Résistance!
«Vague bleue, déferlante sarkozyste, tsunami présidentiel... », les images n’ont pas manqué, dans les médias, pour annoncer et préparer la victoire de l’UMP aux législatives. En occupant 60% des sièges à l’Assemblée avec 45% des voix au 1er tour, la droite sarkozyste profite logiquement du piège institutionnel renforcé en 2002 par le gouvernement JOSPIN : celui d’un régime présidentiel quasi monarchique, dans lequel le Parlement n’est plus qu’une chambre d’enregistrement des ordres donnés par l’élu du Capital, le Président de la République. Le record d’abstention, au 1er tour des législatives, met encore mieux en lumière cette réalité.
L’illusion démocratique sous le capitalisme.
Cette supercherie de démocratie n’est pas nouvelle : depuis le XIXè siècle, le pouvoir capitaliste s’est doté des outils de l’illusion «démocratique» lui permettant de faire écran entre sa dictature de classe et la pression populaire. L’outil principal, c’est l’alternance entre droite et social-démocratie, qui permet un passage de témoin régulier pour la poursuite de politiques au service du Capital. Dans ce cadre, le parlementarisme sert également de paravent aux diktats de la bourgeoisie monopoliste. Belle démocratie, en effet, que ce scrutin majoritaire détournant le suffrage universel (minorité de sièges pour 55% de voix hors UMP), cette Assemblée si peu représentative de la population (87% d’hommes, 0,5% d’ouvriers, 5% d’employés, aucun immigré), ce haut lieu de palabres souvent rendues stériles par le couperet de l’article 49-3, où la prétendue opposition de gauche ne s'agite que pour mieux anesthésier l'agitation populaire. Conséquence de l’hégémonie d’un Président qui impulse les lois et qui gouverne à la place de ses ministres : le caractère corrompu donné à la fonction d’élu sous le régime capitaliste, n’en est que plus flagrant, avec son lot de privilèges venant récompenser les bons et loyaux services rendus au Patronat. En 2007, la majorité de l’assemblée sortante vient de voter 5 ans d’indemnités aux députés non élus.
Construire le front uni des luttes contre le libéralisme.
La vraie démocratie, celle qui garantit les droits sociaux conquis de haute lutte, et qui permet d’en conquérir de nouveaux, devra donc s’exercer directement là où les travailleurs, les privés d’emploi et les jeunes subissent l’oppression capitaliste : à partir de collectifs nombreux sur les lieux de travail, dans les quartiers populaires, dans les établissements scolaires, visibles dans les rues de nos villes, nous devrons lutter contre patrons et dirigeants, et fédérer nos luttes en un vaste mouvement de résistance anti-libérale, sur la base de revendications sociales et politiques offensives. Ces capacités de résistance sont loin d’être éteintes, car elles ne dépendent pas des résultats électoraux. SARKOZY et ses amis capitalistes, qui ont assisté à la victoire des jeunes contre le CPE, puis au réveil de la classe ouvrière à travers ses centaines de grèves pour de meilleurs salaires et contre la précarité, le savent bien.
Les premières batailles à mener.
C’est pourquoi, avant même les législatives, ils ont lancé leur «Blitzkrieg» (guerre éclair) de mesures libérales, à faire adopter dès cet été par la nouvelle Assemblée : en une même salve, les mesures répressives (limitation du droit de grève, durcissement du Code pénal), les cadeaux aux plus riches (bouclier fiscal à 50%, droits de succession supprimés, impôt sur la fortune allégé), aux patrons (heures supplémentaires exonérées de cotisations sociales, contrat unique), et la marche accélérée vers la privatisation des services publics de santé et d’éducation (franchise, carte scolaire, autonomie des universités). Les exonérations des impôts des richards seront payées par l’augmentation de la TVA populaire. Le tout sur fond de violation du NON français au Traité constitutionnel européen : l’Europe du Capital (Espagne, Allemagne, Italie en tête) applaudit en effet SARKOZY, qui propose une «version simplifiée» du Traité, ainsi qu’une «Union méditerranéenne» conçue comme bras armé de l’impérialisme contre les peuples d’Afrique et du Proche-Orient.
L’engagement de l’URCF dans les luttes.
Les effets désastreux de ces mesures ne tarderont pas à se faire sentir, en premier lieu dans la classe ouvrière, puis dans l’ensemble du monde du travail. Partout où ils sont présents, les militants de l’URCF participent à l’organisation de la résistance la plus large possible, en s’appuyant sur leurs axes de lutte d’urgence ; ils travaillent à l’unification des luttes, en appelant à la solidarité de classe entre travailleurs ; ils dénoncent la logique de «partenariat social», voire d’accompagnement, mises en œuvre par les directions syndicales réformistes, y compris à la CGT ; enfin, ils sont porteurs de perspectives révolutionnaires, afin que les travailleurs ne se retrouvent pas à nouveau piégés par le jeu de l’alternance, ou par la tentation du fascisme : les racines du mal se trouvent au sein du système capitaliste, qui ne s’aménage pas et ne «partage pas ses richesses». À sa place, devra être construite, sous la direction de la classe ouvrière, la seule société véritablement démocratique : le socialisme ! retour au sommaire
LA CLASSE OUVRIÈRE BASTION DE LA RÉSISTANCE À SARKOZY
Une des particularités minorées par les médias, de cette période électorale, a été le réveil de la classe ouvrière dans des grèves offensives. L’élection de SARKOZY, c'est-à-dire, la venue au pouvoir de l’aile la plus réactionnaire du camp libéral, est le signe de la volonté du Capital de s’attaquer frontalement à la classe ouvrière, en liquidant ses droits et en aggravant l’exploitation, la précarité et la misère. SARKOZY se différencie de ses prédécesseurs par ses références aux ouvriers. Là où JOSPIN n’avait pas prononcé une seule fois le mot «ouvrier» dans sa campagne de 2002, l’actuel président proclame avec une totale démagogie : «J’aime les ouvriers !» (sic). La mise en œuvre de la stratégie des monopoles exige une classe ouvrière aseptisée, intégrée au système via les bureaucraties du syndicalisme d’aménagement. SARKOZY va donc s’appuyer sur les contradictions objectives, notamment, la multiplicité des contrats de travail, sa composition multinationale, pour diviser le prolétariat. Son credo «Gagner plus, travailler plus» s’appuie sur l’individualisme en espérant affaiblir puis détruire la force de résistance des exploités.
