CONTRE LE LIBÉRALISME

ET LE SOCIAL-LIBÉRALISME!

CONSTRUIRE LE FRONT UNI DU TRAVAIL!

 Sommaire IC n°80

Edito: Contre le libéralisme et le social -libéralisme , Construire le front Uni du travail
LE RÉVEIL OUVRIER
Nous sommes le POUVOIR
LA QUESTION DES SALAIRES
La revendication qui monte
ÉCHOS DES USINES 
SOUTIEN AUX SANS PAPIERS
Quand la solidarité devient résistance
Les DEUX AS de COEUR du CAPITAL
PCOF
Paris, Réunion publique du PCOF
LA POLITIQUE DE PILLAGE DE  L'IMPERIALISME FRANCAIS
Terrorisme islamiste et politique de réconciliation nationale en Algérie. 
Viva Cuba Viva  Fidel
INDIGÈNES
Les effacés de la seconde guerre mondial
Tribune libre: Opinion d'une jeune lectrice étudiante sur le film "Indigènes"
LA FRANÇAFRIQUE, C'EST LA GUERRE
deuxième partie 
ÉCHOS DES LUTTES
dans les fédérations

RÉGION PACA
INTERVIEW DES SALARIÉS DE L'ENTREPRISE SAMAN EN GRÈVE

Entre faucille et marteau
le billet de Jean SANITAS

ÉDITO

Le piège des institutions

Durant la campagne, l'URCF a dénoncé le présidentialisme comme le camouflage d'une démocratie tronquée. En effet, à chaque consultation, l’«alternance» permet que le pouvoir du Capital financier s'exerce sans anicroche au profit exclusif des partis des monopoles: UMP/UDF et PS. Cela revient à limiter le choix des électeurs entre deux types de gestion au même contenu de classe capitaliste: libéralisme ou social-libéralisme.

Après sa défaite au référendum, la bourgeoisie monopoliste n'a eu de cesse d'œuvrer à empêcher toute traduction politique du camp du NON progressiste. Son objectif permanent, afin de pérenniser son système d'exploitation, est d'assurer le contrôle politique et idéologique du mécontentement populaire que ne manque pas d'engendrer le libéralisme.

Avec le trio SARKOZY-ROYAL-BAYROU, le grand Capital a gagné provisoirement mais LÉNINE a montré que la classe ouvrière est à bonne école quand elle apprend de ses défaites!

Le camp du NON affaibli par la division

Au référendum, le NON progressiste a su transformer son handicap de départ, la diversité de ses composantes, en force. Des collectifs se sont formés, expression d'une démocratie directe, antithèse de la "démocratie" délégataire version Vè République. Une charte anti-libérale a été adoptée, dont l'URCF souligne les aspects progressistes mais aussi les sérieuses lacunes; mais le débat va se poursuivre. L'objectif alors était de mettre le PS social-libéral hors du mouvement populaire. Le Capital et le PS ont su s'appuyer sur les appétits électoraux et financiers, sur des intérêts étroits d'organisation pour diviser le camp progressiste à coups de multiples candidatures, porteuses de la conciliation avec le social-libéralisme. Au lieu du potentiel de 10% (exprimé au 1er tour) et qui aurait été plus important avec le dynamisme d'une campagne unitaire, les scores décevants des uns et autres attestent que la division du NON progressiste a été sanctionnée, nous sanctionnant tous!

Devoir d'analyse et de mémoire.

Le battage dans les médias, dans les derniers jours, annonçant le 50/50% au second tour entre SARKOZY et ROYAL, a suscité un "vote utile" désastreux pour les intérêts des travailleurs. Tant et si bien que les électeurs auront le choix, une fois de plus, entre la réaction et la fausse gauche. D'autant que certains marxistes oublient que sous le capitalisme, le réel exécutif se situe dans les conseils d'administration des monopoles, que l'élection consiste à élire les commis du Capital. La politique de demain sera celle dictée par les grandes sociétés. Ce sera toujours ainsi si on ne s'attaque pas au capitalisme.

SAKOZY est le candidat de la réaction sur toute la ligne. Son programme est directement inspiré de la "révolution conservatrice" mise en œuvre par REAGAN, THATCHER, BLAIR. Les rafles d'inspiration pétainiste et lepéniste, la répression contre les jeunes des cités, la généralisation de la flexibilité et de la précarité sur le mode du "travaille plus et tais-toi!", l'alignement sur la politique de l'impérialisme américain, figurent clairement à son programme.

