
EDITO
RECOMPOSITION PROGRESSITE ET LUTTE DES CLASSES
Le 29 mai, l’électorat populaire a clairement indiqué son rejet du néolibéralisme, du pouvoir politique et de l’Union Européenne. Le PS a clairement été sanctionné, la majorité de ses sympathisants optant pour le NON, la gouvernance de JOSPIN et la campagne des «éléphants» : HOLLANDE, STRAUSS-KAHN, LANG ayant démontré, une fois de plus, le profond consensus entre la droite UMP-UDF et un PS acquis à la défense du néolibéralisme et de la construction de l’Europe capitaliste.
Les monopoles s’enrichissent de l’affaiblissement continu du pays.
Certains tenants du NON émettaient le souhait démagogique que la «majorité» changerait de cap et «entendrait les Français». L‘UMP n’est pas aux affaires pour faire une politique calquée sur les vœux exprimés, mais pour appliquer la stratégie des grandes sociétés multinationales. On ne peut se prétendre progressiste, «de gauche» et semer des illusions sur la nature de classe de l’État et des forces politiques à son service. La France, comme l’ensemble des autres États impérialistes, est enfoncée dans une crise structurelle du capitalisme. Certains économistes comme Tom THOMAS estiment même que l’impérialisme a atteint son «stade de sénilité». Le gouvernement VILLEPIN se démarque de son prédécesseur sur un point : poursuite du même cours néo-libéral mais accompagnée maintenant d’une démagogie nationale : le fameux «patriotisme économique» !
La réalité est toute autre que les fantasmes de Monsieur De VILLEPIN : la croissance patine et doit être révisée à la baisse chaque trimestre, la production industrielle recule, surtout dans le secteur énergétique, affaibli par la privatisation rampante d’EDF-GDF ; le déficit commercial s’aggrave, atteignant 3,2 milliards d’euros depuis le début de l’année. La crise n’est pas synonyme de difficultés pour «tous» et la polarisation sociale s’amplifie car les monopoles accroissent leurs profits sur le dos des travailleurs et des familles modestes. Les groupes membres du CAC 40 ont enregistré un record de profits avec 60 milliards d’euros (35 en 2003). Le capital utilise désormais 40 % des excédents bruts d’exploitation pour rémunérer ses actionnaires, tout cela au détriment de l’emploi, des investissements de recherche et de production. Le chômage s’est accru cette année avec la suppression de 370 000 emplois. La baisse du salaire réel se manifeste avec ampleur : depuis 4 ans (passage à l’euro), l’inflation a absorbé les hausses nominales de salaires (soit 137 euros). Le tabac (54 % de hausse), les loyers (144 euros de hausse moyenne annuelle), les carburants (120 euros de hausse par an, mais le pire est devant nous). Le caractère «rentier, tondeur de coupons» (LÉNINE) du capitalisme français se manifeste avec éclat. Au passage, ceux qui oublient que la France est un État impérialiste doivent savoir que, dans les investissements directs à l’étranger, avec 317 milliards de $, la France est au deuxième rang mondial, devançant même les États-Unis. Cela a pour conséquences de multiplier toujours plus les délocalisations, comme l’annonce récente de la fermeture d’entreprises de chaussures françaises à Romans, l’attaque permanente contre le pouvoir d’achat et les salaires. Quant aux mesures VILLEPIN concernant l’emploi, elles n’auront qu’une conséquence : la suppression totale des «cotisations patronales» à hauteur du SMIC. Elles seront financées par la puissance publique, ainsi que le coût des réformes, soit 4,5 milliards d’euros. Emplois qui seront précaires, sous-payés, temporaires. Les privatisations, si elles rapporteront d’immenses profits aux boursicoteurs, privent le pays de ressources, le passage au privé de la société des autoroutes de France en est la dernière illustration.
Construire des axes de luttes contre le néo-libéralisme.
Cet état des lieux économiques montre l’ampleur des difficultés des travailleurs et de leur famille dans ce pays. Des mesures d’urgence s’imposent ! Mesures qui ne peuvent voir le jour que par la mobilisation des travailleurs. Tous les grands changements se sont réalisés par les grèves d’ampleur et les manifestations massives de rue. Durant la campagne du référendum, les militants de l’URCF ont vu beaucoup de souffrances et d’inquiétudes sur l’avenir. Aspiration au changement et scepticisme vont de pair. Nul n’a oublié et ne doit faire preuve d’amnésie à l’égard des années JOSPIN-gauche plurielle. Les engagements (pourtant minimes) ont été trahis. Les luttes doivent avoir pour cible : l’emploi, la sauvegarde et le rattrapage du pouvoir d’achat, le logement social, la priorité budgétaire à l’Éducation et à la recherche, la sauvegarde du tissu économique, le refus des diktats de l’UE. L’URCF va soumettre à l’opinion progressiste dans les réunions publiques, les manifestations, les grèves, son programme pour une alternative progressiste : de la lutte immédiate contre le néolibéralisme à la lutte générale contre le capitalisme. Programme soumis aux forces progressistes, qui sera corrigé, amélioré au fur et à mesure des propositions et revendications. Démarche qui trouvera son aboutissement à notre troisième forum «Accusons le Capitalisme», en 2006.
Pour une recomposition progressiste sur des bases de classe.
Corollaire des possibilités d’une véritable alternative progressiste, il faut recomposer le camp du progrès. On ne peut donner de nouveaux chèques en blanc à un PS qui, des guerres coloniales d’un passé pas si ancien, à l’application impitoyable de la stratégie monopoliste de néolibéralisme, a amplement démontré que son rôle d’alternance avec les forces conservatrices était d’exercer la direction politique (dictature de classe) du système d’exploitation : le capitalisme. Les travailleurs doivent écarter le social-libéralisme du mouvement populaire en construction. Cela est valable pour ceux qui, électoralisme oblige, tendent la main «aux tenants du OUI de gauche, pour combattre le libéralisme» M.G Buffet !
Le Traité constitutionnel n’était-il pas précisément la synthèse des mesures néo-libérales appliquées dans toute l’Europe ? L’URCF estime que l’urgence exige de s’attaquer par les luttes aux conséquences du capitalisme : le néo-libéralisme précisément. Pour cela, le rassemblement des partisans du NON, à la base, est un atout considérable. Mais une recomposition progressiste et réellement nouvelle, n’émergera que si on refuse les illusions sur la possibilité de réformer une UE construite par le capital et pour le capital. Quand la direction du PCF propose que la «banque centrale européenne» ait une «mission primordiale emploi», un «pacte de stabilité», «une refonte du FMI», une «monnaie commune mondiale», nous avons là des propositions qui ignorent les démarcations de classe en France et dans le monde et l’antagonisme capital/travail. N’y a-t-il plus nécessité des luttes dans chaque pays ? Doit-on compter exclusivement sur le compromis avec les institutions impérialistes et le bon vouloir de leurs dirigeants ? Non ! La cible des luttes de classes reste la bourgeoisie monopoliste, l’exploitation capitaliste, dans le monde et dans son pays. Nos propositions d’axes de luttes visent au changement ici, en liaison avec les travailleurs d’Europe et du monde.