Les axes de la riposte ouvrière.
Les marxistes doivent développer la nécessité du collectivisme de combat. Toutes les conquêtes de la classe ouvrière l’ont été par des luttes extraparlementaires, par des grèves radicales et massives (et souvent illégales). C’est par la prise en compte des intérêts communs de la classe ouvrière qui sont ceux des travailleurs, que nous résisterons à la politique du THATCHER français. Les grévistes l’ont bien compris, qui ont su profiter de la campagne pour avancer les revendications fondamentales du monde du travail : salaires, lutte contre la précarité, lutte pour l’emploi.
À PSA-Aulnay, 600 grévistes durant plus d’un mois ont lutté avec des revendications offensives : SMIC à 1 500 € nets immédiatement, 300 € d’augmentation de salaire, embauche des 700 précaires en CDI. Ces axes revendicatifs doivent devenir la plate-forme commune à populariser partout. Les ouvriers d’Aulnay ont dénoncé les dures conditions de travail dans l’automobile, en soulignant la nécessité de la retraite à 55 ans pour les emplois pénibles. La direction n’a pas cédé, notamment en raison de la non extension des grèves aux autres PSA, mais la grève a permis d’arracher des primes significatives et d’améliorer les conditions de travail.
Aux usines Renault du Mans, la flexibilité (recours au travail le samedi) a été rejetée lors d’un référendum interne à plus de 80%. La direction, passant outre, la section CGT a appelé à la grève. La section CFDT s’est rangée aux côtés du Patronat et a cautionné le licenciement de 5 ouvriers et une dizaine de mises à pied. Actuellement, le combat continue pour la réintégration des «5».
À Obernai, à l'usine Kronenbourg, les ouvriers de la brasserie ont cessé le travail, afin d'exiger la fin des heures supplémentaires obligatoires, le passage en CDI pour les intérimaires, l'amélioration radicale des conditions de travail.
Les "Kronenbourg" ont remporté une importante victoire, après 4 jours de grève. La démocratie ouvrière et la consultation permanente des salariés par le porte-parole CGT, ont permis que la riposte soit collective et massive, ce qui a obligé le Patronat à d'importantes concessions, notamment la reconnaissance du caractère volontaire des "heures sup.", le passage en CDI des précaires.
Ces luttes sont citées parmi tant d'autres, mais l'expérience acquise permettra des lendemains victorieux. Là où les luttes restent l'apanage d'une avant-garde et qu'elles ne suscitent pas l'entrée en action des autres usines du groupe, il est plus difficile de gagner. Ici ou là, les bureaucraties syndicales, si elles ne manquent pas d'apporter leur "soutien", veillent à empêcher toute extension du mouvement. Chez PSA et Renault, où les cadences ont conduit plusieurs salariés au suicide, le Patronat joue la division, entre des syndicats devenus "maison" et les sections combatives. L'accord de flexibilité était déjà appliqué dans les autres usines. Les confédérations évitent de porter des revendications de haut niveau. La plate-forme revendicative des PSA et des Renault-Le Mans doit devenir le bien commun pour le combat de la classe ouvrière et des travailleurs. Le syndicalisme d'aménagement conduit, de plus en plus, les centrales à s'inscrire dans la "négociation" à partir des propositions gouvernementales. "On va donc discuter et négocier sur le service minimum!". L'acuité du combat de classe a de toutes autres exigences. Il faut faire monter les revendications vitales, organiser le mouvement gréviste, le coordonner. Obliger le Patronat, à partir du rapport de forces obtenu, à satisfaire nos besoins urgents. C'est une toute autre conception du syndicalisme qu'il faut populariser et mettre en œuvre. Ce syndicalisme de lutte de classes incarné par la CGT de FRACHON, a fait ses preuves et est à l'origine des grandes conquêtes sociales. Sa renaissance obéira à un processus fait à la fois de débats et discussions - le succès du Forum syndical de lutte de classe - est à cet égard encourageant. Mais l'aspect essentiel réside dans les luttes, dans les comités de grève, dans la solidarité interprofessionnelle qui rapprochera tous les tenants et praticiens du syndicalisme de lutte de classe et de masse.
Le travail de l'URCF dans les usines.
L'URCF considère que le parti communiste se reconstruira par l'ancrage militant dans les monopoles, afin de créer des sections communistes. Le travail communiste dans l'entreprise, riche de l'expérience de bolchevisation du PCF dans les années 20, a sa propre identité, différente du travail syndical de masse, plus large. Les sections communistes d'usines diffusent l'analyse de la politique du Capital et de celles de la direction de leur groupe, des fusions et capitalisations, des délocalisations, du pillage des monopoles en Afrique ou ailleurs, et dénoncent le scandale des "parachutes dorés". La section communiste s'oppose à la politique gouvernementale en la reliant à la dénonciation du capitalisme, appelle à organise la solidarité de classe, veille aux alliances de classes nécessaires pour vaincre le Capital. Les fédérations et sections URCF ont contribué à populariser la grève des Renault et des PSA y compris dans les entreprises voisines (collecte financière de solidarité-grévistes), dans la localité, dans les usines du groupe.
L'URCF veille à faire grandir le "Tous ensemble et en même temps" travaille à créer les conditions de la grève générale nécessaire pour battre les réformes réactionnaires et globales de SARKOZY.
