Sommaire IC n°86 Mai:juin 2008

EDITO / Forger la révolution anticapitaliste
PUBLIC /PRIVE Une seule classe ouvrière 
LE REVEIL DES LUTTES  
Défendre les services publics pour répondre aux besoins populaires ! 
Dalkia : mobilisation pour les salaires et le pouvoir d’achat. 
Interview d’un gréviste de GT Logistics 
DU POGNON PAS DE CANON
Lycéens, enseignants, parents d’élèves : pour la satisfaction des besoins en éducation ; 
L’IMPERIALISME FRANCAIS PREPARE LA GUERRE
Réformisme "communiste" ou Marxisme Léninisme. 
Quelques vérités sur la Colombie (extraits texte intégral sur le site)
"l'indépendance" du Kosovo. La question de l'autodétermination 
Dalaï-lama : derrière l’icône, un despote pantin de l’impérialisme occidental !  
LENINE CONTRE LE NATIONALISME RAFFINE 
MAI 68, PLUS FORT AFFRONTEMENT DE CLASSE CONTRE LES MONOPOLES.(2)
La LCR et le masque de l’anticapitalisme
ECHOS des luttes dans les fédérations
HOMMAGE A CLAUDE DESPRETZ 
MOYEN AGE ET CAPITALISME  le billet de Jean SANITAS  

Face aux attaques du Code du travail , des retraites, des salaires, des allocations familiales, des franchises medicales

 Forger la révolution anticapitaliste

Avec Sarkozy, la France rattrape son retard dans l’application des directives du sommet de Lisbonne, dont le programme est la déréglementation, la compétitivité et la destruction des acquis de tous et la privatisation des services publics. La Révision Générale des Politiques Publiques vise à économiser (c’est-à-dire transférer vers le Capital) 7 milliards en trois ans.11 000 suppressions de postes d’enseignants sont prévues à la rentrée, 80 000 d’ici 4 ans. Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite aggravera encore l’insuffisance de moyens et la charge de travail de ceux qui resteront. Le passage d’une logique d’emplois statutaires à une “logique de missions”, qui signifie en fait la suppression du statut des fonctionnaires, va augmenter la précarité. Pendant ce temps, de plus en plus de missions autrefois servi ce public (fourniture d’électricité, hôpital, télécommunications...) relèvent maintenant du privé, ce qui a pour seul objectif le profit immédiat et non la satisfaction des besoins. Cela se traduit par des factures toujours plus élevées et toujours moins de qualité du service. Les franchises médicales écartent les plus pauvres des soins médicaux. L’attaque gouvernementale contre les allocations familiales (moins600 euros par an pour des familles de 2 enfants) permettra au Capital de spéculer sur les sommes volées aux familles. La politique de rigueur pour les travailleurs, et de cadeaux aux riches, entraîne la baisse continue du pouvoir d’achat. Les tarifs des produits de première nécessité (pâtes, riz, essence, gaz, lait etc...) ont augmenté jusqu’à 50 % de leur prix initial. 18 % des emplois actuels sont rémunérés au SMIC - dans la Fonction publique, certains sont même payés en dessous. Les 2/3des emplois créés sont précaires (temps partiel imposé, CDD, contrats d’intérim...). Le minimum vieillesse dépasse à peine 600 euros. Alors qu’ici la vie devient impossible pour la population travailleuse, que la propagande bourgeoise évoque les« caisses vides », Sarkozy trouve des fonds considérables pour construire un sous-marin nucléaire (2 milliards d’euros qui s’ajoutent aux 24 milliards d’euros de dépenses militaires en plus du budget), et envoyer un contingent français de mille soldats en Afghanistan afin de participer à la mise sous tutelle de ce pays, pour contrôler la route du pétrole (pour la multinationale Total). De même, la réintégration dans l’OTAN est significative de la réorientation de la politique impérialiste de la France. Il s’agit de permettre à l’impérialisme français de s’aligner sur les objectifs de guerre de l’administration Bush, en participant aux coalitions de l’OTAN contre tout pays récalcitrant au nouvel ordre mondial impérialiste, en espérant toucher les dividendes du « butin ».

Rassembler les victimes du capitalisme.

Contre la guerre et le plan de rigueur de Sarkozy, il est nécessaire de créer un vaste rassemblement populaire de lutte de toutes les victimes du capitalisme. Usagers, privés d’emploi, travailleurs, tous ensembles pour résister au Capital et arracher la satisfaction de nos besoins. Des grèves de plus en plus nombreuses ont lieu dans le privé contre les licenciements et pour l’augmentation des salaires. Elles doivent rencontrer la solidarité des travailleurs du secteur public et la convergence avec leurs luttes. Le mouvement lycéen et étudiant contre la privatisation de l’enseignement est lui aussi porteur de la contestation du capitalisme. Les directions syndicales réformistes, acquises à la défense du système, ne veulent pas d’une lutte unie et prolongée qui mettrait en difficulté le pouvoir et le capitalisme français. Ces bureaucrates agissent au nom de la « place de la France dans la compétitivité internationale », argument chauvin d’union sacrée avec le Capital. C’est donc de la base de syndiqués et des travailleurs que partira un mouvement unifié, pour créer les conditions de la grève générale et de la bataille politique permanente. En mai 1968, quand existait un mouvement syndical de lutte des classes, 10 millions de grévistes, alliés aux étudiants et lycéens, ont obligé la bourgeoisie à céder aux revendications sociales. Aujourd’hui, la mutation syndicale a conduit à l’accompagnement social du libéralisme. Le résultat, c’est qu’aucune contre-réforme n’a pu être enrayée. Cette destruction des acquis entraîne, contradictoirement pour le Capital, le réveil des luttes ouvrières. L’URCF s’implique pour mettre en mouvement la classe ouvrière et orienter son combat contre le capitalisme. La dispersion des communistes en plusieurs groupes, la persistance de l’opportunisme dans leurs rangs, l’incapacité à mener une politique indépendante du PCF, ne pourront être vaincus que par l’unité de combat des marxistes léninistes agissant sous le mot d’ordre : il faut une seule organisation communiste en France. La crise du capitalisme, les révoltes de la faim, les guerres, la misère, l’exploitation ne sont pas l’horizon indépassable de l’humanité. Une autre société, orientée vers la satisfaction des besoins, est possible : le socialisme, fondé sur la propriété collective des entreprises et le pouvoir aux travailleurs. C’est la mission de la classe ouvrière et de son futur et authentique parti communiste que d’élaborer la voie révolutionnaire qui conduira au renversement du capitalisme.

§         AUGMENTATION de 300 euros mensuels des salaires et pensions!

§         NON aux attaques sur les allocations familiales et les retraites.

§         Non à la guerre impérialiste de la France!

§         Retrait du corps expéditionnaire français d’Afghanistan !

§         Retrait de la France de l’OTAN !

PUBLIC /PRIVE Une seule classe ouvrière

 Le monde du travail compte 7% de syndiqués. Chiffre souvent cité par les médias du Capital, pour présenter le syndicalisme comme« non représentatif ». Une autre donnée est moins rappelée : 95 % de ces« 7 % » ont des CDI ou un statut. C’est le produit avant tout de la violation massive du droit syndical opérée par le Capital, surtout dans les PME où la moitié de la classe ouvrière est salariée et le plus souvent inorganisée et sans représentants élus. C’est dire combien tous les précaires, les privés d’emplois sont dépourvus d’outil de défense au quotidien. Outre l’absence de libertés syndicales, un autre facteur est à prendre en compte pour expliquer le faible taux de syndicalisation dans le secteur privé : le PCF a surtout déployé ses forces là où les travailleurs avaient plus de facilités pour s’organiser grâce aux conquêtes démocratiques issues de la résistance armée antifasciste. Ayant abandonné la théorie marxiste-léniniste de l’Etat comme dictature (pouvoir politique) de la classe dominante (bourgeoise sous le capitalisme), le PCF devenu révisionniste a renforcé les illusions sur les entreprises publiques comme « îlots de socialisme » ou comme instrument de la marche« pacifique et électorale » vers un socialisme qui, dans ces conditions, n’a jamais vu le jour. Ces illusions étaient entretenues par la montée d’une couche bureaucratique ouvrière qui orientait le syndicalisme vers une démarche réformiste «d’aménagement social du capitalisme» ; cet opportunisme consistait à ne contester que certains aspects du capitalisme, sans remettre en cause le système lui-même. La bureaucratie réformiste ayant pris les rênes de la CGT s’aligne sur les autres centrales ouvrières ; les idéologues bourgeois ont mis au jour une nouvelle théorie fumeuse : la « grève par procuration » voulant vouer les travailleurs du secteur privé, à devenir une force d’appoint passive des travailleurs en lutte du public. Pour vaincre les contre-réformes du MEDEF et du pouvoir, pour satisfaire nos revendications vitales, pour stopper la bourgeoisie dans sa stratégie de destruction des conquêtes social es obtenues par les grèves (y compris politiques)impulsées par le syndicalisme de lutte de classes, on ne saurait s’appuyer uniquement sur les seules grèves des « travailleurs protégés ».Une des formes les plus visibles des contradictions du capitalisme contemporain est sa tendance objective (et bien involontaire) à uni fi er la classe ouvrière et les autres travailleurs : d’un côté, en privatisant les entreprises publiques, en s’opposant aux besoins vitaux (énergie, santé, éducation, logement),en cassant les CDI et les statuts; de l’autre côté, en agissant pour les délocalisations et fermetures de boîtes « juteuses » pour les spéculateurs. Un fil continu unifie la classe : la précarisation existante du salariat dans le privé et celle montante dans le public; l’allongement du temps de travail, les bas salaires, la surexploitation. Toutes ces attaques sont à l’origine du déclenchement de luttes dans le public mais aussi et de plus en plus dans les entreprises privées. Pour se défendre au quotidien, pour construire l’alternative révolutionnaire au capitalisme, il faut organiser les travailleurs, qu’ils soient exploités par le Capital monopoliste public ou privé, précaires ou en CDI, en une seule classe ouvrière !

 

LE REVEIL DES LUTTES

D ans la dernière période, on assiste à un réveil des luttes ouvrières. Durant la campagne présidentielle, 1 000 entreprises et, cet hiver, des centaines ont, à nouveau, connu des grèves. Ces grèves recouvrent des situations diverses : luttes défensives contre les fermetures d’entreprise, les licenciements, mais aussi offensives pour exiger un salaire minimum de 1 500 euros net, une hausse de 300 euros mensuels de tous les salaires, la transformation des emplois intérimaires en emplois à durée indéterminée. La question des salaires et du pouvoir d’achat, occultée par les directions syndicales réformistes, sous prétexte de crise et de « partage du travail », revient au premier plan, tandis que l’opinion publique s’indigne des profits qui explosent et des indemnités pour les patrons exorbitantes. Il est donc légitime que les luttes s’attaquent aux fabuleux profits afin de sauver l’emploi, d’augmenter les salaires et les pensions.

