
Reforger le mouvement ouvrier, base du front populaire de luttes !
Retour sur la politique de Sarkozy
Sa victoire ne peut être analysée comme un simple changement générationnel et de méthodes. Sa politique traduit la volonté des multinationales d’aller vers une radicalisation réactionnaire afin d’instaurer intégralement la politique libérale du capitalisme. Le terme de « rupture », souvent martelé par le candidat Sarkozy est, outre la démagogie, une référence implicite à la « révolution conservatrice » des Reagan et Thatcher. L’objectif de la bourgeoisie monopoliste est de transformer le capitalisme en France sur le modèle US, avec la criminalisation des pauvres et des « marginaux », l’écrasement idéologique et politique du mouvement ouvrier pour assurer la maximalisation des profits.
Le libéralisme intégral en actes
Sarkozy diffuse un credo, relayé par les medias à la botte : la relance, la compétitivité, et la crise économique exigent une politique de discrimination accentuée en faveur de l’oligarchie financière : 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux à 400 000 familles ! Le culte propagé de la richesse (du yacht Bolloré aux « vacances oncle Sam ») s’accompagne d’une véritable haine des pauvres (de la dénonciation des « assistés » à l’achat de répulsif pour chasser les SDF d’Argenteuil !).
On assiste, non seulement au renforcement de la fusion gouvernement/conseils d’administration, mais à la claire subordination du pouvoir (les vacances payées par les oligarques sont « remboursées » par la politique de Sarkozy). Retour oblige, pour la première fois, un président de la République se rend aux assises du MEDEF. Dans le domaine international, Sarkozy prône un redéploiement de la politique de l’impérialisme français. Tout d’abord, la relance de l’UE (nouveau traité simplifié) par la volonté d’appliquer le traité le plus cher au MEDEF et à Sarkozy : la déclaration de Lisbonne en 2000 signée par Chirac et Jospin. Sommet de Lisbonne qui se fixait l’objectif du libéralisme intégral : privatisations totales, allongement de la durée de carrière (65/67 ans) et du temps de travail.
Le tournant s’accentue vers un atlantisme renforcé : rencontres avec Bush et voyage de Kouchner en Irak afin d’avaliser les objectifs et les conséquences de la politique de guerre américano-britannique. Pire, Sarkozy menace clairement l’Iran de bombardements, prenant ainsi la population civile en otage. Cela n’empêche pas l’élaboration des projets propres à l’impérialisme français.
La zone Euro- Méditerranée vise à industrialiser des pays d’Afrique pour y installer la production des multinationales françaises et réaliser des profits faramineux avec un « faible coût du travail ». Dans le domaine intérieur, la tactique de Sarkozy est brutale, puisque l’ensemble des contre-réformes sont présentées de façon à les rendre irréversibles par le vote à la hussarde du Parlement.
Cette offensive anti-ouvrière et anti-populaire, déclenchée par la classe capitaliste et son homme lige Sarkozy, s’attaque aux salaires et au pouvoir d’achat : chantage aux heures sup. » ou paupérisation, péage santé (franchise), attaques contre le droit de grève, répression judiciaire accrue, expulsions massives de sans-papiers, casse des missions de service public avec la suppression de 30 000 emplois, hausse prévisible de la TVA pour financer les cadeaux aux richards. La politique de libéralisme intégral de Sarkozy vise à liquider les survivances de la politique keynésienne et ses compromis imposés, dans le passé, par les luttes de classe.
Les monopoles recherchent aujourd’hui à tout prix l’extorsion de plus-value absolue (allongement du temps de travail) au prix de la paupérisation absolue aussi de la majorité de la population. Le capitalisme, pour conjurer la crise et assurer le maximum de profits, ramène les conditions de vie et de travail aux formes barbares des origines de ce mode de production.
Crise du sociallibéralisme
La crise aiguë qui frappe le Parti socialiste a sa source dans le consensus régnant entre le PS et la droite réactionnaire. Le débauchage pratiqué par Sarkozy en est une des conséquences. Ce consensus crée un rejet dans l’opinion populaire qui ne permet plus au PS de duper les travailleurs aussi facilement que dans le passé, crise qui atteint par ricochet les formations satellites : Radicaux, PCF, Verts. La liquidation des principes et concepts marxistes, de toute stratégie révolutionnaire oblige le PCF à naviguer au jour le jour. Cette formation a payé aussi sa conciliation avec le sociallibéralisme.
La LCR avec ses penchants électoralistes prétendument forte de ses « 4% » veut s’auto-liquider pour créer une « nouvelle force anticapitaliste ». L’objectif, en réalité, est d’assurer son hégémonie sur le camp du NON … après l’avoir trahi par sa candidature de division. Là aussi, nous sommes confrontés à un « anti-capitalisme » canada-dry, puisque le maître mot de la LCR « partage des richesses » renvoie à la politique de Keynes sur l’association Capital/travail et à une entente entre exploiteurs et exploités qui est impossible.
Le néo-libéralisme signifie que sur la base du pourrissement du Capitalisme, la bourgeoisie refuse toute concession qui limiterait ses profits. Partout, les « réformes » conduisent à la régression. Les bases matérielles du réformisme (les quelques miettes concédées pour assurer le pouvoir du capital) s’affaiblissent chaque jour. Même si le réformisme et ses fétiches (culte de la nation, de l’État conçu comme arbitre) perdureront longtemps. La bourgeoisie craint par-dessus tout la construction d’une formation révolutionnaire, réellement anticapitaliste, organisant la classe antagonique : le prolétariat.
