Contre l'impasse UMP-PS : LES LUTTES ET LE

 Sommaire IC n°76

Edito: 
Contre l'impasse UMP-PS : LES LUTTES ET LE SOCIALISME.
La chasse aux enfants selon SARKOZY

Les moyens utilisés par les capitalistes pour augmenter le taux d'exploitation

ADP PRIVATISE.
CONTRE LES INCENDIAIRES, BATTONS-NOUS POUR GDF 100% PUBLIC.
Le projet du PS, un social-libéralisme. C'est bon pour les profits!

VERS LE SECOND CONGRÈS DE L'URCF.
Éducation
LE XXè CONGRÈS DU PCUS:  LA REVANCHE DU SOCIAL-DÉMOCRATISME
 INTERNATIONAL.
LE PEUPLE LIBANAIS UNI MET EN DÉROUTE L'IMPÉRIALISME SIONISTE.
Le Lille militant mobilise pour les peuples libanais et palestiniens.
CUBA..
DALKIA CGT-E UNE VICTOIRE!
ÉCHOS DES LUTTES  
ENTRE FAUCILLE ET MARTEAU : L'ARTEFACT 

 

SOCIALISME

            La France va mal.

            Depuis des décennies, le pays connaît un déclin. Les divers gouvernements en place accusent leurs prédécesseurs de "mauvais choix", façon d'éluder la responsabilité réelle de la classe dirigeante: la bourgeoisie monopoliste. Dans un État capitaliste, la direction effective du pays se fait "à la Bourse". Le capital financier se subordonne les divers gouvernements et l'appareil d'État, possède, oriente les campagnes des médias, tous ces moyens assurant sa direction politique intégrale (dictature au sens de MARX). La crise du capitalisme au début des années 70 a incité la bourgeoisie française à adopter une stratégie fondée sur la construction de l'Europe impérialiste. Les grands groupes monopolistes ont prôné une politique "des créneaux" qui visaient à impulser des activités économiques assurant une rentabilité immédiate. Cela s'est traduit par le phénomène de casse des industries traditionnelles: métallurgie, sidérurgie, mines (perte de 2,5 millions d'emplois structurels), le développement des activités de service, de la haute finance, du complexe militaro-industriel, le renforcement de la  présence de l'impérialisme français dans ses zones anciennes de domination coloniale comme en Afrique. LÉNINE dépeignait les capitalistes de France comme des "tondeurs de coupons", plus prompts à la spéculation et au boursicotage qu'à se muer en "capitaine d'industrie". Cette politique s'est traduite par de grandes souffrances pour le peuple travailleur: le chômage est devenu massif, les secteurs nouveaux étant nettement moins pourvoyeurs d'emplois; de plus, le Capital "économise" sur la main-d'oeuvre; privatisations des services publics, ce qui permet aux affairistes de devenir propriétaires d'entreprises entièrement financées et développées par l'argent public (avec pour conséquence de soumettre les besoins vitaux à la rentabilité financière); délocalisations d'usines là où la force de travail se vend à plus bas prix! Pour conduire une telle politique, le Capital a dû s'attaque directement au travail: chantage à l'emploi, annualisation du temps de travail, précarité, flexibilité, baisse des salaires, surexploitation par l'intensification des cadences.

            Contrairement à ce que disent les médias, les salariés français ont un des plus forts taux de productivité au monde. Les intérêts monopolistes sont contraires à l'intérêt général. La bourgeoisie française se targue d'être la seconde exportatrice de capitaux au monde même si ses richesses proviennent aussi du pillage généralisé des peuples des États dominés. Dans notre pays, des milliards de profits découlent de l'exploitation féroce des immigrés, de la misère accentuée des ouvriers et des familles populaires. À l'heure où les "candidats à l'investiture" s'affichent et rivalisent de phrases creuses et démagogiques, il est indispensable de rappeler qui s'enrichit de la souffrance générale, qui est fauteur de misère, de crise et de conflits armés: le capital financier!

 Construire une véritable alternative progressiste!

            Durant ces 8 mois de campagne électorale, chaque candidat libéral (SARKOZY, CHIRAC ou un autre ...) ou social-libéral (ROYAL, JOSPIN ...) évoquera le "renouveau" pour mieux poursuivre la politique du MEDEF, dire que "tout doit changer ... pour ne rien changer". L'expérience de 1981, 88, 95, 97, 2002 l'atteste.

            Ces derniers mois, les forces populaires ont remporté des victoires partielles significatives: majorité conquise par le NON au référendum sur le Traité Constitutionnel européen, rejet aussi du néolibéralisme de l'UE, retrait obtenu du CPE par la mobilisation de la rue et les grèves, les occupations d'établissements scolaires. Certains ne manquent pas de faire la fine bouche. Les marxistes-léninistes savent que le capitalisme ne tombera pas par une simple grève ou action de quelques semaines mais dans une bataille historique englobant reculs et avancées jusqu'à la rupture qualitative que constituera la Révolution. On en est loin, mais le rejet du néolibéralisme et des conséquences de la politique du capitalisme, l'irruption de la jeunesse sur la scène politique, les nombreuses initiatives populaires à la base (Comité du NON, pour la défense des services publics, etc.) soulignent toutes les potentialités de luttes et de victoires possibles.

            Les changements en France ont toujours été le fruit des luttes populaires, des grèves et occupations d'usines. Cela a été vrai particulièrement en 1936, 1945, 1968. S'en remettre à des candidats auto-proclamés "providentiels" ne peut déboucher que sur la gueule de bois politique.

            Dès maintenant, en lien avec le nécessaire combat pour la renaissance du syndicalisme de lutte de classe, il faut impulser la bataille pour les revendications immédiates, et ce à tous les niveaux: depuis celui de l'entreprise jusqu'à celui de tout le pays. Le NON à la privatisation de GDF, la défense des emplois avec le mot d'ordre d'interdiction des licenciements, le rattrapage du pouvoir d'achat, la régularisation de tous les sans-papiers, l'abrogation des lois discriminatoires de SARKOZY, l'abrogation du CNE et de la loi sur le travail des enfants dès 14 ans, enfin, le refus de la casse de l'Éducation nationale. De plus, il faut dénoncer la manipulation des statistiques du chômage à laquelle se livrent le gouvernement et ses médias; ce n'est pas le chômage qui baisse, c'est seulement les radiations qui augmentent. Le soi-disant "traitement social du chômage" est en réalité le développement d'emplois précaires et déqualifiés, que les chômeurs sont contraints d'accepter sous peine d'exclusion.

Alternative et tâches des communistes.

            La campagne des Présidentielles doit être un temps fort de l'activité des communistes marxistes-léninistes. Le présidentialisme est la forme revêtue par la dictature du Capital qui organise une simple alternance sans danger pour le système d'exploitation. Deux pôles régentent le pays: libéral (UMP/UDF) et social-libéral (PS). Nul ne doit être amnésique et occulter le bilan antipopulaire des années MITTERRAND et JOSPIN. Certes, nous partageons le rejet juste et nécessaire de SARKO le facho. Mais faire un chèque en blanc à S.ROYAL ou au PS, c'est préparer la victoire d'un SARKOZY ou de l'UMP, en 2012, sur la base de la déception et de la non satisfaction des (maigres) engagements. Il n'y aura pas de politique progressiste possible en France sans recomposition politique générale, sans véritable parti communiste révolutionnaire reconstruit.

            Les comités de base du NON poussent à une candidature unique dirigée contre le néolibéralisme. Ils ont peu de chance d'être entendus. Le présidentialisme a besoin, pour assurer sa mystification, de petites candidatures "témoignages" qui assurent le maintien des appareils au détriment des intérêts unitaires du peuple-travailleur, puisque c'est là une ressource essentielle de financement des partis politiques. D'où les candidatures de LAGUILLER, BESANCENOT, BUFFET qui bon gré mal gré prépareront le ralliement au candidat social-libéral.

            Durant les mois à venir, en lien avec les luttes, les marxistes-léninistes de l'URCF avec leurs camarades des autres organisations communistes, avec les progressistes doivent: relier la lutte d'urgence contre le néolibéralisme à l'exigence de nouvelles nationalisations pour assurer les besoins immédiats et l'emploi massif des jeunes; défendre et conquérir les revendications vitales et quotidiennes; poser haut et fort la question des droits démocratiques face à la fascisation rampante et à la chasse aux immigrés.