Les axes de lutte que se fixe l’URCF partent des préoccupations et des souffrances du peuple travailleur, de la nécessité de réponses immédiates sans attendre la révolution. Notre programme est construit autour de ce constat historique : les grands changements, les conquêtes sociales ont toujours leurs sources dans les luttes de classes !

La première tâche des révolutionnaires communistes est de soutenir les luttes des travailleurs, de développer la solidarité de classe dans le but d’atteindre le meilleur rapport de force qui produira les revendications des plus justes. Mieux que des discours qui n’auraient guère de prise sur le réel, l’URCF part des intérêts communs aux diverses couches populaires : création de caisses de solidarités financières sur le bassin de l’entreprise en grève mais aussi à l’échelle de tout le pays ; extension de la grève aux autres sites du groupe ; solidarité active des populations (dans des collectifs ou des comités de soutien) en montrant, faits à l’appui, les intérêts communs de tous les travailleurs (emploi, salaires, CDI, baisse des cadences ).

Dans le choix (souvent décisif) des formes de luttes, nous poussons à la démocratie ouvrière et à la consultation permanente des salariés, ce qui favorise une riposte collective, déterminée et massive, capabl e de surmonter les pièges de la division. L’URCF veille enfin à faire grandi r le « Tous ensemble et en même temps », et travaille à créer les conditions de la grève générale nécessaire pour battre les réformes réactionnaires et globales de Sarkozy. La grève, pour être efficace, doit exercer une pression sur le Capital et ses profits, par un véritable blocage de la production. C’est pourquoi nous intervenons pour que les grèves soient organisées successivement, région par région, avec temps fort national et recommencement. La gêne, pour le patron et le pouvoir, est maximale, les salariés organisent un mouvement continu sans trop de pertes de salaires. Un mouvement continu de trois millions de travailleurs bloquant la production, région après région, portera des coups plus rudes au Capital qu’une journée d’action avec le même nombre de grévistes, mais sans lendemain. Mais rejeter par la grève certaines conséquences du capitalisme (bas salaires, licenciements, etc), ce n’est pas encore détruire le système d’exploitation lui-même et sa représentation politique.

La dialectique de lutte de l’URCF se situe là : « accuser le capitalisme » pour relier le mécontentement aux sources matérielles (le capitalisme) qui engendrent tous les maux actuels. Notre programme et nos mots d’ordre visent donc à exacerber les luttes de classes pour répondre aux besoins sociaux urgents : SMIC à 1 580 euros nets, 300 euros pour tous. Comme tous les travailleurs, nous sommes intéressés à ce que se reconstituent les bases économiques, industrielles, agricoles, afin d’assurer les emplois et de satisfaire les besoins. Loin de la démagogie de Sarkozy (voir ses mensonges sur Gandrange), une ligne force est présente dans notre programme : la nationalisation sans indemnités des entreprises qui délocalisent ou licencient.

Les entreprises nationalisées seront l’objet d’une âpre lutte de classes entre l’Etat des monopoles et les travailleurs, ces derniers cherchant toujours plus à satisfaire leurs revendications sociales, politiques. Les monopolistes et leurs agents préconiseront toujours la rentabilité financière, le pillage des entreprises des pays dominés, l’alignement des « nationalisées » sur les exigences du redéploiement de l’impérialisme français. Les travailleurs devront se mobiliser pour rejeter une telle politique. La bataille pour les nationalisations exacerbera toutes les contradictions du système capitaliste, si les communistes jouent pleinement leur rôle. Des millions de travailleurs se poseront la question du bris de l’Etat capitaliste, obstacle ultime à leur émancipation sociale. C’est en cela que Lénine (trahi par les épigones PS/PCF du programme commun) voyait dans le capitalisme d’Etat l’antichambre possible de la révolution socialiste, nullement le passage indolore d’un système social à un autre !

 

Défendre les services publics pour répondre aux besoins populaires !

Sombre printemps pour l’emploi public, sur fond de mensonge sarkozyste…

Le 4 avril 2008, Sarkozy a relancé son bulldozer de mesures antisociales, au nom de la « modernisation des politiques publiques ». Pas moins de 166 mesures, inscrites dans un plan triennal de 2009 à 2011, s’attaquent aux grands « coupables » du déficit budgétaire : les locataires de HLM, les chômeurs, les malades, les jeunes en formation professionnelle, les familles, et bien sûr, les fonctionnaires ! Le non-remplacement d’un fonctionnaire à la retraite sur deux engendre la suppression de 105 000 emplois publics en 3 ans, pour économiser 3,5 milliards d’euros. Les dizaines de milliards dépensés pour construire des sous marins ou envoyer des corps expéditionnaires, pour la spéculation, pour les émoluments de la haute bureaucratie d’État et les cadeaux fiscaux aux possédants, sont pourtant les causes réelles des déficits invoqués.

L’enjeu, pour le pouvoir en place, n’est donc pas la réalisation d’économies budgétaires, mais la poursuite de la politique de paupérisation, en faisant payer la crise aux travailleurs, par le démantèlement des services publics, puis par leur privatisation, sur laquelle pourront fleurir les profits, alors que les dépenses sociales sont rognées. Cet objectif est conforté par le projet de loi sur « la mobilité dans la Fonction publique », adopté le 9 avril en conseil des ministres, qui pose les bases de la disparition pure et simple du statut de fonctionnaire. Les articles 7 et 9 programment en effet le licenciement des fonctionnaires qui refuseront « une réorientation professionnelle » (vers le privé), et l e recours à des intérimaires, pour les remplacer.

Casse des services publics et des statuts : les travailleurs payeront la note!

Ces coups portés contre l’existence même de la Fonction publique sont d’une brutalité affirmée, mais ils ne sont pas les premiers. L’offensive néo-libérale est à l’oeuvre depuis de nombreuses années, renforçant toujours plus la règle de la rentabilité financière, au détriment des missions d’un service public répondant aux besoins de la population : rappelons nous les 1 100 entreprises publiques privatisées depuis 1993, la plupart sous Jospin, la Poste démantelée sous Rocard, les « ouvertures de capital » sous Fabius, les hôpitaux et les 100 000 lits fermés sous Kouchner- Jospin, l’école asphyxiée par les baisses de moyens… autant de dégradations subies par tous les usagers et principalement par les travailleurs, en matière de qualité de services, de tari fs, de sécurité et de garanties, aggravant la paupérisation et les inégalités.

Secteur public et État capitaliste : la rentabilité financière contre la satisfaction des besoins.

Ce rappel nous invite à être clairvoyants sur la nature de l’État : bien loin de constituer un bouclier contre les méfaits du capitalisme, l’État des monopoles en est l’émanation. Si, aujourd’hui, nous avons à défendre les servi ces publics issus des nationalisations de 1945 (dans un contexte de puissant mouvement ouvrier né de l a Résistance), c’est parce qu’ils ont prouvé, quand existait un fort parti communiste et une CGT de lutte de classes, leur capacité à satisfaire les besoins matériels, culturels, sociaux et démocratiques. Avec la montée du révisionnisme, la bourgeoisie a su l’emporter dans la lutte de classe économique opposant, la satisfaction des besoins à la rentabilité financière. Cela montre le caractère transitoire des nationalisations sous le capitalisme, et les deux voies possibles qui en découlent : ou révolution socialiste pour permettre la satisfaction des besoins matériels et culturels, ou vol de l’argent public en s’accaparant des entreprises sans aucun investissement du capital privé. C’est la lutte de classe qui régit cette bataille ! Les déréglementations généralisées, les réductions budgétaires, les mises en concurrence, les logiques de rentabilité, les capitalisations et, finalement, les privatisations, sont autant d’étapes vers le vol organisé du bien public au seul profit du Capital financier. Refusons donc l’illusion d’un « Etat-providence », « arbitre » ou neutre ». Combattons, au quotidien, tant le Capital que l’Etat à son service !

Pour résister et gagner de nouveaux droits, lutte unie des salariés et des usagers !

Les résistances actuelles doivent s’amplifier et converger dans un front uni des travailleurs, avec l’ensemble de la population, contre la casse des emplois et des services publics, pour une hausse immédiate et générale des salaires. Les actions spectaculaires menées conjointement par les enseignants, les lycéens et les parents, contre l es suppressions de postes dans l’Éducation Nationale, montrent la voie, malgré les atermoiements de directions syndicales engluées dans leurs tendances corporatistes et leurs pratiques bureaucratiques. Les militants de l’URCF sont actifs dans ces luttes : ils participent et appellent à la création partout de comités de lutte unissant salariés et usagers, pour s’opposer pied à pied aux privatisations et à la rentabilité financière ; ils appellent à se battre aussi pour la création de nouveaux pôles de services publics, par la voie de nationalisations sans indemnités, et pour l’émergence de nouveaux droits démocratiques permettant la satisfaction des besoins individuels et collectifs.

Vive les grévistes de…...

PRISME Intérimaires (75 Paris), ARCELOR-MITTAL site de GANDRANGE, Étudiants en travail social de Dijon (21) Cogesal-Miko (54), Capgemini (Est de la France et Paris ), Flybus (aéroport Roissy), MONDIAL ASSISTANCE (Paris, Le Mans ), Roubaix, LA REDOUTE (Nord), Coca-cola (Bouches du Rhône, Dunkerque), ST Micro Electronics (Bouches du Rhône), Ski Salomon (Haute Savoie); Ports et docks (Marseille, Le Havre); SNECMA Propulsion Solide (Gironde); France Télecom (DOM); Hydrocarbures (Papeete); Brioches Pasquier (Maine et Loire); L'Oréal (95) ; CIF (95) IBM ; Météo France ; Nestlé Waters (Vosges, Lozère, Gard), Snecma/Safran (moteurs d’avion), de Henkel Technologies France (lessive, cosmétique, adhési fs), Cars Perrier (filiale RATP, Yvelines), Ultra Diams (lames de sci e), Kleber (Michelin), GT logistics (stockage, acheminement), Smoby, Seafrance (transport maritime), Ford (Bordeaux, boites de vitesse), Salariés des remontées mécaniques, Carrefour, Thermes nationaux d’Aix les Bains, Brink’s (Métro de Toulouse), Mines de Talc de Luzenac, ED l’épicier (Chilly-Mazarin, Essonne), ADDREXO Nanterre, Imprimerie nationale (Val de Marne), Monoprix (Hauts de Seine), Glaxo (GSK, Mayenne Pharmacie), Next er (ex-GIAT), Prisma (presse), RVI (Renault Blainville), AEMS (Système informatique Euronext, Paris), Mac Donald Marseille, Alcatel Lucent Illkirch (Bas-Rhin), DMC (Textile), Barry-Callebaut ex-Nestlé (Dijon), RTM (transport Marseille), Conforama, Leclerc (Narbonne), personnel au sol (aéroports), de Keolis Besançon (transport), Euro Cargo Rail (fret, Ain), Monneret industrie (filiale Smoby), Groupe Test Holding (NextradioTV), DHL, Isover, Altran d’Ouest (sous traitant Airbus/Eads), Valéo, FNAC, Hispano, Turbomeca, Messier, Microturbo (groupe Safran), Dalkia, PILPA-BONCOLAC (fabrication de glaces, Aude) ainsi que les autres ports que le Havre et Marseille qui ont tous fait grèves (Nantes, Rouen, Dunkerque, Bordeaux, la Rochelle...)

