SPECIAL REFERENDUM

UNE VICTOIRE HISTORIQUE

 

Sommaire IC n°67

Edito:

UNE VICTOIRE HISTORIQUE

 

PLUS QUE JAMAIS, LA LUTTE CONTINUE

 

Qui a voté NON??

 

Combattre l'Union européenne

 

Le gouvernement des flics et des patrons

 

RÉFÉRENDUM vers une recomposition politique

 Pas d'amnésie

UN NON DE CLASSE !

 

L’Union Européenne connaît une crise sans précédent, après les victoires du NON en France et aux Pays-Bas, le gel du référendum par la Grande-Bretagne. Les peuples- travailleurs ne sont plus dupes des paroles lénifiantes sur «l’Europe sociale», qui camouflent de moins en moins la réalité de la politique anti-populaire des monopoles. Le score de 55 % au référendum constitue une victoire historique des travailleurs de France. Les progressistes ont su faire preuve de lucidité, de courage face au matraquage incessant de l’adversaire.

Tout d’abord le camp du NON a remporté une victoire sur l’appareil d’État capitaliste. Durant la campagne, l’URCF a souligné ce qu’était le pouvoir des monopoles (la dictature), c’est-à-dire la mainmise de l’oligarchie financière dans tous les domaines. L’ensemble des médias et éditorialistes (98 % de la presse écrite et audio-visuelle), toutes les églises, le MEDEF, les partis piliers du capitalisme (UMP-UDF, PS), le Parlement, toutes les instances de l’exécutif : CHIRAC, gouvernement, les centrales jaunes comme la CFDT et la CES, dirigeants de l’UE comme ZAPATERO, SCHRÖDER ont été utilisés pour la victoire du OUI. Malgré ces adversaires redoutables, et l’accès plus qu’inégal aux médias, toutes les forces citées ci-dessus ont mordu la poussière. La campagne du NON s’est construite à la base dans les entreprises et les cités populaires. La classe ouvrière, les paysans, les employés, les masses populaires ont pris leur destin en mains, rejetant toutes les accusations et intimidations ignobles et malhonnêtes de «xénophobie» «débilité». Le NON a été le prolongement des luttes sociales qui n’ont pas faibli durant la campagne. Le peuple- travailleur de France a montré la puissance de son esprit de résistance ! La campagne a été le reflet de l’antagonisme capital/travail. Le NON a été l’expression d’un refus multiple. D’abord le rejet des politiques antisociales du gouvernement RAFFARIN et des directives de Bruxelles. CHIRAC, SEILLIÈRE, BARROSO, BOLKESTEIN conduisent une politique néo-libérale tous azimuts : les privatisations, les délocalisations, le chômage massif, la précarité notamment des jeunes, la baisse programmée du pouvoir d’achat en sont les fruits amers. Le NON s’est nourri du mépris d’un gouvernement, champion de la destruction des conquêtes sociales, un pouvoir qui en est réduit à traîner devant les tribunaux 40 lycéens dont le seul délit est d’avoir contesté la désastreuse réforme FILLON de l’École. Le camp du NON s’est constitué en un large front objectif de luttes : partis et groupes politiques, associations, syndicats, militantes des droits des femmes, jeunes, se sont rassemblés à la base, en exprimant chacun les raisons de leur NON.

UN NON PROGRESSISTE ET INTERNATIONALISTE.

Dans cette campagne, les éléments chauvins et nationalistes ont été au second plan. La victoire du NON en France, aux Pays-Bas sont des contributions importantes à la libération du joug néo-libéral en Europe. L’URCF et les communistes révolutionnaires sont allés plus loin, et ont dénoncé l’Europe militariste, les politiques impérialistes de la France, Allemagne, Grande-Bretagne. Le projet de Traité européen légitimait la politique de la canonnière pour un repartage du monde au seul profit des monopoles. Ainsi, le rôle internationaliste des communistes a pu s’exercer en soulignant notre solidarité active avec toutes les victimes, en Afrique ou ailleurs de «notre» impérialisme. L’internationale des luttes devient un objectif atteignable contre l’internationale des coffres-forts. Le néo-libéralisme aura plus de difficultés à se déployer en Europe si nous prenons résolument appui sur la victoire. En effet, l’Europe des monopoles a subi une défaite qui aura des lendemains. En France, la victoire du NON doit se traduire par un regain des luttes quotidiennes pour le passage de la résistance à l’offensive contre les délocalisations, le chômage de masse, les privatisations. Alors que la destruction du Code du travail est une tâche confiée par le MEDEF au gouvernement VILLEPIN-SARKOSY.