Le piège se referme sur monde du travail. Beaucoup de travailleurs, de progressistes veulent apporter leurs voix pour battre SARKOZY et nous comprenons cette aspiration. Mais voilà, voter ROYAL, c'est une fois de plus donner un chèque en blanc à une candidate social-démocrate. N'ayons pas la mémoire courte. Le PS et son précurseur, la SFIO, sont à l'origine de maintes trahisons des intérêts des travailleurs. De la "non-intervention" durant la guerre d'Espagne, au décret SÉROL instituant la peine de mort pour activités communistes, du vote des pleins pouvoirs à PÉTAIN aux guerres coloniales d'Indochine et d'Algérie, la social-démocratie a couvert les basses œuvres de l'impérialisme français. Plus récemment, le PS sous MITTERRAND, durant les années 80, a battu un triste record, celui du licenciement de 100 000 délégués syndicaux et JOSPIN a été le plus grand privatisateur, SARKOZY, c'est le militarisme, mais quelles garanties, dans la lutte pour la paix, et qu’avons-nous avec une candidate d'un PS qui a conduit la première guerre du Golfe, l'intervention contre un État souverain d'Europe: la Yougoslavie?

ROYAL, dans sa campagne, a avancé des concepts qui constituent une version à peine atténuée du programme de SARKOZY: "ordre juste", encadrement des jeunes par l'armée, CPE-bis. Des pans entiers de leurs propositions sont de même nature: allongement du temps de travail et précarité au nom de la "valeur travail", "sécurité sociale professionnelle" qui individualise les situations, aggrave la concurrence entre salariés et casse les conventions collectives, projet identique de faire adopter le Traité constitutionnel européen, rejeté par les électeurs, même bruit de bottes à l'encontre de l'Iran.

SARKOZY/ROYAL: quelle réelle alternative?

Au second tour, d'ores et déjà, nous pouvons dire qu'il y aura un seul vainqueur: le libéralisme. En 1938, 90% de la population approuvait l'accord de Munich qui, en livrant la Tchécoslovaquie, ouvrait la voie à la seconde guerre mondiale. Seul, le PCF osa aller contre-courant et choisit de ne pas se couler dans le consensus mou. L'URCF appelle, avec la même détermination, à refuser le piège tendu qui reviendrait, sous prétexte de "moindre mal", à endosser bon gré mal gré, la politique voulue par le Capital et ses deux candidats. On ne battra la politique réactionnaire que par le développement des luttes, la construction à la base d'une alternative progressiste. Toutes les conquêtes sociales ont été le résultat des luttes de classes; demain les véritables changements seront obtenus par les travailleurs en lutte.

Durant cette élection, les médias ont tu un événement marquant: le réveil de la classe ouvrière. Plus de 1 000 entreprises ont vu des grèves se déclencher. Les PSA d'Aulnay ont avancé les revendications qu'il faut partout généraliser: SMIC à 1 500 € nets tout de suite, 300 € d'augmentation mensuelles des salaires, transformation des emplois précaires en CDI.

L'existence d'un véritable parti communiste révolutionnaire aurait pesé d'un tout autre poids pour contenir la poussée de la réaction. L'URCF prendra ses responsabilités pour renforcer et faire vivre en actes l'unité de tous les communistes. Nous devons transformer les élections législatives en campagne de résistance contre le libéralisme et le social-libéralisme. Le gage du succès, c'est l'unité des partisans du NON progressiste avec des candidatures uniques dans chaque circonscription, centrées autour de la défense des revendications, de l'abrogation de la Vè République et pour l'instauration d'une Constituante, de la lutte contre l'UE impérialiste.

L'URCF soutiendra de telles candidatures tout en conduisant une campagne unitaire et indépendante. Il faut construire d'urgence une alternative progressiste, dans les luttes, afin que les travailleurs, aujourd'hui piégés, aient d'autres choix, enfin, que la peste réactionnaire ou le reniement de leurs aspirations via un ralliement impuissant!