            Il faut démontrer, exemples à l'appui, qu'elle est la source des malheurs et souffrances du peuple travailleur: la propriété privée des moyens de production, le pouvoir du Capital, la logique de rentabilité monopoliste, la démocratie bourgeoise tronquée et mensongère, l'impérialisme et sa politique de guerre. Les marxistes-léninistes relieront la lutte contre le néolibéralisme à la dénonciation globale du capitalisme-impérialiste, en traçant patiemment, avec tous ceux qui sont opprimés et qui luttent, la voie de la seule alternative réelle au capitalisme: le socialisme et le pouvoir ouvrier et populaire.


La chasse aux enfants selon SARKOZY

Bilan de la Circulaire SARKOZY de juin 2006.

En 2005-2006, environ 50 000 étrangers sans papiers ont envoyé leurs enfants à l'école en France. Face aux menaces d'expulsion qui touchaient un nombre croissant de ces familles, la mobilisation s'est amplifiée sur tout le territoire; elle a souvent pris la forme de comités de soutien, constitués autour d'établissement scolaires, de  parents, d'enseignants, d'élèves, d'avocats, d'élus, de citoyens décidés à empêcher de telles mesures injustes et inhumaines.

Organisés en un "Réseau Éducation Sans Frontières" (RESF), ces comités ont multiplié les parrainages et apporté quelques 60 000 signatures à la pétition "Nous les prenons sous notre protection".

            Le ministre de l'Intérieur, Nicolas SARKOZY, a alors adressé aux préfets une Circulaire datée du 13 juin 2006, intitulée:

"Mesures à prendre pour les ressortissants étrangers en situation irrégulière et dont au moins un enfant est scolarisé depuis septembre 2005."

            Il a  recruté son très médiatique ami Arno KLARSFELD pour semer la confusion quant à la possible de régularisation des sans-papiers qui déposeraient leurs dossiers avant le 13 août. Avec un triple objectif qui apparaissait d'emblée: désamorcer la mobilisation en cours, réamorcer le discours réactionnaire sur "l'immigration choisie" en lorgnant du côté de l'électorat lepéniste, et provoquer un afflux de dossiers nouveaux (30 000 dossiers déposés!) à ficher dans les préfectures pour faciliter les rafles et les expulsions futures.

            La lecture de cette circulaire et les faits survenus jusque fin août ont largement confirmé le caractère trompeur et pervers de ce texte.

            Un texte volontairement lacunaire: le champ d'application de la circulaire laisse sur le carreau des milliers de sans papiers scolarisés; ceux qui ont rejoint leurs parents après leur treizième année, ceux qui n'ont pas encore l'âge de la scolarité obligatoire (à 3 ans, un petit Ukrainien né en France et scolarisé en maternelle a été expulsé avec ses parents le 13 août!), ceux qui sont arrivés comme mineurs isolés, ceux dont les parents ont d'abord séjourné dans un autre pays avant d'entrer en France, ceux dont l'un des deux parents est en séjour régulier, ou détenteur d'un titre de séjour provisoire; bref, pas plus du quart des sans-papiers pourrait être concerné. La logique reste donc bien de maintenir en situation irrégulière un volant de travailleurs sans droits, source d'énormes profits pour le patronat.

            Arbitraire et fait du prince: Avec des critères subjectifs et ambigus tels que "absence de lien avec le pays d'origine" ou "réelle volonté d'intégration, caractérisée par leur maîtrise du français", les préfets avaient une marge de manoeuvre suffisante pour adapter leur niveau d'exigence aux chiffres des expulsions fixés par le ministre. Celui-ci ayant martelé l'ordre de limiter les régularisations à un quota de 6 000, on était bien loin du "cas par cas humanitaire" annoncé par A.KLARSFELD en juin. Les préfectures ont donc fermé les robinets dès le mois d'août, et les refus sont tombés, souvent sans justification, comme pour cette famille égyptienne, installée à Pantin depuis 1997, dont les trois enfants sont nés et scolarisés en France ...

            Une machine à expulser perfectionnée: en matière de répression contre les étrangers, le pouvoir a montré, tout au long de l'été, qu'il ne baissait pas la garde. Les 7 centres de rétention prévus pour "accueillir" des familles avec enfants ont "bien fonctionné"; les expulsions n'ont pas cessé, SARKOZY en promettant 25 000 pour 2006; un nouveau fichier, nommé "Eloi", a vu le jour, permettant aussi de conserver pendant 3 ans les coordonnées des personnes qui apportent leur aide aux sans-papiers; enfin, l'évacuation violente du millier d'Africains du squat de Cachan, le 17 août, a permis la rafle sciemment médiatisée d'une cinquantaine de sans-papiers expulsables rapidement.

            Pour contrer la politique du "cas par cas", et rappeler la nécessité d'une régularisation globale, RESF à organisé, en juillet et août, 3 dépôts collectifs de demandes de régularisation, ainsi que plusieurs manifestations nationales. Face au risque d'expulsiion pour des dizaines de milliers d'enfants scolarisés, le réseau appelle à réactiver la mobilisation à la rentrée "autour de chaque chaise vide", appel auquel l'URCF s'associe pleinement, considérant que la lutte pour la défense des sans-papiers est aussi un combat anticapitaliste.


Les moyens utilisés par les capitalistes pour augmenter le taux d'exploitation.

(suite article du n° 75.)

              Aujourd'hui, à l'époque du stade impérialiste du capitalisme, une caractéristique majeure de la crise est la disproportion phénoménale entre, d'une part, le niveau de développement des forces productives et de la production, et d'autre part la réduction des possibilités de vente ou de consommation de masse de cette richesse. Alors même que les besoins (souvent de base) de milliards d'humains ne sont pas satisfaits.

            MARX avait déjà fourni une explication dans Le Capital: "la production stagne non quand la satisfaction des besoins l'impose, mais là où la production et la réalisation du profit commandent cette stagnation".

            Il s'ensuit (au bout d'un long processus) un excès gigantesque de capital - sous forme d'argent, de marchandises, de machines, d'usines - alors que les possibilités de valorisation en profit se rétrécissent. Il n'y a pas seulement baisse du taux de profit, mais stagnation de la masse des profits. Pour éviter la dévalorisation, cet argent est "contraint de s'engager dans la voie de l'aventure: spéculation, gonflement abusif du crédit, bluff sur les actions, crises"

(MARX: Le Capital).

            L'acuité et la quasi-permanence de la crise obligent le Capital à relancer sa valorisation (capital en excédent) par des moyens de plus en plus violents.

            Dans les pays du Capital: destruction des capitaux en excès, et en premier, les capitaux les plus faibles (à la productivité inférieure à la productivité moyenne), renforcement des positions de monopoles (rachat et fusion d'entreprises entre concurrents), fermeture d'usines, chômage massif, alignement de la droite du travail et de la période d'activité, flexibilité et précarisation accrues du travail.

            Dans les pays dominés: vol de matières premières (par recolonisation ou guerre); dumping, dérérioration des termes de l'échange, mise en esclavage salarial des peuples de ces pays (via le FMI, Banque Mondiale et OMC), imposition de la division capitaliste du travail (produire pour les besoins des classes bourgeoises des pays riches, pour rembourser la dette extérieure et non pour satisfaire les besoins des populations locales).

            L'État des monopoles devient un acteur de premier plan, notamment au moment de la crise, pour le sauvetage du Capital et son redéploiement: accroissement du crédit et de la dette publique (au profit des capitalistes et payée par les travailleurs), utilisation des forces de répression (police et armée) pour la protection des monopoles, hyperinflation de la dette extérieure des pays dominés, subventions aux monopoles (sauvetage de capitaux en difficulté, baisse d'impôts des riches, déficit de la Sécurité Sociale pour alimenter les monopoles du secteur pharmaceutique), mise en place de formations scolaires directement rentables pour le Capital, casse de la législation du travail et gestion sociale des victimes du Capital (RMI, indemnisation des chômeurs, CMU ... ).

            Cette violence économique du Capital nécessite une violence armée, policière et politique inouïe. Les compromis de type keynésien entre le Capital et le travail ("plus de profits, un peu de pouvoir d'achat des salariés, contre une exploitation plus élevée", comme à l'époque des "Trente Glorieuses" et du Fordisme) deviennent de moins en moins possibles. Le parlementarisme et l'électoralisme bourgeois eux-mêmes font de moins en moins illusions.

            L'alternative est de plus en plus claire: réformisme et prolongation du chaos capitaliste ou révolution et libération des forces du travail pour la construction d'un avenir communiste. La riposte adéquate à cette guerre totale du Capital nécessite que les travailleurs se dotent d'une arme politique historique: le parti marxiste-léniniste.

