
ROYAL ou SARKOZY
Ils servent les monopoles
Les besoins des monopoles ...
Au début des années 80, le néolibéralisme allait s'imposer comme la nouvelle politique économique de la bourgeoisie monopoliste. Cette dernière veut faire payer la crise aux travailleurs par la surexploitation, ce qui passe par la négation des conquêtes sociales de la Libération.
Les travailleurs en vivent durement les conséquences: privatisations des services publics pour offrir des marchés supplémentaires à la bulle spéculative, blocage des salaires (depuis 10 ans, 25% de perte de pouvoir d'achat pour les travailleurs), délocalisations, mise en concurrence des salariés, flexibilité pour toujours plus subordonner la main-d'oeuvre aux besoins du marché, casse des garanties collectives, réduction des dépenses sociales, accentuation des prélèvements fiscaux sur le travail, pillage de toutes les richesses des pays dominés. Le résultat est tout bon pour le Capital: 50% de profit pour les entreprises du CAC 40.
Pour mener cette véritable guerre contre les travailleurs et éviter révoltes ou révolutions, l'État bourgeois renforce son appareil répressif - dont le budget ne cesse d'augmenter - alors que le logement, l'éducation et la santé sont réduits à la portion congrue.
L'exigence de surprofit pousse les divers États impérialistes - y compris le nôtre - à se disputer les richesses et les marchés en usant de la "canonnière".
Parallèlement, l'impérialisme divise toujours plus les travailleurs selon leurs nationalités. "L'immigration choisie" constitue un véritable apartheid en France, soumettant les populations immigrées aux stricts besoins financiers des entreprises. La loi CESEDA accentuera la traque permanente des sans-papiers, fuyant la guerre et la misère engendrées par les capitalistes. Début juillet, les services de SARKOZY se préparent à expulser massivement les jeunes scolarisés, au mépris des "Droits de l'Homme", pourtant proclamés par cette même bourgeoisie.
... satisfaits par la "gauche" et la droite!
Oui, tous les besoins des multinationales sont et seront satisfaits par la "gauche" ou la droite, par ROYAL ou SARKOZY, ou par d'autres. Il est clair que la dictature du Capital s'exerce maintenant, dans tous les grands États capitalistes, par l'alternance de velours entre un pôle libéral et un pôle social-libéral. Les faits l'attestent.
Alors que SARKOZY dit préférer un CPE étendu à tous les travailleurs (pas seulement au moins de 26 ans), ROYAL de son côté encense BLAIR, et HOLLANDE ressort la précarité avec les emplois jeunes ... ROYAL-SARKO ont dit OUI à la Constitution européenne, ce qui explique leur lancement promotionnel par les instituts de sondage, eux-mêmes financés par les monopoles. La brutalité et les besoins de l'impérialisme (économie de guerre) sont tels que la bourgeoisie pousse au consensus entre la "gauche" et la droite, tant sur la fascisation que sur la satisfaction des besoins du marché.
Le principe de la démocratie bourgeoise, c'est-à-dire une démocratie uniquement pour la bourgeoisie (et dictature contre les travailleurs) où différentes politiques du capitalisme peuvent être en concurrence, devient même trop aléatoire aux yeux des grands monopoles!
Prenons le débat ROYAL-SARKOZY: l'un propose le recours accru à la police pour mater les jeunes, l'autre l'intervention de l'armée: deux types de fascisation, un même contenu de classe.
L'une tend la main à BAYROU, l'autre, SARKO, se tourne vers certains hauts fonctionnaires du gouvernement de "gauche plurielle" et leur association "Diagonale" qui défend la candidature de SARKOZY (ils se définissent comme des "Sarkozystes de gauche". Quant à Giscard, le père de la Constitution européenne, pour lui, ces tensions sont inutiles, "il y aura des places pour beaucoup de monde", avant de s'enthousiasmer pour SARKOZY, BAYROU, ROYAL, LANG ... , tous participent à cette fascisation quand ils déclarent vouloir plus de présidentialisme. Le présidentialisme est la forme prise en France par la dictature des monopoles. SARKOZY: "Celui qui dirige l'action du gouvernement, c'est le président de la République", BAYROU: "Le président doit déterminer et conduire la politique de la nation", JOSPIN et LANG prônent l'instauration d'un strict régime présidentiel.
Autant de choix politiques qui vont assurer aux monopoles des lois rapides pour remodeler le société à la mesure de leurs besoins (vampiriques).
Les voix de la lutte anticapitaliste.
Avec les élections en système capitaliste, ce que trop d'électeurs pensent être un choix, n'est en fait que la désignation du gestionnaire loyal du système. D'où le recours à la démagogie pour tromper les gens, les promesses faisant partie intégrante de l'illusion démocratique.
Nous devons travailler à ce que la classe ouvrière et les salariés prennent conscience que les conquêtes et les changements sont la conséquence, non des luttes électorales, mais de la lutte des classes. En quelques semaines, la lutte anti-CPE a obtenu plus d'avancées que des mois de campagnes électorales et de promesses vaines y compris dans les consciences. De même, si la satisfaction des besoins urgents relève de la lutte contre le néolibéralisme, nous ne pouvons en rester là: il faut s'attaquer à la racine des maux: la propriété privée des moyens de production et d'échange, la dictature de l'oligarchie financière sur l'État, la domination totale de la rentabilité financière sur tous les besoins sociaux.
C'est bien le capitalisme qu'il faut accuser sans cesse.
L'opinion démocratique se mobilise pour refuser la politique cynique et raciste du gouvernement, visant, à partir du 1er juillet, à faire la chasse aux enfants scolarisés de parents sans-papiers. L'URCF soutient et s'intègre aux diverses associations indignées du sort dramatique fait à ces gosses et soutient leur combat, pour refuser la politique de ségrégation, d'immigration choisie et de fascisation de SARKOZY. S'attaquer à des enfants dans le lieu même - l'école - de ce qui fut, autrefois, creuset de l'intégration, est révélateur de la dégénérescence de la bourgeoisie, qui a perdu tout lien avec les humbles, avec ceux qui souffrent, et qui se montre la négatrice des valeurs des droits de l'homme, qu'elle revendiquait deux siècles plus tôt.