Dalkia : mobilisation pour les salaires et le pouvoir d’achat.

Unis comme les doigts de la main.

Une première depuis des années ! En effet, en janvier 2007, le CGT-E interpelle par écrit l’ensemble des organisations syndicales pour la constitution d’un front uni contre la politique salariale au rabais de Dalkia. Seules les sections FO, CFDT et CFTC d’Île de France ont accepté de se regrouper au sein d’une intersyndical e inédite, malgré l’opposition de leurs délégués syndicaux centraux et de leurs fédérations nationales respectives. Les militants de l’intersyndicale ont décidé d’unir leurs efforts pour lutter contre la résignation qui tétanise les salariés depuis des lustres et de généraliser auprès d’eux le mot d’ordre unitaire : « ensemble, unis pour lutter ». La CGT a malheureusement opposé un refus officiel, catégorique, de s’associer à cette initiative par sectarisme vis-à-vis du CGT-E.

Un labourage du terrain payant.

Des semaines durant, les militants de l’intersyndicale, principalement ceux du CGT-E, se sont alors déployés sur l es sites et les secteurs de l a région Île de France mais aussi en province, pour éclairer et convaincre l es salariés sur la nécessité de lutter ensemble et en même temps. Ils ont encouragé les hôtesses d’accueil, les standardistes, le personnel du courrier, les techniciens, les secrétaires, les cadres à rejeter le sentiment de résignation.

Empêcher le déroulement à huis clos de la négociation annuelle obligatoire sur les salaires.

En effet, dans le dos des travailleurs, la direction et les délégués syndicaux ont pris l’habitude de « négocier » à huis clos dans les bureaux feutrés du Directeur général de l’entreprise. Il fallait briser cette cérémonie rituelle et empêcher que la négociation annuelle obligatoire sur les salaires effectifs se déroule en catimini. Ainsi, le 8 avril 2008, plus de 350 salariés, dont de très nombreuses femmes (une première !) et de nombreux jeunes, ont investi le siège de la Société Dalkia, à l a Défense, pour réclamer un salaire de base minimum de 1 550 € et une augmentation générale de 300 € pour tous. Cela traduit une mobilisation qualitative réelle malgré le travail de sape, en amont, de la direction et des délégués syndicaux centraux, notamment de la CGT et de FO. En effet, répondant à la demande officielle de la direction de « maîtriser les troupes », les fédérations nationales ont initié une intersyndicale de sommet regroupant tous les délégués centraux de la CGT, FO, CFDT, CFTC, CGC, UNSA dans le but de torpiller le travail unitaire entrepris par le CGT-E auprès des travailleurs de l’entreprise. Dans un tract intitulé « salaires, il est temps de frapper fort ! », les «délégués » nationaux réformistes ont défendu des revendications jugées « crédibles » par eux : base de négociation, 5 % (100 euros) pour les salaires inférieurs ou égaux à 2 000 €, et 4,5% d’augmentation pour les salaires supérieurs à 2000 €. Le but visé étant de semer la confusion chez les salariés et de faire que les cadres touchent davantage. Rien n’y fait, la mobilisation fut d’une grande qualité ; l’unité, la solidarité et la fraternité ont prévalu par-dessus tout. Les grévistes ont été actifs et déterminés. En bloquant l’accès du siège de Dalkia, et en filtrant les entrées, ils ont donné un sens à leur combat et souligné l’importance de l’enjeu autour de la question des salaires et du pouvoir d’achat.

Se nourrir de mots… et trahir !

Ainsi donc, les « nationaux » se sont nourris de mots avec leur tract diviseur. Face à la direction, ils ont frappé mou avant de trahir les salariés. Ils n’ont pas eu le cran de défendre leurs propres revendications. En effet, en refusant de prendre appui sur cette mobilisation, qualitativement supérieure, pour peser sur les négociations, par leur attitude condamnable, les «nationaux» ont encouragé la direction à poursuivre dans sa politique salariale au rabais… même si, sous la pression des grévistes, elle a renoncé à sa première proposition : une enveloppe de 2,5% à répartir entre les primes et les augmentations individuelles au mérite. La direction propose une augmentation générale minimum de 45 € par mois.

Des propositions insuffisantes et une négociation jugée insatisfaisante par les grévistes.

A l’unanimité, les salariés en grève ont rejeté les propositions de la direction et ont décidé de poursuivre leur action devant le siège du Groupe Veolia Environnement. Ils ont sommé les délégués centraux de rejet er ces propositions et d’appeler à la mobilisation des salariés. Las, les délégués ont fait fi de ces appels. Ils ont signé l’accord salarial que leur a présenté la direction. La CGT et la CGC ont décidé de différer leur signature.

Déçus mais pas abattus !

Forts de leur unité, les salariés ont décidé de faire grandir le mécontentement dans l’entreprise. Ils ont validé l’idée d’un appel à la grève générale reconductible dans l’entreprise en octobre. Ils ont accepté de participer activement à la préparation de cette initiative et au mouvement d’agitation pour mobiliser un grand nombre de salariés. De leur côté, direction et fédérations s’agitent… Mais que peuvent-elles, à terme, contre la volonté des travailleurs de s’unir dans la lutte?

Interview d’un gréviste de GT Logistics

Comme annoncé dans le numéro précédent, un correspondant de la commission ouvrière et d’entreprise a interviewé un travailleur en lutte de l’entreprise GT Logistics, basée à Tarnos dans les Landes

IC : peux-tu nous présenter ton entreprise ?

Le groupe GT, dont le siège est à Bordeaux, emploie 1 500 salariés sur toute la France. Organisée en filiales, son activité est la soustraitance en transport routier et en logistique. GT Logistics (100 salariés) assure le stockage et la gestion des pièces détachées pour Turboméca (fabricant de moteurs d'hélicoptères) à Tarnos dans les Landes. Le président du groupe GT est Eric Sarrat, héritier de son grandpère fondateur. Dans ses interviews, il se présente comme militant du patronat chrétien, se vante de la rareté des grèves dans son entreprise. A noter l'existence du GIGT (groupe d'intervention de GT), des salariés volontaires (l'élite selon le président), des casseurs de grève en fait.

IC : comment est la situation pour les salariés ?

J'ai constaté que toutes les demandes ou suggestions du personnel étaient systématiquement refusées ou éludées pour raisons diverses. Elles portent sur les revalorisations salariales, le 13ème mois, le décompte des congés payés et des absences maladie, la sécurité et la qualité de nos conditions de travail comme l'obtention de vestiaires décents ou un accès facile à l'eau potable. Nos revendications sont légitimes à la vue des énormes bénéfices du groupe, alors que les prix de l’alimentaire et des loyers sont d’autant plus élevés du fait que nous sommes en zone touristique.

IC : comment tout a démarré ?

Les deux premiers débrayages (début février) ont réuni la quasi totalité du personnel sur la totalité de nos revendications. C'est alors que l'inimaginable est arrivé : notre président, chéquier en main, arrivant sur le site pour nous vendre son fameux « contrat de prestation garantie » : un prime de 1000 euros payables tout de suite, mais remboursable si le salarié n'est pas à son poste… (prime anti-grève). Une trentaine d'employés ont signé. Certains satisfaits, poussés par une situation financière difficile, d'autres à contre-coeur, ou par les pressions de certains cadres. 45 grévistes ont alors fermement manifesté leur opposition à ce contrat anti-grève, [illégal même dans le code bourgeois, NDLR] qui constitue un moyen de pression sur le salarié qui est sous la menace permanente de devoir rembourser ses 1 000 euros pour n’importe quelle absence.

Quelles actions avez-vous engagées ?

Aidés par la CGT Turbomeca, nous avons décidé de porter plainte aux Prud'hommes, de débrayer régulièrement et d'avertir les médias. Les médias nationaux et locaux ont répondu à notre appel. « Une fois n'est pas coutume », ils ont pu correctement décrire notre situation et s’est amorcé ainsi un formidable mouvement de soutien et de sympathie en notre faveur, tant dans la population locale que chez les salariés, y compris au sein de l’encadrement de Turboméca. Après la conciliation inutile du 27, un jugement sur le fond aura lieu en octobre. La CFDT a, en son nom, porté plainte au pénal : le jugement du 15 avril a rendu un premier avis contre la validité du contrat proposé. Nos débrayages se sont poursuivis durant 8 semaines. S'ils n'ont malheureusement pas eu l'impact espéré sur le blocage de la production, ils ont finalement abouti à une prise en compte de quelques revendications dont l'augmentation collective des salaires de 4,1% à 5,6% pour les plus bas salaires.

IC : quelle expérience personnelle en as-tu retirée ?

Indéniablement, la force du collectif. Seule l'unité sur le long terme, avec des actions qui gênent ou bloquent la production, permet de se faire entendre et d'obtenir gain de cause.

IC : Les travailleurs ont–ils pris conscience que l’adversaire n’est pas seulement leur patron, mais l’ensemble du système capitaliste ?

Seule une petite dizaine d'entre nous, les anciens, ont une éducation et une culture politique (pas forcément anti-capitaliste). Là aussi, c'est un travail de long terme ; j'ai bon espoir car le terreau est fertile... Sur le plan du syndicalisme de lutte, nous créons déjà une section CGT aux côtés de la CFDT déjà en place.

IC : quelles leçons tires-tu de cette lutte?

D'abord l'unité du mouvement est à maintenir à tout prix par l'écoute permanente des salariés ; pas seulement lors des AG, mais autour de la machine à café, dans les vestiaires... Une bonne organisation est obligatoire : les syndicats ne peuvent pas toujours tout assumer, les salariés doivent s'impliquer. Enfin, j'ai été surpris par le fait que les premières heures d'un mouvement sont vitales pour la suite. Parfois, dans le rapport de force, on sent que tout peut basculer ou qu’une intervention en AG peut envoyer le mouvement dans une voie sans issue. Un grand merci à l’URCF, pour tous vos soutiens et vos messages qui nous ont donné une force considérable. Nous vous donnons rendez-vous à la rentrée car notre combat continue.

