QUAND LES PEUPLES RÉSISTENT

 Sommaire IC n°77

Edito: QUAND LES PEUPLES RÉSISTENT L'IMPÉRIALISME PLIE

SARKO Liberté Zéro

PS TROIS VOIX POUR UN MÊME SOCIAL-LIBÉRALISME!

IL FALLAIT LE DIRE.

L'URCF à la Fête de l'Humanité.

FUSION MONOPOLES/MÉDIAS 
OU  LE 4è POUVOIR AU SERVICE DU CAPITAL.

MONOPOLES ET PRESSE.

Le gouvernement organise la destruction en urgence des services publics.

EDF/GDF:

SNCF

La Poste

 ÉPURATION ETHNIQUE À L'AÉROPORT DE ROISSY.

DALKIA Ensemble, Unis, pour la lutte!

Éducation
LE XXè CONGRÈS DU PCUS: LA REVANCHE DU SOCIAL-DÉMOCRATISME.

International
La Corée populaire d'aujourd'hui

ENTRE FAUCILLE ET MARTEAU LA CHANCE ET LE DESTIN..

CHÂTEAUBRIANT LES DRAPEAUX ROUGES

 

L'IMPÉRIALISME PLIE

          Depuis la disparition de l'URSS, il semblait que l'impérialisme, s'il ne pouvait parvenir à juguler sa crise de surproduction, parvenait tout de même à imposer partout ses plans de démantèlement qui détruisent les économies nationales, paupérisent les ouvriers, les paysans et amènent le chômage et les fermetures d'usines. L'impérialisme américain dispose pour cela de sa puissance militaire et de sa mainmise sur les institutions internationales. D'autre part, il dispose des bourgeoisies compradores entretenues sur le dos de leurs peuples, de relais politiques et syndicaux capables de dévoyer les revendications des masses et de casser leurs luttes.

          Mais les récents événements démontrent qu'il est possible de résister, de passer à la contre-offensive, et de mettre en échec l'impérialisme.

          La réalisation du premier essai nucléaire de la République Populaire Démocratique de Corée appartient à ce mouvement que dressent les peuples face aux prétentions, à l'agressivité et à la domination de l'impérialisme. C'est pour l'ensemble des peuples une victoire et un point d'appui significatifs, venant d'un pays indépendant, attaqué - comme Cuba - par un blocus et tout un dispositif de sanctions et de subversions. En défendant, contre les va-t-en guerre et les médias menteurs la RPDC et son juste combat, l'URCF considère que la lutte du peuple coréen pour la dénucléarisation de la péninsule ne sera victorieuse qu'après le retrait des troupes US et de leurs armes, y compris nucléaires, stationnées en Corée du Sud.

          La victoire du peuple libanais contre l'agression de l'État sioniste, la résistance irakienne, portent des coups de plus en plus durs tant à l'armée d'Israël, qu'à l'armée d'occupation anglo-américaine. Il est significatif que le ministère "irakien" de la Santé ne soit plus autorisé à annoncer le nombre de morts lors des combats. La résistance en Afghanistan, la lutte continue des Palestiniens dans des difficultés inimaginables, participent de l'affaiblissement de l'impérialisme. Cette résistance contribue à ce que les plans de guerre et de recolonisation des américains contre l'Iran et la Syrie soient rendus plus aléatoires.

          BUSH, en étendant sa croisade contre "l'axe du mal" est pris ainsi à son propre piège, d'une part en ne parvenant pas à atteindre ses objectifs, d'autre part en suscitant la colère des masses. En soutenant les peuples opprimés par l'impérialisme et le sionisme, les anti-impérialistes en France s'opposeront du même coup aux entreprises d'armement qui aident Israël, et aussi aux multinationales françaises de l'eau, du bâtiment, de l'énergie qui participent au pillage des pays agressés.

          Dans ce front des peuples en lutte, l'Amérique Latine, en particulier le Venezuela, la Bolivie mettent également en difficulté les multinationales, qu'elles soient étasuniennes ou européennes: en refusant les diktats et en nationalisant leurs ressources naturelles. Cuba y trouve de nouveaux alliés qui lui permettent de contourner le blocus. C'est par la mobilisation du peuple que les dirigeants de Cuba, du Venezuela, de Bolivie répondent aux menaces de BUSH et aux injonctions du FMI et de l'OMC. Ils affrontent le même ennemi que les travailleurs des États impérialistes, victimes des restructurations et attaques contre leurs acquis.

          En France, le NON à la Constitution de l'UE, et la lutte victorieuse des jeunes et des travailleurs pour le retrait du CPE sont les prémices d'un passage à la résistance. Il faut, pour cela, mettre en échec la réaction, les sociaux-libéraux et les syndicalistes de collaboration de classe, qui soumettent les travailleurs à l'idéologie de la compétitivité des entreprises et de la concurrence entre les travailleurs. Ils faut défendre les revendications en les reliant à la dénonciation du pouvoir du Capital, de son État et de l'UE.

          Un courant anti-néolibéral a émergé et pose la question d'une rupture avec les politiques prônées par la droite et le PS social-libéral, mais il est pour l'instant limité à ce qui est acceptable par la bourgeoisie. Il faut passer de la lutte exclusivement anti-libérale à la lutte générale contre le capitalisme.

          Les communistes, dans la perspective de la création du parti marxiste-léniniste, inscrivent dans leur pratique l'internationalisme prolétarien. Ils considèrent que les luttes quotidiennes en France, le combat contre l'impérialisme français sont parties intégrantes de la lutte anti-impérialiste mondiale.

SARKO Liberté Zéro

Le marxisme nous enseigne que les programmes de la réaction et de la social-démocratie sont toujours au service des monopoles.

Chaque programme reflète les intérêts de tel ou tel groupe monopoliste.

Qu'en est-il de celui de SARKOZY,

le candidat permanent de l'UMP et de la droite?

          Le projet de SARKOZY est une déclaration de guerre contre les pauvres et  les immigrés, s'inscrit dans la subordination de la France à l'impérialisme US, en continuant la désindustrialisation et en criminalisant toutes les résistances.

