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Sommaire IC n°68
SARKOZY : Droite extrême ou extrême droite
Théorie L’intensification du travail comme moyen d’augmenter la plus-value absolue
Dalkia : Le CGT-E victorieux au 2ème tour des élections professionnelles.
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APRÈS LE SUCCÈS DU NON :
PRÉPARONS L’OFFENSIVE OUVRIÈRE
Avec la nomination de Galouzeau de Villepin annonçant la gouvernance du pays par ordonnances, le Président de la République, sourd à la sanction du 29 mai, compte poursuivre la politique condamnée, le néolibéralisme aggravé avec des mesures qui n’ont qu’un objectif : les aides publiques au patronat, sans contrepartie, puisque la précarité devient la condition pour trouver un emploi. Bien qu’il ait essuyé un franc rejet de sa politique, le Capital ne se démonte pas ; il a décidé de passer en force, dans un premier temps afin de conforter les patrons des petites et moyennes entreprises et d’affermir le bloc capitaliste.
Des cadeaux sont programmés en direction du secteur du bâtiment et de la restauration : destruction du Code du travail par des contrats avec une période d’essai de deux ans, exemption de cotisations sociales pour les salaires en dessous du SMIC, facilités pour les employeurs de licencier sans demander l’avis de l’Inspection du Travail, développement du chèque-emploi, définition de quotas par métier pour l’immigration, chasse aux chômeurs avec un pouvoir renforcé des ASSEDIC qui auraient la possibilité de réduire, voire de supprimer les allocations chômage. Toutes ces mesures antisociales sont accompagnées de projets répressifs et d’un langage populiste de la part d’un SARKOZY qui, en plus d’être Président de l’UMP est redevenu le premier flic de France, et ambitionne de chasser sur les terres du Front National. Du côté des partis politiques, le Parti Socialiste, social-libéral, s’est montré un loyal défenseur des monopoles : il a mené campagne avec ardeur pour le OUI, n’hésitant pas, dans les endroits où même la droite et les verts n’osaient plus pointer le nez, à occuper le terrain déserté : ses affiches du OUI étaient présentes aux quatre coins du pays comme pour suppléer aux carences de ceux à droite qui n’y croyaient déjà plus ! Pendant la campagne, les principaux incidents ont été provoqués par ses militants associés aux fameux «bobos» qui prenaient les partisans du NON pour des «demeurés», des «ignares» ! Cette condescendance leur a été fatale : ils croyaient la partie largement gagnée, grâce à la pression médiatique et au poids immense de l’État bourgeois. C’était sans compter sur une large mobilisation populaire qui a apporté avec les moyens du bord des réponses aux mensonges journellement ressassés par les tenants du OUI : 55 % malgré tout cela ! C’est une formidable claque pour ceux qui se sont ligués contre les travailleurs ! Démasqué, le PS se trouve aujourd’hui en crise. Nous devons travailler à ce que le mouvement populaire le rejette hors de ses rangs ! Le PS est conduit à faire le grand écart entre son électorat qui a voté majoritairement NON et sa direction acquise au néo-libéralisme prôné par les monopoles. Pour cela, il est amené à s’en prendre à ceux qui ont désobéi aux consignes. Son orientation social-libérale n’étant plus à démontrer, elle constitue dorénavant une ligne de démarcation d’avec tout ce qui est progressiste. Toute la campagne du PS lors du référendum a consisté à dire qu’il ne fallait pas voter en fonction de la politique gouvernementale de la droite, mais de l’enjeu européen, comme si la politique appliquée en France n’était pas dictée par l’UE ! JOSPIN n’a-t’il pas fait la même politique de classe avant d’être remercié par les électeurs, y compris dans son propre camp ? Bien sûr, le risque est grand de voir parmi les partis politiques partisans du NON et favorables à «l’Europe sociale» des tentatives de tendre la main aux sociaux-libéraux, surtout si les luttes ne se développent pas rapidement et si une plate-forme de progrès ne se construit pas à la base. L’URCF, dans les mois à venir, va œuvrer, en liaison avec les travailleurs, à populariser un programme d’urgence progressiste, anti-monopoliste et anti-impérialiste face aux drames, difficultés, vécus par le plus grand nombre. C’est donc avec intérêt qu’il faut noter tous les conflits actuels que les médias taisent : grève des musées, lutte contre les privatisations des services publics de la Ville de Paris, lutte des salariés de la Samaritaine, luttes des postaux contre les fermetures de bureaux et de centres de tri, auxquelles il faut ajouter les manifestations du 21 juin. Même si ces dernières n’ont pas rencontré l’écho souhaité, les luttes ont eu le mérite d’exister et de formuler une première riposte face aux mesures VILLEPIN-SARKOZY. Le profond mécontentement exprimé le 29 mai ne disparaîtra pas, comme le souhaitent le MEDEF et le pouvoir. Mais cela ne se fera pas par un coup de baguette magique, car, aux forces du capital il faut ajouter leurs alliés objectifs en place dans les directions des Confédérations Syndicales : ceux qui ont tout fait pour casser les luttes depuis des années et qui continuent aujourd’hui d’occuper des postes clés pour étouffer dans l’œuf toute volonté de combat ! Les principaux dirigeants de la CGT ont tout fait pour éviter un positionnement défavorable au Traité Constitutionnel. Malgré le camouflet infligé par le Comité Confédéral national de la CGT (Février 2005), à aucun moment, ils n’ont fait campagne pour le NON, niant l’évident impact de la Constitution sur les conditions de vie de ceux qu’ils sont censés représenter ! La satisfaction des revendications des travailleurs passe par des luttes généralisées à l’ensemble des professions, se structurant dans des comités usagers/salariés. Telles sont les tâches que doivent s’assigner les militants révolutionnaires dans les semaines à venir ! Le travail est immense ! L’URCF, comme elle a su le faire pendant le référendum, agira avec tous ceux qui condamnent la politique de VILLEPIN-SARKOZY. Une véritable politique unitaire, ne peut prendre corps que si les communistes sont capables de relier la condamnation du néo-libéralisme, à celle du système qui l’engendre : le capitalisme !
