que constatons-nous ? Eh bien, que les droits actuellement reconnus au bénéfice des femmes dans certains pays européens, ne le sont plus dans le Traité, exemples :
• le droit à la contraception
• le droit à l’avortement (Malte, Portugal répression sévère, Pologne : loi de 1993 – imposée par … l’église – restreint l’accès à l’avortement, résultat : 200 avortements officiels en 2003 pour environ 200 000 clandestins !). Ambiguïté, du «droit à la vie» reconnu «à toute personne», sans que la «personne» humaine ne soit par ailleurs définie juridiquement (article II- 62). Concession faite à certains États cléricaux, et qui sera utilisée par les opposants au droit à l’avortement.
• le droit à la santé alors que dans le même temps les services publics de santé sont démantelés
• le viol reconnu comme un crime en France, n’est pas mentionné comme tel dans le texte du Traité. • la parité aux postes électifs • le divorce n’est plus considéré comme un droit universel.
• De plus, le texte, sous couvert «d’égalité» n’annule pas l’autorisation du travail de nuit des femmes. • La «concurrence libre et non faussée» érigée en règle absolue, les travailleurs seront de plus en plus précarisés, notamment les femmes (55 % des emplois précaires) !!
• Absence de toute référence à la Laïcité. Il s’agit une fois de plus de remise en cause de nos acquis en donnant une place particulière et privilégiée aux Églises (article I-52), dont l’histoire montre qu’elles sont toujours en retrait sur les droits et liberté des femmes. Rappelez-vous en août 2004, à Lourdes, le Pape n’hésitait pas à demander aux femmes d’être «des sentinelles du silence» !
• Inscription de fait dans la féminisation de la pauvreté. En France, les femmes constituent 80% des travailleurs pauvres et 83% des retraités qui perçoivent une pension inférieure au minimum vieillesse. Constitution européenne, c’est la régression dans tous les domaines ! Le MEDEF vote OUI, l’intérêt des femmes est de voter NON !.
Le PS DANS L’ŒIL DU CYCLONE
Si, le Parti Socialiste a pu se sortir sans trop de problèmes des conséquences de ses désastreuses venues au pouvoir, il semble que la fracture référendaire qui ne cesse de s’élargir risque de le plonger dans une crise aiguë, voire l’implosion. La mutation de sa composition sociale (les « bobos»), son rôle de «soutien social du capitalisme» (LÉNINE) conduisent le PS au consensus avec la droite sur un projet constitutionnel réactionnaire : liberticide, anti-laïc, antisocial.
Malgré le vote interne des adhérents du PS l’année dernière, le divorce est patent entre l’électorat et la «majorité» des adhérents de ce parti. Cet écart entre aspirations du travail et gestion au service du capital sous couvert de tromperies est le propre du réformisme. La période du programme commun avec l’arrivée de MITTERRAND en 1981 l’illustre : promesses vite oubliées et instauration de la politique antisociale dictée par le capital dès 1982. Durant les décennies 80 et 90, le PS conduira une politique de destruction systématique des acquis sociaux, JOSPIN (1997/2002) gagnera le titre peu envié de champion des privatisations sous la Vème République ! En effet, la social-démocratie reste, pour l’ensemble du continent européen, un des principaux recours du capital monopoliste, ce qui se reflète dans la composition sociale de ce parti, où de grands bourgeois souvent dirigeants côtoient des militants d’origine modeste ! Les contradictions sont donc flagrantes, puisque ces couches populaires et moyennes qui s’identifiaient à lui jusqu’à présent, sont touchées fortement par les méfaits de la politique européenne : artisans commerçants , paysans moyens, cadres de PME d’industrie, du secteur public; enseignants, chercheurs, fonctionnaires. Ce qui n’est pas globalement le cas des catégories intermédiaires liées aux nouvelles technologies (informatique, ingénierie, finances, professions libérales) qui ne ressentent pas autant les effets de la crise ! La montée du NON dans le PS et surtout dans son électorat où il semble majoritaire aujourd’hui est le reflet d’un processus de différenciation en son sein. L’Internationale Communiste, en lançant l’appel au Front unique dans l’action avec les travailleurs des partis réformistes, a toujours voulu favoriser cette différenciation entre la base populaire et les chefs acquis au capital. L’important est moins la