Pour une alternative anti-capitaliste !

 Sommaire IC n°78

Edito: Pour une alternative anti-capitaliste !
L'URCF et la CHARTE ANTI-LIBERALE
Conférence nationale de l'URCF sur le travail dans les entreprises
La classe ouvrière, classe d'avenir
Candidature Buffet : un mauvais coup.
 Liberté syndicale chez Dalkia  Evelyne doit être réintégrée !.
SECURITE SOCIALE PROFESSIONNELLE :un projet contre l'ensemble des salariés
Décret De Robien : Travailler plus et gagner… moins !
Petites et Moyennes Entreprises 
Etre malade au XXIe siècle … Le parcours du combattant
Un toit c'est un droit de fait cela ne doit pas devenir un droit au logement opposable
 Théorie:
Pas de révolution sans parti révolutionnaire !
La Révolution Bolchevique et les questions des  nationalités et du racisme 
Saddam HUSSEIN ne verra pas la victoire de son peuple
 VENEZUELA : est-elle socialiste cette révolution? Est-elleune révolution dirigée par la classe ouvrière et par un futur parti de la révolution?
ENTRE FAUCILLE ET MARTEAU Jeanne d'Arc ou Napoléon 

Les jeux sont faits !

En raison de la propriété capitaliste sur les moyens de production et d’information, le capital financier parvient ainsi à chaque élection à orienter et façonner les esprits. Le bipolarisme règne en maître, opposant un candidat libéral au candidat porteur « d’alternance » social libérale, UMP et PS. Certes, les chiffres avantageux des sondages n’immunisent pas contre des« accidents » possibles, tel en avril 2002 où le grain de sable fasciste s’est glissé dans les rouages. Mais des précautions sont prises depuis longtemps car Sarkozy et Royal sont les principaux atouts et porteurs des intérêts des monopoles. Au-delà de leur personnalité différente, on est confronté au même appel aux forces de coercition pour encadrer la jeunesse, avec le même objectif de classe : lier le monde du travail par la « séduction » ou la répression à l’ordre unique du système! Nous marxistes-léninistes, avons la responsabilité centrale à cette élection de dévoiler ce qui se trame et se cache derrière les« petites phrases » et les poses dans« Paris-Match » : les représentants de la bourgeoisie ne sont que des commis, l’élection, sous le capitalisme, un leurre. L’essentiel du pouvoir et sa portée stratégique sont assurés par les conseils d’administration des monopoles où s’exerce la dictature de l’oligarchie financière!

Dans le dispositif réactionnaire de type bonapartiste mis en place par la Vème République, le bipolarisme et le présidentialisme ne peuvent exercer leur mystification que grâce à la satellisation des petites formations qui vont « jouer le jeu », moyennant espèces trébuchantes(financement public des partis) : écologistes, trotskistes vont s’empresser de « témoigner », apportant leur caution à un système où les « citoyens » élisent un monarque, courroie de transmission de la volonté du capital financier.

L’élection présidentielle est réactionnaire en soi. Ce scrutin a subordonné les législatives, réduisant le Parlement à une chambre d’enregistrement. La presse peaufine un« look » à coups de sondages, le débat démocratique sur les ondes officielles est réduit à néant, le rôle des partis affaibli, chaque candidat menant son solo funeste ! La lutte démocratique exige l’abolition du présidentialisme monarchique !

Déceptions et trahisons du camp du NON.

Ces dernières années, les travailleurs, par deux fois, ont mis en échec la politique du capital : référendum, abrogation du CPE, ouvrant une crise institutionnelle. En pratique, a été démontré cet axiome du marxisme : le primat des luttes de classe pour se défendre puis passer à l’offensive le jour venu pourchasser les possédants. Comme tous les grands mouvements (Front populaire, Résistance), il est né des aspirations des travailleurs à l’unité, dans le but de construire une alternative à ce système qui nous broie socialement et nous écrase politiquement.

Lors du référendum, avec le OUI du PS, suite aussi à la politique désastreuse du gouvernement Jospin envers les familles populaires, les travailleurs avaient acquis une conviction : le cheval de Troie du capital dans le mouvement populaire est constitué par le PS social libéral; il n’y aura pas d’avancées progressistes sans luttes et sans chasser le PS du mouvement. Au lendemain des élections, beaucoup de comités du NON se sont structurés autour de la volonté d’écrire un programme alternatif, émanation de la base. Une « charte antilibérale »a été adoptée, mêlant des propositions progressistes à des aspects encore réactionnaires, notamment sur le rêve creux d’aménagement démocratique de l’UE impérialiste. La bourgeoisie, qui a rôdé son système de représentation politique depuis 1958 autour des partis dominants et de leurs satellites, rejette clairement la cristallisation du camp du NON en un nouveau bloc politique. Ce n’est pas tant son programme qui l’inquiète mais les potentialités démocratiques et révolutionnaires que recèle un tel mouvement: aspiration et expression de la base des travailleurs. Dés lors, les représentants des petites bureaucraties (États-majors de l’aménagement du système) ont rompu l’unité du mouvement. Besancenot, le premier, porte la responsabilité d’avoir divisé le camp du NON avec ses compères/concurrents trotskistes Laguiller et Schivardi (PT). Le trotskisme prouve une fois de plus qu’il met en avant « l’unité » avant sa réalisation et la détruit une fois acquise ! Buffet et la direction du PCF ont porté un second coup à l’unité, Hollande s’étant réjoui de sa candidature. Ce n’est pas une véritable surprise ; rappelons-nous, Buffet tendant la main au « OUI de gauche » ; n’oublions pas qu’elle fut aussi ministre du gouvernement Jospin.

Le PCF a choisi de privilégier sa survie électorale aux futures législatives, en tentant de concilier« l’anti-libéralisme » et le social libéralisme du PS. Certes, Buffet bénéficie de l’appui de syndicalistes et sa candidature est majoritaire en suffrages. Mais ne respectant pas la règle du consensus, elle ajoute la division à la division. Le camp du NON est éclaté en 3 ou 4 candidatures. Dès lors, les partisans de l’unité populaire pour construire une alternative progressiste d’urgence ne peuvent que rejeter les casseurs d’unité.