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SARKOZY : Droite extrême ou extrême droite
Au sein du gouvernement VILLEPIN, SARKOZY semble jouer la partition de la répression tous azimuts, de l’autoritarisme, non sans évoquer un bouffon précédent : MUSSOLINI. Ainsi, le chef de la Police annonce pour le lendemain une grande intervention des forces de l’ordre à La Courneuve, dont l’efficacité fut cependant nulle ! La raison en est simple : le gouvernement jette en pâture à l’opinion publique ceux qui sont dans la misère et qui sont exclus, mais ne fait rien contre les gros trafiquants. Les appels à «jeter en prison tous les voyous», à «nettoyer au Karcher la Courneuve», résonnent comme des cris de haine de la bourgeoisie contre le peuple. SARKOZY complète VILLEPIN : l’un propose, démagogiquement de s’attaquer au chômage en trois mois ; l’autre chasse les pauvres. SARKOZY, toujours président de l’UMP, a le contrôle de la police politique. Il propose une claire subordination de la justice à cette même police, qui pourrait agir arbitrairement. Un exemple, Assane SAMB, un des leaders des sans-papiers, a été sauvagement matraqué et mis à l’isolement pendant 48 heures. SARKOZY est l’instrument des monopoles pro-américains les plus réactionnaires du pays : ceux qui veulent instaurer un régime fascisant, dont le sabre et le goupillon communautariste seraient les armes.
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CONTRE LES MESURES VILLEPIN : MOBILISATION GÉNÉRALE
Le gouvernement VILLEPIN reste autiste face à la colère et aux sévères avertissements inscrits dans la large victoire du NON au référendum. Le cours proposé est clairement un néolibéralisme aggravé, et ne vise qu’à satisfaire le MEDEF et le patronat des PME
Les mesures VILLEPIN s’appliqueront principalement dans des entreprises de moins de 20 salariés. Les droits syndicaux y sont quasi-inexistants : absence de section syndicale, d’élus du personnel, contrôles rares des inspecteurs du travail. Le contrat de nouvelle embauche s’inscrit dans le processus de démantèlement du Code du travail. La période d’essai passe de trois mois à deux ans. Dans ce dispositif, l’employeur peut mettre fin au contrat à tout moment, et licencier le salarié, sans formalités ni comptes à rendre. De plus, le patron n’aura plus à payer l’indemnité compensatrice au salarié. Le contrat va aggraver considérablement la flexibilité et la précarité du travail. Le patron pourra embaucher pour satisfaire des commandes, et débaucher une fois le travail accompli. Le chèque-emploi-entreprise constitue une véritable opération légale de blanchiment du travail clandestin. Dans le secteur du bâtiment et de la restauration, ce type de mesure devrait connaître un grand succès ; ce chèque ne nécessite aucune obligation de signer un contrat de travail indiquant clairement la rémunération, ni la durée du temps de travail, ni la durée du contrat. En cas de contrôle – lorsque des clandestins sont en sus des effectifs – (cela se voit tous les jours dans le bâtiment), le patron pourra toujours arguer qu’il «allait signer un chèque emploi». Les heures supplémentaires sans contrat de travail, ne seront pas rémunérées, et la paie sera sûrement différente des promesses verbales. L’embauche dans le cadre d’un service militaire, où ne sont définis ni le statut ni la rémunération, a pour objectif, avant tout, de permettre à l’armée professionnelle de se consacrer exclusivement à ses missions impérialistes, en Afrique et ailleurs. Cette mesure, comme les autres, sur le modèle TATCHER-BLAIR, vise à diminuer artificiellement, non le chômage, mais les statistiques du chômage. Enfin, le crédit d’impôt de mille euros, déductibles des futurs impôts sur le revenu, vise à ce que les chômeurs acceptent n’importe quel emploi, sous peine de perdre leurs indemnités et d’être radiés. Il s’agit «d’emploi forcé», comme aux États-Unis et en Grande Bretagne. Une alternative d’urgence s’impose : c’est en France que nous avons les plus bas minima sociaux d’Europe. Le record du taux de chômeurs non-indemnisés ; les baisses continuelles du pouvoir d’achat ont conduit la classe ouvrière à revenir , en franc constant, à ce qu’il était dans les années cinquante. L’ensemble de ces mesures appelle la mobilisation générale : les précaires, les chômeurs, ont besoin que s’exprime haut et fort leur solidarité de classe.
Commission ouvrière.
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SNCF
Mardi 14 juin 2005, les cheminots ont stoppé le premier train privé pour s’opposer à la libéralisation du fret. Ce 1er train privé en France (convoi de fret de la CONNEX)) encadré par la gendarmerie à pied et en hélicoptère (volant en rase-mottes), a effectué une liaison entre la Meuse et la Sarre. Il a été arrêté par 200 cheminots qui l’attendaient de pied ferme. Il n’a pu se remettre en marche qu’à partir de l’ordre donné par la Préfecture aux gendarmes de faire évacuer les cheminots. Il ne faut pas en rester à cette protestation : les travailleurs doivent pousser les directions syndicales à rejeter toute forme de privatisation - même partielle - et toute attaque contre le service public, sans illusion sur un «libéralisme moins sauvage». Car, l’arrivée du privé dans le ferroviaire public signifie la suppression des liaisons non rentables, la réduction des effectifs, la mise en cause de la sécurité et du statut des salariés. Autrement dit, on réoriente l’activité, non plus sur la satisfaction des besoins des usagers, mais vers la rentabilité financière. Les cheminots ont donc tout intérêt à lutter aux côtés des usagers dans des comités de lutte encore à construire. L’URCF se battra aux côtés des cheminots pour la re-nationalisation intégrale de la SNCF et de RFF, avec des acquis nouveaux pour les travailleurs et les usagers.
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GDF
Pour contester la privatisation, les agents de GDF et d’EDF se sont mobilisés à l’appel de la CGT, de FO, de la CFDT et de la CFTC dans toute la France. A Paris, des manifestants (CGT pour la plupart) ont perturbé le conseil d’administration pour réaffirmer leur hostilité à la privatisation. Nous dénonçons une spoliation du bien et les mensonges, y compris d’État qui l’accompagnent. GDF démontre que sa capacité d’autofinancement n’a pas besoin d’apport supplémentaire pour financer son développement. 60 % des recettes dégagées par cette opération seront accaparés par l’État. Elles serviront à financer trois nouveaux milliards d’euros d’aides au patronat. Quant aux usagers, ils vont payer deux fois. On vend une partie de leur patrimoine constitué depuis 1946 et on augmente leur facture. Entre le 1er juillet 2005 et le 1er avril 2006, les tarifs vont augmenter de 14,6 %, portant cette hausse à 47 % depuis février 2000. Par contre, cela permettra d’attirer les investisseurs en garantissant un haut niveau de profit qui permettra de DOUBLER les dividendes. Quand on vous dit qu’il faut s’approprier les grands moyens de production et d’échange !