 


LE RÉVEIL OUVRIER

Nous sommes le POUVOIR

En ce printemps, ce sont plusieurs centaines de luttes qui ont fleuri dans les entreprises à travers toute la France. Des luttes défensives contre la flexibilité et les délocalisations,

et offensives pour exiger la hausses des salaires et refuser les cadences infernales.

          Les combats d'ouvriers et de travailleurs sonnent comme un démenti aux campagnes de la bourgeoisie et des dirigeants syndicaux réformistes qui ont disserté pendant des années sur le mythe de la prétendue disparition de la classe ouvrière. Ainsi, à les écouter, nous vivrions à l'ère de l'information et de l'informatique et la classe ouvrière aurait perdu son rôle historique d'émancipation de tous les travailleurs. Mais de quoi se nourrissent ces beaux parleurs? Ils "oublient" que tous les objets qu'ils utilisent sont produits par l'exploitation des travailleurs.

          La classe ouvrière existe bel et bien! Au niveau mondial, elle regroupe plus d'un milliard de personnes.

          En pleine campagne électorale, ces luttes de classe résonnent comme un écho à la campagne de l'URCF pour replacer la classe ouvrière au centre des débats.

          Matérialistes, nous mesurons la haute significations de ces luttes pour les salaires car elles touchent au cœur le système: les profits; ces luttes salariales éclairent l'antagonisme fondamental opposant ceux qui produisent les richesses et ceux qui s'accaparent les profits (patrons, actionnaires et associés).

          Il ne s'agit pas seulement de luttes (nécessaires) pour la défense des services publics, contre les privatisations et les conséquences du néolibéralisme. Il s'agit de luttes qui, en s'attaquant aux profits, commencent à cibler la cause du chômage, de la guerre et de la misère: le capitalisme et la propriété privée des moyens de production.

          Mieux, les ouvriers en lutte, s'exerçant concrètement à la démocratie directe (assemblés générales), s'initient à l'apprentissage du pouvoir, montrent leur force y compris dirigeante et éclairent l'ensemble des travailleurs sur la nécessaire discipline pour vaincre.

          Ces luttes de la classe ouvrière sont un véritable terreau pour les communistes: à nous d'y faire grandir la haine de toute la classe patronale et pas seulement de son patron; à nous d'y apporter, grâce à leur propre expérience, la compréhension de la nécessité d'en finir avec le capitalisme et son État, seul moyen de répondre durablement à tous nos besoins. Notre tâche est de continuer à forger les solidarités de classes autour de ces luttes, de s'appuyer sur la convergence d'intérêts des diverses couches populaires. À cause des bas salaires, nous peinons tous à satisfaire nos besoins élémentaires en nourriture, logement, habillement ou éducation. Oui, les grévistes de PSA ont raison d'exiger 300 €de plus pour tous. Cinq millions de travailleurs sont privés d'emploi et nous connaissons tous des proches au chômage ou en galère dans nos quartiers: la moitié de nos jeunes de moins de 25 ans sont au chômage partiel ou total, le mouvement gréviste se bat de plus en plus pour la création et la transformation d'emplois en CDI.

          Les travailleurs subissent au quotidien les cadences infernales, la pression et même le harcèlement patronal. Popularisons ces résistances ouvrières afin que les échos de ces luttes de classe se répandent comme de la poudre dans toutes les entreprises. Leurs victoires sont les victoires de tous les exploités. Les ouvriers grévistes nous montrent la voie: contre les profits, une seule arme immédiate: les luttes, et une seule arme durable: la révolution socialiste!


LA QUESTION DES SALAIRES

La revendication qui monte

          La question des salaires est un des axes centraux des luttes dans lesquelles s'impliquent les militants de l'URCF. La revendication d'une augmentation de 300 € pour tous, portée par les travailleurs de PSA à Aulnay, doit être popularisée et devenir l'objectif de tous les ouvriers en lutte.

          Or, l'argent existe pour l'augmentation des salaires: l'ancien PDG d'EADS FORGEARD, s'est vu octroyer une indemnité de départ supérieure à 8 millions €.