 

DU POGNON PAS DE CANON

La France qui arrive en 3 ème position parmi les pays les plus dépensiers en matière d'armement, prévoit de consacrer 22% de son budget national aux crédits militaires, en hausse de 4,3% sur l'an dernier. La part pour la modernisation de l'armement nucléaire est également en augmentation.

Avec un budget militaire de 47,7 milliards d’euros, en augmentation de 4,3% et de nouveaux programmes, le gouvernement choisit la course aux armements pour prendre toute sa place dans la lutte impérialiste pour le partage du monde. Le budget 2007 proposé au vote des parlementaires s’inscrit dans la rigueur pour de nombreux ministères vitaux comme la santé, l’éducation, la culture, la recherche... Mais le budget de la défense est épargné. Ce projet de budget aggrave l’insécurité mondiale et les difficultés sociales du pays. Il y a un an, les violences urbaines dans notre pays mettaient à nu la situation d’apartheid social dans laquelle se trouvent beaucoup de jeunes des quartiers populaires. Cette ségrégation sociale, conséquence de la recherche du profit, va se refléter dans la réduction de 5,5% du budget de l’Emploi, de 3,9% du budget de la Ville, de 2,5% celui du Logement. La suppression de 11 000 postes dans l’Éducation Nationale participe de cette guerre sociale contre les intérêts des travailleurs. Alors que se terminera en 2010 un programme de modernisation des armes nucléaires qui aura conduit la France à mettre en oeuvre de nouveaux sous-marins nucléaires (SNLE-NG), de nouveaux missiles (M45), de nouvelles bombes atomiques (TN 75), le gouvernement inscrit dans le budget 2006 des crédits pour de nouveaux missiles, les M 51 et de nouvelles bombes atomiques, (les TNN) pour remplacer en 2013, ceux que l'on aura fini d'implanter en 2010 et cela en violation du droit international. En poursuivant la modernisation des armements nucléaires, l’impérialisme français saigne son peuple pour mieux saigner les peuples. Dans le même temps, le gouvernement augmente les effecti fs des forces de répres - sion, à la fois pour lutter contre les résistances populaires, et envoyer des corps expéditionnaires et participer au pillage des peuples en réalisant des surprofits. L’argument selon lequel il n’y aurait plus d’argent dans les caisses est donc à géomét rie variable : comme le montre le tableau ci-dessus, le seul montant des dépenses pour envoyer 700 soldats en Afghanistan correspondrait à l’équivalent annuel des 11 000 postes supprimées dans l’Éducation Nationale. Du Pognon, pas des canons !

Lycéens, enseignants, parents d’élèves : pour la satisfaction des besoins en éducation ;

Des centaines de lycées bloqués en région parisienne, des manifestations massives presque tous les jours depuis le début du mois d’avril, d’abord en Ile de France et ensuite dans toute la France, des collectifs organisés partout avec des parents d’élèves ; la lutte contre le plus vaste plan anti-éducatif jamais appliqué en France (11 000 postes environ en moins pour la rentrée prochaine) montre à la fois la volonté de destruction du gouvernement et des monopoles, en même temps que la capacité de résistance et de mobilisation des élèves et des enseignants. A travers cette saignée, le gouvernement poursuit un but simple, dicté par les impératifs du Traité de Lisbonne : faire de l’éducation un marché concurrentiel comme les autres. En supprimant massivement des emplois d’enseignants et de personnels d’éducation, et en particulier dans les établissements des quartiers populaires, en augmentant pendant des années le nombre d’élèves par classe, on veut réduire la possibilité pour les enfants de prol étaires d’accéder à un emploi qualifié.

Ces suppressions atteindront les disciplines qui développent l’esprit critique et supprimeront des options utiles à la culture pour tous. Les classes bourgeoises, qui mettent leurs enfants dans les établissements huppés (ce qu’ils peuvent d’autant plus facilement faire depuis la suppression de la carte scolaire) ne pâtiront pas de cette réforme, car leurs enfants sont souvent aidés à la maison – soit par des cours particuliers, soit par leurs propres parents qui ont pu faire des études. Cela favorisera le développement des établissements privés, qui pourront se permettre de développer les options supprimées dans le public, avec l’aide de l’argent des travailleurs. A long terme, des centaines de milliers d’élèves des quartiers populaires seront les laissés-pour-compte de l’éducation, à cause de l’organisation d’une ségrégation scolaire manifeste, qui redouble et accentue la ségrégation sociale. On a d’autant moins besoin de jeunes qualifiés et éduqués qu’il faut pouvoir, une fois ces derniers jetés sur le marché du travail, leur faire accepter des conditions de travail toujours plus précaires, des droits sociaux plus restreints, la répression policière et médiatique toujours plus grande. D’un autre côté, les diplômes seront de plus en plus formatés en fonction des besoins du Capital. D’ailleurs, le pouvoir du Capital est devenu tel que les médias ont soigneusement utilisé leur énergie pour masquer l’ampleur du mouvement, qui est largement absent de l’actualité, alors que c’est l’une des luttes les plus longues et les plus puissantes en cours. L’URCF soutient, à travers ses militants, cette lutte pour le rétablissement des 11 000 postes supprimés, le rétablissement des sections BEP et le refus de l’école à deux vitesses

France, troisième budget militaire au monde en pourcentage par rapport au PIB

L’IMPERIALISME FRANCAIS PREPARE LA GUERRE

Le retour dans le commandement intégré de l’OTAN et l’envoi de 700 soldats de plus en Afghanistan mettent en lumière l’alignement atlantiste de l’impérialisme français. L’escalade du militarisme est une des réponses des monopoles à la crise globale : l’industrie de l’armement est en effet une source de profits importants ; d’autre part, la conquêt e et la préservation de marchés nécessitent une force de frappe capable de réprimer les pays et les peuples insuffisamment soumis et de peser face aux concurrents. Le réalignement sur l’impérialisme états-unien, le plus puissant du moment, n’implique pas une soumission atomique des transnationales françaises à celui-ci.

Les capitaux français sont largement investis outre atlantique, notamment dans les fonds de pension et bons du trésor. Il s’agit aussi de tirer parti du pillage par les USA des zones qu’ils contrôlent, notamment en s’inscrivant dans le plan pour le Grand Moyen-Orient, visant à diviser les États et à les soumettre à l’impérialisme américano-sioniste. L’Iran et la Syrie commencent à être désignés ouvertement comme une prochaine cible. En Afghanistan, la France soutient l’occupant et le régime fantoche en participant aux bombardements des populations. Au-delà, sont visées la Chine et la Russie bourgeoise, principaux rivaux des impérialismes occidentaux. Ce regain d’agressivité se dissimule de moins en moins derrière des prétextes humanitaires, la défense de l’Europe étant l’objectif affiché. En 2006, Chirac déclarait envisager une riposte contre des États pratiquant le “terrorisme” ou menaçant les approvisionnements stratégiques de l a France ou de ses alliés. Sarkozy est encore plus clair : “Tous ceux qui menaceraient de s’en prendre à nos intérêts vitaux s’exposeraient à une riposte sévère de la France, entraînant des dommages inacceptables pour eux”. Sont donc visés les États qui remettraient en cause, en recourant à des nationalisations par exemple, la tutelle qu’exercent sur eux les multinationales françaises, les plans du FMI et de l’OMC, les accords de libre-échange avec l’UE qui ruinent les ouvriers et paysans du “Tiers-Monde”. Les dépenses militaires de la France s’élèvent à environ 47 milliards d’euros par an, ce qui la place au 3e rang mondial. Bien que l’armée française dispose des capacités nécessaires pour faire sauter plusieurs fois la planète, les capitalistes poursuivent la course aux armements en modernisant l’arsenal offensif. Ainsi, le sous-marin “le terrible”, construit par la DCNS (propriété à 25% de Thalès) transportera en 16 exemplaires le futur missile intercontinental M51 d’une portée d’environ 8 000 km. Le projet de construction d’un 2ème porte-avions de 3,5 milliards, cher à Sarkozy, vise à doter la France des capacités d’intervention rapide que requièrent ses engagements européens et atlantistes. Tout ceci participe d’une politique d’agression en vue du pillage du monde. Sarkozy a également annoncé des économies dans le secteur militaire et une réduction des armements. Ceci ne doit tromper personne ; il s’agit de rendre plus efficace et réactive la force de frappe et de perfectionner les armes dont elle dispose. Si le budget de la défense reste une priorité, les budgets sociaux (école, santé...) diminuent drastiquement. Face à la politique de guerre, les travailleurs doivent dénoncer les amputations dans les dépenses sociales utiles et soutenir les peuples en lutte contre l’impérialisme français.

Réformisme "communiste" ou Marxisme Léninisme.

Avec Marie-Georges Buffet, le PCF, sans rompre avec le fond de la politique de mutation/ liquidation du parti révolutionnaire, a mieux enrobé sa politique avec le recours à quelques éléments identitaires (drapeau rouge), mais surtout avec des phrases en apparence de «gauche». Nous connaissons et respectons certains militants qui sont actifs dans les luttes sociales et démocratiques. Il est donc nécessaire de revenir sur la nature de cl asse de cette formation, à un moment où la construction du nouveau et authentique parti communiste se heurte principalement à quatre obstacles : la division des groupes à gauche du PCF, les survivances du révisionnisme pour certains, l’esprit de conciliation d’autres ou des mêmes, qui amène à voter PCF ou à faire liste commune avec lui, et enfi n, la dénomination « communiste » du PCF. Prenons les travaux du dernier CN du PCF pour illustrer sa nature socialedémocrate.

Les institutions.

L’URCF considère que l’analyse matérialiste de Marx et Lénine sur l’État capitaliste comme organe de domination de la bourgeoisie (dictature de classe) est confirmée. Ce sont les conseils d’administration qui, indirectement ou directement, en envoyant leurs collaborateurs dans le gouvernement, dirigent réellement le pays. Sarkozy est leur mandataire, comme tout président d’une République bourgeoise. Les médias privés ou publics sont propriétés des oligarques, en particulier des marchands de canons ; ils orientent l’opinion publique grâce à des sondages, ce qui donne les résultats que l’on connaît aux élections, sans danger pour la domination capitaliste.

La preuve de l’antidémocratisme du pouvoir du Capital, nous la trouvons dans le sort fait au NON du référendum : la souveraineté populaire est violée par un véritable putsch institutionnel, qui fait adopter aux forceps le nouveau traité européen conforme à celui censuré par les Français. Le PCF analyse le système de représent ation comme « démocratique » avec de graves atteintes. « Ils (les femmes et les hommes comme dirait M.G. Buffet) ne veulent pas que le quinquennat continue comme il a commencé ». Cette phrase prise parmi d’autres est révélatrice du fait que le PCF s’inscrit dans la reconnaissance des échéances fixées par le Capital, alors que la France a vu tous les changements s’opérer par la pression de la rue : 1848, Commune, Résistance, mai 68 !