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LA QUESTION DU LOGEMENT SOUS LE NÉO-LIBÉRALISME
Le logement est une question de classe
L’année 2004 a été marquée par des hausses particulièrement importantes de loyer et ce ne sont pas les recommandations ministérielles de BORLOO qui freinent les appétits des bailleurs du secteur social ou du secteur privé. En effet, ces derniers n’ont pas l’intention de faire une quelconque «pause» mais continuent à appliquer des hausses de loyers. Ils réfléchissent à une nouvelle loi d’augmentation des charges en modifiant le décret qui les réglemente, en voulant réduire les normes des logements et en instaurant ainsi des chambres de bonne «cages à lapins» ou en procédant aux scandaleuses «ventes à la découpe».
La dépense «logement» est le premier poste du budget familial et ne fait que s’accroître. Les familles qui habitent le patrimoine social qui composent en grande majorité la classe ouvrière, sont touchées de plein fouet et de manière frontale par toutes les décisions et mesures anti-sociales des gouvernements RAFFARIN-VILLEPIN-SARKOZY qui ne font que diminuer leur pouvoir d’achat. C’est l’ouverture du capital d’EDF et de GDF qui, par la mise en concurrence des produits énergétiques, aura des incidences directes sur les tarifs ; la suppression de milliers de bureaux de poste et les services «courrier» toujours plus chers ; la réforme de l’Assurance maladie qui affaiblit la couverture sociale, la remise en cause du Code du travail aggravant les conditions de travail et allongeant sa durée au-delà des 35h, gommant les RTT ; les transports avec la hausse de l’ensemble des tarifs urbains et nationaux. Mais, comme l’écrivait Friedrich ENGELS à la fin du 19ème siècle dans «LA QUESTION DU LOGEMENT» (un des classiques du marxisme «dont les textes soulignent les progrès et les succès remportés par le socialisme scientifique» – cf. préface de F. BILLOUX) – , cette question essentielle du logement n’est pas nouvelle. Elle a existé sous tous les régimes ; les esclaves et les serfs en furent les victimes. Le passage à la grande industrie a cependant considérablement aggravé les problèmes du logement. ENGELS rejette la thèse de PROUDHON selon laquelle, pour ce «socialiste» du second Empire, chaque travailleur doit être propriétaire de son habitation, l’enchaînant ainsi à son capitaliste par le remboursements des crédits (créant l’endettement et bien souvent le surendettement) et par le lieu d’habitation. Dans une société comme la nôtre où le possédant a besoin de liens semi-féodaux avec le non-possédant (le locataire), la crise du logement n’est pas un hasard, c’est une institution nécessaire. Friedrich ENGELS écrivait déjà il y a plus d’un siècle ces lignes et l’on voit que ce langage est bien toujours d’actualité : «Il est clair comme le jour que l’État actuel ne peut ni ne veut remédier à cette plaie qu’est la pénurie de logement. L’État n’est rien d’autre que le pouvoir total organisé des classes possédantes, des propriétaires fonciers et des capitalistes en face des classes exploitées, des paysans et des ouvriers. Ce que les capitalistes considérés individuellement (les propriétaires fonciers) ne veulent pas, leur État ne le veut pas non plus. Donc, si les capitalistes pris individuellement déplorent, il est vrai, la crise du logement, alors qu’on peut à peine les décider à pallier superficiellement ses plus terribles conséquences, les capitalistes pris dans leur ensemble, c’est-à-dire l’État, ne feront pas beaucoup plus. Tout au plus l’État veillera-t-il à ce qu’on applique partout uniformément le palliatif superficiel qui est devenu usuel ».
Le capital, ceci est maintenant définitivement établi, ne veut pas abolir la pénurie de logements, même s’il le pouvait. Pour mettre fin définitivement à cette crise du logement, il n’y a qu’un moyen : éliminer purement et simplement l’exploitation et l’oppression de la classe laborieuse par la classe dominante. Par quels moyens ? Forger une solidarité de locataires en militant dans les associations de défense, contre les hausses de loyers, contre les ventes à la découpe etc. – en proposant et impulsant avec eux d’autres mesures : exiger l’application de la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain) qui prévoit au minimum 20 % de logements sociaux construits dans chaque commune – A Neuilly, avec 200 logements sociaux seulement, SARKOZY est loin des 20 % ; mais les communes riches préfèrent s’acquitter des amendes). A Paris, 100 000 demandes émanant de familles modestes ou défavorisées attendent depuis de nombreuses années (135 000 en Île-de-France), alors que la loi de réquisition des logements vides, qui n’est pas appliquée, permettrait de loger tout le monde. C’est aussi des populations d’immigrés qui «brûlent» dans des logements précaires nommés pudiquement «SAMU sociaux», lieux d’hébergements honteusement exploités par des marchands de sommeil. Pour combattre le néolibéralisme, les communistes-révolutionnaires doivent agir avec les locataires et les sans-logis pour qu’émergent des solutions d’urgence pour loger décemment les jeunes, les chômeurs, familles ouvrières françaises et immigrées : réquisition de logements, impôts sur les grandes propriétés foncières. L’URCF juge aussi indispensable de rappeler les succès des États socialistes dans la question du logement : loyer à 4 % du salaire, quasi gratuité de l’électricité et du téléphone, interdiction de la location, politique de construction de logements : il y avait des logements pour tous.
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L’intensification du travail comme moyen d’augmenter la plus-value absolue
Pour augmenter le profit de leur classe, les capitalistes actionnent différents leviers, dont l’intensification du travail. Principales tendances de l’intensification
? tendance lourde à l’intensification du travail depuis les années 1980 : automatisation se substituant au contremaître, fichage électronique des cadences de chacun. Cette tendance s’est vérifiée dans toute l’Europe capitaliste. Ceci est un facteur d’aggravation des conditions de travail, alors que les progrès techniques pourraient permettre le recul du travail pénible et l’amélioration des conditions de sécurité.
? persistance des formes tayloriennes (taylorisme assisté par ordinateur) : accélération des cadences automatiques imposées par les machines ou les chaînes automatisées, et diminution des temps morts, surtout dans les industries de série comme celles du cuir et de la chaussure, du textile et de l’habillement, de l’automobile. Introduction des formes «toyotistes» d’exploitation : cercles de qualités, boites à idées pour accentuer les cadences ; objectifs individualisés obligatoires du salarié, auto-notation des salariés...
? 59% des salariés en 1998, étaient régis par ces méthodes d’inspiration toyotiste : production à flux tendu qui entraîne horaires variables, chômage partiel, tendance à la diminution de la masse salariale, usage massif de l’intérim.