Le CAC 40 a récemment dépassé son record de cotation de la bulle financière de février 2001, les profits des entreprises qui le composent s'étant élevés à 96 milliards en 2006, dont 40 milliards sont reversés aux actionnaires. Les salaires, en revanche, sont loin de rattraper les hausses du coût de la vie, liées précisément à l'augmentation des profits et aux conséquences du passage à la monnaie unique. Les prix de l'énergie s'envolent avec des augmentations de 8%, la privatisation d'EDF-GDF devant induire des hausses beaucoup plus élevées afin de rémunérer les actionnaires; les loyers HLM augmentent en moyenne de 4% et dans le privé, ils flambent de 10 à 12% (alors que le logement devient le premier poste de dépense des familles).

          Un salarié sur cinq est payé au SMIC, tandis que de nombreux travailleurs jeunes, stagiaires, à temps partiel, vivent avec à peine 600 € par mois. La baisse du pouvoir d'achat depuis dix ans est estimée à 20%.

          Bien entendu, la faiblesse des salaires entraîne une insuffisance des prestations sociales (salaires indirects), une baisse du pouvoir d'achat des retraités et des privés d'emploi.

          Les travailleurs doivent unifier les luttes pour augmenter la part des salaires dans la richesse qu'ils créent.

          L'URCF revendique le SMIC à 1 580 € net, l'augmentation de 300 € pour tous, tout en liant la lutte indispensable et incontournable pour les revendications immédiates, à la dénonciation générale des fondement du capitalisme. Sous le socialisme, la plus-value produite servira directement à satisfaire les besoins sociaux (y compris par la hausse des rémunérations) et à développer l'économie au service des travailleurs.


ÉCHOS DES USINES

PSA-Citroën Aulnay (93)

          Du 27 février au 11 avril, les ouvriers de PSA ont fait grève pour une augmentation des salaires de 300 €, la transformation des 700 intérimaires en CDI et la retraite à 55 ans. À l'origine de la grève se trouve le refus des propositions dérisoires du patronat d'augmenter les salaires de 1,6% (moins que l'inflation). La solidarité de classe et la durée de la grève n'ont pas suffi à gagner sur les revendications, même si la direction a lâché 125 € pour tous, 5 jours de grève payés, remboursement de 50% du coût du transport. Comme les grévistes de PSA le disent aux-mêmes: "Déçus mais fiers, la lutte continue!".

 

Huhtamaki (Vendée-fabrication d'emballages).

          Les 180 ouvriers bloquent l'usine contre le projet de cette multinationale finlandaise de baiser de 10% les salaires ou d'augmenter de 10% le temps de travail en échange d'investissements. 4 jours de détermination sans faille ont eu raison de l'arrogance d'une direction qui affiche bénéfices et salaires mirobolants pour ses cadres supérieurs: abandon du projet, +2% pour les salaires en 2007, +75 € de primes sur 2006.  

 

Arkéma (Rhône-Chimie).

          Le 27 mars, les salariés de Pierre Bénite occupent l'usine (80% de grévistes) contre la suppression de 226 postes sur 574 et la fermeture des unités de production soi-disant les moins performantes. Après plusieurs jours d'occupation, la direction d'Arkéma, ancienne filiale de Total, a renoncé à son projet. La vigilance s'impose.

 

Flextronics (Eure-et-Loir, fabrication de produits pour la téléphonie sans fil).

          L'ensemble des 400 salariés du site de Châteaudun se sont mis en grève contre un plan de 100 licenciements et ont entrepris un blocus de l'entreprise, entraînant un arrêt total de la production. Les barrières du site Dunois ont été cadenassées. La société Nortel avait vendu ce site en août 2005 à Flextronics, la direction a finalement accepté de rencontrer les grévistes ... À suivre ...

 

 Saman ex-Micasar (agro-alimentaire, Maître Prunille, Marseille).

(voir article précédent: l'interview des salariés)

         

Clear Channel (numéro 1 mondial de l'affichage publicitaire).

          Plusieurs sites du troupe américain Clear Channel, chargé de l'affichage officiel de la campagne présidentielle dans toute la France, ont été bloqués dès le 1er avril (piquets de grève, arrêt des machines). Les ouvriers avec leurs syndicats dénoncent des suppressions d'emplois, ainsi que le gel des salaires qui dure depuis plus de quatre ans. Depuis, les grévistes ont gagné des augmentations de salaires! Remarque: Clear Channel touchera au total quelque 3 millions € pour la campagne présidentielle, versés directement par les préfectures, les frais de collage des affiches étant directement pris en charge par l'État depuis 2002.

 

Metzeler (Eure, Joints automobiles).