1- Les mesures pleuvent contre nos frères de classe immigrés: procédures expéditives dans l'examen des demandes d'asile, police spéciale pour traquer les sans-papiers et faire du chiffre dans les expulsions, suspicion systématique sur les mariages mixtes, restriction dramatique des possibilités d'accueil, fichage généralisé, mineurs qu'on vient arrêter dans les établissement scolaires et qu'on expulsent. SARKOZY, c'est le recours à la force brutale contre les familles expulsées comme à Cachan; c'est le projet de loi scélérate qui obligerait les assistantes sociales à dénoncer les personnes sans papiers ou dangereuses aux autorités.

          La répression des sans-papiers conduite par le ministre de l'Intérieur n'est pas sans rappeler les années noires du régime de Vichy (1940-1944): opérations "coup de poing" dans les quartiers habités par les migrants, contrôles au faciès, interpellations des enfants dans les écoles, convocations-pièges aux guichets des préfectures, listes des étrangers (immigration choisie). SARKOZY ajoutant au dispositif pétainiste les moyens technologiques modernes: vidéo-surveillance,  empreintes génétiques et biométrie. La politique de la peur, relayée par les médias aux ordres, justifie toutes les mesures liberticides actuelles et à venir.

          2 -     Un "remède" contre la pauvreté: la guerre contre les pauvres.

          "Il n'y a pas de droits sans contre-partie de devoir".

          "Il ne devrait pas y avoir de minima sociaux sans contre-partie d'une activité minimum" nous dit-il?

          Comme si être sans emploi était un choix! 10 € par jour pour vivre, c'est encore trop pour SARKO et les néolibéraux. Il faut en plus travailler pour les mériter! Et de rajouter, pour rallonger la durée du temps de travail, "laissez enfin les gens travailler". Dans ce domaine, comme dans celui des retraites, il s'est fait l'apôtre de la "liberté" : liberté de travailler plus pour remplir toujours plus les poches capitalistes.

          Le gouvernement VILLEPIN-SARKOZY a déjà décidé de supprimer les indemnités aux chômeurs et de les radier, s'ils refusent de prendre n'importe quel boulot. (circulaire du 05/09/2005).

          SARKOZY veut aller plus loin: "Notre pays ... ne souffre pas d'abord d'un déficit d'emplois, mais d'un déficit de travail" !!!!

          La cause du chômage est toute trouvée: "un chômage élevé d'abord, en raison d'une réglementation de plus en plus contraignante du marché du travail". Les solutions sarkozistes: "modernisons le droit du travail pour que celui-ci cesse de décourager les créations d'emplois". "Il s'agit de faire en sorte que, dans la vie économique aussi, la liberté soit la règle". "Chercher un emploi doit devenir une activité comme une autre". Ce programme, c'est la course aux profits cannibales. Malheureusement, ce programme bénéficie d'auxiliaires dans le mouvement syndical; avec le projet de "sécurité sociale professionnelle", qui individualise le contrat de travail et supprime le chômage par l'effacement des statistiques.

          Dans ces conditions, on comprend la promesse de S.ROYAL de plein emploi! Le maintien d'une armée industrielle de réserve avec les privés d'emploi est un attribut incontournable de l'économie capitaliste. Voilà pourquoi les capitalistes et SARKOZY n'ont pas intérêt à voir disparaître le chômage.

          SARKOZY le déclare: "pas de logements sociaux pour les chômeurs".

          3 -      Un programme de casse économique.

                    SARKOZY poursuit la désindustrialisation de notre pays.

Peu importe si la sauvegarde des profits impérialistes (énormes) passent par la ruine du tissu économique et industriel de la France.

Une France réduite au tourisme, à la banque, au commerce et à la petite production s'y rapportant, c'est  ce que nous prépare un SARKOZY sans projet industriel et qui vante les PME, en réalité un projet euro-atlantiste aligné sur les intérêts des monopoles américains.

          En langage sarkozyste, tout cela donne: "Le profit, c'est la mission des entreprises." "Favorisons le développement des entreprises moyennes ... car ce sont dans ces entreprises que se situent les principales opportunités".

          4 -     La bourgeoisie viole ses propres institutions: débat parlementaire (même formel) piétiné, corruption amplifiée à grande échelle, terreur idéologique (criminalisation du communiste), fichage de masse (avec participation de l'INSEE!), mesures fascisantes d'exceptions (dont certaines secrètes), comme la proclamation de l'état d'urgence.

          SARKOZY, c'est la fascisation continue de la société.

Rupture annoncée? Non, un retour au XIXè siècle: "classes laborieuses, classes dangereuses". SARKOZY, propose de détecter la délinquance chez les tout-petits (sans doute, les enfants de pauvres) dès avant 3 ans.

Sa loi de prévention de la délinquance préconise en effet la détection systématique des enfants "agités", "indociles" ou "impulsifs" dans les crèches et les écoles maternelles. GOEBBELS en rêvait!

          Le ministre de l'Intérieur propose ainsi d'inscrire dans un "carnet de comportement" de l'enfant ses colères et actes de désobéissance, censés annoncer un parcours inéluctable vers la délinquance (ou pire, la contestation révolutionnaire de l'ordre capitalisme ... ).

          Contre les résistances du salariat : "Je pense ... à la nécessité de régler la question des mouvements sociaux, qui pénalisent lourdement notre image à l'étranger" ""Cela suppose enfin de mettre en place le service minimum garanti ... complet".

          À ces projets de fichages systématiques, s'ajoutent la création d'une milice armé: "La réserve citoyenne sera constituée de citoyens, qui comme les sapeurs-pompiers volontaires, veulent donner un peu de leur temps pour apporter leur contribution à la création d'une meilleure sécurité". SARKO, c'est des shérifs partout.

          Dans le sillage de BLAIR, SARKO, le toutou de BUSH, aspire à ce que la France s'engage dans la politique de guerre de BUSH. SARKO le vassal, qui ose présenter les soi-disant excuses des Français à BUSH pour ne pas l'avoir soutenu en Irak.