 


ADP PRIVATISE

Crée à l'issue de la Seconde Guerre Mondiale, Aéroports De Paris (ADP), doté du statut d'Établissement Public, a fait de la capitale la place aéroportuaire incontournable de l'Europe continentale. Les bons vieux hangars du Bourget et d'Orly ont été les points d'appui grâce auxquels les bâtisseurs de transport aérien (TA) moderne ont érigé les installations permettant d'accompagner les progrès de l'aviation civile tout au long de la 2è moitié du XXè siècle. Ces bâtisseurs, ce sont les dizaines de milliers de salariés qui se sont succédés depuis 1948. C'est au quotidien, dans les luttes pour le service public, la défense et l'amélioration du statut du personnel qu'ils ont forgé la qualité et l'efficacité de leur Établissement Public.

POURQUOI L'ABSENCE DE RÉSISTANCE?

            Du moins jusqu'à la fin des années 70, car dès les années 80, les liens et les rapports de force ont commencé à se modifier. L'arrivée de la "Gauche' au pouvoir marque une nouvelle étape dans l'offensive de la bourgeoisie. Le PS, tête de pont de cette dernière dans le monde du travail, vise, en présentant comme inéluctable la logique marchande, à désarmer la classe ouvrière. À ADP cela a commencé sur la base d'un accord "élargissant" le droit syndical dès 1982, qui, entre autres mesures, donnait aux élus syndicaux des moyens matériels et financiers relativement conséquents.

            Par exemple, des locaux supplémentaires et du matériel de bureau, mais aussi le remboursement de frais kilométriques et, surtout, le versement pour chaque syndicat d'une somme correspondant au salaire d'un employé de bureau; à quoi il fallait ajouter un demi-salaire mensuel également par élu au Conseil d'Administration (CA). Ces sommes sont versées automatiquement, même si le syndicat ou l'élu au CA n'embauche personne. Sans porter un jugement sur les dirigeants syndicaux, il existe de fait un lien de dépendance financière entre le syndicat et la direction (qui paie le musicien commande la musique). Dans le même temps, se mettaient en place les fameux "conseils" de bureau et d'atelier - loi AUROUX - dont l'objectif réel mais caché était de concurrencer le syndicat en faisant croire à l'instauration d'un dialogue direct agent/hiérarchie.  Sans oublier également les campagnes idéologiques agressives, prétendument qualifiées "d'identitaire" par la Direction ("Nous sommes tous des ADPiens") mais davantage destinés à (re)modeler la mémoire collective des agents de ce Service Public. C'est à partir de cette période qu'à l'usager s'est progressivement substitué le "client" dans le discours patronal des dirigeants.

            Parallèlement, sous le prétexte de responsabiliser les agents, la Direction d'ADP a développé en réalité une politique de culpabilisation, individuelle et collective, par l'instauration de "contrôle de résultat d'activité" puis, aboutissement logique, par la définition d'objectifs de rentabilité annuels à atteindre. La carotte étant une prime d'intéressement dont le montant s'élevait avec le niveau hiérarchique. Au travail d'individualisation des agents, la Direction complétait la panoplie par ce qui devait constituer les prémices de leur mise en concurrence avec, dans les années 90, la création de Centres de Résultats, véritables instruments de calcul de la rentabilité ramenée au niveau du plus petit groupe d'individus. Les réorganisations, les restructurations locales ou globales détruisaient les liens entre les agents et la complémentarité entre activités cédait la place à la culture des différences voire pire à des politiques concurrentielles directes (dans les services techniques particulièrement). Tous ces éléments (ajoutés aux campagnes médiatiques agressives contre les "privilégiés de la fonction et des services publics") ont profondément pénétré la conscience des agents d'ADP et leur perception des réalités s'est modifiée. Le sentiment d'appartenance à un collectif d'agents de Service Publics à cédé devant les particularismes de plate-forme (Orly, Roissy, Le Bourget, siège à Paris) ou d'activités (Escale, aérogare, technique ... ). Tout ceci ne doit rien au hasard. Il s'agit, bien au contraire, de l'aboutissement d'orientations politiques appliquées à ADP avec constance par les différents gouvernements depuis une vingtaine d'années. Une guerre idéologique constante a accompagné ces politiques pour déconscientiser et dépolitiser les travailleurs, rendant possible l'enclenchement du processus de privatisation. D'abord, par l'accentuation de la sous-traitance et de la "filialisation" d'activités. Au début, les résistances étaient importantes mais, hélas, limitées au secteur d'activité directement visé par les attaques. Un exemple significatif: lorsqu'en 1990, ont été mises à jour les tractations secrètes de la Direction d'ADP avec France Télécom pour privatiser le service téléphonique, les salariés concernés ne se sont pas résignés. Ils ont développé des luttes puissantes, avec leurs syndicats, et ont fait céder la Direction d'abord en 1992, puis une seconde fois, lors d'une nouvelle attaque, en 1997. De plus, ces travailleurs n'ont eu de cesse de démontrer que les attaques contre leur service n'étaient pas fortuites et, qu'en réalité, il s'agissait  d'une attaque globale contre le caractère public de l'établissement. Malgré les dix ans de luttes, la Direction a gagné, notamment grâce à J.C GAYSSOT, qui était le ministre de tutelle d'ADP. L'histoire montre le rôle particulièrement destructeur de la politique du PCF social-démocratisé.

            Les luttes exemplaires des téléphonistes ont marqué (tout au moins à ADP) la fin - provisoire - d'une époque. Celle du syndicalisme de lutte de classe supplantée par celle d'un syndicalisme dit de "propositions" mais, de fait, de collaboration au service du Capital. Aujourd'hui, la privatisation est passée comme "une lettre à la Poste", c'est-à-dire sans aucune lutte d'ampleur, en raison de l'existence de ce syndicalisme subventionné, privé de stratégie révolutionnaire, faute de véritable parti communiste.

                       Il y a bien sûr des enseignements à tirer: les intérêts des travailleurs ne sont pas conciliables avec ceux du patron; l'absence des luttes fait des travailleurs des proies dociles; la filiation et la sous-traitance sont toujours les prémices de la privatisation.

            Il faut tout faire pour avoir un syndicat de luttes au contact permanent avec les réalités de l'exploitation du travail salarié, sachant relier le particulier au général et l'exploitation des travailleurs au système qui l'engendre: le capitalisme.


CONTRE LES INCENDIAIRES, BATTONS-NOUS POUR GDF 100% PUBLIC.

En septembre débute l'examen à l'Assemblée Nationale du projet de loi sur la privatisation de GDF ouvrant la voie à la fusion GDF-SUEZ.

            On est loin des engagements de Nicolas SARKOZY, dénoncés comme fallacieux, en son temps, par l'URCF, qui prétendait sauver le service public en assurant à l'État 70% du capital. Cette promesse est balayée, puisque SARKOZY s'est rallié au projet selon lequel la participation de l'État ne serait plus que d'un tiers. La privatisation constitue une grave régression sociale. tant pour les agents GDF que pour l'ensemble de la population. Très vite, des tarifs prohibitifs seraient mis en place pour les particuliers, et le réseau construit par les salariés et financé par l'argent public sera livré aux appétits des monopolistes et des boursicoteurs, mettant en péril de sécurité de tous.

            La commission de Bruxelles, pour sa part, s'inquiète d'un grand groupe privé GDF-SUEZ, qui donnerait des positions dominantes à l'impérialisme français dans le domaine du Gaz. L'URCF, pour sa part, considère que seule la mobilisation massive des salariés par la grève, et des usagers pour la défense de leurs intérêts, regroupés en comité de lutte, peut permettre de garder GDF comme service public. Quant au groupe SUEZ, qui n'a de cesse de vouloir le marché du Gaz à des fins mercantiles et spéculatives, l'URCF estime que l'intérêt du pays en matière de fournitures d'énergie exige la nationalisation de ce monopole financier.

            Comme l'a dénoncé cet été, pendant la canicule, le syndicat CGT de Cannes qui dit "la chaleur a bon dos", on a vu des pannes de courant en série dues à un matériel défectueux servant au raccordement de câbles souterrains et présentant des défauts importants, démontrant que ces pannes relèvent en fin de compte d'économie sur la maintenance afin d'assurer la rentabilité financière.

Des coupures similaires ont d'ailleurs eu lieu dans d'autres régions de France durant cette période.

            Quels que soient les multiples scénarios avancés au jour le jour à géométrie variable (% de l'ouverture du capital avec filiales ou non, solutions alternatives) ils ne sont conduits que par des intérêts économiques et des calculs politiques des groupes capitalistes qui toucheront de front EDF-GDF et aboutiront à terme à leur privatisation.