PLUS QUE JAMAIS, LA LUTTE CONTINUE

Nos adversaires ne vont pas désarmer. Ils ne se résigneront pas à leur défaite. Déjà les médias-mensonges tentent d’occulter les résultats du référendum. Répressions et duperies vont aller de concert. Le PS va essayer de se refaire une virginité ; ne voit-on pas le clownesque J. LANG exiger la «démission de CHIRAC» qu’il félicitait trois jours auparavant ? SARKOZY promet de chasser «tous les voyous de France», propos qui attestent du penchant autoritariste du pouvoir en crise. En effet, si le Parlement avait été uniquement consulté, 90 % des députés auraient adopté le projet. PS, UMP, UDF qui trustent la quasi totalité des sièges sont minoritaires dans le pays. Le pays «légal» n’est pas le pays réel. Pourtant, pour que cette crise débouche sur une remise en cause radicale du système capitaliste, sur le retrait de l’UE impérialiste, il manque un Parti révolutionnaire. L’URCF a mené une grande campagne et s’est renforcée (nous ne pratiquons pourtant pas l’autosatisfaction). Dans les usines, sur les marchés, dans les gares, nos militants ont distribué des centaines de milliers de tracts. Nous avons mené l’unité d’action avec les autres organisations communistes ; le meeting du 5 mai à Paris a eu un large écho. Les communistes révolutionnaires ont toute leur part dans la large victoire du NON. A l’avenir l’URCF et tous les communistes révolutionnaires continueront d’agir dans le front anti-monopoliste en construction, en condamnant toute tentative de mainmise sur le mouvement, toute conciliation avec le PS social-libéral, en affaiblissant pas à pas l’hégémonie du réformisme. Du large rassemblement peuvent émerger des propositions de luttes alternatives. Mais pour que le mouvement grandisse en force et en conscience, il faut que les communistes consolident leur unité combative, confrontent leurs analyses politiques et théoriques, afin qu’un jour, le plus proche possible, renaisse un Parti communiste marxiste-léniniste unifié, outil indispensable pour transformer l’essai du NON.

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Combattre l’Union Européenne

