Meilleurs voeux de combat et d’espoir à tous les travailleurs
POUR LA DÉFENSE DES LIBERTÉS DÉMOCRATIQUES!
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Sommaire IC n°71
Edito: NON aux lois d'exception
La victoire du 29 mai: un enjeu de classe.
RTM : Lutte exemplaire
Jean-Claude Le DUIGOU: Quand la modernité ressuscite les vieilles lunes! Billet d’humeur
RER B et D : Lutte exemplaire et trahison réformiste
12 novembre : Commémoration de la Révolution d’Octobre à Lille
Explosion sociale des banlieues
Hold-up sur EDF ou le bal des vampires avec la valse des actionnaires !
Non aux résolutions anti-communistes de l’UE.
COLONIALISME : Contre les réécritures officielles de l'histoire
Tout faire pour mettre en échec la casse de la CGT!
Les grands résultats de la Conférence d’Athènes
AMÉRIQUE LATINE : Barre à gauche toute!
THÉORIE :
La démarche tactique et stratégique pour les forces communistes
Éducation : L’URSS A SAUVÉ L’HUMANITÉ (Sixième partie)
CUBA “HAUT ET FORT”
ENTRE FAUCILLE ET MARTEAU JE T’AIME, MOI NON PLUS
CHEZ MICHELIN ... Vous dites sécurité?
Mobilisation exemplaire de lycéens contre le préfet à Orléans!
Meeting du 16 décembre 2005 au FIAP à Paris. Pour la libération de George Ibrahim Abdallah
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NON AUX LOIS D’EXCEPTION
Ces dernières semaines ont été marquées par la révolte des jeunes des cités.
La réponse du pouvoir ne s’est pas fait attendre:
Proclamation de l’État d’urgence.
Pour l’occasion, le gouvernement a exhumé une loi de sinistre mémoire d’avril 1955, visant “au maintien de l’ordre public” en pleine guerre coloniale contre les patriotes algériens!
Quand le subconscient parle!
Crise du capitalisme et attaques contre les libertés publiques.
LÉNINE déjà évoquait l’impérialisme “négateur de démocratie”, “réactionnaire sur toute la ligne”. Dialectiquement, le fondateur du bolchevisme parlait aussi des aspirations à la démocratie engendrées par l’écart entre les droits proclamés et les droits réels. Le système capitaliste connaît une sévère crise qui, sans atteindre les pics de 1929, s’avère beaucoup plus longue, confirmant l’analyse léniniste sur le pourrissement du capitalisme au stade impérialiste.
Dans ces conditions, les monopoles, pour assurer leur surprofit, fixent à leurs États de nouveaux axes stratégiques: libéraliser, sans entraves nationales ou protectionnistes, les échanges internationaux, en clair aggraver le pillage et la subordination des peuples et pérenniser la dictature des monopoles par une fascisation des institutions. Les événements du 11 septembre 2001, les attentats de Londres en juillet 2005, ont été l’alibi des BUSH et BLAIR, pour restreindre de manière drastique les libertés publiques. E n France, la colère légitime des jeunes confrontés à l’absence d’emploi stable, au “no futur”, aux ségrégations et au racisme, aux déclarations provocatrices de SARKOZY, a suscité de grandes craintes chez nos gouvernants, car, dans notre pays, les jacqueries et révoltes peuvent finir en révolution. Après les États-Unis et la Grande-Bretagne, le parlement français a adopté des mesures d’exception concoctées par le tandem VILLEPIN-SARKOZY. Mesures qui aggravent la législation déjà très réactionnaire de la Vè République: État d’urgence, couvre-feu, possibilités d’expulsions, violation du secret de la correspondance téléphonique et informatique, durcissement de la loi “anti-casseurs” !
Cette campagne, sur fond d’hystérie médiatique, où on recensait les voitures brûlées comme autant de “faits de guerre”, entraîne une véritable pétainisation de la France “d’en haut”. Ce sont les propos ségrégatifs et anti-jeunes de SARKOZY: “racailles, voyous, kärcher”, le racisme de députés UMP se donnant libre cours, dénonçant les étrangers sous couvert de polygamie, de “youyous”, les professions de foi homophobes sur les “anormaux”. L’exigence de SARKOZY de pouvoir expulser de France les sans-papiers, les immigrés dotés de titre de séjour (déjà des syndicalistes nous alertent sur le chantage à la carte), mais aussi les naturalisés récents, constitue une résurgence des lois d’exception de Vichy. Ces mesures et propos sont liberticides, gravissimes, attestant de la fascisation des discours et lois.
La victoire du 29 mai: un enjeu de classe.
Depuis l’été, non sans habileté, les monopoles et le pouvoir tentent d’effacer le spectre du 29 mai. La dyarchie à la tête du gouvernement VILLEPIN et SARKOZY, avec l’appui des médias (sous couvert de rivalité) vise à couvrir tout le champ politique. À SARKOZY les déclarations guerrières inspirées par Le PEN, visant à mettre la “sécurité” au centre de la vie politique, à stigmatiser les pauvres et les étrangers. À VILLEPIN les déclarations “sociales” inspirées par le social-libéralisme du PS. Tout cela, avec le matraquage de sondages opportuns, a pour objectif de créer les conditions d’un second tour entre les deux hommes de l’UMP, puisque les sondages osent prétendre que VILLEPIN a les “sympathies” des électeurs de gauche!
Le recours à l’État d’exception bénéficie du consensus de la gauche parlementaire (à l’exception timide du PCF). Le parti socialiste - lisez social-libéral - comme ses devanciers du SPD, qui voyaient dans la victoire d’HITLER, “un moindre mal”, ceux de la SFIO qui votèrent les pleins pouvoirs à PÉTAIN, approuve le fonds des mesures de répression. Quand le capitalisme est menacé, la social-démocratie vole au secours du système d’exploitation! La complicité du PS a pour effet d’anesthésier la majorité des forces démocratiques. Les intellectuels restent étrangement passifs devant les actes d’autoritarisme du pouvoir, y compris les atteintes à la liberté de publication, quand le ministre de l’Intérieur convoque un éditeur pour obtenir son silence! L’absence de perspective politique, (les jeunes de Clichy-sous-Bois ont raison de répondre aux collecteurs médiatisés de cartes électorales : “mais pour qui voter?”) est la conséquence de l’absence d’un véritable parti communiste révolutionnaire, prenant la tête du mouvement démocratique pour la défense des libertés. Ce combat ne saurait attendre. L’URCF mobilise ses militants pour la dénonciation de l’État d’urgence, pour l’abrogation des mesures liberticides, en s’adressant prioritairement aux forces du NON au référendum, ainsi qu’à tous les jeunes victimes du capitalisme. L’unité de combat des marxistes-léninistes, après les succès des actions communes, s’est ralentie; chacun est tenté de cultiver son pré-carré. L’URCF va prendre des initiatives unitaires, pour une campagne commune des marxistes-léninistes pour dénoncer les lois d’exception, en liaison avec les forces progressistes du 29 mai.
L’union des communistes-révolutionnaires est le gage de l’union plus large du camp démocratique et de sa mobilisation, condition de la victoire sur la réaction et ses complices. L’année 2006 devra voir des progrès significatifs dans la réalisation de notre objectif de fondation d’un parti communiste, ouvrier, marxiste-léniniste. Les militants de l’URCF y consacreront leur énergie et combativité, car c’est la seule voie pour qu’émerge une alternative progressiste et réelle au capitalisme dont le pays et les travailleurs ont tant besoin!