          D'où un budget de l'État 2007 qui supprime 19 000 emplois publics mais en crée 4 000 dans la Justice, la Défense (armée et gendarmerie), la Sécurité (Police) et la Recherche (militaire). Bref, une économie de guerre.

SARKOZY est le candidat des monopoles atlantistes de l'UE, comme AZNAR et  BERLUSCONI (en leur temps) et MERKEL et BLAIR actuellement.

En cela, il se démarque des chiraquiens qui misent sur l'UE pour renforcer l'impérialiste français, SARKO l'américain ne manque pas de faire l'éloge de l'ultralibéralisme des USA.

Quelques citations:

"Ce que j'apprécie dans la société américaine, c'est sa mobilité sociale". "Le pouvoir d'achat des Français ne se contente pas de stagner il est inférieur de 30% à celui des Américains".

          Accélération sans précédent du processus de casse des acquis sociaux/droits des travailleurs et de désindustrialisation de la France, fascisation de la société, alignement sur l'impérialisme US et modèle américain de société, voilà le projet SARKOZY, tel qu'il nous l'annonce.

PS TROIS VOIX POUR UN MÊME SOCIAL-LIBÉRALISME!

La campagne pour désigner le candidat du PS à la présidentielle bat son plein. Des débats contradictoires, fait inédit, sont même diffusés sur des chaînes d'information du câble. Cette pluralité de candidatures correspond à la fois à des objectifs politiques et à une crise d'identité en son sein.

          La social-démocratie constitue un des piliers de la dictature du Capital. Sa spécificité est de continuer à influencer les électeurs des couches moyennes mais aussi populaires. La fonction du PS est de constituer un recours sans risque pour le pouvoir des monopoles, quand le gouvernement de la réaction traditionnelle est dans l'incapacité, en raison de la désaffection de l'opinion publique, d'appliquer les directives stratégiques des grands groupes financiers. La victoire du NON au référendum, le retrait du CPE grâce aux luttes, ont affaibli le gouvernement VILLEPIN, faisant grandir une certaine aspiration à l'alternance. On est là au coeur du dispositif de dictature de tous les États impérialistes, l'alternance entre libéraux (réaction) et sociaux-libéraux (PS). Le débat au PS vise à lui donner un label de démocratie, alors que SARKOZY s'est auto-proclamé depuis des années le candidat de l'UMP.

          "L'américanisation" de la vie politique française y trouve aussi son compte, puisqu'on habitue aujourd'hui les adhérents, demain les électeurs, à des "primaires" où le facteur déterminant est la personnalité du postulant à la présidence. Cette pluralité est aussi le reflet des contradictions inter-impérialistes qui existent entre groupes financiers et industriels (euro-atlantisme ou UE renforcée) et qui traversent les formations de pouvoir (SARKOZY ou DUPONT-AIGNAN et STRAUSS-KAHN ou FABIUS).

          La colère et le rejet de la politique de la "gauche plurielle" conduite par JOSPIN, sont tels, que ce dernier a du renoncer (provisoirement?) à ses ambitions de retour. La politique social-libérale a été si marquée, qu'elle a porté atteinte aux capacités du PS à tromper les travailleurs. Les trois candidats, tous anciens ministres de JOSPIN, ne l'ignorent pas et proposent trois méthodes afin que le PS puisse d'un même élan: gérer le système et cantonner le mécontentement populaire, tout en gardant une image de "gauche".

Le social-libéralisme affiché: Dominique STRAUSS-KAHN.

          Sa profession de foi s'inscrit dans un présidentialisme fort, "un président qui dirige". Son objectif est d'institutionnaliser la collaboration de classes, d'où ses références aux "solutions de la social-démocratie moderne". Il propose un "Pacte de l'Élysée" où les questions sociales seront débattues par les "partenaires sociaux". Gageons qu'à l'heure des privatisations et délocalisations, le MEDEF aura beau jeu de souligner qu'on ne "saurait réglementer d'en haut". Mesure qui entre en contradiction avec l'annonce par STRAUSS-KAHN de soutien (comme VILLEPIN, SARKOZY) à la proposition de la CGT de "sécurité sociale professionnelle" qui s'inscrit dans la liquidation du Code du Travail et des Conventions Collectives, en individualisant les parcours professionnels! C'est le modèle de "sécu-flexibilité" mis en place au Danemark. STRAUSS-KAHN avance l'idée de "solidarité nationale" pour contrer les effets des délocalisations. En somme, le Capital multiplie ses profits en cassant l'emploi en France et les travailleurs payent les frais des casseurs! Idem, quand STRAUSS-KAHN s'appuie sur la direction CGT pour annoncer une "nécessaire" réforme des régimes spéciaux des retraites. "Sans confiance, pas de croissance", leitmotiv connu qui signifie que la priorité ira aux mesures d'exonération du Capital afin que la "confiance renaisse". L'affichage atlantiste est réel quand STRAUSS-KAHN vante le modèle américain de créations d'emplois, en osant cette contre-vérité démagogique, "si nous avions la même croissance qu'aux États-Unis, chaque famille française aurait 4 500 €de plus par an"!!!

          Rappelons que la croissance made in USA est produite à coups de militarisation de l'économie, de guerres, d'emplois précaires. STRAUSS-KAHN s'affiche comme le candidat d'une certaine continuité avec la politique actuelle. C'est l'alternance "soft". D'ailleurs, il se dit partisan de nationalisations, provisoires, manière que l'État renfloue les déficits, et que le Capital ramasse la mise.

Le socialisme "historique": Laurent FABIUS.