Faire renaître un fort mouvement ouvrier
La politique de Sarkozy, par sa brutalité et son inhumanité, ouvre un espace aux forces communistes et révolutionnaires. La tâche centrale des marxistes-léninistes est, par leur travail militant dans les entreprises, de contribuer à faire renaître un puissant et conscient mouvement ouvrier. Les 1 000 grèves du printemps attestent des progrès de la résistance ouvrière. Nous avons là la base possible pour apporter un contenu anticapitaliste à ce qui n’est à l’heure actuelle qu’un « mouvement antilibéral ».
L’URCF contribuera à l’union dans les luttes de la classe ouvrière avec les anti-libéraux et toutes les victimes de la politique de Sarkozy, sans jamais renoncer à son objectif anticapitaliste. Tous les grands changements et conquêtes sociales ont été obtenus par des luttes massives défaisant ce que le Parlement avait voté à la hâte. Ce n’est pas seulement le libéralisme qu’il faut rejeter mais sa source : le capitalisme. Luttes syndicales et politiques ne manqueront pas de se forger ; mais, pour défendre nos droits vitaux et futurs, l’anticapitalisme doit devenir le ciment du Front populaire de luttes.
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LE BONAPARTISME OU LA RELIGION DE LA BOURGEOISIE (ENGELS)
La bourgeoisie recherche donc une mutation institutionnelle dans le pouvoir des monopoles, puisque le PS est en difficulté pour jouer son rôle d’instrument de duperie. Tout d’abord, c’est le renforcement du caractère autoritariste et monarchique de la présidence par la marginalisation du gouvernement. Cette personnalisation à l’extrême favorise le relais des conseils d’administration des multinationales pour entraîner un remodelage réactionnaire de la société. Cela supprime des strates intermédiaires et permet aux directives monopolistes d’entrer rapidement en vigueur. Ce modèle s’inspire du présidentialisme à l’américaine, jugé le plus apte au libéralisme intégral, prôné par le Capital et Sarkozy. Le recours à l’« ouverture », en fait le débauchage des sociaux-libéraux atlantistes, s’inscrit dans la volonté d’affaiblir les partis politiques. Là aussi, nous avons le modèle US où les partis « démocrate » et « républicain » sont de simples machines électorales destinées à recueillir les fonds de campagnes accordés en échange de concessions aux divers lobbies monopolistiques. Le « président-guide » Sarkozy, présenté comme omniprésent et omniscient, en intégrant des « opposants » au gouvernement, veut casser toute idée d’opposition à son pouvoir … pour mieux criminaliser l’opposition au capitalisme. Quand le chef de l’exécutif est placé au-dessus des hommes et des partis, nous avons là le recours classique au bonapartisme, selon l’analyse de Marx, comme forme de dictature politique du Capital en période de crise de la démocratie bourgeoise. Cette forme de dictature de classe incarnée par des personnages aussi différents que Napoléon 1er, Napoléon III, Pétain et De Gaulle suppose une prétendue « union nationale », afin de camoufler les antagonismes de classe, de prôner le culte de l’homme providentiel pour dissimuler ce fait essentiel : le pouvoir réel est aux mains de la classe capitaliste. Bonapartisme qui prétend aussi « dépasser le clivage » droite/gauche ou même fusionner les deux courants. Napoléon III déjà visait à recruter l’anarcho-réformiste et adversaire du marxisme : Proudhon et se targuait lui aussi « d’aimer les ouvriers ! » Les pleins pouvoirs accordés à Pétain le furent par la Chambre élue du Front Populaire (moins les députés communistes et quelques rares socialistes). Pétain fit appel à Belin, un secrétaire de la CGT, pour devenir son ministre du Travail. Les néosocialistes (Déat-Marquet) d’inspiration social-fasciste apportèrent leur soutien actif au règne de Vichy, au « maréchal » et à la collaboration avec le fascisme allemand. De Gaulle quitta la Présidence du gouvernement en 1946, précisément parce qu’il voulait instituer un régime de type bonapartiste, à l’exécutif fort, ce qu’il réalisera en 1958. En 1958, le gouvernement gaulliste prendra des ministres SFIO (PS aujourd’hui) qui soutinrent la Constitution réactionnaire de la Vème République dotée de l’article 16 qui donne les pleins pouvoirs au Président « en cas de troubles ». Le bonapartisme est donc la forme appropriée de dictature de la classe des possédants en cas de crise économique et politique, d’affaiblissement du pays. Son avènement se traduit dans un premier temps par l’affaiblissement de la vie politique. La population est momentanément anesthésiée par la débauche de propagande pro-gouvernementale, cependant les forces les plus démocratiques et révolutionnaires s’opposent dès le début à ces régimes même à contrecourant de l’opinion publique. Ces régimes de plomb ont toujours, après une période « d’endormissement » des larges masses, provoqué la colère populaire massive, entraînant combats de rue et même insurrections. La chute de Napoléon III et la guerre seront suivies de la Commune, Pétain fut chassé par la Résistance armée antifasciste, et De Gaulle par le mouvement gréviste et étudiant de mai 68. Le Bonapartisme a toujours été la conséquence de la politique de redéploiement de l’empire colonial puis de l’impérialisme français. La politique de Sarkozy, par les coups sévères qu’elle porte, va engendrer les conditions matérielles propres à la renaissance d’un fort mouvement ouvrier. Les marxistes ne peuvent s’en tenir à la vision superficielle des phénomènes mais doivent déceler les contradictions parfois non visibles qui agissent en profondeur. Aujourd’hui, Sarkozy et son culte règnent sans partage. Les bureaucraties syndicales et politiques, stylos en main, sont prêtes à capituler. Pourtant, la recherche de la plus-value absolue, la paupérisation et la polarisation extrêmes avec toujours plus de riches engraissés par l’argent populaire vont susciter un formidable mécontentement. Marx observait « Les circonstances avaient mûri si rapidement que les partisans des réformes de toutes nuances, que les revendications les plus modestes des classes moyennes furent forcés de se grouper sous le drapeau du Parti le plus extrême de la Révolution, sous le drapeau rouge ». Aujourd’hui, le mécontentement et les souffrances vont constituer les bases objectives du Front populaire de luttes. Notre tâche de communistes est de contribuer à la renaissance du mouvement ouvrier, afin que le mouvement populaire se dote d’une direction liant la lutte quotidienne contre le néo-libéralisme à la lutte stratégique pour le socialisme.
