Sommaire IC n°86 Mai:juin 2008

EDITO / Forger la révolution anticapitaliste
PUBLIC /PRIVE Une seule classe ouvrière 
LE REVEIL DES LUTTES  
Défendre les services publics pour répondre aux besoins populaires ! 
Dalkia : mobilisation pour les salaires et le pouvoir d’achat. 
Interview d’un gréviste de GT Logistics 
DU POGNON PAS DE CANON
Lycéens, enseignants, parents d’élèves : pour la satisfaction des besoins en éducation ; 
L’IMPERIALISME FRANCAIS PREPARE LA GUERRE
Réformisme "communiste" ou Marxisme Léninisme. 
Quelques vérités sur la Colombie (extraits texte intégral sur le site)
"l'indépendance" du Kosovo. La question de l'autodétermination 
Dalaï-lama : derrière l’icône, un despote pantin de l’impérialisme occidental !  
LENINE CONTRE LE NATIONALISME RAFFINE 
MAI 68, PLUS FORT AFFRONTEMENT DE CLASSE CONTRE LES MONOPOLES.(2)
La LCR et le masque de l’anticapitalisme
ECHOS des luttes dans les fédérations
HOMMAGE A CLAUDE DESPRETZ 
MOYEN AGE ET CAPITALISME  le billet de Jean SANITAS  

Face aux attaques du Code du travail , des retraites, des salaires, des allocations familiales, des franchises medicales

 Forger la révolution anticapitaliste

Avec Sarkozy, la France rattrape son retard dans l’application des directives du sommet de Lisbonne, dont le programme est la déréglementation, la compétitivité et la destruction des acquis de tous et la privatisation des services publics. La Révision Générale des Politiques Publiques vise à économiser (c’est-à-dire transférer vers le Capital) 7 milliards en trois ans.11 000 suppressions de postes d’enseignants sont prévues à la rentrée, 80 000 d’ici 4 ans. Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite aggravera encore l’insuffisance de moyens et la charge de travail de ceux qui resteront. Le passage d’une logique d’emplois statutaires à une “logique de missions”, qui signifie en fait la suppression du statut des fonctionnaires, va augmenter la précarité. Pendant ce temps, de plus en plus de missions autrefois servi ce public (fourniture d’électricité, hôpital, télécommunications...) relèvent maintenant du privé, ce qui a pour seul objectif le profit immédiat et non la satisfaction des besoins. Cela se traduit par des factures toujours plus élevées et toujours moins de qualité du service. Les franchises médicales écartent les plus pauvres des soins médicaux. L’attaque gouvernementale contre les allocations familiales (moins600 euros par an pour des familles de 2 enfants) permettra au Capital de spéculer sur les sommes volées aux familles. La politique de rigueur pour les travailleurs, et de cadeaux aux riches, entraîne la baisse continue du pouvoir d’achat. Les tarifs des produits de première nécessité (pâtes, riz, essence, gaz, lait etc...) ont augmenté jusqu’à 50 % de leur prix initial. 18 % des emplois actuels sont rémunérés au SMIC - dans la Fonction publique, certains sont même payés en dessous. Les 2/3des emplois créés sont précaires (temps partiel imposé, CDD, contrats d’intérim...). Le minimum vieillesse dépasse à peine 600 euros. Alors qu’ici la vie devient impossible pour la population travailleuse, que la propagande bourgeoise évoque les« caisses vides », Sarkozy trouve des fonds considérables pour construire un sous-marin nucléaire (2 milliards d’euros qui s’ajoutent aux 24 milliards d’euros de dépenses militaires en plus du budget), et envoyer un contingent français de mille soldats en Afghanistan afin de participer à la mise sous tutelle de ce pays, pour contrôler la route du pétrole (pour la multinationale Total). De même, la réintégration dans l’OTAN est significative de la réorientation de la politique impérialiste de la France. Il s’agit de permettre à l’impérialisme français de s’aligner sur les objectifs de guerre de l’administration Bush, en participant aux coalitions de l’OTAN contre tout pays récalcitrant au nouvel ordre mondial impérialiste, en espérant toucher les dividendes du « butin ».

Rassembler les victimes du capitalisme.

Contre la guerre et le plan de rigueur de Sarkozy, il est nécessaire de créer un vaste rassemblement populaire de lutte de toutes les victimes du capitalisme. Usagers, privés d’emploi, travailleurs, tous ensembles pour résister au Capital et arracher la satisfaction de nos besoins. Des grèves de plus en plus nombreuses ont lieu dans le privé contre les licenciements et pour l’augmentation des salaires. Elles doivent rencontrer la solidarité des travailleurs du secteur public et la convergence avec leurs luttes. Le mouvement lycéen et étudiant contre la privatisation de l’enseignement est lui aussi porteur de la contestation du capitalisme. Les directions syndicales réformistes, acquises à la défense du système, ne veulent pas d’une lutte unie et prolongée qui mettrait en difficulté le pouvoir et le capitalisme français. Ces bureaucrates agissent au nom de la « place de la France dans la compétitivité internationale », argument chauvin d’union sacrée avec le Capital. C’est donc de la base de syndiqués et des travailleurs que partira un mouvement unifié, pour créer les conditions de la grève générale et de la bataille politique permanente. En mai 1968, quand existait un mouvement syndical de lutte des classes, 10 millions de grévistes, alliés aux étudiants et lycéens, ont obligé la bourgeoisie à céder aux revendications sociales. Aujourd’hui, la mutation syndicale a conduit à l’accompagnement social du libéralisme. Le résultat, c’est qu’aucune contre-réforme n’a pu être enrayée. Cette destruction des acquis entraîne, contradictoirement pour le Capital, le réveil des luttes ouvrières. L’URCF s’implique pour mettre en mouvement la classe ouvrière et orienter son combat contre le capitalisme. La dispersion des communistes en plusieurs groupes, la persistance de l’opportunisme dans leurs rangs, l’incapacité à mener une politique indépendante du PCF, ne pourront être vaincus que par l’unité de combat des marxistes léninistes agissant sous le mot d’ordre : il faut une seule organisation communiste en France. La crise du capitalisme, les révoltes de la faim, les guerres, la misère, l’exploitation ne sont pas l’horizon indépassable de l’humanité. Une autre société, orientée vers la satisfaction des besoins, est possible : le socialisme, fondé sur la propriété collective des entreprises et le pouvoir aux travailleurs. C’est la mission de la classe ouvrière et de son futur et authentique parti communiste que d’élaborer la voie révolutionnaire qui conduira au renversement du capitalisme.