La victoire du NON constitue une première étape d’importance dans le combat général contre l’UE. Ainsi se trouve rejeté par les travailleurs de France et des Pays-bas, et peut être demain du Luxembourg et du Danemark, un projet liberticide, qui instituait le néo-libéralisme comme seule politique légale dans les États de l’UE, qui s’inscrivait dans la politique de guerre impérialiste pour le repartage du monde. Gardons-nous de toute confusion, le rejet de l’UE a atteint un degré qualitatif nouveau, mais la majorité sans doute de ceux qui ont voté NON garde l’illusion de la possibilité d’une «Europe sociale», voire d’une renégociation du Traité. Nous refusons toute attitude doctrinaire qui consisterait à repousser les tenants d’une «Europe autrement» dans le camp du OUI. Levons certains malentendus qui visent à «complexer» le mouvement populaire. On a pu entendre certains leaders du NON faire étalage de leurs sentiments européens, allant jusqu’à dire c’est comme «Européens, que nous disons NON au Traité». La crainte (campagne du capital oblige) d’être accusés de chauvinisme et de xénophobie (dixit le social-libéral HOLLANDE) pèse sur les esprits. C’est là tout le poids des idées dominantes, celles de la classe dominante. S’il y a chauvinisme, il est plutôt «grand-Européen». Les tenants du OUI rivalisaient de termes outranciers (et réellement impérialistes) pour vanter les possibilités d’une victoire dans la rivalité (capitaliste, mais c’est le non-dit) avec les États-Unis, le Japon, la Russie, la Chine et même l’Inde. Les militants de l’URCF et tous les véritables communistes se sont pas positionnés contre le Traité, non comme Français, non comme Européens, mais avant tout pour des raisons de classe. Nous ne pouvons occulter que SEILLIÈRES, LAGARDÈRE, BOUYGUES sont français, que ces derniers plus les BERLUSCONI, BERTELSMANN sont européens. Les marxistes considèrent comme première l’appartenance de classe. Notre internationalisme prolétarien ne nous oblige pas à reconnaître les superstructures dont se dotent les États impérialistes, parce que justement elles ont été créées par les monopoles et pour les monopoles ! Penser que l’Union Européenne puisse être demain le cadre d’une entente entre les peuples, d’une coopération d’égal à égal, et qu’elle puisse se doter d’un contenu social progressiste, c’est «moderniser» les théories des révisionnistes BERNSTEIN et KAUTSKY sur la transformation pacifique de l’impérialisme en démocratie et en socialisme. Cela ne s’est vu nulle part et ne se verra nulle part, sans révolution des exploités et opprimés. Sans nous attarder sur la sincérité des leaders, c’est finalement secondaire, nous tenons compte des illusions réformistes existantes sur «l’Europe sociale». C’est la raison pour laquelle nous prônons la continuité de l’action avec tout le camp du NON, tout en diffusant nos conceptions en toute indépendance. Un grand effort de conviction sera nécessaire pour démontrer l’impossibilité de faire «l’Europe autrement» dans le cadre de l’UE. Ce qui est assimilé en France, personne de progressiste ne croirait un instant que CHIRAC-VILLEPIN- SARKOZY puissent conduire une «France sociale», ne l’est pas à l’échelle de l’Europe. Pourtant, les mêmes forces de l’oligarchie financière dominent chaque État et l’Union, la propriété et les rapports de production capitalistes règnent en maître. Il faudra surmonter aussi des courants de capitulation à l’égard de la souveraineté populaire. Un des droits les plus inaliénables est précisément le droit de chaque peuple et pays à choisir sa propre voie de développement. Mais le principal facteur de la transformation des consciences (outre la diffusion des thèses révolutionnaires) demeure l’expérience des masses par elles-mêmes. Ces dernières verront que si on peut arracher des gains par les luttes de classes nationales et internationales, leurs aspirations fondamentales ne peuvent pas être satisfaites dans le cadre de l’UE. Dès maintenant, alors que certains leaders réformistes vont passer l’été à concocter des propositions alternatives pour une «nouvelle Constitution». La lutte contre la misère et la guerre exigent non l’aménagement de l’impérialisme et de ses organismes, mais la lutte nationale et internationale pour le retrait de l’UE et la destruction de ce bloc impérialiste. Les faits montreront toute la vérité des thèses de LÉNINE sur les États-Unis d’Europe «réactionnaires et machine de guerre contre les classes ouvrières et les peuples» ou «impossibles» à réaliser du fait des contradictions entre brigands impérialistes. L’UE a subi une défaite majeure, ne nous précipitons pas à son chevet !

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Qui a voté NON ?

71 % des intérimaires, 81 % des ouvriers, 67 % des employés, 56 % des jeunes de 18 à 25 ans, toutes les classes d’âge sauf les plus de 65 ans ; 66 % des foyers dont le revenu ne dépasse pas 1 500 euros mensuels, 64 % des salariés du public, 63 % des ouvriers du privé. A contrario, nul ne sera surpris que les scores de Neuilly, Paris soient favorables au OUI quand celui-ci regroupe 75 % des gens ayant des revenus supérieurs à 4 500 euros par mois.

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Le gouvernement des flics et des patrons

Le remaniement ministériel par lequel la bourgeoisie monopoliste répond au désaveu populaire conforte le pouvoir des classes possédantes et de l’appareil policier : nomination au commerce extérieur de Christine LAGARDE qui préside un cabinet d’avocats international basé à Chicago, de T.BRETON, ancien PDG de France Télécom …Car si la bourgeoisie a subi une défaite, elle ne changera pas de nature ni de politique, et il est illusoire d’espérer une réorientation de la politique du gouvernement. Plus que jamais, la lutte de classe est la seule réponse.