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SARKOZY LE COMMIS DE LISBONNE
Les mesures mises en œuvre ou annoncées par Sarkozy sont présentées comme visant à revaloriser le travail, à permettre l’augmentation du pouvoir d’achat, à offrir à chacun le maximum de chances pour réussir. Derrière ce discours ronflant, la réalité montre que c’est la politique du capital monopoliste qui est appliquée impitoyablement, à un degré encore plus élevé que sous le précédent gouvernement. Lors du sommet de Lisbonne en 2000, les représentants de la bourgeoisie, libéraux de droite ou de gauche (Chirac conduisait avec Jospin la délégation française) ont adopté la stratégie des multinationales (comme la Table Ronde des Industriels Européens) pour faire de l’UE l’économie « la plus compétitive du monde ».Cette stratégie obligatoire consiste à répondre à la crise structurelle de surproduction en transférant massivement les revenus du travail vers le capital, en supprimant les obstacles (les conquêtes sociales) empêchant la déréglementation et la flexibilité. Lisbonne fixe aux Etats capitalistes l’objectif d’instaurer des sociétés intégralement régies par le libéralisme économique. En France, un certain retard a été pris par les différents gouvernements dans l’application du traité de Lisbonne, en raison des résistances contre la liquidation des systèmes de retraite, des services publics, et de la victoire du NON. Sarkozy a pour mandat d’appliquer Lisbonne par la destruction de tout le tissu économique, social et démocratique : fermetures d’entreprises et d’établissements publics, mise en concurrence et ouverture au privé des universités, suppression de postes d’enseignants… Pour satisfaire ses besoins de profit maximum, la bourgeoisie impose l’allongement du temps de travail sous forme de recul de l’âge de départ à la retraite à 65-67 ans, [alors que 50 % des salariés de plus de 55 ans sont au chômage] d’annualisation du temps de travail et de recours aux heures supplémentaires. Elle a pour cela besoin de briser les garanties collectives héritées des luttes des générations précédentes. C’est le sens du projet d’instauration du contrat de travail unique (individualisé), laissant l’ouvrier à la merci de l’exploiteur qui le recrute. De même, le système de « flexi-sécurité » réduit les travailleurs mis en concurrence à accepter des emplois à temps partiel, y compris de quelques heures par jour, sous peine de perdre leur allocation de chômage. Loin de chercher à diminuer le chômage, le pouvoir satisfait la nécessité pour la bourgeoisie de disposer d’une armée industrielle de réserve pour tirer les salaires vers le bas. De l’autre côté, l’État encourage la généralisation du travail précaire. Il est maintenant courant de voir des offres d’emploi d’une semaine ou de quelques jours, plusieurs salariés se succédant sur un même poste au lieu qu’un emploi durable soit créé. Et en lien avec les attaques contre les retraites, les seniors se voient obligés de continuer à exercer une activité rémunérée afin de joindre les deux bouts. Lisbonne, c’est la liquidation des concessions sociales faites en 1945. Le projet de mini-traité constitutionnel européen (idée soutenue par Sarkozy et Royal) élimine formellement l’obligation de «la concurrence libre et non– faussé », mais la réintroduit dans la référence au traité de Lisbonne. Le traité simplifié montre qu’une fois de plus, la bourgeoisie –forte de sa dictature de classe- viole la souveraineté populaire, exprimée lors du référendum. En matière de construction européenne, Sarkozy s’éloigne de l’axe franco-allemand maintenu par ses prédécesseurs au profit de l’Euroatlantisme. En témoignent, outre ses vacances aux USA, son ralliement à la politique de son ami Bush en Irak. Ainsi s’explique son changement de cap sur le dossier de l’adhésion à l’UE de la Turquie, principal porte-avions US au Moyen-Orient, ses désaccords publiques envers Angela Merkel à propos des incidents liés au marché des crédits immobiliers en bourse, le rapprochement de la France avec l’impérialisme britannique, le soutien aux États d’Europe centrale alignés sur Washington. La bataille contre le traité simplifié et la stratégie réactionnaire de Lisbonne exigera que les luttes de classes pour les droits sociaux fusionnent avec la lutte contre l’impérialisme US et celui de l’Union européenne.