RTM : LUTTE EXEMPLAIRE
Les traminots de Marseille sont entrés dans l’action le 10 octobre jusqu’au 20 novembre 2005, soit 42 jours de grève, pour s’opposer à la privatisation rampante de leur entreprise.
Jean-Claude GAUDIN, maire de Marseille et président de la communauté urbaine, a décidé de lancer une délégation de service public (DSP) visant à confier la gestion du nouveau tramway de Marseille à l’entreprise CONNEX filiale de VÉOLIA (ex-VIVENDI).
Les travailleurs, suite à l’affirmation lénifiante que le service public n’était pas menacé, n’ont pas été dupes, ils savent très bien, au vu de nombreux exemples antérieurs, que le but recherché à terme est la privatisation totale de leur entreprise, comme ce qui est prévu pour les autres services publics en France. Ces dispositions ne sont ni plus ni moins que l’application anticipée par le gouvernement de décisions de l’UE et de l’AGCS (Accord Généralisé pour la Commercialisation des Services), instrument de l’OMC. Celle-ci prévoit la privatisation des services publics dans le monde entier, afin de les livrer à l’appétit de la grande finance. Le déclenchement de cette grève se situait dans un contexte bien particulier pour le département des Bouches-du-Rhône et pour Marseille qui a une tradition de lutte bien établie. En effet, depuis le 20 septembre, les marins de la SNCM étaient en lutte pour des raisons similaires. Les dockers du Port autonome de Marseille (PAM) les avaient rejoints pour la satisfaction de leurs revendications propres. Les travailleurs de Nestlé bataillaient depuis des mois contre la fermeture de leur entreprise, et la suppression de 400 emplois. Les diverses manifestations des 4 et 15 octobre démontraient la combativité, la solidarité et le soutien de la population. Dans les rangs des manifestants se faisait jour l’aspiration du “tous ensemble” et beaucoup rajoutaient “en même temps”, conscients qu’il n’y a pas d’autre moyen pour faire plier le gouvernement qu’une stratégie de convergence des luttes (public/privé; travailleurs/chômeurs; usagers/salariés). À cet appel pressant, les confédérations syndicales de travailleurs, dont hélas la CGT, sont restées volontairement sourdes.
En tout cas, on peut le penser avec l’attitude de Bernard THIBAULT, qui à rendu visite à De VILLEPIN, le jour précisément où le GIGN attaquait le “Pascal PAOLI” occupé par des marins en lutte. Quand la CGT était sur des positions de lutte de classe, elle aurait appelé les travailleurs à une riposte immédiate et à des manifestations nationales. Les partis de gauche, bien que certains fassent acte de soutien en paroles, n’ont pas “poussé” pour faciliter les choses. Bref, les traminots et l’ensemble des travailleurs se sont sentis trahis. Après une lutte courageuse menée avec grande détermination et lucidité, la rage au ventre, les marins, les dockers, et enfin les traminots ont repris le travail. Même s’ils n’ont pas obtenu les résultats escomptés, ils perpétuent les traditions de lutte des travailleurs qui est un gage de succès pour les luttes de demain. Ils ont besoin de la solidarité financière de tous.
En l’absence d’un élargissement du mouvement, la privatisation continue. Pour autant, faut-il baisser les bras? La réponse est évidemment NON! À condition toutefois de renouer avec le syndicalisme de lutte des classes. Car l’expérience montre que ce n’est pas en luttant d’une manière dispersée, chacun à son tour, ou par des “journées d’action”, fussent-elles interprofessionnelles, que l’on arrivera à faire échec à la politique du gouvernement et de l’ensemble des forces du Capital.
Car, c’est bien de cela qu’il s’agit! Contrairement à ce que pensent certains, dans notre république bourgeoise, le gouvernement - de droite ou de gauche - loin d’être “neutre” et au service de “l’intérêt général”, est l’instrument, avec tout l’appareil d’État, de la dictature de l’oligarchie financière. Le meilleur exemple de cette réalité est fourni par le gouvernement VILLEPIN-SARKOZY qui ignorant le verdict populaire du 29 mai, impose sa politique néo-libérale.
Alors “Que faire” comme le disait LÉNINE en son temps?
La solution qui s’impose exige un vaste rassemblement à la base pour imposer la satisfaction des revendications. Les travailleurs en premier devront forger leur unité de combat dans la lutte de classe contre la bourgeoisie monopoliste et son État.
En partant des besoins, les travailleurs doivent fédérer leurs actions en comité ou coordinations de lutte, en popularisant leur combat auprès des usagers, élus et des autres travailleurs, afin qu’ils les rejoignent.
De cette manière peuvent être gagnées des revendications comme: la défense de l’emploi, l’arrêt des privatisations, la renationalisation des entreprises privatisées, l’augmentation des salaires, du SMIC, des retraites, l’interdiction des délocalisations, la nationalisation des monopoles casseurs d’emplois ...
Cette liste n’est pas exhaustive, car seuls les travailleurs et usagers sont à même de définir démocratiquement leurs besoins et leurs priorités; il s’agit tout simplement d’axes de luttes possibles. Pour assurer la pérennité de ses conquêtes, le prolétariat et ses alliés doivent avoir conscience qu’il est nécessaire d’abattre par une révolution ce système économique: le capitalisme qui écrase et broie les exploités et les opprimés.
Seul le SOCIALISME - et plus tard le COMMUNISME - est capable de réaliser ce qui peut apparaître aujourd’hui, à certains, comme utopique!
Jean-Claude Le DUIGOU: QUAND LA MODERNITÉ RESSUSCITE LES VIELLES LUNES!
Billet d’humeur
J.C Le DUIGOU “théoricien” et “négociateur” de la CGT sur les dossiers fondamentaux de la Sécurité Sociale et des retraites, vient de publier un nouvel ouvrage: “Demain le changement “sous-titré : “manifeste pour un nouveau syndicalisme”, se targuant de “modernité”, cet écrit constitue une apologie de la collaboration de classes, un traité philosophique du “syndicalisme d’accompagnement”, une victoire posthume de PROUDHON, ce petit-bourgeois anarchiste, ennemi juré du marxisme et laudateur du second Empire et de son chef. Le Congrès CGT approchant, voilà ce que concoctent les tenants du syndicalisme “nouveau” ou “moderne”!
Monsieur JOURDAIN faisait de la prose sans le savoir; monsieur Le DUIGOU, fait, en le sachant, de la liquidation du syndicalisme de lutte de classes.
M. Le DUIGOU, qui n’est pas assimilable aux médiocres qui usent d’une langue vulgaire, est un adepte novateur (n’ayant pas peur des mots) de la soft-langue, d’une langue dont la chasteté, la retenue sont les vertus principales, et qui nécessite ce que les téléphiles appellent un décodeur. Muni de cet appareil, goûtons ces pages résolument “tendance” comme on dit à Saint-Germain-des-Près et adonnons-nous aux délices de la modernité et de la mutation!
Sur le marché (lire le capitalisme).
“Nous ne sommes pas pour l’abolir comme cela a été fait dans l’expérience soviétique”.
Notons la délicatesse des termes: tout est dans le non-dit, dans l’implicite. Au terme de “socialisme”, pour désigner le régime soviétique, le moderne même syndicaliste préfèrera user “expérience”, des fois que cela donnerait de mauvaises et pernicieuses idées!