Le combat pour la liberté et les droits démocratiques et contre les ségrégations ne peut être assurés, de nos jours que par la classe ouvrière, les travailleurs, les intellectuels démocrates, et toutes les forces de progrès de ce pays dans une lutte continue contre la bourgeoisie.
L'immigration choisie selon SARKOZY

Séminaire Communiste International de Bruxelles:
Le 15ème Séminaire Communiste International, organisé par le PTB (Parti du Travail de Belgique) à Bruxelles au mois de mai, était consacré à l'étude des expériences passées et présentes dans le MCI (Mouvement Communiste International). Des délégations de partis et d'organisations marxistes-léninistes, ou se référant au communisme ont apporté de précieuses contributions permettant d'approfondir l'analyse des causes de la victoire du révisionnisme et de la contre-révolution; et de forger les armes théoriques nécessaires à la reconstruction du MCI sur la base du marxisme-léninisme et de l'internationalisme prolétarien. Plusieurs d'entre elles traitaient de l'expérience de l'Internationale Communiste (IC) fondée par LÉNINE et appuyée par le PC(b) de l'URSS, de son apport dans la propagation du marxisme, de son rôle dans la création de Partis communistes dans les pays capitalistes, comme dans les pays colonisés ou dominés. Il s'agissait alors d'affranchir le mouvement ouvrier de la domination de la vieille Internationale social-démocrate et de ses chefs (KAUSTSKY, BAUER, MILLERAND ... ), ayant poussé le prolétariat dans la guerre mondiale, oeuvrant à préparer une intervention en Russie, et le détournement de la lutte de classe.
L'aide de l'IC pour rompre avec les vielles tendances et conceptions pré-marxistes, anarcho-syndicalistes, les 21 conditions d'adhésion à IC (application du centralisme démocratique, soumission des élus et des journalistes à la ligne du Parti, fermeté contre les tendances chauvines et de subordination à la bourgeoisie de "son" pays), et les processus de bolchevisation permirent la création de Partis communistes de masse. La lutte contre les conceptions gauchistes qui coupaient les partis des masses en refusant de soutenir leurs revendications quotidiennes (affaire BARBÉ-CÉLOR) fut aussi une dimension essentielle et toujours actuelle de ce processus. L'intervention de l'URCF (voir le texte sur notre site) souligna l'apport décisif du Komintern pour faire du PCF le meilleur parti ouvrier en France; celui-ci contribua aux conquêtes du Front Populaire, à la solidarité avec les peuples colonisés d'Asie et d'Afrique, avec la République Espagnole, et à la victoire contre le fascisme hitlérien. Les conseils de l'IC pour faire appliquer par le Parti les tactiques correspondant au stade de développement de l'impérialisme et au rapport de forces (classe contre classe, puis front unique pour faire face à la montée du péril fasciste) ont été justes. Le PCF ne sut cependant pas assimiler la théorie marxiste-léniniste de l'État. Subsistait dans ses rangs l'idée que, dans la France qui avait fait la Révolution démocratique en 1789, il était possible de conquérir l'appareil d'État au moyen des élections en alliance avec des couches "progressistes" de la bourgeoisie. Et qu'ensuite, sur la base de l'hégémonie de la classe ouvrière, il serait possible de construire le socialisme, en démocratisant simplement l'appareil d'État. La persistance de ce genre de conceptions erronées, l'arrêt de la bolchevisation provoqué par la nécessité du front unique, la lutte antifasciste et les conséquences de la guerre constituèrent le terreau sur lequel germa le révisionnisme moderne, conduisant à la dégénérescence du PCF.
Les contributions des camarades soviétiques PCOR (Parti Communiste Ouvrier de Russie), PCUS (Parti Communiste de l'Union Soviétique) soulignèrent le rôle irremplaçable de STALINE dans l'élaboration des différentes tactiques de l'Internationale, jusqu'à la dissolution de celle-ci qui était juste et correspondait à la situation des Partis engagés dans la Résistance, aux conditions matérielles et politiques de la Guerre Mondiale. La solidarité internationaliste fut d'ailleurs reconstruite sous une autre forme avec le Kominform, qui sera liquidé par KHROUCHTCHEV.
Le Séminaire Communiste International a réaffirmé se solidarité avec les peuples en lutte contre l'impérialisme US, en premier lieu: Irak, Palestine, Cuba, Bolivie, Venezuela, Corée Populaire ... La lutte contre l'UE, autre bloc impérialiste agressif, est aussi une tâche des communistes et des travailleurs.
Le Capital en guerre totale contre le travail!
Dans tous les pays capitalistes, qu'ils soient gouvernés par des forces politiques de droite ou social-démocrate, des politiques de casse des droits sociaux et d'aggravation de l'exploitation des travailleurs, sont menées sans discontinuité. Le chômage réel, déjà massif, ne cesse d'augmenter, et la répression des chômeurs s'intensifie. Dans tous les secteurs économiques, l'exploitation et la précarisation de massifient: c'est la marche forcée que veut imposer le Capital en crise.
En France, les forces du Capital, avec les contrats précaires (CNE et feu le CPE) ne visent pas moins que la suppression des contrats à durée indéterminée. Dans le cadre des discussions sur le "dialogue social", le MEDEF avait proposé comme définition du licenciement économique: "une suppression d'emploi destinée à rétablir, à sauvegarder ou à améliorer la compétitivité de l'entreprise".
Aux États-Unis, principal centre de l'impérialisme mondial, l'intervention militaire au plan extérieur et l'emprisonnement au plan intérieur, la peur et l'insécurité, le travail en intérim sont devenus des moyens centraux de gestion des peuples des pays dominés économiquement et des masses populaires.