Bien au contraire, le néo-libéralisme va être accentué, certes de façon prudente, mais aussi en étant accompagné de dispositions répressives visant à briser le mouvement de contestation et de résistance populaire à la régression sociale : celui du NON victorieux. En effet, l’annonce de la priorité à l’emploi» du «nouveau» gouvernement ne signifie rien d’autre que la volonté de supprimer ce qui reste de protections des travailleurs contre les licenciements, ceux-ci devant être facilités afin d’accélérer la précarisation du travail et d’empêcher les luttes. C’est cela qui se cache derrière le slogan «s’attaquer aux rigidités du marché du travail». Dans le même mouvement, les CDI seraient remplacés par les contrats de missions à durée déterminée revendiqués par le MEDEF et exposés dans le rapport CAMDESSUS. Une autre proposition est défendue par des membres de l’UMP et pour laquelle SARKOZY lié au MEDEF, s’est à plusieurs reprises prononcé, est l’instauration de la «flexi-sécurité», un système qui existe au Danemark, consistant à accorder des indemnités de licenciements «élevées» en échange de la liberté pour les patrons de licencier comme bon leur semble. Les indemnités que les travailleurs obtiennent, parfois au prix de luttes dures et désespérées, ont malheureusement leur revers. Ce sont les solutions individuelles du syndicalisme «rassemblé», celui de l’acceptation de la logique de la compétitivité et du profit. Cela n’a jamais remédié au chômage, aux fermetures d’usines et à la ruine des régions. Bien au contraire. C’est par les luttes collectives de la classe ouvrière et de ses alliés que nous pourrons nous opposer aux délocalisations et sauver nos villes et nos campagnes. L’objectif du gouvernement est, par l’accentuation du contrôle sur les chômeurs [comme cela se fait ailleurs en Europe] de le pousser à accepter n’importe quel sous-boulot sous peine de se voir sucrer les indemnités. En même temps, la guerre économique contre le monde du travail s’accompagne de l’accentuation de la répression, des atteintes aux libertés. Le retour de SARKOZY au Ministère de l’Intérieur, succédant à VILLEPIN qui devient chef de l’Exécutif, l’arrivée à l’Aménagement du Territoire d’ESTROSI, ancien membre de l’équipe MÉDECIN à Nice, renforcent l’aspect répressif, dans le droit fil du Traité constitutionnel que le peuple a rejeté. Les déclarations démagogiques de SARKOZY sur les événements de Perpignan : «je veux débarrasser la France des voyous et je ne vais pas me gêner», illustrent le choix du pouvoir de jeter de l’huile sur le feu, de profiter des tensions pour détourner les populations de la lutte de classe contre le capital. Pire, SARKOZY, en but à des rumeurs sur sa vie privée déclare : «je connais les noms des commissaires qui enquêtaient sur ma vie privée ; maintenant, ils seront sous mes ordres». Quelles sont les garanties que le président de l’UMP n’utilisera pas les fichiers de la Police à des fins, non seulement personnelles, mais partisanes ? Un Comité interministériel de l’immigration et une Police de l’immigration seront chargés de réprimer tous les travailleurs étrangers, de leur rendre la vie impossible afin de les maintenir dans la précarité pour les empêcher de lutter aux côtés des autres travailleurs. Ce que subissent nos frères immigrés, avec ou sans papiers, préfigure ce qui va nous tomber sur la tête : le fichage généralisé, la pénalisation de tout mouvement de rébellion ou même de la plus simple infraction à la loi, assortie de la saisie des biens et d’interdits professionnels. Le Projet Identité Nationale Electronique Sécurité, défendu notamment par le député UMP MARIANI, vise à créer un fichier général de la population comprenant le nom, l’adresse et des éléments biométriques des individus qui figureront sur les cartes d’identités devenues payantes. Il s’agit d’une atteinte aux libertés puisque l’anonymat ne sera plus garanti, que les fichiers seront consultables à l’insu des gens concernés par les autorités policières y compris des États de l’espace Schengen, et, tel que les choses évoluent, certainement sous peu par des milices privées, les employeurs…Ce système, couplé avec la vidéo-surveillance, permettra de repérer rapidement n’importe qui. On imagine la tournure qu’auraient pris les événements si cela avait existé du temps de l’occupation hitlérienne. Cette réponse par la fascisation résulte de la peur des monopoles face aux risques de révoltes engendrées par la crise économique et l’aggravation des pressions sur les travailleurs. Elle est rendue inévitable par l’affaiblissement de la social-démocratie qui reste pourtant un des piliers du pouvoir du capital. Il s’agit d’une fuite en avant, d’une tentative d’appliquer à tout prix les principes contenus dans la constitution de l’UE, machine de guerre contre les travailleurs, contre la volonté de la majorité qui a fait triompher le NON. Le masque démocratique de l’État bourgeois s’effrite. Ne suivons pas ceux qui cherchent à le rafistoler en appelant à une réorientation de la politique européenne et en préparant leur retour au pouvoir en 2007. Défendons nos acquis et les libertés démocratiques !  