§         AUGMENTATION de 300 euros mensuels des salaires et pensions!

§         NON aux attaques sur les allocations familiales et les retraites.

§         Non à la guerre impérialiste de la France!

§         Retrait du corps expéditionnaire français d’Afghanistan !

§         Retrait de la France de l’OTAN !

PUBLIC /PRIVE Une seule classe ouvrière

 Le monde du travail compte 7% de syndiqués. Chiffre souvent cité par les médias du Capital, pour présenter le syndicalisme comme« non représentatif ». Une autre donnée est moins rappelée : 95 % de ces« 7 % » ont des CDI ou un statut. C’est le produit avant tout de la violation massive du droit syndical opérée par le Capital, surtout dans les PME où la moitié de la classe ouvrière est salariée et le plus souvent inorganisée et sans représentants élus. C’est dire combien tous les précaires, les privés d’emplois sont dépourvus d’outil de défense au quotidien. Outre l’absence de libertés syndicales, un autre facteur est à prendre en compte pour expliquer le faible taux de syndicalisation dans le secteur privé : le PCF a surtout déployé ses forces là où les travailleurs avaient plus de facilités pour s’organiser grâce aux conquêtes démocratiques issues de la résistance armée antifasciste. Ayant abandonné la théorie marxiste-léniniste de l’Etat comme dictature (pouvoir politique) de la classe dominante (bourgeoise sous le capitalisme), le PCF devenu révisionniste a renforcé les illusions sur les entreprises publiques comme « îlots de socialisme » ou comme instrument de la marche« pacifique et électorale » vers un socialisme qui, dans ces conditions, n’a jamais vu le jour. Ces illusions étaient entretenues par la montée d’une couche bureaucratique ouvrière qui orientait le syndicalisme vers une démarche réformiste «d’aménagement social du capitalisme» ; cet opportunisme consistait à ne contester que certains aspects du capitalisme, sans remettre en cause le système lui-même. La bureaucratie réformiste ayant pris les rênes de la CGT s’aligne sur les autres centrales ouvrières ; les idéologues bourgeois ont mis au jour une nouvelle théorie fumeuse : la « grève par procuration » voulant vouer les travailleurs du secteur privé, à devenir une force d’appoint passive des travailleurs en lutte du public. Pour vaincre les contre-réformes du MEDEF et du pouvoir, pour satisfaire nos revendications vitales, pour stopper la bourgeoisie dans sa stratégie de destruction des conquêtes social es obtenues par les grèves (y compris politiques)impulsées par le syndicalisme de lutte de classes, on ne saurait s’appuyer uniquement sur les seules grèves des « travailleurs protégés ».Une des formes les plus visibles des contradictions du capitalisme contemporain est sa tendance objective (et bien involontaire) à uni fi er la classe ouvrière et les autres travailleurs : d’un côté, en privatisant les entreprises publiques, en s’opposant aux besoins vitaux (énergie, santé, éducation, logement),en cassant les CDI et les statuts; de l’autre côté, en agissant pour les délocalisations et fermetures de boîtes « juteuses » pour les spéculateurs. Un fil continu unifie la classe : la précarisation existante du salariat dans le privé et celle montante dans le public; l’allongement du temps de travail, les bas salaires, la surexploitation. Toutes ces attaques sont à l’origine du déclenchement de luttes dans le public mais aussi et de plus en plus dans les entreprises privées. Pour se défendre au quotidien, pour construire l’alternative révolutionnaire au capitalisme, il faut organiser les travailleurs, qu’ils soient exploités par le Capital monopoliste public ou privé, précaires ou en CDI, en une seule classe ouvrière !

 

LE REVEIL DES LUTTES

D ans la dernière période, on assiste à un réveil des luttes ouvrières. Durant la campagne présidentielle, 1 000 entreprises et, cet hiver, des centaines ont, à nouveau, connu des grèves. Ces grèves recouvrent des situations diverses : luttes défensives contre les fermetures d’entreprise, les licenciements, mais aussi offensives pour exiger un salaire minimum de 1 500 euros net, une hausse de 300 euros mensuels de tous les salaires, la transformation des emplois intérimaires en emplois à durée indéterminée. La question des salaires et du pouvoir d’achat, occultée par les directions syndicales réformistes, sous prétexte de crise et de « partage du travail », revient au premier plan, tandis que l’opinion publique s’indigne des profits qui explosent et des indemnités pour les patrons exorbitantes. Il est donc légitime que les luttes s’attaquent aux fabuleux profits afin de sauver l’emploi, d’augmenter les salaires et les pensions.

Les axes de lutte que se fixe l’URCF partent des préoccupations et des souffrances du peuple travailleur, de la nécessité de réponses immédiates sans attendre la révolution. Notre programme est construit autour de ce constat historique : les grands changements, les conquêtes sociales ont toujours leurs sources dans les luttes de classes !

La première tâche des révolutionnaires communistes est de soutenir les luttes des travailleurs, de développer la solidarité de classe dans le but d’atteindre le meilleur rapport de force qui produira les revendications des plus justes. Mieux que des discours qui n’auraient guère de prise sur le réel, l’URCF part des intérêts communs aux diverses couches populaires : création de caisses de solidarités financières sur le bassin de l’entreprise en grève mais aussi à l’échelle de tout le pays ; extension de la grève aux autres sites du groupe ; solidarité active des populations (dans des collectifs ou des comités de soutien) en montrant, faits à l’appui, les intérêts communs de tous les travailleurs (emploi, salaires, CDI, baisse des cadences ).