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Sarkozy et les richards : les paquets cadeaux (avec tableaux)
Sarkozy et l’Etat entre les mains des monopoles capitalistes ponctionnent l’impôt sur le peuple-travailleur puis le distribuent aux parasites richards au moyen de cadeaux fiscaux, de sinécures parlementaires ou de postes dans la haute bureaucratie d’Etat, au moyen d’«aides » directes ou de tarifs préférentiels aux entreprises. L’Etat capitaliste-impérialiste utilise également l’impôt pour développer son appareil répressif (justice, police, gendarmerie, armée) afin de protéger l’oligarchie financière contre les révoltes et la Révolution et pour conquérir par la guerre des territoires et des marchés. L’État brade aussi aux richards les entreprises publiques une fois les investissements réalisés (par l’impôt sur les travailleurs) et leur rentabilité financière jugée profitable. Mais en matérialistes, nous savons d’abord comment se constituent les grosses fortunes : grâce à l’exploitation capitaliste, au pillage des pays pauvres et à l’appropriation totale par le Capital de toutes les richesses produites. La politique fiscale en est la couverture légale et le moyen de détourner encore plus les revenus du travail dans la poche du capital.
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Baisse d'impôts 2007 pour l'oligarchie financière
| Succession et donations : |
2,2 Milliards d’euros. |
| Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) : |
525 Millions d’euros. |
| Nouveau Bouclier fiscal : |
400 Millions d’euros (puis finalement) 600 Millions |
| Impôt sur le revenu (IR) : |
3,5 Milliards d’euros pour les tranches supérieures (c’est à dire un revenu annuel >à 100 000 euros/personne) |
| Niches d’exonérations fiscales à l’IR : |
50 Milliards d’euros par an ( chiffre officiel du Conseil des Impôts). |
| Remboursements de TVA aux entreprises : |
25 Milliards d’euros. |
| Fraude à la TVA (entreprises qui ne reversent pas à l’Etat, la TVA payée par le consommateur) : |
5 Milliards d’euros. |
| Fraude fiscale autre : |
36 Milliards d’euros |
| Exonération de TIPP (taxe sur les carburants) pour le transport aérien : |
1,3 Milliards d’euros. |
| Exonération de Taxe professionnelle : |
1,4 Milliards (en plus des allégements existants). |
| Exonération d’impôt sur les sociétés au titre des plus-values à long terme : |
2 Milliards d’euros. |
| Travail clandestin organisé par les entreprises : |
13,7 Milliards d’euros. |
| Aide aux entreprises (exonérations diverses) «pour» l’emploi : |
60 Milliards d’euros. |
| Défiscalisation assurance-vie : |
3,5 Milliards d’euros. |
| Taux de contrôle fiscal effectué dans les entreprises : |
1,2%. |
| Taux de contrôle fiscal sur les revenus salariés |
100% |
| Impôts proportionnels payés surtout par les classes laborieuses |
Impôts progressifs payés « surtout » par les riches. |
| TVA (50% du budget) |
153 Milliards |
Impôt sur le revenu |
55 Milliards |
| CSG (contributions sociales) |
62 Milliards |
Droits d’enregistrement (isf, succession) |
15 Milliards |
| TIPP (Taxe sur les carburants) |
19 Milliards |
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| TOTAL |
234 Milliards |
TOTAL |
70 Milliards |
"Cadeaux" de l'Etat capitaliste pour les classes populaires : Livret A : 15,5 euros par personne (en moyenne).
Droit de sucession :Des cadeaux en or attendent les très grosses fortunes. 90% de gens ne payaient pas de droit de sucession ils seront désormais 97%
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Conjoint survivant (1/4) |
Enfant 1 (3/8ème) |
Enfant 2 (3/8ème) |
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Couple millionnaire patrimoine net 1 100 000 €. |
Situation actuelle |
Situation nouvelle |
Situation actuelle |
Situation nouvelle |
Situation actuelle |
Situation nouvelle |
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Droits (impôts) dus |
2 620 € |
0 €! |
20 750 € |
0 €! |
20 750 € |
0 euros ! |
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cadeau SARKOZY |
|
2 620 euros |
|
20 750 euros |
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20 750 euros |
| M. et Mme X sont mariés sous le régime de la communauté légale, ont deux enfants et ont un patrimoine (immobilier) de 1 100 000 euros net (7 millions et 216 000 Francs). |
EXEMPLE
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Qui va toucher des chèques de l’État ?
La petite-fille du fondateur des Galeries Lafayette, Léone Meyer, a touché un chèque de plus de 7 millions d'euros correspondant au trop perçu concernant ses impôts de 2006 avec le bouclier fiscal à 60% (Sarkozy vient de l’abaisser à 50 %, elle touchera donc encore plus !).
Exemple 1 : un salarié (revenu mensuel 879 euros), un enfant.
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Revenus du foyer pour l’année 2006 Dont 8 700 euros d’allocation de parent isolé non prise en compte pour la détermination du droit à restitution. |
10 500 € |
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Patrimoine (immeuble, meuble, comptes, voiture..) |
60 000 € |
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Montant total des impositions directes |
250 € |
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Plafond bouclier fiscal |
900 € |
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impôts directs restitués par chèque |
0€ |
Exemple 2 : Un PDG (revenu mensuel 42000 euros), un enfant.