M. Le DUIGOU précise sa pensée:
“nous voulons conquérir une économie de marché avec ses règles, ses institutions, ses garanties mais aussi ses outils publics et ses dimensions non marchandes”.
La crainte nous assaille, M. Le DUIGOU, certes, inscrit sa démarche dans le réalisme: l’économie de marché (cela balance mieux que capitalisme ou impérialisme) mais serait-il favorable aux services publics dont le MEDEF nous apprend qu’ils sont synonymes de bureaucratie et d’inefficacité? Resterait-il trace d’une idéologie collectiviste qui ferait tâche sur cette novation majeure qu’il incarne? Nous sommes rassurés quelques pages plus loin:
“L’évolution du secteur public doit s’inscrire dans une réflexion plus globale sur une problématique de désétatisation des entreprises publiques”.
Un service public (je manque là de vigilance dans ma mutation), le mot “service” sent trop son cégétiste ancienne manière avec veste de cuir (usagée). M. Le DUIGOU a raison, on préférera user de “secteur” ou “entreprise”; après tout le privé assure aussi des missions!
Là où les “archéos” de la CGT parlaient de profit capitaliste (quelle horreur et même quelle vulgarité!), M. Le DUIGOU rappelle que:
“La croissance a une valeur positive ... qu’une entreprise fasse des bénéfices n’est nullement condamnable (...) il n’est pas question d’ignorer la contrainte de compétitivité (...) l’idée d’interdiction des licenciements est de ce point de vue ni réaliste ni ambitieuse”.
Quelle audace, alors que des communistes révolutionnaires défendent cette mesure avec (comble de la ringardise!) la nationalisation des monopoles, casseurs d’emploi. Mieux même, malgré sa culture et ses origines (ce Le DUIGOU a bien du être un travailleur autrefois?), ce nouveau syndicaliste (quel dommage que les entrepreneurs ne puissent encore adhérer à son organisation!), a le courage trop rare, comme le reconnaît l’excellent M. De SEILLIÈRE, de renoncer à avoir davantage de temps libre et de loisirs, à terminer à 5 heures comme les vulgaires employés.
“Le travail a commencé à changer et devient de plus en plus rebelle (ah que j’aime ce “rebelle” pour désigner le travail) à son enfermement, dans une plage de temps clairement délimitée et mesurable”.
Notre “ami” ajoute même que les 32 heures pour tous sont une revendication “irresponsable”; il a bien raison. Inscription dans la reconnaissance de la nécessité de la flexibilité du travail, variabilité des horaires pour satisfaire notre patron (pardon, notre entrepreneur), voilà un syndicaliste moderne qui, à défaut d’intéresser les salariés toujours enclins à demander toujours plus, pourrait toucher les managers et autres directeurs des ressources humaines, s’il n’y avait déjà le MEDEF. N’est-ce pas Bernard qui a conquis le coeur des jeunes entrepreneurs, si, si je vous assure, mais il a suggéré:
“Ne le dites pas trop, j’ai bientôt un Congrès!”
RER B et D : Lutte exemplaire et trahison réformiste
Les travailleurs des lignes SNCF-RER B et D se sont mis début décembre en grève. Le motif ? Suppression de personnel, augmentation des heures de travail hebdomadaires. La grève a duré deux semaines. Une campagne virulente a été lancée dans la presse contre les cheminots pour attaquer le droit de grève et pour dresser les salariés-usagers contre les travailleurs transporteurs. Le dispositif mis en oeuvre, comme à l’accoutumée, a eu cette fois quelque effet, malgré le mécontentement ambiant. Instructif par contre le fait que le président de la Région Ile-de-France, le social-libéral HUCHON, en choeur avec sa majorité et le gouvernement, y soit allé de son attaque contre les travailleurs et le droit de grève.
Mais significatif aussi le fait que la direction CGT, aussi bien fédérale que confédérale, n’ait pas levé le petit doigt pour soutenir les cheminots et organiser la solidarité, les laissant isolés pour finalement, malgré l’exemplarité de la lutte, les contraindre à reprendre le travail sans rien avoir obtenu. On voudrait décourager les travailleurs de prendre le chemin de la lutte qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Pour ensuite pouvoir justifier toutes les compromissions. Pour un travailleur, il y a là de quoi “Le Duigou-ter”.
12 novembre : Commémoration de la Révolution d’Octobre à Lille
La fédération du Nord de l’URCF et le Collectif Militant Commmuniste ont organisé une réunion-débat commémorant le 88è anniversaire de la Révolution Socialiste d’Octobre. C’était une première, dans un département où le cercle Henri BARBUSSE a l’habitude, sur le même thème, d’organiser ce genre d’initiatives.
Pour une première, ce fut une réussite, puisqu’il y eu plus de trente participants, et un débat passionnant et parfois passionné. La réunion était présidée avec bonhomie et rigueur par notre camarade Jean MESSIAEN. Le premier orateur fut Bruno MORAND (CMC) qui retraça le parcours de l’Union Soviétique à travers les luttes de classes. Il s’intéressa particulièrement aux facteurs internes qui contribuèrent à l’ouverture de processus de restauration de capitalisme à partir de 1956, victoire du révisionnisme aidant.
Ensuite, l’URCF par la voix de Jean-Luc SALLÉ, traita de l’héritage d’Octobre en lien avec nos tâches tactiques et stratégiques actuelles.
Les camarades des organisations marxistes-léninistes de Turquie, du Maroc, des camarades de la Région Nord-Pas-de-Calais, des camarades de la revue sociologique “Cahiers pour l’analyse concrète”, ont, eux aussi contribué au débat.
Autre motif de satisfaction pour nous, c’est la publication par notre fédération d’une brochure sur la dictature du prolétariat.
Pour deux euros, les commandes sont à adresser à notre boite postale nationale.
Les grandes magouilles internes au PS.
Le PS qui s’est déchiré lors du référendum sur la Constitution européenne retrouve un semblant d’unité en novembre au Congrès du Mans; les socialistes se sont accordés sur une synthèse sociale-libérale et les anciens tenants de NON ont baissé culotte.
Toujours soucieux du consensus avec le droite sur les questions de l’État, le Congrès crut bon, par l’entremise des maires, d’approuver l’État d’urgence, comme réponse au soulèvement des banlieues.
François HOLLANDE qui n’avait pas de concurrent, a été confortablement réélu à la tête du PS. Mais prudent, Vincent PEILLON (du Nouveau Parti Socialiste - NPS) a déjà tenu à préciser:
“Les Français n’attendent pas de nous des miracles ni la révolution, mais une ligne claire”.
Limpide non?
Et Laurent FABIUS (dont la motion avait rassemblé 21% des socialistes) d’enchaîner:
“Divisés, on ne peut rien: je suis favorable à la synthèse”.
Rappelons qu’en 2001, il organisa comme ministre les travaux de privatisation d’EDF.
Martine AUBRY (maire de Lille):
“nous n’avons pas été capables de porter un projet alternatif au libéralisme qui envahit la société et les esprits”
Bien dit, mais que propose ce Congrès?
Les mots ont leur importance: pour François HOLLANDE “L’unité est faite”. En réalité, ce n’est pas un compromis de façade, mais la preuve que la social-démocratie, de droite, comme de gauche, a toujours su se rassembler au moment venu, afin de servir les intérêts du Capital en trompant les travailleurs. Ce que STRAUSS-KAHN ne manque pas de rappeler en disant:
“le Congrès n’a pas constitué un gauchissement du texte initial”.