La création de sections URCF dans les usines constitue un premier succès encourageant mais il faut travailler encore et encore afin de faire de chaque entreprise, "une forteresse de la lutte de classe" (LÉNINE). C'est une voie difficile, qui exigera patience et énergie, mais obligatoire pour que la classe ouvrière, porteuse de la seule alternative au capitalisme: le socialisme, puisse dans un avenir proche, avec l'ensemble des forces du travail lésées par la politique brutale de SARKOZY, forger la résistance qui sera victorieuse demain!
retour au sommaire
Forum «pour un syndicalisme de classe et de masse»
Le Forum "pour un syndicalisme de classe et de masse (à Paris, le samedi 26 mai 2007) a connu un franc succès. Tenu à l’initiative de plusieurs collectifs syndicaux, dont CL.CGT, il a rassemblé 150 militants syndicalistes de diverses organisations syndicales (principalement de la CGT) et de divers secteurs d’activité économique (public et privé) ainsi que des jeunes étudiants et salariés en lutte. Le Forum a révélé des potentialités et des disponibilités militantes fortes, favorables au syndicalisme de classe et de masse. Il a permis de réduire l’isolement des collectifs et militants déjà engagés, de créer des liens entre syndicalistes de lutte de classe. Une résolution a été adoptée à l’unanimité (moins 1 abstention) : elle constitue un programme d’actions porteur de perspectives mobilisatrices contre la politique du Patronat, et son soutien, le syndicalisme d’accompagnement et de collaboration de classe.
Extraits de la résolution du Forum
Adoptée par 150 militants syndicalistes rassemblés en « Forum pour un Syndicalisme de Classe et de Masse », le 26 mai 2007 à Paris, à l’initiative des collectifs syndicaux: CL.CGT, CUFSC, CGT–E Dalkia, CILCA, le Blog Où Va La CGT, la FSE Paris I et IV, avec le soutien du collectif CGT des Métallos du Nord.
«Après avoir procédé à une analyse approfondie de la situation du mouvement social et syndical, les militants syndicaux réunis au Forum déclarent : Renforcer la concertation et la coordination des pôles d’opposition et de résistance (syndicats de base, UL, UD de la CGT et d’autres syndicats, collectifs, militants) afin de constituer un regroupement pour le syndicalisme de classe et de masse contre la collaboration de classe du «syndicalisme rassemblé», d’accompagnement des politiques capitalistes nationales, européennes et internationales.
Ce regroupement a pour but de :
- Redonner confiance aux travailleurs dans leur capacité d’action contre les agressions des patrons et de l’État capitaliste, pour la défense des acquis de 1936, 1945 et 1968, et pour la conquête de nouveaux droits.
- Populariser l’arme de la grève comme moyen de lutte pour la défense des intérêts matériels et moraux immédiats des travailleurs, mais aussi pour ouvrir des perspectives anti-capitalistes.
- Renforcer le courant syndical de classe et de masse au sein des syndicats, jusqu’à la refondation d’une centrale ouvrière de lutte de classe, unifiée et démocratique, renouant avec les principes qui ont présidé à la création de la CGT.
- Lutter contre la criminalisation de l’activité syndicale, des militants syndicaux et associatifs, pour la défense des jeunes poursuivis en justice suite aux diverses mobilisations.
- Organiser une campagne nationale contre la «Sécurité Sociale Professionnelle», pour la défense du droit de grève, contre le contrat unique de travail, et autres projets de SARKOZY et du MEDEF.
- Renforcer la solidarité anti-impérialiste et exercer une vigilance accrue sur le syndicalisme international, notamment vis-à-vis de la CES et de la CSI, organisations auxiliaires de l’UE et de l’impérialisme.
- Éditer et diffuser régulièrement un bulletin de liaison, populariser les luttes et contribuer à organiser la solidarité militante et financière avec les travailleurs en grève.
- Favoriser la convergence interprofessionnelle des luttes, contre la dispersion des luttes encouragée par les directions syndicales collaboratrices de classe.
- Diffuser des matériaux d’analyse et d’éducation syndicale sur des bases de classe, des contributions et échanges entre collectifs et militants pour contrer le travail de déséducation marqué par l’esprit d’accompagnement et de capitulation.
- Élaborer, avec les travailleurs en lutte (salariés en activité du privé et du public, privés d’emploi, retraités), une plate-forme syndicale comme outil de défense des acquis et de conquête de nouveaux droits, mais aussi comme base d’un programme revendicatif national et unificateur des luttes pour défendre des intérêts et aspirations convergentes : salaires, conditions de travail, retraites, défense de l’emploi, lutte contre le chômage et la précarité, refus des licenciements, lutte contre le racisme, refus des privatisations, refus des guerres impérialistes.
- Organiser un second Forum du Syndicalisme de Lutte de Classe et de Masse.»
retour au sommaire
Face à l'État fort: LA FORCE DES LUTTES!
L’arrivée de SARKOZY au poste de premier représentant de la bourgeoisie au pouvoir correspond à une tentative de parachever la destruction des acquis et des services publics qui entravaient encore la “compétitivité” et la libéralisation totale de l’économie. La mise en place d’un régime autoritaire et répressif révèle la difficulté pour le Capital d’étouffer les luttes des travailleurs du public et du privé.
Les dernières élections confirment également que la social-démocratie (PCF, LCR...) n’est plus apte ou ne suffit plus à encadrer la classe dont elle espérait éteindre la lutte et lui faire perdre sa conscience de classe. Plus de vingt ans d’attaques contre les salaires et les conditions de travail, les millions de suppressions d’emplois, la réduction du pouvoir d’achat, les hausses de prix liées aux profits et à la monnaie unique frappent de plein fouet les travailleurs qui n’ont souvent plus rien à perdre. La bourgeoisie se trouve donc en difficulté du fait que l’écran tendu entre elle et la masse des exploités se déchire. D’autre part, la nécessité de luttes convergentes d’ampleur entre de plus en plus dans les consciences après les impasses des formes imposées par les directions syndicales : journées d’action isolées, attentisme sous prétexte de négociation, cantonnement des luttes sur des revendications économiques (prime de départ au lieu du maintien des emplois), capitulation en échange de promesses sur la «sécurité sociale professionnelle»...). La bureaucratie syndicale a du mal à contenir la colère des travailleurs qui deviennent réceptifs aux positions de ceux qui prônent le syndicalisme de lutte de classe. Ce n’est pas un hasard si la répression bat son plein à Dalkia alors que les travailleurs accordent majoritairement leur confiance au CGT-E qui les défend et refuse toute compromission et toute corruption. Les discussions sur le «service minimum», sur lequel les chefs des centrales réformistes vont probablement céder, entrent dans le cadre de la criminalisation de la lutte syndicale, accompagnée de répressions contre les militants ouvriers (comme les cinq de Renault) qui ne se laissent pas acheter.