position réelle des chefs socialistes du NON mus par le carriérisme que la pression populaire qui les oblige à revoir leurs positions, eux tenants de Maastricht. A la révolte de la Creuse où le Parti Socialiste doit suivre les cortèges de ceux qui protestent contre la désertification totale des services publics, s’ajoutent les manifestations de Bretagne, du Midi ou de l’Ardèche contre les délocalisations, les fermetures d’entreprises, de services publics (poste, recettes des impôts etc..) les plans de licenciement que les manifestants relient à la politique de l’UE. Rappelons qu’à Guéret, alors que le maire socialiste de la ville (partisan du NON) se trouvait en tête de la manifestation, HOLLANDE et sa clique se sont fait huer et chahuter par la population en raison de la position officielle du PS sur le Traité constitutionnel ! L’argumentation fallacieuse des dirigeants socialistes, consistant à demander aux français de voter, non pas contre la politique du gouvernement RAFFARIN, mais pour le projet de Constitution européenne, sous-entend que l’opposition à CHIRAC-RAFFARIN serait à géométrie variable. C’est totalement faux ! Le faux moratoire observé sur les privatisations n’est que momentané en raison du référendum. La circulaire BOLKESTEIN ou celle sur le temps de travail hebdomadaire à 65 heures sont, pour le moment, mises en sourdine, mais elles ressortiront si le OUI l’emporte. N’est ce pas Jacques DELORS qui disait en 1992 «Votez OUI à Maastricht et nous ferons l’Europe sociale» ? Chacun peut mesurer le bilan ! Et cela, le Parti Socialiste ne peut le nier, sauf à se ridiculiser quand il affirme que «les services publics seront conservés voire développés si la Constitution est adoptée !». Au hit parade des plus gros mensonges dans la catégorie «nez qui s’allonge», citons Ségolène ROYALE déclarant : La concurrence libre et non faussée «cela veut dire que le travailleur polonais ne pourra pas venir travailler en France avec le salaire polonais» !!! Si le NON l’emporte, ce sera la défaite des dirigeants du PS qui se trouveront marginalisés. Une crise majeure frappera ce parti. Aux révolutionnaires de souligner les impasses du réformisme ! Dans tous les cas, nous assisterons à une recomposition politique du camp progressiste. Aux forces du NON de repousser toutes tentatives d’«amnistier» les sociaux-démocrates de droite (HOLLANDE, LANG et autres) qui par leur alliance avec CHIRAC, par la casse sociale, par leur défense constante du bloc impérialiste européen ont trompé les travailleurs.
1er MAI, JOURNEE DE LUTTES ET D'ACTION
Au 19ème siècle, aux États-Unis, le 1er mai correspondait à la date à laquelle se terminaient traditionnellement les contrats de travail et de location, le Moving Day, traduit par l'expression "May day, pay day, pack rags and rack" soit dit en français "1er mai, jour de paie, range tes fringues et déguerpis". La parole de la classe ouvrière traduit précisément les conditions de travail et de l'exploitation capitaliste. Le 1er mai 1886, une grève générale éclate, visant à obtenir la limitation à 8 heures de la journée de travail réclamée par les principaux syndicats ouvriers aux États-Unis. Le mouvement se radicalise, en particulier à Chicago, paralysant l'économie de la ville. Le patronat remplace les grévistes par des briseurs de grève (les «jaunes»), la loi martiale est proclamée, les tenants de l'ordre au service du capital se déchaînent et en ces premiers jours de mai la répression patronale et de l'appareil d'État bourgeois fut particulièrement sanglante, tuant grévistes et manifestants pacifiques. Huit représentants du mouvement ouvrier de Chicago furent arrêtés et malgré leur innocence, la justice de classe condamna deux d'entre eux à la prison à vie et condamna à mort les cinq autres. (l’un d’entre eux s’est suicidé dans sa cellule). Quatre de ces condamnés seront pendus le 11 novembre 1887. En 1889, à Paris, par solidarité, la Deuxième Internationale Socialiste proclame le 1er mai, fête internationale des travailleurs. Ces huit militants deviendront des martyrs reconnus par le mouvement ouvrier international. Le 1er mai symbolise dans le monde entier les luttes de classes contre l'exploiteur. En 1917, le peuple soviétique a montré l'exemple en instaurant le socialisme et en célébrant à cette date la solidarité internationaliste de tous les travailleurs.