Les conquêtes sociales et démocratiques l’ont été plus par les luttes extraparlementaires que par les réformes gouvernementales. Ensuite, est-il juste de laisser entendre que Sarkozy pourrait mener une autre politique (même avec la pression) ? La politique n’est-elle pas régie par des intérêts de classe ? Si nous gagnons sur les salaires, sur les sans-papiers, ce sera en imposant des reculs au Capital et à Sarkozy, son instrument ! Le PCF dénonce « l’hyperprésidentialisation » sans la relier aux sources économiques et matérielles du système capitaliste, qui engendre ce que Lénine appelait la « réaction sur toute la ligne ». Est-ce que pour autant, il faut abandonner la question des droits démocratiques, en attendant la révolution ? Non, l’URCF est favorable à des luttes et des mobilisations pour l’abrogation de la constitution de la Vème République, pour le droit de vote de tous ceux qui travaillent en France. Nous agissons pour ces droits non comme laudateurs de la « démocratie » mais parce qu’ils correspondent aux besoins des masses populaires, et qu’ils exacerberaient la contradiction entre la façade démocratique du régime et sa réalité autoritariste, entre les aspirations à de nouveaux droits et la réalité du système qui les nie.

La crise financière.

Pour l’URCF, la source de tous les maux auxquels sont confrontés les travailleurs est le régime d’exploitation des salariés : le capitalisme. Les traits du capitalisme impérialiste définis par Lénine sont plus vrais chaque jour : parasitisme de la classe dominante, pourrissement économique, incapacité de répondre aux besoins sociaux et culturels. Certes des changements se sont opérés depuis : si l’exploitation des ouvriers constitue toujours la source première des profits, ces derniers vont se multiplier avec la spéculation boursière, rapportant plus que l’exploitation elle-même. Le PCF écrit « le capitalisme mondialisé est en train de précipiter la planète dans une crise… C’est l’appui des pouvoirs politiques aux stratégies de rentabilité financière systématique ».

Notons le recours aux adjectifs pour décrire le capitalisme, ici « mondialisé », plus loin « libéral » ; la rentabilité financière n’est dénoncée que sous son angle « systématique ». Cela a une implication : le PCF est favorable à un autre capitalisme non mondialisé, non libéral, un capitalisme où comme la candidate PCF le disait aux présidentielles, l’investissement serait productif plutôt que spéculatif. En somme, on demande aux patrons de « faire leur boulot » en ignorant totalement les lois de fonctionnement du mode de production capitaliste. Il y a plus d’un siècle, Marx dénonçait le proudhonisme comme la « dialectique du pauvre » avec ses bons et mauvais côtés du capitalisme. Proudhon rêvait d’un capitalisme de petits propriétaires, sans gros spéculateurs avec le crédit et les banques au service du peuple, sans toucher à la nature même du système d’exploitation ! C’est cela le réformisme, promettre la satisfaction des besoins en voulant l’impossible harmonie des intérêts monopolistiques et des travailleurs exploités par ces mêmes monopoles ! Les dirigeants du PCF n’ignorent pourtant pas que plus la paupérisation gagne, plus les profits augmentent ! « L’urgence est d’engager des ruptures durables avec ces politiques et le pouvoir exorbitant qu’elles accordent au marché… réorientation de l’argent pour miser sur le développement durable économique et social… réorienter en diminuant la part accordée au marché…des doutes sont de plus en plus fréquemment exposés à propos du caractère catastrophique de la domination de la sphère financière sur la société.».

Un penseur hostile à Marx faisait remarquer que lorsque Proudhon monte, Marx descend. Nulle part on n’a vu un système fondé sur l’exploitation (et elle est féroce sous le capitalisme), diminuer ou « partager ses richesses », renoncer à la spéculation qui peut rapporter dix fois le capital investi en quelques minutes ! C’est en cela que le réformisme prés ente une utopie dangereuse car il désarme idéologiquement les travailleurs, atténue et en même temps gomme les antagonismes de classe, en ne dénonçant certains aspects du capitalisme que sous l’angle moral et en laissant entendre qu’il pourrait y avoir un alter-capitalisme. Décidément, l’appel des Boccara, Herzog, Le Duigou à dédiaboliser le patronat a trop été ent endu par les dirigeants PCF !

Nous devons déployer le drapeau de Marx et Lénine : c’est le capitalisme qui est l’obstacle à la satisfaction des besoins. Salaires, emploi, délocalisations, chômage, casse de l’école, seules les luttes peuvent faire reculer le pouvoir. Pour gagner durablement, il ne faut pas cibler certaines conséquences du capitalisme, mais bien le système et sa dictature politique sur la société. Prétendre le contraire, ce n’est pas du communisme, mais la collaboration de classe version Proudhon. A suivre prochain article : l’alternative des marxistes-léninistes

. Notes : Proudhon : (1809-1865), un des précurseurs de l’anarchisme, teinté de réformisme. Il prônait un système de petite propriété capitaliste et critiquait la « grande propriété » ; il prônait une « banque du peuple » au crédit gratuit, qui permettrait à chacun de devenir artisan. Ces banques favoriseraient, selon lui, l’échange équitable, sans toucher au système capitaliste. Le PCF, avec son projet de réorientation de la banque centrale européenne « au service des populations », s’inscrit dans ce droit fil. Marx et Engels estimaient que Proudhon rêvait de conserver le système sans les éléments qui le révolutionnent et le dissolvent : le prolétariat et les crises économiques.

Quelques vérités sur la Colombie (extraits texte intégral sur le site)

La Colombie est « à la mode » ! Force est de constater que la lecture de la presse et l’écoute des medias ne nous apprennent pas grand-chose sur la réalité politique et social e vécue par le peuple colombien. Le message est standard – tout le monde dit la même chose – affligeant de platitude, souvent calomniateur vis-à-vis de la guérilla, car foncièrement solidaire du gouvernement colombien et de l’administration états-unienne. En résumé, cela donne : « il faut libérer Ingrid Betancourt, otage de la guérilla des FARC, rapidement parce qu’elle serait malade ; les FARC sont une guérilla marxiste, narco-trafiquante, il y a de la cocaïne, Uribe est le président élu (donc c’est un démocrate) ». A part le fait que les FARC se réclament du marxisme, mais aussi de Simon Bolivar, tout le reste est faux ou un peu court. La situation, on s’en doute, est beaucoup plus complexe. [à lire, sur notre site : les conditions historiques de la création des FARC, leurs principales caractéristiques, et les circonstances dans lesquelles Ingrid Betancourt s’est retrouvée prisonnière –et non otage- des FARC…] La position des FARC est que, comme dans tout conflit militaire, l’on puisse procéder à des échanges de prisonniers. Mais évidemment, cela suppose que la guérilla soit reconnue comme un belligérant et non comme une organisation terroriste ; cela suppose aussi que l’échange puisse se faire dans des conditions de sécurité maximum. A plusieurs reprises, en effet, l’armée et les paramilitaires sont intervenus pour empêcher que des négociations aient lieu, ou pour massacrer des prisonniers que les FARC devaient ou venaient de relâcher. Depuis quatre mois, le gouvernement Uribe, en difficultés politiques de toute part, se livre à ce type de manoeuvres en liaison avec l’appareil militaire. Ayant échoué dans sa prétention à vouloir écraser la guérilla militairement, il n’a de cesse, avec l’encouragement des États-unis, de trouver le moyen pour tenter de déconsidérer la guérilla, tandis qu’il fait assassiner ou emprisonner et torturer ses messagers et ses représentants chargés des négociations. C’est bel et bien le fasciste Uribe, qui non seulement constitue un obstacle au règlement politique de la situation, mais qui constitue un véritable danger pour la vie d’Ingrid Bétancout et des autres prisonniers. L’assassinat de Raoul Reyes et de ses camarades met en relief la collusion de l’armée colombienne avec les servi ces secrets de Washington et l’utilisation des armes les plus sophistiquées. Cela met à jour l e jeu d’Uribe : empêcher toute solution humanitaire (la dernière lui a non seulement fait perdre la face, mais a grandi l’autorité internationale du Président Hugo Chavez) et faire port er aux FARC la responsabilité de la mort de Betancourt, même si c’est l’armée ou les paramilitaires (qui continuent d’exister) qui l’abattent au cours d’une opération. L’URCF exprime sa solidarité avec la guérilla des FARC et l’ensemble des forces politiques et sociales qui, en Colombie, se battent pour un avenir de paix, de sécurité, de progrès soci al. L’URCF condamne le silence du gouvernement Sarkozy-Fillon devant l’assassinat prémédité du camarade Raoul Reyes par le gouvernement de Bogota, alors qu’il était chargé de prendre contact avec les représentants du gouvernement français, à leur demande, pour discuter des conditions de la libération de la prisonnière Ingrid Betancourt. Elle dénonce le soutien de fait apporté par l’Élysée à Uribe et sa clique de criminels dont les liens avec les narcotrafiquants sont notoires.

"l'indépendance" du Kosovo. La question de l'autodétermination

Le droit à l’autodétermination est un principe général qui doit être reconnu aux peuples opprimés par l’impérialisme ou par le colonialisme d’une nation « dominante ». Autodétermination qui peut aller jusqu’à la séparation, le « divorce » selon Lénine. Ce droit à l’autodétermination des peuples opprimés s’inscrit dans le combat plus général et international pour renverser le capitalisme et l’impérialisme.

C’est la raison pour laquelle, Marx, Engels, Lénine, Staline ont avancé en théorie et en pratique le concept de subordination d’un mouvement de libération nationale au mouvement révolutionnaire mondial. Ce qui fonde cette subordination, c’est la question suivante : l’indépendance de tel peuple favorise t-elle la lutte anti-impérialiste au plan international ? Ou renforce-t-elle l’impérialisme en général et tels impérialismes en particulier ? Ensuite, les marxistes sont loin d’être indifférents à la composition sociale du mouvement national. A savoir quelle classe dirige ce processus de lutte vers l’indépendance ? Si la direction du mouvement est prolétarienne, on se dirige vers une transition possible de la révolution nationale démocratique à la révolution socialiste prolétarienne. L’indépendance est réelle, pas seulement formelle (néo-colonialisme).