Le PS s’inscrit, par ses propositions dans la défense du système impérialiste, comme le prouvent les propositions du Congrès:
- Sur l’Europe, il souhaite “la rédaction d’un nouveau texte constitutionnel plus court et centré sur les institutions et les valeurs de l’UE”. Le vote NON, connaît pas!
- Ils proposent aujourd’hui de renégocier la loi FILLON sur les retraites et de sauver le caractère public d’EDF. Mais rappelons que c’est JOSPIN qui a le plus privatisé!!!, que ROCARD a inventé la CSG, STRAUSS-KHAN et FABIUS ont accordé une longue liste de cadeaux au patronat et infligé des sanctions pénalités aux travailleurs - il y a eu 100 000 délégués du personnel licenciés pendant les années MITTERRAND.
Le PS, qui est à l’origine d’une série de discussions bilatérales a atteint son premier objectif: relancer le dialogue avec ses anciens partenaires de la “gauche plurielle” dans la perspective des élections de 2007.
Et de voir M.G BUFFET qui a été invitée à ce Congrès s’engouffrer dans le “Maintenant il faut construire” au nom d’une “gauche” qui n’est qu’une “fausse gauche”: une droite camouflée, c’est tromper les travailleurs.
D’autant plus que le programme commun revient: Marc DOLEZ, député socialiste du Nord, animateur de Forces militantes, plaide pour l’élaboration d’un “programme commun” à l’ensemble des formations de gauche; ça ne vous rappelle rien? Comme quoi l’histoire se répète! Petit rappel François MITTERRAND (en privé):
“j’entraîne dans les filets du Programme commun les bigots du communisme, je les dévitalisent,hop! je les ramène, un jour, dans la gauche tempérée des “sociaux-traîtres.”
(Le Point 3 novembre 2005)
Les Français ont en majorité une image négative de capitalisme (61%), et du libéralisme économique (51%), alors qu’ils jugent positivement le socialisme (51%). Il est donc urgent que les travailleurs fassent correspondre leurs actes politiques avec et leurs aspirations véritables, et saisissent enfin que le PS est l’obstacle majeur à la destruction du système d’exploitation capitaliste qui lui seul est responsable de l’état désastreux dans lequel se trouve la société et en particulier les créateurs de richesses que sont les travailleurs.
EXPLOSION SOCIALE DES BANLIEUES
Les événements dramatiques qui touchent les banlieues sont le résultat de 40 ans de politique de discrimination sociale et raciale conduite par le Capital monopoliste.
L’État français est devenu ségrégatif et raciste.
L’expérience montre que les banlieues et cités ont constitué pour le Capital, le laboratoire d’une société néo-libérale capitaliste toujours plus oppressive, où une partie de la classe ouvrière, des familles populaires, est “exclue”, mise en marge et en réserve de la société tant que sévit la crise économique.
La bourgeoisie monopoliste française, avide de profits immédiats, a cassé les emplois industriels dans les secteurs pourvoyeurs de main-d’oeuvre: textile, sidérurgie, métallurgie, tout en s’emparant d’entreprises et de marchés à l’étranger. Cette stratégie de l’impérialisme français signifie: toujours plus de profits pour l’oligarchie financière, la surexploitation et “l’exclusion” pour les autres.
En effet, ce sont les populations obligées de vivre en banlieue, dans les cités, qui ont été les premières victimes du chômage, de la précarité via les “petits boulots”, de l’absence de moyens financiers véritables pour les services publics: écoles, santé, transports, pour les équipements culturels et de loisirs.
Le Capital monopoliste demandait toujours plus de main-d’oeuvre immigrée, conçue comme véritable chair à exploitation, mais se dégageait de toute responsabilité quant à son habitat, à l’accueil et à l’intégration citoyenne de ces travailleurs. La grande majorité des communes s’inscrivait dans un véritable apartheid racial et social, en refusant d’accueillir ces populations. Les magnats du Capital auraient bien voulu continuer à parquer les travailleurs (d’Afrique et d’ailleurs) dans de sinistres bidonvilles comme dans les années 60.
Les communes d’accueil, parmi les plus défavorisées, ont donc logé dans un habitat d’urgence, des centaines de milliers d’immigrés. Or, la bourgeoisie a fait de l’urgence, du provisoire, la norme, si bien que ces cités aux logements souvent vétustes, loin de tout, au faible environnement commercial et d’équipements, se sont transformés en ghettos de la misère et de la précarité.
L’actuelle révolte des banlieues a son origine dans la misère et le chômage massif des jeunes ainsi que dans cette politique urbaine conçue dès le départ pour créer des ghettos. Cette politique ségrégative s’est mise en place, tout en se réclamant frauduleusement du “modèle français d’intégration républicaine”, par l’importation au contraire du “modèle “ américain de discriminations et de ségrégations. Ces dernières années, le ministre de l’Intérieur SARKOZY, s’est fait le chantre de ces méthodes en accentuant le communautarisme.
Dans ce climat, le ministre de l’Intérieur a cru bon, par carriérisme, de lancer des anathèmes et des provocations pour chasser sur les terres électorales de Le PEN: “nettoyer la cité au kärcher”, “éliminer la racaille”.
Ces faits, plus la mort de deux adolescents pourchassés dans des conditions obscures par la police, ont été ressentis comme une injustice et une provocation supplémentaires; dès lors, l’explosion sociale des banlieues a éclaté.
L’absence de véritable alternative politique progressiste et d’un véritable parti communiste révolutionnaire pèse de tout son poids, renforçant le désespoir et le désarroi. Gouvernements de droite et de gauche, au-delà des différences de formes, ont conduit la même politique de classe, en continuant d’ignorer ces populations discriminées, paupérisées. Des annonces étaient faites par les divers ministres en charge du dossier: Bernard TAPIE (quelle provocation, que cet affairiste soit responsable de la ville), GAUDIN, BORLOO, mais rien n’a changé sur le fond. Les frustrations, les malheurs se sont accumulés jusqu’à engendrer la révolte, la “haine” comme disent nos jeunes.
Penser remédier à cette situation qui vient de loin, par le recours à la répression, à une justice expéditive ne réglera en rien le présent et l’avenir.
La révolte des jeunes prend aussi des formes destructives: incendies de voitures, attaques contre des services publics, contre les personnes. L’opinion publique, chauffée par les médias au service du Capital, s’indigne et marque sa désaprobation. Mais n’oublions pas la source et l’origine réelles de la colère et de l’embrasement des banlieues. Ne nous livrons pas à des amalgames simplificateurs et discriminatoires, ouvrant la voie à la chasse aux sorcières.
Certains jeunes, faute de force anticapitaliste puissante, confondent État capitaliste et services publics. Leur colère vise parfois sans discernement aussi bien les responsables réels de leurs difficultés que d’autres victimes du système d’exploitation, les travailleurs frappés par les délocalisations, les privatisations, la casse des conquêtes sociales.
De manière autocritique, les communistes marxistes-léninistes doivent dresser ce constat: habitués à oeuvrer dans les entreprises avec les salariés exploités mais qui ont un emploi, n’avons-nous pas ignoré le plus souvent ces nouveaux “parias” du capitalisme, voués à l’exclusion?
Notre cause doit devenir commune, esprits de révolte et d’organisation doivent se fédérer. Le combat quotidien contre le chômage, contre le néo-libéralisme et son cortège de précarisations, de privatisations, d’exclusions diverses, a besoin de l’union de toutes les victimes. Lutter pour la nationalisation des secteurs assurant ce qui relève des besoins vitaux: santé, transports, logement, énergie, communication, c’est ouvrir la voie à la création d’emplois qualifiés et durables.