La recomposition progressiste exige que renaisse le plus rapidement possible un parti communiste, marxiste-léniniste et ouvrier. Si l’urgence, c’est de s’attaquer au néolibéralisme insupportable, l’avenir nécessite la compréhension que le capitalisme sénile engendre guerres, catastrophes écologiques, pandémies, misère et famines, le chômage d’un milliard d’hommes et femmes, krachs financiers, crise du logement, et qu’il a fait son temps. Conquérir les libertés, la démocratie, la satisfaction des besoins exigent une révolution anticapitaliste pour gagner le socialisme avec le pouvoir ouvrier et populaire et la socialisation des moyens de production.
La crise du capitalisme, survenue au début des années 70, allait démontrer l’inefficacité des solutions keynésiennes pour conjurer et stopper la baisse tendancielle du taux de profit, la surproduction, la dépression économique. Des théoriciens comme FRIEDMANN, des dirigeants comme THATCHER et REAGAN allaient prôner la fin de «l’étatisme», la concurrence sans entraves (comme les libéraux du 19ème siècle), la privatisation des entreprises publiques, d’où le nom de néo-libéralisme, donné à cette politique.
L’ensemble des États impérialistes se ralliait à cette stratégie et l’imposaient aux pays dépendants. L’UE s’est avérée une puissante machine à libéraliser. Cette frénésie néo-libérale s’est traduite par ce chiffre énorme de recettes des privatisations : 200 milliards de $. En Grande-Bretagne, sous THATCHER et BLAIR, le secteur public a vu son poids passer de 9 % à 2 % dans le PIB. Ce néo-libéralisme est appliqué avec zèle, tant par la droite réactionnaire que par la social-démocratie. A ceux qui sont tentés de remettre en selle les sociaux-libéraux du PS (certains ont été ministres de JOSPIN), rappelons la vérité des chiffres. CHIRAC de 1986 à 1988, comme Premier Ministre, a privatisé : Elf, Saint-Gobain, Paribas, Alcatel, la Société Générale (pour 72 milliards de francs). Ses successeurs n’ont pas été en reste. Le montant des sommes rapportées par les privatisations a été de 114 milliards de Francs (BALLADUR en trois ans), 40 milliards (JUPPÉ en deux ans), 260 milliards (JOSPIN en 5 ans, record absolu !). Ces sommes constituent un détournement et un vol des biens construits par la force de travail des salariés et l’argent public, pour le seul profit des spéculateurs et boursicoteurs, devenus propriétaires sans avoir investi dans le développement de l’entreprise !
Les arguments des privatisateurs et la réalité des privatisés !
Une véritable campagne idéologique a accompagné la vague de privatisations. On parlait de «l’inefficacité» du secteur public, de «l’impératif de la concurrence». Les années passées permettent d’établir un bilan. Prenons l’exemple des trains allemands privés, leur inefficacité est légendaire : les retards sont si habituels, que le premier réflexe du voyageur est de regarder sur les panneaux : à combien se monte le retard ? En Grande-Bretagne, 7 compagnies se partagent l’exploitation des lignes, les changements sont nombreux, inconfort, lenteur (moyenne de 60 km/heure), attente aux guichets. L’insécurité permanente a occasionné une centaine de morts. Railtrack, responsable de l’équipement et des infrastructures, n’a pas effectué d’investissements. L’électricité privée en Californie signifie : désastre économique avec ses coupures et hausse incessante des tarifs. Les idéologues néo-libéraux évoquent «la baisse des tarifs» liée à la concurrence. Dans un premier temps, les opérateurs cherchant une clientèle, la déréglementation occasionne une baisse des offres. L’expérience montre, qu’une fois les planchers atteints, les prix vont remonter. La concurrence (loi du capitalisme oblige), conduit à la formation de monopole(s). Dès lors, les tarifs sont établis au prix monopolistique. Le Président de Gaz de France le reconnaît, quand il avoue, «le client n’a rien à attendre de la libéralisation, cette dernière est favorable uniquement aux gros consommateurs» (les entreprises). Les privatisations entraînent aussi une baisse des recettes de l’État. Les bénéfices des entreprises publiques alimentaient le budget d’État et les collectivités publiques. Pour compenser ces pertes, les impôts augmentent et les cadences de travail sont intensifiées ; le taux d’exploitation est aggravé. Les privatisations accentuent le caractère parasitaire du capitalisme. C’est tout d’abord la part énorme prise par les budgets publicitaires (15 %, payés par les usagers), ensuite, les privatisés, pour diminuer la masse salariale, vont multiplier les intermédiaires. On voit ainsi des sous-traitants : organiser des séminaires, revendre du matériel usagé, préparer les sorties-détentes des PDG ! Les revenus de la bourgeoisie monopoliste explosent. Les PDG sont payés (sans les actions) de 6 à 20 millions d’euros annuels. Les États impérialistes vont utiliser les privatisations pour aggraver le pillage des pays dépendants et assurer de colossaux profits à leurs multinationales. Par exemple, au Brésil, deux monopoles, un américain et un français se sont emparés d’Electroluz. Les conséquences sont dramatiques : hausse brutale des tarifs, licenciement de 40 % des salariés autochtones, coupure définitive de l’électricité aux favellas (bidonvilles). L’industrie pharmaceutique augmente sans cesse les tarifs dans les pays développés et envoie les médicaments périmés en Afrique. Enfin, les privatisations participent des tendances à la concentration capitaliste. En France, les privatisés Paribas et Société Générale ont fusionné pour s’emparer de marchés internationaux. La logique trans-européenne n’est pas toujours la règle. Renault a racheté le japonais Nissan. France Télécom et EDF se sont emparés de marchés en Amérique latine. Le combat contre les privatisations exige donc la clarté sur la gestion des entreprises restées publiques. A EDF, les syndicalistes (minoritaires) qui dénonçaient les prises de possession d’entreprises électriques étrangères, s’opposaient à cette politique parce qu’elle participe du pillage impérialiste. Que, de plus, elle détourne l’entreprise de ses missions de service public, et s’inscrit dans la logique de la concurrence… afin de préparer la privatisation. L’objectif des privatisations est d’assurer le maximum de profits à l’oligarchie financière par l’appropriation des marchés, des richesses produites, des moyens de production grâce au vol du patrimoine public. Ses conséquences pour l’ensemble du monde sont dramatiques : affaiblissement continu des missions de service public, chaos économique dans les États dominés, destruction des industries traditionnelles, aggravation des inégalités. L’humanité laborieuse vit plus mal qu’au siècle précédent.