Dans le choix (souvent décisif) des formes de luttes, nous poussons à la démocratie ouvrière et à la consultation permanente des salariés, ce qui favorise une riposte collective, déterminée et massive, capabl e de surmonter les pièges de la division. L’URCF veille enfin à faire grandi r le « Tous ensemble et en même temps », et travaille à créer les conditions de la grève générale nécessaire pour battre les réformes réactionnaires et globales de Sarkozy. La grève, pour être efficace, doit exercer une pression sur le Capital et ses profits, par un véritable blocage de la production. C’est pourquoi nous intervenons pour que les grèves soient organisées successivement, région par région, avec temps fort national et recommencement. La gêne, pour le patron et le pouvoir, est maximale, les salariés organisent un mouvement continu sans trop de pertes de salaires. Un mouvement continu de trois millions de travailleurs bloquant la production, région après région, portera des coups plus rudes au Capital qu’une journée d’action avec le même nombre de grévistes, mais sans lendemain. Mais rejeter par la grève certaines conséquences du capitalisme (bas salaires, licenciements, etc), ce n’est pas encore détruire le système d’exploitation lui-même et sa représentation politique.

La dialectique de lutte de l’URCF se situe là : « accuser le capitalisme » pour relier le mécontentement aux sources matérielles (le capitalisme) qui engendrent tous les maux actuels. Notre programme et nos mots d’ordre visent donc à exacerber les luttes de classes pour répondre aux besoins sociaux urgents : SMIC à 1 580 euros nets, 300 euros pour tous. Comme tous les travailleurs, nous sommes intéressés à ce que se reconstituent les bases économiques, industrielles, agricoles, afin d’assurer les emplois et de satisfaire les besoins. Loin de la démagogie de Sarkozy (voir ses mensonges sur Gandrange), une ligne force est présente dans notre programme : la nationalisation sans indemnités des entreprises qui délocalisent ou licencient.

Les entreprises nationalisées seront l’objet d’une âpre lutte de classes entre l’Etat des monopoles et les travailleurs, ces derniers cherchant toujours plus à satisfaire leurs revendications sociales, politiques. Les monopolistes et leurs agents préconiseront toujours la rentabilité financière, le pillage des entreprises des pays dominés, l’alignement des « nationalisées » sur les exigences du redéploiement de l’impérialisme français. Les travailleurs devront se mobiliser pour rejeter une telle politique. La bataille pour les nationalisations exacerbera toutes les contradictions du système capitaliste, si les communistes jouent pleinement leur rôle. Des millions de travailleurs se poseront la question du bris de l’Etat capitaliste, obstacle ultime à leur émancipation sociale. C’est en cela que Lénine (trahi par les épigones PS/PCF du programme commun) voyait dans le capitalisme d’Etat l’antichambre possible de la révolution socialiste, nullement le passage indolore d’un système social à un autre !

 

Défendre les services publics pour répondre aux besoins populaires !

Sombre printemps pour l’emploi public, sur fond de mensonge sarkozyste…

Le 4 avril 2008, Sarkozy a relancé son bulldozer de mesures antisociales, au nom de la « modernisation des politiques publiques ». Pas moins de 166 mesures, inscrites dans un plan triennal de 2009 à 2011, s’attaquent aux grands « coupables » du déficit budgétaire : les locataires de HLM, les chômeurs, les malades, les jeunes en formation professionnelle, les familles, et bien sûr, les fonctionnaires ! Le non-remplacement d’un fonctionnaire à la retraite sur deux engendre la suppression de 105 000 emplois publics en 3 ans, pour économiser 3,5 milliards d’euros. Les dizaines de milliards dépensés pour construire des sous marins ou envoyer des corps expéditionnaires, pour la spéculation, pour les émoluments de la haute bureaucratie d’État et les cadeaux fiscaux aux possédants, sont pourtant les causes réelles des déficits invoqués.

L’enjeu, pour le pouvoir en place, n’est donc pas la réalisation d’économies budgétaires, mais la poursuite de la politique de paupérisation, en faisant payer la crise aux travailleurs, par le démantèlement des services publics, puis par leur privatisation, sur laquelle pourront fleurir les profits, alors que les dépenses sociales sont rognées. Cet objectif est conforté par le projet de loi sur « la mobilité dans la Fonction publique », adopté le 9 avril en conseil des ministres, qui pose les bases de la disparition pure et simple du statut de fonctionnaire. Les articles 7 et 9 programment en effet le licenciement des fonctionnaires qui refuseront « une réorientation professionnelle » (vers le privé), et l e recours à des intérimaires, pour les remplacer.

Casse des services publics et des statuts : les travailleurs payeront la note!

Ces coups portés contre l’existence même de la Fonction publique sont d’une brutalité affirmée, mais ils ne sont pas les premiers. L’offensive néo-libérale est à l’oeuvre depuis de nombreuses années, renforçant toujours plus la règle de la rentabilité financière, au détriment des missions d’un service public répondant aux besoins de la population : rappelons nous les 1 100 entreprises publiques privatisées depuis 1993, la plupart sous Jospin, la Poste démantelée sous Rocard, les « ouvertures de capital » sous Fabius, les hôpitaux et les 100 000 lits fermés sous Kouchner- Jospin, l’école asphyxiée par les baisses de moyens… autant de dégradations subies par tous les usagers et principalement par les travailleurs, en matière de qualité de services, de tari fs, de sécurité et de garanties, aggravant la paupérisation et les inégalités.

Secteur public et État capitaliste : la rentabilité financière contre la satisfaction des besoins.