Combattre le racisme et la discrimination ne peut s’effectuer efficacement par la division des victimes selon leur “ethnie” ou croyances, mais au contraire par leur unité et solidarité de classe.
L’URCF oeuvrera à la construction d’une aile anticapitaliste et anti-impérialiste dans le camp du NON anti-néolibéral. Là se situe l’espoir de renaissance d’une force véritablement progressiste.
Dans l’immédiat, les habitants des cités doivent s’organiser afin de satisfaire leurs revendications et besoins. L’URCF appelle les forces démocratiques et progressistes à soutenir les revendications des cités en les liant aux revendications générales contre le néo-libéralisme, à dénoncer l’État d’urgence qui constitue, ajoutée à la loi anti-casseurs, un arsenal répressif visant à criminaliser les luttes.
Grave et préoccupante, également l’absence de toute riposte nationale contre l’État d’urgence. Tous ceux qui ont contribué à la victoire du NON doivent agir ensemble pour la défense des libertés démocratiques, de l’emploi, des revendications des habitants des cités. Les mesures de fascisation, loin d’être un signal de force du pouvoir CHIRAC-VILLEPIN-SARKOZY, traduisent après sa défaite du 29 mai, son refus d’écouter la colère et le mécontentement. La mobilisation populaire est nécessaire afin d’abroger les lois liberticides.
Tous ensemble, en lutte contre le gouvernement des flics et des patrons.
Hold-up sur EDF ou le bal des vampires avec la valse des actionnaires !
Le 25 octobre 2005, De VILLEPIN mettait en Bourse 15% du capital d’EDF, passant en force cette mise en vente d’actions, malgré l’opinion majoritairement défavorable des Français. Cette ouverture du capital est une décision lourde de conséquences pour le pays qui a déjà vu les méfaits de l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité. En effet, malgré les promesses du gouvernement de maintenir la péréquation tarifaire et la fourniture d’énergie aux plus démunis, ces engagements ne pèseront pas lourds face aux exigences et à l’appétit des 5 millions d’actionnaires qui ne visent que la rentabilité financière. Qu’en sera-t-il en 2007, lors de l’ouverture totale à la concurrence? On voit déjà les ravages du marché dérégulé, où tous les opérateurs - y compris EDF - peuvent vendre de l’électricité, où les prix sont libres et fixés par chaque opérateur. À l’inverse, avec le marché régulé, seul EDF, peut fournir de l’énergie à un prix réglementé, le même pour tous, et fixé par l’État.
De plus, lorsqu’un “client” a opté pour un opérateur privé, il ne peut plus revenir dans le système régulé. Déjà plusieurs exemples de “clients” ayant opté pour des opérateurs privés s’en mordent les doigts, comme la SNCF dont la facture a augmenté de 40% en 2004 (soit un surcoût de 120 millions d’€ supportés par le voyageur); ou l’hôpital de Besançon qui, en 2002, croyant profiter de l’ouverture à la concurrence pour faire baisser sa facture, s’est fait avoir par l’offre alléchante d’un opérateur privé et a vu sa facture annuelle augmentée de 50% alors que d’un autre côté on demande aux CHU de faire des économies. C’est 700 000 € de moins pour le service public hospitalier.
Ceci est un exemple parmi d’autres où les collectivités locales, territoriales ou bien les grands consommateurs n’ont pas intérêt à opter pour la déréglementation, d’autant que la loi leur permet de rester dans le marché régulé et de bénéficier des tarifs réglementés. En effet, le prix du régulé, celui payé par l’abonné domestique, a baissé de 29% en 10 ans (en euros constants) alors que celui du marché dérégulé (libre) s’envole.
L’exemple de Gaz de France est édifiant avec 12% d’augmentation de ses tarifs bien que ses bénéfices semestriels explosent!
EDF était le n°1 mondial et produisait l’électricité (hors-taxes) la moins chère d’Europe. La logique infernale du démantèlement des services publics conduit à la spoliation des usagers et des travailleurs d’EDF, qui l’ont financé depuis sa création. Les réseaux basse tension, de proximité, financés par les contribuables appartiennent aux collectivités locales. Tous les usagers d’EDF, tous les contribuables auraient légitimité à se déclarer copropriétaires de l’entreprise publique EDF et des réseaux. Après le NON du 29 mai à la Constitution, l’opinion des usagers-électriciens-gaziers-élus qui sont regroupés dans des comités de lutte pour le maintien d’EDF service public nationalisé 100% doit être respectée. On ne peut que condamner la position du secrétaire général de la CGT: à un militant de base opposé à la privatisation et à l’actionnariat, Bernard THIBAULT a répondu:
“compte-tenu du pouvoir d’achat, comment prendre la responsabilité de dire à un salarié de ne pas profiter d’un système d’acquisition d’actions qui lui permette de boucler sa fin de mois!”
et puis,
“être contre la privatisation et acheter des actions, ce n’est pas incompatible”.
On ne saurait non plus faire un chèque en blanc à la direction du syndicat de l’Énergie CGT qui prétend avoir empêché le privatisation.
Il faut dénoncer les actionnaires qui contribuent à la privatisation et qui de plus, spolient un patrimoine public. D’autant que les électriciens et gaziers qui ont acheté des actions oeuvrent pour leur propre licenciement: l’actionnariat recherchera la rentabilité financière avant tout et fera fi de l’emploi, de la sécurité, d’un projet industriel de service public de l’électricité et du gaz, de l’indépendance énergétique, des acquis et des garanties collectives des personnels des industries électriques et gazières.
Déjà, à l’ouverture du Capital d’EDF, De VILLEPIN annonce la suppression de 6 000 postes pour permettre de faire remonter “l’action”!
Devant cette voie royale ouverte par les magnats du Capital sous le diktat de Bruxelles (avec la complicité des gouvernements français de gauche comme de droite), les révolutionnaires-communistes appellent tous les usagers, électiciens, gaziers, mineurs, énergéticiens, élus à s’organiser dans des comités de lutte pour bloquer cette charge infernale. Tous ensemble, opposons-nous à l’ouverture totale à la concurrence au 1er juillet 2007. Battons-nous pour EDF service public nationalisé 100%.
Non aux résolutions anti-communistes de l’UE.
L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, a décidé de mettre à l’ordre du jour de sa prochaine session plénière, une résolution anti-communiste, dont il serait erroné de sous-estimer la gravité. En effet, le projet s’inquiète de “la faible conscience des crimes du communisme” et s’interroge “sur la légalité” dont jouissent les Partis Communistes.
Comme déjà l’an passé, les forces conservatrices de cette assemblée de guerre froide ont décidé de revenir à l’offensive. C’est un membre du Parti “populaire” européen qui rapportera. Il est de surcroît de nationalité suédoise, ce qui ne manque pas de piquant, quand on sait le rôle trouble joué par ce pays durant la seconde guerre mondiale. Il est évident que l’adoption d’une telle résolution donnerait des ailes aux nostalgiques du nazisme qui s’activent partout en Europe, en particulier dans les ex-pays socialistes. Ainsi, aux Pays Baltes, ou en République Tchèque où le gouvernement menace d’interdire la Jeunesse Communiste. Par delà cette attaque réelle des Partis de la classe ouvrière, se développe une mise en cause systématique des droits sociaux et démocratiques conquis par les peuples, mis à mal par les lois anti-terroristes.