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Revenus du foyer pour l’année 2006
Avec Déficit foncier de 50 000 euros généré par les dispositifs locatifs spéciaux. |
515 294 €
(555 294 €) |
| Patrimoine net et après exonérations |
20 millions € |
| Montant total des impositions directes |
486 074 € |
| Plafond bouclier fiscal |
257 647€ |
impôts directs restitués par chèque soit un pourcentage des impôts directs restitués de 47 % |
228 427€ |
Avec les nouvelles mesures, un détenteur d’un patrimoine net de 10 millions d’euros pourra payer 0 euros d’ISF. Faut-il rappeler que le patrimoine net imposable à l’ISF ne comprend pas les biens professionnels (entreprises, actionsparts sociales y compris par personnes interposées) qui peuvent atteindre parfois des milliards d’euros ? Que de nombreuses exonérations existent pour arriver au patrimoine net (Bois et forêts, actions, biens ruraux, rachat d’entreprises …) L’allègement de l’ISF sera concentré sur les hauts patrimoines, écrit le journal boursier « Les Echos », ils seront 13 000 à recevoir 45 000 euros chacun. « Vous qui partez chercher au loin les clefs du paradis fiscal, je vous dis revenez ! …Enrichissez-vous ! » jubile Christine Lagarde, ministre sarkozyste des Finances (et PDG d’un des plus grands cabinets d’avocats d’affaires basé aux USA). (La France compte 389 millionnaires en dollars.) Les revenus de 0,01% des ménages soit 3500 foyers ont augmenté de 42,6% en 8 ans, contre seulement 4,6% pour 35 millions de foyers.
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La télé ne lui suffit plus, Nicolas Sarkozy s’est fait le champion de la presse people à l’instar de ses amis du showbiz Johnny, Christian (Clavier) Doc (Gynéco) et les autres. Il accumule tous les ingrédients du parfait « parvenu ». Les électeurs qui ont cru à ses promesses populistes ne sont pas déçus, il est partout, avec ou sans bourrelets (merci Paris –Match) mais surtout avec ceux qui sur notre planète accumulent le plus de richesses.
Dès le soir de son élection, c’est au Fouquet’s qu’il donne une réception que ne renieraient pas les têtes couronnées. Puis, c’est l’invitation à bord du jet et du yacht privé de Bolloré, richissime milliardaire s’il en est (451e homme le plus riche du monde). A la tête de 33000 salariés, ses entreprises touchent aux secteurs d’activité les plus divers : papier, films plastiques pour condensateurs, énergie, plantations, transports, logistique, fret maritime, B.T.P., presse écrite et télévisée, bref tous les ingrédients pour qu’il soit crédité d’une fortune estimée à 2,5 milliards de dollars US. Selon la CGT, il a racheté au 1/15e de sa valeur la SFP « ex entreprise publique et actuel fleuron de son empire médiatique », et c’est dans ses studios qu’a été enregistré le débat Sarkozy-Royal à la veille du second tour des présidentielles…. Sans commentaire.
Quant aux vacances de notre très médiatique président à la résidence Wolfeboro aux USA, au cours desquelles il a rencontré son ami Bush et sa famille, elles lui ont été offertes par la présidente des célèbres marques Tiffany-France et Prada-France. François Fillon est entouré de ministres qui ont des liens avec les monopoles. Voici quelques exemples : Alliot-Marie est la fille de l’ancien PDG de la Sté UTAINDEMNITES de 1979 à 1985. B. Kouchner, lui, ne s’embarrasse pas de scrupules, comme on dit de façon triviale « il mange à tous les râteliers »: sa nomination aux affaires étrangères et européennes n’a rien de surprenant ; n’était-il pas en 2004 l’une des 100 personnalités les plus influentes dans le monde à approuver l’intervention américaine en Irak ?
C. Lagarde, ministre de l’économie, des finances et de l’emploi a été classée en 2006, 30e femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes. Parmi ces citations : « La lutte contre le chômage passe par la réforme du droit du travail qui constitue un frein à l’embauche » ou encore « La loi des 35 heures n’est que le dernier avatar du droit à la paresse ». Cela a le mérite d’être clair. M. Barnier (agriculture et pêche) a été nommé en 2005 vice président du groupe Mérieux Alliance (Holding d’ensemble de sociétés dans le domaine pharmaceutique). V. Pécresse (enseignement supérieur et recherche) n’est autre que la fille du président de Bolloré Télécom et l’épouse du Directeur Général Adjoint d’Imerys, numéro 1 mondial des minéraux de spécialité. J.P. Jouyet est lui l’heureux mari de Brigitte Taittinger, petite-fille de Pierre Taittinger, actuellement PDG des parfums Annick Goutal. N. Kosciusko-Morizet, est la sœur du PDG de Priceminister, bien connu des acheteurs en ligne et l’épouse de l’actuel directeur de la stratégie et de la communication chez EADS [complexe militaroindustriel].
Avec Sarkozy au pouvoir, c’est toujours plus de cadeaux aux richards ! Pourquoi se gêneraient-ils, puisque ces ministres, issus de l’oligarchie financière, représentent les intérêts de celle-ci. Dans ce milieu, tout service a un prix et les cadeaux faits à Sarkozy sont rendus au centuple dans la politique menée en faveur des monopoles. Il est temps de sortir de la torpeur, de s’organiser, dans les syndicats, les associations de défense, de ne pas rester seul face aux coups qui pleuvent. La classe capitaliste est une classe de parasites. Ses intérêts sont contraires aux intérêts des travailleurs. Comme nos ancêtres ont su briser les féodalités, suivons l’exemple de la classe ouvrière russe et nous briserons par la révolution socialiste la dictature de l’oligarchie financière.
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Interview d’un cheminot mobilisé contre la remise en cause du droit de grève Pas de défaitisme, préparons la contre-offensive ouvrière pour le droit de grève au moyen de la grève!