Ce rappel nous invite à être clairvoyants sur la nature de l’État : bien loin de constituer un bouclier contre les méfaits du capitalisme, l’État des monopoles en est l’émanation. Si, aujourd’hui, nous avons à défendre les servi ces publics issus des nationalisations de 1945 (dans un contexte de puissant mouvement ouvrier né de l a Résistance), c’est parce qu’ils ont prouvé, quand existait un fort parti communiste et une CGT de lutte de classes, leur capacité à satisfaire les besoins matériels, culturels, sociaux et démocratiques. Avec la montée du révisionnisme, la bourgeoisie a su l’emporter dans la lutte de classe économique opposant, la satisfaction des besoins à la rentabilité financière. Cela montre le caractère transitoire des nationalisations sous le capitalisme, et les deux voies possibles qui en découlent : ou révolution socialiste pour permettre la satisfaction des besoins matériels et culturels, ou vol de l’argent public en s’accaparant des entreprises sans aucun investissement du capital privé. C’est la lutte de classe qui régit cette bataille ! Les déréglementations généralisées, les réductions budgétaires, les mises en concurrence, les logiques de rentabilité, les capitalisations et, finalement, les privatisations, sont autant d’étapes vers le vol organisé du bien public au seul profit du Capital financier. Refusons donc l’illusion d’un « Etat-providence », « arbitre » ou neutre ». Combattons, au quotidien, tant le Capital que l’Etat à son service !

Pour résister et gagner de nouveaux droits, lutte unie des salariés et des usagers !

Les résistances actuelles doivent s’amplifier et converger dans un front uni des travailleurs, avec l’ensemble de la population, contre la casse des emplois et des services publics, pour une hausse immédiate et générale des salaires. Les actions spectaculaires menées conjointement par les enseignants, les lycéens et les parents, contre l es suppressions de postes dans l’Éducation Nationale, montrent la voie, malgré les atermoiements de directions syndicales engluées dans leurs tendances corporatistes et leurs pratiques bureaucratiques. Les militants de l’URCF sont actifs dans ces luttes : ils participent et appellent à la création partout de comités de lutte unissant salariés et usagers, pour s’opposer pied à pied aux privatisations et à la rentabilité financière ; ils appellent à se battre aussi pour la création de nouveaux pôles de services publics, par la voie de nationalisations sans indemnités, et pour l’émergence de nouveaux droits démocratiques permettant la satisfaction des besoins individuels et collectifs.

Vive les grévistes de…...

PRISME Intérimaires (75 Paris), ARCELOR-MITTAL site de GANDRANGE, Étudiants en travail social de Dijon (21) Cogesal-Miko (54), Capgemini (Est de la France et Paris ), Flybus (aéroport Roissy), MONDIAL ASSISTANCE (Paris, Le Mans ), Roubaix, LA REDOUTE (Nord), Coca-cola (Bouches du Rhône, Dunkerque), ST Micro Electronics (Bouches du Rhône), Ski Salomon (Haute Savoie); Ports et docks (Marseille, Le Havre); SNECMA Propulsion Solide (Gironde); France Télecom (DOM); Hydrocarbures (Papeete); Brioches Pasquier (Maine et Loire); L'Oréal (95) ; CIF (95) IBM ; Météo France ; Nestlé Waters (Vosges, Lozère, Gard), Snecma/Safran (moteurs d’avion), de Henkel Technologies France (lessive, cosmétique, adhési fs), Cars Perrier (filiale RATP, Yvelines), Ultra Diams (lames de sci e), Kleber (Michelin), GT logistics (stockage, acheminement), Smoby, Seafrance (transport maritime), Ford (Bordeaux, boites de vitesse), Salariés des remontées mécaniques, Carrefour, Thermes nationaux d’Aix les Bains, Brink’s (Métro de Toulouse), Mines de Talc de Luzenac, ED l’épicier (Chilly-Mazarin, Essonne), ADDREXO Nanterre, Imprimerie nationale (Val de Marne), Monoprix (Hauts de Seine), Glaxo (GSK, Mayenne Pharmacie), Next er (ex-GIAT), Prisma (presse), RVI (Renault Blainville), AEMS (Système informatique Euronext, Paris), Mac Donald Marseille, Alcatel Lucent Illkirch (Bas-Rhin), DMC (Textile), Barry-Callebaut ex-Nestlé (Dijon), RTM (transport Marseille), Conforama, Leclerc (Narbonne), personnel au sol (aéroports), de Keolis Besançon (transport), Euro Cargo Rail (fret, Ain), Monneret industrie (filiale Smoby), Groupe Test Holding (NextradioTV), DHL, Isover, Altran d’Ouest (sous traitant Airbus/Eads), Valéo, FNAC, Hispano, Turbomeca, Messier, Microturbo (groupe Safran), Dalkia, PILPA-BONCOLAC (fabrication de glaces, Aude) ainsi que les autres ports que le Havre et Marseille qui ont tous fait grèves (Nantes, Rouen, Dunkerque, Bordeaux, la Rochelle...)

Dalkia : mobilisation pour les salaires et le pouvoir d’achat.

Unis comme les doigts de la main.

Une première depuis des années ! En effet, en janvier 2007, le CGT-E interpelle par écrit l’ensemble des organisations syndicales pour la constitution d’un front uni contre la politique salariale au rabais de Dalkia. Seules les sections FO, CFDT et CFTC d’Île de France ont accepté de se regrouper au sein d’une intersyndical e inédite, malgré l’opposition de leurs délégués syndicaux centraux et de leurs fédérations nationales respectives. Les militants de l’intersyndicale ont décidé d’unir leurs efforts pour lutter contre la résignation qui tétanise les salariés depuis des lustres et de généraliser auprès d’eux le mot d’ordre unitaire : « ensemble, unis pour lutter ». La CGT a malheureusement opposé un refus officiel, catégorique, de s’associer à cette initiative par sectarisme vis-à-vis du CGT-E.

Un labourage du terrain payant.

Des semaines durant, les militants de l’intersyndicale, principalement ceux du CGT-E, se sont alors déployés sur l es sites et les secteurs de l a région Île de France mais aussi en province, pour éclairer et convaincre l es salariés sur la nécessité de lutter ensemble et en même temps. Ils ont encouragé les hôtesses d’accueil, les standardistes, le personnel du courrier, les techniciens, les secrétaires, les cadres à rejeter le sentiment de résignation.

Empêcher le déroulement à huis clos de la négociation annuelle obligatoire sur les salaires.

