Edito: Retrait du CPE Un enjeu de classe
Comment battre le pouvoir et abroger le CPE ?
De la lutte quotidienne contre le néo-libéralisme à la lutte générale contre le capitalisme
Combat anti-CPE et perspectives politiques immédiates. |
RETRAIT DU CPE
UN ENJEU DE CLASSE
EN LUTTE POUR LA VICTOIRE !
A BAS LE POUVOIR CHIRAC-VILLEPIN-SARKOZY
Affrontement de classe majeur autour du CPE.
La France connaît un affrontement de classe majeur : la jeunesse et les salariés d’un côté de la barricade et de l’autre, le Capital monopoliste, son MEDEF et un gouvernement aveugle et sourd à la colère populaire, misant sur le passage en force pour faire avaliser la destruction du Code du travail et la précarisation totale de la jeunesse.
Depuis 6 semaines, la mobilisatoin se renforce et a atteint les 3 millions de manifestants le 28 mars 2006. Les grèves de lycées et universités, loin de faiblir, vont croissant, entraînant toujours plus d’étudiants. Les directives de Gilles de ROBIEN visant à faire évacuer les établissements scolaires par l’intervention policière constituent une claire provocation et attestent de la perte de mesures d’un gouvernement aux abois.
Maintenant, après l’aval du Conseil Constitutionnel, Jacques CHIRAC va donner sa signature pour un passage aux forceps du CPE.
Le CPE est une loi scélérate. Les luttes doivent la rejeter comme telle, sans aucune recherche d’amendements. Les tentatives de division et diversion du président de la République sur « le dialogue social » susciteront le mépris de tous les sydiqués et de tous les salariés. La détermination et la combativité des jeunes sont telles que si une direction syndicale était prête à endosser le rôle de faire-valoir de VILLEPIN dans un « Grenelle bis », cela serait perçu comme trahison ouverte des intérêts populaires.
La contre-offensive du mouvement populaire.
Le peuple-travailleur redresse la tête et prend conscience de sa force considérable. C’est une bonne nouvelle, car depuis dix ans au moins, toutes les réformes de régression sociale – malgré l’existence d’une riposte courageuse des travailleurs – ont été entérinées.
En effet, à la détermination de la classe capitaliste et des gouvernements à son service, a correspondu la généralisation d’un syndicalisme d’accompagnement et de résignation. L’expérience acquise dans les diverses grèves depuis 2003, le bilan désastreux du « syndicalisme de propositions » en place du syndicalisme de classe et de masse, font qu’à la base, les traditions de luttes se manifestent, exerçant jusqu’ici la pression nécessaire pour empêcher les directions réformistes de capituler.
La contre-offensive populaire contre les conséquences dramatiques du capitalisme et de sa politique néo-libérale s’est engagée en 2005.
Ce fut tout d’abord la campagne et la victoire du NON au référendum, expression massive du rejet de la casse sociale conduite par les divers gouvernements de « gauche » et de droite, dont les membres et soutiens se sont unis autour du OUI. Par le vote NON, le peuple français avait clairement exprimé sa colère devant les bas salaires, la précarité, l’exclusion, la destruction des services publics, la ruine des petites exploitations agricoles, la casse de l’école, de la recherche, de la santé publique. Le vote NON exprimait aussi le refus des diktats de l’UE et des Traités iniques de Maastricht-Amsterdam, de la Déclaration de Lisbonne (2000), fossoyeurs des conquêtes sociales dans chaque pays. Il exprimait aussi la nécessité de l’indépendance de chaque nation avec son droit imprescriptible à opter librement pour sa propre voie de développement.
A l’automne 2005, ce fut l’explosion sociale des banlieues, non réductible, comme voudraient le faire croire les médias, aux « casseurs ». Ce fut la révolte spontanée d’une jeunesse non seulement discriminée socialement, mais aussi par son appartenance d’origine sociale ou actuelle à l’immigration.
Déjà, le pouvoir de VILLEPIN-SARKOZY avait riposté par la proclamation de l’Etat d’urgence, la répression.
Maintenant la colère et la révolte embrasent l’ensemble de la jeunesse écoeurée devant le CPE et sa perspective d’emplois précaires et mal payés, même après de longues études !
Six semaines de luttes ininterrompues ont permis à la jeunesse de formuler cette exigence juste : la bataille pour le retrait du CPE passe par la défaite totale du gouvernement chiraquien de VILLEPIN-SARKOZY !