Commission ouvrière : PROJET DE PROGRAMME DE L’URCF
De la lutte immédiate contre le néo-libéralisme à la lutte générale contre le capitalisme !
Ce programme sera disponible prochainement, précédé d’une analyse de notre secrétaire général sur la tactique et la stratégie des révolutionnaires- communistes. Il portera à la fois sur des axes de luttes immédiates contre le néo-libéralisme et ses méfaits, mais aussi sur le lien indissociable avec le programme de lutte pour la révolution socialiste. Programme qui sera discuté dans toutes les fédérations de notre organisation, proposé à la discussion avec les autres organisations communistes, diffusé pendant les grèves et les manifestations. La discussion débouchera sur le texte final discuté au IIIème Forum anticapitaliste en 2006.
Voici, en avant-première, pour nos lecteurs, quelques propositions d’urgence :
Gagner des droits démocratiques nouveaux :
Abrogation de la Vème République, Assemblée constituante, élections à la proportionnelle intégrale (scrutin de liste), suppression de la loi sur le financement des partis par l’État, nationalisation des imprimeries pour démocratiser la liberté d’expression. Suppression du «présidentialisme», les pouvoirs à l’Assemblée, suppression du Sénat, droit à la révocation des élus (par référendum) en cas de non-respect des engagements, droit d’expression politique dans l’entreprise, création d’organes élus de contrôle populaire à tous les échelons politiques, droit de vote et citoyenneté à toutes les personnes résidant en France depuis trois ans, fin de «l’armée professionnelle», retour à la conscription, obligation de la laïcité dans tous les établissements d’éducation et dans les lieux d’expression public.
Économie :
Priorité à la sauvegarde du tissu économique et à l’emploi, création de pôles de services publics, dans les secteurs vitaux pour la satisfaction des besoins : énergie, transports, éducation/recherche/formation/communication, agroalimentaire, santé, logement social, banques/crédit. Maintien et développement des services publics de proximité. Re-nationalisation de tous les privatisés et des entreprises délocalisées. Gestion démocratique par les Conseils d’entreprises (avec 51 % des sièges pour les représentants des salariés). Aide à la vente directe des producteurs de fruits et légumes sur des marchés d’État.
Droits sociaux :
Droit syndical dans toutes les entreprises, avec délégué syndical et CE (à partir de 10 salariés), extension des pouvoirs des CE dans le contrôle de la gestion et des investissements, interdiction des licenciements économiques, échelle mobile des salaires (indexation des salaires sur l’évolution des prix), retraite à 60 ans (55 ans pour les travaux pénibles) avec 37,5 annuités (années d’études supérieures comprises), augmentation du SMIC, des petits salaires, des minima sociaux et des allocations chômage et handicapés, égalité pleine et entière des droits de la femme, lutte contre le sexisme et les discriminations racistes, sauvegarde de la Sécurité Sociale avec ses principes fondateurs de gratuité.
International :
Refus des diktats de l’UE et des instances impérialistes internationales, priorité au droit de chaque pays à choisir sa voie de développement, retrait du pacte atlantique (OTAN), retrait des corps expéditionnaires français, non ingérence dans les affaires des autres pays, annulation des Traité iniques qui restreignent la souveraineté nationale et populaire (la nôtre et celle des autres), autodétermination des colonies et territoires d’outre-mer, lutte contre la guerre impérialiste, annulation de la dette et de ses intérêts envers les pays du «tiers-monde», lutte contre le «nouvel ordre mondial impérialiste».
comment s’y opposer ?
Gaz de France a lancé le 23 juin le processus d’ouverture au capital et de cotation en bourse, l’État cédant dans un premier temps : 20 % du capital pour 2,5 milliards d’euros. La volonté impérialiste de cette entreprise est rappelée par T.BRETON : «On a besoin d’avoir un GDF en bonne santé pour racheter des entreprises». La note est déjà dure pour les consommateurs (14 % de hausse), les prix seront révisables trimestriellement. EDF : ce sera la plus grosse opération de mise en bourse (entre 8 à 9 milliards).
«Autoroutes de France» : On est loin des promesses d’antan sur la gratuité des autoroutes. Au contraire, le gouvernement vend ses parts pour 11 milliards. La hausse des tarifs devrait suivre, accompagnée de la montée du prix de l’essence et des gains de rentabilité économisés sur l’entretien des routes. De plus, cela diminue les recettes de l’État.
Toutes ces privatisations vont aggraver la vie quotidienne, assurer des services amoindris et plus chers et insécurisés. La bataille contre les privatisations a montré ses limites, car le réformisme syndical, encore dominant, consiste à céder sur l’avenir de l’entreprise, en échange de quelques avantages de statut conservé (mais pour combien de temps ?).
Dans la construction d’une alternative progressiste d’urgence que nous voulons faire grandir dans le camp du NON, nous devons être les meilleurs défenseurs des Comités rassemblant usagers/salariés autour de leurs revendications communes pour l’existence de services publics partout. Bataille qui implique aussi le combat contre le néo-libéralisme du pouvoir, des sociaux-libéraux du PS et de l’UE.
Ce programme d’urgence anti-néolibéral, met en avant la nécessité de nationalisations nouvelles (eau, laboratoires, recherche, banques) comme de re-nationalisation des privatisés, afin que les besoins vitaux, essentiels et l’emploi soient assurés, dans une lutte de classe permanente contre la «rentabilité financière» et l’État des monopoles.
Contre la chasse aux sorcières !
Tandis que Stéphane COURTOIS, en liaison avec la réaction sur le continent européen, poursuit une croisade visant à organiser un tribunal international pour condamner le communisme et ses partisans, «un tribunal de Nuremberg contre le communisme», que certains députés du Parlement Européen demandent l’interdiction des symboles communistes, d’autres passent aux travaux pratiques en engageant des campagnes de chasse aux sorcières. L’attaque contre les symboles communistes a commencé en France, avec l’exemple d’Argenteuil et de Gentilly : à Argenteuil, qui débaptise l’avenue LÉNINE et l’esplanade Maurice THOREZ. A Gentilly, la municipalité PCF a retiré le buste de LÉNINE.