Le gouvernement britannique a dernièrement fait arrêter le secrétaire général du Parti des travailleurs irlandais et menace de le faire extrader aux États-Unis pour avoir dénoncé l’impérialisme américain et la politique de BUSH. Et l’on assiste, aux États-Unis comme en France, à la criminalisation juridique des conflits sociaux, l’organisation mondiale du commerce cherchant à légitimer dans ses Traités ce type de pratique. L’heure est donc à la mobilisation de tous ceux qui ont conscience de la nécessité pour les travailleurs, les opprimés, de se doter de Partis Communistes puissants pour mener leurs luttes libératrices et ouvrir des perspectives. C’est ce que vient de faire Mikis THÉODORAKIS, le grand compositeur grec avec courage et dignité:
“Que chacun se souvienne des leçons de l’Histoire: quand ils attaquent les communistes, si la riposte des forces démocratiques ne s’organise pas alors ce sont toutes les forces démocratiques qui succombent.”
On se rapportera à la brochre de Maurice CUKIERMAN
“Dénoncer l’imposteur, S.COURTOIS, un mercenaire intellectuel”.
CONTRE LES RÉÉCRITURES OFFICIELLES DE L’HISTOIRE
L’article 4 de la loi du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, somme les enseignants de présenter la colonisation, y compris son volet militaire, notamment en Afrique du Nord, comme une chose positive. Les protestations des professeurs, d’historiens, d’associations, d’organisations, des partis de gauche et des premiers concernés - les victimes et leurs descendants - n’ont pas empêché la fuite en avant du gouvernement et le rejet par l’Assemblée Nationale d’un amendement visant à supprimer cet article.
Cette offense aux peuples opprimés, cette réécriture de l’Histoire qui glorifie le colonialisme français et les interventions de l’Armée à l’extérieur, s’inscrivent dans le processus de fascisation, réponse du Capital monopoliste à toute volonté de contestation.
À travers cette falsification, l’idéologie bourgeoise raciste occulte plusieurs siècles de crimes:
- traite des Nègres qui ne prit fin que vers 1845, quand la bourgeoisie préférait placer son capital dans l’industrie et l’achat de terres, après une brève accalmie due non pas à la Révolution de 1789 mais à la guerre avec l’Angleterre qui entravait la navigation.
- exclavagisme, qui fut lui interrompu par la Révolution et rétabli en 1802 par NAPOLÉON, dont la République a, durant toute l’année 2005, vanté l’héroÏsme et la grandeur. C’est en 1848 qu’il fut aboli, là-encore parce qu’il entravait le développement des forces productives et des rapports capitalistes.
- massacres, tortures, politique de la terre brûlée, introduction des vices, des maladies, destruction de systèmes sociaux et de cultures jugées primitives ...
Les défenseurs de la réhabilitation de l’oeuvre de la France expliquent notamment que l’Algérie de 1830 était une terre inculte parsemée de marécages, ce que contredisent tous les témoignages des conquérants eux-mêmes (BUGEAUD se plaignait qu’il y avait tellement d’arbres fruitiers qu’il n’aurait pas assez de 20 000 hommes pour tout raser). Ces mêmes arguments seront employés par le colonisateur sioniste en 1948 qui affirmera que la Palestine arabe n’était qu’un désert, alors que l’agriculture y était florissante avant que les colons ne rasent les villages et les plantations.
Que dire de la construction d’infrastructures en Algérie par les Français (routes, usines ... ), sinon qu’elles servaient aux buts du colonisateur afin de conquérir ces territoires, s’emparer des richesses (phosphates, bois, gaz ... ), et que des centaines de villages restaient inaccessibles? En dernière instance, elles furent construites par des travailleurs (depuis quand le Capital produit quoi que ce soit?), autochtones ou venus de métropole. Il en est de même pour les écoles, fréquentées à 100% par les fils de colons, mais à peine plus de 15% d’enfants Algériens dont les familles ne pouvaient même pas acquitter le centime de contribution.
Par ce coup porté à la dignité des peuples, la bourgeoisie veut aussi condamner toute forme de résistance, puisque l’oppression et le pillage sont transformés en progrès, civilisation, développement, et que l’on rend hommage aux bourreaux. Elle justifie les agressions passées, présentes et à venir de l’impérialisme. Ainsi, les exactions des militaires français en Côte d’Ivoire trouvent pour défenseur un BIGEARD qui, pour sûr, a de l’expérience et ne comprend pas qu’on vienne sanctionner un général pour la mort d’un jeune Ivoirien. Ainsi, le grand apôtre des valeurs françaises AUSSARESSES donna-t-il récemment un cours de contre-insurrection à la CIA sur la base de la projection du film “la bataille d’Alger”.
La bourgeoisie compradore revenue au pouvoir dans la quasi-totalité des pays d’Afrique par le pillage impérialiste n’est que la version moderne des chefs de guerre et négriers sur lesquels le colonisateur s’appuyait pour réprimer les peuples. Les travailleurs, démocrates, tiers-mondistes, doivent dénoncer et combattre l’impérialisme français, la mainmise de ses multinationales - privées et publiques - dans les pays dominés, et la politique intérieure anti-populaire du pouvoir. Il est clair que parmi les “bienfaits” du colonialisme, figure en bonne place le développement du racisme dans les masses, du chauvinisme, des préjugés de petit blanc qui furent à l’origine, même à ses heures de gloire, de nombreuses erreurs et incompréhensions du PCF vis-à-vis du droit des peuples à l’indépendance, à côté d’incontestables manifestations de solidarité. LÉNINE et STALINE considéraient les peuples opprimés comme des alliés du prolétariat dans la lutte contre l’impérialisme et pour la Révolution mondiale. Aujourd’hui, la classe ouvrière doit dénoncer toute forme de racisme, d’exploitation, et lutter aux côtés de ces peuples;
Les enseignants refusent majoritairement d’appliquer cette loi et à juste raison. Les jeunes immigrés ou d’origine étrangère savent aussi ce qu’ont subi leurs aînés et savent faire le lien entre l’oppression de leurs ancêtres et l’exploitation, le mépris dont ils sont victimes aujourd’hui.
Les habitants des Antilles, descendants d’esclaves Noirs ont dernièrement entraîné, par leur mobilisation, l’annulation de la venue de SARKOZY, et les forces progressistes de la Réunion luttent elles aussi pour l’abrogation de cette loi. Les organisations communistes, de concert avec les partis frères des pays opprimés par l’impérialisme français, doivent s’unir dans la lutte pour empêcher la domination de la vision raciste de l’Histoire et faire connaître aux travailleurs la réalité de la domination de l’impérialisme et la nécessité de le renverser.
TOUT FAIRE POUR METTRE EN ÉCHEC LA CASSE DE LA CGT!
Le 45è Congrès de la CGT en 1995, devait à l’origine être celui du “renouveau”, c’est-à-dire de la liquidation de classe et de masse de la centrale syndicale.
Il fut en fait “dépassé” par un formidable mouvement de grève qui ébranla tout le paysage politique français!
Parti d’une journée d’action contre le Plan JUPPÉ, le mouvement fit rapidement tâche d’huile dans tout le pays! Cette grève dirigée surtout par des militants de la CGT mit en difficulté ses principaux dirigeants qui comptaient utiliser la tribune du 45è Congrès pour condamner “l’archaïsme” des activistes de la lutte des classes. Ce sera le contraire: de nombreux délégués monteront à la tribune pour demander que la confédération appelle à la grève générale pour mettre en échec le Plan JUPPÉ.