          Depuis son engagement dans le camp du NON, FABIUS prend le contre-pied de l'authentique social-libéral qu'il fût aux affaires, de l'homme lié a de multiples monopolistes (cf. l'article sur les médias). Il se veut le champion de la feuille de pays, le défenseur des petits salaires, de l'École laïque et de la République. Sa politique de collaboration de classes vise à "une meilleure répartition entre Capital et Travail". FABIUS veut relancer l'UE en la rendant "plus sociale", généraliser les 35h (sans préciser avec ou sans diminution de salaires), porter le SMIC à 1 500 €, au cours de la législature. Là aussi, en dehors de la suppression de l'exonération des cotisations sociales des grandes entreprises, ce qui rapporteraient "plusieurs milliards d'euros", le financement reposerait sur la solidarité; ainsi l'État serait mis à contribution pour financer la construction de logements sociaux en réponse aux communes qui violent la loi des 20%. FABIUS tient d'autant la partition "gauche" qu'il sait que ses chances sont réduites. Sa fonction est de lier les mécontents et victimes de la crise au vote PS.

Le social-populisme ou la résurgence des "néos".

          Ségolène ROYAL a été lancée voici une année, sur un mode quasi publicitaire par les instituts de sondage. La caricature de démocratie est telle en France que si on vous déclare "présidentiable" avec des chances de succès, votre candidature devient "irrésistible". Le discours de Ségolène ROYAL vise à l'emporter en arrachant des suffrages aux électeurs de Le PEN et SARKOZY. Ses références à "un ordre juste", à la "nation", à l'envoi de jeunes délinquants dans des "missions humanitaires sous la direction de l'armée (sic)", sa proposition de "jury citoyen, désigné au sort" tranchent avec les propos des autres hiérarques du PS. Ce courant n'est pas inédit au sein de la social-démocratie. Dans les années 30, confrontés à la montée du fascisme et à l'ampleur de la crise économique, des dirigeants de la SFIO baptisés "néo-socialistes", (DÉAT, MARQUET) se rallièrent au mot d'ordre "Ordre, Autorité, Nation". Ces hommes sombrèrent, passant du social-fascisme au fascisme et à la collaboration avec l'occupant nazi. Madame ROYAL prône trois valeurs: travail, innovation, environnement en insistant sur les "réserves de productivité" (allongement des annuités? cadences aggravées? sans doute les deux!). Elle vante (après son éloge de BLAIR), le "modèle Danois" qui affiche "73% de taux d'activité de 16 à 65 ans" soit dix points de plus qu'en France. Sa démagogie lui fait dire qu'ainsi chaque français aurait 3 200 € de plus par an!!! Les monopoles et l'UE seront satisfait quand elle insiste sur "l'amélioration de l'employabilité", revendication du MEDEF pour plus de flexibilité, adaptation, précarité du salarié. Sur les salaires, elle s'abrite derrière le projet du PS: 5% d'augmentation du SMIC. Son populisme est tout aussi manifeste quand elle proclame à son auditoire "je vous aime", quand elle dénonce "les talents étouffés par la bureaucratie" (et non par le capitalisme et son État). Le plus grand danger de son projet réside dans sa proposition de "régionaliser entièrement les filières économiques", les microcrédits aux PME, les pôles de compétitivité, autant de mesures voulues par les monopoles et l'UE du Traité constitutionnel, pour créer de grandes "régions européennes" et désertifier les autres.

          Le PS est en crise; la mise en minorité de sa direction lors du référendum a relancé les conflits idéologiques afin que cette formation puisse être assurée d'accéder aux affaires en alternance ou en alliance avec la droite (BAYROU?). Le combat de l'URCF, en lien avec la campagne "Accusons la Capitaliste" est que son analyse de classe de la social-démocratie et la lutte revendicative pour démasquer ses (maigres) promesses deviennent patrimoine populaire. Il n'y aura pas de luttes résolues anticapitalistes, pas d'alternative au capitalisme sans que les masses chassent la social-démocratie du camp populaire!

IL FALLAIT LE DIRE

          Plus mégalo que lui, tu meurs. Instantanément! Ah oui? Mais de qui s'agit-il? De SARKO, pardi, qui, pour paraître aussi grand que G.W BUSH sur la photographie destinée à immortaliser leur récente rencontre, portait des chaussures à talons renforcés. Dans le sens de la hauteur. Pas mal dans le genre, n'est-ce pas? À l'instar du "Petit caporal", c'est-à-dire de Napoléon, premier de la série, pour lequel il a une admiration sans borne et auquel, sans doute, il aime s'identifier. Il veille à la qualité de la publicité organisée autour de sa petite personne, look, faits et gestes, déclarations, tralala, blablabla: le bon peuple doit le voir et l'entendre chaque jour que le calendrier propose. Mais cette publicité ne dit pas tout, le concernant. Évidemment! Et pour cause! Aussi allons-nous le faire à sa place. En vacances dans une villa, située au coeur du bassin d'Arcachon (qui se loue 25 000 € par mois), ladite villa a été transformée, en la circonstance, en petit fort de Brégançon. Son petit Brégançon à lui faute de pouvoir s'installer dans l'autre, le vrai. L'officiel. Cinquante CRS, ordinairement basés à Vélizy, ont été mobilisés pour veiller sur la villa en question et ses occupants provisoires. Ce n'est pas tout. Dix huit flics du Service de protection des hautes personnalités (SPHP) ont patrouillé dans les environs, pendant le séjour vacancier sarkozien, lunettes noires, micros dans une manche de la veste, jumelles aux aguets, pistolet à la ceinture. Avec l'ordre d'en imposer en roulant les mécaniques. Pour dissuader le pékin trop curieux. Et encore, neuf flics "en bourgeois" sont restés accrochés aux basques du futur candidat à l'Élysée à chacun de ses déplacements, trois autres ont été affectés à la protection de madame, retournée dans ses foyers et quatre à celle de Louis le rejeton médiatiquement affectueux: "Bonne chance, mon papa!". Cerise sur le gâteau, un intendant, deux cuisiniers et trois maîtres d'hôtel, appartenant au ministère de l'Intérieur, ont été détachés pour être à la disposition de la sainte-famille. Pardon, de la famille ministérielle. Nous pourrions en rester là. Ce serait vous priver d'autres révélations tout aussi gratinées. Jugez-en plutôt. Une compagnie de CRS (cent hommes), cinquante gardes-mobiles, trente fonctionnaires de police et de la sécurité publique, onze agents des renseignements généraux, trente militaires de la compagnie de Gendarmerie d'Agen, un hélicoptère de la Gendarmerie nationale, ont été mobilisés, le 22 juin dernier, pour surveiller, tous azimuts, la salle dans laquelle, à Agen précisément, SARKO tenait meeting. On le savait démago: dénonciation galopante, promesses frénétiques, on le découvre aussi mégalo. À quand la garde impériale? Décidément, cet homme a tout pour faire peur. Pour ses idées qui s'apparentent plus à celles du despote sus-cité qu'à celles d'un démocrate, et par l'idée qu'il se fait de sa personne. Il fallait le dire. C'est dit.