Dans le cas du Kosovo, après des siècles d’oppression par le chauvinisme grand serbe (du roi Alexandre aux Tchetniks), la lutte de libération nationale de 1944-45 en resta au stade capitaliste puisque le parti de Tito était un « parti de 4 classes », un parti révisionniste aux mains de la bourgeoisie nationaliste yougoslave. Le révisionnisme se fondant sur le client élisme, la division et la concurrence (rôle de l’autogestion), Serbes et Kosovars furent opprimés à tour de rôle par le pouvoir titiste. Quand le véritable social-fasciste Rankovic était ministre de l’intérieur, les droits de la minorité albanaise étaient niés. Après le complot nationaliste serbe pour la prise du pouvoir de Rankovic contre Tito, dans les années 60, Tito se mit à reconnaître certains droits aux albanais… et à persécuter les Serbes, puis l’inverse !

 Le premier courant qui permit la mainmise nord-américaine, puis de l’Union européenne sur la Yougoslavie, ce fut le révisionnisme titiste. La Yougoslavie était le pays « socialiste » (en réalité capitaliste dominé) qui exportait sa main d’oeuvre en Allemagne et en France. Un quart de sa main d’oeuvre travaillait à l’étranger. Après la destruction de l’URSS, l’UE et particulièrement l’impérialisme allemand dépecèrent la Yougoslavie avec la sécession de la Croatie, de la Slovénie, puis de la Bosnie, et ce par une guerre d’agression impérialiste. Le combat de la Yougoslavie contre la mainmise états-unienne et européenne devenait le facteur principal de la lutte anti-impérialiste. Au contraire, le mouvement nationaliste Kosovar vit les armées de l’OTAN comme des alliés dans sa lutte nationale, mais ignora que sa lutte devenait en fait un élément de la balkanisation, provoquée par l ’impérialisme dans l’Europe du sud-est. Suite à la défaite de la Yougoslavie, les troupes de l’OTAN se sont installées dans le Kosovo, ont installé des bases militaires, y compris celles qui servent à l’acheminement de troupes en Afghanistan, au transport des prisonniers transférés à Guantanamo.

L’impérialisme français a joué un rôle actif dans le dépeçage de la Yougoslavie, avec Kouchner haut commissaire, partisan de longue date de l’indépendance du Kosovo. Le contingent français a été dirigé par le Général de Kermabon, ancien des corps expéditionnaires en Afrique, présent lors de la guerre d’agression impérialiste. Les troupes ont pour charge de former les futurs cadres policiers, douaniers et sans doute les services secrets. Peut-on parler d’indépendance quand celle-ci est obtenue avec les troupes impérialistes ?

C’est une indépendance formelle puisque l’économie est dévastée (il est vrai en raison du titisme et du nationalisme grand serbe) avec 50 % de chômeurs, une économie de divers trafics qui conduit le Kosovo à devenir un protectorat, une semicolonie. Cette question est totalement occultée par le mouvement national kosovar. N’est-ce pas une position proche de celle des «communistes» irakiens devenus «ministres» dans les fourgons de l’armée impérialiste américaine ? Notre position ne découle pas de considérations géopolitiques mais de la lutte générale anti-impérialiste, du contenu de classe du soutien de la France, des États-unis, de l’Allemagne à « l’indépendance kosovar ». La balkanisation signifie un affaiblissement de l’internationalisme prolétarien, la montée partout du nationalisme bourgeois, l’installation de bases militaires d’agression qui joueront leur rôle en cas de guerre civile en France, Italie, Albanie…

Dalaï-lama : derrière l’icône, un despote pantin de l’impérialisme occidental !

Le pape du Tibet n’est pas qu’un « Dieu vivant », il est, aux dires de nos medias et intellectuels bien-pensants, « l’incarnation des droits de l’homme et de la démocratie.»

Il faut croire que dans un pays qui se veut laïc, il n’est plus choquant, pour les médias sarkozystes, qu’un moine soit devenu chef de gouvernement à l’âge de 15 ans, parce qu’il a été « reconnu » comme la réincarnation du précédent à l’âge de 2 ans. Pas gênant non plus qu’il ait dirigé jusqu’en 1959 un régime théocratique contenant tous les ingrédients du plus beau féodalisme moyenâgeux : castes aristocratiques et religieuses possédant 95% des terres, faisant travailler 95% «d’êtres inférieurs», considérés dans le «registre des lois» comme de la marchandise (des serfs, donc), et maintenus en soumission par la terreur des châtiments corporels les plus barbares. Régime que le gouvernement révolutionnaire chinois n’aurait jamais dû chercher à abolir en 1959 : en effet, l’émancipation des 6 millions de Tibétains est peu de chose, comparée à la douleur de l’exil de «sa Sainteté».

Le malheureux a quand même trouvé de quoi se consoler, grâce à la générosité des fonds états-uniens, qui lui ont permis de nourrir grassement un pseudo gouvernement, en réservant les postes clés à ses 5 frères et soeurs, et où sa place de despote politique est assurée au nom de la religion. Il a reçu aussi le soutien d’un autre défenseur des despotes (qui défendit Batista), le très atlantiste Robert Ménard, Secrétaire perpétuel de Reporters Sans Frontières, qui a perçu en 2000 une subvention de 3 00 euros de la « National endovment for démocracy », association financée par la Cia et l’administration Bush, et, en plus 64 000 euros par «The center for a Free Cuba», financé par la bourgeoisie mafieuse de Miami (Cf. Le Figaro). En échange de tels soutiens : des campagnes régulières de dénigrement contre le gouvernement de Chine populaire, lancées depuis « Radio Free Asia», répondant au rêve US de démantèlement de la nation chinoise. Une pluie de distinctions honorifiques s’est alors abattue sur le «modeste » moine : après la Médaille d’or du Congrès des USA reçue en 2006, le voilà devenu citoyen d’honneur de la Ville de Paris ! Ménard, Delanoë, Sarkozy et Bush, même combat !

LENINE CONTRE LE NATIONALISME RAFFINE

Avec la montée et plus encore avec la victoire du révisionnisme moderne, les « voies nationales » ont relancé le chauvinisme des grandes et petites nations. Lénine n’était pas favorable à l’éclatement des pays multinationaux, car cela favorise la division du prolétariat en autant de courants « nationaux » opposés entre eux. Le nationalisme, on le sait, conduit à la collaboration de classes avec « sa » bourgeoisie, à « l’unité nationale ». Lénine, fervent internationaliste, s’opposait à l’éclatement des vieux pays, au moment où l’internationalisation de la production conduit au rapprochement objectif de tous peuples, via le développement impétueux (et inégal ) des échanges économiques, humains. Les nations grandes ou petites sont appelées à disparaître lorsque le communisme aura vaincu. Lénine rappelait que l’intérêt des marxistes n’est pas de regarder du côté (réactionnaire) du morcellement féodal. Citons Lénine : « Au nombre de ces idées, il faut ranger un nationalisme raffiné qui prêche la division et l’émiettement du prolétariat, sous les prétextes les plus spécieux et les plus séduisants : par exemple sous prétexte de défendre les intérêts de la «culture nationale», de « l’autonomie », de « l’indépendance nationale ». « Les ouvriers conscients s’efforcent de rejeter tout nationalisme, aussi bien le nationalisme grossier, violent à la « cent noir » (1) que le nationalisme le plus raffiné, celui qui prêche l’égalité en droit des nations, en même temps que la dislocation du camp ouvri er, des organisations ouvrières, du mouvement ouvrier par nationalités ». « L’internationalisme prolétarien est absolument inconciliable avec cette position car il enseigne non seulement le rapprochement des nations mais la fusion des masses ouvrières de toutes les nationalités d’un État donné au sein d’organisations prolétariennes uniques » « Unité des ouvriers des différentes nations dans leur lutte contre le nationalisme de toute bourgeoisie nationale ». (Lénine. Tome 20 pp.301-304. « La corruption des ouvriers par un nationalisme raffiné » Dans cette question de « l’indépendance » du Kosovo, l’URCF ne peut soutenir un nationalisme soutenu et porté au niveau étatique par les impérialismes US, français, allemand, italien, qui s’inscrit dans le nouveau partage du monde. L’URCF ne peut soutenir le nationalisme serbe qui a conduit à l’oppression des kosovars et à leur instrumentalisation par l’impérialisme. L’URCF est favorable à l’unité de classe de tous les détachements prolétariens des diverses nations ou minorités nationales, au sein d’un même parti communiste de type bolchevique, luttant pour une Yougoslavie (ou tout autre structure multinationale) antiimpérialiste et socialiste en rupture avec les grands et petits chauvinismes, rompant résolument avec l’héritage révisionniste du titisme, politique qui, n’en doutons pas, passera par la lutte, non aux côtés des impérialismes mais contre eux, pour suivre une voie réellement indépendante qui ne peut être garantie que par le socialisme. L’avenir du prolétariat n’est pas dans la renaissance du nationalisme mais dans l’unité de combat fondée sur l’internationalisme prolétarien.

1.Tendance populiste réactionnaire qui organisait les pogroms et des massacres de juifs en Russie pour diviser les rangs du prolétariat jusqu’en 1917.

MAI 68, PLUS FORT AFFRONTEMENT DE CLASSE CONTRE LES MONOPOLES.

(II) DE LA GREVE DES METALLOS A LA GREVE GENERALE E

Après l’occupation, le 22 mars, du bureau du recteur de l’université de Nanterre, l’irruption brutale des forces de police dans la faculté et les affrontements qui s’en étaient suivis avaient entraîné l’arrestation de plusieurs occupants. Les 3, 6, et 7 mai, les manifestations d’étudiants qui suivaient l’évacuation par les CRS de la Sorbonne occupée en solidarité avaient aussi donné lieu à des violences policières.

Le 10 mai, au Palais de justice, se déroulait le jugement des « Nanterrois » : des milliers de jeunes organisaient un sit-in en exigeant la libération de leurs camarades. Les heures s’égrenèrent et toujours pas de jugement. A 21 heures, alors que les manifestants étaient encerclés par les CRS, des barricades s’érigeaient. Cohn-Bendit, leader du «22 mars», un mouvement anarchiste, appelait à «l’occupation du quartier latin, mais sans s’attaquer aux forces de police». Étrange voeu pieux, car c’est la police sur ordre du ministre de l’intérieur, qui chargea la première. Les combats furent violents : l’auteur de ces lignes a vu des gardes mobiles tirer leurs grenades lacrymogènes à bout portant.

Toute la nuit, des combats de rue opposèrent la jeunesse ouvrière et étudiante à la police. Le bilan fut très lourd : des centaines d’arrestations et des centaines de blessés. Un spectacle de guerre attendait les riverains le lendemain matin. Le choix de la répression policière aveugle suscita la colère de l’opinion démocratique et progressiste. Les centrales syndicales décidaient d’une grève générale de solidarité avec la jeunesse, contre la répression policière pour le lundi 13 mai.