Dalkia et la CGT où les ravages du réformisme
Un pape et un prince viennent, selon une expression consacrée, de quitter cette terre, l'un ayant suivi l'autre de près dans la mort. Que faut-il penser d'eux au-delà des mots utilisés pour les glorifier, en la circonstance, par des escouades de laudateurs patentés, qu'ils appartiennent aux arcanes multiples de l'Église catholique, apostolique et romaine ou aux médias aux mains du pouvoir et des puissants groupes financiers? Réponse. A tout seigneur (sans jeu de mots) tout honneur : traitons d'abord «sa Sainteté» Jean-Paul II. Le pape. Il s'est dit défenseur des droits de l'homme, mais il a condamné tous ceux qui, à travers le monde, se battent pour qu'ils soient respectés ; il a même dénié le droit à la parole aux évêques et aux théologiens en désaccord avec sa vision rétrograde des préceptes de l’Église. Plus encore, il a voué aux gémonies les prêtres solidaires des luttes populaires pour le pain et les libertés en Amérique du Sud. Il s'est dit soucieux des excès de l'ultralibéralisme , mais il a combattu bec et ongles le socialisme. Il a prêché contre la pauvreté de masse et la misère planétaire, mais, dans le même temps, il a sanctifié le système d'exploitation de l'homme par l'homme, responsable de cette pauvreté, de cette misère et fait dépenser des sommes faramineuses lors de ses voyages ! Tout à la dévotion vouée à Marie, (femme d'entre les femmes, selon lui), il a continué à refuser à ces dernières l'accès à l'égalité avec les hommes et la libre disposition de leur corps en condamnant, à leur encontre, le plaisir physique dans l'amour, la pratique de la contraception et, de l'interruption de grossesse. Souhaitant à tout un chacun l'accès aux soins, il a jeté l'anathème contre l'usage du préservatif, en dépit de la contamination et de la mort par le Sida de millions d'hommes, de femmes et d'enfants, notamment sur le continent africain. Non assistance de crime contre l'humanité en tout état de cause. Affichant un esprit de tolérance, il a méprisé les homosexuels qui en vivant dans le «stupre», incarnent le «mal». Se disant épris de justice, il a couvert par son silence, sinon de son autorité, les crimes pédophiles commis par nombre d'ecclésiastiques. Ainsi soit-il ! Et maintenant, au tour de «son Altesse sérénissime» Rainier III. Prince moderne et entreprenant, nous dit-on, il a fait des 200 hectares de la Principauté un petit paradis! Certes! Mais un paradis pour qui ? Pour les banques, bien sûr. L’un des plus petits États du monde n'en compte pas moins de 400 ! Et, aussi, pour les entreprises commerciales et industrielles qui y ont établi leur siège social pour profiter des fabuleux avantages financiers que leur a offert ce prince moderne et entreprenant. Qualificatifs dithyrambiques auxquels il faut ajouter "avisés" car, les avantages en question n'étant pas le pur fruit de sa générosité, il tirait personnellement (et substantiellement) avantage des … avantages précités. Sans compter les bénéfices que ce petit État d’opérette tire du blanchiment de l'argent sale de toutes les maffias de la planète. Ainsi soit-il ! Ou, plus exactement, ainsi en est-il réellement pour l'un et l'autre.
JEAN-PAUL II ET RAINIER III
Un pape et un prince viennent, selon une expression consacrée, de quitter cette terre, l'un ayant suivi l'autre de près dans la mort. Que faut-il penser d'eux au-delà des mots utilisés pour les glorifier, en la circonstance, par des escouades de laudateurs patentés, qu'ils appartiennent aux arcanes multiples de l'Église catholique, apostolique et romaine ou aux médias aux mains du pouvoir et des puissants groupes financiers? Réponse. A tout seigneur (sans jeu de mots) tout honneur : traitons d'abord «sa Sainteté» Jean-Paul II. Le pape. Il s'est dit défenseur des droits de l'homme, mais il a condamné tous ceux qui, à travers le monde, se battent pour qu'ils soient respectés ; il a même dénié le droit à la parole aux évêques et aux théologiens en désaccord avec sa vision rétrograde des préceptes de l’Église. Plus encore, il a voué aux gémonies les prêtres solidaires des luttes populaires pour le pain et les libertés en Amérique du Sud. Il s'est dit soucieux des excès de l'ultralibéralisme , mais il a combattu bec et ongles le socialisme. Il a prêché contre la pauvreté de masse et la misère planétaire, mais, dans le même temps, il a sanctifié le système d'exploitation de l'homme par l'homme, responsable de cette pauvreté, de cette misère et fait dépenser des sommes faramineuses lors de ses voyages ! Tout à la dévotion vouée à Marie, (femme d'entre les femmes, selon lui), il a continué à refuser à ces dernières l'accès à l'égalité avec les hommes et la libre disposition de leur corps en condamnant, à leur encontre, le plaisir physique dans l'amour, la pratique de la contraception et, de l'interruption de grossesse. Souhaitant à tout un chacun l'accès aux soins, il a jeté l'anathème contre l'usage du préservatif, en dépit de la contamination et de la mort par le Sida de millions d'hommes, de femmes et d'enfants, notamment sur le continent africain. Non assistance de crime contre l'humanité en tout état de cause. Affichant un esprit de tolérance, il a méprisé les homosexuels qui en vivant dans le «stupre», incarnent le «mal». Se disant épris de justice, il a couvert par son silence, sinon de son autorité, les crimes pédophiles commis par nombre d'ecclésiastiques. Ainsi soit-il ! Et maintenant, au tour de «son Altesse sérénissime» Rainier III. Prince moderne et entreprenant, nous dit-on, il a fait des 200 hectares de la Principauté un petit paradis! Certes! Mais un paradis pour qui ? Pour les banques, bien sûr. L’un des plus petits États du monde n'en compte pas moins de 400 ! Et, aussi, pour les entreprises commerciales et industrielles qui y ont établi leur siège social pour profiter des fabuleux avantages financiers que leur a offert ce prince moderne et entreprenant. Qualificatifs dithyrambiques auxquels il faut ajouter "avisés" car, les avantages en question n'étant pas le pur fruit de sa générosité, il tirait personnellement (et substantiellement) avantage des … avantages précités. Sans compter les bénéfices que ce petit État d’opérette tire du blanchiment de l'argent sale de toutes les maffias de la planète. Ainsi soit-il ! Ou, plus exactement, ainsi en est-il réellement pour l'un et l'autre.