            On ne saurait se limiter à la consultation du personnel des industries électrique et gazière qu'organisent les syndicats CGT et FO ainsi qu'à la pétition nationale; ces fédérations portent une responsabilité historique grave en n'organisant pas une lutte radicale sur le plan national contre le privatisation.

            L'URCF, avec ses militants, appelle à soutenir une lutte continue avec les usagers, les élus, les salariés pour faire pression sur le Parlement car la voie de la lutte de classe est le passage obligé pour défendre l'intérêt des travailleurs et du pays, et la riposte massive et solidaire doit s'organiser dans des comités de lutte.

Seule la fusion d'EDF-GDF service public nationalisé  dans la création d'un grand pôle public avec SUEZ nationalisé répond véritablement à l'intérêt général en fourniture d'énergie.


Le projet du PS, un social-libéralisme. C'est bon pour les profits!

Certains pourraient se demander pourquoi des marxistes-léninistes perdent leur temps à examiner le programme du PS. Ils diront "on sait ce qu'ils vont faire: défendre les intérêts des patrons en trompant les travailleurs". C'est vrai que leurs dirigeants sociaux-libéraux (socialistes en paroles, libéraux dans les faits) sont des gestionnaires zélés du néolibéralisme, servant de plus en plus l'oligarchie financière.

            Mais un marxiste, un matérialiste, ne se contente pas de rappeler les principes et de répéter des analyses anciennement justes; il s'attache à les vérifier toujours, à les confronter à des situations concrètes.

            Qu'en est-il donc de ce programme électoral adopté à grands coups médiatiques par tous les courants du PS, des sociaux-démocrates traditionnels, aux dirigeants sociaux-libéraux, des euro-constructeurs aux partisans du NON au Traité Constitutionnel européen?

            D'abord le programme et son commentaire chiffré fixent des objectifs:

1- Retrouver le plein emploi en 2012, plein emploi fixé à un taux de chômage de 5%! Drôle de plein emploi à 5% ! Qui ne remet pas en cause le capitalisme: l'armée des chômeurs est une pièce indispensable, une réserve de main-d'oeuvre qui tire vers le bas le prix de la force de travail, et est nécessaire aux ajustements des besoins du marché. Voeux pieux, à moins que les multiples bidouillages statistiques (changement de définitions du chômage, chasse aux chômeurs et culte de la radiation) déjà pratiqué par la Gauche et la Droite (et dénoncés par les travailleurs de l'INSEE) ne permettent d'atteindre artificiellement ce "plein emploi". D'ailleurs, les emplois proposés ne seront que précaires, comme un CPE version sociale-libérale.  

2- "Un nouveau modèle de croissance conjuguant la création d'emplois, l'innovation, la sécurité des carrières professionnelles". On voit que, comme SARKOZY et De VILLEPIN, le PS social-libéral donne un coup de pouce au syndicat rassemblé des THIBAULT-Le DUIGOU, en évoquant ce qui est devenu la principale revendication du 48è Congrès de la CGT; nous voulons parler de la sécurité sociale professionnelle, qui n'est rien de moins que le retour du livret ouvrier banni par les luttes de classe du 19è siècle.

3- "Le retour à une politique macro-économique équilibrée de croissance fondée sur la relance, tout en concourant au rétablissement des finances publiques". Ce paquet ressemble fortement aux vieilles recettes gestionnaires rebattues par la Gauche et la Droite; confirmation quand il est dit que "la croissance économique dépend grandement de la qualité du pilotage économique", comme si les solutions dépendaient du savoir faire de l'équipe gouvernementale ou des compétences personnelles d'un ministre! Et de rajouter "la Gauche entre 1997 et 2002 a réussi à dynamiser la croissance (!) par la cohérence de ses choix économiques" (sic). Et plus précisément "la priorité était d'ailleurs de qualifier notre pays pour l'Euro (merci!) tout en nouant un pacte de confiance avec les grandes entreprises" (resic).

            La liste est longue des choix néolibéraux et marchands tout au long du projet: un nouveau Traité Constitutionnel européen, le défense des Services d'Intérêt généraux (qui liquideront tous les services publics), le retour des emplois jeunes (toujours la précarité!!), la mise à niveau de l'enseignement supérieur pour améliorer la compétitivité (c'est-à-dire mieux répondre aux besoins des entreprises pour leur unique profit). la mise en oeuvre d'un accompagnement personnalisé des chômeurs (pour) permettre une mobilité choisie, (alors que la mobilité n'est pas une conquête, mais une aliénation des travailleurs). À côté de cette défense des intérêts du Capital et des louanges à répétition du gouvernement JOSPIN, les propositions sur le logement, la pauvreté, l'égalité, la volonté de transformer le société sonnent comme des phrases creuses ou des duperies électorales. Des mesures qui peuvent paraître progressistes (beaucoup sont floues et ne seront pas tenues) resteront des promesses illusoires sans lutte de classe. On le voit, le PS ne propose pas une politique anti-libérale qui puisse répondre aux souffrances et aux besoins urgents du peuple-travailleurs, encore moins une alternative (même réformiste) au capitalisme, juste une gestion de l'appareil d'État bourgeois et l'application stricte de la politique mondiale des monopoles!

            Pour sa part, le projet de programme de l'URCF est un programme de luttes; toutes les mesures démocratiques et progressistes supposent l'intensification de la lutte de classe, mesures qui se heurteront à la "résistance" de l'appareil d'État qui tentera de les saboter. Luttes qui devront s'amplifier (sous la direction d'un parti véritablement communiste) jusqu'à la compréhension par les masses de la casse nécessaire de l'État capitaliste, jusqu'à son renversement.

            L'URCF va travailler dans ses rangs et dans le mouvement populaire, à l'élaboration finale de ce programme de luttes dont l'originalité est de lier tâches minimales réalisables dans le cadre du capitalisme, et programme MAXIMAL, pour le socialisme, réalisable par une révolution ouvrière et populaire. L'intitulé de ce programme reflète notre double tâche "de la lutte quotidienne contre le néolibéralisme, à la lutte générale contre le capitalisme.

           


VERS LE SECOND CONGRÈS DE L'URCF.

En décembre 2006, se tiendra notre Congrès. Cette instance est la plus élevée de notre organisation.

Elle va décider de nos orientations et vérifier le travail courant.

            Depuis notre Congrès fondateur voici 18 mois, l'URCF a non seulement poursuivi le travail entrepris au stade antérieur comme Coordination Communiste mais, à bien des égards, a dépassé des formes devenus caduques. Tant que nous étions essentiellement une opposition interne dans le PCF, le centre de gravité de notre travail militant se situait en "contre" des orientations social-démocrates du "parti muté" prônées par Robert HUE. En 2000, mesurant pleinement que le PCF n'était pas redressable, nous avons considéré que pour continuer l'histoire du communisme en France, il fallait s'engager dans la construction d'une nouvelle et authentique formation communiste de type marxiste-léniniste. L'URCF a donné la priorité de ses activités au travail dans les masses populaires, principalement la classe ouvrière. C'est là un principe intangible de la construction d'un Parti ouvrier-communiste. C'est dans les entreprises que doit se construire une force d'avant-garde, reliant la lutte pour dénoncer l'exploitation, les brimades à la nature même du système capitaliste qu'il faut non aménager mais renverser.

            Dans ce domaine, nous avons obtenu des avancées, la physionomie sociale de nos instances dirigeantes sera le reflet de cette prolétarisation de nos rangs. Tant dans la campagne du référendum que dans la lutte contre le CPE, les militants de l'URCF ont appris à mieux opérer un travail de conviction dans les masses les plus larges, loin d'être acquises aux orientations des marxistes-léninistes. Idéologiquement, l'URCF a approfondi le travail de bolchevisation entrepris et synthétisé dans nos "200 thèses pour une identité communiste révolutionnaire", en développant l'analyse des sources matérielles qui à plusieurs reprises: parti socialiste, puis PCF ont favorisé la victoire du révisionnisme.

            Dans toutes nos fédérations, le débat est engagé sur notre programme de luttes: "De la lutte quotidienne contre le néolibéralisme à la lutte générale contre le capitalisme". Programme qui sera définitivement amendé et adopté au Congrès de décembre.

            L'originalité de notre démarche découle de l'expérience acquise par notre campagne initiée dès 2002 "Accusons le Capitalisme".