? D’où l’application de ces techniques dans les industries mécaniques, automobiles, électriques et électroniques, construction, biens de consommation alimentaires, pharmacie, aéronautique, ferroviaire, …. Mais aussi dans les commerces : Carrefour a même présenté à ses salariés (pour les tromper) un organigramme (inversé) avec, en tête, le client, puis les caissières, puis les chefs de rayon, jusqu’aux directeurs.
? montée des «formes événementielles» liées à l’automatisation (surtout depuis les années 70 dans les industries utilisant les machines à commandes numériques, les robots, comme la métallurgie, la chimie, aéronautique, ferroviaire) : les installations, très capitalistiques doivent être rentabilisées au maximum et les incidents réparés au plus vite.
? incitation financière à l’investissement des salariés dans leur travail : prime et évaluation individuelle, décontractualisation du salaire
? augmentation du chômage et précarisation des emplois
? avec les 35 heures, «flexibilisation» accrue du travail : réduction du temps de travail sans embauche compensatrice, politiques d’économie d’échelle (allégement d’effectifs sans réduction des charges globales, d’où alourdissement des charges mentales au travail, stress, et fréquence des troubles musculosquelettiques)
? déclin du pouvoir syndical
? il faut ajouter les récentes décisions du précédent gouvernement CHIRAC-RAFFARIN :
? dans le cadre des 35 heures, le contingent annuel des heures supplémentaires autorisé passe de 130 à 180 par an, soit 4 heures de travail en plus par semaine en moyenne. La «réduction des cotisations patronales» sur les salaires inférieurs à 1,7 fois le SMIC a été étendue aux entreprises qui n’appliquent pas les 35 heures.
? Un décret, en attente de signature depuis décembre 2002, autorise l’embauche par les directions des entreprises «d’intervenants en santé du travail» pour mener des missions de médecine du travail, sans garantie d’indépendance et avec forte probabilité de conflit avec les médecins du travail. C’est pourquoi les marxistes et les syndicalistes considèrent que la première forme de lutte de classe dans le temps est la lutte économique pour les salaires, contre l’intensification du travail, des cadences et toutes les méthodes de flux tendu.
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Quelques données récentes sur les formes de l’intensification du travail industriel en France (tiré du document Centre d’Etudes de l’Emploi de mai 2003 et basé sur les enquêtes quinquennales du ministère en charge de l’emploi (DARES) et l’INSEE, auprès de 20 000 salariés occupés) |
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Contraintes de rythme |
En 1984 |
En 1994 |
En 1998 |
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Automatiques |
17 |
20 |
29 |
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Normes et délais |
30 |
52 |
61 |
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Hiérarchiques |
21 |
29 |
61 |
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Horizontales |
17 |
32 |
38 |
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Évènementielles |
11 |
18 |
27 |
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Marchandes |
28 |
47 |
59 |
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En % du nombre de salariés des secteurs d’activité industrielle |
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LE PEUPLE BOLIVIEN REJOINT LE FRONT ANTI-IMPÉRIALISTE
La révolte des peuples contre l’impérialisme gronde à nouveau en Amérique latine, pré-carré des multinationales US. La prétention de celles-ci de s’emparer des richesses de ces pays et de diriger leurs économies est battue en brèche par des mouvements regroupant ouvriers, paysans, chômeurs, étudiants, femmes… menant des actions dans la rue et les entreprises. En Bolivie, pays dont 60% des 8,5 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté, un mouvement populaire est parvenu à chasser pour la 2ème fois le chef de l’État et compte bien faire en sorte que les ressources en pétrole, gaz, électricité (dont plus de la moitié des gens sont privés)...soient sous le contrôle de la Nation. Le mouvement populaire souhaite que les revenus aillent au bien-être des gens, et non aux sociétés capitalistes étrangères. Le premier président qui fut poussé à s’enfuir à Miami, cette décharge de bandits et d’assassins à ciel ouvert, fut Gonzalez Sanchez de LOZADA, applicateur zélé des directives du FMI et des multinationales. Il avait imposé une politique anti-sociale de privatisations, de destruction de l’économie paysanne et engagé le pays dans l’ALCA, l’accord de libre-échange imposé par les USA. Cela provoqua une résistance des masses et un rejet de la politique imposée par la bourgeoisie compradore. En 2000, la privatisation de la société des eaux de Cochabamba au profit de Bechtel, multinationale bien connue par la suite pour son rôle dans le pillage de l’Irak occupé, avait provoqué une quasi-insurrection, l’obligeant à faire marche arrière et provoquant le départ de la firme. Les protestations ne faiblirent pas et les mots d’ordre de nationalisation se multiplièrent dans un contexte d’accroissement de la pauvreté, des hausses de prix alors que les profits des compagnies étrangères grimpaient en flèche. En octobre 2003, LOZADA fit tirer sur les manifestants, avant d’aller se réfugier au pays de son maître BUSH. Carlos MESA, son vice-président, lui succéda avec une équipe de technocrates et de personnalités ; son rôle était de contenir le mouvement des masses avec l’aide de la social-démocratie. En 2004, il fit approuver un référendum sur la politique énergétique préconisant la “récupération” des secteurs clés privatisés, tout en louvoyant par la suite en fonction des intérêts de la bourgeoisie, des pressions de BUSH et de celles de la rue. Le peuple ciblait de plus en plus le FMI et les multinationales, y compris celles de la vieille Europe plus civilisée et respectueuse des droits humains, paraît-il ; c’est ainsi que la population des quartiers hauts de la Paz expulsa Suez-Lyonnaise qui gérait l’eau potable. En 2005, ce fut contre la hausse du prix du gaz imposée par le FMI. Un Front unique s’est constitué, avec des syndicats, partis, organisations sociales… Parmi eux figurent le MAS de Evo MORALES et le MIP de Felipe QUISPE, ces deux leaders appartenant à la majorité indienne qui souffre de la pauvreté et des discriminations. Devant le mouvement populaire qui avance des revendications politiques : démission de MESA, pouvoir au peuple..., les positions des organisations divergent : certaines mettent en gardent contre “l’aventure”, MORALES reculant parfois sur les nationalisations… Le 25 mai, un groupe de jeunes militaires appela à l’unité de l’armée avec le peuple pour obtenir la nationalisation du pétrole et du gaz et le départ de MESA. Celui-ci laissera peu de temps après la place à Eduardo RODRIGUEZ qui se prononcera pour la “récupération” des hydrocarbures. La bourgeoisie utilise tous les moyens pour sauver ses positions : proclamation de la sécession de Santa Cruz, la 2ème ville du pays dans la province la plus riche à l’initiative des propriétaires terriens, utilisation de ses agents dans le Mouvement qui imposent le respect du cadre légal, ou des éléments trotskistes qui prônent le “pouvoir ouvrier”… L’alliance des masses paysannes et du prolétariat avec les éléments progressistes de la bourgeoisie nationale peut conduire à la victoire de la révolution nationale démocratique anti-impérialiste. Elle a besoin pour cela de la solidarité internationale des peuples, en premier lieu d’Amérique latine, car elle constitue un soutien à ces peuples, en particulier ceux qui résistent comme Cuba et le Venezuela. Elle a aussi besoin d’être défendue et aidée face aux menaces et ingérences de BUSH et de Condy RICE qui enragent au fur et à mesure que des peuples entrent en lutte contre leur domination.