Libérez les commandants des FARC Ricardo GONZALES et Simon TRINIDAD
Le peuple de Colombie mène un combat difficile contre un régime pourri par la corruption, la drogue et la vassalisation aux États-Unis. L’oligarchie de ce pays s’accroche désespérément à tout ce qui peut la sauver de la déroute face au développement des luttes populaires dans les villes et de la guérilla menée, depuis 45 ans, par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie. Le «Président» URIBE est un fasciste notoire dont les liaisons avec les narcotrafiquants sont patentes. Le «plan Colombie», sous le prétexte de lutter contre la cocaïne, permet aux militaires Yankees de participer à la guerre contre les FARC, avec l’aide des escadrons de la mort des paramilitaires. La Colombie est le pays où sont assassinés le plus de militants syndicaux, mais aussi le plus de paysans sans défense, particulièrement indiens. Les tentatives d’ouvrir des négociations de paix ont toutes échoué sous les gouvernements précédents, et URIBE n’a qu’un programme : la guerre contre son peuple. Face aux échecs répétés contre la guérilla et le mouvement populaire et démocratique, URIBE en liaison avec la CIA s’est donc livré à deux actes de piraterie internationale consécutifs. Il a fait enlever Simon TRINIDAG à Quito, avec la complicité du gouvernement équatorien, vendu aux États-Unis. Le commandant TRINIDAG a été extradé aux États-Unis au début de cette année dans un acte de déshonneur national d’URIBE. Le commandant Ricardo GONZALES, lui, a été enlevé à Caracas par les services colombiens et la CIA alors qu’il participait à une conférence de solidarité avec la révolution Bolivarienne du Venezuela, enlèvement qui a provoqué un incident diplomatique grave entre les deux pays, doublés par des accrochages à la frontière. Le Congrès du PC de Grèce a voté une résolution spéciale réclamant la libération de nos camarades. L’URCF joint sa voix à celle de tous ceux qui exigent la libération de Ricardo et Simon.
Vive les FARC et la révolution colombienne !
L’UNITÉ DES COMMUNISTES DANS UN SEUL PARTI
Un texte de Bruno MORAND, du Collectif « Militant Communiste »
Le PCF qui, au Congrès de Tours, s’était donné pour mission de conduire les luttes de la classe ouvrière vers la prise révolutionnaire du pouvoir et le socialisme a été emporté par le révisionnisme, et a achevé sa transformation irréversible en un parti social-démocrate. Au cours du dernier demi-siècle, de nombreux communistes se sont détachés de ce parti après avoir pris conscience à des degrés divers de sa transformation en parti bourgeois réformiste, et des nouvelles générations n’ont jamais rejoint ses rangs. Au cours de cette période, des cercles, des groupes, des organisations – dont certaines se sont déclarées « Parti » – se sont formés, avec la volonté de reprendre le drapeau abandonné par le PCF. Un certain nombre de ces organisations ont aujourd’hui disparu, quelques-unes ont résisté, d’autres se sont créées plus récemment, ce qui montre que le mouvement communiste marxiste-léniniste doit s’unifier, pour constituer une force politique capable d’acquérir la confiance des travailleurs, et de conduire leurs luttes dans la perspective révolutionnaire anti-capitaliste et socialiste. Tel est le constat. À partir de là, la question posée est : Comment, dans les conditions de l’existence de plusieurs organisations se réclamant du marxisme-léninisme, progresser vers un seul Parti ? A moins de considérer que SON Organisation, SON Parti, SON Cercle finira par s’imposer aux autres en attendant (ou en provoquant) leur disparition, ce qui serait suicidaire pour l’ensemble du mouvement, il n’y a pas d’autre voie que celle du processus d’unification. Il n’y en a pas d’autre, en dépit des «résistances d’organisation» compréhensibles certes, mais erronées et nuisibles concrètement au combat général de la classe ouvrière.
L’Unité, objectera-t-on ? Sur quoi ?