          L'usine de joints pour l'automobile Metzeler de Charleval, où 310 emplois sur 940 sont menacés, a été bloquée dès le lundi 19 mars par les ouvriers qui veulent empêcher le déménagement de machines en Tunisie. Cet équipementier automobile allemand a annoncé fin décembre un projet de suppression de 310 emplois. Pour l'instant, pas de réponse de la direction. À suivre.

 

Bébé confort (Maine-et-Loire).

          Depuis le 16 avril, aucun camion ne sort de l'usine. Le groupe canadien veut supprimer 113 postes ... alors qu'il vient bien sûr d'engranger des bénéfices et de verser 16 millions € de dividendes. À suivre ...

 

Fagor-Brandt (Loiret, électroménager).

          Du 6 au 26 mars, les ouvriers ont décidé de bloquer l'usine par un piquet de grève, ce qui est inédit dans cette entreprise. Une grande partie des 700 salariés réclamaient une augmentation de salaire de 50 €. Ils obtiennent finalement 30 et 45 € pour les polyvalents. Le patron se venge en poursuivant les meneurs: amendes, tribunaux etc.

Non à la répression antisyndicale, solidarité avec les grévistes!

 

Renault ACI, Le Mans.

          Les ouvriers de Renault - Le Mans sont aux avant-postes du combat contre la flexibilité. La logique patronale a voulu imposer un projet "souplesse et flexibilité". L'aggravation de l'exploitation salariale s'est traduite par des cadences toujours plus dures: suppression des temps de pause, travail le samedi non payé en heures supplémentaires.

          Les travailleurs ont alors rejeté ce diktat patronal à une écrasante majorité (82%), à l'appel de la seule CGT. Les 15 et 16 mars, malgré le rejet de l'accord par les salariés, la direction s'est appuyée sur les directions des syndicats minoritaires pour faire appliquer son projet. La grève est alors devenue l'arme nécessaire pour faire respecter la volonté exprimée démocratiquement par les travailleurs du site.

Solidarité de classe avec la lutte des Renault - Le Mans!

          Cette action met en avant la nécessité de démasquer les plans du Capital qui se profilent derrière les termes de "souplesse" et "flexibilité", de rejeter la surexploitation, les cadences et conditions de travail infernales à l'origine de 3 suicides dans le groupe.

          La direction Renault poursuit un seul objectif: maximiser ses profits alors que de plus en plus, le pouvoir d'achat recule.

          En effet, certaines directions syndicales ont, non seulement capitulé devant le patronat, mais ont poussé la trahison sociale jusqu'à réclamer des sanctions contre les grévistes.

Résultat: 5 licenciements ont été prononcés, et une dizaine de salariés ont été mis à pied. Le jeudi 19 avril se tenait un rassemblement de solidarité pour la réintégration des 5 licenciés. Le secrétaire de la section CGT Renault - Le Mans a salué la solidarité avec leurs luttes des PSA, des élus, et des travailleurs des autres sites Renault et de l'URCF dont les militants étaient présents.

          Le camarade a très justement cité les phrases de Louis SCHWEITZER, ancien PDG de Renault: "les actionnaires n'ont pas de nationalité ... Ils n'ont aucun devoir, ils ont tous les droits".

          Le camarade conclut: "La direction de Renault doit arrêter son insolence (...) exigeons la réintégration de nos camarades et la levée des sanctions."

          Il est urgent que la solidarité de tous les Renault soit acquise à l'égard de leurs camarades de travail du Mans.

L'URCF prendra des initiatives à Douai et ailleurs pour faire connaître cette lutte et développer l'exigence de la réintégration des 5, la levée des sanctions et le refus de la flexibilité.

 

Mais aussi les grévistes de Magnéto (automobile), Michelin (Blavozy), Ports de Marseille, Camif (distribution), Aéroport de Paris, Airbus, SITA Ile-de-France (groupe Suez, ordures ménagères), Poste du Louvre, AMIPI (Angers et Le Mans métallurgie), Jeanneau (construction navale Vendée), Michelin (La Roche-sur-Yon), Merlin-Gérin (groupe Schneider Electric, Gard), site d'impression de Châtenoy-le-Royal (ouvriers du Livre, Saône-et-Loire), Fralib (Unilever) )à Gémenos (dans le Rhône), Lear (automobile, Oise).