Cette grève générale sans grande préparation (vu les délais très courts) va rencontrer un succès considérable : 1 million de manifestants à Paris de la République à Denfert-Rochereau, la grève est certes, inégalement mais massivement suivie, dans l’ensemble : 1/3 des travailleurs des PME, 80 % de grévistes à EDF-GDF, 55 % à la SNCF, 75 % à l’éducation nationale, 70 % à la poste, 35 % de grévistes dans la métallurgie. 2 millions de salariés ont cessé le travail ce jour-là, ce qui atteste audelà de l’actualité, du mécontentement profond, social mais aussi politique qui va embraser la France dans les jours suivants. La grève des métallos. Les deux premières usines à poursuivre l’action dès le 14 mai sont Claas près de Metz qui produit des presses avec 500 salariés à l’époque. Ils exigent la refonte des grilles de salaires, la révision des cadences et déclenchent une « grève illimitée ». A Saint-Nazaire, les travailleurs de Sud-Aviation, après l’échec des négociations, occupent l’usine et se déclarent en grève illimitée. Le 14 mai, Renault-Cléon débraye et durant l’AG élit un comité de grève et décide de l’occupation de l’usine. Les cadres sont enfermés dans leur bureau.

Les revendications sont les suivantes : abrogation des ordonnances sur la sécurité sociale ; réduction du temps de travail avec l’exigence des 40 heures payées 48 ; SMIC à 1 000 fr ; abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans ; (et déjà) des CDI pour tous ! La grève va s’étendre aux sous-traitants. Renault-Flins, le 16 mai : débrayage de solidarité avec Cléon, La CGT et la CFDT, lors de l’AG, font adopter le principe d’une grève illimitée et l’occupation de l’usine. Mêmes revendications qu’à Cléon, auxquelles s’ajoute l’exigence d’une cinquième semaine de congés payés pour les jeunes salariés. Renault-Billancourt.

Le symbole à l’époque des luttes ouvrières ; le 16 mai, une grève à caractère spontanée éclate: à 17 heures, toutes les chaînes s’arrêtent, en AG est votée « une grève reconductible » chaque jour (donc en deçà de la grève illimitée). C’est à l’époque une procédure nouvelle qui aura un succès certain, plus tard, avec la domination du syndicalisme d’aménagement. Bien sûr, ce type d’action favorise les manoeuvres patronales et les pressions sur les grévistes, puisque le principe du mouvement est remis en cause tous les jours. Les négociations échouent et le 17, Billancourt est arrêtée. L’action des métallurgistes a été le déclencheur d’un mouvement qui va déboucher sur la grève générale.

 A ce stade, on pouvait déjà faire plusieurs constats. Ce sont les jeunes ouvriers qui sont à l’origine du mouvement, 66 % des grèves l’ont été à l’initiative des moins de 30 ans. Les OS surexploités par des cadences infernales, sous-payés aux pièces, livrés au travail abrutissant à la chaîne sont à la pointe du mouvement ou plutôt à son initiative ; signalons aussi la participation très active des femmes au mouvement, leur salarisation s’étant massifiée au début des années 60. Les revendications à caractère social l’emportent et présentent un caractère offensi f. Le PCF restera plusieurs jours surpris par l’ampleur du conflit, même si ses militants comme salariés sont actifs dans les grèves et les occupations. Prisonnier d’une stratégie à caractère uniquement électoral, le PCF avancera progressivement ses mots d’ordre.

La CGT dirigée par l’éminent syndicaliste Benoît Frachon présente encore à cette époque les traits du syndicalisme de lutte de classe. Surprise par la spontanéité combative des travailleurs, la CGT saura vite généraliser et étendre la grève : elle n’a joué en aucune manière le rôle de pompier des luttes que ses dirigeants lui assignent aujourd’hui. Dans la métallurgie, sur 77 grèves de grandes entreprises, 68 conflits sont déclenchés par la CGT, 6 par la CFDT (qui n’est pas encore recentrée en commis des directives du MEDEF), 3 par Force Ouvrière. La grève est encore inégale jusqu’au 20 mai, très forte en région parisienne, dans l’ouest, dans la région lyonnaise. 75 % des grèves naissent au cours d’AG, ce qui prouve le caractère majoritaire de la bataille dans chaque entreprise. Le 15 mai, la journée d’action prévue de longue date contre les ordonnances, parce qu’elle ne répond pas à l’ensemble des revendications posées, connaît un succès mitigé, ce qui ne va pas empêcher le mouvement de grèves de s’élargir de jour en jour.

La CFDT se prononce pour l’autogestion et des « réformes de structure ». Georges Séguy, dirigeant de la CGT, traite cette demande de « formule creuse » (demande qui cachait aussi la volonté de sortir du conflit) et précise « il n’y a pas une vue très claire de la situation à la CFDT et la FEN ». Le 17 mai, la grève massive éclate dans les transports publics : SNCF, RATP, dans l’éducation nationale, mais les étudiants et les lycéens avaient arrêté les cours depuis longtemps. Les salariés des PME en profitent pour ne plus se rendre à leur travail.

Le 18 mai, la grève devient générale et illimitée. En 5 jours, le pays va passer de 2 à 9 millions de grévistes et ce durant 10 jours. Les travailleurs de la poste occupent les centres de tri et de télécommunications, le gouvernement fait appel à la police et à l’armée pour garder le central-radio de Paris, qui permettait les communications et échanges internationaux et le fonctionnement des médias publics. L’administration, les grands magasins, les douanes, les marins pêcheurs, les postes de péage autoroutier se joignent au mouvement de grève. Le PCF lance le mot d’ordre de « gouvernement populaire », mot d’ordre qui a le mérite de donner une perspective politique à la grève générale mais ambigu aussi, avec son ralliement à la stratégie opportuniste du XX ème congrès du PCUS. Sa politique est de faire tout ce qui est possible pour parvenir à un accord autour d’un programme commun PS-PCF, ce qui revient à subordonner le mouvement à un parti déconsidéré par les guerres coloniales et qui a « toujours servi loyalement le capitalisme».

Les opposants à la ligne du PCF, le PCMLF et l’UJCML n’ont pas encore les liens nécessaires avec les masses pour apparaître comme une alternative révolutionnaire à un PCF qui continue massivement d’organiser le prolétariat. La situation était complexe : si l’on prend les critères léninistes définissant une situation révolutionnaire, il est incontestable que ceux du « haut » sont dépassés par les évènements, que la grève générale est massive, que les hésitations dans les corps répressifs suscitent l’inquiétude du pouvoir.

Pourtant, il manquait plusieurs facteurs importants, dont l’absence d’une force révolutionnaire qui aurait tracé la perspective anticapitaliste et défini la tactique appropriée, en évitant l’aventure comme la capitulation. Le ras-le-bol vis-à-vis de De Gaulle était réel mais allait-il jusqu’à l’anticapitalisme ?

La LCR et le masque de l’anticapitalisme.

En 2003, l'URCF lança sa campagne permanente, « Accusons le capitalisme », afin que le mécontentement grandissant, suscité par un néo-libéralisme de plus en plus agressif soit le plus souvent possible l'occasion d'une prise de conscience révolutionnaire anti-capitaliste au sein, en premier lieu, de la classe ouvrière. La récente initiative de la « Ligue communiste révolutionnaire » dans le dessein de créer un parti anticapitaliste semble faire écho à notre campagne.

Un tel parti ou mouvement, d'une part, souhaitera rassembler des militants et associations d'horizons divers, à savoir trotskiste, anarchiste, altermondialiste, social-démocrate ; et d'autre part, entendra lier les revendications transitoires «qui partent des méfaits sociaux des politiques libérales (en matière de revenus, de précarité, de santé publique, d'éducation, etc.), pour engager des luttes conduisant à remettre en cause le despotisme de marché et le pouvoir de la propriété privée. »[1]. Seulement, ils ne définissent pas l'essence de l'anticapitalisme qu’ils revendiquent : ils se contentent d’écrire qu’elle demeure secrète car le parti ne résout pas « l'énigme stratégique des révolutions du XXIe siècle» (ibidem), lequel mystère disparaîtra (miraculeusement ?) « chemin faisant» (ibidem).

Ainsi, la LCR souffre de deux tares : d'économisme ou de social démocratisme, enfin de trotskisme. Expliquons-nous.

L'anti-léninisme de la LCR. Le trotskisme est un courant politique, défendant un ensemble de thèses liées entre elles, dont le cadre de cet article nous interdit de traiter exhaustivement[2]. Nous nous bornerons à montrer l a validité de la thèse léniniste concernant l'aspect essentiel sinon un des aspects fondamentaux d'une théorie de la révolution, la question de la révolution mondiale. Trotski conditionne la révolution, partant la construction et l'instauration du socialisme «dans chaque état pris à part, à la formation des Étatsunis [socialistes] d'Europe. »[3] Or une telle thèse rend impossible la construction du socialisme où que ce soit, puisqu'il est impossible que la révolution socialiste advienne simultanément dans tous les pays, qu’ils soient oppresseurs ou opprimés.

En effet, «l'inégalité du développement économique et politique est une loi absolue du capitalisme. Il s'ensuit que la victoire du socialisme est possible au début dans un petit nombre de pays capitalistes ou même dans un seul pays capitaliste pris à part »[4], comme ce fut le cas en Russie. Partant, la position trotskiste condamne à l'inefficience en période révolutionnaire, lorsqu'elle n'implique pas, comme elle le fit, une lutte acharnée et permanente contre les pays socialistes et les partis communistes. Le social-démocratisme de la LCR. «L'énigme» de l'anticapitalisme de la LCR tient à son rejet de la révolution socialiste pensée comme objectif stratégique. En effet, l'attribut essentiel du capitalisme est bien l'exploitation. Mais ne jamais dénoncer explicitement le soubassement de l'exploitation (le capitalisme), et en rester à un « dépassement mystérieux » des lois de fonctionnement du capitalisme, et à une transformation miraculeuse des valeurs, cela équivaut à un réformisme masqué, celui de la LCR ou de son futur avatar. Transformation en réalité indolore, et donc inexistante.

Ainsi s'expliquent par exemple, son slogan « partager les richesses » qui suppose un compromis Capital-travail, au lieu de l’expropriation du Capital, qui est le seul vrai anticapitalisme ; mais aussi sa faible implantation au sein de la classe ouvrière et surtout son économisme quotidien (Cf. Rouge) : il ne dénonce que les conséquences de l’exploitation, mais jamais sa cause, le capitalisme lui-même.

Une autre conception s'imposera : seul un parti, authentiquement ouvrier, authentiquement communiste dont le souci permanent sera de lier l es revendications immédiates et transitoires, à leur cause et ainsi de susciter un anticapitalisme conséquent, parviendra à vaincre l'oligarchie financière au pouvoir. Seul un parti dont l'objectif stratégique toujours réaffirmé et clairement défini, le socialisme du 21ème siècle, s'inspirant de la glorieuse expérience de l'URSS et des démocraties populaires, mènera à la destruction salutaire et définitive du capitalisme.