La base idéologique commune est connue : c’est le marxisme-léninisme. C’est une science, construite sur la base du matérialisme historique. Sa connaissance est nécessaire pour analyser des situations politiques passées ou présentes, en tirer des objectifs et des axes d’action politiques et appliquer la critique et l’autocritique. Elle permet quoi qu’il en soit de parler un langage commun. Qu’est-ce qui s’oppose alors à ceux qui possèdent ce langage de se parler pour définir les conditions d’entrée dans le processus d’unification qui, nous en sommes convaincus, finira par s’imposer ? Tout attentisme, tout retard est du temps perdu. C’est à partir de cette conviction que des militants marxistes-léninistes ont construit le Collectif Militant Communiste et publié le 1er mai 2002 un APPEL AUX COMMUNISTES : Surmonter les divisions pour combattre le capitalisme et l’impérialisme. Depuis cet appel, il est indéniable que des pas ont été faits dans la bonne direction. Des appels ou tracts communs ont été faits et distribués lors de l’agression américaine contre l’Irak, pour le boycott des élections parlementaires européennes de Juin 2003 (plate-forme commune signée par quatre organisations : le Collectif Militant Communiste, Communistes en Lutte, la Coordination Communiste du Nord/Pas-de-Calais et l’Union des Révolutionnaires Communistes de France. ) Le combat contre l’Union Européenne et en particulier la campagne pour la victoire du NON au référendum sur le Traité constitutionnel européen a renforcé la volonté unitaire d’action et son élargissement. Le Parti Communiste des Ouvriers de France et le Pôle de Renaissance Communiste de France, suite à un appel décidé le 15 janvier par le CMC, la CC du Nord/PdC, et de l’URCF, ont en effet répondu positivement à une proposition d’organiser ensemble un meeting dans le cadre de la campagne pour le NON, le 5 mai à Paris. Localement, des militants de différentes organisations apprennent à travailler ensemble. Ces initiatives communes montrent que l’union ponctuelle sur des objectifs politiques communs est possible. Mais il faut aller plus loin. Pourquoi ne serait-il pas possible de nous organiser pour construire ensemble une plate-forme politique commune définissant les axes d’une action convergente contre notre capitalisme impérialiste et l’impérialisme mondial ? Déjà, lors des rencontres communes destinées à réaliser l’unité d’action, nous avons pu vérifier des convergences (voire des identités) d’analyse sur des questions importantes comme la nature de l’UE, et les moyens de la combattre. Rien ne permet d’affirmer qu’il n’en est pas de même sur d’autres points. Le Collectif Militant Communiste et l’Union des Révolutionnaires Communistes de France ont, quant à eux, compris l’enjeu déterminant que représente pour la classe ouvrière l’unité politique des communistes. C’est pourquoi ils ont décidé de renforcer leurs liens dans plusieurs directions : sur le plan idéologique, d’abord, par l’approfondissement de la critique du révisionnisme et de ses manifestations dans l’histoire du mouvement ouvrier international et en France. Sur le plan politique ensuite, en échangeant nos analyses et en travaillant à unifier nos mots d’ordre stratégiques et tactiques. Et sur le plan organisationnel, enfin, en échangeant des articles dans nos publications, et en travaillant ensemble chaque fois que cela est possible, au plan national comme local.
L’URSS A SAUVÉ HUMANITÉ. Deuxième partie.
1941-1945 : LA GRANDE GUERRE PATRIOTIQUE DE L’URSS.
La nature de classe de la seconde guerre mondiale.
Le 22 juin 1941, l’Allemagne fasciste violait le pacte de non-agression et sans déclaration de guerre, 170 divisions de la wehrmacht soit 6 millions d’hommes envahissaient, bombardaient l’URSS. L’entrée dans le conflit de l’URSS accentuait les caractéristiques antifascistes d’une guerre mondiale commencée comme conflit inter-impérialiste. L’occupation de la quasi totalité des États d’Europe, leur vassalisation avec la complicité des bourgeoisies collaboratrices avait déjà en partie modifié le contenu de classe du conflit. L’URSS conduisait une guerre juste de libération. Dès lors le sort de l’humanité était lié à l’issue du combat de l’Armée Rouge. La contradiction principale dans le monde opposait les peuples et États démocratiques antifascistes et les États de l’axe fasciste. La stratégie communiste s’appuyait sur les enseignements du 7ème Congrès de l’Internationale Communiste. Stratégie qui appelait à la formation d’un large Front national et international de lutte contre le fascisme dans tous les pays, ayant pour pôle directeur la classe ouvrière, avec la paysannerie laborieuse, l’intelligentsia démocratique mais étendu aussi jusqu’à certaines couches de la bourgeoisie lésées par la guerre et l’occupation. La conduite d’une telle alliance nécessitait fermeté sur les principes de la part des communistes mais aussi de grandes capacités de manœuvres tactiques. Qu’on songe que la diplomatie soviétique devait gagner l’appui des États-Unis, de la Grande-Bretagne en utilisant à bon escient les contradictions inter-impérialistes de ces pays avec l’impérialisme allemand !
