Sommaire IC n°72


Edito: 
Le capitalisme c'est l'ennemi
FUSION SUEZ-GDF : Chronique d'une privatisation de plus!
En lutte jusqu’à l’abrogation du CPE et CNE
CPE = Destruction du Code du travail
SARKOZY : Police partout , école nulle part
La directive BOLKESTEIN déjà en application!
Ségolène ROYAL fait l’éloge du blairisme
Nettoyage industriel : LES SAMSIC EN GRÈVE!
Grève contre l’austérité salariale chez DALKIA
Unité des travailleurs, unité de lutte des communistes!
 
Mesures De ROBIEN sur les ZEP Vers des “Zones d’Exclusion Populaire”
 Force de frappe, menace nucléaire contre les peuples et prétentions de l’impérialisme français 
 Hugo CHAVEZ accusé d’”antisémitisme” par Libération et le Monde
CHARONNE 44ème Anniversaire de la répression sanglante
 L’AFFICHE ROUGE
48ème Congrès de la CGT  
 International
QUEL AVENIR POUR LA PALESTINE?
CONTRE LE MACCARTHYSME EN EUROPE!
 La jeunesse communiste tchèque menacée.
L’URSS A SAUVÉ L’HUMANITÉ
Septième partie  1944-1947 LE PCF, MÉRITES ET ERREURS
LE XXème CONGRÈS DU PCUS: LA REVANCHE DU SOCIAL-DÉMOCRATISME
ENTRE FAUCILLE ET MARTEAU
PAROLES ET INTENTIONS
 
CHÔMAGE - CPE - PRIVATISATION de  GDF

LE  CAPITALISME C’EST  L’ENNEMI

Le gouvernement VILLEPIN amplifie la guerre contre les travailleurs et décrète des lois d’exception pour empêcher la révolte populaire.
Rappelons-nous : digne successeur de RAFFARIN, VILLEPIN piétine la “vox populi” du NON au référendum pour faire passer tout le contenu de la Constitution européenne rejetée (privatisation, flexibilité, encadrement du mouvement ouvrier).
 À peine arrivée à la tête du MEDEF, Laurence PARISOT appelait à “libérer le travail”.
En écho, son serviteur VILLEPIN se lance aussitôt à l’assaut du Code du travail et fait adopter aux forceps le CNE puis le CPE.    

Fascisation de la vie politique.
            Les attaques antisociales, à caractère néo-libéral - véritable programme mondial de l’impérialisme - sont sans précédent. Les conditions objectives de mécontentement et de résistance de la population sont réunies. C’est la raison pour laquelle des VILLEPIN/SARKOZY développent la répression permanente (chasse aux immigrés, utilisation de l’armée contre les grévistes, couvre-feu, État d’urgence ...) sous couvert de “lutte contre le terrorisme”. Ces mesures accélèrent la fascisation de la société! Le Capital en vient à violer ses propres lois et principes: débat parlementaire piétiné, corruption amplifiée à grande échelle, criminalisation de communisme, réhabilitation de colonialisme, fichage de masse (avec participation de l’INSEE), mesures d’exceptions fascisantes.
Gouvernement VILLEPIN: l’ennemi de jeunes et de tout le Peuple travailleur.
            Le CPE exacerbe la précarité: liquidation des CDI, baisse du prix de vente de la force de travail, mise en concurrence des salariés (exclusions). Après 7 mois, 80% des salariés en contrat CNE (version senior du CPE pour les petites entreprises) ont été “remerciés” ... Le pouvoir aggrave toujours plus la condition d’existence des jeunes: sans travail, ils ne pourront accéder ni au travail, ni au logement, ni aux loisirs. Le gouvernement renforce le caractère ségrégatif de l’école, organisant la sélection selon l’appartenance de classe des parents: apprentissage dès l’âge de 14 ans,  etc 
            La sauvegarde des profits impérialistes passe par la ruine du tissu économique et industriel de la France. Le capitalisme français 2ème exportateur de capitaux dans le monde, est un des plus parasitaires de la planète: pilleur sans vergogne des pays néo-colonisés. Les monopoles privés, soucieux d’assurer le surprofit, transfèrent les emplois là où la vente de la force de travail s’effectue à bas prix. Une France réduite au “tourisme, aux banques, au commerce”, à la pauvreté, aux bas salaires, aux cadences insupportables, à la précarité généralisée et enfin à la guerre, voilà ce qu’on nous promet. La crise du capitalisme connaît une telle acuité que, pour assurer sa pérennité, la guerre est envisagée comme solution. Le président CHIRAC ayant même prôné l’usage possible de bombes nucléaires contre les États et les organisations “terroristes”.
Lutter contre le capitalisme
            Des chemins existent pour faire reculer le pouvoir de le Capital. Le gouvernement a peur du blocage du pays par les grèves des travailleurs, leurs convergences dans les luttes, le “Tous ensemble et en même temps”. Significative aussi est l’intégration de la direction CGT à ce dispositif de gestion de la crise. Les dirigeants CGT promettent qu’on ne “bloquera pas le pays” et déclarent “la grève générale contre le CPE est inopérante”.
            La jeunesse est de moins en moins dupe de ces paroles lénifiantes. Aujourd’hui, à Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Paris, etc ... et dans des dizaines de villes, les étudiants et les lycéens dans des AG démocratiques s’engagent dans l’action jusqu’au retrait du CPE. Ils nous montrent la seule voie juste: se mobiliser, informer la population, organiser la lutte.
Tous les travailleurs doivent les soutenir et les rejoindre!
            La première leçon que nous pouvons tirer de cette mobilisation, est la capacité croissante du mouvement populaire à s’organiser par lui-même dans et parfois contre les états-majors syndicaux.
            Pour le retrait du CPE et du CNE, l’URCF appelle tous les syndicalistes de lutte de classe à agir dans leurs syndicats respectifs pour la préparation d’une grève nationale et interprofessionnelle, seul moyen de faire plier le patronat et le pouvoir.
            Dans toutes les luttes, nous devons éclairer les intérêts communs des travailleurs, relier chaque injustice à sa cause: le capitalisme.
              L’URCF se bat pour l’unité des communistes-révolutionnaires, et consacre toute son énergie à la création du parti, outil indispensable du combat révolutionnaire pour le socialisme.retour en haut


FUSION SUEZ-GDF : CHRONIQUE D’UNE PRIVATISATION DE PLUS!

            Le “patriotisme économique” revendiqué par le premier ministre VILLEPIN, n’est qu’un masque pour camoufler la politique de l’impérialisme français visant, non à satisfaire les besoins énergétiques du pays et des travailleurs, mais les appétits financiers des actionnaires de Suez par l’absorption de GDF. L’argument du pouvoir qu’en agissant ainsi, l’État aurait défendu les “intérêts vitaux du pays”, en empêchant la mainmise du monopoliste italien ENEL, constitue un mensonge destiné à camoufler la privatisation réelle de GDF. La loi du 22 juillet 2004 garantissait que la part publique du capital de GDF ne pouvait être inférieure à 70%. L’UE exige la libéralisation des monopoles publics et c’est l’objectif de la décision du gouvernement français. On sera très loin des parts annoncés de “capital public”!
            Les conséquences de la fusion, véritable vol de la propriété publique, seront dramatiques: suppressions d’emplois (toutes les OPA et fusions se terminent ainsi, rentabilité capitaliste oblige!), dégradations des missions de service public, non satisfaction des besoins populaires, augmentation des tarifs, menaces sur EDF, pillage des ressources des autres pays puisque SUEZ-GDF constituera le second groupe européen.
            La résistance des usagers et des salariés en un Front unique s’impose autour de la défense de l’emploi et de la satisfaction des besoins. Le programme de l’URCF “de la lutte quotidienne contre le néo-libéralisme à la lutte générale contre le capitalisme” (septembre 2005) propose comme axe de lutte immédiat, des mesures strictement inverses: la création d’un grand pôle public de l’énergie avec EDF-GDF renationalisée à 100% et la nationalisation de SUEZ. Reprendre la voie de la lutte de classes est le passage obligé pour défendre l’intérêt des travailleurs et du pays, la riposte massive et solidaire doit s’organiser!