Vision autrement plus lucide que ce qui s’en remettaient à un président de la République délégitimé par des années de démagogie, de promesses non tenues, lui qui fut élu sur le thème de « combler la fracture sociale » !
Comment battre le pouvoir et abroger le CPE ?
La journée de grève nationale du 4 avril 2006 constituera un temps fort de la lutte pour l’abrogation du CPE. Mais, pour gagner, il faudra avant, pendant et après le 4 avril, amplifier toujours plus le rapport de forces pour faire céder le gouvernement.
Et le 4 au soir ??
Le mouvement populaire ne peut laisser la jeunesse seule occuper le terrain des luttes quotidiennes. La force du mouvement actuel anti-CPE réside dans l’unité de combat Jeunesse/Travailleurs qui doit toujours plus s’exercer et se renforcer ! Déjà des cheminots, des enseignants, d’autres salariés soutiennent et participent aux actions « coups de poings ».
L’expérience historique atteste que, confronté à des gouvernements de désastre social et national comme celui de VILLEPIN, le mouvement populaire a eu recours à la grève générale interprofessionnelle reconductible pour arracher ses revendications urgentes !
Certains rétorquent sur le « caractère inopérant de la grève générale ». Il n’en est rien : cette forme de lutte sociale est la plus haute dans l’expression de la solidarité intergénérationnelle et de classe.
Les assemblées générales dans les entreprises, dans les établissements scolaires, doivent profiter des jours à venir – avant le 4 avril – pour préparer la riposte in lui donnant un caractère continu jusqu’au renvoi du CPE dans les oubliettes de l’histoire !
Le choix de la forme de combat afin de donner ce caractère ininterrompu, est décisif. On ne peut s’en remettre à de simples journées même massives, étalées de 8 en 8 jours. L’efficacité réside dans l’innovation et la montée en puissance. Nos militants interviendront dans leur syndicat respectif pour le déclenchement de grèves générales interprofessionnelles, chaque jour région par région en alternance, avec aboutissement dans une journée de grève à l’échelle de tout le pays, avec organisation d’une marche nationale à Paris de tous les partisans du retrait-abrogation du CPE.
Pour organiser cette grève générale en alternance, il faut globaliser les revendications spécifiques et particulières autour de la défense du droit à l’emploi durable et stable, de la lutte contre les bas-salaires et la précarité. La jeunesse, les victimes des délocalisations, des licenciements, des privatisations, de la casse de l’école, de la recherche, de la création artistique, de la santé publique, doivent forger un Front de défense du Travail dans la grève générale régionale et nationale.
De la lutte quotidienne contre le néo-libéralisme à la lutte générale contre le capitalisme
Dans notre peuple, existent une grande souffrance, le désarroi, les inquiétudes sur l’avenir des enfants mais aussi la volonté de rupture avec la politique conduite tant par la droite que par la gauche social-libérale.
L’emploi, les salaires, un travail motivant, le refus de la guerre et de l’exploitation du tiers-monde, l’aspiration à une démocratie donnant la parole à ceux qui produisent les richesses du pays et qui en sont spoliés, sont des aspirations qui montent.
Comment faire ?
Nous voulons agir au côté des travailleurs tels qu’ils sont, non pour en rester là ; mais parce qu’en partant des aspirations, revendications, besoins, illusions parfois, les marxistes contribueront à transformer le mouvement populaire en force consciente et agissante.
Au centre de notre programme, tant minimal que maximal, se trouve la satisfaction des besoins matériels et culturels. C’est le point de départ obligé.
Les potentialités des forces productives de plus en plus sociales grandissant sans équivalence dans l’histoire, se trouvent de plus en plus mutilées par l’appropriation privée, monopolistique et capitaliste des richesses sociales produites.
Les besoins sont donc de moins en moins satisfaits.
L’humanité vit aujourd’hui plus mal qu’au XXème siècle !
La proposition centrale de notre programme minimal contre le néo-libéralisme, c’est la lutte pour de nouvelles nationalisations.
Ces nationalisations permettraient d’orienter la politique du pays vers une rupture avec le néo-libéralisme.