En effet, dans le dos des travailleurs, la direction et les délégués syndicaux ont pris l’habitude de « négocier » à huis clos dans les bureaux feutrés du Directeur général de l’entreprise. Il fallait briser cette cérémonie rituelle et empêcher que la négociation annuelle obligatoire sur les salaires effectifs se déroule en catimini. Ainsi, le 8 avril 2008, plus de 350 salariés, dont de très nombreuses femmes (une première !) et de nombreux jeunes, ont investi le siège de la Société Dalkia, à l a Défense, pour réclamer un salaire de base minimum de 1 550 € et une augmentation générale de 300 € pour tous. Cela traduit une mobilisation qualitative réelle malgré le travail de sape, en amont, de la direction et des délégués syndicaux centraux, notamment de la CGT et de FO. En effet, répondant à la demande officielle de la direction de « maîtriser les troupes », les fédérations nationales ont initié une intersyndicale de sommet regroupant tous les délégués centraux de la CGT, FO, CFDT, CFTC, CGC, UNSA dans le but de torpiller le travail unitaire entrepris par le CGT-E auprès des travailleurs de l’entreprise. Dans un tract intitulé « salaires, il est temps de frapper fort ! », les «délégués » nationaux réformistes ont défendu des revendications jugées « crédibles » par eux : base de négociation, 5 % (100 euros) pour les salaires inférieurs ou égaux à 2 000 €, et 4,5% d’augmentation pour les salaires supérieurs à 2000 €. Le but visé étant de semer la confusion chez les salariés et de faire que les cadres touchent davantage. Rien n’y fait, la mobilisation fut d’une grande qualité ; l’unité, la solidarité et la fraternité ont prévalu par-dessus tout. Les grévistes ont été actifs et déterminés. En bloquant l’accès du siège de Dalkia, et en filtrant les entrées, ils ont donné un sens à leur combat et souligné l’importance de l’enjeu autour de la question des salaires et du pouvoir d’achat.

Se nourrir de mots… et trahir !

Ainsi donc, les « nationaux » se sont nourris de mots avec leur tract diviseur. Face à la direction, ils ont frappé mou avant de trahir les salariés. Ils n’ont pas eu le cran de défendre leurs propres revendications. En effet, en refusant de prendre appui sur cette mobilisation, qualitativement supérieure, pour peser sur les négociations, par leur attitude condamnable, les «nationaux» ont encouragé la direction à poursuivre dans sa politique salariale au rabais… même si, sous la pression des grévistes, elle a renoncé à sa première proposition : une enveloppe de 2,5% à répartir entre les primes et les augmentations individuelles au mérite. La direction propose une augmentation générale minimum de 45 € par mois.

Des propositions insuffisantes et une négociation jugée insatisfaisante par les grévistes.

A l’unanimité, les salariés en grève ont rejeté les propositions de la direction et ont décidé de poursuivre leur action devant le siège du Groupe Veolia Environnement. Ils ont sommé les délégués centraux de rejet er ces propositions et d’appeler à la mobilisation des salariés. Las, les délégués ont fait fi de ces appels. Ils ont signé l’accord salarial que leur a présenté la direction. La CGT et la CGC ont décidé de différer leur signature.

Déçus mais pas abattus !

Forts de leur unité, les salariés ont décidé de faire grandir le mécontentement dans l’entreprise. Ils ont validé l’idée d’un appel à la grève générale reconductible dans l’entreprise en octobre. Ils ont accepté de participer activement à la préparation de cette initiative et au mouvement d’agitation pour mobiliser un grand nombre de salariés. De leur côté, direction et fédérations s’agitent… Mais que peuvent-elles, à terme, contre la volonté des travailleurs de s’unir dans la lutte?

Interview d’un gréviste de GT Logistics

Comme annoncé dans le numéro précédent, un correspondant de la commission ouvrière et d’entreprise a interviewé un travailleur en lutte de l’entreprise GT Logistics, basée à Tarnos dans les Landes

IC : peux-tu nous présenter ton entreprise ?

Le groupe GT, dont le siège est à Bordeaux, emploie 1 500 salariés sur toute la France. Organisée en filiales, son activité est la soustraitance en transport routier et en logistique. GT Logistics (100 salariés) assure le stockage et la gestion des pièces détachées pour Turboméca (fabricant de moteurs d'hélicoptères) à Tarnos dans les Landes. Le président du groupe GT est Eric Sarrat, héritier de son grandpère fondateur. Dans ses interviews, il se présente comme militant du patronat chrétien, se vante de la rareté des grèves dans son entreprise. A noter l'existence du GIGT (groupe d'intervention de GT), des salariés volontaires (l'élite selon le président), des casseurs de grève en fait.

IC : comment est la situation pour les salariés ?

J'ai constaté que toutes les demandes ou suggestions du personnel étaient systématiquement refusées ou éludées pour raisons diverses. Elles portent sur les revalorisations salariales, le 13ème mois, le décompte des congés payés et des absences maladie, la sécurité et la qualité de nos conditions de travail comme l'obtention de vestiaires décents ou un accès facile à l'eau potable. Nos revendications sont légitimes à la vue des énormes bénéfices du groupe, alors que les prix de l’alimentaire et des loyers sont d’autant plus élevés du fait que nous sommes en zone touristique.

IC : comment tout a démarré ?

Les deux premiers débrayages (début février) ont réuni la quasi totalité du personnel sur la totalité de nos revendications. C'est alors que l'inimaginable est arrivé : notre président, chéquier en main, arrivant sur le site pour nous vendre son fameux « contrat de prestation garantie » : un prime de 1000 euros payables tout de suite, mais remboursable si le salarié n'est pas à son poste… (prime anti-grève). Une trentaine d'employés ont signé. Certains satisfaits, poussés par une situation financière difficile, d'autres à contre-coeur, ou par les pressions de certains cadres. 45 grévistes ont alors fermement manifesté leur opposition à ce contrat anti-grève, [illégal même dans le code bourgeois, NDLR] qui constitue un moyen de pression sur le salarié qui est sous la menace permanente de devoir rembourser ses 1 000 euros pour n’importe quelle absence.