Les limites actuelles du mouvement du NON apparaissent mais sa portée transformatrice de luttes existe. L’URCF axera sa campagne sur  la défense et la mise en avant des intérêts immédiats et futurs de la classe ouvrière, sur la nécessité de forger une aile anticapitaliste et anti-impérialiste dans le camp du NON, en travaillant à l’unité sans jamais cacher ses opinions. Forts  de son programme, elle agira pour que l’alternative populaire en construction soit l’émanation toujours plus de la base, reliant la satisfaction des revendications immédiates démocratiques et sociales(l’antilibéralisme) à la lutte générale contre le capitalisme. Enfin, à contre-courant de l’idéologie dominante et des forces de soumission, l’Urcf s’attachera, avec les autres groupes du mouvement communiste, à démontrer que la propriété capitaliste des moyens de production, d’échange, d’information et le pouvoir d’Etat de l’oligarchie financière sont l’obstacle à l’émancipation des forces du travail. En cette année de jubilé d’Octobre 17, oui, le socialisme est bien la seule alternative populaire et libératrice au capitalisme

 
L'URCF et la CHARTE ANTI-LIBERALE

Il nous faut partir de la portée de la victoire du NON au référendum. Les travailleurs de France ont infligé une défaite à l’UE impérialiste sur un des axes stratégiques essentiels du capitalisme contemporain : le refus de la reconnaissance du néo-libéralisme comme mode d’organisation obligatoire pour chaque Etat. La campagne du NON s’est construite dans les quartiers populaires et dans les entreprises avec la participation aussi de non électeurs : travailleurs immigrés et jeunes

La richesse (et la contradiction du mouvement) a été sa diversité ; le respect de cette particularité était le gage de la victoire : collectifs syndicaux, de femmes, d’associations et organisations politiques. Des « collectifs du 29 mai » se sont créés, constituant des forums d’échanges et de débats afin de construire une alternative au sociallibéralisme. L’absence de véritable parti communiste, de mouvement ouvrier politique organisé (même si des communistes militent dans ces collectifs) donne le primat dans la direction aux intellectuels et aux couches moyennes. Cela sert de prétexte à des points de vue étroits dans le mouvement communiste. Comment faire de la politique ailleurs que dans les fronts de résistance dont se dote le mouvement populaire ? Comment défendre les intérêts de la classe ouvrière, sans être aux côtés de ceux qui résistent ? Le léninisme nous enseigne qu’il faut agir partout où les masses proposent et agissent. Même si, bien sûr, comme dans tout mouvement auquel les communistes participent, ils affirment leur indépendance et disent franchement devant les travailleurs leurs accords et désaccords. La charte : aspects progressistes et illusions réformistes. La portée progressiste de cette charte repose tout d’abord sur la critique argumentée de la politique actuelle de l’impérialisme : le néolibéralisme. Les conséquences du capitalisme sont visées par la charte : chômage de masse, paupérisation et exclusion croissantes, privatisations, déréglementation, marchandisation de toutes les activités humaines. L’objectif des monopoles est perçu : la maximisation du profit capitaliste. La charte avance des revendications dont certaines sont mises en avant depuis des années par les révolutionnaires- communistes : - Sur le temps de travail, avec la revendication des 35 heures pour tous sans diminution de salaire, dans la perspective des 32 heures ! - Sur les salaires en portant immédiatement le SMIC à 1500 euros brut (l’URCF revendique la même somme en net, compte tenu de la perte du pouvoir d’achat). - Sur les droits individuels et collectifs, la charte revendique « l’interdiction des licenciements boursiers », la réintroduction de l’autorisation administrative de licenciement, une sécurisation professionnelle en cas de perte d’emploi. Il est vrai que la nature même des lois capitalistes de fonctionnement n’est pas explicitée quand est revendiqué, « un droit à l’emploi reconnu par la constitution », alors que le chômage est organiquement lié à la recherche du profit. - La suppression des dispositifs actuels de précarité avec l’abrogation de la « loi sur l’égalité des chances» (CNE, apprentissage dès 14 ans). - Des droits citoyens et nouveaux pour contrer le racisme et les discriminations, promouvoir l’égalité homme/femme, Français/immigrés… - Des droits démocratiques nouveaux dans la ville et l’entreprise, l’abrogation de la Vème République, une Constituante et un large débat démocratique pour définir à la base les exigences d’une « République démocratique ». - La nécessité de partir de la satisfaction des besoins dans des domaines vitaux comme l’eau, l’environnement, l’énergie, la poste, les transports avec l’arrêt des privatisations et la nationalisation des entreprises privées de ces secteurs ; afin de satisfaire les besoins urgents dans des conditions d’égalité d’accès, de péréquation tarifaire, avec une politique de création d’emplois statutaires accessibles aux jeunes. - Politique de défense et reconquête du service public et laïc d’éducation nationale en visant à la gratuité effective de l’école. Les limites de la charte. La critique de la société qui est faite n’est pas liée à la remise en cause globale de la source des maux : la propriété privée des moyens de production, d’échange, d’information, l’État aux mains des monopoles. Les rédacteurs ne tranchent pas sur la société alternative à construire : capitalisme aménagé ou socialisme ? Pas davantage sur la nature de cette charte : programme de gouvernement ou axes de luttes immédiates ? Le principal butoir a son origine dans le rejet de la théorie marxiste de l’État comme instrument de la domination de la classe exploiteuse sur les exploités et opprimés, sur le pouvoir du capital (véritable dictature de classe pour Marx). L’analyse d’un État « neutre », « arbitre » qui ne correspond à aucune réalité objective, est manifeste quand est écrit dans la charte, « ils privent l’État de toutes ses fonctions de régulation et de répartition », « l’État social a été remplacé par l’État pénal » ! Nous avons là la résurgence amplifiée d’une tendance lourde du mouvement populaire : l’incompréhension de la nature de classe de l’État bourgeois qui a conduit les grandes espérances passées de 36 et 1945/47 dans l’impasse quand les monopoles ont reconquis des positions d’offensive. Sans théorie scientifique de l’État, il y a danger à ce que les luttes soient cantonnées et utilisées dans un cadre d’aménagement du système capitaliste. Cette ignorance de l’Etat comme obstacle décisif à l’émancipation sociale et politique éclate avec plus d’ampleur sur l’Europe. L’URCF distingue les tâches immédiates : retrait du TCE (traité constitutionnel) refus des diktats européens (politique de guerre, euro-police avec Schengen, pacte de stabilité, liquidation de la pêche). La perspective demeurant, quand les masses auront fait leur propre expérience, de la nécessité du retrait de la France de l’UE, en vue de gagner leurs revendications vitales et stratégiques. Il faut donner à la lutte contre l’UE un contenu anticapitaliste et anti-impérialiste ! Au lieu de cela, la charte reprend toute une série de vœux pieux sur l’Europe assimilée à la structure de l’UE : « Europe sociale », « refus par l’UE de la prédominance de l’économie de marché », « une Europe de l’emploi …de la lutte coordonnée contre le chômage… des services publics » ! Pourquoi depuis 1957, cette politique n’a-t-elle pas vu le jour ? Parce que les auteurs de la charte oublient que cette Europe a été voulue par les monopoles pour leurs seuls intérêts financiers et de classe. Que la force coordonnée des États capitalistes est synonyme de nivellement par le bas. Les « Etats-Unis d’Europe », disait Lénine, sont « utopiques » (en raison des contradictions entre bourgeoisies pour la conquête de marchés) ou « réactionnaires », « car machine de guerre contre les peuples et le socialisme ». On ne peut transformer le capitalisme en socialisme par simples réformes. Pas plus, on ne peut passer d’un organe de domination impérialiste à un instrument de coopération égale entre nations. Pour l’avoir oublié, la charte est conduite à semer des illusions, qui si elles ne sont pas corrigées et infléchies, réintroduiront les apôtres du sociallibéralisme. Les collectifs sont à la croisée des chemins : ou les marxistes-léninistes agissent pour convaincre la classe ouvrière de travailler sérieusement en leur sein pour contribuer à développer une aile anticapitaliste et anti-impérialiste (l’objectif étant de former une réelle alternative au capitalisme). Ou la bourgeoisie, à coup de divisions, de coups de mains aux petites bureaucraties, casse une nouvelle espérance ! L’Histoire n’est pas écrite ; encore ne faut-il pas rester sur le côté du chemin !