Cela sort des traditionnels changements de noms, propres aux petits politiciens de banlieues quand ils récupèrent une municipalité ouvrière. Dans la revue l’Histoire du mois de mai, Michel WINOCK, professeur à Sciences-po, s’indigne qu’il y ait encore des rues portant le nom de LÉNINE, en accusant le régime soviétique de crimes. Signalons tout de même à ce Monsieur que les archives dans les anciens États socialistes sont ouvertes et qu’elles démentent ces allégations mensongères. Son indignation est sélective et sent son opinion de classe, quand le silence est fait sur les 40 000 communards assassinés par les versaillais et Monsieur THIERS, toujours honoré, pourtant, par de nombreuses rues portant son nom.
Au même moment, un groupe fascisant d’Ukrainiens baptisés Ukraine 33 se lance dans une campagne demandant, avec des menaces implicites, que le professeur Annie LACROIX-RIZ soit renvoyé de l’Université Paris-VII. Son crime ? Elle diffuse sur son site Internet et auprès de ses étudiants des extraits d’archives du ministère français des Affaires Étrangères, prouvant qu’il n’y a pas eu de famine organisée par le gouvernement soviétique en 1933 en Ukraine. Cette campagne ancienne sur les prétendus millions de morts de la famine trouve sa source dans les ambassades américaines, allemandes et italiennes, relayées par les partisans de BANDERA (chef de file fasciste des nationalistes collabos ukrainiens, supplétifs des SS).
Le pire est que cette historienne de valeur reconnue soit dénoncée comme négationniste. Historienne renommée pour le sérieux de ses travaux, engagée dans le communisme – ce qu’on lui reproche peut-être implicitement – Annie a déjà été vilipendée pour ses travaux précédents : pour son ouvrage sur les relations entre le Vatican et l’Allemagne, puis pour son livre sur les banquiers et les industriels sous l’occupation, où elle révélait que le zyklon-B utilisé dans les chambres à gaz nazies était fabriqué par … Ugine Kuhlmann en France. Mais, cette fois-ci, la campagne de haine veut aboutir à une interdiction professionnelle. Au-delà des pressions de ce groupuscule ukrainien, le président de Paris VII doit prendre ses responsabilités et défendre les libertés universitaires. Aucun interdit professionnel ne doit être permis et porter atteinte à la liberté d’expression.
L’URCF exprime sa solidarité à Annie LACROIX-RIZ et appelle les universitaires, les communistes, les démocrates à se dresser contre les tentatives de chasse aux sorcières et d’interdits professionnels, comme à s’opposer à la «débaptisation» des rues portant le nom des dirigeants du mouvement ouvrier.
L’URCF
les populations vont trinquer
Le néolibéralisme est la nouvelle solution des monopoles à la crise du capitalisme. En 2004, le premier ministre explique qu'il faut "mettre fin aux impasses de l'État providence" et que "l'État a vocation à se retirer du secteur concurrentiel". Le ministère de l'Équipement n'échappe pas à la règle.
Le démantèlement pièce par pièce du ministère et de ses Directions Départementales de l'Équipement (DDE) va s'achever dès le 01/01/2006, avec le transfert de 35 000 agents aux départements, toutes les routes départementales et 20 000 km de RN. Dans le cadre de la loi sur la décentralisation rebaptisée "loi sur les responsabilités locales", la DDE est dépouillée de toutes ses activités routières sur le modèle des sociétés concessionnaires d'autoroutes avec à terme la privatisation complète. Déjà, le premier ministre estime le coût de transfert à 10 milliards alors que Dexia-Crédit local l'estime à 14 milliards, par exemple. Cette loi accentue les inégalités entre les régions, puisque le Gers, par exemple, n’ayant pas investi lors des cinq dernières années sera doté de zéro euros. La solution préconisée par la loi est d'ailleurs de généraliser les péages comme mode de financement des infrastructures.
On peut dire que les travailleurs vont payer plusieurs fois le démantèlement de la DDE
Les conséquences pour l'usager sont sans appel : une forte inégalité de traitement en fonction de la rentabilité financière et une augmentation significative des prestations du service public. L'usager devra payer davantage l'accès aux prestations et à coté du service "universel", les services de qualité seront réservés à ceux qui pourront payer. N'oublions pas aussi le rôle la DDE contre les inondations (de plus en plus fréquentes) alors qu’elle a la responsabilité des digues, dont l’entretien est souvent abandonné, faute de moyens. Avec la logique de la rentabilité financière, c'est aussi un champ nouveau qui est proposé au secteur privé pour la gestion et le financement des services à la population. Et là, l'appétit du Capital est sans limite : entretien et exploitation des RN mais aussi restauration scolaire, logement social, action sociale. Les inégalités de traitement seront spectaculaires : déjà les écarts vont de 1 à 10 pour les moyens de fonctionnements communaux des écoles primaires. S'ajoute l'inégalité territoriale autorisée par la réforme constitutionnelle, avec sur le plan institutionnel la possibilité reconnue aux collectivités territoriales de déroger aux lois et règlements. Cela entraînerait aussi la mise en concurrence des salariés et des territoires. Sans compter que le ministère de l'équipement abandonne aussi l'ingénierie publique et notamment la maîtrise d’œuvre pour les collectivités territoriales et l'instruction des permis de construire pour les communes de plus de 10 000 habitants. En fait, la décentralisation et le démantèlement de la DDE s'inscrivent dans une démarche plus globale visant à concentrer le rôle de la fonction publique sur ses missions répressives que sont l'armée, la police, la justice et la politique étrangère ; les autres missions doivent être privatisées si elles relèvent du secteur concurrentiel (c'est-à-dire, si le capitalisme privé peut en tirer profit immédiat) ou renvoyées vers les collectivités locales. Ainsi, les conseils d'administrations des monopoles tiendront les leviers de commande dans les départements, les régions et l'État. L'exemple du département des Alpes de Haute-Provence est très révélateur sur cette mise en concurrence des territoires dictée par les conseils d'administrations. On ferme des services publics mais est visé également le premier site industriel du département, l'usine chimique Arkéma (groupe Total) ; son directeur n'hésitant pas à justifier le projet au motif que le département aurait "une vocation touristique". Cette politique nationale est au diapason des orientations européennes au travers notamment de la directive BOLKESTEIN. On peut dire que les travailleurs vont payer le démantèlement de la DDE à plusieurs niveaux : les péages routiers, l'augmentation des impôts locaux ; la plus-value empochée par les sociétés capitalistes, et les inégalités entre les territoires. Mais, dans le système capitaliste, les brèches existent et peuvent devenir des failles béantes si les travailleurs se mobilisent. Un rapport de la documentation française conclut que «le transfert des agents constitue un type d'action publique extrêmement fragile et instable. Il se trouve donc à la merci d'un mouvement national d'ampleur nationale…».