Mais attention, tout relâchement des luttes conduirait à la contre-offensive du capital financier, à réintroduire la rentabilité financière dans les services publics. La nationalisation, qui relève du capitalisme d’Etat, pouvant être une transition, selon le poids politique du prolétariat et des travailleurs, soit vers le néo-libéralisme (par la privatisation), soit vers la révolution socialiste.
C’est pour cela qu’il faut donner le primat aux luttes de classe.
L’application et la réalisation des mesures que nous préconisons vise, non à aménager le système d’exploitation, à « l’humaniser », mais à aggraver toutes ses contradictions dans tous les domaines, afin de faire grandir chez les travailleurs la conscience historique de la nécessité de briser l’appareil d’Etat capitaliste.
Le programme minimal de l’URCF s’oriente vers :
· Une politique de reconstruction du tissu économique, que la bourgeoisie monopoliste française à miné, dans sa course à l’exportation des capitaux, dans sa recherche du sur-profit immédiat.
· Une politique de l’emploi, alors que la bourgeoisie sacrifie la jeunesse, par des postes précaires, par l’intérim, par les délocalisations, par la casse de villes entières.
· Une politique de défense et conquête de nouveaux droits démocratiques, une politiqueindépendante et pacifique de solidarité avec les peuples contre la guerre et l’impérialisme.
Enfin notre projet de programme évoque ce qu’apporterait la construction du socialisme dans notre pays et les autres.
Nous avons une tâche consistant à défendre, expliquer ce qu’a été réellement le socialisme en URSS et ailleurs.
A montrer ce que signifie pour chacun un changement de mode de production, à expliquer ce qu’est le socialisme, à un moment où seuls les communistes révolutionnaires font de la suppression de l’exploitation et de l’abolition du salariat, leur objectif stratégique.
On sait que le PCF a renoncé à cet objectif.
Combat anti-CPE et perspectives politiques immédiates.
Le gouvernement VILLEPIN-SARKOZY constitue l’obstacle immédiat au progrès social, aux libertés publiques, aux droits démocratiques que nous voulons défendre et élargir. Il n’y a pas de perspective politique solide sans rupture avec le social-libéralisme d’une gauche qui, lorsqu’elle était aux affaires, a privatisé tous azimuts et géré la précarité avec les emplois-jeunes.
Communistes révolutionnaires, nous nous battons dans la perspective de la révolution socialiste et du reversement d’un système : le capitalisme, obstacle à l’émancipation des travailleurs et de la jeunesse, incapable de satisfaire les besoins urgents et vitaux.
Mais nous entendons aussi les souffrances actuelles de millions de salariés, de jeunes, ce qui nécessite des luttes et des perspectives politiques immédiates.
Les souffrances qui ne sauraient être résolues par des incantations au « patriotisme économique », ni par une « autre Europe », alors que le capital financier et ses hommes construisent l’UE pour leurs seuls intérêts de classe. En clair, ni une droite sarkozyste ou vil-lepeniste toujours plus autoritaire et antisociale, ni une gauche comprenant les défenseurs sociaux-libéraux de la Constitution européenne et tous les gestionnaires loyaux du système.
La révolte massive de la jeunesse, lé combativité des travailleurs soulignent que la tâche urgente de l’heure est la construction d’un mouvement anticapitaliste. Mouvement qui peut et doit se structurer autour de quatre exigences :
1. Abroger la Vème République agonisante et pourrissante par la lutte pour former des comités populaires pour une Assemblée Constituante.
2. Nationaliser toutes les entreprises privatisées et élartgir le service public (recherche, eau, emploi, énergie, logement) afin de satisfaire les besoins essentiels et quotidiens comme en 1945. tout en refusant les critères de rentabilité financière, en créant des centaines de milliers d’emplois stables et durables, afin de lutter d’urgence contre le chômage de masse.
3. Satisfaire les revendications concernant la défense et la démocratisation de la Sécurité Sociale, la défense du droit à la retraite à 60 ans sur la base de 37,5 annuités pour tous (années d’études supérieures comprises), les 35h pour tous, l’interdiction de la précarité et des licenciements.
Opter pour notre propre voie de développement en refusant le dogme néo-libéral de l’UE, en refusant ses diktats, en rompant avec la politique antisociale, anti-populaire érigée dans les Traités de Maastricht-Amsterdam, et au sommet de Lisbonne. Accorder partout le même droit à l’indépendance de ses choix au peuples opprimés par l’impérialisme français.