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RÉFÉRENDUM vers une recomposition politique

Ce référendum est un événement majeur par ses conséquences politiques. L’antagonisme entre les tenants de la Constitution et ses opposants constitue une ligne de démarcation entre ce qui est réactionnaire et ce qui est progressiste, une fracture de classe incontournable. Les révolutionnaires- communistes doivent en tirer les conséquences tactiques et stratégiques.  Le remaniement ministériel par lequel la bourgeoisie monopoliste répond au désaveu populaire conforte le pouvoir des classes possédantes et de l’appareil policier : nomination au Commerce extérieur de Christine LAGARDE qui préside un cabinet d’avocats international basé à Chicago, de T. BRETON, ancien PDG de France Télécom…. Car si la bourgeoisie a subi une défaite, elle ne changera pas de nature ni de politique, et il est illusoire d’espérer une réorientation de la politique du gouvernement. Plus que jamais, la lutte de classe est la seule réponse.

 

La large victoire du NON s’est opérée contre l’ensemble des piliers de la dictature des monopoles : UMP-UDF et PS. Confrontés à la politique menée par les sociaux- démocrates en France depuis 1981 et en Europe, il nous faut approfondir l’analyse de la nature des formations social-démocrates issues de la trahison de la Seconde Internationale. Ces partis n’ont cessé de glisser à droite, leur intégration à l’appareil d’État s’est toujours plus accentuée. Après la seconde guerre mondiale, les partis sociaux-démocrates sont passés du rôle de soutien social de la bourgeoisie monopoliste de leur pays, aux rôles d’agents et de relais des intérêts de l’impérialisme américain. Le département d’État américain écrivait «que les sociaux-démocrates sont le meilleur rempart contre le communisme». Ce soutien se manifestera par l’appui de la SFIO (actuellement le PS) au Plan MARSHALL, par l’éviction des ministres communistes par la SFIO sur ordre de Washington. Ce Parti entraînera à deux reprises la France dans des guerres coloniales : Indochine, Algérie ; à deux reprises dans des guerres impérialistes, guerre du Golfe et Yougoslavie. La victoire du révisionnisme dans le PCUS (20ème Congrès) constituait aussi une réhabilitation du social-démocratisme, puisqu’au nom de la «voie parlementaire au socialisme», était prônée l’alliance électorale avec la social-démocratie. Le révisionnisme allait jusqu’à parler de la «coïncidence des buts entre communisme et social-démocratie», parlant simplement de «voies différentes d’accès». Cette stratégie des révisionnistes conduira au programme commun avec les conséquences que chacun connaît. Le gouvernement JOSPIN, la campagne du PS lors du référendum, sa défense vigoureuse du néolibéralisme, nous incitent à faire correspondre nos analyses à la réalité actuelle de la nature du PS. Les partis sociaux-démocrates sont devenus les agents du bloc impérialiste européen, tout en servant «leurs» multinationales. En 2000, les sociaux-démocrates étaient à la tête de 13 États de l’UE sur 15. Nul pas vers «l’Europe sociale» n’a été franchi, alors que les programmes de ces partis n’ont que cette expression comme justificatif de leur soutien à l’UE. Au contraire, ces formations se sont faites les zélés gérants du néo-libéralisme à coups de privatisations, de précarité, de délocalisations. La gouvernance de JOSPIN restera marquée par le record absolu, des privatisations, les fermetures de LU, Wolber et bien d’autres entreprises. Cela atteste que la dégénérescence des partis sociaux-démocrates les a conduit à devenir des formations bourgeoises monopolistes, influençant les milieux