 


 

CONFERENCE NATIONALE DE L'URCF SUR LE TRAVAIL DANS LES ENTREPRISES

La 2ème conférence nationale de l’URCF s’est tenue le 3/12/2006 à Paris. Les délégués des départements ont planché sur un sujet déterminant pour la construction du parti véritablement communiste : la bolchevisation, c’est à dire la création d’une avant-garde dans l’entreprise et la promotion de cadres ouvriers.

Une esquisse de bilan (qui sera poursuivi à notre Congrès) permit d’abord d’apprécier unanimement nos progrès qualitatifs et quantitatifs, le dépassement du fonctionnement de la coordination communiste, notre unité idéologique, notre début d’ancrage (en 2 ans) dans la classe ouvrière et les luttes actives. Bolchevisation signifie à la fois examen de l’héritage critique du mouvement ouvrier, et lutte radicale contre la social- démocratie, relais du Capital dans le mouvement populaire. En France, l’ignorance de la théorie marxiste de l’État a suscité chauvinisme, électoralisme, parlementarisme, minant tous les partis ouvriers en France. La leçon à en tirer, c’est bien que la bolchevisation doit être permanente ! La conférence a analysé la classe ouvrière contemporaine et a mis en avant quelques aspects majeurs : - la gauche anti-libérale se construit autour de l’idée que nous sommes dans une ère postindustrielle, que la classe ouvrière ne jouerait plus le même rôle. - au contraire, nous disons : la classe ouvrière existe plus que jamais ! Au niveau mondial, elle est même plus nombreuse que sous Lénine et Staline. En France, 6,6 millions de salariés appartiennent à la classe ouvrière, que ce soit dans la production, dans les services ou la maintenance. 40% des ouvriers sont immigrés ou issus d’une immigration récente et 50% travaillent dans des entreprises de moins de 80 salariés. Certains évoquent la désindustrialisation de la France. Mais si elle est réelle, elle est relative.1,9 M d’emplois industriels ont été perdus (politique des créneaux entre les impérialismes français et allemands). Ce choix de la bourgeoisie française confirme l’analyse de Lénine sur son caractère particulièrement parasitaire. Contrairement à ce que disent d’autres organisations communistes, la bourgeoisie française n’est pas une victime, elle a choisi son créneau, le pillage du tiers-monde, la maximisation des profits, la fascisation. La conférence a longuement discuté de notre travail communiste en direction des entreprises. Nos sections d’entreprises ont permis d’expérimenter et de vérifier notre tactique et nos mots d’ordre. Notre unité pratique se réalise : c’est un déploiement généralisé que l’URCF va opérer dans les entreprises, à condition de combattre : l’économisme, qui cantonne la section communiste d’entreprise à être le « Monsieur plus » du syndicat, sans analyse politique de la nature du capitalisme et de son Etat ; le dogmatisme qui se limite à l’exposé du marxisme-léninisme sans partir des attentes et des revendications des ouvriers. L’URCF a décidé d’amplifier sa bolchevisation parce que l’histoire du mouvement communiste montre la nécessité que le prolétariat soit bien (sans fétichisme), la classe antagonique au capitalisme, porteuse de la révolution socialiste. La classe ouvrière joue un rôle historique dans les progrès de l’humanité. Pourtant, elle est la seule classe à ne pas avoir son parti en France ! Enfin la conférence nationale a adopté à l’unanimité la refonte de son projet de programme (refonte qui replace plus clairement la révolution socialiste au centre du programme). Les 3 et 4 mars, dans une deuxième phase, le deuxième congrès de l’URCF mettra en discussion son programme. Congrès qui sera aussi un grand moment de fraternité internationaliste

 

LA CLASSE OUVRIERE, CLASSE D’AVENIR

La Classe Ouvrière est la classe qui, vendant sa force de travail aux capitalistes détenteurs des moyens de production en échange d’un salaire, produit la plus-value et les richesses matérielles. Elle compte en France environ 6,6 millions de travailleurs. Si la classe des capitalistes ne peut pas la supprimer du fait qu’elle lui doit son existence, elle entre en lutte de façon permanente contre elle pour réduire le prix d’achat de la force de travail et pour réduire le plus possible sa conscience, son organisation et son rôle politique. La classe capitaliste dispose pour cela de son appareil d’État et d’un personnel composé de leaders politiques (réactionnaires ou réformistes), de gens d’églises, de penseurs. Elle dispose aussi de bureaucrates syndicaux qui encadrent le prolétariat, qui confinent ses luttes à ce qui est acceptable pour la bourgeoisie. Cette couche de bureaucrates est entretenue par les superprofits obtenus pas le pillage des pays du « Tiers Monde ».

La désindustrialisation relative du pays depuis les années 70 et l’éparpillement de la majorité des salariés dans des PME rendent plus difficiles l’organisation et l’unification des luttes. Au niveau de l’idéologie, la bourgeoisie comprend parfaitement qu’elle doit lui inculquer les valeurs de l’individualisme, de la concurrence et de la collaboration de classes. Les réformistes syndicaux ont aussi compris la consigne en empêchant ces dernières années les convergences des luttes entre travailleurs des entreprises publiques et privées, entre usagers et salariés, en faisant tout pour les parcelliser dans d’éphémères journées d’action. De même, ils accompagnent les projets du capital de destruction des droits collectifs des travailleurs en prônant des solutions individuelles au détriment de l’intérêt collectif de classe. Il en est ainsi lors de luttes contre des fermetures d’usines (Lu, Cellatex...), parfois spectaculaires et dures, où la seule issue proposée est l’obtention d’une prime de licenciement et des promesses de reconversion. Il en est ainsi quand toutes les organisations syndicales “représentatives” prônent la sécurité sociale professionnelle (avec des variantes dans la forme et l’appellation), c’est-à-dire l’individualisation du contrat de travail, la dépendance totale de l’ouvrier par rapport à la classe capitaliste. Il en est de même du développement de l’actionnariat salarié qui pousse les travailleurs à se faire concurrence et leur fait croire qu’ils ont des intérêts communs avec l’entreprise.