En lutte jusqu’à l’abrogation du CPE et CNE

CPE = Destruction du Code du travail

            Les Contrats Nouvelle Embauche (CNE) et le CPE (Contrat de Première Embauche), constituent une attaque généralisée contre les CDI (Contrats à Durée Indéterminée). En effet, arrachés par les luttes de classes, les CDI exigeaient “des motifs réels et sérieux” pour occasionner un licenciement. De plus, l’intervention des syndicats était prévue par la loi.

            Avec les CPE, la période d’essai est prolongée à deux ans! On imagine la gamme des pressions patronales qui vont s’exercer sur le “titulaire” d’un CPE: chantage aux heures supplémentaires non rémunérées, tâches en sus des siennes propres, brimades diverses ... En cas de refus ou, pire, de participation à une action collective, la “période d’essai” serait, à coup sûr, stoppée. Voilà ce que le gouvernement ose présenter comme le dernier cri de la lutte contre le chômage, mais qui, en réalité, n’est qu’une tentative d’offrir au patronat une main-d’oeuvre docile parce que légalement sans droits. C’est l’institutionnalisation du “travaille et tais-toi”.

            Les CNE ont déjà un premier bilan. Sur l’ensemble des contrats signés, le patronat a mis fin à 80% d’entre eux.

            La désinformation sur la prétendue baisse du chômage ne fait plus illusion. Depuis septembre, près de 45 000 emplois ont été supprimés à coup de licenciements, de fermetures d’entreprises ou de délocalisation. La “baisse” annoncée découle en fait à la fois des 200 000 radiations administratives par l’ANPE, des chômeurs en fin de droit touchant le RMI et n’entrant plus dans les statistiques du chômage, soit 1,6 millions de travailleurs! Donc, c’est l’aggravation du chômage dans les faits.

            Les CPE constituent de plus une réponse scandaleuse et méprisante de la part du patronat et du pouvoir à l’égard de la jeunesse, pourtant plus diplômée en nombre que les générations précédentes. 

         En réalité, le capitalisme veut “habituer” les jeunes générations à travailler dans l’incertitude du lendemain et la précarité permanente, à ne pouvoir, faute d’argent et de stabilité professionnelle, ne serait-ce que louer un appartement.

            Le MEDEF annonce déjà son souhait de voir la généralisation de ce type de contrat, en réclamant son extension à toutes les entreprises et toues les générations!

         Le gouvernement VILLEPIN fait des cadeaux supplémentaires au patronat. Les entreprises embauchant des CPE vont bénéficier d’aides financières par l’exonération des cotisations sociales. En clair, ce sont les salariés davantage pressurés qui financeront les CPE! Il est probable qu’au bout des deux ans “d’essai”, peu de CPE seront transformés en CDI. L.PARISOT, présidente du MEDEF, poétise:

”La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi?”

         Nos aînés avaient raison de dénoncer dans les patrons des “buveurs de sang”.

S’opposer à la stratégie du gouvernement par la convergence des luttes!

         L’ensemble des salariés, toutes générations confondues: jeunes chômeurs ou précaires, “anciens” obligés de travailler plus longtemps avec moins de pension, est victime de la politique gouvernementale et des monopoles. L’expérience montre que les luttes même exemplaires comme celles des marins de la SNCM et des traminots de la RTM, si elles restent isolées, ne peuvent être victorieuses sans convergence et soutien actif de tous les travailleurs. Nous devons en tirer toutes les leçons! L’ampleur des attaques subies avec le CPE, la baisse des indemnités-chômage, le flicage systématique des chômeurs pour réduire leurs droits, les délocalisations et fermetures d’entreprises qui jettent à la rue des dizaines de salariés et leur famille, les privatisations qui ne profitent qu’aux spéculateurs et boursicoteurs en cassant les missions de service public, les menaces sur les zones d’éducation prioritaire, la baisse du pouvoir d’achat de tous les salariés, créent les bases du rassemblement dans les luttes unitaires selon le mot d’ordre éprouvé:

“Tous ensemble et en même temps!”

            La lutte pour l’abrogation du CPE, du CNE, de la précarité doit suscitr une riposte de classe d’ampleur, bannissant les mobilisations ponctuelles et séparées dans le temps les unes des autres. Il faut une grande grève nationale et interprofessionnelle avec marche à Paris de toutes les victimes de la crise pour faire reculer le pouvoir. Stop, il est temps que la bourgeoisie sente la force collective de la classe ouvrière et des travailleurs!


SARKOZY : POLICE PARTOUT, ÉCOLE NULLE PART

            SARKOZY s’agite contre la violence scolaire.
            Quelques-unes de ses idées:Portiques électroniques aux entrées des écoles; Policiers détachés dans les établissements; Carnet de comportement allant de “la naissance  à l’entrée dans la vie d’adulte pour détecter les futurs délinquants”; Internat à construire, réservés “aux élèves exclus des collèges”;
Il propose également que les policiers et les magistrats forment les surveillants de collège.
            De plus, SARKOZY introduit le projet d’une école à l’américaine: suppression de la carte scolaire (les pauvres étant voués à des écoles ghettos), rémunération au mérite pour les profs.
            Dans le même temps, sachant que le gouvernement, au nom de la réduction du déficit budgétaire, assène des coupes sombres à l’Éducation nationale: décentralisation du personnel ouvrier ATOSS, réduction massive de postes et des places aux concours d’enseignants, suppression du statut des MI-SE, 40 000 postes de surveillants et autres aides éducateurs supprimés, licenciements des emplois-jeunes, ... Pour le pouvoir, il n’y a pas d’argent pour l’Éducation, mais il y en a pour caporaliser l’École au nom du “tout sécuritaire”. Il y en a pour lancer un nouveau sous-marin atomique au faire balader un porte-avion bourré d’amiante!
            Projet de milices SARKOZY
            SARKOZY propose la création d’une “réserve citoyenne de la police nationale” composée de volontaires désireux “d’apporter leur contribution à une meilleure sécurité”.
Dans le même esprit, l’administration de l’Éducation nationale expérimente la loi SARKOZY dite de “prévention de la délinquance”. Les enseignants sont sommés de dénoncer les élèves sans papiers.
            Partout, les enseignants se mobilisent contre la présence policière dans les établissements scolaires.
            Dans la perspective de la présidentielle, SARKOZY affiche la couleur: néo-libéralisme, surprofit, casse des statuts, police partout, et justice sociale nulle part.


  La directive BOLKESTEIN déjà en application!

            Après la grève du juillet dernier, 13 ouvriers polonais des Chantiers navals de Saint-Nazaire sont de nouveau dans l’action par une grève de la faim pour exiger ... le paiement de leurs salaires.

            Ils viennent de la région de Szczecin, région vouée à la construction navale. L’entreprise polonaise Kliper est habituée des contrats de sous-traitance auprès des Chantiers de l’Atlantique, via la société française Gestal (filiale de Alstom-Marine).
            Le patron de la société polonaise a disparu avec les salaires, le véhicule de l’entreprise et les contrats de travail.
            Ce n’est pas la première fois que des travailleurs étrangers font grève pour récupérer leurs dûs. En 2003 déjà, des travailleurs roumains avaient fait grève pour obtenir le paiement de leurs salaires. Alstom avait dû rompre le contrat de sous-traitance avec la société intermédiaire italienne Avco (pour le chantier du Queen Mary).
            Les victimes de la sous-traitance sont nombreuses. Le secrétaire USM-CGT révèle que la quarantaine d’ouvriers polonais recrutés par la SAFE sont payés à 5,5 euros de l’heure, et effectuent 47 à 60 heures par semaine!
            Alstom, c’est 3 000 emplois sédentaires autant d’emplois en sous-traitance: la sous-traitance instrument de division des travailleurs, de baisse des salaires et ... d’augmentation des profits capitaliste?