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Dalkia : Le CGT-E victorieux au 2ème tour des élections professionnelles.
Les salariés ont décidé.
Le CGT-E est de très loin la première organisation de la région IDF, en dépit de l’effarante hostilité de la direction et de l’ensemble des syndicats dits représentatifs.
Par ce choix démocratique, les travailleurs ont renvoyé dans leurs nimbes les syndicats réformistes, CGT comprise, plus enclins à défendre leur rente de situation que les salariés, alors même que leurs acquis sont remis en cause. Par leur vote, les travailleurs ont, plus que jamais, manifesté leur adhésion au syndicalisme de lutte de classe, indépendant de l’employeur. Ils ont légitimé l’action des militants du CGT-E restés fidèles aux valeurs originelles de la CGT (par opposition aux orientations de sa direction actuelle) et plus que jamais solidaires avec ses militants de base, sincères et conscients des enjeux. Ainsi, le débat sur l’évolution du champ syndical dans l’entreprise, est parfois tronqué du fait de la collusion des «partenaires sociaux». Cette collusion est passée par un avenant au protocole d’accord préélectoral, accordant des moyens supplémentaires faramineux aux syndicats dits représentatifs : heures de délégation supplémentaires et argent pour mener leurs campagnes électorales ; on a même vu la direction de l’entreprise soutenir la CGT réformiste dans cette campagne : les réunions d’information syndicales de la CGT ont été convoquées par la direction ; menaces de sanction sur certains militants de la CGT-E, notification de l’interdiction d’accès aux sites aux militants du CGT-E ; arrachage systématique de leurs tracts, etc... Cette bataille du CGT-E est rendue nécessaire par le caractère collabo du «syndicalisme d’accompagnement», incompétent, routinier, et inefficace. Ainsi donc, les salariés de Dalkia ont parlé. Par leur vote, ils ont dessiné les contours de la nouvelle carte sociale de la région IDF légitimant ainsi la représentativité du CGT-E qui détient, à lui seul, 50% des mandats électifs. Cependant, malgré le désaveu infligé par les travailleurs, la direction et la coalition réformiste manœuvrent pour faire annuler ce scrutin. Elles ont déposé une requête auprès du Tribunal d’Instance de Vanves dans laquelle elles reprochent au CGT-E « d’avoir mené une campagne agressive appelant au boycott du premier tour» où plus de 70 % des salariés, tous collèges confondus, se sont abstenus. Au grand dam des déçus, le juge a renvoyé cette affaire aux calendes grecques mais la lutte continue.
Correspondant Dalkia
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LE CONGRÈS DE LA CGT DES BANQUES Á CONTRE-COURANT DES EXIGENCES POPULAIRES
Le 30 mai, au lendemain de la claque magistrale infligée au MEDEF, au gouvernement de droite et aux sociaux-libéraux, se tenait à Cogolin le Congrès de dissolution de la fédération nationale des secteurs financiers (banques et assurances). Il ne s’agissait rien de moins que de dissoudre une fédération CGT de 10 000 adhérents pour accueillir une poignée de cédétistes (800) décidés à quitter l’officine pro-patronale de CHÉRÈQUE. (on se demande d’ailleurs bien pourquoi ils n’y avaient pas pensé avant !)
Nombre de camarades ne comprenaient pas bien la justification d’une telle décision nous amenant à casser notre structure CGT dans le seul but de fusionner avec la décomposition d’une organisation réformiste. Bien que fort critiques vis-à-vis de notre fédé qui s’est toujours positionnée à droite dans tous les débats de la CGT (le dernier en date étant le soutien à la position THIBAULT sur l’Europe), nous tenons à défendre des principes qui nous différencient (encore) des syndicats réformistes (affirmation de la lutte des classes comme moteur de l’histoire, défense du fédéralisme et place centrale du syndicat d’entreprise). Cette opération avait été initiée par le secrétaire général de la CGT en personne dès le 2 novembre 2004, où une réunion des secrétaires de syndicats avait été convoquée à Montreuil, pour nous vanter les mérites du «syndicalisme rassemblé». Les mises en garde sur les dangers d’une telle opération sont restées vaines, bien qu’elles aient été étayées par l’expérience du syndicat CGT-BHV Rivoli où les ex-CFDT imposés par la direction confédérale CGT accompagnent la politique de casse sociale des patrons et tentent depuis deux ans d’exclure nos camarades qui ont construit le syndicat et défendent des positions de classe. Nous n’avons malheureusement pas pu nous opposer à ce projet calamiteux, tant les illusions «légitimistes» avaient été fortes (10% de votes contre le projet THIBAULT). C’est donc un Congrès conquis et ficelé à l’avance qui s’ouvrait. Afin d’obtenir facilement les 75% requis pour la dissolution, la moitié des mandats du syndicat CGT du Crédit Agricole était invalidée. Menée au pas de charge, la discussion ne permettait pas d’entendre les camarades de la Caisse d’Épargne Midi-Pyrénées, scandaleusement mis sur la touche pour laisser la place aux nouveaux arrivants cédétistes. Rien non plus, ou presque sur l’autre scandale que constitue le maintien du Syndicat du Personnel des Banques SPB, regroupant les ex-CFDT qui conservent leur double appartenance jusqu’au Congrès prochain ! (dans certaines entreprises, il y a dorénavant 2 syndicats se réclamant de la CGT). Veulent-ils réellement adhérer à la CGT ? Le 1er juin, s’ouvrait donc le Congrès fondateur de la nouvelle fédération avec une direction de Congrès bicéphale. Un grand nombre d’amendements avaient été déposés afin de contrer la tentative d’imposer, sans discussions, des statuts très proches de ceux de la CFDT. Il fut donc décidé de remettre à plus tard (au Congrès de 2006) toutes les modifications envisagées. Le document d’orientation lui aussi a été l’objet d’un affrontement de fond sur la politique sociale des gouvernements de la gauche plurielle, étrangement épargnés par le document : 36 % des voix se réunissaient autour d’une motion dénonçant la politique de RAFFARIN, mais en le désignant comme le continuateur des politiques des gouvernements précédents. Bernard THIBAULT arrivait le lendemain, avec une pile de son livre ventant son passé ouvrier. On n’était plus au Congrès de la CGT, mais à la FNAC à une vente-dédicace. Toute honte bue, notre secrétaire général (comme «nos» fédéraux, résistants de la 25ème heure d’ailleurs), avait le culot de revendiquer le vote NON au référendum sur l’Europe. Interpellé par plusieurs militants sur son attitude démobilisatrice, voire pro-OUI pendant toute la campagne, il osait nous dire qu’il faudrait s’habituer à ce que le Secrétaire Général de la CGT ne prenne plus position sur une quelconque échéance électorale, qu’il était le représentant de tous les syndiqués de la CGT, qu’ils aient voté OUI ou NON ! Quel aveu ! Ce Congrès de dupes ne pourra faire longtemps illusion. Il faudra bien que la nouvelle direction fédérale CGT-cédétiste se détermine par rapport aux enjeux qui nous attendent. Nous devons rapidement nous donner les moyens de reconstruire une opposition digne de ce nom dans cette fédération, afin de défendre un syndicalisme de lutte de classe, moderne et capable de répondre aux aspirations des salariés.