Cette forme de collaboration de classe explique en partie le fait qu’aucune victoire importante avant le NON à la Constitution de l’UE n’a été remportée pendant une vingtaine d’années, et ce fait pèse sur la conscience de la jeune génération des travailleurs actuels. Un autre mode utilisé pour paralyser la classe ouvrière est sa division en “races”, en croyances philosophiques, religieuses... La bourgeoisie impulsa ainsi partout la création de syndicats chrétiens, libéraux... et attisa le racisme en privant une partie de la classe de droits élémentaires, en la faisant passer pour responsable des conséquences de l’exploitation. Dernièrement, Thibault se répandit en calomnies, disant que les ouvriers allaient voter FN aux élections. On voudrait marginaliser la classe ouvrière pour faire de la petite bourgeoisie et des intellectuels la nouvelle élite, qu’on ne s’y prendrait pas autrement ! Si le racisme peut exister du fait d’un déficit de compréhension des causes réelles de la misère et des difficultés de l’existence, là où les travailleurs français et immigrés se côtoient, travaillent ensemble et affrontent le même ennemi, ils comprennent qu’ils forment une seule classe qui est unie contre le capitalisme.

Loin d’avoir disparu, la classe ouvrière croît internationalement comme le nombre de ses alliés objectifs : travailleurs paysans, employés, petits commerçants ruinés, peuples et minorités nationales opprimées, usagers des services publics... Elle peut, dans un front uni anti-capitaliste, conduire la bourgeoisie à des reculs, l’obliger à satisfaire ses revendications (augmentations de salaires, arrêt des licenciements et des fermetures, droits démocratiques...) et se placer ainsi dans une position de force lui permettant d’affronter l’État et de poser la question de son renversement.

 Le rôle des communistes est de l’aider à créer son propre parti, quand la bourgeoisie dispose de toute une panoplie d’organisations, d’associations et de relais pour imposer ses idées et sa politique. De par sa position dans le mode de production, elle est appelée, en effet, en alliance avec les employés qui subissent une exploitation similaire et d’autres couches du peuple victimes à divers degrés du capitalisme, à renverser l’Etat bourgeois et à instaurer sa dictature pour construire une société basée sur la propriété collective des moyens de production et d’échanges et la suppression du travail salarié.

 

Candidature Buffet : un mauvais coup.

La victoire du Non au référendum a ouvert, même si la confusion reste grande, un espoir de perspectives politiques. La victoire du Non a galvanisé les espoirs et contribué (malgré les défaites des mouvements sociaux contre la réforme des Retraites et de la sécurité Sociale, la Réforme Fillon etc.) au puissant mouvement mettant en échec le projet de Villepin de précarisation généralisée du travail des jeunes.

Le surgissement des Comités.

Dans ce contexte, des milliers de gens, d’horizons divers, ont repris goût au combat politique, alors même que la crise politique, révélée au grand jour par les élections présidentielles de 2002, s’aggravait. Cette situation se traduit par une crise sévère de la représentation politique, mise en minorité par deux fois. C’est ce qui explique en partie l’importance qu’ont pris les activités de Comités pour mener des luttes spécifiques (retraites, services publics) et le rôle joué par les comité du NON. C’est aussi l’absence d’un mouvement syndical de lutte de classe et d’un parti révolutionnaire (à tout le moins d’une organisation politique collant au plus prêt des aspirations des travailleurs et des couches populaires) qui freine une prise de conscience plus claire, allant jusqu’au rejet ouvert de l’UE, ce cartel monopoliste, la remise en cause du capitalisme comme système et la concrétisation des aspirations au socialisme comme alternative. La transformation de fait des Comités du Non en Comité pour une alternative au néo-libéralisme, élaborant un programme pour les Elections de 2007, a reflété tous les processus dont nous venons de parler. Ceux qui ont participé aux Comités à la base comme aux débats publics, ont pu constater que l’aspiration à plus de « radicalité » sur les questions européennes comme sur les autres, était largement partagée. Cependant tout le monde comprenait qu’autour des Comités et de leur plateforme pouvaient se rassembler de larges masses (les meetings du Mans, de Grenoble et Montpellier l’ont montré), leur permettre de se mettre en mouvement et commencer à ce que s’ébauche une alternative politique. C’était d’autant plus important que le Capital réorganise son dispositif politique à grand pas : le PS avec Ségolène Royal comme candidate perd ses liens historiques et passe du statut de parti social-réformiste de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier, à un parti néo-libéral de la Bourgeoisie. L’UMP, avec Sarkozy, développe de son côté un programme ultraréactionnaire d’État policier, césaro-bonapartiste aux accents populistes et aux relents nauséabonds de démagogie sociale fascisante. Pour s’opposer à ces candidats du Capital, la démarche des comités était de proposer un candidat présidentiel porteur des idées de la plate-forme programmatique. Et c’est sur cette question que les motivations réelles des uns et des autres ont conduit à l’échec.

LCR et PCF contre l’unité et le rassemblement populaire

Rien d’étonnant à ce que les premiers à briser l’unité fussent les « majoritaires » au sein de la LCR, en présentant Besancenot comme candidat aux présidentielles. C’est dans la logique du trotskisme de toujours être à contre-courant des besoins politiques du mouvement ouvrier : combattant et brisant l’unité quand celle-ci progresse, pleurnichant sur l’unité chaque fois que la différenciation des forces s’impose. Le trotskisme est incapable d’être autre chose que la mouche du coche de la bourgeoisie dans le mouvement populaire. Sa fonction est d’être l’aile gauche du dispositif politique bourgeois. Les divers candidatures trotskistes sont autant d’obstacles à l’unité populaire (Laguiller, Besancenot, Schivardi). Mais c’est évidemment sur la responsabilité de la direction du PCF qu’il nous faut revenir. Car celle-ci n’est pas mince, et surtout elle est, comme on le verra, l’expression de la dégénérescence totale de ce parti. Rappelons tout d’abord quelques vérités. Le PCF a mis du temps à s’investir dans les Comités. C’est avec la bataille du Non que les choses commencèrent à bouger. Mais il resta toujours sur la réserve, n’impliquant pas, en les mobilisant, l’ensemble de ses militants. C’est d’ailleurs une des faiblesses du mouvement que l’absence massive de la classe ouvrière, y compris dans ses segments nouveaux. Tout s’est passé comme si la direction du PCF, depuis le début, escomptait le ralliement à ses positions, en vue d’obtenir l’investiture de son candidat, par les courants divers qui participaient aux Comités, ainsi que des personnalités qui nationalement les incarnaient plus ou moins. C’est la raison pour laquelle cette direction défendit le double consensus pour le choix d’un candidat : les organisations et les Comités. Et qu’elle accepta l’idée que le candidat ne pouvait être désigné par une simple majorité arithmétique, puisqu’il s’agissait d’un rassemblement ayant vocation à être autre chose qu’une candidature témoignage (en langage PCF d’aujourd’hui cela se dit « on joue la gagne !». Chacun appréciera la rigueur de l’analyse !). Mais pour Buffet et ses amis, il ne faisait aucun doute que le candidat ne pouvait être que celui choisi par le PCF ! Et qu’il ne pouvait s’agir que de Marie-George Buffet. Or, quelles que soient les motivations, même cachées, des uns et des autres, la candidature de Marie-George Buffet ne pouvait être la candidature anti-néolibérale de rassemblement recherchée. Secrétaire nationale du PCF, sa candidature ne peut être perçue que comme un ralliement à la politique de ce parti. Et ce n’est pas en démissionnant de son poste que l’on change quoi que que ce soit à cette donnée, si ce n’est en soulignant le problème (car pourquoi démissionner si ce n’est pas un problème ?).. Il y a une autre raison qui joue contre la candidature de Buffet, dont il faut regretter qu’elle n’est pas été critiquée plus fortement, au moins aux réunions nationales : la crise politique que nous traversons est l’expression de la méfiance des masses vis-à-vis de ceux qui portent la responsabilité des espoirs déçus et des illusions perdues. Ce n’est pas un hasard si les Comités ont permis, malgré leurs confusions inévitables, de redonner confiance dans l’engagement et la pratique politiques. Ces comités apparaissaient en rupture avec le double langage politicien et les compromissions du pouvoir. Or MGB, et c’est là l’essentiel, a été ministre d’un gouvernement, celui de Jospin, qui a mis en place le cadre permettant l’offensive réactionnaire concrétisé par le sommet de Lisbonne. Et elle en a été, rappelons-le, un des plus ardents défenseurs ! Le candidat de rassemblement, pour être crédible devait être quelqu’un de neuf, lié aux luttes de la dernière période, capable de redonner confiance dans la nécessité du combat politique et ce notamment dans la classe ouvrière et dans la jeunesse.