 

Ségolène ROYAL fait l’éloge du blairisme

         Ségolène, ça vous dit quelque chose?
          Les médias l’ont gâtée, après ses propos admiratifs pour la politique de Tony BLAIR, la voilà qui se propulse au Chili pour soutenir la candidate socialiste, se mettant ainsi en valeur pour assurer la prise en compte de sa candidature à la  présidence de la République française. Elle n’a pas mégoté sur son emploi du temps: une journée de vol pour l’aller, une journée sur place pour s’afficher et une journée de vol pour le retour, quelle santé! 
            Mais, revenons à ses affinités avec le blairisme qu’elle a affichées lors d’une interview au Financial Times: “Tony BLAIR a investi dans les services publics. Pour l’emploi des jeunes, il a enregistré de réels succès en introduisant plus de flexibilité et o la fois plus de décurité”.
            Madame ROYAL, nous balance tout net son admiration à peine voilée pour Tony BLAIR “qui n’a pas fait que des erreurs”, notamment en matière d’emploi des jeunes, en combinant flexibilité et sécurité. Elle poursuit en déclarant s’affranchir de tous les tabous: 
            “nous ne devons être bloqué sur aucun sujet, comme les 35h par exemple”.
            Certes, Ségolène ROYAL prend soin de “dénoncer” le CPE, ce que d’aucuns mourraient d’ailleurs trouver contradictoire avec ses propres déclarations sur la politique d’emploi des jeunes conduite par Tony BLAIR.
            Comme BLAIR, madame Ségolène ROYAL s’est  prononcée en faveur du “OUI” au référendum sur le Traité Constitutionnel européen et, en cela, elle ne se distingue pas des “éléphants” ses concurrents; elle récupère un soutien de choix, SÉGUÉLA vote Ségolène en 2007. SÉGUÉLA osera-t-il infliger à son amie Ségolène le traitement honteux de son ex-campagne publicitaire en faveur du PCF? (MARX avec des rondelles de concombre sur le visage).
            À nous, travailleurs, étudiants et tous ceux qui vivent de la vente de leur force de travail, de ne pas tomber dans le piège de l’illusion que la social-démocratie pourrait résoudre nos problèmes.
            Quelle que soit la musique, légère avec Ségolène, ou crépusculaire avec JOSPIN, pie voleuse ou vaisseau fantôme, le PS reste un instrument de duperie des travailleurs.

 

Nettoyage industriel : LES SAMSIC EN GRÈVE!            

À l’heure, où nous écrivons ces lignes, les agents de propreté de l’hôpital Esquirol de Saint-Maurice (94 Val-de-Marne) à l’appel de leur section CGT ont déclenché une grève à partir du 11 janvier, pour dénoncer leur charge de travail, exiger des moyens matériels, le paiement de toutes leurs heures supplémentaires, la reconnaissance des qualifications.
            Cette lutte exemplaire doit bénéficier d’une solidarité massive. La société SAMSIC emploie 31 000 salariés, répartis sur de multiples sites. Son chiffre d’affaires se monte à 150 millions d’euros, son PDG Christian ROULEAU possède 70% des actions alors que le salaire est de 8 euros par jour pour les travailleurs.
            Exprimons notre solidarité à leur grève (à l’heure où nous mettons sous  presse, 30ème jour) et notre solidarité de classe avec ces personnels humiliés, mal traités, aux horaires flexibles qui assurent une mission de service public à l’hôpital sans avoir la reconnaissance statutaire et salariale.

 

 Grève contre l’austérité salariale chez DALKIA

         Avec le soutien actif du CGT-E, les travailleurs chargés de la maintenance du CNAC Beaubourg, du Centre commercial Italie 2 et du Louvre des antiquaires, trois sites dits “de prestige”, se sont mis en grève, du 13 au 25 janvier, pour dénoncer la politique salariale de Dalkia et les mauvaises condition s de travail.
            La période de “promotions” annuelles a été le détonateur d mécontentement qui couvait depuis déjà plusieurs mois. Ainsi, les travailleurs dont la rémunération mensuelle brute oscille entre 1 400 et 1 900 euros après 20 ans de carrière (travail en équipe 7 jours sur 7, astreinte) ont été gratifiés d’une prime :
de 380 euros à répartir entre les 40 membres de l’effectif du CNAC
de 50 euros pour les 12 salariés du Louvre des antiquaires.
         Au premier jour du conflit, la direction a refusé la demande des salariés d’une augmentation de 300 euros bruts. La maison mère, le groupe Véolia, vise à limiter les augmentations générales, au profit de primes diverses, de l’intéressement et de la participation. Comme prévu, les salariés ont rejeté - à l’unanimité - ces propositions jugées méprisantes (20 euros bruts d’augmentation par personne!).
La peur de la contagion
            Face à la détermination et l’unité des salariés, la direction craignant la contagion a décidé de mettre tout en oeuvre pour casser le mouvement. Elle a adopté une stratégie de duperie en 4 points:
1.    Unité patronale. En effet, intérêt de classe oblige, Dalkia a su relier à sa cause les directions des sites en grève. En échange d’un service minimum, ces dernières ont accepté de ne pas appliquer les pénalités (6 000 euros/h) prévues par le cahier des charges en cas d’interruption du service.
2.    La sous-traitance. Malgré son coût extrêmement élevé, la direction a tenté de briser la grève en remplaçant les grévistes par des sous-traitants briseurs de grève.
3.    Recours à l’encadrement et à des salariés non-grévistes empruntés à d’autres sites. La direction encourage la politique consistant à utiliser les jaunes à briser les grèves, y compris en exécutant les tâches les plus ingrates et ce, par journée de 15 heures, week-end compris.
4.    Les syndicats réformistes: SLEC/UNSA - CFDT - FO - CFTC - CGC et maintenant CGT, ont donné là, une traduction concrète de ce qu’est le “syndicalisme rassemblé” dans la compromission et l’accompagnement, voire dans la trahison. Non seulement ils ont brillé par leur absence sur le terrain de la solidarité en entravant les efforts des militants du CGT-E pour généraliser le mouvement; ils ont clamé - sans embage - leur hostilité à cette grève en apportant leur soutien à la direction. Le délégué CFDT l’a même officiellement déclaré devant le Tribunal d’Instances de Vanves (92) qui examinait la demande d’annulation des mandats syndicaux des militants du CGT-E.
La trahison de la CGT
            Pour sa part, la section syndicale CGT Dalkia a fait pire que ses alliés. Elle a sacrifié les revendications des travailleurs sur l’autel de la revanche et de la haine contre CGT-E. Ainsi, au troisième jour du conflit, la CGT a entrepris, dans le dos des salariés toujours mobilisés une série de tractations et de manoeuvres pour récupérer le mouvement, tout en informant la direction de la combativité des grévistes.
            La CGT déclare aux travailleurs en lutte: “La CGT, en accord avec le DRH, aidera au règlement du conflit à condition que le CGT-E se retire”.
Furieux, les salariés expulsent l’élu CGT non sans l’avoir  traité de taupe ... Dès lors, la direction va jouer le pourrissement.
            Le CGT-E fait alors appel à la médiation de l’inspectrice du travail. Cette dernière interpelle la direction qui déclare que “l’entreprise n’accèdera pas à la demande des grévistes par peur de la contagion et des syndicats représentatifs qui ont menacé de se servir des sommes qui seraient octroyées comme base de discussion lors de la prochaine négociation annuelle sur les salaires”.
Toujours unis!
            Conscients des difficultés d’aller plus loinn dans leur action, les salariés ont décidé de suspendre leur mouvement et d’adresser une lettre à l’ensemble de leurs collègues dans laquelle ils expriment:
“leur colère devant le silence des syndicats qui, à l’exception du CGT-E présent depuis le début du conflit, ont brillé par leur absence quand ils n’ont pas condamné notre action”.
Dans cette adresse, ils dénoncent en ces termes “les tractations qui ont eu lieu en coulisses entre la CGT et la direction pour écarter le CGT-E des négociations”.
            Tirant les enseignements de ce premier conflit et les difficultés objectives rencontrées pour obtenir son extension vers d’autres secteurs et services, le CGT-E a lancé une consultation démocratique nationale sur les salaires, afin que les salariés pèsent directement sur les négociations que les autres centrales voudraient tenir à huis-clos.
            Forts de cette première grève, les salariés et les syndiqués de la CGT-E l’affirment: la lutte se poursuivra; 


UNITÉ DE LUTTE DES TRAVAILLEURS! UNITÉ DE LUTTE DES COMMUNISTES!