Un participant au Congrès.
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Alvaro CUNHAL et Vasco GONÇALVES nous ont quittés !
Les 11 et 13 juin 2005, le général Vasco GONÇALVES, ancien premier ministre des gouvernements provisoires, et le camarade Alvaro CUNHAL, ancien secrétaire général du Parti Communiste Portugais et dirigeant du Mouvement communiste international, nous ont quittés.
Alvaro CUNHAL a marqué profondément par sa personnalité, sa culture, son sens de l’analyse dialectique de la réalité concrète le mouvement ouvrier et révolutionnaire portugais. Étudiant de la Faculté de Droit de Lisbonne, il se détache très tôt dans la lutte contre le fascisme. En 1935, il participe au IVe Congrès de l’Internationale Communiste des Jeunes après être devenu Secrétaire général de la Jeunesse Communiste du Portugal. Rentré au Portugal, il sera arrêté deux fois et torturé par la police politique, mais ne parlera pas. Sitôt libéré, il reprend son poste dans la vie du Parti. Pendant les années quarante, il participe à la restructuration de l’activité politique clandestine du Parti. Il joue un rôle considérable dans la maîtrise de cette activité et la construction d’un appareil technique efficace qui permettra la sortie régulière de Avante, l’organe central du Parti, de cette époque jusqu’au 25 avril 1974. Il contribue au grand mouvement antifasciste des années quarante. Il s’attache à reconstruire dès 1946-1947 les liens du Parti avec le Mouvement Communiste International, interrompus depuis 1939. Arrêté en 1949, Alvaro est condamné à une lourde peine d’emprisonnement, dont huit années à l’isolement total. En 1960, il s’évade avec un groupe de camarades de la prison de Peniche. Élu au secrétariat du Comité Central peu après, il mène la bataille de rectification contre «la déviation droitière dans le Parti» et contribue à l’élaboration de la ligne politique et programmatique qui permettra le renversement du fascisme et l’ouverture de perspectives révolutionnaires en 1974. Il est élu secrétaire général du parti en 1961, poste qui n’avait plus été occupé depuis la mort au camp de concentration de TARRAFAL (Cap Vert) de Bento GONÇAVES en 1942. Le 25 avril 1974, à l’initiative du Mouvement des Forces Armées (MFA), le peuple portugais renverse la dictature salazariste de CAETANO. Le PCP sort de la clandestinité, Alvaro CUNHAL retourne triomphalement au Portugal. S’ouvre pour la classe ouvrière et le peuple portugais une période révolutionnaire intense. A. CUNHAL sera ministre sans portefeuille des quatre premiers gouvernements provisoires. A l’opposé des tendances opportunistes et révisionnistes qui empoisonnent alors certains secteurs du Mouvement Communiste International, Alvaro CUNHAL et le PCP vont faire la démonstration qu’une révolution est possible en Occident, et que démocratique et anti-monopoliste, elle est indispensable pour éradiquer le fascisme et approfondir les conquêtes démocratiques anti-monopolistes de la révolution des Œillets . C’est dans ce contexte qu’Alvaro CUNHAL va rencontrer Vasco GONÇALVES, figure marquante du MFA. Militaire, celui que le peuple portugais appelle «camarade Vasco », est l’exemple marquant de ceux dont STALINE disait qu’ils étaient des «communistes sans carte». C’est sous le fascisme que Vasco GONÇALVES découvre le marxisme clandestinement comme des milliers de jeunes portugais en particulier au travers des publications du PCF. Comme la plupart des militaires du MFA, sa compréhension de la nature du fascisme est liée à son expérience des guerres coloniales vécues par les peuples portugais, guinéens, angolais et mozambicains, pour le seul profit des familles monopolistes portugaises, et des hiérarques du fascisme. En septembre 1974, il devient premier ministre du deuxième gouvernement provisoire et, pendant un an, il va affronter la contre-révolution avec abnégation et courage, s’appuyant sur les masses populaires qui lui témoigneront leur affection face aux torrents d’injures que les défenseurs du capitalisme, sociaux-démocrates en tête, déverseront à son égard. Patriote, démocrate et révolutionnaire, il conduira les réformes visant à démanteler les structures socio-politiques héritées du fascisme, portant des coups à l’appareil de domination monopoliste. Rien d’étonnant donc à ce que Vasco GONÇALVES dans son combat, converge avec les communistes et avec leur représentant es-qualité au gouvernement, Alvaro CUNHAL. L’un comme l’autre rejettent le crétinisme parlementaire, qui consiste à croire que l’Histoire se résume à gérer les affaires en cours (c'est-à-dire celles de la classe dominante). Ils savent que ce sont les masses qui, au contraire font l’Histoire, et que celles-ci doivent mener la lutte dans toutes les conditions et jusqu’au bout, pour se libérer de l’exploitation et de l’oppression. Certes, le processus révolutionnaire a pu être stoppé par la bourgeoisie portugaise et internationale, s’appuyant sur le PS de Mario SOARES. Mais l’ampleur des transformations qui eurent lieu à ce moment-là, ont empêché le retour au fascisme et permis pendant plusieurs années au peuple portugais de voir ses conditions de vie et de travail s’améliorer. Le processus révolutionnaire enrayé, la contre-révolution grignotant peu à peu les conquêtes d’Avril, le PCP a mené la lutte pour défendre la classe ouvrière. En 1991, le camarade Alvaro CUNHAL, à l’inverse des traîtres et capitulards qui se sont révélés dans le MCI, a tenu le flambeau. En 1992, il quitte le poste