Une erreur ? Non un choix stratégique : être le wagonnet du PS.

En choisissant d’imposer sa dirigeante, le PCF a cassé le mouvement en cours. Personne ne croit que sa candidate puisse exprimer dans son ampleur le Non du 29 mai et tout ce qu’il sous-tend de mécontentements, d’aspirations au changement, de ras-le bol. Alors pourquoi ? Si ce n’était que de l’aveuglement politique, ce serait déjà grave. Mais c’est pire. Nous avons parlé « d’expression de la dégénérescence » de ce parti. Il est significatif que les grenadiers voltigeurs de Robert Hue se soient félicités. Car, en fait, la candidature Buffet n’est rien d’autre que le résultat d’un marchandage politique. On se souvient qu’au lendemain du référendum, Marie-George Buffet, au moment où le PS était secoué par le résultat, avait donné quitus à ce dernier comme parti de gauche et parlé de « Oui de gauche » puis rencontré la direction de ce Parti ! Ce fut une aide non négligeable à la direction social-libérale pour recoller les morceaux et isoler les partisans du Non. Aujourd’hui, en brisant la possibilité d’une candidature populaire de rassemblement des anti-libéraux, la direction du PCF donne à la candidate réactionnaire du PS, Ségolène Royal, la possibilité d’un score électoral la mettant en mesure d’être élue au second tour. Significatif le fait que le PS ait pris toutes les dispositions pour qu’il n’y ait pas de candidature Chevènement, mais qu’il soit très respectueux des candidatures de Voynet et Buffet. Au Comité National des anti-libéraux, les membres de la direction du PCF se sont opposés à la critique radicale des positions de Royal ! Et l’on a pu lire dans l’Humanité du 18 décembre 2006 sous la plume de Dominique Bègles rendant compte d’une journée d’étude du PS : « Face à ce danger [Le Pen et Sarkozy], le leader du PS a estimé nécessaire que Dominique Voynet et Marie-George Buffet entrent rapidement en campagne : " Nous avons besoin de la culture, de l’électorat communistes, a-t-il dit, et, le moment venu, si les communistes le décident, de la présence de ministres communistes au gouvernement." ». C’était en plein débat sur la candidature anti-libérale ! En fait, le PCF a déjà négocié son groupe parlementaire avec le PS, et il espère surtout sauver ses maires et Conseillers Généraux (avec la direction du 93 et du 94). Au rassemblement anti-libéral prévu pour les législatives, la direction du PCF a préféré la compromission avec le PS. La trahison de l’unité des anti-libéraux se confirme avec l’annonce du refus de Buffet de venir aux journées nationales des comités en janvier. Entre la possibilité de faire naître un rassemblement politique alternatif (face auquel au demeurant l’URCF reste critique) comportant des risques électoraux certes, et les intérêts mesquins des appareils municipaux sur lesquels elle repose, la direction du PCF a choisi la compromission et le renforcement de sa dépendance vis-à-vis du PS. Et comme Besancenot de briser l’espoir. Il revient aux communistes authentiques, aux révolutionnaires, d’intensifier leurs efforts pour que ce mauvais coup soit surmonté et que le mouvement populaire, en particulier la classe ouvrière et ses luttes qui en sont le cœur, n’en pâtisse pas et puisse avancer. La crise politique de fait s’aggrave. Cela pourrait réserver bien des surprises à ceux qui sont de plus déconnectés de la réalité.

 

Liberté syndicale chez Dalkia  Evelyne doit être réintégrée !

 

Plusieurs dizaines de personnes, dont des élus et militants du CGT-E, des représentants d’associations, des travailleurs ont manifesté le lundi 4 décembre, devant le siège de Véolia pour soutenir et réclamer la réintégration d’Evelyne GAILLET, militante du CGT-E licenciée par Dalkia pour fait syndical.

Pendant que certains manifestants distribuaient au personnel de Véolia entrant dans l’immeuble, la lettre ouverte du CGT-E à M. PROGLIO, PDG du groupe, une délégation composée de deux animateurs du syndicat entourant Evelyne, a été reçue par le représentant de ce dernier.

La pétition de soutien à notre camarade Evelyne GAILLET, signée par les quelques 400 personnalités extérieures parmi lesquelles des députés, des universitaires, des artistes, des écrivains, des avocats, des responsables associatifs, des syndicalistes… et de simples travailleurs, et demandant la réintégration de notre camarade, a été remise au fondé de pouvoir de la direction.

Devant la volonté déterminée des représentants de la délégation, celui ci s’est engagé, au nom du PDG du groupe, à étudier le dossier et donner une réponse au problème posé, avant l’audience de conciliation prévue par le Conseil des Prud’hommes de Caen, le 31 janvier et à laquelle est convoqué le CGT-E. Il a pris note de la demande insistante du CGT-E de rencontrer M. H. PROGLIO avant l’audience prud’homale.