            L’URCF et le Collectif Militant Communiste, tirant les leçons du succès du meeting du 5 mai 2005 pour le NON à la Constitution de l’UE et des obstacles rencontrés pour la poursuite du travail unitaire sur les différents terrains où l’action coordonnés des marxistes-léninistes s’impose, publient l’Appel reproduit ( *ci-dessous). Il est urgent de mettre de côté les rancoeurs issues de désaccords tactiques et l’esprit de chapelle, et de mettre à l’avant-garde des luttes pour redonner espoir à la classe ouvrière et avancer vers la création du Parti. À l’heure actuelle où seule la convergence des luttes peut renverser le rapport de forces et contrer l’offensive du Capital, les communistes ne peuvent plus se permettre d’agir de façon désordonnée et de ne pas regrouper leurs forces pour frapper ensemble. Cet Appel n’impose nullement une renonciation à la confrontation idéologique: il ne vise pas à l’unification prématurée et artificielle entre des organisations d’importance et de développement différents dans leur appropriation de l’histoire du mouvement communiste et de la théorie marxiste-léniniste.

 Appel
POUR LA CLASSE OUVRIÈRE, CONTRE LE CAPITALISME ET L’IMPÉRIALISME, IL FAUT UN PARTI COMMUNISTE MARXISTE-LÉNINISTE.
            Le meeting unitaire du 5 mai 2005, à Paris, organisé par 5 organisations communistes:
URCF       : Union des Révolutionnaires-Communistes de France
CMC        : Collectif Militant Révolutionnaire
PCOF       : Parti Communiste des Ouvriers de France
PRCF       : Pôle pour la Renaissance Communiste en France
CC 59-62: Coordination Communiste 59-62
Pour la victoire du NON, a contribué au rejet effectif de la Constitution de l’UE et a permis que la voix des communistes, en phase avec les luttes des travailleurs contre le capitalisme et le bloc impérialiste européen en construction, s’exprime publiquement dans une initiative unitaire.
            Ce fut un pas dans le processus d’unité d'action des communistes et de construction du Parti communiste marxiste-léniniste. C’est en effet par l’unité d’action et la confrontation idéologique que seront surmontées les divergences et déviations héritées de la domination de révisionnisme dans le mouvement communiste. C’est lors d’actions de ce type que des centaines de communistes inorganisés reprennent espoir et peuvent être gagnés à l’action. Le meeting a redonné confiance dans nos propres forces et fait ressentir par tous, l’urgence d’accélérer la construction du Parti, de travailler à l’unification de tous les marxistes-léninistes dans un même parti, outil incontournable de la classe ouvrière pour affronter la bourgeoisie monopoliste et préparer la Révolution socialiste en France.
            Nous constatons cependant que ce succès n’a pas débouché sur la continuation de l’action unitaire. Ainsi, il est particulièrement regrettable que les organisations communistes n’aient pas été capables de prendre une position commune et d’agir ensemble pour soutenir les marins et les traminots de Marseille, contre l’intervention du GIGN et des forces policières, contre l’instauration de l’État d’urgence dans les quartiers populaires, véritable répétition générale en vue de réprimer les luttes ouvrières à venir, contre l’offensive des bourgeoisie européennes pour criminaliser le communisme (résolution 1481-LINDBLÄD). L’esprit de cercle, le repli sur le pré carré l’emportent, une fois de plus, sur la volonté unitaire!
            Qu’est-ce qui s’oppose à ce que les organisations marxistes-léninistes travaillent ensemble (sans masquer les divergences) afin que les communistes soient actifs, offensifs, et redonnent espoir aux travailleurs?
            Actuellement, l’impérialisme relance son offensive visant à criminaliser le communisme et interdire les organisations et partis qui refusent de renier la lutte des classes et la défense de l’URSS de LÉNINE et STALINE. La bourgeoisie monopolise profite de la division et de la faiblesse numérique des communistes et manoeuvre pour empêcher la renaissance de véritables partis révolutionnaires, notamment en soutenant financièrement les partis baptisés “communistes” ayant renié totalement leurs principes révolutionnaires. Il ya donc urgence à travailler et consolider l’unité des communistes car le sort des travailleurs et des peuples opprimés du monde entier est en jeu.
            La poursuite du travail commencé avec la campagne du NON est nécessaire pour préparer les luttes prochaines et avancer dans l’unification politique et idéologique des communistes. Sinon c’est l’ensemble des communistes qui resteront incapables de réaliser les tâches révolutionnaires les plus immédiates et incapables de rallier à eux les éléments avancés de la classe ouvrière  et de la jeunesse révolutionnaire. Il faut pour cela un cadre organisé nationalement, rassemblant les organisations se réclamant du marxisme-léninisme, ayant pour fonction la clarification idéologique, l’étude des classiques, l’analyse de l’impérialisme dans ses manifestations contemporaines, l’analyse des classes sociales en France et dans le monde, la définition et la mise en oeuvre commune d’axes de luttes politiques à contenu anticapitaliste et anti-impérialiste.
            L’Union des Révolutionnaires Communistes de France et le Collectif Militant Communiste ne se résignent pas à la division actuelle des organisations qui se réclament du marxisme-léninisme. Prenant leurs responsabilités à l’égard du mouvement révolutionnaire, ils s’engagent à poursuivre ensemble leurs efforts pour surmonter ces divisions,  ne jamais renoncer à l’indispensable unité d’action de tous les détachements marxistes-léninistes et ainsi avancer dans la construction du Parti communiste révolutionnaire, sur la lutte contre l’opportunisme. Ils s’adressent aux autres organisations marxistes-léninistes, aux camarades inorganisés pour qu’ils s’engagent dans cette démarche qui représente, sans nul doute, l’aspiration de la base de toutes les organisations communistes. 


Mesures De ROBIEN sur les ZEP Vers des “Zones d’Exclusion Populaire”

            Instaurée dans les années 80, sous SAVARY, la politique d’éducation prioritaire s’inscrit dans le cadre d’une politique territoriale de lutte contre les inégalités: reconnaissant l’interaction entre difficultés scolaires, l’État attribue aux établissements scolaires d’une même zone défavorisée environ 10% de moyens supplémentaires (soit 3 ou 4 postes de plus pour un collège de 500 élèves, par exemple) qui doivent permettre d’alléger les effectifs par classe et de réaliser des projets éducatifs pour aider davantage ces élèves.
Les limites des ZEP ...
Alors que, dans les écoles, collèges et lycées, la rentrée 2006 se prépare sur fond de nouvelles restrictions budgétaires, l’avenir de l’’éducation prioritaire”, c’est-à-dire celui des élèves de milieux populaires, est plus que jamais remis en cause par les mesures ministérielles confirmées début février; des mesures qui s’inscrivent, comme tant d’autres, dans une logique néo-libérale, fondée sur la déréglementation,l’individualisation et le retrait des garanties collectives.
            La première limite de cet outil est intrinsèque au système capitaliste, générateur de pauvreté et d’exclusion renforcées en période de crise; les ZEP ont connu le même sort que d’autres mesures d’accompagnement des effets de cette crise: elles se sont multipliées (on compte environ un millier aujourd’hui), mais sans les moyens nécessaires pour assurer pleinement leur efficacité. 
            L’autre limite est celle du budget destiné à l’école publique: quand le gouvernement supprime des milliers de postes (encore 4 500 suppressions prévues en 2006), notamment dans les collèges, il ne préserve pas les ZEP; bien au contraire, il les considère comme des viviers de postes à récupérer (environ un tiers des postes supprimés le sont dans les ZEP!).
Il lui est facile ensuite de produire des rapports sur un prétendu échec des ZEP; qu’il a lui-même programmé, afin de remettre en cause le dispositif  d’éducation prioritaire.
Les ZEP menacées de disparition, l’exclusion scolaire renforcée;
            Gilles de ROBIEN organise la suppression de ZEP sur trois ans, mettant en oeuvre la politique de tri social prévue par la loi FILLON.
            En septembre 2006, 249 collèges (sur les 1 200 actuellement classés ZEP) recevront le label cyniquement intitulé “ambition réussite”. Cela signifiera, pour ces collégiens, l’arrivée de 2 ou 3 enseignants “spéciaux” aux missions encore mal définies (alors que, rappelons-le, des postes auront pu être préalablement supprimés ...) et le recrutement de personnels précaires pour la surveillance  (à la place des anciens surveillants, au statut protégé d’étudiants-surveillants). Moyennant quoi, on exigera de ces élèves en difficultés qu’ils acquièrent un “socle commun” de connaissances réduites au minimum patronal. Pour d’autres, on exigera l’apprentissage, dès 14 ans.
            Les plus méritants, (aux yeux du ministère) au nombre forcément limité, recevraient comme récompense suprême de pouvoir choisir un lycée réputé (plutôt que leur lycée de secteur) pour poursuivre leurs études.
            On le voit, ces collèges, bien qu’appelés “EPI”, ne relèveront pas de l’éducation prioritaire, l’ambition du gouvernement étant de faire réussir d'abord ses élites et d’offrir au patronat la “chair fraîche” dont il a besoin pour ses emplois précaires et sous-payés.
            Quant aux 800 autres collèges, sortis progressivement du dispositif ZEP, ils n’auront plus, eux non plus,pour “aider” leurs  élèves in difficultés, que le recours au délestage vers l’apprentissage patronal.
Organiser la résistance
            Face à ce qui apparaît comme une mesure emblématique de la politique de régression sociale en cours, une mobilisation de grande ampleur est indispensable. Dés janvier, la grève a été déclenchée avec succès dans l’académie de Lille et en Seine-Saint-Denis, avec 2 000 manifestants devant l’Inspection académique et des occupations nocturnes d’établissements. Actions qui ont contraint le ministre à rassurer au sujet de la rentrée 2006, alors qu’il ne renonce nullement à son projet de suppression des ZEP dès 2007.
            Mais les attaques de ce gouvernement contre la jeunesse (Loi FILLON, Loi BORLOO, CPE, ZEP ... ) apparaissent désormais dans toute leur cohérence néo-libérale, et ne pourront être combattues efficacement que par la convergence des luttes des jeunes et des salariés, vers la grève générale.