            Notre optique alors, vérifiée et confirmée par notre pratique, était de percevoir que le révisionnisme avait pu vaincre, dans le mouvement ouvrier, en raison de décennies d'opportunisme dans la pratique. LÉNINE considérait l'économisme comme un danger majeur. Cet économisme consiste à se situer exclusivement sur le terrain propre aux syndicats, à s'en tenir aux seules revendications sociales, réalisables sous le capitalisme. "Taxer le Capital", "faire payer les riches", "partage des richesses" autant de mots d'ordre qui, déconnectés de la dénonciation et de la lutte anticapitaliste, peuvent avoir pour effet de placer le parti ou l'organisation communiste dans le cadre exclusif des rapports de production capitalistes, dans l'aménagement social du système d'exploitation. Notre programme vise à relier les luttes quotidiennes qui sont le terreau des communistes à l'objectif stratégique de lutte révolutionnaire pour le socialisme. Ce qui signifie de s'engager dans les trois formes de la lutte des classes: économique, idéologique et politique. Un des héritages les plus pernicieux de l'économisme réside dans le refus sectaire de relier les aspirations démocratiques des travailleurs à la bataille contre l'État capitaliste. Notre programme, lui, n'est pas un catalogue de voeux pieux mais des axes de lutte dont la finalité dialectique est de faire poser aux masses la question centrale de l'État, instrument de domination de la  classe bourgeoise.

             Second temps fort du Congrès: l'internationalisme prolétarien. Pour la première fois des délégués des partis frères de Russie, de Grèce, de Belgique, de Cuba, de Corée Populaire, d'Algérie, du Sénégal, des représentants des mouvements de libération nationale du Venezuela à la Palestine viendront témoigner de leurs espoirs et luttes. Les militants de l'URCF auront à coeur d'exprimer leur solidarité de classe à l'égard des camarades du MCI, et à l'égard des peuples et des États qui résistent au nouvel Ordre Mondial impérialiste.

            Troisième axe: l'unité des communistes de France. L'URCF a mûri et dépassé les anciennes pratiques sectaires. Nous sommes un détachement actif de communistes avec une identité théorique et pratique originale, mais d'autres groupes ayant rompu avec le PCF existent et militent. Notre second Congrès doit être l'occasion de propositions pour structurer l'action et le dialogue théorique commun, afin d'avancer dans l'objectif central de tous: la fondation d'un authentique parti communiste dont le pays et les travailleurs ont tant besoin. Nous inviterons des délégations de ces organisations afin que notre Congrès soit aussi un forum utile à l'ensemble du mouvement communiste de France.

            À objectif ambitieux, travail d'ampleur et de qualité: tenir un Congrès ouvert faisant le bilan critique et autocritique de nos activités, adopter un plan général de développement nécessite l'apport de chaque militant de l'URCF; pour élire une nouvelle direction toujours plus apte à concrétiser les orientations qui seront adoptées à notre second Congrès. Nous avons besoin de tous, "tout le monde sur le pont"!


Éducation

LE XXè CONGRÈS DU PCUS:  LA REVANCHE DU SOCIAL-DÉMOCRATISME

LA QUESTION DE STALINE : LA LUTTE DE STALINE CONTRE LE RÉVISIONNISME

La lutte contre l'opportunisme en économie

Dans notre précédent article, nous avons vu qu'avant la Révolution d'Octobre mais aussi durant la période de transition au socialisme, des théoriciens se réclamant du marxisme (BOGDANOV, TROTSKI, BOUKHARINE) s'étaient, à des degrés divers, rangés au point de vue selon lequel la Russie n'était pas mûre objectivement pour le socialisme; dès lors, ce pays devait emprunter tout ou partie de la voie capitaliste de développement. Le parti Bolchevik, fidèle aux enseignements léninistes, sous la direction de STALINE, allait au contraire assurer le passage à une société socialiste en 1936.         

            Après la Seconde Guerre Mondiale, dans les sciences sociales se renforcèrent des vues bureaucratiques, technicistes, opportunistes chez certains cadres. Le marxiste-léniniste YOUDINE dénonça la recrudescence de conceptions empruntées "à l'arsenal des trotskistes-boukhariniens-bogdanoviens"!

            Les tenants de ces conceptions misaient sur le seul développement des forces productives; d'autres affirmaient qu'il n'y avait plus aucune contradiction dans la société soviétique. Tous ces points de vue visaient à nier ou à "éteindre" la lutte de classes. En 1951, se déroula une vaste discussion regroupant: économistes, universitaires, membres du Comité Central, travailleurs pour adopter après un large débat, les grandes lignes d'un Manuel d'Économie politique. L'un des principaux rédacteurs du projet: l'économiste YAROSHENKO affirmait que la transition au communisme nécessitait "un développement impétueux de la technique et de la production", "un fonctionnement rationnel de l'économie". C'est là une conception bureaucratique-techniciste qui évacue le rôle décisif de la politique, le marxisme étant réduit à une simple science de la gestion et de l'organisation (cf.BOGDANOV). STALINE décida alors d'intervenir dans la discussion et de polémiquer avec les tendances opportunistes, dans son ouvrage "Les problèmes économiques du socialisme en URSS". Le dirigeant soviétique reprocha à YAROSHENKO d'ignorer les contradictions de la société soviétique, les diverses formes de propriété: personnelle, kholkhozienne (coopérative, de groupe), socialiste (industrie, de tout le peuple). Plus grave encore, STALINE considérait que YAROSHENKO liquidait le marxisme, en ignorant le rôle premier et décisif des rapports de production, la nécessité de les adapter régulièrement afin que ces derniers, devenus caducs, ne freinent pas le développement des forces productives. Ainsi, la propriété khlokhozienne n'était pas "définitive", sa transformation en communes (de tout le peuple) semblait la meilleure voie de transition au communisme, sinon les rapports de production s'appuyant sur une forme devenue primée, freineraient la marche en avant. STALINE renvoyait à l'analyse de MARX dans L'idéologie allemande, selon laquelle la racine objective des luttes de classes se situe dans la contradiction antagonique (sous le capitalisme) entre rapports de production (d'exploitation et caducs) et forces productives.

             L'exacerbation de cet antagonisme constitue la base objective de la Révolution socialiste. Bien sûr, sous le socialisme, où l'exploitation capitaliste a été liquidée, si le Parti conduit une politique juste, la contradiction "rapports de production/forces productives" peut se résoudre aux moyens de réformes assurant la transformation des formes de propriété en les portant à un degré supérieur de socialisation. Par contre, avertit STALINE, "si la politique suivie par les organismes dirigeants n'est pas juste", la contradiction peut se muer en antagonisme et créer de fait les conditions objectives de la contre-révolution, d'autant que, sous le socialisme, existent, en lutte contre les forces sociales d'avant-garde, des forces régressives et réactionnaires.

            D'autres économistes comme NOTKINE vont jusqu'à prôner de considérer les "instruments de production comme des marchandises" devant être régies par la loi de la valeur, c'est-à-dire du marché. Cette proposition faisait écho à une réforme mise en place par le Gosplan, dirigé par le vice-président VOZNESSENSKI, qui en janvier 1949 (sans consultation du Bureau Politique du PC(b)US avait mis fin brutalement aux subventions de l'État concernant l'industrie lourde et les transports. Cette mesure poussait objectivement à la hausse des prix. Rappelons que les subventions permettaient chaque années une baisse des prix des denrées et objets de consommation, alors que leur abandon induisait la fermeture programmée des "entreprises non rentables", au nom de la sacro-sainte loi de la valeur! De plus, la réforme introduisait l'objectif de 3 à 5% de profits sur le coût de production, ce qui revenait à faire revivre des catégories propres au capitalisme.

            STALINE et la direction du Parti annulèrent cette réforme en quelques semaines et limogèrent VOZNESSENSKI. Les vues opportunistes et révisionnistes furent dénoncées, et on rappela que sous le socialisme, la loi de la valeur (marché) est strictement limitée aux achats de biens de consommation, qu'elle ne saurait constituer la loi fondamentale économique du socialisme.

            Cette offensive de la bureaucratie et des éléments embourgeoisés fut repoussée, et le point de vue bolchevik fut réaffirmé dans toutes les sciences sociales. Cependant, dès la mort de STALINE, le courant révisionniste allait procéder à des réformes qui, précisément, vont installer le marché et la loi de la valeur au centre du développement économique. Nous verrons en quoi ces mesures à caractères opportuniste vont créer les bases de la victoire du courant révisionniste, en quoi la réforme de 1965 reprendra en les accentuant les mesures prônées par VOZNESSENSKI. Ce n'est pas un hasard non plus si YAROSHENKO fut l'un des théoriciens de la perestroïka, appelant à ce que la main-d'oeuvre soit considérée comme une marchandise, en clair à la réintroduction ouverte de l'exploitation et de la propriété capitalistes.