L’aristocratie ouvrière

Notons que, coïncidence fortuite, les membres CGT (Véolia eau, Dalkia), CFDT, FO (Dalkia) et CGC (Dalkia) du comité de groupe étaient réunis dans les locaux de Véolia pour une formation – sur l’art et la manière de mener le dialogue social. Tous ces derniers, interpellés par les manifestants, ont catégoriquement refusé d’apporter leur soutien à Evelyne, préférant la chaleur de l’antre feutré des gros actionnaires du groupe. Ni coïncidence ni impromptu, le fait que, par la plume du secrétaire du Comité de Groupe, les mêmes membres affichant des cartes de visite de syndicalistes et d’élus du personnel ont officiellement interpellé le PDG du groupe pour lui faire part des « modalités qui les ont profondément choqués » quant au licenciement… du Directeur Général et des Ressources Humaines d’un des plus grands groupes monopolistes mondiaux, Véolia. Ce DRH, ayant, selon ces mêmes «faux syndicalistes » mais vrais aristocrates ouvriers, « profondément marqué par sa personnalité le fonctionnement du comité de groupe. Ses engagements valant pour le groupe sans qu’il soit besoin d’un grand formalisme … » (Sic) Pas fous les bougres !

Evelyne la syndicaliste, une femme digne et courageuse

Evelyne Gaillet est la secrétaire générale du CGT-E Nord. Salariée de Dalkia, aujourd’hui, elle est privée de son emploi pour fait syndical. En effet, fidèle aux valeurs de lutte de classe comme tout militant du CGT-E, Evelyne a refusé de se soumettre à la compromission et à la collaboration (dialoguer autour des réformes du patronat et accompagner leur mise en œuvre. ) structurant le syndicalisme d’accompagnement très cher à la direction.

Evelyne est connue pour son combat pour la défense des droits des travailleurs, pour l’égalité professionnelle homme/femme. Elle est crainte pour son inflexibilité dans sa lutte contre la détérioration des conditions de travail des salariés, pour son obstination à exiger des salaires décents pour tout le personnel. Elle se bat aussi pour l’assainissement des institutions représentatives du personnel (CE, CHSCT, DP) gravement polluées par une aristocratie d’élu(e)s plus préoccupés à défendre leur rente de situation que les intérêts des salariés.

Ainsi, pour avoir exigé la gestion transparente des comptes du CE et dénoncé l’utilisation du budget de fonctionnement à des fins personnelles par certains élus, principalement de la CGT Dalkia Nord (dont elle était la seule femme adhérente avant son exclusion), elle a été marginalisée, avec une violence inouïe, et accusée par l’alliance sacrée, Direction – CGT – FO – CFDT – CFTC – CGC. Durant toute cette période (près de 2 ans de calvaire), parce que femme, Evelyne a été l’objet de toutes les brimades : harcèlement, insultes, propos sexistes et menaces de la part d’élus véreux.

De son côté, la direction lui a infligé une mise à pied de plusieurs jours « pour absences injustifiées » alors qu’elle était en délégation. La direction a refusé de maintenir son poste de travail à Rouen, l’obligeant à faire plus de 300 km par jour pour exécuter son contrat de travail…sur Caen, avant de la licencier pour des motifs aussi futiles que fallacieux.

La lutte se poursuit

Le 17 janvier, à la Défense, jour de la présentation des vœux du PDG de Véolia aux personnels administratifs de Dalkia, une nouvelle manifestation est organisée à partir de 8 heures, pour la réintégration d’Evelyne. Elle se fera en présence de plusieurs personnalités signataires de la pétition, membres du comité de soutien, de nombreux salariés de Dalkia. Tous les camarades, tous les lecteurs d’IC, sont invités à venir soutenir cette action. Venez nombreux

 

SECURITE SOCIALE PROFESSIONNELLE UN PROJET CONTRE L’ENSEMBLE DES SALARIES

Quoi que l’on veuille faire dire aux chiffres, ce sont plus de six millions de salariés qui connaissent un chômage total ou partiel. Tous les experts de droite et de gauche cogitent, comme la direction confédérale CGT, sous l’impulsion de J.L. Le Duigou s’appuyant sur les travaux de l’économiste PCF Boccara. Ils auraient trouvé la solution miracle : la sécurité sociale professionnelle. Et tout le monde de s’en réclamer : Sarkozy, Royal, Chirac, dont on ne peut mettre en doute la sympathie pour le patronat, prennent le projet sous leur aile. C’est révélateur quant à sa nocivité ! Ce projet adopté au congrès de la CGT est intitulé : « sécurité sociale professionnelle » découlant d’un « nouveau statut du travail salarié » qui serait un « nouveau stade d’émancipation du travail » par une autre « répartition des richesses ». Excusez du peu ! Il prétend prévoir un ensemble de droits individuels transférables d’une entreprise à l’autre. Droit à l’intégration dans un emploi rémunéré. Droit à la formation continue. Droit à une carrière professionnelle. Droit au maintien d’un contrat de travail en cas de licenciement. Continuité des droits pour le calcul de la retraite. Droit à l’expression syndicale. A première vue, tout cela semble de bon aloi, même s’il apparaît qu’il s’agisse plus de déclarations d’intention que de revendications accompagnées de moyens clairement exprimés pour les faire aboutir. La nature de ce consensus général ne peut qu’inspirer méfiance aux travailleurs : des délégués en ont, d’ailleurs, fait état lors des travaux du congrès de la CGT, à partir de leur vécu, de leur expérience, qui est là pour les inciter à ne pas « gober » n’importe quoi. Quelle est cette réalité ? C’est la casse des acquis sociaux, la destruction du code du massif. En fait c’est le résultat de la stratégie des multinationales qui appliquent systématiquement les lois du néo-libéralisme : nouvelle phase du développement du système capitaliste confronté à sa crise généralisée. Ce système, il faut le rappeler puisque certains l’ont volontairement « oublié », est basé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange, entraîne la recherche du profit en utilisant des rapports de production basés sur l’exploitation du travail salarié et de ce fait ne peut assurer un développement harmonieux de la société. Comment peut-on imaginer dans ces conditions que l’oligarchie financière qui subordonne tout l’appareil d’Etat à ses intérêts va sincèrement vouloir améliorer le sort des travailleurs à l’aide d’une soi-disant « sécurité sociale professionnelle » qui irait à l’encontre de ses intérêts ? C’est cette cruelle réalité que la direction de la confédération CGT passe sous silence car elle a opté, et elle ne s’en cache pas, pour une convergence des intérêts du capital et du travail. Ce projet, malgré les apparences trompeuses, est nuisible car il comporte une tendance lourde au règlement « INDIVIDUEL » des problèmes du salarié, niant toute nécessité des luttes de masse qui seules ont permis les grandes victoires sociales procurant une amélioration importante des conditions de vie et de travail. De plus, le salarié se retrouvera seul face à son patron en cas de conflit ; inutile de se poser la question du rapport de force….C’est le retour au « livret individuel » dont l’abrogation a été une des premières revendications du mouvement ouvrier organisé. Ce nouveau livret va instaurer une individualisation des parcours professionnels mais aussi des conditions de rémunération, de travail, de qualification, pour empêcher toute lutte de masse. C’est donc là un recul social inadmissible qui est élaboré par ceux là-mêmes qui devraient, par définition, œuvrer pour son progrès. D’autre part, le syndicalisme changerait profondément de nature ; Il deviendrait en fait une « mutuelle » assurant un simple suivi du salarié.