Le capitalisme des monopoles est bien en crise profonde et durable. Les manifestations de cette crise sont directement observables: krachs financiers et boursiers, allongement des périodes de stagnation économique et raccourcissement des périodes de reprise, famine et pauvreté endémiques dans les pays dominés.
S'accumulent ainsi les preuves de l'incapacité historique du capitalisme à satisfaire les besoins de l'humanité: depuis le stade impérialiste, il a perdu toute capacité progressiste. Pour autant, les dirigeants capitalistes (via leurs États, les directions des monopoles et leurs principales officines FMI, Banque Mondiale, OMC) ne restent pas immobiles: en position d'alerte à cause de la baisse tendancielle du taux de profit, ils ont engagé un vaste mouvement de restructuration des économies et de la division internationale du travail pour relancer le cycle de l'accumulation capitaliste:
1- Accentuation du pillage et recolonisation de fait des peuples du "Tiers-Monde", conquête des marchés des anciens pays socialistes.
2- Dans les pays capitalistes développés: destruction de forces productives pour augmenter le surprofit (casse d'usines, renforcement massif du chômage), privatisations des profits et socialisation des pertes par le pillage des entreprises publiques, délocalisation de la production - panacée provisoire - comme le montre l'exemple irlandais.
Cette offensive capitaliste (mondialisation) n'est pas le signe de la vitalité du système capitaliste, même si la défaite du camp socialiste et la contre-révolution ont permis la domination du capitalisme sur la planète. Au contraire, cette crise est une sorte d'agonie (à l'échelle historique) du processus d'accumulation capitaliste. La criminalisation du communisme (dans les pays capitalistes développés, cf. la toute récente résolution européenne de Göran LINDBLAD), des mouvements de libération nationale (notamment en Palestine occupée), des luttes syndicales de classe et de contestation de la mondialisation capitaliste (notamment dans les pays dominés), montrent que les forces du Capital agissent pour contenir la montée inéluctable des eaux révolutionnaires.
Pour surmonter la crise, les forces du Capital agissent sur ses symptômes en actionnant divers leviers: réajustement des disproportions entre l'offre et la demande par l'incitation massive au crédit. Une action toute éphémère puisque la crise ne tarde jamais à réapparaître. Car, dans tout ce qui a été essayé pour endiguer la crise, la propriété privée des moyens de production, fondement du système capitalisme, a toujours été soigneusement préservée. La localisation fréquente de la crise dans la sphère financière et monétaire ne fait que masquer sa cause essentielle: la propriété privée des moyens de production.
C'est parce qu'ils sont devenus propriétaires des grands moyens de production (au bout d'un long processus historique), que les capitalistes sont capables de s'approprier la plus-value réalisée dans le cycle de l'activité économique. Cette propriété privée des moyens de production , et les contraintes de concurrence féroce entre les capitalistes (mort des plus faibles et renforcement des plus forts), font que le but de la production capitaliste (outre qu'elle permet de satisfaire la consommation de leur classe et des couches moyennes, bases matérielles du réformisme et du révisionnisme) devient le profit maximal et non la satisfaction des besoins de la masse des humains.
(suite au prochain n° : analyse matérialiste des moyens utilisés par les capitalistes pour augmenter les taux d'exploitation)
Nous vivons sous la dictature des monopoles
CLEARSTREAM LAVE PLUS BLANC!
Le Capital, pour mener sa politique, n'a jamais hésité à corrompre les hommes politiques de tous bords, à intervenir dans les institutions publiques et privées ainsi que dans le mouvement syndical (où il ratisse de plus en plus large) pour acheter la paix sociale, condition de l'augmentation de ses profits.
Autrefois, la corruption s'exerçait sous des formes moins sophistiquées qu'aujourd'hui: argent liquide, emplois fictifs, fausses facturations, financement officiel des partis par des subventions légales provenant de sociétés nationales ou multinationales. Aujourd'hui, en raison des scandales qui ont été dévoilés et qui ont mis à mal la crédibilité des hommes politiques, le Capital doit imaginer des modes de financements plus performants qui ne laissent pas de traces!
Les paradis fiscaux ne sont pas nouveaux, ils ont toujours existé!
En 1968, pour ouvrir un compte en Suisse, il fallait matériellement transporter l'argent sur place pour échapper au contrôle des changes mis en place par la Banque de France.
17 ans plus tard, en 1985, c'est le gouvernement FABIUS qui mit en place la libre circulation des capitaux, rejoignant ainsi les autres pays de l'économie dite "libérale" renforçant la spéculation sur les monnaies.
Parmi ces capitaux dits flottants, qui se rémunèrent selon les taux d'intérêt de chaque pays, il y a bien sûr ceux qui proviennent des trafics de tout genre et qui sont donc blanchis grâce à la complicité des États! Sans une complicité active des différents gouvernements qui sont tous à la solde du Capital, ces pratiques mafieuses seraient impossibles à mettre en place et ne pourraient continuer d'exister. Il faut bien sûr avoir à l'esprit que l'arsenal judiciaire s'avère peu performant et pour cause! Ne parlons pas de la presse qui, sur ce sujet, est totalement aphone! L'affaire CLEARSTREAM, telle qu'elle est commentée actuellement dans les médias, ne consiste pas à rechercher si cette société est faite pour blanchir des capitaux et financer le monde politique, mais seulement à savoir qui aurait commandité la falsification des documents provenant de CLEARSTREAM par l'ajout de noms d'hommes politiques connus!
En fait, ceux qui animent ce genre de campagne sont assez initiés pour savoir qu'il n'est pas dans les habitudes de ce genre d'officine de travailler avec des identités réelles.
La société CLEARSTREAM fut créée vers les années 1970 au Luxembourg par un consortium de Banques européennes. Pour la France, les 3 banques de dépôts nationalisées de l'époque en faisaient partie: BNP, Sté Générale et Crédit Lyonnais. Cet établissement a été créé pour exercer la compensation dans la vente et l'achat de valeurs mobilières luxembourgeoise détenues par des clients étrangers à ce pays.