Le glissement réactionnaire du pouvoir, qui se manifeste dans tous les domaines (on vient d’ouvrir une prison pour mineurs malgré l’opposition d’un grand nombre de magistrats et d’éducateurs) va aussi entrer en confrontation avec des couches démocratiques de la population, à l’instar du Patriot Act de BUSH qui fait descendre dans la rue et entrer en politique des catégories de gens pour qui la notion de contestation était jusqu’ici étrangère à leur milieu. Les réactions aux expulsions de familles, d’enfants immigrés de la part du personnel enseignant, des militants associatifs et même de simples gens qui s’organisent et étendent leur mouvement, préfigurent les formes de luttes populaires que SARKOZY et sa bande vont engendrer.
Ainsi, les bases d’un rapprochement entre les luttes ouvrières et démocratiques sont posées. Au niveau politique, elles peuvent se développer sur les axes de la défense des services publics accessibles, de l’opposition à l’UE - SARKOZY réintroduit en force le Traité rejeté par les Français -, du refus de la guerre préparée par KOUCHNER et les marchands de canons.
Ces luttes sont le terreau sur lequel se construit le parti communiste révolutionnaire, ce à quoi l’URCF s’attelle en mettant en avant la lutte contre le capitalisme et la nécessité pour celui-ci de céder la place au socialisme. retour au somaire
90è ANNIVERSAIRE D'OCTOBRE 1917
(seconde partie)
COMMENT VAINCRE LE TSARISME?
La Russie au début du XXè siècle constituait une réalité complexe à la fois de développement capitaliste et de survivances du féodalisme avec le joug impitoyable du despotisme tsariste.
Forts de l’exemple de la Révolution démocratique-bourgeoise française de 1789-93, les marxistes russes estimaient que la Russie était grosse d’une révolution démocratique afin de renverser le régime tsariste, d’instaurer la République, les libertés citoyennes, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, l’expropriation de la grande propriété foncière et la remise de la terre à ceux qui la travaillent.
Le Parti Ouvrier Social-démocrate de Russie (POSDR) était divisé en deux tendances, en fait «deux partis distincts» (LÉNINE en 1905) mais «unis» organisationnellement.
Une divergence stratégique majeure opposait mencheviks (opportunistes) et bolcheviks (révolutionnaires) sur la compréhension des forces motrices et d’objectifs de la révolution démocratique-bourgeoise.
La stratégie menchevique.
Pour ce courant, la force dirigeante de cette révolution démocratique ne pouvait être que la bourgeoisie libérale, intéressée à instaurer les libertés citoyennes, à faire correspondre une superstructure républicaine aux rapports de production capitalistes. Dans ce schéma tracé par PLEKHANOV et MARTOV, le prolétariat devait soutenir comme allié cette même bourgeoisie libérale, rejetant l’aristocratie et la paysannerie «arriérée». Dans ce cadre, les mencheviks conseillaient au prolétariat d’adopter des formes de luttes «responsables». Un déploiement trop accentué des luttes prolétariennes et des grèves pouvait conduire la bourgeoisie à tomber dans les filets du tsarisme, par crainte des «désordres». Les mencheviks prenaient l’engagement de ne pas participer à un gouvernement provisoire, dissimulant leur opportunisme réel sous une phrase de "gauche" : «pas de participation à un gouvernement bourgeois»! On a là un clair exemple de tactique opportuniste qui n’a pas manqué de se reproduire dans d’autres conditions et lieux. Sa première caractéristique est de pousser à l’auto-limitation des luttes pour ne pas effrayer des alliés (qui ne le sont pas en réalité), au recours à une rhétorique «révolutionnaire» pour camoufler les capitulations réelles. Le «refus» de siéger au gouvernement ne se posait pas en pratique puisque les mencheviks confiaient toutes les rênes du pouvoir à la bourgeoisie. La stratégie réformiste était claire, les mencheviks misaient, comme leurs homologues révisionnistes de la Seconde Internationale, sur une longue phase de développement capitaliste, l’inscription dans les luttes électorales permises par la démocratie bourgeoise, l’accession au pouvoir et un illusoire avènement du socialisme dans ce cadre.
Le trotskisme ou le centrisme.
Ce courant fortement ancré autour de la personnalité de TROTSKI appartenait au courant menchevique du point de vue organisationnel. TROTSKI ne goûtait guère la discipline prolétarienne et avait un point de vue singulier sur la nature de classe de la révolution à conduire pour vaincre le tsarisme, tout en se désolidarisant de l’aile droite de la social-démocratie russe. TROTSKI et son ami PARVUS défendaient le concept soi-disant emprunté à MARX de «révolution permanente». TROTSKI avançait l’idée qu’il fallait «sauter par-dessus l’étape démocratique de la révolution» et aller directement à une révolution ouvrière. MARX évoquait plutôt une permanence de la révolution, c'est-à-dire une continuité entre les tâches révolutionnaires démocratiques et socialistes mais nullement le contournement d’une étape de lutte à la suivante. Pour TROTSKI, le tsarisme ne pouvait être renversé que par un «gouvernement ouvrier» s’attaquant résolument à la propriété privée, c'est-à-dire refusant de donner la terre aux paysans. Les léninistes critiquèrent cette conception qui aurait eu pour conséquence de soulever la paysannerie ... contre le prolétariat, contribuant ainsi à renforcer la base sociale du tsarisme et de la grande bourgeoisie! On mesure ici l’incompréhension et même l’hostilité du trotskisme à l’égard des potentialités révolutionnaires et démocratiques de la paysannerie. À l’objection des bolcheviks dénonçant ce schéma aventureux, TROTSKI évoquait l’internationalisme et misait sur la révolution internationale des ouvriers et des travailleurs des autres pays plus développés d’Europe pour aider le prolétariat russe à vaincre le tsarisme, la bourgeoise, la paysannerie (excusez du peu !).
Il s’agit là d’une véritable fuite en avant, d’une stratégie «révolutionnaire» en chambre, ignorant l’inégalité de développement économique, politique, de conscience révolutionnaire entre pays, propre au stade impérialiste. En clair, le rêve d’un soulèvement simultané de tous les pays ou d’une écrasante majorité de pays d’Europe, rendu improbable avec l’impérialisme, puisque certains États se développent au détriment d’autres et ainsi «achètent» par les surprofits certains éléments du prolétariat et de l’aristocratie ouvrière du pays dominant.