Quelles actions avez-vous engagées ?

Aidés par la CGT Turbomeca, nous avons décidé de porter plainte aux Prud'hommes, de débrayer régulièrement et d'avertir les médias. Les médias nationaux et locaux ont répondu à notre appel. « Une fois n'est pas coutume », ils ont pu correctement décrire notre situation et s’est amorcé ainsi un formidable mouvement de soutien et de sympathie en notre faveur, tant dans la population locale que chez les salariés, y compris au sein de l’encadrement de Turboméca. Après la conciliation inutile du 27, un jugement sur le fond aura lieu en octobre. La CFDT a, en son nom, porté plainte au pénal : le jugement du 15 avril a rendu un premier avis contre la validité du contrat proposé. Nos débrayages se sont poursuivis durant 8 semaines. S'ils n'ont malheureusement pas eu l'impact espéré sur le blocage de la production, ils ont finalement abouti à une prise en compte de quelques revendications dont l'augmentation collective des salaires de 4,1% à 5,6% pour les plus bas salaires.

IC : quelle expérience personnelle en as-tu retirée ?

Indéniablement, la force du collectif. Seule l'unité sur le long terme, avec des actions qui gênent ou bloquent la production, permet de se faire entendre et d'obtenir gain de cause.

IC : Les travailleurs ont–ils pris conscience que l’adversaire n’est pas seulement leur patron, mais l’ensemble du système capitaliste ?

Seule une petite dizaine d'entre nous, les anciens, ont une éducation et une culture politique (pas forcément anti-capitaliste). Là aussi, c'est un travail de long terme ; j'ai bon espoir car le terreau est fertile... Sur le plan du syndicalisme de lutte, nous créons déjà une section CGT aux côtés de la CFDT déjà en place.

IC : quelles leçons tires-tu de cette lutte?

D'abord l'unité du mouvement est à maintenir à tout prix par l'écoute permanente des salariés ; pas seulement lors des AG, mais autour de la machine à café, dans les vestiaires... Une bonne organisation est obligatoire : les syndicats ne peuvent pas toujours tout assumer, les salariés doivent s'impliquer. Enfin, j'ai été surpris par le fait que les premières heures d'un mouvement sont vitales pour la suite. Parfois, dans le rapport de force, on sent que tout peut basculer ou qu’une intervention en AG peut envoyer le mouvement dans une voie sans issue. Un grand merci à l’URCF, pour tous vos soutiens et vos messages qui nous ont donné une force considérable. Nous vous donnons rendez-vous à la rentrée car notre combat continue.

 

DU POGNON PAS DE CANON

La France qui arrive en 3 ème position parmi les pays les plus dépensiers en matière d'armement, prévoit de consacrer 22% de son budget national aux crédits militaires, en hausse de 4,3% sur l'an dernier. La part pour la modernisation de l'armement nucléaire est également en augmentation.

Avec un budget militaire de 47,7 milliards d’euros, en augmentation de 4,3% et de nouveaux programmes, le gouvernement choisit la course aux armements pour prendre toute sa place dans la lutte impérialiste pour le partage du monde. Le budget 2007 proposé au vote des parlementaires s’inscrit dans la rigueur pour de nombreux ministères vitaux comme la santé, l’éducation, la culture, la recherche... Mais le budget de la défense est épargné. Ce projet de budget aggrave l’insécurité mondiale et les difficultés sociales du pays. Il y a un an, les violences urbaines dans notre pays mettaient à nu la situation d’apartheid social dans laquelle se trouvent beaucoup de jeunes des quartiers populaires. Cette ségrégation sociale, conséquence de la recherche du profit, va se refléter dans la réduction de 5,5% du budget de l’Emploi, de 3,9% du budget de la Ville, de 2,5% celui du Logement. La suppression de 11 000 postes dans l’Éducation Nationale participe de cette guerre sociale contre les intérêts des travailleurs. Alors que se terminera en 2010 un programme de modernisation des armes nucléaires qui aura conduit la France à mettre en oeuvre de nouveaux sous-marins nucléaires (SNLE-NG), de nouveaux missiles (M45), de nouvelles bombes atomiques (TN 75), le gouvernement inscrit dans le budget 2006 des crédits pour de nouveaux missiles, les M 51 et de nouvelles bombes atomiques, (les TNN) pour remplacer en 2013, ceux que l'on aura fini d'implanter en 2010 et cela en violation du droit international. En poursuivant la modernisation des armements nucléaires, l’impérialisme français saigne son peuple pour mieux saigner les peuples. Dans le même temps, le gouvernement augmente les effecti fs des forces de répres - sion, à la fois pour lutter contre les résistances populaires, et envoyer des corps expéditionnaires et participer au pillage des peuples en réalisant des surprofits. L’argument selon lequel il n’y aurait plus d’argent dans les caisses est donc à géomét rie variable : comme le montre le tableau ci-dessus, le seul montant des dépenses pour envoyer 700 soldats en Afghanistan correspondrait à l’équivalent annuel des 11 000 postes supprimées dans l’Éducation Nationale. Du Pognon, pas des canons !

Lycéens, enseignants, parents d’élèves : pour la satisfaction des besoins en éducation ;

Des centaines de lycées bloqués en région parisienne, des manifestations massives presque tous les jours depuis le début du mois d’avril, d’abord en Ile de France et ensuite dans toute la France, des collectifs organisés partout avec des parents d’élèves ; la lutte contre le plus vaste plan anti-éducatif jamais appliqué en France (11 000 postes environ en moins pour la rentrée prochaine) montre à la fois la volonté de destruction du gouvernement et des monopoles, en même temps que la capacité de résistance et de mobilisation des élèves et des enseignants. A travers cette saignée, le gouvernement poursuit un but simple, dicté par les impératifs du Traité de Lisbonne : faire de l’éducation un marché concurrentiel comme les autres. En supprimant massivement des emplois d’enseignants et de personnels d’éducation, et en particulier dans les établissements des quartiers populaires, en augmentant pendant des années le nombre d’élèves par classe, on veut réduire la possibilité pour les enfants de prol étaires d’accéder à un emploi qualifié.