INTERNATIONAL

 LE PEUPLE LIBANAIS UNI MET EN DÉROUTE L'IMPÉRIALISME SIONISTE.

L'agression israélienne contre le Liban et les territoires palestiniens occupés a été commanditée par les États-Unis pour instaurer leur zone de domination au Proche-Orient et asseoir la position de leur instrument sioniste.

            Selon le magazine New Yorker, BUSH aurait demandé à Israël d'ouvrir un front contre le Hezbollah, prélude à un bombardement US contre les installations nucléaires de l'Iran. Cette agression s'inscrit dans la guerre de 10 ans annoncée par BUSH au lendemain du 11 septembre 2001 et qui vise à la mise en place du Grand Moyen-Orient. Plan étatsunien de division de la région en entités maintenues artificiellement en conflit les unes avec les autres sur des bases ethniques, religieuses ou économiques, mais toutes dépendantes des États-Unis par leur soumission aux diktats de l'OMC (avec l'État sioniste dans le rôle de gendarme et de force de répression). L'instauration de cet état de choses nécessite, pour l'impérialisme, l'anéantissement des forces de résistance, en premier lieu palestiniennes, anti-impérialistes et nationalistes. L'invasion du Liban (la troisième) par l'armée sioniste a été rendue possible par le retrait de l'armée syrienne, suite à l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafiq HARIRI qui servit de prétexte à une campagne internationale contre la Syrie et à son inscription sur la liste des pays faisant partie de "l'axe du mal". Israël justifiait initialement cette guerre par l'enlèvement par le Hezbollah de deux membres d'un commando israélien ayant pénétré au Sud du Liban; le Hezbollah étant un mouvement islamiste armé ayant lutté contre l'occupation sioniste du Sud-Liban qui a chassé l'ennemi en 2000, et qui se bat encore contre le maintien des troupes israéliennes dans la zone des fermes de Cheeba. Après ce prétexte fut ajouté par OLMERT et son ministre travailliste de la Défense PERETZ la volonté de repousser le Hezbollah au-delà du fleuve Litani, de détruire sa capacité militaire. La zone du fleuve Litani est convoitée depuis longtemps par Israël à cause de la ressource hydraulique qu'il représente et de sa position stratégique. L'État sioniste avait à son actif pas moins de 2 400 violations du territoire et de l'espace aérien libanais en 2005. L'argument de la légitime défense ne tient donc pas; il s'agit d'une nouvelle phase de la guerre d'expansion et de rapine. Israël veut fixer lui-même ses frontières puisque les peuples refusent de capituler et de renoncer à leurs droits. Une première phase fut le redéploiement en Cisjordanie après l'évacuation de Gaza, puis la construction du mur annexant encore plus de terres palestiniennes en rendant la vie impossible aux populations arabes. Il existe également des plans de déportations des Palestiniens en Jordanie (l'Irak était une autre destination envisagée mais la résistance du peuple a contrarié les desseins sionistes de ce côté). À partir du 12 juillet, le Liban subit des bombardements quotidiens par des avions, hélicoptères et des bateaux de guerre, puis des offensives terrestres (10 000 soldats accompagnés de chars, bulldozers et autres). Les destructions de tout le tissu économique: routes, centrales électriques, ponts, habitations, bâtiments publics et administratifs, installations militaires ... ont transformé des zones entières en un tas de ruines et provoqué l'effondrement économique du pays qui se remettait à peine des conséquences de la guerre de 1982-1988. La valeur des destructions s'élève à deux milliards de dollars, somme susceptible d'augmenter avec la hausse du cours des matières premières. Il faudra au moins trois ans pour tout reconstruire. Le nombre de victimes, la plupart des civils, est d'environ 1 200 morts et 3 700 blessés. Près de 900 000 personnes avaient dû fuir les bombardements, soit près du quart de la population (3,8 millions d'habitants + 400 000 réfugiés palestiniens). De nombreuses personnes perdent encore la vie à cause des mines et des bombes à fragmentation qui peuvent encore exploser par simple contact.

            Beaucoup de gens ont tout perdu, les enfants sont traumatisés, certains ont assisté à l'exécution de leur famille par les soldats israéliens. C'est qu'en matière de massacre indiscriminés, ils ont une grande expérience après cinquante ans d'occupation de la Palestine et de guerres contre les peuples de la région. Tout y est passé: attaques contre des positions de l'ONU, bombardements de convois de réfugiés comme celui de civils et soldats évacués de Marjayoun, destruction d'immeubles d'habitations et d'abris. Le 30 juillet, ils tuent 62 personnes dont 42 enfants au village de Cana, provoquant la colère et l'indignation dans le monde entier. Ajoutons aussi les menaces contre la population par envois de messages téléphoniques et lâchés de tracts, le piratage des médias ... méthodes répondant à la définition de terroristes puisqu'elles visaient à provoquer par la terreur la soumission des Libanais et les pousser à se désolidariser des forces de résistance.

            C'est précisément l'effet inverse qui s'est produit. L'agression, a soudé le peuple qui a fourni de l'essentiel de l'effort de résistance: aux côtés du Hezbollah, du Parti Communiste Libanais, d'Amal, des patriotes, éléments de l'armée, simples habitants voulant défendre leur terre ... ont pris les armes, aidé les combattants, hébergé les réfugiés et sinistrés. La bourgeoisie, entre deux séances de pleurnicherie du premier ministre SINIORA, a dû elle aussi montrer les dents pour ne pas être totalement déconsidérée par le peuple et éconduisit la représentante des boutefeux US Condoleeza RICE qui prétendait imposer ses conditions. Les habitants des camps de réfugiés palestiniens privés de droits (même de celui de travailler) ont accueilli leurs frères libanais et partagé avec eux leurs maigres ressources. Il ne faut pas perdre de vue que de nombreuses forces de résistance palestiniennes (dont le FPLP, le FDLP etc ... ) se trouvent au Liban, en particulier dans la plaine de la Bekaa, et que l'agression sioniste visait aussi à les détruire. C'est ainsi qu'un peuple put mettre en échec la plus puissante armée du Moyen-Orient, équipée des armes les plus modernes et soutenue par la "communauté internationale".

            Dès lors, il devenait urgent de sauver la mise d'Israël en limitant les dégâts, par la résolution 1701 préparée par la France et les USA, prévoyant l'arrêt des combats (plus exactement, en ce qui concerne Israël, seulement l'arrêt des opérations militaires offensives), le passage à 15 000 du nombre des soldats de l'ONU au Liban et leur déploiement dans le Sud du pays, en même temps que le retrait des troupes israéliennes. Ce dernier point n'était même pas inclus dans la première mouture de la résolution et ne fut rajouté que suite au refus du gouvernement libanais. Rien n'y est dit sur les responsabilités des grandes puissances impérialistes, en premier lieu les USA. Le Hezbollah accepta la résolution et cessa les tirs sur Israël, sans renoncer à son droit à la résistance. Depuis l'entrée en vigueur de cette résolution, l'État sioniste s'est rendu coupable de plusieurs violations de celle-ci, révélant, s'il le fallait encore, son mépris de toute légalité et convention internationale. Dans la nuit du 18 août, il procéda à une nouvelle attaque d'avions et d'hélicoptères, le prétexte étant cette fois d'empêcher le Hezbollah de recevoir des armes. Parallèlement, il poursuit ses attaques contre la Palestine: bombardements de centrales électriques, de maisons, véhicules, assassinats, enlèvements de représentants du peuple tel le Vice-Premier Ministre et 7 autres ministres et 24 députés. Il détient 10 000 prisonniers palestiniens et libanais. Il maintient toujours le Liban sous blocus. La Palestine est dans un état de dénuement extrême, avec la complicité des pays impérialistes, qui refuse de verser les maigres aides promises. Nous devons exiger le déblocage de ces fonds.

            L'économie libanaise est surtout axée sur le secteur des services (67%). L'agriculture représente 10% des emplois mais ce secteur en induit 30%. De petites industries représentent 21% du PIB. Le pays survivait aussi grâce à l'aide de la diaspora (15 millions de personnes). Un accord de libre-circulation des marchandises avec la Syrie avait été signé et conférait au Liban un début d'indépendance économique qui ne cadrait pas, évidemment, avec les velléités dominatrices de Washington. Ce dernier a aussi comme préoccupation de changer les régimes en Syrie et en Iran pour les remplacer par des pantins favorables à Israël et à l'intégration dans l'économie mondiale.