populaires. BLAIR, SCHRÖDER, JOSPIN ne sont ni «réformistes» ni des sociaux-démocrates au sens léniniste, mais le pilier «gauche» social-libéral du pouvoir de l’oligarchie financière, tel le parti «démocrate» aux États-Unis ! C’est la condition d’une alternance à l’anglo-saxonne dans les États de l’UE. Après le référendum, une recomposition progressiste est possible, à condition que ne renouvelant pas les erreurs récentes, le mouvement populaire accède à la compréhension que le PS n’est ni de «gauche» ni progressiste, que l’on ne doit absolument pas compter sur ce parti pour une quelconque «alternative sociale» ! La tâche de tout réel progressiste a fortiori des marxistes-léninistes est d’agir pour écarter du mouvement ouvrier et populaire : le PS social-libéral. Pas de concessions ni d’écoute à sa démagogie ! Les faits sont têtus (LÉNINE) mais on peut ajouter que les oreilles sont encore plus dures ! A peine, les calicots et banderoles sont repliés après la fête de la victoire que certains tenants du NON lancent un appel solennel «à ce que se retrouvent les tenants du OUI de gauche et les partisans du NON, autour de l’anti-libéralisme». Nous doutons fortement que ces leaders tel M.G BUFFET soient mandatés par leurs adhérents et sympathisants. Ce qui a émergé dans cette campagne c’est un NON de classe, populaire, le refus du néolibéralisme y compris de la majorité des électeurs du PS. Est-ce à dire que le réformisme, la social-démocratie traditionnelle a disparu du champ politique ? Non bien sûr. La majorité des tenants du NON, c’est d’autant plus vrai pour leurs dirigeants, s’inscrivent dans le réformisme. Socialistes dissidents, dirigeants PCF, de la LCR, d’ATTAC prônent une ligne d’aménagement de l’UE, l’adaptation au capitalisme. Dans le même temps, le camp du NON rassemble les forces de progrès. Quelle doit être la tactique des marxistes-léninistes à l’égard de ce large mouvement ? Défendre l’isolement, sous le prétexte juste que le réformisme domine, reviendrait en refusant tout travail de conviction dans le camp du NON, à laisser totalement les mains libres aux réformistes, à leurs mains tendues au PS. L’URCF estime que les communistes doivent se confronter au réel, rejeter tout sectarisme par peur des masses, comme toute adaptation opportuniste de leur ligne. Par leur campagne, les communistes révolutionnaires ont contribué au large succès du NON. Nous continuerons d’agir dans ce front objectif de luttes. Nous sommes prêts à «frapper ensemble» contre les conséquences dramatiques du néolibéralisme avec toutes les forces du NON. Tout en ne cachant pas et en diffusant notre point de vue. L’UE n’est pas amendable ni réformable puisqu’y règnent la dictature des monopoles dans chaque État et dans «l’Union», comme la propriété capitaliste des moyens de production. L’URCF poursuivra sa campagne «Accusons le Capitalisme». Nous montrerons que la lutte nécessaire contre le néo-libéralisme n’est pas suffisante, que l’alternative demeure la révolution et le socialisme, sans se couper du camp progressiste mais en y diffusant notre conception révolutionnaire. Pour l’heure la première tâche pour tendre à une véritable recomposition des forces de progrès , est de dénoncer en permanence le PS afin de l’écarter définitivement du camp populaire tout en dénonçant tous ceux qui sont tentés de concilier avec le social-libéralisme/arme des monopoles, sous prétexte de ressusciter feue la «Gauche plurielle ». La campagne du référendum a montré une fois de plus l’ampleur du consensus PS/UMP, HOLLANDE/ JOSPIN/SARKOZY/CHIRAC.

Pas d’amnésie !

Le comité de rédaction

 
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