IC : Bernard, tu es cheminot au service des trains (contrôleur) et militant syndical. Peux-tu nous dire ce que tu penses de la loi votée par le parlement à la botte de Sarkozy et du MEDEF, qui instaure l’obligation d’assurer un « service minimum » à la SNCF lors des mouvements de grève ?
BERNARD : En fait, il s’agit, selon moi, d’une attaque générale contre le droit de grève… Elle vise en priorité les cheminots car c’est une profession qui a toujours été en pointe dans les luttes pour la défense de ses intérêts propres, mais aussi de ceux de l’ensemble des travailleurs. Une fois ceuxci « muselés », le pouvoir et le patronat pensent qu’il sera plus facile de s’en prendre aux autres secteurs (public et privé) afin de pouvoir mettre en œuvre les réformes néfastes annoncées ou à venir.
IC : La presse relayant la propagande du patronat met en avant des arguments visant à justifier cette loi. Qu’en penses- tu ?
BERNARD : le vrai problème réside dans la politique de casse des transports publics. La création de RFF par la Gauche plurielle et Gayssot a introduit les critères de rentabilité financière, ce qui explique que la maintenance n’est plus assurée par manque de matériel et d’entretien. On veut faire croire que les jours de grève sont payés alors que c’est absolument faux. On m’a toujours retenu la totalité de ceux-ci, comme à tous les autres grévistes. On brandit le vote à bulletin secret à partir du 8ème jour du conflit, faisant ainsi croire à l’absence de démocratie dans la conduite des luttes. Ainsi, on veut subordonner les grévistes aux non grévistes et à la direction, ignorant la portée démocratique des assemblées générales. Pendant les actions, la direction favorise la circulation des TGV et grandes lignes au détriment des trains de banlieue. Ce qui permet au pouvoir et la direction d’utiliser le « mécontentement » de ces usagers pour développer l’idée de la « prise d’otage » afin de diviser réellement les travailleurs.
IC : D’après toi, comment peut-on répondre à cette attaque en règle ?
BERNARD : Le 31 juillet, malgré la période des congés, les rassemblements à l’appel des syndicats ont été un réel succès (300 travailleurs devant la préfecture de Marseille). C’est une première réaction dans l’urgence, mais il ne faut pas s’arrêter là. Il faut élargir l’action dès la rentrée. On doit utiliser toutes les occasions qui se présentent pour faire entendre notre voix : par exemple, la coupe du monde de rugby pourrait nous permettre de faire monter la pression ! Il faut créer les conditions pour agir tous ensemble car c’est la totalité du monde du travail qui est concernée.
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ATTAQUE GENERALE CONTRE LE DROIT DE GREVE
Le projet de loi stipule : « Les entreprises de transports et les organisations syndicales représentatives engagent des négociations en vue de la signature avant le 1er janvier 2008, d’un accord cadre organisant une procédure de prévention des conflits et tendant à développer le dialogue social. Dans ces entreprises, le dépôt d’un préavis de grève ne peut intervenir qu’après une négociation préalable entre les organisations syndicales représentatives et l’entreprise, dans les conditions prévues par l’accord cadre ».
Il s’agit bien pour le pouvoir, conformément à la stratégie néo-libérale du capitalisme, de s’attaquer aux fondements du droit de grève, en commençant par les entreprises de transport (certains évoquent aussi l’Éducation nationale). A chaque grève des transports, les médias à la botte du capital, font pleurer les chaumières sur les « travailleurs qui ne pourront se rendre au travail et vont perdre une journée de salaire… ».
L’opinion publique a été préparée, de longue date, par ce matraquage sur les ondes. L’attaque commence par la subordination du droit de grève à « des négociations préalables », rendant de fait illégales les grèves sur le tas, les débrayages répondant à une agression du patronat dans l’urgence.
De plus, l’obligation de se déclarer gréviste, 48 heures à l’avance, constitue une sape du travail syndical en nuisant à l’objectif d’élargissement du mouvement. Le fichage des grévistes en est une autre conséquence avec les pressions et chantages prévisibles de certains « petits » ou « grands » chefs sur les salariés. Pire encore, le gouvernement annonce que des sanctions disciplinaires seront prises à l’encontre de ceux qui ne se seront pas déclarés !
L’arme de la grève illimitée (autrement plus efficace que la seule « journée d’action ») est mise à mal, avec en point de mire de rendre illégale la grève générale. Sarkozy a précisé sa conception du droit de grève, en prônant l’organisation d’un vote de tous les salariés, après 8 jours de conflit « afin d’éviter les piquets de grève », ajoutant « aucune journée de grève ne sera payée».
L’objectif de la bourgeoisie monopoliste et du pouvoir est de combattre avec toutes la force des lois de coercition, la seule arme qui reste aux travailleurs pour se faire entendre. Après les transports, d’autres lois anti-grève suivront, car confronté à une crise aiguë de son système d’exploitation, le Capital, par peur des masses, ne peut plus reconnaître le droit de grève ! La seule solution pour combattre et tuer dans l’œuf ce projet liberticide est justement le recours à la grève de solidarité et de défense du droit de grève, étendue à tous les secteurs.
D’ores et déjà, dans leur syndicat, nos militants interviennent pour que la masse des travailleurs refuse de se soumettre à leur fichage comme gréviste. Nous appelons à un refus civique et syndical massif. Les directions confédérales condamnent le projet mais se situent de fait dans l’aménagement de la loi, puisqu’elles se prononcent pour le « service minimum ». La pression des syndicalistes de base et des travailleurs doit s’exercer contre ceux qui seraient enclins à capituler.