La politique prônée par TROTSKI aurait conduit, avec une vision opposée formellement aux mencheviks, à isoler pareillement la classe ouvrière et à une même dépendance vis-à-vis de la bourgeoisie (pour les mencheviks), d’une hypothétique révolution simultanée et européenne (pour TROTSKI). Par la suite, le trotskisme, sabotera toutes les révolutions démocratiques anti-impérialistes de la Chine au Venezuela, en passant par la Révolution cubaine.
La stratégie bolchevique.
LÉNINE étudia à fond les écrits de MARX et ENGELS sur la révolution démocratique allemande et la guerre des paysans. Partant des prémisses du développement impérialiste du capitalisme, LÉNINE eut plusieurs intuitions théoriques remarquables, confirmées par toute l’expérience des luttes de classes au XXè siècle.
La révolution «démocratique-bourgeoise» est dans un sens plus avantageuse au prolétariat qu’à la bourgeoisie. En effet, le passage à l’impérialisme conduit la bourgeoisie à un tournant réactionnaire, à limiter toujours plus les libertés démocratiques (bourgeoises) qu’elle défendait au stade ascensionnel du capitalisme. En Russie et dans toute une série de pays coloniaux ou dépendants, la bourgeoisie était (et est) davantage intéressée à un compromis avec l’aristocratie et les grands propriétaires féodaux, du type monarchie constitutionnelle, qu’à la lutte pour une république démocratique.
LÉNINE considérait donc qu’au stade impérialiste, les révolutions démocratiques-bourgeoises peuvent et doivent être dirigées par la classe ouvrière, alliée à l’ensemble de la paysannerie, en neutralisant la bourgeoisie libérale, en accordant la terre aux paysans. La cible de la révolution démocratique visait l’aristocratie et son appareil d’État bureaucratique et despotique (le tsarisme), les grands propriétaires fonciers, les éléments du capital financier qui s’appuient sur les survivances du féodalisme.
Cette révolution démocratique, surgissant d’une combinaison de grèves générales politiques et d’une insurrection populaire, amènerait au pouvoir un gouvernement révolutionnaire détruisant la machine d’État tsariste, instaurant la République démocratique, accordant les libertés politiques fondamentales : d’association, d’expression, le droit à l’autodétermination des peuples opprimés, la réforme agraire pour éliminer la propriété de type féodal, enfin la satisfaction des revendications urgentes de la classe ouvrière et du peuple-travailleur. Ce gouvernement révolutionnaire constituerait en fait une dictature (pouvoir politique) de la classe ouvrière et de la paysannerie.
LÉNINE estimait qu’aucune «muraille de Chine» ne sépare la révolution démocratique réalisée de la révolution socialiste à construire.
LÉNINE et STALINE développèrent les enseignements de MARX sur «la transformation de la révolution démocratique en révolution socialiste» dans les États de faible développement capitaliste, coloniaux ou dépendants. Forts de conditions de luttes plus favorables, s’appuyant sur les libertés conquises par la révolution démocratique, les révolutionnaires et communistes peuvent s’engager dans la lutte directe pour le renversement de la classe capitaliste et des gros agrariens, pour la révolution socialiste, prolétarienne. Les thèses des bolcheviks ont été confirmées après la révolution démocratique de février 17 par la lutte qui sera victorieuse pour transmettre «tout le pouvoir aux Soviets» lors de la révolution socialiste d’octobre 17, lors des révolutions démocratiques populaires après l’écrasement du fascisme, qui furent à l’origine de la formation du camp socialiste, lors de la Révolution démocratique nationale chinoise en 1949, lors de la révolution cubaine.
Sur la base des enseignements de LÉNINE et des bolcheviks, l’Internationale Communiste, dans son programme mondial adopté au VIè Congrès (1928), a éclairé les tâches stratégiques des divers partis communistes selon le degré de développement du capitalisme.
A) Dans les États impérialistes (capitalisme développé) tels les États-Unis d’Amérique, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France, la tâche stratégique est de renverser le capitalisme, la révolution est donc socialiste.
B) Dans les États de capitalisme moyennement développé où demeurent des survivances du féodalisme, la révolution suit deux étapes, tout d’abord révolution démocratique-populaire et ensuite, après consolidation du pouvoir démocratique, lutte révolutionnaire pour le socialisme.
C) Dans les États coloniaux opprimés par l’impérialisme, la grande bourgeoisie compradore et les grands propriétaires fonciers, le processus révolutionnaire a deux étapes : ce que le Komintern a appelé la révolution national-démocratique (ou démocratique populaire) pour assurer la victoire de la libération nationale et l’indépendance du pays, puis passage à la révolution socialiste quand le prolétariat sera en mesure d’obtenir l’hégémonie politique sur ses alliés populaires. L’héritage du léninisme doit guider notre action. En France, la cible des travailleurs et de la classe ouvrière, c’est bien le capitalisme et son régime incapable aujourd’hui de satisfaire les besoins élémentaires matériels et culturels de l’immense majorité des exploités. Oui, nous luttons pour une révolution socialiste en France, jetant le capitalisme dans les poubelles de l’histoire, dans la perspective de la révolution mondiale de tous les exploités et opprimés. retour au sommaire
SARKO LE REVANCHARD
Pendant la campagne des Présidentielles, Nicolas SARKOZY n’a pas hésité à citer des personnages dont il se disait même parfois le continuateur de leurs idéaux. Tout cela aurait pu n’être considéré que comme propagande électorale, sauf qu’il a voulu en rajouter en citant Guy MÔQUET, mort pour la France, en oubliant de rappeler qui était ce dernier et pour quelles raisons ce jeune communiste de 17 ans avait été fusillé à Châteaubriant .
Si le journal l’Humanité du 24 mai 2007 a largement rappelé la courte vie de Guy MÔQUET, par contre aucune protestation n’a été faite sur la récupération et le détournement de cette période de l’histoire de France ! Regrettable, certes mais peu étonnant quand on sait où en est rendu le PCF d’aujourd’hui !