Force de frappe, menace nucléaire contre les peuples et prétentions de l’impérialisme français

            Le président CHIRAC a tenu des propos d’une particulière gravité concernant la force de frappe française. Il a signifié ne pas laisser planer le doute sur notre volonté et notre capacité à mettre en oeuvre nous armes nucléaires en cas de menace contre “nos intérêts vitaux”, ou contre les dirigeants d’État qui auraient recours à des menaces terroristes. Le président a mis en garde “ceux qui envisageraient d’utiliser ... des armes de destruction massive”. 
            Quand on se souvient de la campagne de mensonges perpétrés par les États-Unis contre l’Irak sur les armes de destruction massive, on se doit d’être vigilant sur cette manière de poser les problèmes: l’Élysée, quand il en a besoin, n’est pas en reste sur la Maison Blanche pour inventer des prétextes à ses objectifs belliqueux;
            Le discours de Brest visait deux objectifs. Le premier était l’Iran, soupçonnée de vouloir se doter de la puissance nucléaire. On sait que Paris, Berlin et Londres comme Washington veulent “s’arroger l’exclusivité de la maîtrise du nucléaire, tant militaire que civil. C’est la raison pour laquelle, chaque fois qu’un gouvernement de pays en voie de développement veut affirmer son indépendance énergétique, on assiste à une levée de boucliers de la part des puissances impérialistes, la question de l’arme atomique proprement dite n’est rien d’autre qu’un prétexte: Israël, le Pakistan ont été dotés de telles armes (et en son temps,le régime d’apartheid sud-africain par Paris en particulier) par les mêmes que ceux qui prennent des airs affolés quand il s’agit de l’Iran ou de la Corée populaire. En réalité, les puissances impérialistes s’accrochent à leur monopole - accordant éventuellement des dérogations à leurs satellites.
            Mais pour autant, la politique chiraquienne n’est pas un réalignement sur Washington. Car c’est là, le deuxième objectif de ce discours: réaffirmer la prétention de l’impérialisme français à prendre la direction de l’UE en s’appuyant sur sa “supériorité” militaire.
            Aujourd’hui, la force de frappe française est un instrument politique pour compenser les faiblesses économiques de l’impérialisme français face à celui de la RFA. CHIRAC reprend le flambeau dans des conditions nouvelles. Il signifie à ses alliés que l’époque de la toute puissance américaine toucherait à sa fin. L’impérialisme français serait donc le plus à même d’offrir le rôle protecteur joué par l’oncle SAM jusqu’ici. On comprend alors mieux deux réactions à ce discours: la condamnation des propos par les hommes de l’atlantisme (notamment dans la droite allemande); le soutien apporté par certains ténors de la social-démocratie aux propos présidentiels comme FABIUS et STRAUSS-KAHN qui s’inscrivent dans le courant politique de l’impérialisme français. 
            Cependant, il faut s’interroger sur la crédibilité de ces objectifs stratégiques. Pour plusieurs raisons: la première, c’est l’accentuation de la tutelle états-unienne sur l’UE. Les pro-atlantistes y ont encore renforcé leurs positions (et pas seulement en Pologne, pais aussi en Allemagne). L’affaire des caricatures de Mahomet, publiées dans un journal danois conservateur et pro-américain pourrait bien s’inscrire dans une tentative états-unienne de se rallier les peuples européens dans leur croisade contre les peuples arabes et perses.
            D’autre part, l’UE est confrontée à l’exacerbation de ses contradictions internes entre les impérialismes. Le NON au référendum a affaibli les positions de Paris en regard de ses prétentions. Ce qu’ont exprimé les électeurs (out comme les Néerlandais), c’est l’hostilité à cette Europe du grand Capital, synonyme de régression sociale, de chômage, de militarisme et de profits mirifiques pour l’oligarchie financière.
             Une politique anti-impérialiste ne saurait se construire en s’alignant sur l’impérialisme français sous le prétexte que l’américain est l’ennemi le plus dangereux pour le moment. Car le discours va-t-en guerre de CHIRAC témoigne du fait que la dangerosité est justement dans l’essence impérialiste de ces politiques. Dans un contexte différent de celui de l’Irak, il faut mobiliser les travailleurs et les forces démocratiques pour empêcher soute agression contre l’Iran sous quelque prétexte qui soit.
            Il faut combattre les ingérences impérialistes visant à empêcher les pays du Tiers-Monde à accéder à leur indépendance énergétique. Et pour ce qui est de l’arme atomique, il faut rompre avec le consensus d’Union Sacrée réalisée par le PCF en 1977; nous devons dénoncer l’arme nucléaire et militer pour que la France, unilatéralement, renonce à cette arme criminelle dangereuse pour l’avenir de l’humanité. La défense, la sécurité d’un pays ne saurait se faire au moyen de la terreur mais par la conscience politique du peuple en armes.


 Hugo CHAVEZ accusé d’”antisémitisme” par Libération et le Monde

         Le 9 janvier, sur la base d’une citation truquée, Libération et Le Monde (renfloué récemment par ROTHSCHILD et LAGARDÈRE qui dictent la ligne et licencient ...) titrent:

“Le credo antisémite de Hugo CHAVEZ” et “Le centre Wiesenthal accuse Hugo CHAVEZ d’antisémitisme”. Les autres “grands” médias suivent ... Notons que cette provocation survient juste avant l’ouverture à Caracas du sixième Forum Social Mondial (100 000 participants dont la presse réactionnaire redoutait qu’ils ne “viennent apporter leur soutien à CHAVEZ”). Les fauteurs de trouble ne se sont ni rétractés ni excusés (ils n’ont pas non plus été limogés pour faute professionnelle ...) laissant la rumeur diffamatoire faire son oeuvre. La polémique laissera des traces: c’était là un de ses objectifs.

            L’ambassadeur du Venezuela a protesté et demandé des excuses: silence radio!

            Contre le Venezuela, sa révolution bolivarienne et son leader, pourtant confortés par neuf victoires électorales depuis l998, tout est bon : coups d’État, manoeuvres de déstabilisation et autres sabotages menés par une opposition conduite par le patronat avec le soutien des États-Unis qui déclare “CHAVEZ doit mourir comme un chien!”. Pour nous, tant que ce chef d’État mettra ses paroles en actes, oeuvrera au progrès social, s’opposera à l’impérialisme, défendra la voie souveraine de son peuple au développement, au risque réel de sa vie, il aura notre soutien total.

            Qu’avait dit CHAVEZ? Le 24 décembre dans un discours télévisé, le  président vénézuélien dénonce courageusement comme à son habitude les puissants de ce monde accaparant toutes les richesses et ne laissant à l’humanité que la désespérance et la mort.