Enfin, rappelons les leçons de l’histoire du mouvement ouvrier, aucune loi répressive n’a pu venir à bout de la colère légitime des travailleurs. Des héroïques Canuts de Lyon aux mineurs du Pas de Calais qui déclenchèrent la grève contre l’occupant nazi en 1941, les luttes illégales ont été nombreuses pour défendre les droits vitaux de la classe ouvrière et du peuple-travailleur.
En effet, producteurs de toutes les richesses, les ouvriers et les salariés savent que le blocage de la production est une arme fondamentale contre ceux qui s’enrichissent de la vente de force de travail des autres, en exerçant ainsi une pression maximale sur les profits des capitalistes et de l’Etat-patron.
Sarkozy essaye de cadenasser le mouvement ouvrier mais ses tentatives seront vaines, car les contradictions entre le Capital et le Travail ne vont pas manquer de s’aiguiser en raison de sa politique de cadeaux aux 400 000 oligarques, ce qui suscitera luttes et résistances.
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Ecole université : plus que jamais sous la coupe des patrons!
Début juillet, les ministres Darcos (Education nationale) et Pécresse (Enseignement supérieur) ont reçu du tandem Sarkozy-Fillon leurs « lettres de mission». Ils y ont trouvé le programme à mettre en œuvre pour participer à la croisade néo-libérale lancée depuis deux décennies par le capitalisme international, et relayée, au niveau européen, par les 15 chefs d’État ayant adopté la «Stratégie de Lisbonne» en 2000 (voir article ci-dessus).
« Votre mission : enrichir les patrons ! »
L’injonction principale, adressée aux Etats européens par les multinationales, est de réaliser «l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde». Compétitivité, ce maître mot du libéralisme, est décliné sous toutes ses formes au fil des recommandations destinées aux deux ministres : pour l’École, il s’agit de «tirer les conséquences de la bataille mondiale de l’intelligence» et de s’occuper prioritairement des élèves «méritants» ; pour l’Université, l’objectif est d’ «identifier quelques campus universitaires susceptibles de devenir des campus de réputation mondiale ». A travers ces formules brutales, on assiste à la mise à mort du concept de service public d’enseignement : ce domaine commun, au lieu de l’objectif d’une formation de qualité pour tous, devient un champ de bataille concurrentielle où seuls les plus performants (aux yeux du patronat) se voient reconnus, au prix de l’éviction d’un nombre croissant de jeunes, issus notamment des milieux populaires. Cette mise en concurrence entre individus et entre établissements ne relève pas seulement d’une logique de compétition ; elle permet avant tout de servir sur un plateau, à des monopoles assoiffés de profits immédiats, les marchés les plus juteux des secteurs d’éducation et de recherche. Ainsi peut-on lire, dans les lettres de mission, qu’« il convient de répondre aux attentes du monde professionnel» et «d’encourager la création d’entreprise au sein de l’Université». Avec Sarkozy-Fillon, les monopoles capitalistes font coup double : récupérant des dizaines de milliards en exonérations fiscales, ils pourront, parallèlement, faire fructifier leur mainmise sur un système éducatif rendu exsangue par les désengagements successifs de l’Etat.
Autonomie de façade = privatisation de fait
Les deux ministres ont la même consigne à appliquer : «Vous donnerez à tous les établissements plus de souplesse et d’autonomie, en particulier dans le domaine budgétaire », et «une plus grande liberté aux universités pour recruter, moduler les rémunérations, choisir leurs filières d’enseignement…». L’autonomie, en matière budgétaire, est un non-sens dans le système public d’éducation, puisque les établissements scolaires et universitaires ne sont pas, a priori, « à but lucratif » ; ils dépendent bel et bien des instances qui leur donnent les moyens de fonctionner. Si, comme l’a annoncé Fillon, ce sont près de 12 000 postes d’enseignants qui disparaissent du budget 2008, l’autonomie préconisée consistera en fait, pour les directions d’établissements, soit à sacrifier une partie de l’offre d’enseignement, soit à se tourner vers d’autres sources de financement, en faisant payer les familles et les étudiants (frais d’inscription en fac augmentés, par exemple), ou en ouvrant ses portes à des entreprises sponsors à buts très lucratifs. C’est la subordination de l’éducation publique aux intérêts des monopoles.
Loi Pécresse : l’Université sous la botte capitaliste
Avec sa loi intitulée «Libertés et responsabilités des Universités» votée le 1er août, la ministre de l’enseignement supérieur a accompli avec zèle sa première mission d’allégeance aux ordres du patronat. En inscrivant ce texte dans le cadre de «la construction de l’Espace européen» (article 1), elle réforme en profondeur le fonctionnement des établissements universitaires, posant les jalons d’une privatisation de fait pour un bon nombre de ces établissements. Un exécutif fort pour mieux accomplir les basses œuvres. Avec des pouvoirs considérablement renforcés, le Président d’université a tout du PDG : droit de veto sur les affectations de personnels (art.6), et sur l’attribution des primes (art.19), droit de recruter des personnels précaires (art.19), voix prépondérante en CA (art.7), droit de décider seul dans les échanges avec les autres facs (art.36). La collégialité, même relative, qui prévalait à travers les différents conseils, disparaît, avec un Conseil d’administration restreint, mais largement ouvert aux «personnalités extérieures» choisies par le Président - plus de chefs d’entreprise que d’étudiants…- (art.7)
L’autonomie financière en guise de capitalisation.