Le principe étant le suivant: les établissements bancaires centralisent au nom de leurs clients des ordres d'achats et de ventes sur des titres! Les transactions ne sont donc pas faites au nom de leurs clients mais au nom de l'établissement bancaire qui, en fait, n'apparaît que pour des quantités globales.
Ce système permet de rendre de nombreuses opérations bancaires totalement opaques.
Afin d'assurer cette opacité, des filiales de ces mêmes grandes banques ont été ouvertes au Luxembourg, ce qui leur permet de se protéger des législations de leurs pays d'origine et de n'avoir de compte à rendre qu'au pays d'accueil dont la législation très souple est peu curieuse sur la provenance des fonds!
C'est grâce à ce genre de méthodes que le Capital peut financer le monde politique à sa guise pour exercer plus facilement sa domination!
Ce système d'opacité généralisée et de corruption tel qu'il est révélé par CLEARSTREAM montre l'état de corruption du système capitaliste et a pour conséquence une dépendance grandissante des hommes politiques vis-à-vis de l'oligarchie financière. C'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles leurs programmes se ressemblent à s'y méprendre! Leurs déclarations sont dictées par le Patronat; tous sont partisans de l'intégration de la France à l'UE.
Aujourd'hui, face au mécontentement qui monte parmi la population de notre pays, certains disent qu'il faut attendre la prochaine échéance électorale de 2007. C'est faux; et d'ailleurs, aucun des candidats proclamés ou auto-proclamés depuis 25 ans, n'a réalisé ses promesses sociales. Les suivre conduirait une fois de plus à accorder un répit au Capital! Comme pour le CPE, c'est tout de suite qu'il faut riposter, qu'il faut porter des coups!
Dans les coulisses du 48ème Congrès de la CGT.
La négation de la lutte des classes.
Congrès sans surprise, dans la suite logique des efforts faits par la direction réformiste pour que la contestation ne puisse s'exprimer.
Congrès non-représentatif des aspirations et des besoins des travailleurs.
Violation de la démocratie syndicale.Tous les moyens, magouilles ont été mis en oeuvre:
- Avant le Congrès, par l'élimination systématique de beaucoup de tenants du syndicalisme de lutte de classe, par la nomination de délégués "béni-oui-oui" ou de jeunes ou nouveaux adhérents inexpérimentés. Malgré tout, la direction était inquiète et avait prévu un service d'ordre à la hauteur de son inquiétude. La filtration était à deux niveaux, premier niveau, à l'entrée des délégués dans l'enceinte du Congrès; deuxième niveau, à l'entrée des délégués dans la salle du Congrès! tout avait été prévu au cas où ...
- Pendant le Congrès, on a eu droit à l'exercice d'une "démocratie surveillée" : pour ceux qui avaient échappé à l'élimination, ce fut, soit le refus de l'accès à la tribune, soit le discours préalablement remis au bureau de la tribune qui seul décide ou non de le publier.
L'exemple du délégué Serge P., qui a été le premier à déposer son intervention à la tribune à 14h15 (avant le rapport d'intervention de Bernard THIBAULT) et n'a pas pu intervenir.
Quelques infos sur ce qu'on ne vous a pas dit.
Lundi 24 mai 2006, présence devant l'entrée du Congrès du Comité de soutien à Pascal MOUSSY, juriste licencié par la CGT! ambiance tendue, avec banderole, mais le service d'ordre CGT a été obligé de laisser faire, les caméras étaient là!
Dès le mardi 25 mai 2006, des partisans du syndicalisme de lutte de classe sont passés à l'action:
- d'une part, par la contribution des militants de Continuer la CGT, qui ont remis à l'entrée du Congrès, à chaque congressiste, un dossier de 48 pages !!! Ce dossier est une contribution aux débats, c'est pour ça qu'il a été distribué dés le début des travaux du Congrès; permettant aux congressistes de prendre conscience que des militants de plus en plus nombreux sont en désaccord avec le syndicalisme réformiste et "rassemblé". Refus de l'abandon du syndicalisme de lutte de classe et maintien du combat anticapitaliste.
Ce dossier retrace les origines de CL.CGT pour le rassemblement de tous les travailleurs et syndicats qui se réfèrent à la lutte de classe et propose l'appropriation par les travailleurs des grands moyens de production et d'échange. Le dossier contient un tableau analytique de chacune des 25 "décisions" du Document d'orientation du Congrès en donnant son avis, et en proposant un texte de lutte de classe, et avance des propositions pour la défense réelle du syndicalisme de classe et de masse.
A été distribué au Congrès, un tract commun de quatre organisations rappelant que les soussignés (Collectif unitaire pour un front syndical de classe; Comité pour un courant intersyndical de lutte de classe; Collectif général des travailleurs CGT-E Dalkia; Continuer la CGT) se définissent comme militants pour un syndicalisme de lutte de classe, et s'opposent à la mutation de la CGT en un syndicat de "négociation" qui collabore avec les représentants du Capital.
Ce mardi aussi, quelques huées à l'annonce de la venue de Martine AUBRY (maire de Lille), vite couvertes par des applaudissements serviles; huées aussi lorsqu'elle clôture la matinée.
À noter aussi, le rassemblement mercredi 26 avril 2006 à Lille - a proximité du Congrès - d'un grand meeting public d'opposition syndicale (voir IC.74), à l'initiative du Collectif national de classe de la Métallurgie. Intervention de J.P DELANNOY, secrétaire de l'USTM Nord, Pas-de-Calais au rassemblement.
Maryse DUMAS intervient et en remet une couche sur les bienfaits du syndicalisme rassemblé et de négociation.
En fin d'après-midi, CHÉRÈQUE est copieusement sifflé. Et Maryse DUMAS dira: "j'ai eu honte hier"; sans se poser la question du rôle de CHÉRÈQUE pendant le mouvement contre la réforme des retraites!