L'inégalité territoriale est autorisée par la réforme constitutionnelle
Oui, des intérêts communs importants existent entre les travailleurs de la DDE et les populations. Nous pouvons les mettre en lumière et les faire grandir dans tous les départements. Les revendications immédiates doivent être la nationalisation des sociétés d’autoroutes (dont la privatisation scandalise les Français), la suppression des péages, la préservation des missions publiques, le respect de l'égalité de traitement, le maintien des implantations territoriales et des agents, la prise en compte des nouveaux besoins. Notre pays a besoin d'un service public en matière d'aménagement du territoire, d'environnement, d'ingénierie publique, de construction et de gestion des infrastructures, de politique de la ville, de prévention des risques naturels.
PS : qui tire les ficelles ?
Tout en se réclamant de la gauche, de l’humanisme, du socialisme, le PS a toujours choisi son camp, celui des patrons contre la classe ouvrière
Leurs parcours, occupations et fréquentations publiques éclairent leurs actions, discours et positons de classe.
Lionel JOSPIN
Citons parmi les membres de son cabinet, Yves COLMOU : directeur chez IBM-France, ancien directeur adjoint de la campagne de JOSPIN aux présidentielles. Jean-Noël TRONC, directeur chez Orange ; Thierry JIAMI, directeur de groupe AMA ; Bernard MABILE, directeur général de Next, filiale de Thomson et Alcatel. Leurs conseils ont sans doute été utiles, puisque JOSPIN a privatisé, Thomson- CSF, Thomson Multimédia, La société marseillaise de crédit, le CIC, le Crédit Lyonnais, la GAN, la CNP- Assurance, l’Aérospatiale-Matra, France-Télécom, ouverture du processus de privatisation à EDF et à Air France, casse de la SNCF en deux établissements distincts.
Dominique STRAUSS-KAHN. Vice président du «Cercle de l’Industrie», lobby patronal créé en 1994 par Raymond LÉVY, président de Renault, où siègent Vincent BOLLORÉ et Louis SCHWEITZER, il est membre du «Siècle», club privé fondé pour regrouper les éléments de «l’élite bourgeoise française».
Martine AUBRY,
Directrice adjointe de Péchiney auprès de Jean GANDOIS, ancien patron du CNPF. Membre du «siècle» ; fondatrice, en 1993 avec les patrons chrétiens, du cercle «Agir contre l’exclusion», présidé par Alain MINC, directeur financier bien connu.
François HOLLANDE,
Membre de l’IRIS, Institut des relations internationales et stratégiques, organisme lié à l’Impérialisme américain, regroupant plusieurs monopolistes, notamment du capital financier, des députés de droite, dont SARKOZY et LELLOUCHE.
Laurent FABIUS
La composition de son cabinet en tant que Ministre de l’économie est éloquente : Louis SCHWEITZER, ex-président de Renault, Charles-Henry PHILIPPI, ex-PDG du CCF. Patrick PONSOLLE, patron d’Eurotunnel ; Serge WEINBERG, directeur d’adjoint de Pinault-Printemps-La Redoute, Marc-Antoine JAMET, secrétaire général de LVMH.
Sociaux, ils disent, libéraux, ils font
Quelques rappels à propos de dirigeants du PS.
Lionel JOSPIN
Ancien Trotskiste lambertiste, 1er ministre (1997-2002). Battu à l’élection présidentielle en 2002,
«je ne changerai pas de cap, le bilan ne saurait être remis en cause ».
1997 «lutter contre l’emploi précaire».
1998 loi AUBRY de flexibilité, développement de la précarité dans tous les domaines (emplois- jeunes)
1997 «consolider et promouvoir les principes du service public au niveau européen».
2005 appel à voter OUI à la Constitution européenne qui détruit le service public.
1997 Pour le gel des privatisations des services publics, dont EDF.
2002 sommet de Lisbonne, vote la directive européenne sur la libéralisation de l’énergie.
1999 Il disait, avant d’entrer au gouvernement, «on n’a pas supprimé la dictature du prolétariat pour avoir celle de l’actionnariat». Il s’engage à sauvegarder le service public. Arrivé au pouvoir, il devient le premier privatiseur de France.
François MITTERRAND
Il est bon de rappeler les paroles fortes du sieur MITTERRAND dont l’objectif fondamental fut de liquider le communisme en France. En 1973, au Congrès de l’internationale Socialiste à Vienne, il déclare qu’il «prendra trois millions de voix au moins au PCF». Ensuite, bénéficiant de l’erreur stratégique de la direction PCF d’une alliance programmatique avec le PS, il va entretenir une démagogie inégalée pendant dix ans ; nous citons ses propos :
« celui qui n’accepte pas la rupture (…) avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut être adhérent au parti socialiste (…) il n’y aura jamais de société socialiste sans propriété collective des grands moyens de production, d’échange et de recherche. »
« L’apport théorique principal qui inspire le PS, est et reste le marxisme »
On peut juger, maintenant, avec le recul de la dangerosité pour les intérêts des travailleurs du social-libéralisme, socialiste en paroles, libéral dans les faits.