L'URCF à la Fête de l'Humanité

          Comme nous l'avons décidé depuis plusieurs années, notre organisation était présente à la Fête de l'Humanité. Située près de la Cité Internationale (traduction PCF: Villages du Monde), nous côtoyons nos camarades Cubains ainsi que nos amis Vénézueliens!

          Au-dessus de notre stand flottaient les drapeaux de l'URSS, de RDA, de Cuba, du Venezuela. Une trentaine de camarades ont participé à la construction et à la tenue du stand pendant les 3 jours. L'activité politique a été très importante: de nombreux contacts ont été pris, des abonnements à notre journal ont été réalisés, prés de deux cents journaux IC de septembre ont été vendus. Sur des présentoirs dans l'allée, nous avions mis à la disposition de tous, des numéros d'IC antérieurs, initiative qui a rencontré un vif succès. La vente de livres politiques reste toujours très prisée de nos visiteurs, qui ne rencontrent guère dans les autres stands les classiques de MARX, ENGELS, LÉNINE, STALINE ainsi que les livres et brochures de l'URCF, des drapeaux rouges, des tee-shirt, des casquettes ainsi que des objets provenant de l'artisanat cubain.

          Afin de financer notre stand, nous vendions aussi notre célèbre mojito (apéritif cubain) qui a rencontré comme d'habitude un franc succès!

          Nous avons vécu de grands moments politiques avec de nombreuses discussions devant le stand, un moment d'émotion avec la réception des camarades de Dalkia en lutte. Nous avons exprimé notre solidarité politique et financière avec Évelyne, syndicaliste de lutte de classe licenciée de chez Dalkia à Caen.

          Nous avons eu l'honneur de recevoir la visite de l'Ambassadeur de la République bolivarienne du Venezuela, occasion d'un moment intense de solidarité internationaliste.

FUSION MONOPOLES/MÉDIAS  OU  LE 4è POUVOIR AU SERVICE DU CAPITAL.

Les monopoles: propriétaires et maîtres des plumitifs.

          Les marxistes-léninistes qualifient la domination de classe de la bourgeoisie monopoliste, de dictature. En effet, cette classe sociale dirige intégralement l'ensemble des appareils d'État coercitifs (police, armée, justice) et l'ensemble des superstructures idéologiques (école, droit, représentations artistiques, médias). La direction des médias est vitale pour le Capital et permet la reproduction incessante des idées de la classe dominante. Depuis longtemps, le contrôle et l'assujettissement des médias constituent le 4è pouvoir après l'exécutif, le législatif, le judiciaire.

          On sait qu'au stade impérialiste du capitalisme (formation de monopoles et domination de l'oligarchie financière), LÉNINE, pour désigner les réels maîtres du pouvoir, a parlé de mécanisme étroit de fusion entre monopoles et appareil d'État: les personnels des conseils d'administration entrent dans les divers gouvernements et institutions et réciproquement, de façon à assurer la subordination du gouvernement et de l'État aux monopoles.

          Il en est de même pour l'ensemble des médias. Ces derniers devenus propriété des grands groupes industriels et bancaires, vont constituer un moyen incontournable pour l'oligarchie d'utiliser les moyens de communication comme "organisateur collectif" des vues de défense des intérêts capitalistes.

          La presse, les chaînes télévisées, les manuels scolaires, les représentations artistiques vont, quant au contenu, être subordonnés à l'orientation générale idéologique de la bourgeoisie, aux intérêts financiers des actionnaires. Le lancement des campagnes de presse, la promotion d'une personnalité politique via les sondages (eux-mêmes, fruit des instituts, propriété des monopoles), les "vérités révélées" vont façonner l'opinion politique, influencer directement les manuels scolaires et ainsi toucher de manière durable l'ensemble des générations. Les thèmes du "goulag", de la "criminalisation du communisme" sont nés des "Think-tank" (cercle de réflexion) souvent liés à la CIA et grands pourvoyeurs d'articles de presse, de films et documentaires.

          Les médias ont été baptisés par K.MARX de "lubrifiant du Capital". La presse, les chaînes de télévision et radio, sont totalement intégrées au dispositif de maintien de l'ordre capitaliste: la plus petite grève est souvent caricaturée et le patron a toujours le dernier mot. Des campagnes mensongères incessantes sont orchestrées pour présenter les luttes de classes comme "archaïques", le communisme comme une "idéologie meurtrière" ou "caduque". En France, Giscard s'était inscrit dans une politique de partage des créneaux avec l'impérialisme allemand au sein de l'Europe capitaliste. À l'impérialisme français revenait le rôle dominant dans l'industrie du luxe, du bâtiment, de l'armement, des banques. Ce n'est pas un hasard si ce sont précisément les grands groupes de ce secteur qui ont pris le contrôle de l'ensemble des médias hexagonaux.

          Les monopoles peuvent ainsi illustrer et populariser au sein des larges masses, la politique et les thèmes d'intervention de l'impérialisme français au autres (certains organes sont liés à la domination de Wall-Street). Une intervention militaire en Afrique, chasse gardée de l'oligarchie nationale, sera toujours présentée comme réponse "aux menaces qui pèsent sur les ressortissants français", le "droit" sera toujours aux côtés des gouvernants de notre pays!

          Les interventions et directives des monopoles vont être confiées à des journalistes étroitement encadrés et "éduqués" dans des écoles de formation dont les administrateurs sont toujours des monopolistes et financiers et tant pis pour les "esprits libres"!