On découvre aussi, les stands des entreprises: DASSAULT, TOTAL, SANOFI !!! C'est la première fois que les monopoles ont des stands dans un Congrès syndical!
La commission des amendements a commencé son rapport en expliquant tranquillement que tous les amendements qui n'étaient pas dans la logique du texte officiel ne pouvaient être discutés ni retenus.
Un délégué censuré s'est mis en slip! pour protester! et la presse, au service, n'a pas soufflé mot.
À signaler aussi, l'intervention d'un représentant des transports sur la grève de la RTM, jugé hors sujet par la tribune; il a été coupé!
La fédération de la Chimie, en opposition avec les orientations confédérales, n'aura pas de représentant; comme au Congrès précédent!
Ce Congrès CGT tourne le dos aux formes éprouvées du combat: aucune analyse du capitalisme, aucune analyse de l'impérialisme, aucune analyse du bilan désastreux du syndicalisme rassemblé depuis 10 ans; les mots licenciements, délocalisations, ne figurent pas dans le document: une seule revendication a émergé: la sécurité sociale professionnelle, ou le retour au livret individuel de travail banni par les luttes de classe du 19ème siècle; une modernité toute rétro!
PROGRAMME DE L'URCF
Partir des luttes actuelles pour construire l'alternative révolutionnaire au capitalisme!
Interview du secrétaire général de l'URCF: Jean-Luc SALLÉ
IC: Après le retrait du CPE, comment analyser le rapport de forces entre les travailleurs et le pouvoir du Capital?
J.L SALLÉ: Depuis un an, le mouvement populaire a remporté deux victoires significatives: le NON au référendum sur le Traité Constitutionnel européen, et le retrait du CPE. Le mouvement populaire, notamment la jeunesse, a pu vérifier par sa propre expérience, qu'on peut faire reculer le pouvoir par des luttes de classes massives et unitaires. Cela dit, ne confondons pas nos souhaits et la réalité actuelle. Tant au référendum que dans la lutte anti-CPE, la majorité a rejeté certaines conséquences du capitalisme (le néo-libéralisme) pas encore le système d'exploitation lui-même et sa représentation politique. La dialectique de lutte de l'URCF se situe là: relier le mécontentement aux sources matérielles (le capitalisme) qui engendrent tous les maux actuels.
IC: Dans le cadre de la préparation de son second Congrès, l'URCF discute de son programme de luttes. Quelle est sa particularité?
J.L SALLÉ: Parlons de notre démarche qui consiste à marcher sur deux jambes. Le programme de l'URCF part des préoccupations des travailleurs, de la nécessité de réponses immédiates sans attendre la révolution. L'urgence existe: alors que les profits capitalistes ont doublé en dix ans, le pouvoir d'achat des travailleurs a baissé de 25%. Dans le même délai, la paupérisation absolue touche maintenant 5 millions de chômeurs, 3 millions de smicards, 2 millions de jeunes des cités victimes des ségrégations. Notre programme est construit autour de cet axiome vérifié: les grands changements, les conquêtes sociales ont toujours leurs sources dans les luttes de classes!
Les comités du NON ont adopté une "plate-forme anti-libérale". Cette plate-forme traduit en partie l'aspiration majoritaire anti-néo-libérale. C'est donc là un point d'appui mais pas une panacée.
Plusieurs facteurs limitent sa portée:
1- La position euroconstructive de fait qui ignore totalement le caractère impérialiste de l'UE, la nécessité de rompre avec ses diktats.
2- L'attitude conciliatrice de beaucoup d'organisations du NON vis-à-vis du social-libéralisme du PS.
3- Le refus du "productivisme", c'est-à-dire l'accompagnement de l'actuelle division impérialiste du monde qui détruit le tissu économique industriel de certains États.
Le rôle des communistes révolutionnaires n'est pas de se diluer dans le mouvement anti-néo-libéral, mais de veiller, en toutes circonstances, à l'indépendance de leurs positions. Notre programme se fonde sur cette exigence: en reliant la lutte quotidienne pour des revendications vitales immédiates au combat stratégique pour le socialisme (qui s'opère dès maintenant), en montrant que chaque mesure néo-libérale a son origine dans la dictature monopoliste sur l'État et les entreprises, dans la propriété privée des moyens de production et d'échange.
IC: Les traditions de lutte du mouvement populaire se sont affirmées, mais en 2007, les échéances électorales ne vont-elles pas constituer une diversion?
J.L SALLÉ: Les marxistes-léninistes doivent se tenir résolument à contre-courant d'un dispositif clé de la dictature capitaliste en France: le présidentialisme, engendré par la très réactionnaire Constitution de la Vè République. Nous devons mener une grande campagne sur ce thème, en démontrant que la réalité du pouvoir est exercée par 40 grands groupes monopolistes dont les membres des conseils d'administration constituent l'oligarchie financière. Cette couche bourgeoise, qui dirige l'État capitaliste au stade impérialiste (cf. LÉNINE) a inspiré la Constitution de 1958, créant un exécutif fort sur le modèle français de la monarchie absolue. Dans tous les États impérialistes, la dictature des monopoles s'exerce (et se "camoufle") au moyen de la bipolarité. L'alternance repose tantôt sur la droite réactionnaire classique, tantôt sur la social-démocratie devenus social-libérale: deux forces opposées pour la chasse aux maroquins, mais en consensus sur le contenu de classe de leur politique au service des seuls intérêts monopolistes. Dans notre pays, la représentation politique désavouée au référendum et dans la lutte anti-CPE affronte une crise profonde. Le scandale CLEARSTREAM est révélateur des coups tordus auxquels se livre le personnel politique bourgeois, du parasitisme et de l'affairisme de l'oligarchie financière. Les mesures de fascisation: l'état d'urgence, l'intervention de la marine de guerre lors de la grève des SNCM, la répression contre les jeunes des cités et les étudiants anti-CPE, la généralisation de la vidéo-surveillance et les atteintes à la liberté de correspondance, la loi d'apartheid CESEDA (immigration "choisie") attestent à la fois de la mainmise totale des monopoles sur l'appareil d'État et du consensus droite/gauche. Ségolène ROYAL allant jusqu'à proposer l'intervention de l'armée pour "rééduquer les jeunes délinquants".