Avec ses nouvelles «responsabilités », le CA devient un véritable gestionnaire en ressources humaines et budgétaires, sur fond de concurrence avec les autres établissements : fermetures et ouvertures de filières (art.14), adhésion à un «pôle de recherche» (art.17), recrutements et primes d’intéressement (art.19), création de «fondations» recourant au mécénat privé (art.28), acquisition en pleine propriété des biens mobiliers et immobiliers appartenant à l’État (art.32),…Ne croirait-on pas que l’université se transforme en parfaite entreprise capitaliste ?
Des personnels et des étudiants soumis à la loi du profit.
Alors que les enseignants chercheurs ne seront plus nommés par des spécialistes de leurs disciplines, mais par le CA, ils voient en outre leur statut de fonctionnaires gravement menacé par le recours institutionnalisé à l’embauche de contractuels ; faute de crédits publics, ils devront soumettre leurs travaux de recherche au bon vouloir de financeurs privés. Quant aux étudiants, contraints à une procédure de préinscription, ils seront fortement incités à choisir les formations que les patrons auront choisies pour eux, parce que jugées rentables.
Contre ces projets destructeurs, organiser la résistance.
Parmi ses axes de luttes, l’URCF se bat pour une démocratisation du système de formation et de recherche, permettant le combat contre les discriminations à l’égard des couches populaires, et pour un budget national d’éducation à la hauteur des besoins. Elle ne peut donc que déplorer la faiblesse de réaction des principales organisations syndicales face à la loi Pécresse. On a entendu l’UNEF déclarer «avoir sauvé l’essentiel » (ses élus, peut-être ?) ; le SNESUP, quant à lui, appelle à signer une pétition électronique… Rien d’étonnant quand on sait le lien entre ces bureaucraties syndicales et les tenants d’un réformisme indolore pour le capitalisme, qu’on a vus à l’œuvre sous la «gauche plurielle». Les militants de l’URCF, pour leur part, sont déterminés à favoriser les luttes de résistance contre ces lois, avec l’esprit révolutionnaire qui les anime : Assez du capitalisme qui brade l’Éducation. Seul le socialisme la garantira.
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Les serviteurs de l'État bourgeois, laissent parfois, par mégarde, transparaître dans leurs dires quelques pensées éloquentes : «Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective 'business', soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca- cola, à vendre son produit», confie par exemple l'exprésident de la chaîne française la plus regardée. Cette phrase de Patrick Lelay pourrait s’appliquer à ce qui motive les réformes de l'université française : abêtir pour rendre disponible un maximum d'esprits à la sous- culture– dont ont besoin les monopoles.
En effet, nous prétendons que la libéralisation des universités a pour conséquence inéluctable la baisse considérable du niveau de l'enseignement dispensé par ces dernières. Il s’agit purement et simplement de la vente de l'éducation supérieure aux possédants, ou plus précisément d'une étape importante de la marchandisation de l’Université, instaurant de facto un palier vers la privatisation.
Pour l'établir, il n'est pas de moyen plus convaincant que de citer Mme Pécresse elle-même : «la réussite des étudiants à l'université passe […] par la liberté donnée aux universités de […] trouver les partenaires, publics ou privés, les plus à mêmes de soutenir leur politique scientifique de formation».
Par ailleurs, « la composition du conseil d'administration », lequel devra comprendre « au moins un chef d'entreprise »(sic !) «sur sept ou huit personnalités extérieures à l'université » (article 7 de la loi), « sera [donc] ouverte plus largement à la société civile » (exposé des motifs), mais aussi bien, les pouvoirs du président (pouvant être un chef d'entreprise ! – cf. chapitre III art. 6) seront accrus en ce qu' « il disposera d'un droit de regard sur toutes les affectations prononcées dans l'établissement »(1).
C'est là en substance le contenu de loi votée au mois d'août. Les fonds alloués par les entreprises aux universités par l'intermédiaire de « fondations »(article 28 section 5) ne relèvent en rien d'un don gratuit- malgré les dénégations du texte-, mais d'un placement à caractère de profit, dans la mesure où « la liberté [sera] donnée aux universités de mettre en œuvre les formations les plus pertinentes » ; autrement dit les chefs d'entreprise définiront les contenus pédagogiques des diplômes en contrepartie de leur argent. Partant, il est difficile de nier qu'il s'agisse de privatisation ! Pourquoi donc la privatisation engendre- t-elle inévitablement une baisse du niveau de l'enseignement ? Pour cette raison que la société capitaliste est composée de classes aux intérêts irréductiblement divergents. Expliquons-nous.
La grande bourgeoisie n'aspire qu'à une chose : une masse laborieuse résignée et corvéable à merci ; à cet effet, elle doit « professionnaliser » les diplômes (c'est à dire leur ôter tout "caractère scientifique", dotant les étudiants d'un « esprit critique ») mais aussi et surtout restreindre la diffusion de la culture, particulièrement dans les milieux populaires. Un autre aspect fondamental de cette réforme vise bien sûr à minimiser encore l'accès des prolétaires à l'enseignement supérieur. En fait, cette loi est la continuation d'une série de réformes, comme la réforme Licence Master Doctorat, laquelle a par exemple sous couvert « d'harmonisation européenne » mis fin aux diplômes nationaux.