            CHAVEZ les compare aux assassins du Christ et de BOLIVAR, références culturelles habituelles pour les responsables vénézuéliens:

“Le monde possède assez pour tous, donc, mais dans les faits des minorités, les descendants de ceux qui crucifièrent le Christ, les descendants de ceux qui jetèrent BOLIVAR hors d’ici et le crucifièrent à leur manière à Santa Maria en Colombie, une minorité s’est approprié la richesse du monde, une minorité s’est appropriée l’or de la  planète (...)”.

            Ce paragraphe (sur un discours de 26 pages) va être l’objet de l’accusation d’antisémitisme. Amputé de sa référence à BOLIVAR et de son contenu anti-impérialiste, il n’a plus rien à voir avec ce qu’a dit CHAVEZ, mais ... peut effectivement semer le doute ... ailleurs qu’en Amérique Latine (l’antisémitisme n’y a pas de base historique).

            La polémique reprise par des journaux de droite fait finalement un flop, l’agence Reuters publiant la citation originale et les associations juives locales protestant en soutien à CHAVEZ. Des organisations pro-sionistes avaient exigé, par une campagne de presse, des excuses publiques du président CHAVEZ, et faisant pression sur quatre gouvernements partenaires du Venezuela pour l’exclure des négociations du MERCOSUR.

         En France, le texte original circule sur Internet et les réactions indignées fusent! LMa “valetaille journalistique” (MARX déjà!) s’inquiète, à Libé, de “la violence des réactions des  partisans de CHAVEZ”. Elle a en effet de quoi “s’inquiéter” quand Internet s’installe  progressivement comme un contre-pouvoir, quand le mur de la désinformation se fissure, quand le “bas peuple” (et nous sommes des millions!) s’empare de sa liberté d’expression toute neuve, vient interrompre et contredire les “journalistes”, faire des investigations sérieuses à leur place. On a même trouvé une citation des plus troubles du nouveau pape ressassant l’accusation traditionnelle du Vatican contre les juifs: mais Libération n’a pas jugé utile de la publier, sans doute car le “panzer cardinal” ne menace pas la bourgeoisie. L’information exige l’analyse des faits réels et non une vulgaire opération de propagande. La polémique a fait un second plongeon! “Il ne faut pas brandir l’antisémitisme à tort et à travers” déclare maintenant l’Américain Jewish COMMITTCE. Dont acte! ... et “Pas touche au Venezuela!” 


CHARONNE 44ème Anniversaire de la répression sanglante

Rappel des faits:
7 février 1962:

            À Paris, en plein après-midi, dix nouvelles explosions secouent la capitale, sont visées des personnalités politiques, des journalistes, des écrivains, des universitaires.
            Les UD-CGT de la Seine et de la Seine-et-Oise décident le soir même de riposter et provoquent une réunion de toutes les organisations syndicales, politiques, étudiantes désireuses de s’opposer au fascisme de l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète - organisation fasciste de l’époque).

8 février 1962:
            Manifestation contre la “sale” guerre d’Algérie, et contre la terreur de l’OAS, 60 000 manifestants défilent en plusieurs cortèges calmes et pacifiques autour de la Place de la Bastille. Alors que la dislocation est annoncée, des brigades spéciales d’intervention chargent, avec une brutalité et une sauvagerie inouïe, le cortège du boulevard VOLTAIRE à la hauteur du métro CHARONNE.

            La volonté de tuer pour l’exemple est évidente. Des centaines de manifestants sont sauvagement matraqués, jetés à terre, refoulés vers la bouche de métro dont les portes avaient été fermées. Sur la foule entassée, les policiers jettent des grilles d’arbres en FONTE; les couloirs et escaliers d’immeubles, les cafés sont investis. Nul n’est épargné, femmes, enfants sont matraqués sans discernement. Tard dans la soirée, l’annonce de l’insupportable bilan: 8 morts, travailleurs syndiqués à la CGT dont 7 communistes, et un adolescent de 15 ans, 250 blessés dont une centaine grièvement atteints. Un mois et demi après succombe à ses blessures un neuvième manifestant.

            Nos camarades ont été sauvagement assassinés par les brigades spéciales de police sous l’ordre de Maurice PAPON, Préfet de Police, de Roger FREY, ministre de l’Intérieur du gouvernement, et de leur chef, le général De GAULLE.

9 février 1962:
            La CGT lance un appel à la grève nationale pour protester contre la répression criminelle de Charonne.

10, 11, 12 février 1962:
            Les actions et protestations se multiplient. Après de multiples tergiversations, à l’initiative de la CGT, c’est dans l’unité que toutes les organisations syndicales décident de faire du 13 - jour des obsèques - une journée nationale de grève et de manifestations. 

13 février 1962:
            En région parisienne, toute activité est interrompue, un million de personnes rendent hommage aux victimes, dans un immense et imposant rassemblement silencieux sans pancartes, de la Place de la République au cimetière du Père LACHAISE.
            En interdisant la manifestation du 8 février 1962, le gouvernement du général De GAULLE prétendait mettre à l’écart les forces populaires de la construction de la Paix en Algérie. La brutalité de la répression allant jusqu’au meurtre a contribué à faire grandir la prise de conscience afin que le  peuple pèse de tout son poids pour mettre fin à cette guerre.

            Le 19 mars 1962, l’Accord de cessez-le-feu était signé à Évian,  et le 1er juillet le combat du peuple algérien imposait l’indépendance de l’Algérie.

Le 8 février 2006:
            Les manifestants commémorant le massacre commis à Paris dans le cadre de la guerre coloniale demandent que la vérité soit enfin établie, et relient ce massacre à celui des Algériens commis le 17 octobre 1961 par la même police du même PAPON, sous les ordres du même gouvernement et de son chef, le général De GAULLE.

 

L’AFFICHE ROUGE

            Le 21 février 1944, les murs de Paris se couvrent de grandes affiches rouges. Elles font état de l’exécution au mont VALÉRIEN de 23 “terroristes” membres d’un groupe de FTP (Francs-Tireurs Partisans, crées par le PCF).
            Les FTP, organisation “militaire” de la résistance communiste avaient dans leurs rangs la MOI (Main-d’Oeuvre Immigrée, organisation mise en place par le PCF).
            La MOI était composée pour une bonne partie de militants politiques qui avaient fui les fascisme européens avant le début de la guerre: Allemandes anti-nazis, Espagnols républicains, Italiens antifascistes, Polonais fuyant l’antisémitisme séculaire, Arméniens, etc.
            Ils avaient pour eux un haut niveau de conscience politique et l’expérience de la lutte antifasciste.
            La MOI se fit très rapidement remarquer par l’efficacité, la hardiesse de ses actions et la qualité de ces combattants. C’est dans ce contexte que se situe “L’Affiche Rouge”. C’est l’Affiche Rouge que les nazis placardèrent dans tout Paris et la France pour terroriser la population en prétendant qu’un groupe de “terroristes apatrides et sanguinaires” avait été condamné à mort et exécuté. Citons les vers de Louis ARAGON:
“Nul ne semblait vous voir français de  préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais, à l’heure du couvre-feu, des doigts errants avaient écrits sous vos photos: MORTS POUR LA FRANCE”
            Le combat du groupe MANOUCHIAN est le symbole de l’engagement de nombreux travailleurs immigrés qui ont donné leur vie pour la libération de notre  pays et la lutte contre le fascisme.
            Le chef de ce groupe de résistants s’appelait Missak (Michel) MANOUCHIAN. Notre camarade était né en Arménie où il avait été marqué par le souvenir du génocide arménien perpétré  par les Turcs.
            Quand il est arrivé en France, en 1924, il a appris le métier de menuisier et adhérer au syndicat CGT, et au Parti communiste.
            Dirigeant actif de la lutte armée, il fut arrêté sur trahison par la police française ainsi que d’autres camarades le 16 novembre 1943.

 

 48ème Congrès de la CGT NON À L’ORIENTATION LIQUIDATRICE

Le prochain Congrès Confédéral de la CGT constitue un enjeu d’importance.
Depuis plus de dix ans, les syndiqués sont à même de mesurer le chemin parcouru par la stratégie de “syndicalisme rassemblé” de L.VIANNET et B.THIBAULT.
Le bilan est au centre du Congrès, bien sûr dans le projet porté par la direction, mais dans la pratique quotidienne syndicale.
Quels acquis avons-nous obtenus?
Quelles avancées pour les droits des salariés?
Avons-nous été efficaces comme centrale?
Avons-nous avancé dans la riposte internationale à l’offensive néo-libérale?

