Un appel pour le NON au référendum
La constitution européenne, concoctée pour servir les intérêts du capital monopoliste, approuvée par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE au sommet de Bruxelles, est une étape décisive dans le processus de consolidation d’un bloc impérialiste européen militariste. Ses buts sont la conquête de marchés et de richesses sur tous les continents, la domination des régions stratégiques pour garantir l’accès à leurs ressources, y compris au moyen d’un conflit armé avec d’autres puissances impérialistes.
Elle va permettre de poursuivre le processus de démantèlement des droits et acquis sociaux et des services publics dans tous les pays membres, mais aussi de pans entiers de l’industrie, de l’agriculture et de la pêche quand ils ne rapportent plus suffisamment de profits.
Elle liquide la souveraineté des États, alors que déjà 70% des nouvelles lois adoptées en France ne font que transposer des directives européennes, et que le droit européen prime sur les constitutions nationales.
Cette constitution proclame le dogme de la libre concurrence afin de détruire ce qui reste des services publics, et que les monopoles privés imposent seuls leurs conditions et leurs prix. Elle permet à des entreprises de n’importe quel État membre d’accéder au marché des services d’un autre État en employant de la main d’œuvre soumise à la législation sociale et aux conditions de rémunération de son pays d’origine (directive Bolkestein). La constitution renforce le caractère répressif et liberticide de l’État bourgeois vis-à-vis des travailleurs, syndicalistes, immigrés (avec ou sans papiers), des femmes.
Confronté à un désaveu croissant lors des dernières élections européennes, le représentant en chef de la bourgeoisie, Chirac, tente, par des manœuvres politiciennes, de reformer un nouveau consensus autour de l’idée européenne. Les communistes et les démocrates doivent relever le défi, car cette élection constitue bien un enjeu de classe, tant pour la bourgeoisie que pour la classe ouvrière.
D’ailleurs, le MEDEF s’est immédiatement prononcé pour le OUI, ainsi que Chérèque, dirigeant de la CFDT, dans le droit fil de la Confédération Européenne des Syndicats (CES), à laquelle est affiliée la CGT et qui présente cette constitution comme une " chance pour les travailleurs ".
L’URCF appelle tous les travailleurs à constituer, contre l’Union Européenne, un large front de lutte, de défense de la souveraineté, des acquis sociaux et de l’emploi. Elle appelle à voter un NON anticapitaliste, anti-impérialiste, internationaliste au référendum afin d’infliger une défaite politique à la bourgeoisie, tout en combattant les illusions sur l’" Europe sociale