           Ainsi, la classe capitaliste s'assure de l'encadrement de  toute la population, quelque soit la chaîne regardée ou le journal acheté. L'ordre et l'éclairage des articles est le même et en dernière instance reflète ce que les oligarques veulent que l'on pense! La grande masse des journalistes s'est transformée en attachés de presse du Capital.

Mythe et duperie de la liberté de la presse sous le capitalisme.

          Dans les pays bourgeois, l'ensemble de la population est soumis à un martèlement qui vise à rentrer cette "vérité" imposée: "la presse est libre et démocratique". Le bon sens conduit à s'étonner, comment les seuls bénéficiaires du système d'exploitation qui engloutissent des capitaux énormes dans l'achat et le contrôle des titres de presse, pourraient-ils se désintéresser de ce que véhiculent ces mêmes organes? La naïveté n'est pas de mise et ne profite qu'à ceux qui veulent embrouiller les consciences. Pourtant, la bourgeoisie trouve un auxiliaire précieux dans la social-démocratie et le révisionnisme. Ce courant destructeur des principes révolutionnaires au sein des formations communistes n'a eu de cesse de refuser toute analyse marxiste de l'État et de nier ainsi que la bourgeoisie monopoliste exerce une dictature de classe. La démocratie bourgeoise est qualifiée de "démocratie" pour tous, la reconnaissance du "pluralisme" devient alors de maître mot de la lutte contre la mainmise sur les médias. Quand on répand ces illusions, on ne saurait combattre les maux dénoncés. Le contenu "objectif" d'un média ne se résume pas à la place accordée à tel ou tel parti mais à son orientation de classe, à son propriétaire capitaliste.

          La division des organes de presse, à grand tirage, en journaux de droite ou de gauche est artificielle. Certes la grande majorité soutient le gouvernement en place et si les médias d'"opposition" reflètent simplement les intérêts contradictoires d'autres secteurs monopolistes, tous se retrouvent pour se placer aux avant-postes de la lutte pour défendre et pérenniser le capitalisme. La quête du pluralisme est un mythe sous le système d'exploitation, propagé par les tenants de la démocratie petite-bourgeoise qui entretiennent le rêve absurde d'être une force intermédiaire entre Capital et Travail. La direction et les lecteurs de l'Humanité devraient d'interroger davantage sur les aides financières du magnat LAGARDÈRE. Quand les fabricants d'armes sauvent certains journaux d'une possible faillite, comment accréditer l'idée qu'ils le font au nom du "pluralisme", le révisionnisme "soutien social" du capitalisme a son rôle dans la soumission des esprits. Quand des privatisateurs s'achètent une page de "l'Huma", outre le "coup de poing" dans la figure, ils illustrent bien le contenu de classe de la démocratie bourgeoise, "cause toujours, nous tenons les cordons de la bourse".

Les tâches des révolutionnaires-communistes.

          La première est d'analyser ce qui ce cache derrière tel ou tel média. Citer ses propriétaires, c'est montrer la subordination du contenu éditorial aux intérêts d'argent. Ensuite, les communistes doivent dénoncer les mensonges, campagnes orchestrées comme autant de moyens pour les capitalistes d'orienter et de se soumettre les travailleurs, exemples à l'appui pour en illustrer le contenu de classe pro-bourgeois de la presse. La lutte idéologique et politique exige en toutes circonstances, l'indépendance financière du mouvement. Comme notre Intervention Communiste, un journal communiste est exclusivement financé par ses lecteurs et abonnés, par la vente militante. La diffusion de tracts à grand tirage, l'utilisation de sites Internet (tant que ce secteur ne sera pas réglementé de manière plus drastique), les affiches sont les moyens privilégiés de notre propagande. Notre force, c'est l'action des masses quand leur vécu et expériences entrent directement en contradiction avec  tout le martèlement médiatique des adversaires des travailleurs. Alors en quelques jours, bien des préjugés distillés par l'oligarchie s'effondrent et ceux qui combattent s'éveillent à la lutte libératrice qui en s'attaquant et en renversant le capitalisme, ouvrira la voie à la liberté d'expression et d'impression pour les exploités, les opprimés et les exclus, à une démocratie véritablement du peuple: le socialisme.

MONOPOLES ET PRESSE

Le Monde:

          Ce journal au-delà de ses déclarations sur son caractère indépendant a toujours été étroitement lié aux monopoles.

          Conseil d'administration:

Alain MINC,

          - à la tête du Conseil de surveillance du Monde (tout un programme!)

          - administrateur Valeo dirigé par le Baron SEILLIÈRE, Pinault-Printemps-                      Redoute,

Yves Saint-LAURENT,

          FNAC, Moulinex, Président d'AM Conseil,

Michel BON,

          ancien PDG de France Télécom, administrateur d'Air Liquide, Bull, Lafarge,

Les dirigeants d'entreprises ou anciens,

          Louis SCHWEITZER     (Renault, ancien conseiller de Laurent FABIUS),

          J.L BEFFA                     (Saint-Gobain),

          Gilles PÉLISSON           (Eurodisney),

          Carlo de BENEDETTI    (Cofide-Cir).

Entreprises actionnaires:

          Air France, BNP, Danone, Financière Vivienne, Jet Tours, Société des hôtels Méridien, l'Oréal, Thalès, Total-Fina, Elf, Axa ...

Libération:

          Journal à l'origine se voulant "maoïste" et fondé par Jean-Paul SARTRE.

          L'ancien directeur Serge JULY, a oeuvré à sa capitalisation.

          Longtemps, Jérome SEYDOUX Fornier de Clausonne en a été le principal                      actionnaire: maintenant,

          Édouard de ROTHSCHILD a pris possession de ce titre et à même licencié                    Serge JULY!

Administrateurs:

          Philippe Giscard d'ESTAING,

          (vice-président du Conseil de surveillance de Sonepar)

          Georges RALLI,

          (Banques LAZARD),

          un administrateur de BNP-Paribas ...