Voilà comment le Capital choisi ses gestionnaires! Comme toute constellation, la bipolarité a besoin de satellites. À gauche, le PCF, la LCR s'inscrivent au-delà des mots, dans le ralliement au second tour au social-libéralisme. Ainsi s'opère toujours l'alternance! Certains, plus radicaux, peuvent penser au "vote LAGUILLER", canalisant leur colère, mais ses mots d'ordre exclusivement économistes ne débouchent sur aucune alternative révolutionnaire. LÉNINE a montré l'importance du lien dialectique et stratégique entre la bataille pour la démocratie (qui ne sera véritablement populaire que sous le socialisme) et la révolution anticapitaliste. La "réaction sur toute la ligne", le présidentialisme monarchique, la trahison de ses (maigres) engagements par la gauche plurielle, l'autoritarisme engendrent l'aspiration croissante à la démocratie. La dénonciation de la fusion des conseils d'administration des monopoles et des directions de cabinets ministériels, de la dictature de l'oligarchie financière sur l'appareil d'État: corps répressifs et judiciaires, médias, superstructures culturelles et éducatives, enfin du rôle des deux piliers de la dictature capitaliste UMP/PS doit constituer les axes de la bataille de contenu lors des présidentielles. L'URCF montrera, faits à l'appui, le caractère restrictif, tronqué de la démocratie bourgeoise, la nécessité d'un "démocratisme radical" selon la forte expression léniniste pour permettre à la masse des travailleurs d'acquérir la conviction qu'il faut briser l'État capitaliste.
Deux lignes forces sont présentes dans notre programme. La bataille contre les privatisations et pour la nationalisation des monopoles qui "couvrent" les besoins vitaux: santé, éducation, information, logement, énergie, transports, banques ... C'est là une question complexe, variable selon les époques, qui exige "l'analyse concrète d'une situation concrète". Actuellement, la bourgeoisie monopoliste assure ses surprofits en déréglementant et privatisant ce qui a été bâti par le force de travail et l'argent public. Des milliards vont ainsi aux boursicoteurs et aux spéculateurs qui n'ont qu'un objectif: non pas assurer les besoins, mais satisfaire leurs exigences de profits!
Les nationalisations relèvent du capitalisme d'État, ses lois essentielles demeurant. Toutefois, l'expérience historique montre qu'après la Libération, les besoins urgents n'ont pu être assurés que par les entreprises publiques, sur la base du rapport de forces politiques existant alors. Les révisionnistes ont embrouillé plus tard cette question, en éludant le caractère capitaliste d'État des nationalisations, en les présentant comme la "transition pacifique au socialisme". Ce n'est pas la politique de l'URCF. Les nationalisations que nous préconisons, comme axes de luttes, visent à satisfaire les besoins urgents de l'immense majorité, l'extension des droits des salariés, la création de comités d'usagers/personnels, le droit de veto des syndicats aux décisions patronales. Les entreprises nationalisées seront l'objet d'une âpre lutte de classes entre les monopolistes, leur État et les travailleurs, cherchant toujours plus à satisfaire leurs revendications sociales, politiques. Les monopolistes et leurs agents préconiseront toujours la rentabilité financière, le pillage des entreprises des pays dominés, l'alignement des "nationalisés" sur les exigences du redéploiement de l'impérialisme français. Les travailleurs devront se mobiliser pour rejeter une telle politique.
La bataille pour les nationalisations exacerbera toutes les contradictions du système capitaliste; si les communistes jouent pleinement leur rôle, des millions de travailleurs se poseront la question du bris de l'État capitaliste, obstacle ultime à leur émancipation sociale.
C'est en cela que LÉNINE (trahi par ses épigones du programme commun) voyait dans le capitalisme d'État l'antichambre possible de la révolution socialiste, nullement le passage indolore d'un système social à un autre!
Dernier volet important du programme immédiat de l'URCF: la lutte contre le système mondial impérialiste avec les axes pour combattre l'UE et l'OTAN impérialistes jusqu'au retrait, le droit à l'autodétermination des territoires d'Outre-Mer, le retrait des corps expéditionnaires français d'Afrique, la solidarité internationaliste avec les États qui refusent le "nouvel ordre mondial": Cuba, le Venezuela, la Bolivie, la Corée populaire. La solidarité avec les résistances palestiniennes, irakienne, les guérillas communistes de Colombie, Népal, Philippines. Cette lutte quotidienne contre le néolibéralisme constituera toute une époque historique, le processus de luttes nationales et internationales qui prépareront la révolution anticapitaliste, et la seule alternative au capitalisme: le socialisme!
LES LEÇONS POLITIQUES DU FRONT POPULAIRE
À cette époque le PCF était, soulignons-le, un parti prolétarien.
C'est dans l'Humanité qu'il appela à la formation d'un "front populaire contre le fascisme". Il présenta son projet quelques mois plus tard devant la Chambre des Députés. Le 24 novembre 1934, il proposa d'y associer, outre le parti socialiste (SFIO), les radicaux, représentants traditionnels des couches moyennes. Cette initiative s'inscrivait dans la démarche du VIIè Congrès de l'Internationale Communiste (IC) de juillet 1935.
Dès le début des années 30, les cercles monopolistes les plus réactionnaires ont choisi comme réponse à la Révolution d'Octobre 1917, à la construction du socialisme en URSS et à la peur de la "contagion" révolutionnaire, la mise en place dans tous les pays développés de régimes forts, le fascisme, (ou le semi-fascisme, comme en Pologne) pouvant juguler, voire réprimer toute velléité d'insurrection de la classe ouvrière. La crise économique capitaliste de 1929, les risques de guerre, issus des contradictions inter-impérialistes, étaient manifestes dans la politique expansionniste du fascisme allemand, liée aux monopoles les plus bellicistes. Cette dernière était surtout dirigée en priorité contre l'URSS.