            Toutes ces questions fondamentales sont éludées dans le document préparatoire.
            Le document ignore toute analyse du système capitaliste mondial. Rien sur sa politique de guerre, rien sur les privatisations en cours, rien sur les délocalisations. La direction CGT n’analyse plus le monde réel, mais s’inscrit dans un univers aseptisé, neutre, sans lutte de classe. Elle jette les bases d’un 48ème Congrès de l’abandon de la pratique syndicale de classe et de masse.
            À la place, elle se situe sur le terrain associatif, proposant un catalogue de voeux pieux, davantage adressé à des hommes de bonne volonté qu’à une société comme la nôtre, divisée par ses antagonismes de classe. Ainsi, la CGT propose une “sécurité sociale professionnelle”, présentée comme “revendication novatrice et centrale”, alors qu’elle ne constitue qu’une mesure d’accompagnement de la politique du Capital et un moyen de faire baisser artificiellement la statistique du chômage, un prétexte pour rompre avec le mot d’ordre de classe d’interdiction des licenciements et des délocalisations. 
            Dans la même ordre d’idées, on ne trouve dans le document nulle analyse de la politique gouvernementale suivie en France. Nul bilan des grèves de 2003 contre la réforme FILLON, des grèves de la RTM et de la SNCM. Nulle analyse indépendante du rôle de la CES, qui, aux côtés du MEDEF, a appelé au OUI au référendum.
            Le “syndicalisme rassemblé” entre dans sa crise. Confronté à un bilan misérable, il casse le baromètre et pratique la fuite en avant, à coup de slogans creux: “promouvoir l’égalité, élargir les droits, etc ... etc ...”.
            L’expérience actuelle montre qu’il ne suffit pas de l’intersyndicale pour battre le patronat! Mais qu’il s’agit tous ensemble de fonder une stratégie fondée sur la convergence de toutes les luttes, organisant la grève générale, nationale ou par roulement. La défense du syndicalisme de classe et de masse exige un combat permanent contre la collaboration de classe.
Lorsqu’une orientation prônée par une direction conduit à la trahison des intérêts des travailleurs et à la collaboration de classe, il est du devoir des militants syndicalistes - qui savent que les luttes de classe sont nécessaires pour gagner nos revendications - d’agir pour balayer ces orientations et cette direction. 


QUEL AVENIR POUR LA PALESTINE?

         Le 25 janvier 2006, les élections du Parlement Palestinien ont donné une large et incontestable victoire aux listes présentées par le mouvement national religieux Hamas. La participation au vote a été massive (78% des inscrits), et tous les observateurs ont souligné la régularité des opérations électorales. C’est un camouflet pour tous ceux qui depuis des mois prédisaient, en s’en réjouissant à l’avance, des affrontements internes voire une situation de guerre civile, diabolisant le Peuple Palestinien décidément incapable de s’inscrire dans un cadre “démocratique”.

            Le Hamas l’emporte donc, avec 75 sièges sur les 132 contre 44 au Fatah, 3 au FDLP et 4 pour diverses forces laïques et démocratiques. Cette victoire a été amplifiée par le système électoral mixte mis en place par l’Autorité Palestinienne lors des Accords du Caire, (moitié proportionnel, moitié majoritaire) qui accorde un bonus à l’organisation qui fait le plus de voix.

            Pour autant, cet aspect n’est pas essentiel, et la victoire du Hamas a des raisons politiques profondes:

Une corruption de l’Autorité Palestinienne à tous ses niveaux allant de l’abus de pouvoir au détournement de biens publics;

Une gestion totalement défaillante et une gabegie insupportable aux yeux de la majorité des Palestiniens affrontant des conditions de vie se dégradant de façon terrifiante;

Un “processus de paix” dans l’impasse depuis les Accords d’Oslo.

            Un fossé s’est creusé entre le peuple qui, au quotidien, se trouve confronté à l’armée sioniste d’occupation, à l’arrogance de la soldatesque, des colons et des représentants de l’Autorité costumés et souriants qui les appellent au calme, tandis que le Mur de l’apartheid enserre progressivement une Palestine qui ressemble chaque jour plus à une peau de léopard constellée de bantoustans qu’à un réel État.

            À contrario, le Hamas, durant toute cette période de crise, a pu profiter du mécontentement de cette gestion calamiteuse, sans avoir à mettre la main dans le cambouis, puisqu’il n’était aucunement impliqué dans la gestion des affaires;

            Au niveau local, cette formation a su mettre en place des structures scolaires, des dispensaires, le tout sur fond de maillage des quartiers où ses militants à l’écoute des gens renforçaient considérablement leur rapport de force.

            Ajoutons qu’en tant que mouvement clérical, il a pu compter sur les dons généreux des États arabes réactionnaires qui préféraient le statu-quo, au soutien à la lutte du peuple palestinien.

            Comment les communistes doivent-ils appréhender cette victoire du Hamas?

            De quelques obédiences qu’elles soient, les religions ont toujours été hostiles aux forces progressistes, et à la société que veut le Hamas (fatalisme, acceptation du capitalisme, application de la loi coranique, oppression des femmes, etc ...) est aux antipodes de celle pour laquelle nous nous battons.

            Pour autant, il serait faux de penser que le vote Hamas soit une simple adhésion aux thèses religieuses développées par celui-ci. C’est avant tout une reconnaissance du rôle qu’ont les militants du Hamas dans l’organisation quotidienne de la survie, le recours à la lutte armée comme élément majeur de la lutte pour la libération nationale. En quelque sorte, le Hamas redonne une dignité au Peuple Palestinien humilié par toutes les capitulations de l’Autorité.

            Une telle posture fait oublier que le Hamas a été légalisé par l’entité sioniste pendant la première Intifada, et répondait à la stratégie mise en place par celle-ci qui voulait prouver au monde entier qu’il n’y avait pas de partenaire palestinien pour négocier.

            Cette stratégie à moyen terme, initiée  par SHARON, s’est traduite par la politique d’unilatéralité du gouvernement israélien ces derniers mois. “Puisque nous voulons la paix, nous décidons - sans négociations - de quitter Gaza” (c’est en réalité la résistance armée qui a fait fuir les sionistes!). “nous construisons un Mur de séparation avec les palestiniens, et nous renforçons le peuplement des colonies de Cisjordanie”. Ainsi, on suspend toute négociation sur les conditions de la viabilité d’un État Palestinien, on entérine l’annexion de Jérusalem et d’une grande partie de la Cisjordanie avec la bénédiction des pays impérialistes.

            La radicalité du Hamas va maintenant se trouver confrontée à l’exercice du pouvoir. Le peuple palestinien, de tradition laïque, ne se laissera pas imposer un ordre islamique et les dirigeants du Hamas le savent. C’est donc de façon pragmatique qu’ils aborderont leurs responsabilités.

            Aujourd’hui, pour toutes les forces palestiniennes, y compris les forces révolutionnaires (FPLP, PPP, FDLP) c’est l’unité contre le sionisme et l’impérialisme qui est prioritaire et nous terminerons en donnant la parole à Ahmed SAADAT, Secrétaire Général du Front Populaire de Libération de la Palestine qui, à l’occasion d’une interview réalisée en septembre dernier déclarait:

“Pour qu’on parle d’une alliance stratégique entre le FPLP et le Hamas, il faut qu’on soit d’accord sur un programme politique. Il y a bien des points communs et la même vision sur la façon de gérer la lutte contre l’occupation sioniste. Ailleurs dans le monde arabe, il y a des mouvements de l’Islam politique qui militent contre l’impérialisme, contre le projet de Grand Moyen-Orient, contre la mondialisation et ses conséquences sur le monde arabe, comme le font des courants nationalistes ou de gauche.

Mais sur le plan stratégique, nous voulons construire un pôle de gauche démocratique. Il y a un pôle islamique avec son projet et il y a un pôle de la bourgeoisie, c’est l’Autorité Palestinienne et le Fatah. Nous, de notre côté, nous essayons de toutes nos forces de construire un troisième pôle, un pôle de gauche démocratique.

Ce sera le troisième pôle entre le Hamas et le Fatah en Palestine”. 


CONTRE LE MACCARTHYSME EN EUROPE!