Les conditions du rapport de force en 1941.
L’État-Major de la wehrmacht misait sur une guerre éclair (blietzkrieg) qui lui avait permis de faire capituler les autres États du continent européen. Les atouts du fascisme allemand n’étaient pas minces : l’économie de guerre mis en place dès l’avènement d’HITLER orientait l’ensemble des activités économiques vers le secteur militariste, l’expérience acquise sur les champs de bataille, les troupes fanatisées par le mythe de la «race supérieure» (les peuples vaincus étant voués à l’esclavage), enfin le pillage de l’ensemble des ressources économiques des pays occupés par le Reich. L’URSS, dans les années 30, en raison du caractère pacifique du régime socialiste ne pouvait suivre la même voie de développement. Il fallait industrialiser à marche forcée l’URSS, STALINE disait «qu’il faut faire en 10 ans ce que les États impérialistes ont réalisé par le pillage en 100 ans !», construire des barrages, des centrales électriques, développer l’industrie lourde et les biens de consommation, sans relâcher l’effort de Défense. La guerre pour la défense de la Patrie socialiste : la défense active. Les premières semaines du conflit sont difficiles pour l’Armée Rouge. Les troupes fascistes ont pénétré sur plusieurs centaines de kilomètres, l’Ukraine est occupée, Leningrad, Moscou sont menacées. Les exécutions massives de civils et de tous les communistes en zone occupée, le génocide des juifs soviétiques (Babiyar) soulignent le caractère barbare et exterminateur du fascisme allemand.
Dans sa première allocution, STALINE précise que la situation est grave et appelle à défendre la Patrie de LÉNINE, à empêcher le retour au tsarisme et au joug des grands propriétaires fonciers. Marque de l’optimisme révolutionnaire, STALINE conclut «notre cause est juste, nous vaincrons !» La tâche principale de l’Armée Rouge est de contenir le blietzkrieg, d’ assurer des contre-attaques dès que la situation le permet. Fidélité aux enseignements de LÉNINE, tout le pays est conçu comme un Front unique : formation de partisans dans les zones occupées organisant le sabotage, rôle des commissaires politico-militaires pour éduquer dans le patriotisme socialiste, instruction des réserves à l’arrière, mobilisation des femmes et des anciens dans les usines pour produire les armes qui permettront de vaincre, mobilisation des jeunesses communistes. Leningrad est encerclée, victime d’un blocus qui durera 900 jours. L’héroïsme des habitants de la cité de l’insurrection d’Octobre 17 est sans limites. La ville souffre du froid et de la faim, les effets de l’encerclement sont terribles, tragiques, mais «la vie continue» comme le disait le Parti. Pour ravitailler la ville , l’Armée Rouge montera des voies ferrées sur les eaux gelées du lac Ladoga, démontée dès que le train passe ! Sous le feu des nazis, CHOSTAKOVITCH composera et fera jouer ses symphonies parmi les plus belles ! Le résultat est que le courage hors-pair des Leningradois empêchera les troupes de la wehrmacht d’entrer dans la ville. En novembre 41, l’objectif des hitlériens est de s’emparer de Moscou , le 7 novembre date anniversaire de la Révolution et d’annoncer au monde «la liquidation du bolchevisme criminel». C’était compter sans la détermination des dirigeants du Parti, de l’État, des Forces Armées, sans l’héroïsme des travailleurs. Le camarade CERETTI (ancien dirigeant du PCF et du PCI) raconte dans ses mémoires, comment dans ses jours difficiles, STALINE arpentait les rues de Moscou pour galvaniser les défenseurs de la capitale. Quelle comparaison avec les dirigeants bourgeois Français de la IIIème République, qui dès l’offensive allemande se réfugièrent à Bordeaux ! Quel symbole plus édifiant, que le défilé des troupes devant le mausolée de LÉNINE et l’allocution de STALINE à portée des tirs d’artillerie de la wehrmacht, conclue par ces mots «que le drapeau du grand LÉNINE vous rallie !» La bataille de Moscou allait signifier la première défaite de l’armée fasciste, 500 000 pertes allemandes, des milliers de chars et de pièces d’artillerie détruites. Le mythe de l’invincibilité de la blietzkrieg était détruit.
La contre-offensive.