La crise économique persista après 1934 et frappa durement les travailleurs français dans leurs conditions d'existence. L'entreprise était une zone de non-droit et le patronat tout puissant pourchassait les syndicalistes avec l'aide de "son" instrument, l'appareil d'État. Dans certains secteurs professionnels, les conditions de travail étaient extrêmement pénibles (semaine de travail de 48h et plus) pour des salaires de survie. De nombreux conflits voyaient le jour; Ils étaient rudes face à la répression constante et féroce contre les travailleurs et les organisations ouvrières (CGT-U, PCF) sur fond de croisade anti-bolchevique. La division profonde au sein du mouvement syndical (CGT réformiste et CGT-U révolutionnaire) affaiblissait le mouvement social dans les années 1920. Pourtant, les luttes se développent néanmoins à l'initiative de la CGT-U. La crise capitaliste et la montée du fascisme qui lui répondait menaçaient l'ensemble des libertés démocratiques et créaient les conditions du rassemblement de la classe ouvrière et des couches moyennes. Il fallait une base politique au mouvement des masses d'où l'appel au "Front populaire".
Le 6 février 1934, les groupes réactionnaires (Croix de feu, jeunesse patriotique) pensaient le moment venu, sous prétexte d'une manifestation d'anciens combattants, de s'emparer de la Chambre des Députés, voulant rééditer la coup de force de MUSSOLINI en Italie. Ils provoquèrent des heurts violents: 15 morts et des milliers de blessés. En riposte à cette journée, les syndicats et les partis ouvriers vont de regrouper. Le 7 février, la CGT-U parisienne lança le mot d'ordre de grève générale. Ce jour-là, le 12 février, ce sont 5 millions de grévistes qui arrêtèrent le travail dans tout le pays. L'après-midi, une manifestation imposante (200 000 participants) est composée de deux cortèges, (CGT, CGT-U) qui vont se rejoindre sous le slogan commun "d'unité d'action". C'est le départ d'un vaste mouvement d'ensemble.
Parallèlement, les organisations démocratiques créèrent le mouvement Amsterdam-Pleyel pour la paix et contre le fascisme. Les syndicats ouvriers vont créer des comités d'action antifasciste qui vont participer activement à ce combat. En 1935, les mouvements de grève se multiplient: cheminots, postiers travailleurs de l'État, métallos. 1 500 travailleurs sont arrêtés place de l'Opéra à Paris et menacés de sanctions. Les organisations anti-fascistes organisent des manifestations républicaines le 14 juillet. Elles vont connaître un immense succès à Paris comme en Province. Le 26 avril 1936, les partis du Front populaire remportent les élections législatives. Léon BLUM forme le gouvernement. Le PCF soutient de l'extérieur, mais ne participe pas. Parallèlement à la campagne électorale se développe un fort mouvement gréviste spontané dans l'automobile: "on vote et on lutte", par exemple, chez Berliet: 4 500 grévistes. Le 1er mai suivant, la grève est totale dans les grandes corporations. Le Patronat tente d'endiguer le mouvement. Les licenciements se poursuivent: en vain! La déferlante arrive par le développement des grèves avec occupation d'entreprises, forme d'action initiée par Jean-Pierre TIMBAUD de la CGT-U. En moins d'un mois, celle-ci gagnent l'ensemble des entreprises et paralysent l'économie. Le 7 juin 1936, les négociations de Matignon ont lieu. Les "Accords " sont signés sans que le ¨Patronat obtienne le retrait de l'occupation des usines. Pour les travailleurs, il n'est pas question de se priver d'un tel atout avant la signature de toutes les Conventions Collectives (on en décomptera 7 000 en 1938). Le Patronat a dû capituler et le mouvement ouvrier remporte une de ses premières grandes victoires, qui, au-delà du pays, aura un retentissement international.
Le bilan du Front populaire est considérable:
- les Congés Payés,
- les 40h hebdomadaires,
- les Conventions Collectives,
- la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans,
- l'ajustement des salaires de 7 à 15%,
- l'institution des délégués du personnel.
Les limites du mouvement furent cependant atteintes rapidement car il n'y avait pas de mot d'ordre politique révolutionnaire (les conditions n'étaient pas remplies pour déboucher sur une révolution prolétarienne). Aussi, la pression populaire baissa en intensité. Dès lors, la SFIO et les radicaux eurent pleinement, sous couvert de "pause", le loisir de s'adonner à la "gestion loyale du système capitaliste" selon la formule de BLUM. La décision de non-intervention face à l'agression fasciste en Espagne, privant le Frente popular d'Espagne du soutien de la France, montrait bien que la social-démocratie voulait en finir avec les promesses de 1936. La politique du gouvernement s'orienta de plus en plus à droite. Le PCF lutta contre ce courant, mais ne parvint pas à relancer l'activité des comités populaires de base. Munich, l'interdiction du PCF, la drôle de guerre, autant d'épisodes de la trahison de la social-démocratie qui finira par voter les pleins pouvoirs à PÉTAIN (seuls les communistes et quelques rares socialistes ont refusé ce vote). À la lumière de tels événements, on ne peut s'empêcher de constater une certaine analogie avec le temps présent et surtout en tirer des enseignements pour aujourd'hui.
Deux aspects essentiels s'en dégagent:
1° aspect: Sans lutte massive entraînant un grand nombre de travailleurs, rien ne peut être obtenu de conséquent dans la lutte des classes. Face à la situation actuelle, seul un mouvement d'ampleur de grève générale "ensemble et en même temps" peut permettre de faire reculer le Capital, comme en 1936. Bien sûr, il faut réfléchir aux formes de lutte. Pourquoi, par exemple, ne pas envisager des grèves générales tournantes, région par région avec marche générale sur Paris et recommencer jusqu'à satisfaction des revendications?