Le Figaro:

          Le titre, après le décès du tycooner (requin de Presse) Robert HERSANT, après bien des péripéties est tombé aux mains d'un holding dont une partie des capitaux provient de la société américaine "Carlyle", présidée par Frank CARLUCCI, ancien haut responsable de la CIA, très impliqué dans le putsch fasciste de PINOCHET au Chili, ancien secrétaire d'État à la Défense (1987-1989). Carlyle est très lié au complexe militaro-industriel nord-américain et à son directoire le Pentagone. Ces liens avec Washington expliquent pourquoi "Le Figaro" soutient aussi activement Nicolas SARKOZY, le caniche de BUSH, l'homme de l'euro-atlantisme.

          Vous parlez toujours de presse libre et démocratique?

Le gouvernement organise la destruction en urgence des services publics.

EDF/GDF:

POURQUOI LE PROCESSUS DE PRIVATISATION D'EDF ET DE GDF A-T-IL PU AVANCER AU STADE ACTUEL?

          Rappelons-nous la loi de transposition de l'énergie de la directive européenne en 1996, qui a été votée notamment par le PS et le PCF avec amendements soi-disant que "c'était le moindre mal" plutôt que de voter contre.

          Puis en 2000, le Sommet de Barcelone avalisant cette directive avec les voix de la "gauche plurielle". Et pendant ce temps-là, les directions syndicales, notamment de la FNME-CGT clament haut et fort leur opposition, mais se contentent de lancer des pétitions en se déclarant "contre ces projets" de libéralisation du marché de l'énergie, de l'ouverture à la concurrence et du capital. Mais, parallèlement, ses dirigeants fédéraux n'organisent pas la mobilisation du personnel à la hauteur des attaques, en préparant la grève générale, pour faire reculer le gouvernement et les directions.

          En 2002, un vote massif des électriciens et gaziers rejetait le "relevé de conclusions", document concocté par le secrétaire général CGT de la Fédération de l'Énergie, proposant "une 3è voie", alternative à celle des directions/gouvernement et à celle de la CGT de lutte de classe, qui remettait gravement en cause les acquis statutaires du personnel.

          En 2004, où une grève importante avait lieu dans toutes les unités du pays avec des coupures de courant, la direction de la CGT, en entente avec SARKOZY, faisait cesser ces grèves exemplaires en annonçant que le Statut des agents était sauvegardé et SARKOZY promettait que la participation du capital de l'État ne descendrait pas en-dessous de 70%. Ce que les adhérents de base dans leur ensemble n'ont jamais cru. Ils s'indignèrent, étant en colère qu'on leur fasse arrêter la grève sur injonction et répression.

          3 semaines après, le 22 juillet 2004, le Parlement votait l'ouverture du capital de GDF et le 9 août, la loi transformant EDF et GDF en société anonyme était promulguée.

          Le 8 juillet 2005, GDF entrait en Bourse. Parallèlement, des journées nationales d'action ou des manifestations locales se déroulèrent mais il n'y eut jamais la volonté de mettre en place une mobilisation pour enclencher une grève reconductible, seul moyen de faire barrage à ce processus de démantèlement de ces 2 services publics.

          Le 25 février 2006, De VILLEPIN annonce la fusion GDF/Suez pour créer un premier groupe mondial de l'énergie. La CGT, avec les autres syndicats dénonce cette privatisation et organise plusieurs manifestations successives ou journées de grève en mars, puis en juin, puis en septembre, puis en octobre mais toujours pas d'appel à fédérer et à organiser des luttes continues pour aller jusqu'à la grève générale. Alors qu'à la base, dans les syndicats locaux, beaucoup des adhérents les plus conscientisés réclament une grande marche nationale sur Paris réunissant les agents EDF/GDF, les usagers et les élus.

          On assiste-là à une véritable collusion Capital-bureaucratie ouvrière, cette dernière ne s'en tenant qu'à des luttes partielles, perdant de vue l'objectif de sauver le secteur public. (dans le même ordre, le secrétaire général de la CGT demande aux "salariés actionnaires" d'utiliser leur influence alors que précisément par la détention d'actions, ils participent à l'exploitation de leurs camarades). La direction, d'EDF, en lien avec les gouvernements, a toujours gagné le soutien de l'aristocratie ouvrière, en lui accordant des avantages personnels, afin que cette couche de bureaucrates encadrent les luttes, les ramenant à un exécutoire. Maintenant, cette bureaucratie ouvrière fait un compromis et cède sur le statut contre le maintien de ses privilèges.

          Mais on peut encore gagner la nationalisation à 100% d'EDF-GDF même si la loi de fusion et de privatisation a été adoptée. Cela avait été le cas aussi pour le CPE.

          Comme révolutionnaire-communistes, nous appelons au combat de classe contre cette loi de rentabilité financière et de casse du service public avec la création de comités populaires usagers/salariés EDF-GDF. L'URCF agira dans ces comités pour reconquérir le service public et oeuvre déjà pour la création d'un pôle public de l'énergie regroupant EDF-GDF avec SUEZ nationalisé à 100% et les sociétés pétrolières.

SNCF: LA PRIVATISATION RAMPANTE?

          Comme l'ensemble des services publics, la SNCF est soumise à la politique libérale du pouvoir, fidèle exécuteur des injonctions du MEDEF, organisme représentatif du patronat français. À la SNCF, cette politique se traduit par un processus pervers conduisant inexorablement à la privatisation. Les menaces s'accumulent. Elles sont autant de menaces pour le service public et le statut des cheminots. Ils renferment les ingrédients d'une privatisation rampante de l'entreprise.

L'organisation en quatre branches de la SNCF et du groupe conduit chacune à développer leur propre stratégie qui génère des contradictions entre branches et mine très sérieusement l'efficacité de l'ensemble. Cette situation est catastrophique pour le devenir du service public, car elle peut conduire à une incapacité grave à remplir son rôle et par là même "justifier" la privatisation. Il faut absolument stopper le mécanisme et revenir à l'unicité de la SNCF comme par le passé. Elle a suffisamment fait la preuve de son efficacité pour contrer les tenants du critère dogmatique de la rentabilité financière, corollaire de la gestion capitaliste.