De la fin 1942 à la fin de 1943, la bataille de Stalingrad est celle du «tournant décisif» de la seconde guerre mondiale. Lors de cette bataille la plus importante de l’Histoire par la concentration des troupes, l’initiative stratégique changea de camp. Après avoir pris la supériorité au cours de combats acharnés (pour passer d’un trottoir à l’autre, il fallut parfois un mois de combat), l’armée soviétique lança une puissante grande contre-offensive sur cet énorme Front qui permit l’encerclement de deux millions de soldats de la wehrmacht, de leurs officiers réduits à capituler. La victoire héroïque de Stalingrad signifiait la fin du mythe de l’invincibilité allemande. Tous les peuples du monde qui suivaient ces évènements reprirent espoir en la fin inéluctable de la bête fasciste. Le sort de la seconde guerre mondiale s’est bien joué à Stalingrad et non sur les plages de Normandie, comme voudraient le montrer les falsificateurs de l’Histoire réécrite à des fins de propagande, rappelons que 90% des divisions allemandes se trouvaient en URSS. Le rôle des alliés mérite le respect notamment de leurs combattants tombés lors du débarquement, mais sans Stalingrad, cette opération militaire aurait été impossible ou plus coûteuse en vies humaines.
L’offensive.
Après la victoire à Stalingrad, l’Armée Rouge passa à l’offensive sur l’immense étendue du Front (un millier de kilomètres), la plus grande bataille de chars s’engagea à Koursk et qui se traduisit par la dispersion des troupes concentrées de la wehrmacht, la destruction d’importantes réserves et de milliers de chars allemands. Dès lors, les soldats soviétiques baptisèrent les «10 coups de Staline» l’offensive continue qui allait permettre la libération de Kalinine (Tver), de l’Ukraine, de la Moldavie, puis celle de la Crimée; au Nord celle du lac Ladoga, de la Biélorussie, des Pays Baltes, de la Pologne orientale. Offensive qui trouva sa concrétisation dans l’entrée des troupes soviétiques en Allemagne, et simultanément la libération de la Yougoslavie et de Belgrade. Fin 1944, l’enjeu de la guerre devient l’écrasement total du fascisme, la capitulation totale du IIIème Reich. Ce ne fut pas la moindre des batailles puisque 500 000 soviétiques tombèrent au combat dans l’assaut final. Fin avril 1945, les troupes de l’Armée rouge entraient dans Berlin la victoire sur le fascisme est symbolisée par le drapeau rouge planté sur le Reichstag par le soldat JEGOROV. Le 9 mai, tout combat avait cessé. La «bête immonde» était vaincue !
Le front diplomatique.
On connaît la thèse léniniste selon laquelle le prolétariat ne peut manquer de rechercher «des alliés même précaires et vacillants». Les États-Unis et les britanniques étaient précisément ce genre d’alliés entrés en guerre pour éliminer un concurrent à la domination mondiale. Ce fut le talent de STALINE et de MOLOTOV que de fondre dans une alliance commune contre le fascisme allemand, des États aux objectifs passablement antagoniques, mais dont les peuples soutenaient la cause de l’antifascisme. L’URSS devait conduire une politique prudente et habile : empêcher le fascisme japonais d’ouvrir un second Front, recevoir l’appui de ses alliés en matériels, vivres et surtout l’ouverture du second Front en Europe occidentale promis dès 1942. On sait que ni CHURCHILL, ni ROOSEVELT ne tinrent cet engagement. Dès lors que l’Union soviétique était en mesure après Stalingrad et Koursk de libérer l’ensemble du continent, le débarquement allié devint inévitable en 1944. Même alors, le PC(b)US devait mener une politique prudente et responsable, certains secteurs monopolistes américains évoquaient «un retournement d’alliances», le général PATTON exprimait les vues de ces cercles en souhaitant une paix immédiate avec une Allemagne débarrassée d’HITLER mais non dénazifiée … pour mener de concert la guerre contre le bolchevisme ! Le président ROOSEVELT soutenu par l’opinion publique refusa un tel reniement des engagements pris.
Les sources de la victoire du peuple soviétique.