Ces suppressions atteindront les disciplines qui développent l’esprit critique et supprimeront des options utiles à la culture pour tous. Les classes bourgeoises, qui mettent leurs enfants dans les établissements huppés (ce qu’ils peuvent d’autant plus facilement faire depuis la suppression de la carte scolaire) ne pâtiront pas de cette réforme, car leurs enfants sont souvent aidés à la maison – soit par des cours particuliers, soit par leurs propres parents qui ont pu faire des études. Cela favorisera le développement des établissements privés, qui pourront se permettre de développer les options supprimées dans le public, avec l’aide de l’argent des travailleurs. A long terme, des centaines de milliers d’élèves des quartiers populaires seront les laissés-pour-compte de l’éducation, à cause de l’organisation d’une ségrégation scolaire manifeste, qui redouble et accentue la ségrégation sociale. On a d’autant moins besoin de jeunes qualifiés et éduqués qu’il faut pouvoir, une fois ces derniers jetés sur le marché du travail, leur faire accepter des conditions de travail toujours plus précaires, des droits sociaux plus restreints, la répression policière et médiatique toujours plus grande. D’un autre côté, les diplômes seront de plus en plus formatés en fonction des besoins du Capital. D’ailleurs, le pouvoir du Capital est devenu tel que les médias ont soigneusement utilisé leur énergie pour masquer l’ampleur du mouvement, qui est largement absent de l’actualité, alors que c’est l’une des luttes les plus longues et les plus puissantes en cours. L’URCF soutient, à travers ses militants, cette lutte pour le rétablissement des 11 000 postes supprimés, le rétablissement des sections BEP et le refus de l’école à deux vitesses

France, troisième budget militaire au monde en pourcentage par rapport au PIB

L’IMPERIALISME FRANCAIS PREPARE LA GUERRE

Le retour dans le commandement intégré de l’OTAN et l’envoi de 700 soldats de plus en Afghanistan mettent en lumière l’alignement atlantiste de l’impérialisme français. L’escalade du militarisme est une des réponses des monopoles à la crise globale : l’industrie de l’armement est en effet une source de profits importants ; d’autre part, la conquêt e et la préservation de marchés nécessitent une force de frappe capable de réprimer les pays et les peuples insuffisamment soumis et de peser face aux concurrents. Le réalignement sur l’impérialisme états-unien, le plus puissant du moment, n’implique pas une soumission atomique des transnationales françaises à celui-ci.

Les capitaux français sont largement investis outre atlantique, notamment dans les fonds de pension et bons du trésor. Il s’agit aussi de tirer parti du pillage par les USA des zones qu’ils contrôlent, notamment en s’inscrivant dans le plan pour le Grand Moyen-Orient, visant à diviser les États et à les soumettre à l’impérialisme américano-sioniste. L’Iran et la Syrie commencent à être désignés ouvertement comme une prochaine cible. En Afghanistan, la France soutient l’occupant et le régime fantoche en participant aux bombardements des populations. Au-delà, sont visées la Chine et la Russie bourgeoise, principaux rivaux des impérialismes occidentaux. Ce regain d’agressivité se dissimule de moins en moins derrière des prétextes humanitaires, la défense de l’Europe étant l’objectif affiché. En 2006, Chirac déclarait envisager une riposte contre des États pratiquant le “terrorisme” ou menaçant les approvisionnements stratégiques de l a France ou de ses alliés. Sarkozy est encore plus clair : “Tous ceux qui menaceraient de s’en prendre à nos intérêts vitaux s’exposeraient à une riposte sévère de la France, entraînant des dommages inacceptables pour eux”. Sont donc visés les États qui remettraient en cause, en recourant à des nationalisations par exemple, la tutelle qu’exercent sur eux les multinationales françaises, les plans du FMI et de l’OMC, les accords de libre-échange avec l’UE qui ruinent les ouvriers et paysans du “Tiers-Monde”. Les dépenses militaires de la France s’élèvent à environ 47 milliards d’euros par an, ce qui la place au 3e rang mondial. Bien que l’armée française dispose des capacités nécessaires pour faire sauter plusieurs fois la planète, les capitalistes poursuivent la course aux armements en modernisant l’arsenal offensif. Ainsi, le sous-marin “le terrible”, construit par la DCNS (propriété à 25% de Thalès) transportera en 16 exemplaires le futur missile intercontinental M51 d’une portée d’environ 8 000 km. Le projet de construction d’un 2ème porte-avions de 3,5 milliards, cher à Sarkozy, vise à doter la France des capacités d’intervention rapide que requièrent ses engagements européens et atlantistes. Tout ceci participe d’une politique d’agression en vue du pillage du monde. Sarkozy a également annoncé des économies dans le secteur militaire et une réduction des armements. Ceci ne doit tromper personne ; il s’agit de rendre plus efficace et réactive la force de frappe et de perfectionner les armes dont elle dispose. Si le budget de la défense reste une priorité, les budgets sociaux (école, santé...) diminuent drastiquement. Face à la politique de guerre, les travailleurs doivent dénoncer les amputations dans les dépenses sociales utiles et soutenir les peuples en lutte contre l’impérialisme français.

Réformisme "communiste" ou Marxisme Léninisme.

Avec Marie-Georges Buffet, le PCF, sans rompre avec le fond de la politique de mutation/ liquidation du parti révolutionnaire, a mieux enrobé sa politique avec le recours à quelques éléments identitaires (drapeau rouge), mais surtout avec des phrases en apparence de «gauche». Nous connaissons et respectons certains militants qui sont actifs dans les luttes sociales et démocratiques. Il est donc nécessaire de revenir sur la nature de cl asse de cette formation, à un moment où la construction du nouveau et authentique parti communiste se heurte principalement à quatre obstacles : la division des groupes à gauche du PCF, les survivances du révisionnisme pour certains, l’esprit de conciliation d’autres ou des mêmes, qui amène à voter PCF ou à faire liste commune avec lui, et enfi n, la dénomination « communiste » du PCF. Prenons les travaux du dernier CN du PCF pour illustrer sa nature socialedémocrate.