Le 21 janvier 2006, l’URCF, par la voix de son secrétaire général Jean-Luc SALLÉ, apportait sa contribution à la rencontre de 16 partis communistes et ouvriers européens à Bruxelles contre le projet de résolution anticommuniste de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), présenté par le député suédois LINDBLAD.
Vous trouverez , ci-dessous, quelques extraits de son intervention.
Stratégie de l’impérialisme et offensive maccarthyste en Europe.

            Nous avons là l’indice, 15 ans après la contre-révolution bourgeoise en URSS et dans l’Est européen, après la destruction de nombre de détachements du mouvement communiste international, que selon le mot de MARX, le spectre du communisme hante encore le vieux monde bourgeois et impérialiste. Les secteurs les plus réactionnaires et bellicistes des monopoles, ceux qui ont soutenu l’offensive fascise dans les années 30 et 40 du XXème siècle, visent aujourd’hui à écraser le progrès social, les libertés démocratiques, la possibilité d’une alternative progressiste et révolutionnaire au système capitaliste.
Les objectifs de l’anticommunisme.
  Il s’agit tout d’abord de chasser le communisme du patrimoine progressiste et ouvrier mondial. LINDBLÄD condamne l’idéologie communiste come “criminelle et totalitaire”.
...
1.   
Corollaire du point précédent, LINDBLÂD et ses partisans visent à effacer des mémoires le rôle colossal de l’URSS dans l’émancipation des peuples et de l’humanité en tant que premier État socialiste ouvrier et paysan au monde. L’objectif est de faire oublier que les peuples travailleurs ont pu liquider l’exploitation capitaliste et l’oppression nationale, développant l’économie sans crise à des rythmes inouïs. Le capitalisme contemporain qui se répand partout sur le “caractère incontournable de l’économie de marché” (lire: capitaliste), veut que la jeune génération ignore tout de la possibilité d’édifier une société socialiste contre la bourgeoisie monopoliste et sans bourgeoisie!...
2.   
LINDBLÄD n’évoque pas seulement le passé. Son rapport vise “les crimes actuels des régimes communistes”. En clair, à l’heure où la politique néo-libérale de l’impérialisme est battue en brèche sur tout un continent comme l’Amérique Latine, la réaction opère une criminalisation des États et peuples qui résistent et contre-attaquent au nouvel ordre mondial impérialiste ...
3.   
LINDBLÄD appelle les partis communistes à condamner “les crimes du communisme”. La réaction a besoin de partis formellement communistes dirigés par des renégats qui hurlent de concert avec la bourgeoisie. C’est un appel implicite à diffuser une critique révisionniste de l’histoire de l’URSS et du mouvement communiste, condamnant l’oeuvre de LÉNINE et STALINE à partir des postulats gorbatchéviens, soit en niant la réalité socialiste de l’URSS, soit en condamnant comme l’ont affirmé de prétendus communistes en France, “cette perversion monstrueuse et criminelle du communisme”. Dès lors, certaines forces progressistes détruisent leur dernières cellules immunitaires contre la réaction et alimentent “au nom du communisme rénové, humain”, la pire réaction anticommuniste.
4.   
Le projet de résolution criminalise le concept de lutte de classes, “utilisé pour justifier les crimes”. On sait que ce concept recouvre une réalité objective. À chaque attaque du Capital, les travailleurs s’organisent, principalement avec leur syndicat, pour défendre leur pain, leurs droits en s’opposant aux privatisations, aux délocalisations. Cette résolution constitue donc une attaque générale contre le mouvement ouvrier, contre les forces syndicales, appelées à rejeter la lutte de classes et donc à collaborer avec le Capital ... pour le seul profit des exploiteurs. LINDBLÄD veut effacer le rôle historique du prolétariat comme principale force antagonique du capitalisme en s’attaquant non seulement à son idéologie et à son parti d’avant-garde mis à toutes ses formes d’organisation y compris la plus populaire et massive: le syndicalisme ...
5.   
Ce projet vise sous d’autres formes à poursuivre les objectifs des fascistes des années 30 et 40, des impérialistes américains et des idéologues à la Mac CARTHY: écraser le mouvement ouvrier et démocratique, interdire les organisations spécifiquement ouvrières, promouvoir la collaboration de classes, pour lier les classes et couches populaires à l’attelage capitaliste, éradiquer toute idée d’alternative à la domination des monopoles, promouvoir les conquêtes et guerres, au nom de la “civilisation et de la liberté”.
            Par delà le mouvement communiste, c’est l’ensemble des forces progressistes et démocratiques qui sont visées dans la résolution présentée par LINDBLÄD. Ce combat n’est pas l’apanage de quelques illuminés d’arrière-garde de l’anticommunisme mais bien l’expression de la volonté des secteurs monopolistes des plus réactionnaires de détruire, outre le mouvement ouvrier, l’ensemble des droits et libertés conquis voici plusieurs siècles par les forces antiféodales, de détruire toute force et tout obstacle juridique à la politique de guerre, de fascisation et de lutte pour un nouveau repartage du monde par les principaux États impérialistes.
 


La jeunesse communiste tchèque menacée.
            L’URCF exprime sa solidarité avec la jeunesse communiste de Bohème Moravie, dont l’organisation est menacée d’interdiction en raison de la référence à la Révolution dans les documents de son programme.
            L’URCF estime que le rapport LINDBLÄD est entré en application et qu’il vise l’interdiction des activités communistes qui refusent de hurler avec les loups bruns qui les appellent à renier les principes communistes.
            Nous exprimons notre solidarité avec tous les camarades de Bohème Moravie et ceux du monde entier confrontés aux mêmes menaces maccarthystes.
No pasaran
Le fascisme ne passera pas!

 
Éducation

L’URSS A SAUVÉ L’HUMANITÉ

Septième partie  1944-1947 LE PCF, MÉRITES ET ERREURS

              Nous avons vu dans le précédent numéro les conditions particulières et inédites dans lesquelles les partis communistes et ouvriers d’Europe centrale et orientale profitèrent de l’écrasement du fascisme et de la présence de l’Armée Soviétique pour former, avec d’autres partis et organisations de masses, sous la direction du prolétariat, des États de démocratie populaire. Dans les pays d’Europe occidentales, où les PC, du fait de leur rôle dans la Résistance, avaient acquis une force et une autorité très importante, mais où pesait aussi d’autres forces sociales bourgeoises et la présence des armées britanniques et US, la lutte de libération nationale ne pouvait immédiatement se continuer par une révolution socialiste, tant que l’Allemagne fasciste n’était pas vaincue. En France, le PCF avait cependant conscience que la bourgeoisie préfèrerait placer le pays sous la coupe de l’impérialisme américain pour contrer la puissance de la classe ouvrière et de ses organisations. Le Xème Congrès (juin 1945) prônait les nationalisations des secteurs clés de l’économie, qui n’étaient nullement un passage  au socialisme mais une mesure démocratique contre les monopoles qui avaient collaboré avec l’occupant, permettant le développement de la production et le redressement du pays pour sauvegarder son indépendance et satisfaire les besoins de la population. Ces nationalisations, qui s’inscrivaient dans les mesures du programme du CNR, devaient, selon le PCF, aller de pair avec “une participation croissante de la classe ouvrière à la direction du pays”.
            Le danger demeurait cependant d’oublier le but stratégique final: le renversement de l’État et la prise du pouvoir par le prolétariat, et de limiter la lutte politique au renforcement de la démocratie, sans contenu de classe, par le mot d’ordre de “démocratie continue”, de subordonner la lutte de classe à des alliances électorales. Sur ce terrain, les succès rencontrés : 5 millions de voix au PCF aux législatives d’octobre 1945, 180 élus, la nomination de 5 ministres au GPRF, puis 5,5 millions en novembre 1946, 186 députés, renforçaient pour ce parti, l’illusion d’un pouvoir à sa portée.
            Durant toute cette période, le PCF contribua à la réalisation de grandes réformes démocratiques: Sécurité Sociale, statut des mineurs, statut des fonctionnaires. Ses ministres restèrent insensibles aux tentatives de corruption du Capital. Cependant, le Parti réactiva, sous des formes nouvelles, les tendances opportunistes lourdes du mouvement ouvrier français: chauvinisme, en subordonnant l’indépendance des colonies à la libération de la métropole, ressuscitant le mythe jauréssien de la mi