Saluons et soutenons leurs luttes!


SOUTIEN AUX SANS PAPIERS

Quand la solidarité devient résistance

Bien loin de constituer une trêve dans la chasse aux Sans-Papiers, la période de campagne électorale a vu se multiplier les actes de répression policière s'abattant sur les familles étrangères en situation irrégulière et sur leurs soutiens. SARKOZY avait besoin, en effet, en tant que candidat et ministre de l'Intérieur, de donner des gages aux électeurs qu'il va chercher sur le terrain de Le PEN.

Il a donc chargé préfets et police d'illustrer au mieux, au cours des deux derniers mois, la politique de violence qu'il compte mener non seulement contre ses boucs-émissaires immigrés,

mais aussi contre tous ceux qui les défendent et tentent de les protéger.

 

La logique des rafles

        Contrôles au faciès, opérations "coup de poing" dans des ateliers clandestins ou des centres d'hébergement, interpellations d'enfants avec leurs parents aux abords des écoles, convocations-pièges dans les préfectures, ces procédés sont autant de "techniques" d'expulsion, qui rappellent les pages noires des années vichystes. L'ethnologue Emmanuel TERRAY ("Réflexion sur un parallèle contesté" Site de RESF. "www.educationsansfrontieres.org") a mis en évidence cette analogie entre les deux périodes 40-45 et 2006-2007, en montrant les similitudes dans les discours (la prétendue mise en péril de notre identité par la seule présence de personnes ciblées) et les solutions envisagées (des "expulsions-livraisons" assorties d'un désintérêt total du devenir des personnes expulsées). Fondamentalement, c'est une logique de rafles qui est à l'œuvre, c'est-à-dire une chasse à l'homme à grande échelle, avec des objectifs chiffrés assignés aux forces de répression: en 2006, SARKOZY a "passé commande" d'au moins 25 000 expulsions de Sans-Papiers!

 

L'opposition des forces démocratiques

          Face à ces pratiques d'un autre âge, des citoyens de plus en plus nombreux se mobilisent et s'engagent, désormais, non plus seulement dans des actions de soutien, mais aussi dans une véritable opposition physique aux agressions policières.

          Ainsi a-t-on vu à Paris, à plusieurs reprises au mois de mars, des parents d'élèves et des enseignants se heurter aux forces de police et empêcher des arrestations; une directrice d'école à passé 7h en garde à vue pour avoir défendu un grand-père chinois interpellé devant son établissement; des passagers, par trois fois, ont refusé d'embarquer en présence d'un jeune Kurde menotté et en voie d'expulsion vers la Turquie; on a vu des citoyens se coucher devant des voitures de police, et des voyageurs intervenir vigoureusement, à la gare du Nord, contre la violence des policiers dans une opération de contrôle, puis des milliers de manifestants descendre dans la rue pour crier leur refus de cette répression. Pour contrer ces actions de résistance, qui sont autant de grains de sable dans sa machine à expulser, SARKOZY s'est fixé un nouveau quota: 4 000 mesures de poursuites pénales devront être engagées contre des soutiens de Sans-Papiers! Les premiers cas de procès politiques sont apparus, comme celui de Florimont GUIMARD, enseignant et militant RESF (Réseau Éducation Sans Frontières), qui s'est opposé à l'expulsion d'une famille algérienne et risque 3 ans de prison. Mais loin de museler le mouvement de solidarité autour des Sans-Papiers, ces procès ne feront que le renforcer, comme l'ont montré les nombreuses manifestations du 20 avril en faveur de Florimond.

 

La régularisation de tous les Sans-Papiers, une revendication anti-capitaliste!

          Dans ce mouvement, les citoyens engagés sont de plus en plus conscients que l'exigence de la régularisation des Sans-Papiers va au-delà de la seule démarche humanitaire. Les immigrés sont bien les premières victimes des pillages orchestrés, dans leurs pays, par les multinationales des grandes puissances impérialistes; ces travailleurs, contraints à l'exil, sont aussi les victimes d'une exploitation patronale parfois proche de l'esclavage, que permet le maintien de la clandestinité; ils sont objectivement les frères de classe de tous ceux qui subissent l'oppression capitaliste; les libérer de cet état de clandestins, c'est aussi nous libérer d'un des maillons