            La position des divers États impérialistes d'Europe est le reflet de leurs intérêts économiques. L'UE est le principal investisseur au Liban, son premier partenaire commercial (40% des importations en 2005 et 9% des exportations). La France, l'Allemagne, l'Italie, la Grande-Bretagne avaient remporté les marchés de l'eau, de l'électricité, des télécommunications, tous ces secteurs étant inscrits dans le plan gouvernemental de privatisation des entreprises publiques. Derrière les actes de destructions de l'armée sioniste apparaît donc la volonté de l'Oncle Sam d'évincer ses rivaux et de s'imposer économiquement dans la région. L'impérialisme français veille ainsi à préserver les intérêts des monopoles tout en feignant de ne pas défendre les objectifs d'Israël. Or, ceux-ci sont inscrits dans les résolutions de l'ONU qui demandent le désarmement des milices, c'est-à-dire de la Résistance libanaise.

            Les aides promises au Liban venant d'États arabes qui, en fait, ont soutenu l'agression israélienne (Arabie Saoudite, Égypte, etc ... ) ne concerneront que l'infrastructure économique, mais c'est le peuple lui-même qui devra reconstruire ses villes et villages et bâtir un Liban démocratique et laïque, grâce à l'aide des mouvements populaires de résistance. Ceci ne pourra se faire sans respect de la souveraineté nationale du Liban, sans l'arrêt de la politique belliciste d'Israël et sans la satisfaction des droits du peuple Palestinien à un État avec Al Qods comme Capitale, le retour de ses réfugiés, le retrait des territoires occupés. 

            Nous saluons l'héroïque résistance du peuple libanais contre l'agression impérialiste d'Israël; nous exprimons notre solidarité avec le Parti Communiste Libanais ainsi que toutes les forces pacifiques en Israël; nous dénonçons les crimes de l'armée israélienne, largement occultés par le soutien des médias occidentaux aux service des monopoles étatsuniens et sionistes et considérons Israël comme un État criminel; nous condamnons l'ingérence des puissances impérialistes dans les affaires libanaises, y compris l'attitude de la France qui s'aligne de fait sur Washington pour désarmer la résistance. Les troupes françaises hors du Liban. lien page PALESTINE   retour au sommaire


Le Lille militant mobilise pour les peuples libanais et palestiniens.

             Le Lille militant s'est massivement mobilisé pour exiger l'arrêt de l'agression israélienne du Liban et de la Palestine. En tenant compte que l'été est une période relativement difficile pour l'action militante, nous avons pu organiser une série de manifestations qui ont chacune réuni plusieurs centaines de personnes.  

            La Fédération du Nord de l'URCF s'est jointe aux côtés d'autres organisations (Les Amis d'Alger Républicain section Nord, Collectif Palestine Nord, Union juive pour la paix, CGT Cegelec Nord et Est, AFPS, Coordination Régionale de l'immigration, Comité Solidarité Basque, etc ... ) pour organiser la solidarité active avec les populations libanaises et palestiniennes. Suite au relatif succès de la manifestation du 29 juillet 2006 (1 000 personnes), il fut décidé d'appeler à une autre manifestation le samedi 5 août 2006 qui a mobilisé plus de 800 personnes. Dans le cadre d'une journée internationale contre la guerre, le samedi 12 août, nous avons mobilisé plus de 600 personnes.

            Deux conceptions de la solidarité s'affrontèrent au cours de la mobilisation. La première qu'on pouvait qualifier de droitière disait qu'il fallait mettre "de l'eau dans son vin" vis-à-vis de la dénonciation de l'État sioniste, exemple: ne  pas dire qu'il commettait des crimes contre l'humanité. Nous aurions manqué à notre devoir, nous laissions à ces opportunistes la possibilité de minimiser les crimes de l'État sioniste. Le vrai internationalisme prolétarien est toujours dans le camp des opprimés et non avec les oppresseurs. Ce qui a gagné pendant la campagne de sensibilisation et d'information sur le Liban et la Palestine, c'est l'idée qu'il fallait dire les choses par leur noms. C'est cette position qui nous a permis de reléguer à l'arrière plan les calculs politiciens des réformistes de tous poils (socialistes, révisionnistes, trotskistes), plus intéressés à l'élection présidentielle de 2007, qu'à mobiliser réellement contre la complicité du gouvernement français vis-à-vis de l'État d'Israël. La scandaleuse résolution onusienne à l'initiative de la France en est le parfait exemple.
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CUBA

             La nouvelle de la maladie du Camarade Fidel CASTRO a fait couler beaucoup d'encre dans les colonnes de la presse bourgeoise; mort annoncée, spéculation sur le successeur provisoire, attente du soulèvement contre-révolutionnaire. Les téléspectateurs français n'ont eu droit, pour leur part, qu'aux images des contras et des mafieux de Miami, qui célébraient un peu tôt la mort du Cuba Socialiste.

            L'URCF est persuadé que le peuple cubain saura défendre Sa Révolution qui lui a tant apporté. Nous adressons nos voeux de prompt rétablissement au Camarade Fidel CASTRO afin qu'il retrouve ses fonctions au plus tôt et tous nos voeux de succès à Raul pendant cette période transitoire.

Viva Cuba, Viva el CHE, Viva Fidel.


ENTRE FAUCILLE ET MARTEAU

L'ARTEFACT            Que se passe-t-il actuellement dans le monde des médias?

            Le pouvoir fait le ménage dans les diverses chaînes de télévision et dans les stations de radio publiques: journalistes remerciés ou déplacés, émissions supprimées ou reléguées à des heures impossibles (Là-bas si j'y suis sur France Inter), caméras et micros mis aux ordres du pouvoir.

            Garde à vous!    Fixe!  Les capitalistes se repartagent la presse écrite.

            Serge DASSAULT, l'avionneur (plus à droite que lui, tu meurs), est devenu propriétaire du tiers des journaux français: il achète, en vrac, quotidiens, hebdomadaires, mensuels, magazines.

            Le banquier ROTHSCHILD met la main sur "Libération".

            "L'Humanité" tombe sous la coupe de Bouygues, le plus grand fabricant de béton du monde, de LAGARDÈRE, le marchand de missiles (on aurait dit, jadis, marchand de canons) et de la Caisse d'Épargne, service d'État personnifié par l'Écureuil. Lequel LAGARDÈRE, soit dit en passant, est un concurrent sérieux pour DASSAULT dans la rafle des journaux de toutes natures. Ainsi, le Capital capitalise-t-il les moyens d'influencer l'opinion, de la façonner autant que faire se peut, chacun des médias qu'il s'est approprié ayant, tout en nuance (on ne prend pas les mouches avec du vinaigre n'est-ce pas?), son rôle à jouer dans le détournement subtil des idées ou l'intox pure et dure, c'est-à-dire celui de faire croire aux français qu'il n'est pas de meilleur système que le libéralisme, de meilleure démocratie que celle dans laquelle ils vivent, ou, en tout cas, de leur faire admettre qu'à défaut de l'éradiquer il est possible d'amender le capitalisme et de - ce n'est pas aussi mal que ça - se satisfaire des libertés qu'il veut bien leur accorder. En radiologie médicale, un artefact est une image fictive due à des altérations accidentelles du support photographique: cette image ne correspond donc à aucune réalité vivante et n'a, par voie de conséquence, aucune signification pathologique.

            Il en va de même de l'image que s'efforce de donner du Capital, et du semblant de démocratie qui lui est inhérent, la presse à son service. Cette image est, elle aussi, un artefact, une image sans réalité vivante, sauf qu'elle n'est pas, elle, le produit d'une altération accidentelle mais d'une fabrication délibérée. Sauf aussi qu'elle a une signification: cacher les images bien réelles celles-là, d'une société qui compte des millions de chômeurs, des légions d'hommes, de femmes et d'enfants vivants au-dessous du seuil de pauvreté quand ils ne sont pas, sans ressources, obligés de vivre dans la rue par dizaines de milliers. Sans compter les victimes du Karcher et des charters.


DALKIA CGT-E UNE VICTOIRE!

 IC: Nous avons appris qu'un arrêt de la Cour de Cassation a donné raison au CGT-E qui a formé pourvoi, qu'en est-il exactement?

