PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS UNISSEZ-VOUS!
Constitution européenne :
NON de classe, anti-capitaliste, internationaliste
composition du dossier
DU COLLECTIF MILITANT COMMUNISTE
ET DE L’UNION DES COMMUNISTES REVOLUTIONNAIRES DE FRANCE
Des représentants de l’Union des Révolutionnaires Communistes de France et du Collectif Militant Communiste se sont rencontrés le 18 décembre 2004 à Paris.
Au cours de cette rencontre, ont été examinées diverses questions et en particulier les positions des deux organisations sur l’Union Européenne, le référendum sur le traité constitutionnel et le processus vers l’unification des communistes de France sur les plans idéologique, politique et organisationnel.
SUR L’UE
Les exposés et les discussions ont montré une grande unité d’analyse sur la nature de l’Union Européenne.
L’UE est un consortium impérialiste destiné à faire face aux autres puissances ou blocs impérialistes, notamment l’impérialisme américain. La tendance stratégique à l’union des impérialismes européens est principale dans la période. Elle correspond à la nécessité de concentrer le capital monopoliste à l’échelle du continent afin de faire face aux conditions actuelles de la lutte pour le pillage de la planète, la défense et le développement des marchés. Cependant, des rivalités opposent aussi entre eux à des niveaux inégaux les impérialismes européens, chacun conservant des intérêts propres. Ainsi, sur la base de ces intérêts, le « couple » franco-allemand s’applique à poser l’Europe face aux USA ; au contraire, l’Angleterre, l’Italie et d’autres sont partisans de la situer dans l’orbite américaine dans un autre schéma de domination et de partage du monde qui correspond davantage à leurs intérêts.
Ces contradictions inter-impérialistes au sein de l’Europe peuvent générer dans certaines circonstances des crises politiques qui pourront remettre en cause la tendance principale actuelle à l’union.
L’URCF et le CMC combattent l’UE en tant qu’instrument de l’impérialisme français. Dans l’UE, la France est un impérialisme dominant, non un pays dominé. Combattre l’UE, c’est combattre notre impérialisme, c’est l’affaiblir. C’est agir pour que les conditions du combat révolutionnaire de notre classe ouvrière soient meilleures. C’est en même temps apporter un soutien internationaliste prolétarien aux peuples opprimés par notre impérialisme et ses comparses impérialistes européens.
Bloc réactionnaire au seul service du capital monopoliste, l’UE porte en elle, dans ses fondements mêmes, l’exploitation, la paupérisation, l’oppression des prolétaires d’Europe et du Monde, et la guerre. Notre opposition fondamentale à l’UE exclut toute idée de pouvoir la transformer. Nous voulons que notre pays sorte de l’UE et luttons pour que la classe ouvrière et le peuple de France, par leur combat révolutionnaire, brisent la chaîne impérialiste européenne et mondiale en renversant leur propre impérialisme. C’est ainsi qu’ils apporteront leur contribution internationaliste au processus révolutionnaire mondial.
SUR LE TRAITE CONSTITUTIONNEL EUROPEEN
Ce traité vise à codifier d’une manière uniforme à l’ensemble des pays membres, les règles à observer dans les rapports économiques, politiques, militaires, juridiques, sociaux et idéologiques.
D’une manière générale, le traité exprime, renforce et organise la domination absolue des monopoles sur les rapports de production et d’échange : libre action des lois du marché, disparition des activités économiques capitalistes d’Etat régulatrices ( keynésianisme ), que ce soit dans la production ou les services.
En supprimant toutes les limites que les luttes de classe avaient imposées dans les cadres nationaux, le traité généralise à l’ensemble des prolétaires et des peuples du continent les conditions les plus réactionnaires de leur exploitation.
Il renforce et perfectionne, en leur donnant une dimension transnationale, les instruments répressifs de la dictature du capital.
Il rend plus difficiles les conditions de la lutte politique des classes ouvrières nationales pour la prise du pouvoir politique.
Il accroît les capacités d’intervention armée commune dans le processus ouvert de reconquête coloniale et de repartage du Monde, tout en laissant à chaque Etat la possibilité d’intervenir militairement dans ses zones de domination.
Sans développer d’illusions électoralistes, et conscients qu’en cas de défaite du OUI, les bourgeoisies impérialistes d’Europe mettront en oeuvre d’autres moyens pour atteindre leurs objectifs, le Collectif Militant Communiste et l’Union des Communistes Révolutionnaires de France appellent à voter NON au référendum sur le traité constitutionnel comme seul moyen possible d’infliger une défaite politique à notre bourgeoisie impérialiste (en entravant la mise en place du dispositif réactionnaire du traité), et comme une étape importante dans la reconstruction des forces ouvrières et populaires dans la lutte politique contre le capital.
L’URCF et le CMC proposent aux organisations communistes qui se réclament du marxisme-léninisme d’organiser une campagne commune autour du mot d’ordre d’un NON anti-capitaliste, anti-impérialiste et internationaliste, démarqué des illusions euro-constructives et du souverainisme cocardier.
Ils proposeront des initiatives autour de cette ligne.
Ils proposent aux organisations communistes qui se réclament du marxisme-léninisme de se rencontrer en vue d’organiser à Paris un meeting commun permettant à la fois de rassembler les forces anti-capitalistes et anti-impérialistes tout en assurant l’expression des différentes organisations dans le respect réciproque.
SUR LA QUESTION DE L’EDIFICATION D’UN VERITABLE PARTI COMMUNISTE
L’URCF et le CMC considèrent comme contraire aux intérêts du prolétariat et du mouvement communiste l’existence de plusieurs organisations communistes se réclamant du marxisme-léninisme. La classe ouvrière n’a besoin que d’un seul Parti Communiste. C’est pourquoi, même si l’objectif de l’unité dans un seul Parti peut demander du temps, le plus tôt sera le mieux, et le processus pour y conduire doit être engagé sans retard, sur la seule base possible, la reconnaissance du marxisme-léninisme comme fondement idéologique.
La définition et l’analyse critique des déviations réformistes et révisionnistes qui ont conduit le PCF, au cours de son histoire, à sa dégénérescence en parti social-démocrate, de même que la lutte contre les séquelles de ces déviations ( y compris à l’intérieur des organisations qui se réclament du marxisme-léninisme ), sont des tâches incontournables à l’intérieur de chaque organisation, et entre elles, dans le processus d’unité.
Il en est de même de l’analyse de la contre-révolution et du processus de restauration du capitalisme en URSS et dans le camp socialiste.
Cependant, s’il est nécessaire d’avancer dans l’analyse critique marxiste-léniniste du mouvement communiste et de son histoire, cela ne saurait être un préalable à la volonté de l’unité, et à la concrétisation de cette volonté par des initiatives de travail politique commun ( analyses, axes de lutte, campagnes, éducation théorique… ).
La lutte contre l’Europe impérialiste est l’exemple que c’est possible, nécessaire, et que l’action commune s’impose dans l’immédiat.
Le CMC et l’URCF s’engagent à travailler ensemble dans l’analyse des classes sociales en France, sans ignorer les travaux qui ont déjà été réalisés dans ce domaine par des camarades ou d’autres organisations communistes.
L’URCF et le CMC décident de renforcer leurs relations unitaires dans tous les domaines de l’activité communiste et de tout faire pour élargir ces relations à l’ensemble des organisations communistes qui se réclament du marxisme-léninisme.
Union des Communistes Révolutionnaires de France
Collectif Militant Communiste