La concurrence des salariés serait accrue et constituerait la nouvelle base juridique, mettant à mal, contrairement à ce qui est suggéré par la résolution N° 1 de la CGT, le code du travail et les conventions collectives (vieux rêve du CNPF devenu MEDEF). Le « syndicalisme » aurait alors pour fonction essentielle d’accompagner et justifier les mutations voulues par les multinationales, comme le projet le fait pour la flexibilité, la mobilité, la reconnaissance du droit patronal à licencier. Ce syndicalisme d’accompagnement a affaibli la CGT. Maintenant, il risque de la détruire. Est-ce l’objectif recherché pour, enfin, aboutir à une centrale syndicale réformiste unique en France ? Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Bien des tentatives de ce genre ont échoué par le passé, car les formes prises par le travail dans les entreprises développent le collectivisme et de plus chacun sait que la force de tout mouvement reste dans son unité et son caractère de masse. Lorsque la réalité objective vient heurter de plein fouet les intérêts des travailleurs, ceux-ci se rebiffent et viennent mettre à mal par leurs luttes les projets concoctés dans leur dos, à l’abri des bureaux feutrés des allées du pouvoir et du patronat, ou dans les réunions confidentielles de « Confrontations ». Certains devraient se rappeler du sursaut légitime provoqué par la tentative de mise en place du CPE. Ils peuvent être du jour au lendemain balayés. Ce n’est pas d’une prétendue « sécurité sociale professionnelle » dont ont besoin les travailleurs mais de la mise en avant de revendications attaquant le mal à la racine, c'est-à-dire le profit, et correspondant à leurs besoins réels et indispensables à savoir : CDI pour tous, formations qualifiantes à la charge de l’employeur, retraite à 55 ans avec prise en compte de la pénibilité du travail, interdiction des licenciements, nationalisation des monopoles casseurs d’emploi, travail égal et salaire égal pour les femmes et les immigrés, interdiction de la précarité, défense des droits des chômeurs, non aux sanctions, hausse des salaires et pensions, taxation du capital pour financer la sécurité sociale, droit au logement, avec des luttes importantes et massives « tous ensemble et en même temps » pour les faire aboutir. Quand les directions faillissent, la base prend le relais pour reconstruire l’outil incontournable pour se défendre au quotidien qu’est le syndicat de CLASSE et de MASSE.

 

Décret De Robien : Travailler plus et gagner… moins !

Le 18 décembre, les enseignants du Second degré se sont massivement mis en grève contre le nouveau projet de décret de leur ministre, Gilles de Robien, qui prévoit d’allonger leur temps de travail et d’aggraver leur flexibilité. Concrètement, il s’agit essentiellement de trois modifications du statut de 1950, qui concernent le nombre d’heures de cours à assurer et les conditions d’exercice de ces heures

Temps de travail

De nombreux enseignants se sont vu reconnaître, dès 1950, une surcharge de travail entraînant une réduction d’une heure (en fait souvent effectuée et payée en heure supplémentaire) ; ce sont les profs de sciences et d’histoire qui ont un laboratoire à faire fonctionner, les profs d’EPS qui assurent 3 heures de sport scolaire le mercredi aprèsmidi, et les profs de lycée qui préparent les élèves au baccalauréat (donc surcroît de corrections de copies et adaptation aux programmes de l’examen). Dans le projet de décret, ces heures, dites « de décharge », sont en partie supprimées ou laissées à la libre appréciation du chef d’établissement. Les 60.000 enseignants touchés par cette mesure (au moins un sur deux en lycée…) devront travailler une heure de plus et perdre 6% de leur salaire mensuel.

Lieux de travail

Dans le statut de 1950, un enseignant est attaché à une commune : il ne peut être envoyé dans une autre commune pour partager son service entre deux établissements. Si le décret passe, l’administration pourra, sans recours possible, imposer à un prof de travailler sur deux ou trois établissements de communes différentes, sans limitation de distance ! On imagine aisément les effets de cet éclatement du service sur la santé de l’enseignant et le suivi de ses élèves…

Matière enseignée

Un prof de collège ou de lycée est recruté dans une discipline qu’il a choisie (validée par une licence ou une maîtrise) et qu’il a appris à enseigner (deux ans de formation professionnelle en IUFM). Cette qualification à bac + 4 ou +5 est une garantie de qualité pour les élèves. Le ministre prévoit d’imposer aux personnels l’enseignement d’une autre discipline pour laquelle ils n’ont reçu aucune formation. En matière de flexibilité, le chantage des chefs d’établissement est prévisible : accepter la bivalence ou partir enseigner à des dizaines de kilomètres… L’objectif immédiat de ces modifications est cyniquement reconnu par le ministre : répondant aux ordres de Bercy, ces dispositions permettent d’économiser environ 3000 postes dès la rentrée 2007. Mais au-delà de cette visée budgétaire, c’est la conception même de la fonction enseignante qui est passée à la moulinette néo-libérale : en multipliant leurs tâches et leurs lieux de travail, en les transformant en «profs à tout faire» pour être rentables, en les soumettant de plus en plus au bon vouloir des chefs d’établissement, le gouvernement réduit considérablement le champ de liberté, d’indépendance et de cohésion des personnels éducatifs. Que les profs deviennent de simples exécutants, fragilisés par des salaires dévalorisés, désunis par la mise en concurrence et la peur des sanctions ; voilà le rêve patronal, appliqué aux fonctionnaires de l’Éducation nationale, que révèle le projet de décret du ministre. Il faut dire que De Robien est aidé, dans sa tâche réactionnaire, par les allégations mensongères de Ségolène Royal concernant les enseignants de collège, mensonges qui ont jeté un nouveau voile de suspicion sur cette profession. Or, qu’en est-il, actuellement, du service des professeurs du secondaire ? Inchangé depuis plus de cinquante ans, le temps de présence devant élèves s’est accompagné d’un accroissement incontesté de la charge globale de travail, lié notamment au plus grand nombre d’élèves suivis et au public scolaire plus difficile ; le ministère lui-même reconnaît qu’un professeur fournit en moyenne au moins 43 heures de travail hebdomadaire. C’est pourquoi, il est légitime, aujourd’hui, de revendiquer une réduction du temps de travail des enseignants, assortie d’une augmentation de salaire permettant la revalorisation nécessaire de leur métier. Les organisations syndicales réformistes (en particulier le SGENCFDT et le SE-UNSA), en bons défenseurs des intérêts du capital, tentent de freiner le développement de cette lutte initiée par les assemblées générales : par exemple, ils n’ont rallié qu’à la dernière minute l’appel à la grève contre le décret De Robien, lancé par la FSU, elle-même traversée par des courants «attentistes» au sein de ses directions. Militant à la FSU ou à la CGT, les enseignants communistes ont à porter haut le drapeau de la lutte pour la conquête de droits nouveaux garantissant un service public d’éducation de qualité. En tant que révolutionnaires, ils savent que ce combat n’est qu’une étape vers la seule voie vraiment démocratique et libératrice : le socialisme.