Mais, il n’en sera rien. Louis VIANNET suspendra alors la discussion tout en s’affirmant ouvert à la négociation! D’ailleurs, dès l’ouverture des discussions avec le Gouvernement, le préalable de “Retrait du Plan JUPPÉ” ne sera pas maintenu et la négociation ne portera plus que sur le maintien des régimes spéciaux (qui aujourd’hui en 2005 sont en voie de disparition progressive). Les 45, 46 et 47è Congrès ont mis en place et développé le syndicalisme d’accompagnement. Cela consiste à soutenir les luttes des salariés en apparence, sans à aucun moment chercher à unifier les mouvements et même en empêchant leur extension à d’autres secteurs. Les victimes récentes sont les travailleurs de la RTM et de la SNCM.
Les luttes concernant les retraites et la Sécurité Sociale dans un passé plus lointain ont été traitées de la même façon: minoration des chiffres de manifestants, espacement des dates de journée d’action qui conduisent à la démobilisation, refus de la grève générale. On pourrait prendre de nombreux exemples depuis 5 ans!
Au plan international, c’est au 45è Congrès que la CGT a quitté la FSM pour rejoindre la très maastrichtienne CES (véritable courroie de transmission du Capital monopoliste européen) abandonnant ainsi les centrales syndicales de lutte de classe du monde entier. Cet abandon obligatoire pour rejoindre la CES l’entraînera sur le terrain de l’intégration aux organismes de l’UE. Les principaux dirigeants de la CGT étaient partisans du OUI, certains l’ont écrit, d’autres ont tout fait pour empêcher le débat dans l’organisation. Et pourtant, aucun mea culpa de THIBAULT n’a été entendu alors que 55% du peuple a voté NON!
Si les statuts de la CGT interdisent les fractions, il y en a pourtant une qui existe depuis des années, dont les ramifications unissent pêle-mêle patrons, syndicalistes, politiciens de tout poil! C’est Confrontations : organisme de collaboration de classe financé par le patronat et regroupant: Le DUIGOU, P. HERZOG, Francis MER, ROCARD etc . Grâce à cette officine, le MEDEF a un porte-voix dans le monde du travail.
La participation des dirigeants de la CGT et des Fédérations à cette organisation est de plus en plus importante et n’est pas sans conséquence sur l’orientation de plus en plus réformiste de la ligne confédérale.
Le Congrès de l’Union Départementale CGT de Paris a eu lieu récemment. La majorité des intervenants a vilipendé l’attitude de la Direction Confédérale en raison de son refus de coordonner et d’unifier les luttes des salariés; d’autres ont demandé que soit abandonnée le projet de “Sécurité Sociale professionnelle” fondé sur l’individualisation des contrats de travail et l’effacement des statistiques des chômeurs sous prétexte de formation! Projet qui n’est pas sans plaire au MEDEF et à VILLEPIN qui proposent son adoption comme arme contre les travailleurs. Aucune réponse de la Direction de l’UD: elle donne la parole aux mécontents et laisse ainsi passer l’orage! Pendant ce temps, en coulisse, avec l’aide des fédérations d’industrie, elle fait pression sur les gros syndicats afin de faire approuver à 65% le futur mode de cotisations et purger la future Commission exécutive d’un certain nombre de syndicalistes gênants!
Même si par la suite, cette même Commission exécutive de l’UD a du passer plus de 2 heures 30 pour désigner un Bureau, il reste que malgré le mécontentement, la Confédération arrive à faire entériner sa politique.
Cette dérive réformiste décourage nombre de militants syndicalistes de lutte de classe et les placent en situation difficile face aux Directions d’Entreprises qui profitent de l’apathie générale pour remettre en cause les acquis et s’attaquer à ceux qui résistent.
La privatisation des services publics a aussi une large incidence sur les effectifs des syndicats de la CGT. D’abord par le fait que parmi les milliers d’emplois qui sont supprimés, beaucoup sont détenus par des syndiqués CGT. Ensuite, par le fait que la chasse aux syndicalistes, facilitée par la remise en cause du droit syndical, est loin de favoriser le recrutement de nouveaux militants!
L’attitude des organisations syndicales actuelles, malheureusement toutes confondues, ne conduit pas à un regain de syndicalisation.
Le syndicalisme réformiste prôné par les dirigeants de la CGT est celui du “Syndicalisme rassemblé”, c’est-à-dire le regroupement de la CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC sur des branches professionnelles resserrées: la CES compte 8 branches professionnelles. L’exemple italien est le plus avancé avec l’intégration de la CGIL dans le dispositif réformiste: il existe déjà un secrétariat commun à toutes les Confédérations Italiennes. Voici à terme les risques de la dégénérescence de la CGT.
Nous devons nous tourner vers les travailleurs, leur vécu et leurs expériences de lutte dans les entreprises: quel est le bilan de ce syndicalisme dit “rassemblé” depuis 1995? Quelles ont été nos conquêtes sociales? Avons-nous eu plus de facilités pour forger les solidarités nationales et internationales de classe? Pour nous, la réponse est NON. Toutes les réformes réactionnaires du Capital (malgré les luttes et la combativité) sont passées.
À qui la faute? Puisque les travailleurs ont gardé leur combativité intacte, c’est bien à la stratégie d’accompagnement, de négociations au rabais sans rapport de force, du refus de la grève générale, qui nous a conduit dans l’impasse sociale où nous sommes plongés aujourd’hui.
Syndicalistes de lutte de classe, organisons-nous, regroupons-nous pour mettre en échec, à la base, les bureaucrates syndicaux.
Nous ne partons pas de rien: de nombreux camarades sur des bases de classe ont su s’unir il y a un an lors du référendum pour infliger à l’adversaire de classe une défaite historique dans des conditions extrêmement difficiles. Ne pourrait-on pas renouveler cette expérience en organisant des réunions de syndicalistes pour préparer la riposte et mettre ainsi en échec la casse de la CGT?
Mouvement Communiste International:
Les grands résultats de la Conférence d’Athènes
Une importante rencontre de Partis communistes et ouvriers a eu lieu du 18 au 20 novembre 2005 à l’initiative du Parti Communiste de Grèce. Ce n’est certes pas la première, puisque le PC de Grèce (KKE) organise ce genre de rencontre chaque année. Mais celle-ci semble constituer une étape qualitativement nouvelle dans le regroupement international des forces communistes. La conférence était largement représentative puisque y participaient 73 partis. Dans certains cas, témoignant de la situation complexe du Mouvement communiste depuis la victoire de la contre-révolution en URSS, plusieurs partis d’un même pays étaient présents (ex-URSS, mais aussi Italie, Espagne, Grande-Bretagne, Danemark ... )
Mais la conférence a surtout déterminé une plate-forme d’actions communes à entreprendre. La prochaine conférence prévue en 2006 sera organisée par un groupe de travail collectif. La plate-forme d’action envisagée comporte 14 points, dont les thèmes principaux sont les suivants:
- Campagne pour la libération des cinq patriotes cubains et de solidarité avec la révolution cubaine, le Venezuela et l’Amérique Latine;
- action contre la criminalisation du communisme;
- campagne sur l’actualité du socialisme pour le 90è anniversaire de la Révolution d’Octobre;
- mots d’ordre commun pour le 1er mai 2006; rencontre d’enseignants des pays européens contre le processus de Lisbonne; collaboration sur les questions de la diffusion des idées communistes; campagne contre les mesures “anti-terroristes”, et vigilance contre les mesures anti-communistes et la répression ; soutien aux activités du PC de Finlande durant le sommet de l’UE, et à l’initiative du PC portugais sur l’UE; campagne pour le retrait des forces étrangères de l’Irak, contre le “grand Moyen-Orient”, les menaces contre l’Iran et la Syrie; actions contre l’OTAN et les bases militaires étrangères; solidarité avec la Corée Populaire; solidarité avec l’Afrique et ses partis communistes révolutionnaires démocratiques.