Dalkia CGT-E: Cet arrêt bien que n'affichant pas une connotation véritablement progressiste n'en est pas moins une grande victoire pour les droits des travailleurs en matière d'élections professionnelles. En effet, hormis le fait qu'elle condamne sans équivoque possible l'entreprise Dalkia, leader européen dans les services de l'énergie et filiale de Véolia Environnement, qui se partage le monopole mondial de l'eau et de l'énergie avec son ami Suez, la Cour de Cassation annule en grande partie le jugement qualifiable de classe du Tribunal d'Instance de Bordeaux relativement favorable à l'employeur, suite à la contestation du CGT-E dénonçant de graves irrégularités dans les élections professionnelles de la région Atlantique de Dalkia.

IC: Quelles étaient ces irrégularités?

Dalkia CGT-E: Ces graves irrégularités, qui ont d'ailleurs fait l'objet d'une annulation partielle des élections par le T.I de Bordeaux, consistaient en une mainmise sur les opérations électorales et de dépouillement, via la signature après la clôture du scrutin, par les syndicats dits représentatifs (CGT, CGT-FO, CFDT, UNSA, CFE-CGC) et l'employeur, d'un avenant au protocole préélectoral, autorisant au mépris du Code électoral, la prise en compte comme suffrages valables d'enveloppes réponses de votes par correspondance, non signées par les électeurs.

IC: Quel était l'intérêt d'une telle manoeuvre?

Dalkia CGT-E: Le but évident de l'employeur et de tous ses syndicats d'accompagnement était d'influencer l'obtention du quorum électoral afin d'empêcher le CGT-E non représentatif sur cette région, de présenter ses listes lors d'un second tour qui aurait du normalement avoir lieu, comme cela a été le cas au collège ouvriers-employés, où nous avons obtenus 4 postes électifs (2 DP et 2 CE).

IC: Donc la Cour de Cassation à déjugé le Tribunal d'Instance, en quoi cela représente-t-il une victoire?

Dalkia CGT-E: La première victoire de cet arrêt jurisprudentiel est le rétablissement des droits démocratiques des travailleurs. En effet, par la signature en catimini et au dernier moment, d'un tel protocole d'accord, l'employeur et ses syndicats partenaires, s'octroyaient le monopole des élections professionnelles, au détriment de la plus élémentaire démocratie électorale, qui voudrait que les salariés puissent librement choisir leurs élus sans contrainte d'un notion de représentativité irréfragable et obligatoire. Mais aussi, et c'est ici un paradoxe, qu'ils puissent librement s'abstenir pour si c'est leur choix majoritaire, élire des candidats lors d'un second tour. Imaginez-vous, la prise en compte de votes sans émargements de l'électeur lors d'un premier tour des élections présidentielles?

            Une autre victoire à mettre à l'actif du syndicat CGT-E, est que la Cour de Cassation confirme d'une influence évidente et réelle de notre organisation syndicale, en nous déclarant clairement et officiellement, recevable dans notre demande d'annulation des élections "au nom de l'intérêt collectif de la profession", donc des salariés qui la composent. C'est un véritable pied de nez au Patronat réactionnaire et aux syndicats d'entreprise de collaboration: CGT Dalkia et direction de la Fédération Construction CGT en tête, qui n'hésitent pas une seconde à s'allier à l'employeur pour éliminer le syndicat de lutte de classe et de masse que nous sommes.

            Enfin, la condamnation de Dalkia (et son principal complice: la CGT Dalkia intervenant volontaire chaque fois que cela est possible, contre le CGT-E, certainement pour palier la mise en danger de sa bureaucratie syndicale et des rentes de situation qui ont justifié la trahison ignoble de certains de ses "militants" à verser 1 000 euros au CGT-E et 1 000 euros à Bruno SINAGOGA, codemandeur de ce pourvoi.


ÉCHOS DES LUTTES

Harcèlement, sexisme et répression syndicale chez Dalkia

            Le CGT-E est le continuateur de la CGT révolutionnaire au sein de Dalkia. Sa création, en novembre 2005, par des ex-militants de la CGT attachés au syndicalisme de lutte de classe, exclus ou forcés au départ, a fait tomber de nombreux masques. Il a surtout permis aux salariés de constater le soutien et le rôle de la direction de l'entreprise dans la structuration et l'organisation du syndicalisme d'accompagnement symbolisé par un panel d'élus émanant des 5 organisations dites représentatives. Ces élus constituent une véritable aristocratie ouvrière dans l'entreprise. Ce sont des salariés qui, via les sinécures, les honneurs, les rémunérations se sont parfaitement intégrés à la DRH dont ils sont devenus les défenseurs et les relais. 

Le CGT-E , ennemi principal

            Ainsi, le CGT-E est devenu l'ennemi principal de cette alliance sacrée. Ses principaux animateurs constituent désormais l'unique cible de la répression syndicale et de la politique discriminatoire de Dalkia. Pour preuve, jamais dans l'histoire centenaire de la société, une direction n'a mis autant de conviction dans sa collaboration avec les syndicats dits représentatifs, notamment avec des responsables de la CGT à tous les niveaux (Confédération, Fédérations, Unions Départementales, Unions Locales, syndicats d'entreprise) et de moyens humains et financiers (mobilisation de la DRH nationale, des DRH régionales et de leurs relais dans les centres et les agences, engagement d'un cabinet d'avocats prestigieux, moyens financiers et heures de délégation supplémentaires accordés aux représentants et aux élus des organisations représentatives, signatures en catimini d'accords électoraux "adaptés" (voire atypiques et locaux comme en région Aquitaine) pour contrer, en vain, la représentativité du CGT-E.

            Cette lutte a hélas un prix. Ainsi, de nombreux militants et syndiqués du CGT-E sont victimes d'actes de harcèlement et de discrimination. Pour preuve, le Conseil des Prud'hommes de Thouars a condamné la société à payer 45 000 euros à un syndiqué harcelé et licencié abusivement: une plainte en pénale contre Dalkia a été déposée par l'Inspecteur du Travail après avoir annulé le licenciement d'un autre syndiqué. Cette plainte est actuellement instruite par la police judiciaire à la demande du Procureur de la République; une troisième procédure prud'homale pour harcèlement moral contre un autre syndiqué est en cours à Dreux. Plusieurs dossiers pour discrimination syndicale ont été déposés par des militants de la région parisienne; le secrétaire du CGT-E a subi plusieurs sanctions financières, etc.

Licenciement pour fait syndical

            Une nouvelle affaire vient ainsi illustrer cette dérive répressive. Au moment où l'aristocratie syndicale de la région Dalkia Nord se cotise pour offrir un cadeau de remerciement au directeur régional pour le soutien qu'il leur a prodigué lors des dernières élections professionnelles (la cérémonie de remise de cadeau s'est déroulée lors d'une réunion plénière du CE), notre camarade Evelyne GAILLET, secrétaire générale du CGT-E, section Nord, vient d'être licenciée sans ménagement pour des motifs ridicules mais dont l'objet vise à masque le licenciement pour fait syndical.

            Ainsi donc, Evelyne paie aujourd'hui un lourd tribu pour son activité syndicale et son action militante, honnête, dans le cadre de ses mandats d'élue du personnel. En effet, Evelyne a subi depuis maintenant deux ans des actes de harcèlement répétés, des injures et propos sexistes ... voire des menaces de mort de la part d'élus CGT du CE peu scrupuleux, et ce au su et au vu de la direction, pourtant alertée à plusieurs reprises. À l'époque, les instances confédérales et son secrétaire général ont été également alertés. Mais en vain.

Soutenir Évelyne

            Cette répression machiste (le terme sied parfaitement à la situation) résulte de la demande obstinée de notre camarade d'obtenir des explications sur la gestion pour le moins douteux des comptes du CE de Dalkia-Nord dont elle est membre. Cette exigence fait suite au fait que des élus se partageaient, sous couvert de remboursement de frais kilométriques et de frais de bouche (en plus des primes de panier), près de 90% du budget de fonctionnement en dépit de l'existence d'accord syndical, leur attribuant des moyens financiers et leur autorisant l'usage de véhicules de service pour l'exercice de leurs missions. Cette revendication a, curieusement, déplu à la direction régionale qui a réagi violemment contre notre camarade par des sanctions financières, une mise à pied et ... maintenant, une mise à mort professionnelle par la rupture abusive et unilatérale de son contrat de travail.

            Pour autant, bien que souffrante, Évelyne n'a pas l'intention de baisser les bras. Le CGT-E prépare une campagne de solidarité et de soutien pour demander l'annulation de son licenciement et sa réintégration à son poste de travail.

Manifestez votre soutien à Évelyne GAILLET sur le site du CGT-E

http://www.cgtedalkia.com

 

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