Lettre de Claude DESPRETZ, soldat du refus de la Guerre d’Algérie
DE LA STÈLE OAS AUX … «MORTS POUR LA FRANCE»
Madeleine OULD AOUDIA a témoigné, dans l’Humanité Hebdo du 16-17 juillet 2005, du comportement de nostalgiques de l’OAS. Cela s’est passé le 6 juillet 2005 devant le cimetière de Marignane, où ils étaient venus inaugurer une stèle en hommage à l’OAS. Madeleine OULD AOUDIA, fille d’un enseignant assassiné par l’OAS et trois autres représentants de familles victimes elles aussi de l’OAS, accompagnés de quelques amis, étaient présents, dans le silence et sans emblème, pour témoigner de leur réprobation d’une telle manifestation. Ils ont eu droit aux injures, crachats et menaces de la part des nostalgiques de l’OAS. La stèle du cimetière de Marignane s’inscrit parfaitement dans l’esprit de la loi, glorifiant le colonialisme français, votée par le Parlement le 23 février 2005. Pourquoi le groupe «communiste et républicain» a-t-il chargé le député François LIBETTI de proposer un amendement à cette loi inamendable, dont voici le texte : «La qualité de «Morts pour la France» est reconnue aux victimes de la rue d’Isly le 26 mars 1962. Cette mention sera décernée aux autres victimes civiles de la guerre, sur avis favorable du ministre aux Anciens Combattants conformément aux dispositions prévues par le Code des pensions militaires et … des victimes de guerre». La manifestation du 26 mars à Alger était organisée par l’OAS contre les accords d’Evian. Les manifestants tués sont morts pour l’Algérie française, pour la poursuite de la guerre qui durait depuis plus de 7 ans, contre le peuple algérien en lutte pour son indépendance. L’amendement a été rejeté. Le groupe communiste et républicain a voté contre la loi du 23 février. Mais quand on lit les motifs du vote NON à cette loi, on ne trouve pas un mot contre le colonialisme français. Voilà quelques extraits de l’intervention du député François LIBERTI, chargé d’expliquer le vote NON à cette loi :
«nous sommes donc bien loin d’une volonté de consensus qui aurait voulu que nous puissions tous, cet après-midi, amender ce texte afin d’aller dans le sens souhaité … les insuffisances de ce texte conduisent donc notre groupe à voter contre ce projet de loi».
Il est important que soient connues par tous les raisons profondes de cette dérive politique.
SOLIDARITÉ CUBA
LIBERTÉ POUR LES 5 DE MIAMI
Extrait du discours prononcé par Jean-Luc SALLÉ, secrétaire général de l’URCF, à l’occasion d’une soirée de la «Coordination de solidarité avec les cinq et avec la révolution cubaine» le 20 juin à Saint-Denis, en présence de la mère d’un des cinq patriotes.
«Chers camarades, camarade députée, chère Irma,
L'Union des Révolutionnaires-Communistes de France est honorée d'apporter sa contribution à la campagne de solidarité internationale avec les 5 patriotes Cubains injustement incarcérés aux États-Unis : René GONZALES, Gerardo HERNANDEZ, Antonio GUERRERO, Ramon LABANINO. Fernando GONZALES qui croupissent dans les geôles américaines depuis bientôt 7 ans !
(…)
Chacun, ici, sait que l'impérialisme américain pratique une politique internationale qui au nom de «la lutte contre le terrorisme», utilise les méthodes fascistes de domination avec le terrorisme armé contre les peuples : Vietnam, Corée Populaire, Yougoslavie, . Afghanistan, Irak, Cuba.
Politique de guerre accompagnée, préparée par tout un arsenal de mensonges à la GOEBBELS. Ainsi, avec la sinistre administration BUSH, on a l'utilisation du terrorisme pour soi-disant contrer le terrorisme. En fait assurer par tous les moyens y compris les plus barbares, les profits énormes des multinationales US !
Prenons l'exemple de Cuba: les États-Unis ont reconnu avoir tenté d'assassiner le camarade Fidel CASTRO au moins à 11 reprises ! Rappelons l'invasion de la Baie des Cochons repoussée par les glorieuses Forces Armées Révolutionnaires de Cuba et l'ensemble du peuple Cubain. Aussi criminelles sont les campagnes bactériologiques visant à détruire les récoltes, les microbes lâchés pour empoisonner le cheptel de Cuba. 3 500 Cubains ont perdu la vie suite aux attentats commis par les maffieux de Miami avec la protection et l'encouragement de leurs maîtres yankees.
Que disent les soi-disant «défenseurs des libertés» : les Bernard Henry LÉVY, GLUCKSMANN, COURTOIS, Robert MÉNARD de ce crime manifeste contre l'humanité ? Rien!
Depuis 45 ans, l'impérialisme américain a déclaré une guerre sans nom contre le peuple Cubain, contre Cuba socialista.
Sur cette base, blocus, attentats, il s'agit de susciter le mécontentement, puis avec les agents de la CIA d'organiser des soulèvements jusqu'à la contre-révolution!
L'état-major des opérations anti-cubaines se trouve à Miami où maffieux, contras, (ce sont les mêmes) poursuivent un rêve : restaurer le Cuba de BATISTA, colonisé, réduit à l'économie des casinos et des bordels, un Cuba où une bourgeoisie vendue, compradore livre le pays, ses habitants, ses richesses aux monopoles US, afin de vivre une existence dorée, de stupre, sur le dos de «ses compatriotes».
Battus par les vents de 1'histoire et les réalisations de Cuba Socialista qui en font un modèle de développement dans toute l'Amérique latine ce qui effraye tant Washington, les contras n’ont d’autre recours que la terreur blanche.
Pour lutter contre ce terrorisme, Cuba a mobilisé parmi les patriotes les plus éprouvés et ardents, cinq de ses fils: René, Gerardo, Antonio, Ramon et Fernando avec pour tâche, ô combien difficile et périlleuse : infiltrer les réseaux maffieux de Miami, pourvoyeurs d'attentats.
Leur mission au prix de leur liberté a été couronnée de succès : les 5 ont réussi à empêcher plus de 170 attentats, dont plusieurs concernaient des avions civils. Les 5 ont ainsi sauvé des milliers de vies humaines ! Pour avoir rempli leurs missions avec héroïsme, nous devons un grand merci à René, Gerardo, Antonio, Ramon et Fernando!
Notre mission à nous ici, et avec tous les amis de Cuba et de la liberté dans le monde entier est de faire connaître à l'opinion publique, la vérité sur l'emprisonnement des 5, afin qu'ils retrouvent la liberté, leur famille et amis, leur Patrie.
Les 5 n'ont commis aucun délit aux États-Unis, violé aucune loi américaine. Ils sont accusés d'avoir menacé la «sécurité américaine», le contraire de la vérité puisque, par leurs missions dissuasives et préventives, ils ont sans doute empêché que des citoyens américains soient victimes aussi d'attentats.
Arrêtés en septembre 98, les cinq ont subi des traitements barbares, de véritables tortures. Ils ont tout d'abord été incarcérés dans une «unité d'hébergement spécial» que les américains appellent eux-mêmes le «trou», privés de courrier, d'échanges à l'extérieur, de visites, totalement privés aussi, même actuellement, d'objets personnels comme les photos familiales. Ils ont été jugés à Miami, le bastion de l'extrême-droite anti-Cubaine ; sans avoir plus de 15 minutes pour se défendre. condamnés finalement à des peines allant de 15 ans de détention à la perpétuité. Comme les ROSENBERG, les 5 sont victimes de la justice de classe yankee!