Dès les années 30, alors que le fascisme est au pouvoir en Italie, au Portugal et qu’il est aux portes de la Pologne, de l’Espagne, de la Hongrie et des nombreux autres pays d’Europe, la bourgeoisie française ne cache pas qu’elle préfère HITLER au Front Populaire. Les historiens courageux le rappellent, preuves à l’appui (lire «Le choix de la Défaite » d’Annie LACROIX-RIZ), la classe dirigeante française a aidé ouvertement HITLER à accéder au pouvoir! L’URSS essaiera sans succès de signer un Traité de sécurité collective avec l’Angleterre et la France ; elle devra, pour gagner un temps appréciable, signer le Pacte de non-agression Germano-Soviétique. Le déchaînement de la bourgeoisie française sera d’une violence incroyable : le PCF sera alors interdit le 4 avril 1939, par le décret SÉROL (nom du ministre socialiste) qui punissait de prison et même de la peine de mort ceux qui «font de la propagande communiste ».
De nombreux militants communistes illégaux seront recherchés, emprisonnés. L’écrasante majorité des députés communistes, sommés de renier leurs idéaux, refuseront et seront, pour la plupart, déportés au bagne de Maison Carré en Algérie. Ce sera le cas de Prosper MÔQUET, député communiste du 17è arrondissement de Paris, père de Guy, arrêté le 10 octobre 1939. Réfugié avec sa mère et ses frères et sœurs en Normandie, Guy MÔQUET partira pour Paris en laissant un petit mot à sa mère : «Papa est arrêté, je dois le remplacer». Il sera arrêté à son tour le 13 octobre 1940 à la gare de l’Est par la police française et emprisonné à la Santé. Jugé en janvier 1941, il sera acquitté en raison de son âge mais restera en détention à Clairvaux, puis sera détenu dans le camp d’internement de Châteaubriant.
Le 21 août 1941, le colonel FABIEN abat, en plein jour, un officier allemand au métro Barbès ; ce sera un des premiers actes de lutte armée de la part du Parti communiste. Le 20 octobre 1941, à Nantes un commando FTP exécute le commandant allemand de la place.
Le général allemand commandant les forces allemandes en France demandera alors au gouvernement français 50 otages à fusiller. PUCHEU, le ministre de PÉTAIN, choisira parmi 200 noms proposés par le préfet LECORNU de Loire Inférieure, les 27 qui seront remis aux Allemands pour être exécutés le 22 octobre 1941 à la Sablière. Parmi eux, se trouve Guy MÔQUET. D’autres seront fusillés près d’Angers, de Nantes ainsi que dans la région parisienne.
Petit rappel sur le triste sire PUCHEU. Il était, avant les faits, administrateur des Fonderies de Pont-à-Mousson, des aciéries de Micheville, fondateur du Cartel international de l’acier qui aida tant HITLER à s’emparer du pouvoir. Membre du Comité des Forges, il fut très représentatif de cette grande bourgeoisie qui prenait sa revanche sur la classe ouvrière. Ce triste sire a osé, en 1943, prendre contact avec la Résistance, qui su, heureusement, liquider ce boucher et ce traître. Les 26 autres fusillés sont des dirigeants de la CGT : J.P. TIMBAUD, Charles MICHELS, Jean POULMARCH, des élus communistes et des militants ...
À la fin de la guerre, la bourgeoisie qui avait totalement collaborée avec les nazis, n’avait plus aucun crédit. Mais elle n’en était pas à sa première expérience, contrairement à ceux qui prétendent qu’elle est «la plus bête du monde». Elle n’avait pas mis tous ses œufs dans le même panier. De GAULLE et son RPF, le MRP et le PS furent ses représentants pour défendre ses intérêts. On fit certes quelques exemples (nationalisation de Renault) pour mieux laisser intact le dispositif bourgeois qui dut faire des concessions sociales exigées par la classe ouvrière et son parti. (sécu, nationalisations). Mais, au fil des décennies, le Capital a remis en cause les acquis en soudoyant les partis politiques et le mouvement syndical .
Aujourd’hui, c’est le moment crucial de se rappeler l’exemple de Guy MÔQUET, combattant de l’indépendance nationale, communiste, et de tous ceux qui donnèrent leur vie pour un avenir meilleur! SARKO insulte le peuple en osant se servir de Guy MÔQUET, notre revanche à nous ce sera de mettre en échec ses projets anti-sociaux et de faire avancer les revendications des travailleurs ! retour au sommaire
VENEZUELA
Pour le socialisme: le Parti Marxiste Léniniste
Le 13è Congrès extraordinaire du PCV (Parti Communiste du Venezuela) les 2 et 3 mars 2007, analysant la situation, a qualifié le processus en cours au Venezuela de "Révolution de libération nationale qui doit clôturer avec succès les tâches de récupération complète de la souveraineté et de l'indépendance nationale" pour avancer dans la conquête de la justice et de l'égalité sociales; cette phase du processus révolutionnaire demande la plus large unité nationale anti-impérialiste. Alliance de classes et couches sociales allant de la bourgeoisie nationale à la petite bourgeoisie, les couches intermédiaires jusqu'à la classe ouvrière et autres secteurs de travailleurs et travailleuses, les paysans et autres couches sociales exploitées contre la bourgeoisie compradore, les latifundiaires et l'impérialisme états-uniens. Alliance autour d'un programme minimum de transformations, liées au développement économique et à la liquidation de la domination oligarchique et impérialiste. Ce bloc de forces patriotiques-révolutionnaires est, en réalité, de par sa composition sociale, un ensemble hétérogène qui, s'il se retrouve dans l'objectif anti-impérialiste, défend en même temps des intérêts différents. S'ensuit logiquement une lutte des classes pour assumer la direction du processus révolutionnaire en cours.
Du résultat de cette lutte dépendront les contenus, les limites, la vitesse et la profondeur de la révolution.
Le PCV démontre que "le processus de transition vers le socialisme exacerbe les contradictions de classe et entraîne de nouvelles définitions, une nouvelle délimitation, de nouveaux regroupements et une recomposition des alliances dont l'aboutissement correspondra aux rapports de forces que nous réussirons à construire. (lire sur notre site la Déclaration intégrale de Carolus WIMMER, membre du B.P, secrétaire des Relations Internationales du PCV).
C'est pourquoi le renforcement de la position de la classe ouvrière est une des priorités du PCV.