de Secrétaire Général du PCP et devient Président du Parti jusqu’en 1996. Réélu au Comité Central, il se retire de la vie politique active. Mais lorsqu’il pressent une vaste offensive des adversaires du caractère révolutionnaire du Parti (depuis l’intérieur et l’extérieur de celui-ci) et des hésitations sur la riposte à lui infliger, Alvaro CUNHAL, quoique malade, mettra tout son poids dans la balance au côté des militants du Parti pour réaffirmer le rôle de la classe ouvrière et l’objectif révolutionnaire du parti. Lorsque la crise sera dépassée au XVIIe Congrès (début 2005), il enverra un message très court au Congrès pour saluer celui-ci comme une victoire de la classe ouvrière. Mais on ne peut conclure un article sur Alvaro CUNHAL sans parler d’un aspect de sa vie moins connu, notamment à l’étranger, et qui en fait une figure particulière de l’histoire portugaise. Après la chute du fascisme, on découvrit son œuvre de dessinateur, particulièrement forte dans ses dessins de prison. Mais après 1994, le peuple portugais découvrit que l’écrivain Manuel TIAGO, auteur notamment d’un grand roman réaliste, «Até amanha Camarada» (A demain Camarade), ainsi que d’une magistrale édition critique du Roi Lear de SHAKESPEARE (la meilleure en langue portugaise, avec une analyse pénétrante de l’œuvre et de sa signification), que Manuel TIAGO donc n’était autre qu’Alvaro CUNHAL. Ses romans et sa traduction avaient été publiés sous un pseudonyme pour éviter que son titre de secrétaire général du PCP n’interfère dans la diffusion (dans le parti). «Até Amanha Camarada» a donné lieu en janvier 2005 à un télé-film de quatre heures qui a été vu par plus de la moitié de la population portugaise (il a été rediffusé en hommage après sa mort) et qui devrait donner lieu à une diffusion en salle. Les funérailles du camarade Alvaro CUNHAL ont été l’occasion d’une gigantesque manifestation populaire. A l’exception du petit groupe de renégats auto-proclamés «rénovateurs», et des quelques commentateurs de la presse écrite, personne n’a osé l’attaquer ouvertement, comme si la peur d’être condamnés par les masses avait conduit ses adversaires à prendre la mesure de ce qu’ils ne pouvaient pas faire. Les centaines de milliers de participants l’ont accompagné jusqu’au crématorium. Il avait demandé qu’il n’y ait pas de discours et que ses cendres soient dispersées sur les massifs de fleurs du cimetière. Car la modestie était une de ses qualités comme la gentillesse, l’écoute de ses interlocuteurs, et la simplicité. Il laisse au Portugal et au monde un Parti communiste qui dresse avec fierté le drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau. A lui, comme à Vasco GONÇALVES, nous disons : «A toujours camarades. Vous serez de toutes nos luttes et l’on parlera encore de vous avec respect, quand on aura oublié jusqu’au nom de vos adversaires.»
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Chaque jour, BUSH perd la guerre en Irak...
La résistance patriotique irakienne ne chôme pas et inflige de lourdes pertes à l’occupant et à ses collaborateurs : soldats, mercenaires, policiers, véhicules terrestres et aériens, installations pétrolières sont les principales cibles du mouvement de libération. Lors de la Conférence sur l’Irak à Bruxelles fin juin, les États-Unis ont une nouvelle fois demandé aux pays de l’UE de soutenir financièrement l’occupation. Celle-ci devient de plus en plus ruineuse du fait des dépenses liées aux opérations militaires et aux mesures de sécurité (pour l’occupant, bien sûr) qui se répercutent sur les investissements, et de la corruption du régime fantoche. La situation est telle que des personnalités politiques et militaires US appellent carrément au retrait des troupes et qu’un sondage annonce qu’il n’y a plus que 37% des gens qui approuvent l’action de BUSH en Irak, tandis que 51 % trouvent, parfois a posteriori, que l’invasion de ce pays fut une erreur. En France, le retour au gouvernement de pro-américains avec SARKOZY risque de peser dans le sens d’un engagement plus important de l’impérialisme français dans le pillage de l’Irak, et peut être en participant plus directement à l’occupation. C’est ce qu’aurait rendu obligatoire la Constitution de l’UE, si les travailleurs n’avaient pas eu l’heureuse idée de la rejeter. Plus que jamais, soutenons les forces de résistances en Irak en dénonçant les mensonges des médias qui l’assimilent à Ben LADEN et en empêchant l’impérialisme français et l’UE. de s’emparer à leur tour de ce pays.
Commission internationale
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L’URCF et l’UNITÉ DES COMMUNISTES.
Récemment, lors d’une manifestation, un adhérent du PCF interpelle une de nos militantes : «vous n’avez pas le droit de vous appeler communiste, depuis le Congrès de Tours, c’est nous !». Éternelle question du rapport entre la forme et le contenu. Il existe en France, un parti qui n’a pas modifié son nom, à la différence des liquidateurs des autres partis communistes. Pour autant, si l’on parle de Tours et de la fondation du parti, que reste t-il des 21 conditions ? Aucune n’anime l’action du PCF ! Sa direction revendique cet abandon, puisque Francette LAZARD se félicitait de la rupture avec le modèle léniniste, bolchevique. (28 et 29ème Congrès). Que doivent faire les marxistes-léninistes, partisans des principes matérialistes : révolution, socialisme dans la perspective du communisme, dictature du prolétariat au lieu de celle du capital monopoliste ?