Leur détention comme celle des prisonniers de la base illégale de Guantanamo viole les droits élémentaires des prisonniers politiques. Ils sont privés de nourriture chaude, de douches régulières et surtout, véritable acte de torture, privés de visites. Gerardo ne peut recevoir la visite de son épouse Adriana, qu'il n'a pas vue depuis 6 ans ! René n'a pas vu Olga, sa femme depuis 5 ans et n'a jamais vu sa fille âgée de 6 ans ! Les trois autres sont dans la même situation.
Dans l'État de BUSH, on punit les anti-terroristes et on protège les véritables terroristes ! L'agent de la CIA Posada CARILES a été arrêté «pour entrée illégale» aux États-Unis parce qu'un mandat de recherche avait été transmis par le Président CHAVEZ. CARILES a donné l'ordre d'assassiner le Che, a torturé des militants anti-impérialistes Salvadoriens, Nicaraguayens, a participé à l'attentat contre un avion de ligne Cubain qui a occasionné 73 victimes.
CARILES a activé la contre-révolution au Venezuela. Maintenant, les services de BUSH veulent le garder aux États-Unis pour empêcher son jugement devant l'ensemble des peuples d'Amérique latine !» L'Internationale Communiste, l'opinion démocratique mondiale a su se mobiliser pour la libération de DIMITROV, prisonnier des nazis, accusé mensongèrement d'avoir incendié le Reichstag. Soyons les dignes héritiers de nos aînés, tous à l'action multiforme pour la libération des 5 !
Vive Gerardo, René, Antonio, Ramon, Fernando,
héroïques combattants antiterroristes !
Liberté pour les 5 !
Viva le Che et Fidel ! Viva Cuba socialista !
L’URCF
Dernière Minute
Le Tribunal d’Atlanta a cassé la décision du Tribunal de Miami considérant que le jugement n’avait aucune teneur. N’étant donc plus inculpés, les 5 sont aujourd’hui les seuls prisonniers non condamnés, détenus arbitrairement dans des prisons de haute-sécurité sur le territoire des États- Unis. Avec leur famille, nous dénonçons le gouvernement des États-Unis qui séquestre «nos 5 héros cubains».
Le Parti du Travail de Corée a 60 ans.
C’est le 10 octobre 1945 que fut créé le Parti Communiste de Corée, après la libération du pays par l’offensive conjuguée de l’Armée Soviétique et de l’Armée Révolutionnaire Populaire Coréenne, commandée par le jeune général Kim Il SUNG, communiste et patriote. Certes, le mouvement communiste existait en Corée depuis les années 20, mais le 10 octobre représente une mutation qualitative dans l’histoire du mouvement patriotique et social de la nation coréenne, ce que traduira l’année suivante la fusion de ce Parti avec le Parti néo-démocratique dans le Parti du Travail.
La Corée est une nation dont les racines remontent à près de 4 000 ans et dont la civilisation a été brillante au cours des siècles. Parallèlement, la nation coréenne dut lutter farouchement pour son existence, contre l’Empire chinois et les Mongols. Au XIXe siècle, la Corée est l’objet des convoitises européennes bientôt concurrencées par les États-Unis et le Japon. Les États-Unis imposent l’ouverture de la Corée à leurs marchandises par une succession d’expéditions militaires (1866, 1868 et 1871), puis c’est le tour de la France en 1887. Mais, au début du XXe siècle, après la guerre russo-japonaise, c’est l’impérialisme japonais qui abat son filet sur le pays, y établissant un régime colonial féroce (1910). Le peuple coréen est considéré comme inférieur et subit une oppression et une exploitation particulièrement sauvages : les japonais s’emparent des terres, des richesses du sous-sol, des industries, du commerce, imposent leur langue, interdisant le coréen, organisent la déportation massive des travailleurs vers le Japon, allant, durant la guerre, jusqu’à pratiquer l’enlèvement des fillettes et des adolescentes pour peupler les bordels militaires. La résistance du peuple fut cruellement réprimée, comme lors du soulèvement de 1919 qui dura neuf mois et qui fit des milliers de morts et de prisonniers (24 000 tués pendant les seuls trois premiers mois). C’est dans le contexte issu de ce soulèvement écrasé que le mouvement patriotique et révolutionnaire allait se réorienter, en liaison avec l’émergence du mouvement communiste international qui, pour la première fois dans l’Histoire, analysait les luttes de libérations nationales des peuples et la révolution sociale non comme des courants antagonistes, mais comme des éléments complémentaires et convergents du processus révolutionnaire mondial et national. Cependant, le mouvement communiste coréen se créa à partir d’éléments du mouvement de libération nationale à la recherche de solutions nouvelles à la suite de l’échec de 1919. Ils voyaient bien dans la révolution soviétique une réponse à leurs interrogations, mais ils s’avérèrent incapables de rompre avec leurs pratiques petites bourgeoises. D’une part, le mouvement communiste était divisé en raison des difficultés de la clandestinité et la répression, mais aussi des traditions régionales, et du mépris des besoins réels des masses. D’autre part, chaque groupe cherchait à se donner une légitimité au travers du soutien reçu de partis frères ou par l’Internationale. Cette caractéristique, qui n’est pas propre au mouvement communiste coréen, y était hypertrophiée par la domination japonaise, qui contribuait à une perte de confiance en soi, à l’émergence de tendances à considérer que les solutions ne sauraient venir du peuple coréen, de sa classe ouvrière et de sa paysannerie, mais de l’extérieur. Si, en 1925, un Parti Communiste est créé, il se dissout en 1928, victime de ses divisions, du dogmatisme de ses dirigeants et de son incapacité à s’implanter dans la classe ouvrière et la paysannerie laborieuse. La division du mouvement communiste international à partir de 1956, devait avoir des répercussions sur certains cadres du Parti du Travail, répercussions qui durent être combattues tout au long des années soixante et quatre-vingts au cours desquelles fut élaborée la théorie du Djoutché (compter sur ses propres forces, être indépendant, s’appuyer sur sa propre révolution et ses forces sociales motrices, assimiler de manière critique l’expérience des autres, en utilisant ce qui peut être utilisé à partir de la réalité concrète coréenne). Il ne faudrait pourtant pas avoir une vision purement négative de ces années de gestation du communisme en Corée. En effet, dans le mouvement des masses, la lutte nationale et de classe (contre les Japonais, mais aussi contre les féodaux collaborateurs, les usuriers, etc.) se sont forgés les instruments nécessaires à la libération. Car une génération de jeunes patriotes révolutionnaires va surgir, se tournant vers le marxisme, pour