Concernant un parti unifié de la Révolution, le PCV rappelle que, pour avancer vers le socialisme, le parti doit avoir pour base idéologique le marxisme-léninisme, tout en intégrant les idées révolutionnaires les plus avancées du peuple vénézuélien (pensée bolivarienne). Définition du fondement idéologique qui doit aller de pair avec la formulation d'un programme révolutionnaire ayant pour objectifs stratégiques la lutte anti-impérialiste avec une orientation socialiste précise. Au niveau organisationnel, le PCV estime qu'il faut un parti de type léniniste, car "sans unité interne, sans centralisme démocratique, sans discipline révolutionnaire, (...) il ne sera pas possible de construire l'avant-garde de la révolution bolivarienne et d'avancer dans la perspective du socialisme". retour au sommaire
Le projet SARKO "heures supplémentaires" vu par un travailleur.
James travaille comme technicien itinérant chez Dalkia, filiale énergie du groupe Véolia Environnement. Son activité consiste à assurer la maintenance et le dépannage des installations de chauffage. Il a accepté de nous donner son point de vue sur le projet SARKOZY relatif aux heures supplémentaires et à leur défiscalisation.
James: Au sein de Dalkia, le travail gratuit est de notoriété publique. Les heures supplémentaires réalisées par les salariés ne sont jamais déclarées, ni comptabilisées. Au mieux, une partie est récupérée selon un système "D" instauré au niveau de chaque service ou secteur. Officiellement la direction n'est pas au courant. En réalité, elle laisse faire. Par ce procédé illégal, il faut le dire, elle a trouvé une soupape de sécurité qui lui permet de pérenniser le travail gratuit qui n'épargne aucune catégorie des salariés.
C'est vrai, quand on est en sous-effectif chronique, quand on est sous la pression permanente du mérite et de la performance à laquelle se rajoute celle des clients, on ne regarde même plus les horaires. Dans un tel contexte, le projet SARKOZY a été regardé avec un certain intérêt par certains salariés. Mais à y regarder de plus près, on a compris que ce projet est une véritable supercherie. J'ai du mal à croire une seule seconde que Dalkia va renoncer à son "travail gratuit". De plus, elle dispose d'un arsenal légal et conventionnel qui lui permet de nous exploiter davantage, en allant jusqu'à l'extorsion (travail non rémunéré). Il y a d'abord l'annualisation du temps de travail et la modulation des horaires. Ces deux dispositions permettent, le cas échéant, de faire travailler ses salariés jusqu'à 45h par semaine, pendant plusieurs mois, en toute légalité.
Je note que les heures travaillées au-delà du quota annuel, ne sont pas considérées comme des heures supplémentaires, mais comme des heures excédentaires qu'on ne peut que récupérer. Franchement, pourquoi Dalkia où le sous-effectif est un choix délibéré, changerait-elle d'option en matière d'emploi, alors qu'elle peut désormais étaler la charge de travail sur l'effectif déjà existant? Partant de là, le "travailler plus pour gagner plus" n'est qu'une chimère. C'est même un véritable scandale, notamment pour les métiers les plus pénibles, pour les salariés les plus âgés qui sont littéralement cassés, usés par des années de travail dur et surtout mal rémunéré.
Comment allons-nous gagner plus même en travaillant plus, nous le faisons déjà trop, quand on voit depuis des années ce qu'est la politique salariale de Dalkia? Quand, année après année, elle tend vers le blocage de nos salaires de base qui ne suivent plus l'évolution du coût de la vie au profit de la généralisation progressive de la prime au mérite? Pour moi, il n'y a que les exploiteurs qui peuvent sortir un tel slogan. Des vampires qui se nourrissent de notre sang et de nos larmes pour s'enrichir encore et encore.
Mon avis définitif sur ce projet? Je suis foncièrement opposé même si j'avais pensé, je l'avoue, qu'on allait trouver un appui pour en finir avec le travail gratuit. Cependant, je suis convaincu que la direction de Dalkia ne renoncera pas pour autant à l'exonération des charges prévue. Elle saura les détourner à son profit pour augmenter ses marges.
retour au sommaire
SÉMINAIRE COMMUNISTE INTERNATIONAL DE BRUXELLES
L'URCF a participé au SCI organisé par le PTB (Parti du Travail de Belgique) du 4 au 6 mai 2007. Le thème de cette année était "validité et actualité de la Révolution d'Octobre 1917".
Les délégués d'une quarantaine de partis et organisations ont débattu sur l'apport et les enseignements de la Révolution bolchevique et les conséquences qu'a subies le Mouvement Communiste International quand il s'est écarté des principes de LÉNINE et de STALINE. La délégation de l'URCF a exposé la situation politique en France sur le terrain des luttes et du travail dans les masses pour construire le parti communiste et unifier les luttes anticapitalistes. Notre début d'implantation dans les entreprises monopolistes, le travail syndical de nos militants, ont grandement intéressé les organisations présentes. Nous avons eu des discussions bilatérales avec plusieurs d'entre-elles, notamment sur la question électorale et le rôle de l'État-instrument de dictature du capital monopoliste.
Plusieurs délégués s'étaient rendus la veille à l'ambassade du Venezuela pour y rencontrer l'ambassadeur et une délégation de députés, afin de montrer la solidarité des communistes envers la révolution bolivarienne et leur soutien au PCV.
Suite à l'annonce de la tentative de détournement d'un avion par trois déserteurs sur l'aéroport de La Havane au cours de laquelle le lieutenant-colonel Victor Ibo ACUNA a été assassiné en s'opposant vaillamment aux assaillants, une motion de solidarité avec Cuba a été signée.
Les témoignages et analyses des délégations du Moyen-Orient soulignent le rôle de BUSH qui déploie sa stratégie de "désordre constructif", visant à instaurer des États confessionnels, communautaires dépendant de l'impérialisme, et la résistance des peuples d'Irak, du Liban et de Palestine. retour au sommaire
EDF : attention DANGER
Au 1er juillet 2007, ouverture totale du marché de l'électricité à la concurrence, votre fournisseur ne sera plus seulement EDF, mais vous pourrez choisir un fournisseur privé. Alors que jusqu'à présent, l'électricité était pour tous et partout au tarif réglementé, (un des moins cher d'Europe), désormais, avec un autre fournisseur, le tarif sera dérégulé: moins cher au départ, il pourra s'envoler ensuite, comme c'est le cas dans les autres pays de l'UE.