[1] Entretien avec l'idéologue trotskiste, Daniel Bensaïd paru dans Lignes.

[2] Problème traité dans Trotskisme ou léninisme, de Harpal Brar.

[3] Trotski : OEuvres tome III, pp. 89-90 [4] Lénine : « A propos du mot d'ordre des États-unis d'Europe », OEuvres, tome 21, pp.354-355

ECHOS DES FEDERATIONS

Fédération du Rhône. Comme à leur habitude, les militants de la Fédération du Rhône ont participé aux manifestations qui se sont déroulées dans leur département. Ce fut le cas le 6 mars à Lyon ou plus de 1 500 personnes étaient rassemblées pour la défense des retraites, puis le 18 mars pour la manifestation en faveur de l’enseignement secondaire et universitaire. Ce même jour, ils se sont déployés devant les lycées techniques du Rhône, avec des tracts et notre journal Intervention Communiste. Le 29 mars, toujours présents sur le terrain des luttes, ils se sont mobilisés encore pour les retraites, et se sont joints à une autre manifestation en faveur de la Palestine et de son peuple au cours de laquelle a été symboliquement planté un olivier. Enfin le 10 avril, toujours à Lyon, ils étaient aux côtés des lycéens et enseignants de plusieurs établissements en grève, les Lycées Ampère, Récamier de Lyon, le collège Léonard de Vinci de Chassieu, et également le lycée horticole de Dardilly (qui dépend du ministère de l’agriculture). A toutes ces occasions, ils ont distribué des tracts toujours très bien accueillis par les manifestants et vendu plusieurs exemplaires du journal

Fédération du Var. Le 18 mars 2008, les militants d e l’URCF étaient présents à la manifestation pour la défense des services publics de l’éducation nationale et contre la suppression de postes pour la rentrée 2008. Plus de 200 tracts ont été distribués aux quelques 300 manifestants dont l’essentiel étaient des jeunes étudiants, lycéens et enseignants. Nous regrettons que la participation des parents n’ait pas été plus conséquente. Notre présence a été une nouvelle fois bien reçue, des contacts intéressants ont été réalisés. Le 29 mars, nous étions de nouveau dans la rue avec nos tracts et nos journaux, cette fois pour la défense des retraites. La participation n’était pas supérieure en nombre à la précédente, mais l’âge des participants avait changé, bien sûr beaucoup de retraités, mais peu d’ouvriers malgré quelques appels de syndicats dans quelques entreprises. Certaines personnes « découvraient » la manifestation, surprises de n’avoir pas été informées de cette initiative par leurs organisations syndicales. Ces distributions se sont poursuivies par une tournée en direction des boîtes aux lettres des cités HLM de Brignoles et Tourves, où habitent de nombreux ouvriers et retraités. Le 4 avril, nous étions aux côtés des Lycéens à Saint Maximin, très remontés contre le gouvernement Fillon, Sarko, et leur projet de suppression de postes, d’heures de cours et de certaines matières. Inquiets pour leur avenir, ils ont défilé dans les rues de cette petite ville qui, de plus en plus souvent au cours des dernières années, voit se développer des luttes et manifestations.

Fédération du Loir et Cher. SUPPRESSIONS D’EMPLOIS. Le groupe Valéo a annoncé la suppression de 80 emplois à l’usine de Blois. Il s’agirait de non-remplacements des départs à la retraite et de départs négociés. Depuis les années 80 où elle comptait 1 575 salariés, les effectifs ont fondu. De 460 salariés aujourd’hui, elle pourrait tomber à 380, alors que les profits des actionnaires ne cessent de croître. L’URCF soutient les salariés qui luttent pour obtenir des investissements, afin de maintenir l’outil, développer le site et obtenir des hausses de salaires. Il faut aussi combattre le capitalisme incapable de satisfaire les besoins des travailleurs et construire une société donnant les entreprises à celles et ceux qui produisent les richesses. FRANCHISES MEDICALES. L’URCF a fait signer une pétition pour la suppression des franchises santé. Cette action a fait l’unanimité. Nous proposons (Il faut exiger) de revenir à la gratuité des soins.

Fédération du Puy-de-Dôme. La fédération du Puy-de-Dôme organise une journée d’étude à l’intension de ses membres et de ses sympathisants. Au programme de cette journée : ce qu’est l’URCF, formation marxiste-léniniste, ce qu’il faut penser de la situation politique actuelle en France et dans le monde, les actions à mener en fonction de cette situation. Les jeunes sont particulièrement conviés à assister à cette journée.

Fédération de Seine Saint Denis. Cela devient une tradition, pour la Fédération du 93, de faire de la vente du muguet une activité militante à part entière. En maintenant le cap de s'adresser aux travailleurs à la fois sur les lieux de travail et sur les lieux de vie quotidienne, c'est 300 numéros spécial 1er Mai d'Intervention Communiste que nous avons distribués (le 30 avril) à l'Aéroport Charles de Gaulle (Roissy) et plus d'une centaine sur le marché des Lilas le lendemain. "Attaque Globale , Riposte Globale ", telle peut être la synthèse cette année du thème de la campagne "Accusons le capitalisme" pour ce 1er mai, jour de solidarité internationale des travailleurs. En perspective et en nouveauté pour ce premier semestre : la création d'une section à Bagnolet et l'org a n is a t io n d'une journée d é b a t - formation, fin juin, sur le t h è m e "travaille et crève : Le capitalisme ne peut pas répondre à la satisfactions des besoins de la population", journée ouverte aux lecteurs d'IC du département et aux sympathisants. Remercions la fédération du 95 qui fournit comme chaque année le muguet. Au vu du succès - y compris financier - cette vente du muguet est appelée à s'étendre aux autres fédérations.

Fédération du Val d’Oise Gros succès du muguet du premier mai : beaucoup de discussions, des journaux « spécial 1er mai » distribués par centaines à Marly La Ville, trois abonnements à IC. La fédération du Val d’Oise a également distribué des tracts par milliers dans les gares de Beauchamp, Louvres, Gousainville ainsi qu’à Villers le Bel. Une initiative en vue de réunir les lecteurs d’IC se prépare courant juin. IC N° 85 mars 2008 avril 2008

HOMMAGE A CLAUDE DESPRETZ

Claude Despretz s’est éteint. Ses obsèques se sont déroulées à Sisteron le 1er mars dernier. Soldat du refus pendant la guerre d’Algérie, refusant de porter les armes contre le peuple algérien, il a pendant de nombreuses années, jusqu’à ce que la maladie l’en empêche, été un militant communiste lucide. C’est aussi en tant qu’ancien soldat du refus qu’il avait lancé une campagne de soutien aux soldats israéliens qui préférèrent aller en prison plutôt que de participer à la répression contre le peuple palestinien. Dans les années 80, conscient de la dérive social démocrate du PCF, de son abandon des positions de classe, il refuse de cautionner la participation du PCF au gouvernement Mauroy. Suite à cette prise de position, les instances de sa fédération décident qu’il n’a plus sa place dans le parti. Il n’a plus adhéré à aucune organisation politique mais a continué le combat communiste avec Jacqueline son épouse et quelques camarades des Alpes de Haute Provence. De 1985 à 2002, il sera un des respo ns ab les d e « regroupement communiste » dont 70 numéros sont publiés, dans le but de continuer à faire vivre les idées communistes. Il a été le pilier de plusieurs organisations, notamment le comité contre la guerre impérialiste, France RDA, puis le comité de solidarité internationaliste (comité Honecker), l’ACCA. Notre comité central et l’ensemble de notre organisation tiennent ici à saluer sa mémoire et adressent à son épouse Jacqueline et à sa famille nos sincères condoléances

MOYEN AGE ET CAPITALISME  le billet de Jean SANITAS

Le Petit Robert risque fort d’avoir à réviser la définition lapidaire qu’il donne du mot famine, à savoir un manque total d’aliments dans une région pendant une certaine période. En effet, voilà que les prévisionnistes en matière de productions alimentaires s’accordent pour estimer qu’une famine s’annonce, non pas dans une région donnée de notre planète, mais dans nombre de pays qui la constituent, c'est à- dire - presque – une famine planétaire. Vous avez bien lu : la faim dans le monde pourrait être pour un demain relativement proche. Déjà, des centaines de millions d’êtres humains vivent très en dessous du seuil de pauvreté ; un enfant meurt de faim toutes les 30 secondes selon une statistique de l’OMS. Déjà, aussi, quinze millions d’hommes et de femmes meurent chaque année, victimes du manque d’eau ou de la consommation d’eau polluée. Déjà, encore, des centaines de milliers d’entre nous disparaissent, bon an mal an, de la surface de la terre, frappés par des maladies récurrentes mini pandémiques qui les emportent faute d’avoir pu, en leur pays sous-développés, bénéficier des médications qui les auraient sauvés. Déjà – enfin – les habitants de Haïti en sont réduits à manger des galettes de boue. Quelques 40 pays ont besoin d’une aide alimentaire urgente. Des émeutes de la faim éclatent un peu partout. Une question se pose alors : où se situe la responsabilité de la situation actuelle et celle à venir en matière de faim dans le monde ? La réponse à cette question s’impose : dans l’existence d’un système qui s’appelle le régime capitaliste, pour lequel seul compte le profit… au profit de quelques-uns, au détriment du plus grand nombre, un régime dont le credo est le fric pour le fric, un régime dont la méthode est, pour ce faire, l’exploitation du plus grand nombre pour le bénéfice de quelques uns. Les champions de ce régime se nomment Bush, Brown, Merkel, Berlusconi, Sarkozy pour ne citer que ceux-là. Un Sarkozy qui ne risque pas de mourir de faim, ayant augmenté son salaire de 204 % et triplé le budget de l’Elysée, qui fréquente les quelques-uns, tous milliardaires, et insulte, à l’occasion un membre du plus grand nombre. Casse-toi, pauvre con ! Un Sarkozy qui a, entre autres, un ministre, Rachida Dati, s’habillant en Dior et dépensant allègrement des centaines de milliers d’euros en réceptions. Ainsi va le monde dans le meilleur des mondes possibles en régime capitaliste, comme aurait pu le dire Candide, possible pour les possédants, impossible pour les possédés. Ainsi va le monde au temps de la mondialisation capitaliste, comme il allait au temps du Moyen-âge féodal : sous le signe de la famine. Il est vrai que le capitalisme n’est rien d’autre… qu’une autre féodalité. Dont il faut se débarrasser comme le peuple s’est débarrassé de la précédente

 

 
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