en assimiler le contenu et procéder à l’analyse concrète de la réalité coréenne. Très jeune, le futur président Kim Il SUNG se manifeste par son engagement. En 1926, à 14 ans, il quitte la Corée pour la Mandchourie où se sont réfugiés de nombreux Coréens. Il participe à la création de «L’Union pour abattre l’Impérialisme», puis, l’année suivante, à celle de l’Union de la Jeunesse Communiste et de l’Union de la Jeunesse anti-impérialiste. Emprisonné de 1929 à 1930, Kim Il SUNG, sitôt libéré, reprend le combat et définit le contenu de la révolution coréenne comme démocratique, anti-impérialiste et anti-féodale. Pour y parvenir, il préconise un large Front national menant la lutte armée contre les impérialistes japonais. C’est dans ce cadre que pourra se constituer un parti révolutionnaire. L’invasion de la Mandchourie par les Japonais en 1931 va accélérer le processus de préparation militaire et le 25 avril 1932, Kim Il SUNG annonce la formation de l’Armée Populaire de guérilla anti-japonaise dont il sera le dirigeant, et qui combattra l’armée nipponne. Le 5 mai 1936, Kim Il SUNG crée l’Association pour la restauration de la Patrie dont il est élu président. La guérilla anti-japonaise prend de l’ampleur et portera des coups sévères à l’occupant. Après l’entrée en guerre de l’URSS contre le Japon, Kim Il SUNG appelle à l’insurrection générale du peuple coréen et le 15 août le Japon capitule. La création du Parti le 10 octobre, répond aux tâches nouvelles qui se présentent alors à la révolution nationale : parachever la défaite des Japonais et de leurs collaborateurs, répondre aux aspirations anti-féodales de la paysannerie, développer la démocratie. Dans tout le pays, se dressent des comités populaires qui assument les tâches du pouvoir. Cependant, le 8 septembre, l’armée américaine débarque au Sud, conformément aux Accords entre alliés. Mais à la différence de l’URSS qui n’a pas créé de gouvernement militaire au Nord du 38e parallèle, mais a, au contraire, encouragé l’éclosion du pouvoir populaire, les États-Unis mettent en place immédiatement un gouvernement militaire et s’engagent dans une politique d’hostilité aux comités populaires, de répression contre les communistes, principale force de la résistance, de récupération des collaborateurs des Japonais. Et finalement, ils imposent au Sud le gangster Sygman RHEE, citoyen des États-Unis, et organisent un simulacre d’élections qui est dénoncé par l’ensemble des forces politiques coréennes ayant participé à la lutte anti-japonaise. Pendant ce temps-là, au Nord, le Parti du Travail organise la population, conduit les tâches de démocratisation et met à bas le système féodal. Le 19 avril 1948, le Président Kim Il SUNG avait proposé la création de la République Populaire Démocratique de Corée pour empêcher la division du pays et le 25 août des élections sont organisées dans tout le pays, qui font la démonstration éclatante du soutien de la population aux propositions avancées par les communistes (quoique interdites au Sud, il y aura 77 % d’électeurs). La RPDC est créée et Kim Il SUNG est élu chef de l’État. On connaît mieux la suite. L’impérialisme américain va porter son effort sur la Corée pour tenter de refouler le communisme . C’est ce qui conduit à la guerre de Corée (1950- 1953). Les impérialistes américains vont y conduire une guerre de génocide : guerre chimique et bactériologique, bombardements intensifs (18 bombes au km², Pyongyang est réduite à un tas de ruines). La mobilisation internationale empêchera, heureusement l’utilisation de la bombe atomique, comme le souhaitait Mac ARTHUR. Mais finalement, le peuple Coréen obligera les dirigeants américains à capituler. La Corée du Nord dut reconstruire toute son économie, toutes ses villes. Le Parti du Travail mobilisa la population et le pays connut un développement extraordinaire en s’appuyant sur ses relations économiques et politiques avec l’URSS et la Chine Populaire, tout en défendant son indépendance et son point de vue. C’est la liaison du Parti avec les masses populaires, et de celles-ci avec les dirigeants du parti qui permit de surmonter les graves difficultés qu’engendra, ensuite, tant le renversement du socialisme en URSS que les catastrophes naturelles sans précédent. Aujourd’hui, la RPDC continue sa marche en avant, renforçant son potentiel militaire face aux menaces que Washington fait peser sur sa sécurité. Les États-Unis n’ont pas respecté les accords de 1994 visant à satisfaire les besoins en électricité de la RPDC par la construction de deux centrales nucléaires. C’est la raison de la crise politique et de l’augmentation de la tension dans la péninsule. Mais aujourd’hui, les États-Unis sont en grandes difficultés sur le dossier coréen : la rencontre historique de Pyongyang entre le secrétaire général du Parti du Travail et le Président de la Corée du Sud, a modifié en profondeur le climat politique. Des échanges étendus se développent entre le Nord et le Sud. Dans la partie Sud du pays, l’hostilité à l’occupation yankee est générale, y compris parmi la bourgeoisie nationale. Dans l’UE avant l’élargissement, 14 pays sur 15 ont reconnu la RPDC. Seule la France reste alignée sur Washington sur cette question. L’URCF est pleinement solidaire avec la RPDC et son parti d’avant-garde, le Parti du Travail. A l’occasion de l’anniversaire de ce dernier, elle organisera une soirée de solidarité à Paris au début octobre, pour renforcer les liens traditionnels des communistes de France et de Corée. Nous appelons tous ceux qui ont à cœur l’internationalisme, le combat anti-impérialiste, à se joindre à nous à cette occasion.
Aggravation de la crise de l’Union Européenne !
L’échec du sommet de l’UE du mois de juin a confirmé les contradictions entre les États et groupes d’États qui la composent et met en lumière l’aspect instable de ce cartel, comme de toute entente en général entre impérialistes. Chacun s'est renvoyé la responsabilité de l’impossibilité de trouver un accord sur le budget de l’UE. La bourgeoisie voudrait nous faire croire que cette crise résulte de l’opposition entre les principes fondateurs de l’UE (les soi-disant «solidarité et progrès social») et l’ultra-libéralisme de BLAIR qui défendrait des intérêts égoïstes. En réalité, des deux côtés de la Manche règne le capital monopoliste qui plonge les travailleurs dans la pauvreté, la précarité, le chômage, la crise du logement, les atteintes aux libertés.
C’est bien l’UE qui a impulsé le démantèlement de la sidérurgie, des mines, des chantiers navals, la concentration dans l’agriculture qui a entraîné la disparition de millions d’