Le plan fret 2004-2006 (dit plan VÉRON: cf. IC n°61 juin-juillet 2004) arrive à son terme. Le bilan est catastrophique. Comme nous le dénoncions à l'époque, il ne s'agissait pas d'un développement, mais bien, les résultats le prouvent, d'un démantèlement. Aujourd'hui, avec le recul, nous pouvons dire sans crainte de nous tromper, qu'il s'agit d'un plan délibéré pour faciliter la prise de marché par les transports routiers privés qui ont été développés sciemment (toujours sur les injonctions du Capital) à l'aide de mesures avantageuses: baisse des taxes routières, augmentation spectaculaire et continue du nombre d'essieux des véhicules et de la charge par essieu, suppression de la conduite à deux au mépris de la sécurité routière et de l'environnement. Et comme par hasard, les effets de ce plan tombent juste à point avec l'ouverture à la concurrence (au privé) du fret ferroviaire en Europe. Devant les difficultés avérées, M. VÉRON parle aujourd'hui de filialisation sous forme d'une entreprise de droit commun. Il s'agit bien là de privatiser l'ensemble du fret.

L'externalisation caractérisée par la création de filiales avec participation du capital de la SNCF et bien sûr du privé, présentée comme la solution des difficultés "provoquées" doit être combattue résolument car elle constitue une phase conduisant à la privatisation. La direction de l'entreprise ne s'arrête pas là, puisqu'elle envisage, après le fret, de s'attaquer à l'ingénierie, qui est un des fleurons au niveau mondial de la technique, du savoir faire en matière d'installation ferroviaires. Ce serait une livraison "clé en main" au capital privé d'un outil indispensable au développement et à la modernisation de la SNCF. Ce qui aura pour résultat un nouvel affaiblissement des missions de service public. Un audit sur l'état du réseau ferré a fait ressortir le vieillissement de celui-ci, par manque d'investissements dû au désengagement de l'État. Ce sont la SNCF et les collectivités locales qui supportent l'effort pour la remise à niveau du réseau. Ce financement se fait sur le dos des usagers, de l'emploi, et des conditions de travail des cheminots. "Équilibre financier" oblige, on réduira les coûts, entendez les effectifs avec toutes les répercussions sur la maintenance et donc la sécurité.

          L'État confirme aussi son désengagement financier pour la construction de nouvelles infrastructures (lignes, gares ... ) en préconisant le recours au partenariat public/privé. Autre tactique de la privatisation rampante. Pour le transport voyageurs, la SNCF adopte une stratégie qui consiste à "réagir au marché en cherchant à être compétitif et rentable", ce qui veut dire qu'elle prendra excuse d'un manque de rentabilité pour supprimer les activités jugées déficientes, ou les mettre à la charge des collectivités comme c'est le cas pour le TER où les régions achètent du matériel roulant en lieu et place de la SNCF. Cette politique se traduisant par une augmentation des impôts locaux. Le tout accompagné de fermetures de points de vente et le recours à des filiales comme EFFIA, KEOLIS ... Comme on voit, la privatisation rampante prend une multitude de formes, certaines très pernicieuses ou affichées ouvertement comme celle du directeur du TGV français, prêt à acheter des TGV japonais mettant la société française ALSTOM en difficulté, ce qui se traduirait fatalement par de nouvelles suppressions d'emplois, aggravant encore la casse du tissus industriel national.

          Mais, cette situation n'est pas fatale. On peut arrêter le processus de privatisation et imposer la renationalisation des entreprises privatisées. Pour sa part, l'URCF a élaboré un programme prenant en compte tous les domaines de la vie économique politique et sociale. Il ne s'agit pas d'un catalogue de mesures, d'un programme de gouvernement, mais d'axes de luttes à faire avancer avec des actions d'envergure menées par l'ensemble des intéressés. En ce qui concerne la politique des transports plus particulièrement, elle préconise la création d'un pôle public englobant toutes les entreprises de transports, ferroviaires, routières, fluviales, aériennes qui permettra la coordination et la complémentarité des différents moyens de transport, préfigurant, pour l'avenir, la propriété collective des moyens de production et d'échange, condition indispensable à l'édification d'une société socialiste.

La Poste: La Poste en grand danger d'implosion!

          Pour beaucoup d'usagers et même une grande partie du personnel de la Poste, la privatisation de la partie Télécommunication a été vécue comme quelque chose d'inéluctable. C'est le sens de la propagande médiatique qui était alors déversée sur les ondes en 1988 sous le gouvernement ROCARD qui créa, ne l'oublions pas, France Télécom. Ce sera encore un gouvernement de "Gauche" dit JOSPIN qui privatisera officiellement le secteur avec l'ouverture du capital qui se concrétisera par la première cotation à la Bourse de Paris le 20 octobre 1997.

          Scénario presque analogue en 2005, alors que le gouvernement de droite à connaissance des sondages plaçant le NON à la Constitution européenne à 55% des Français, le gouvernement fait voter en catimini le 20 mai 2005 (9 jours avant le référendum) une loi de "régulation" des activités postales qui transpose en France deux directives européennes de 1997 et 2002 en vue de l'ouverture totale à la concurrence de l'activité postale pour 2009. Là encore, le PS, même s'il votera contre cette loi, ne fera aucune obstruction; pour deux raisons: d'abord, car il a toujours été pour la privatisation (les faits le prouvent); aussi parce qu'il appelle à voter OUI au référendum! On pourra aussi épiloguer sur le rôle des directions syndicales qui ne s'opposeront pas véritablement à cette loi, arguant même pour certaines que la loi en discussion en deçà de la directive européenne et pourrait être de ce fait être moins contraignante!

          En fait, cette loi ne se contente pas seulement d'ouvrir à la concurrence au 1er janvier 2006 les plis de 50 grammes et plus au privé, elle vise à terme à rendre caduque la péréquation tarifaire sur tout le territoire.

          Elle crée la Banque Postale, rompant ainsi l'unicité de l'activité postale restante.

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