Constituer un ornement gauche, un peu vain, d’un parti devenu social-démocrate quant à ses objectifs ? Non, bien sûr, parce que nos convictions sont profondes. Nous avons opté pour que renaisse un véritable parti révolutionnaire dans ce pays. Deux vagues de militants ont quitté le PCF avec l’objectif de continuer «Tours». Dans les années 60, des militants du PCF défendirent les orientations anti-révisionnistes du Parti Communiste Chinois et du Parti du travail d’Albanie. Exclus, sans qu’ils aient eu la possibilité d’une longue lutte interne, ils fondèrent le PCMLF. De ce courant, subsistent outre de petits groupes, le PCOF (Parti Communiste des Ouvriers de France), et le Collectif Militant Communiste. Dans les années 90, la contre-révolution en URSS, la social-démocratisation du PCF, après des décennies de révisionnisme, poussèrent des militants communistes à s’organiser. La vie a tranché entre ceux qui voulaient «reconquérir le PCF» et ceux qui voulaient «reconstruire» un nouveau Parti. La défense du marxisme-léninisme a conduit les militants de ces deux vagues de ruptures (ce sont parfois les mêmes), à se rapprocher sur le plan théorique et sur cet objectif : faire renaître un Parti véritablement communiste, véritablement marxiste-léniniste. Le résultat est actuellement l’éparpillement des forces, l’existence de 5 ou 6 organisations communistes actives dans le pays, avec une influence évidemment différente. Ce «pluralisme» a des causes objectives : la date de rupture avec le PCF, l’implantation dans telle région, les divergences historiques ou actuelles. Parfois aussi, des causes subjectives : refus de l’unité sous divers prétextes, sectarisme. L’URCF a dû lutter contre cette tendance à se concevoir comme l’embryon unique du futur Parti et ce au prix de l’autocritique. Est-ce à dire que nous nous sommes ralliés à l’unité sans principe ? Non, notre position s’est affinée : nous avons rencontré d’autres organisations qui avaient leur propre expérience, leurs analyses parfois convergentes, d’autres fois divergentes, mais qui étaient authentiquement communistes. Avec le Collectif Militant Communiste, né pour contribuer à l’unité des communistes en vue de la fondation d’un Parti, nous avons travaillé rejoints par la «Coordination Communiste du Nord et Pas-de-Calais», puis momentanément par «Communiste en lutte». Ensemble, nous avons appelé au boycott des élections européennes. En 2005, à l’occasion du référendum, le Pôle de Renaissance Communiste en France et le PCOF ont participé au Front unique, dont le point culminant fut le meeting du 5 mai, pour la victoire du NON au référendum. Meeting qui a connu le succès avec 350 participants (un jour férié !). De plus, la tonalité internationaliste et combative du meeting a suscité l’enthousiasme, notamment des jeunes. Nous avons mesuré nos capacités de mobilisation ensemble. Un participant faisait remarquer, qu’à la prochaine initiative, nous serions le double. Car la division affaiblit nos forces alors que l’élan unitaire créera une dynamique. A nous, collectivement de prolonger dans l’action, ce qui est né le 5 mai.
Comment renforcer l’unité ?
Les propositions de l’URCF.
La première condition de l’unité est l’identité revendiquée et affirmée de chaque composante. L’adoption de nos «200 thèses pour une identité révolutionnaire-communiste», organisant la rupture non seulement avec le révisionnisme moderne mais aussi avec ses survivances, nous a donné une physionomie politique et idéologique claire. Tant que nous n’avions pas tranché ces questions, agir pour l’unité pouvait nous mettre en «péril». Le sectarisme est la conséquence de l’incapacité à défendre ses vues face aux déviations opportunistes. On ne sait comment argumenter, alors, on s’isole !
La seconde condition de l’unité est la recherche de toute action commune pour affaiblir l’ennemi. En haut et à la base, les militants, en frappant l’adversaire de classe, apprennent à travailler ensemble. C’est aussi un des acquis de la campagne du référendum, même si nous ne sommes qu’au début du processus. La pratique est première, parce qu’elle n’exige pas d’accord approfondi ; seulement la compréhension que l’unité d’action favorise la pratique de masse, autour d’une plate-forme minimale.
Troisième condition, la défense et le positionnement marxistes-léninistes. Certains camarades, parfois pressés, nous disent, vous êtes d’accord sur les grands principes, alors pourquoi, ne pas s’unir rapidement ? L’expérience nous montre que les divergences surgissent sur la compréhension des principes, sur les tactiques à mettre en œuvre, en réponse à «l’analyse concrète d’une situation concrète». Tout rapprochement artificiel, non vérifié en profondeur, conduira à des divisions accentuées ! Certains des camarades dirigeants des autres formations sont issus de la coordination communiste originelle. Si nous avons eu des ruptures, c’est bien parce que le cadre de luttes (une coordination), n’était plus adapté à la confrontation pratique et idéologique. L’unité sans principes et sans vérification sur le terrain, conduirait à la naissance d’un parti du type Refondation italienne, où la coexistence des divers courants engendre à chaque heure le social-démocratisme, atmosphère où pullule naturellement le trotskisme. Faire renaître un véritable parti marxiste-léniniste exige l’unité d’action dans la pratique et la confrontation idéologique, non par anathèmes, mais par la démonstration scientifique appuyée par le matérialisme-historique et dialectique. Tout en continuant à développer et renforcer notre organisation l’URCF, (et dans la dernière période, nos progrès se sont traduits qualitativement et quantitativement), nous agirons pour que la question de l’unité des communistes et à terme de l’union des communistes dans un parti unifié, authentiquement révolutionnaire, grandisse et soit posée par des camarades toujours plus nombreux. L’unité de l’avant-garde du prolétariat ne peut se réaliser que si existe une seule organisation reconnue par les masses comme «LE» parti communiste. Nous proposons que tant l’unité d’action que la confrontation théorique soient organisées dans une Confédération d’action des communistes, avec 2 délégués par organisation signataire. Évidemment, cette proposition prendra le temps nécessaire pour entrer dans la vie. Elle implique l’indépendance de chaque composante qui conduit sa politique en toute liberté, comme la possibilité de relations bilatérales, parfois inégales. Ce n’est pas un secret qu’avec Le Collectif militant communiste, notre unité est approfondie. Cette Confédération aurait pour mission d’établir une plate-forme minimale sur chaque action concrète commune et de confronter les analyses. L’unité d’action et le travail de vérification idéologique sans concession sur les principes, telle est la voie de la construction du parti communiste, ouvrier et marxiste-léniniste.
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Les messages de soutien et félicitations des partis frères à la victoire du NON.
Cher Jean-Luc,
Un très grand merci pour tes deux interventions d'hier soir qui ont été très bien reçues lors de la soirée du PTB à Bruxelles. Merci pour ton texte d'analyse que tu as déjà réalisé. Félicitations à tous les camarades communistes révolutionnaires qui, en France, ont pu se réunir pour faire campagne du NON sur une plate-forme distincte et populaire par rapport aux partisans du trotskisme, de la social-démocratie et du parti de la gauche européenne. Salutations amicales, Salut.
Jean PESTIAU Section internationale du Parti du Travail de Belgique.