La rencontre a adopté des motions de solidarités avec Cuba, la RPDC, le peuple irakien, la Syrie, la Biélorussie, le Venezuela, le peuple palestinien. La conférence a dénoncé le procès MILOSEVIC, l’arrestation du Secrétaire Général du Parti des Travailleurs d’Irlande Sean GARLAND. Les débats ont porté sur les tendances actuelles du capitalisme, et ont mis en évidence la nécessité d’une alternative socialiste.
L’URCF se félicite de la tenue de cette rencontre et prendra les mesures nécessaires pour que le mouvement communiste de France dans son ensemble puisse participer dans sa diversité actuelle aux prochaines rencontres et actions communes programmées. Le chemin pour reconstruire le Mouvement Communiste International sera long et difficile, et il passe par une étape de clarification idéologique, théorique et politique impliquant un débat franc et ouvert sur toutes les questions en même temps que le développement de l’action unitaire entre les partis. Face à la crise aiguë du capitalisme-impérialisme et ses tendances tant à l’affrontement militaire, qu’à la répression et à la liquidation des libertés démocratiques, les communistes du monde entier doivent se dresser pour aider la classe ouvrière et les masses populaires à surmonter les difficultés actuelles, reprendre l’offensive et lever haut et fort le drapeau de la révolution prolétarienne. La conférence d’Athènes est une contribution particulièrement importante à la réalisation de cette tâche.
Un message de solidarité de la Fédération URCF du Rhône
Les travailleurs de la Société VAHED (transports en commun de Téhéran) ont commencé depuis le 25/12/2005 à 5 heures et demi du matin une grève sans précédent pour exiger la libération d’au moins 8 de leurs collègues arrêtés de 22/12/2005 dans des rafles des forces de l’ordre de la “République” islamique. Ils sont arrêtés car ils ont refondé le Syndicat des Travailleurs de la Société VAHED. Ils exigent la fin du monopole des organisations syndicales gouvernementales comme les “Conseils islamiques du travail” et la “Maison de l’ouvrier”. L’un des salariés arrêté s’appelle Mansour OSSANLOU qui a déjà été attaqué par les hommes de main du Conseil islamique du travail et de la Maison de l’ouvrier, attaque au cours de laquelle on lui a coupé la langue avec un coup de cutter.
Nous demandons à toutes les forces socialistes et de progrès ainsi qu’aux fédérations syndicales des transports dans le monde entier d’oeuvrer le plus rapidemnt possible pour la libération de Mansour OSSANLOU et tous ses collègues actuellement dans la terrible prison d’Evin, près de Téhéran.
Nous comptons sur vous.
AMÉRIQUE LATINE : Barre à gauche toute!
Le Continent sud-américain semble pris d’une fièvre anti-impérialiste.
En effet, si la victoire (provisoire historiquement) de la contre-révolution en URSS et dans les pays socialistes européens a plongé brutalement l’humanité entière dans une nouvelle période d’incertitude et de découragement, par la perte des perspectives de libération et d’épanouissement humain dont seul le socialisme est porteur, il paraît évident que les peuples latino-américains relèvent le tête. N’est-ce pas l’exemple de Cuba qui, tel un village assiégé d’Armorique, inspire ses voisins en tenant bon son cap vers le socialisme, malgré plus d’un demi-siècle de blocus et d’agressions criminelles que lui fait subir l’impérialisme le plus puissant de toute l’histoire humaine? Les peuples de la région savent qu’à Cuba il n’y a pas de SDF, ni de morts de faim ou de froid, pas plus que d’enfants des rues et escadrons de la mort pour les assassiner.
Ils savent aussi que la révolution Cubaine a éradiqué l’analphabétisme, instauré la gratuité de l’enseignement, de la médecine, mais aussi de la retraite à 55 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes, et tant d’autres réalisations qui finissent par éveiller un intérêt certain.
Pourquoi pas nous? A pu se dire le peuple vénézuelien en élisant Hugo CHAVEZ à la présidence, puis en allant le sortir de la prison où l’avaient enfermé, en 2002, les putschistes et, enfin, en faisant vivre et développer cette révolution bolivarienne donnant au peuple un rôle d’acteur.
Pourquoi pas nous? S’est sans doute exclamé le peuple de Bolivie lorsque, malgré la répression sanglante qui s’abattit sur lui, il destitua rien moins que deux Présidents de la République et empêcha le bradage du gaz bolivien aux intérêts états-uniens. Et début décembre 2005, c’est le dirigeant du MAS (Mouvement vers le Socialisme) Evo MORALES, qui fut élu Président de la République. Un an avant en Uruguay, dans la dynamique d’une campagne contre la privatisation de l’eau, un Front élargi conduit par Tabaré VASQUEZ (ex-guerillero Tupamaro) fut élu à la direction du pays. En guise de cerise sur le gâteau le peuple fit inscrire dans la Constitution que l’eau était un bien public ne pouvant être privatisé.
Au Brésil, dans des conditions toutes autres, c’est un ancien syndicaliste qui préside aux destinées du pays, avec une toute autre politique. Bien sûr, il ne faut pas tout mélanger. De la même façon qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, l’élection d’un candidat populaire à la direction d’une république bourgeoise n’a jamais constitué la “voie royale” vers le socialisme; de même qu’une révolution nationale démocratique ne débouche pas inéluctablement sur LA révolution prolétarienne.
Néanmoins force est de constater qu’une conjonction d’éléments est en train de bouleverser la réalité géopolitique de cette région. L’impérialisme états-unien est contesté dans ce qu’il croyait être à jamais son pré-carré. Et dans le même temps, la résistance au néo-libéralisme s’affirme, se renforce. À l’ALCA pro états-unienne et néo-libérale peut se substituer l’ALBA (ALternativa Bolivariana para las Americas), véritable instrument de coopération et d’entraide, mutuellement avantageux.
Cuba et le Venezuela sont les premiers signataires. L’Amérique latine peut constituer à terme le nouveau maillon faible, au sens léniniste, dans la chaîne impérialiste.
THÉORIE : La démarche tactique et stratégique pour les forces communistes
Définir une tactique et une stratégie est le moyen incontournable de résoudre les tâches du moment à accomplir. Aucune organisation révolutionnaire ne peut faire l’impasse d’une tactique et stratégie, ou alors elle ne peut se targuer de vouloir changer de société. Elle n’est alors qu’un club de discussion petit-bourgeois sans solution concrète pour parvenir à la Révolution. Bien sûr, les aspects tactiques peuvent être plus ou moins majeurs selon le stade de développement de l’organisation communiste. À l’époque de la Coordination communiste, nous surestimions le potentiel révolutionnaire du PCF; le but était alors de regrouper ses éléments les plus avancés; les aspects tactiques en di