Rejetons la loi de la concurrence et battons-nous pour un grand service public de l'énergie en France.
Les luttes dans les boites
Buffalo Grill (91) Solidarité
Ils sont hommes à tout faire chez Buffalo Grill. Ils sont une quarantaine de sans-papiers salariés qui ont investi et occupé le restaurant de Viry-Chatillon (91) pour dire NON aux licenciements. Signons la pétition de l'UD-CGT de l'Essonne: "Ils ont osé dire stop", et exigeons la régularisation des sans-papiers.
Bénéteau (Construction de bateaux en Vendée (85)
600 ouvriers et employés ont déclenché une grève pour réclamer le double (60€) de l'augmentation prévue par la direction. Après 5 jours de grève, ils ont gagné. Rappelons que l'entreprise a fait un bénéfice de 21,5 millions d'€ (plus 42,6%).
Saluons les grèves, entre autres, de la SOGEMA (Charente-Maritime)(17), des Postiers d'Auch (32) et de Paris (75), de Timken à Strasbourg (67), des ouvriers de nettoyage Paris-Austerlitz (75), de la SFR, de la SNECMA-Gennevilliers (92), de l'hôpital de Bobigny (93), de la FNAC (75), et de Véolia (Bouches-du-Rhône) (13).
Saluons et soutenons leurs luttes.
retour sommaire
FÉDÉRATION DE PARIS
Après le 2è Congrès de l'URCF, la bolchevisation en marche: quand "théorique" rime avec "pratique".
Devant le Conseil des Prud'hommes de Boulogne-Billancourt (92) en solidarité avec les grévistes de Renault-Le Mans, distribution d'un tract "HALTE À LA RÉPRESSION ANTI-SYNDICALE", pour dire "NON aux cadences infernales, NON à la flexibilité". Pour la levée des sanctions et la réintégration des 5 travailleurs du Mans. Échanges avec les grévistes: "OUI, la lutte de classe existe bien", la flexibilité au-delà des 35h, c'est la mort de l'embauche, discussion et écoute très attentive. Sensibles à nos propos, les grévistes savent que nous sommes à leurs côtés depuis le début de leur mouvement et en sont très touchés.
Sur le Parvis des Droits de l'Homme au Trocadéro à Paris (75), rassemblement en soutien au processus bolivarien au Venezuela et au Président Hugo CHAVEZ.
Au Palais de Justice de Paris (75), aux côtés de notre ami Antoine, dont la mise en procès par Laure ADLER et Radio France (directeur Jean-Paul CLUZEL) repose sur le "crime" de défendre une culture de qualité, en s'élevant contre la casse de France-Culture, par une soi-disant injure "Vivre et penser comme des porcs" (livre de Gilles CHÂTELET) reproduit sur une pancarte brandie par une caricature de Laure ADLER. Salle comble, auditoire composé de divers journalistes, intellectuels, etc. Audience passionnée, témoignages faisant état notamment d'une pétition signée (en 2003) par plusieurs Prix NOBEL et des gens comme le sociologue Pierre BOURDIEU. Antoine a été très sensible à notre présence nombreuse, ce qui l'a conforté dans son "réquisitoire". Procès mis en délibéré et jugement rendu le 7 septembre.
Une après-midi éducative sur le thème: "La question de l'État" par une causerie sur l'œuvre de LÉNINE: "L'ÉTAT ET LA RÉVOLUTION". Plus d'une vingtaine de participants écoutant avec intérêt le rapport présenté par J.L SALLÉ, puis échangeant et débattant sous la présidence d'Étienne MOUREN, en reliant leur vécu et témoignages à la politique menée actuellement par le gouvernement et l'État bourgeois. Notre militantisme doit consister à faire grandir nos idées et à éduquer la classe ouvrière. Pour ce faire, ne pas se limiter aux revendications économiques mais avancer nos axes de lutte tels qu'ils figurent dans notre programme. Brochures, programmes URCF ont été diffusés sur la table de lecture et une adhésion à l'URCF a été faite. Un pot amical a clos cette formation et tous les camarades sont repartis très satisfaits car conscients d'avoir acquis de nombreuses notions sur l'appareil d'État, le processus d'une révolution en évoquant notamment celle de la Commune de Paris (1871).
Outre ces initiatives, des distributions d'IC supplémentaire au n° 80 "Spécial Élections", intitulé "Contre la France des Richards", "Classe contre Classe", ont eu lieu devant les entreprises, la RATP, la SNCF et des universités.
FÉDÉRATIONS DU 93 ET DU 95.
La fédération de Seine-Saint-Denis (93) et celle du Val d'Oise (95) étaient présentes au 1er mai pour la vente du muguet, à Roissy, aux Lilas, à Marly-la-Ville et à Fosses. Des contacts ont été pris avec les travailleurs et les sympathisants; nous avons distribué le tract sur les élections et diffusé le dernier numéro d'"Intervention Communiste". Le supplément de IC a été distribué dans les gares du Val d'Oise et de la Seine-Saint-Denis.
FÉDÉRATION DU VAR
Cette année, notre fédération et ses militants ont décidé de renouer avec la tradition et d'organiser une rencontre champêtre, rassemblant des militants de notre organisation certes, mais aussi des lecteurs de notre journal IC. C'est ainsi que le 2 juin, une trentaine de personnes, toutes générations confondues, se sont rencontrées. Cette initiative placée sous l'égide du Secrétaire Général de l'URCF, Jean-Luc SALLÉ, a permis aux participants de faire plus ample connaissance avec notre journal, nos positions politiques ainsi que nos publications déployées sur une table de lecture.
Premier résultat positif, nous enregistrons 2 abonnements à notre journal "Intervention Communiste".
C'est une première, gageons que les idées semées porteront leurs fruits dans un avenir proche. Notre projet pour l'année prochaine est de rassembler encore plus largement, toujours dans un esprit de lutte contre le capitalisme et avec des objectifs ancrés dans la perspective de la révolution prolétarienne.
retour sommaire