2° aspect: Comme dans les années 30, la montée du ou des fascismes inquiète. La politique de l'administration BUSH est une politique à caractère fasciste et belliciste. La fascisation des institutions bourgeoises partout bat son plein: télésurveillance, plan vigiepirate, avec déploiement de l'armée, État d'urgence en France avec la réactivation d'un Décret colonial, restriction drastique des libertés démocratiques sous couvert de lutte contre le terrorisme, loi CESEDA discrimination et véritable apartheid à la française. On voit que la lutte contre la "bête immonde" est plus que jamais d'actualité.
L'URCF est convaincue que seule l'éradication du capitalisme et l'édification de la société socialiste constituent la solution d'avenir pour les peuples.
Contre La Fusion Suez-GDF privatisées.
Pour un service public EDF-GDF.
Le "patriotisme économique" revendiqué par le premier ministre De VILLEPIN n'était qu'un masque pour camoufler la politique de l'impérialisme français visant, non à satisfaire les besoins énergétiques du pays et des travailleurs, mais les appétits financiers des actionnaires de Suez, par l'absorption de GDF. L'argument du pouvoir qu'en agissant ainsi, l'État aurait défendu les "intérêts vitaux du pays" en empêchant la mainmise du monopoliste italien ENEL, constitue un mensonge destiné à camoufler la privatisation réelle de GDF.
La preuve en est que le 12 juin 2006, la presse annonce que l'électricien italien ENEL, renonce à son OPA, mais De VILLEPIN veut faire adopter le projet de loi portant le seuil à 34% avant fin juin. Tous ensemble, il nous faut peser contre ce projet de fusion avec le groupe privé Suez!
La loi du 22 juillet 2004 garantissait que la part publique du capital de GDF ne pouvait être inférieure à 70%. L'UE exige la libéralisation des monopoles publics et c'est l'objectif de la décision du gouvernement français. On sera très loin des parts annoncées de "capital public"! L'alibi des 34% prônés par SARKOZY n'est qu'un leurre du processus de privatisation rampante.
Les conséquences de la fusion, véritable vol de la propriété publique, seraient dramatiques:
- suppressions d'emplois (toutes les OPA et fusions se terminent ainsi, rentabilité capitaliste oblige!);
- garantie de l'emploi menacée pour les agents GDF car dés aujourd'hui, le ministre répond à leurs craintes par des tentatives de mises à la retraite d'office de cadres EDF à 55 ans contre leur gré, alors qu'ils n'ont pas atteint les 37,5 annuités leur permettant de partir à taux plein, (ce qui équivaut à des licenciements déguisés);
- dégradations des missions de service public avec l'incidence sur la continuité de fourniture du gaz due aux usagers domestiques et sur la péréquation tarifaire avec des tarifs dérégulés (on a pu constater l'augmentation de plus de 30% sur 2 ans!).
| Le programme de l'URCF propose comme axe de lutte immédiate des mesures strictement inverses:
- la création d'un grand pôle public de l'énergie avec EDF-GDF renationalisé à 100% et la nationalisation de Suez.
Reprendre la voie de la lutte de classes est le passage obligé pour défendre l'intérêt des travailleurs et du pays, la riposte massive et solidaire doit s'organiser |
- incidence aussi sur la sécurité quand on voit que le réseau n'est pas entretenu comme il le devrait; sous pression des actionnaires qui voudront encore plus de fric, il le sera encore moins et engendrera encore plus de risques d'explosions de gaz. Ce serait le pillage des ressources des autres pays, puisque Suez-GDF constituerait le second groupe européen.
La résistance des usagers et des salariés en un front unique s'impose autour de la défense de l'emploi et de la satisfaction des besoins des usagers et du caractère public à 100% de GDF et EDF. L'URCF appelle les travailleurs à refuser les positions capitulardes et collaboratrices de la CFDT qui soutient le processus de privatisation, comme celles du syndicat CGT de Suez, qui est d'accord avec le projet de fusion avec Suez.
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C'est le peuple de Palestine qu'on assassine!
Le secrétariat de l'URCF exprime sa solidarité avec le peuple palestinien victime d'un véritable terrorisme d'État, du déferlement massif d'armes lourdes, de chars et de l'aviation, pouvant à tout moment se traduire par une guerre coloniale sur ses terres. À cette occasion, l'État sioniste n'hésite pas, dans l'impunité la plus totale, à se livrer à des actes de piraterie internationales, avec l'enlèvement de la moitié du Cabinet palestiniens, de nombreux députés du Hamas, et ce avec le soutien tacite des grandes puissances.
On connaît la position de l'URCF sur l'intégrisme religieux du Hamas. Mais, nos militants ne tomberont pas dans le piège: ce que l'armée coloniale sioniste vise, en arrêtant les leaders du Hamas, ce n'est pas la démocratie et les libertés, mais bien l'emprisonnement général des représentants légitimes du peuple palestinien. Et ce, à un moment où, pour la première fois, une partie du Hamas envisageait une reconnaissance de fait de l'existence d'Israël. Cela prouve une fois de plus le refus des sionistes de toute solution négociée et leur bellicisme inhérent à leur colonialisme.
Plus que jamais, la seule solution est bien la reconnaissance du droit légitime du peuple palestinien à un État souverain, libre avec Al Quods (Jérusalem) comme capitale.
RENCONTRE URCF-PARTI COMMUNISTE OUVRIER DE RUSSIE.
Le 8 mai 2006, une délégation: - du Parti Communiste Ouvrier de Russie-Parti Révolutionnaire des Communistes (PCOR-PRC), - de l'Union des Communistes d'Ukraine (UCU), a rencontré une délégation du Comité Central de l'URCF (J.L SALLÉ, C.BEUZ