 

Petites et Moyennes Entreprises 

Plusieurs millions de salariés sont employés dans les PME, dont la moitié de la classe ouvrière. Dans la quasi-totalité des cas, ces travailleurs sont privés de réels droits syndicaux.

Entreprises regroupant le plus souvent un petit nombre de salariés (de quelques unités à plusieurs dizaines), elles dépendent, souvent pour leur activité, de grandes sociétés monopolistes. Ces sociétés sont éphémères dans leur existence ; chaque jour, des dizaines d’entreprises déposent le bilan et, le plus souvent, les salariés licenciés ne peuvent faire valoir leurs droits ni même lutter, car ils sont dépourvus d’organisations syndicales.

Ce phénomène est d’autant plus inquiétant que la politique des monopoles capitalistes tend à accentuer le nombre de P.M.E. par la filialisation de leurs activités. C’est par l’atomisation de leur production qu’ils peuvent se soustraire aux contraintes du droit du travail, qu’ils peuvent éviter la création de Comité d’Entreprise, l’élection de délégués du personnel, en bref empêcher la création de sections syndicales.

Lorsque les petits patrons sentent qu’ils ne peuvent empêcher la création de syndicats, ils s’arrangent alors pour que ceux-ci soient à leur botte : ils créent des syndicats maisons à l’aide de « collaborateurs » de l’entreprise, quitte à accepter que ces derniers s’affilient à une centrale syndicale (en général autre que la CGT ). Lorsqu’ils se trouvent face à une organisation syndicale de lutte, ils vont déployer toute leur énergie avec l’aide du MEDEF local pour la faire disparaître.

En effet, dans ces entreprises, les salariés sont souvent exploitables et corvéables à merci ; le patron est le maître incontesté, les salaires avoisinent le SMIC, les heures supplémentaires non payées. C’est lorsqu’ils sont licenciés abusivement que les salariés osent se défendre et rencontrer une Union Locale CGT, mais c’est souvent trop tard, car le passage devant un tribunal de Prud’homme demandera de plusieurs mois à plusieurs années.

Assez de temps pour le patron de continuer à sévir et, même en cas de condamnation, ce dernier pourra souvent faire appel, ce qui prolongera la procédure. Le salarié licencié, par contre, devra rechercher un nouvel emploi et en attendant pointer au chômage. Les cas de réintégrations de salariés licenciés dans les PME qui retrouvent leur travail d’origine sont rares. Même lorsque cela se produit, le salarié ne peut humainement y rester très longtemps en raison de la pression patronale ! Il est donc nécessaire dans un premier temps d’organiser la lutte pour que les droits syndicaux acquis actuellement soient appliqués quelle que soit la taille de l’entreprise, qu’une législation protégeant le soit-disant petit patronat soit abolie.

Chacun sait que la législation actuelle est contournée par des manœuvres grossières qui peuvent paraître légales puisque non combattues : pour éviter la création d’un CE, un patron n’embauche que 49 salariés et crée une autre société pour employer les autres salariés dont il a besoin.

Face à cette grave atteinte aux libertés syndicales, à la suppression de leurs droits pour des millions de salariés, l'URCF appelle à la lutte et à la solidarité pour gagner le droit simple et légitime à se défendre dans les PME.

 

L’URCF dans son programme d’urgence revendique pour les salariés des PME :

 Le droit syndical sera obligatoire dans toutes les entreprises, dès lors qu’il y a deux personnes salariés (élection d’un délégué du personnel, création d’une section d’entreprise).

Dans les entreprises de 10 salariés, un comité d’entreprise sera élu. Les conditions de vérification seront effectuées par l’Inspection du Travail avec contrôle des unions locales des centrales syndicales .

Toute entrave au droit syndical sera punie par la loi, la notion de « harcèlement » sera étendue aux syndicalistes victimes de pressions patronales quelque soit la forme.

Le droit à l’expression politique dans l’entreprise sera reconnu : affichages, réunions, prises de positions. Nul ne peut être poursuivi ou victime de discriminations en raison de son engagement politique, syndical, privé, dans l’exercice de son travail.

Le droit de grève sera reconnu comme expression légitime de la souveraineté populaire, les limites actuelles seront abrogées.

Les « clauses de confidentialité » sur la gestion de l’entreprise seront abrogées. Les salariés par l’intermédiaire de leurs élus, bénéficieront du droit à l’information sur tout ce qui concerne la marche de leur entreprise.

Dans les entreprises privées, les pouvoirs du comité d’entreprise seront élargis. Les élus du personnel bénéficieront d’un droit de contrôle sur la gestion et les investissements, sans restriction, avec droit d’interpellation auprès de l’inspection du travail.

 

ETRE MALADE AU XXIe SIECLE ………  LE PARCOURS DU COMBATTANT

Témoignage et coup de gueule !!!!

Je suis ce que l’on appelle une citoyenne lambda. Je vis en couple, nous sommes tous deux des salariés dits « moyens », une privilégiée quoi, si l’on en croit nos gouvernants !!! Mais voilà, je suis malade, comme dit la chanson « complètement malade ». Ça ne se voit pas tout le temps, mais c’est un fait réel et non le fruit de mon imagination, n’en déplaise à tous ceux qui, dans le système capitaliste, de la sécu aux médecins contrôleurs, sont à la solde de l’Etat-patron dont la devise est « travaille ou crève ». Pour résumer, je suis atteinte de fibromyalgie. Il s’agit, selon les spécialistes, non pas d’une maladie mais d’un syndrome. On n’en connaît pas ou peu les causes, mais les effets sont connus : douleurs intenses et généralisées, fatigue extrême, poussées de fièvres pour n’en citer que les plus communs. Conséquences, les personnes atteintes sont de vraies handicapées de la vie : impossibilité de travailler, voire période de dépendance d’une tierce personne. Où est le problème ? Il y en a plusieurs dont voici les principaux : premièrement malgré la reconnaissance de cette affection par l’OMS, la sécurité sociale française refuse de la reconnaître (alors qu’elle est reconnue dans d’autres pays) plongeant ainsi nombre de malades dans des difficultés souvent insurmontables : perte d’emploi, isolement, etc…

Deuxièmement, le refus de certains médecins de prendre en compte cette maladie et donc de diriger les personnes concernées vers les spécialistes ad hoc. Troisièmement, s’agissant d’une affection fourre-tout dont le signe principal est la douleur, à l’instar d’autres maladies comme le cancer, elle peut passer inaperçue pendant des années et il est malheureusement quelque