L’humanité doit une dette éternelle aux combattants soviétiques, 23 millions d’entre eux tombèrent au Front ou victimes de la politique de génocide des nazis. Cette victoire arrachée au prix d’immenses souffrances constitua un dur baptême du feu pour le régime socialiste qui montra au monde entier, le profond soutien dont il jouissait dans l’ensemble des peuples de l’URSS. C’est précisément le socialisme qui permit l’industrialisation rapide, l’enthousiasme au travail, l’héroïsme au Front et à l’arrière, le transfert d’usines entières à l’Est des combats, la production incessante d’armes de haute technologie. La victoire est due aussi à la juste stratégie du Parti Communiste, à l’éducation patriotique et révolutionnaire qui animait le peuple soviétique. Le Parti paya un lourd tribut à la guerre puisque 6 millions de communistes payèrent de leur vie la sauvegarde du socialisme. Ces combattants parmi les plus conscients et éduqués manquèrent cruellement par la suite. Le Parti forgea une puissante Armée Rouge éduquée dans l’aptitude aux combats, dans l’internationalisme prolétarien. La solution de la question nationale permit l’émergence du patriotisme soviétique dans toutes les Républiques sœurs. Enfin, les hommes (les masses) jouèrent un rôle décisif. Des Partisans aux ouvrières, des femmes pilotes aux soldats de l’Armée Rouge, à leurs commandants, tous prouvèrent qu’on ne peut vaincre sans armée populaire , sans cause juste ! A la tête de l’État, du Parti, Commandant en chef des Forces Armées, STALINE joua un rôle décisif dans la victoire ainsi que les grands maréchaux autrefois ouvriers et paysans. Rendons hommage à JOUKOV, VASSILEVKI, ROKOSOVSKI , BAGRAMIAN, KONIEV, GOLOVANOV, ANTONOV, MERESTSKOV, GOVOROV, KOUTZNETSOV, CHTEMENKO et à tous les officiers, sous-officiers, hommes du rang ,à qui nous devons l’écrasement du fascisme et notre liberté !
On sait que l’ancien premier ministre de Grande-Bretagne W. CHURCHILL fut un adversaire acharné du communisme, il est intéressant de se rappeler ces paroles, trois ans après le lancement de la campagne anti-stalinienne au 20ème Congrès du PCUS (1956) qui traduisait la victoire du courant révisionniste, dont KHROUCHTCHEV fut le leader. Les calomnies et mensonges furent innombrables, qu’on se rappelle, l’affirmation de KHROUCHTCHEV, selon laquelle, STALINE dirigeait les combats, sur «un globe terrestre d’écolier» !
«STALINE était empreint d’une énergie extraordinaire, c’était un érudit, avec une volonté forte, inflexible, impitoyable au travail de même que dans les discussions (…), la force active de son travail était si grande, chez lui, qu’il constitue un cas unique, parmi tous les chefs de tous les temps et de tous les peuples (…), il était passé maître , de façon inégalable pour découvrir des solutions aux problèmes les plus ardus et même dans des cas où il semblait qu’il n’y eût pas de solution possible. Il avait créé et commandé un pays colossal. C’était une personne qui aurait pu éliminer ses ennemis avec l’aide de ses ennemis et il réussit même à nous faire combattre contre les impérialistes, lui qui nous considérait comme tels également . STALINE était si grand qu’il était incomparable dans le monde. Il était parti de rien et laissa derrière lui, une Russie équipée d’armes nucléaires.(…) Non quoique l’on dise de lui, ni l’histoire ni les peuples ne l’oublieront» .
ENTRE FAUCILLE ET MARTEAU
ROTHSCHILD JULY ET MA GRAND-MÈRE
Edouard de ROTHSCHILD, le très riche descendant de la famille la plus emblématique du capitalisme français et européen, vient d'entrer à hauteur (comme on dit dans les milieux financiers) de 37% dans le capital du journal "Libération". Autrement dit, il injecte, dans le capital en question, la rondelette somme de 20 millions d'euros, ce qui lui permettra de disposer de 6 sièges au sein du Conseil d'administration du journal, qui en comprend 15. Joli début, non ?
Serge JULY, le directeur de la publication, un monsieur depuis longtemps entré dans les rangs des "gérants loyaux du capitalisme", selon l'expression d'un certain Léon BLUM, dirigeant de feue la SFIO, affirme en substance que "Libération" n'en restera pas moins «le journal pur et dur au service de l'émancipation ouvrière» qu'il était à son origine. Mon oeil ! Il y a longtemps qu'il ne l'est plus, si l'on sait que la société Pathé, Jean Marie MESSIER, l'homme qui a plus de trous à ses chaussettes que dans ses revenus, et Georges RELLI, de la banque Lazard, sont déjà du sérail. Monnaie sonnante et trébuchante à l'appui.
On est loin du temps où Serge JULY fanfaronnait en répétant à tous les échos que son journal n'avait pas de fil à la patte, lui, qui refusait même de passer dans ses colonnes le moindre encart publicitaire, d'où qu'il vienne. Comme "L'Humanité", qui a accepté l'argent de LAGARDÈRE et de Bouygues, "Libération" n'est qu'un leurre destiné à détourner les travailleurs du combat révolutionnaire. Sinon pourquoi les capitalistes assureraient-ils leur survie ? Ma grand'mère avait coutume de me dire, lorsque je la "tapais" de quelques sous pour l'achat d'un illustré ou d'une poignée de bonbons : "Tu crois que j'ai la fortune de Rothschild!" Une fortune qui, comme celle de LAGARDÈRE et de Bouygues, sert à financer les journaux de l'illusion.
Pour le plus grand profit politique des … fortunés du capitalisme.