Les institutions.

L’URCF considère que l’analyse matérialiste de Marx et Lénine sur l’État capitaliste comme organe de domination de la bourgeoisie (dictature de classe) est confirmée. Ce sont les conseils d’administration qui, indirectement ou directement, en envoyant leurs collaborateurs dans le gouvernement, dirigent réellement le pays. Sarkozy est leur mandataire, comme tout président d’une République bourgeoise. Les médias privés ou publics sont propriétés des oligarques, en particulier des marchands de canons ; ils orientent l’opinion publique grâce à des sondages, ce qui donne les résultats que l’on connaît aux élections, sans danger pour la domination capitaliste.

La preuve de l’antidémocratisme du pouvoir du Capital, nous la trouvons dans le sort fait au NON du référendum : la souveraineté populaire est violée par un véritable putsch institutionnel, qui fait adopter aux forceps le nouveau traité européen conforme à celui censuré par les Français. Le PCF analyse le système de représent ation comme « démocratique » avec de graves atteintes. « Ils (les femmes et les hommes comme dirait M.G. Buffet) ne veulent pas que le quinquennat continue comme il a commencé ». Cette phrase prise parmi d’autres est révélatrice du fait que le PCF s’inscrit dans la reconnaissance des échéances fixées par le Capital, alors que la France a vu tous les changements s’opérer par la pression de la rue : 1848, Commune, Résistance, mai 68 !

Les conquêtes sociales et démocratiques l’ont été plus par les luttes extraparlementaires que par les réformes gouvernementales. Ensuite, est-il juste de laisser entendre que Sarkozy pourrait mener une autre politique (même avec la pression) ? La politique n’est-elle pas régie par des intérêts de classe ? Si nous gagnons sur les salaires, sur les sans-papiers, ce sera en imposant des reculs au Capital et à Sarkozy, son instrument ! Le PCF dénonce « l’hyperprésidentialisation » sans la relier aux sources économiques et matérielles du système capitaliste, qui engendre ce que Lénine appelait la « réaction sur toute la ligne ». Est-ce que pour autant, il faut abandonner la question des droits démocratiques, en attendant la révolution ? Non, l’URCF est favorable à des luttes et des mobilisations pour l’abrogation de la constitution de la Vème République, pour le droit de vote de tous ceux qui travaillent en France. Nous agissons pour ces droits non comme laudateurs de la « démocratie » mais parce qu’ils correspondent aux besoins des masses populaires, et qu’ils exacerberaient la contradiction entre la façade démocratique du régime et sa réalité autoritariste, entre les aspirations à de nouveaux droits et la réalité du système qui les nie.

La crise financière.

Pour l’URCF, la source de tous les maux auxquels sont confrontés les travailleurs est le régime d’exploitation des salariés : le capitalisme. Les traits du capitalisme impérialiste définis par Lénine sont plus vrais chaque jour : parasitisme de la classe dominante, pourrissement économique, incapacité de répondre aux besoins sociaux et culturels. Certes des changements se sont opérés depuis : si l’exploitation des ouvriers constitue toujours la source première des profits, ces derniers vont se multiplier avec la spéculation boursière, rapportant plus que l’exploitation elle-même. Le PCF écrit « le capitalisme mondialisé est en train de précipiter la planète dans une crise… C’est l’appui des pouvoirs politiques aux stratégies de rentabilité financière systématique ».

Notons le recours aux adjectifs pour décrire le capitalisme, ici « mondialisé », plus loin « libéral » ; la rentabilité financière n’est dénoncée que sous son angle « systématique ». Cela a une implication : le PCF est favorable à un autre capitalisme non mondialisé, non libéral, un capitalisme où comme la candidate PCF le disait aux présidentielles, l’investissement serait productif plutôt que spéculatif. En somme, on demande aux patrons de « faire leur boulot » en ignorant totalement les lois de fonctionnement du mode de production capitaliste. Il y a plus d’un siècle, Marx dénonçait le proudhonisme comme la « dialectique du pauvre » avec ses bons et mauvais côtés du capitalisme. Proudhon rêvait d’un capitalisme de petits propriétaires, sans gros spéculateurs avec le crédit et les banques au service du peuple, sans toucher à la nature même du système d’exploitation ! C’est cela le réformisme, promettre la satisfaction des besoins en voulant l’impossible harmonie des intérêts monopolistiques et des travailleurs exploités par ces mêmes monopoles ! Les dirigeants du PCF n’ignorent pourtant pas que plus la paupérisation gagne, plus les profits augmentent ! « L’urgence est d’engager des ruptures durables avec ces politiques et le pouvoir exorbitant qu’elles accordent au marché… réorientation de l’argent pour miser sur le développement durable économique et social… réorienter en diminuant la part accordée au marché…des doutes sont de plus en plus fréquemment exposés à propos du caractère catastrophique de la domination de la sphère financière sur la société.».

Un penseur hostile à Marx faisait remarquer que lorsque Proudhon monte, Marx descend. Nulle part on n’a vu un système fondé sur l’exploitation (et elle est féroce sous le capitalisme), diminuer ou « partager ses richesses », renoncer à la spéculation qui peut rapporter dix fois le capital investi en quelques minutes ! C’est en cela que le réformisme prés ente une utopie dangereuse car il désarme idéologiquement les travailleurs, atténue et en même temps gomme les antagonismes de classe, en ne dénonçant certains aspects du capitalisme que sous l’angle moral et en laissant entendre qu’il pourrait y avoir un alter-capitalisme. Décidément, l’appel des Boccara, Herzog, Le Duigou à dédiaboliser le patronat a trop été ent endu par les dirigeants PCF !

Nous devons déployer le drapeau de Marx et Lénine : c’est le capitalisme qui est l’obstacle à la satisfaction des besoins. Salaires, emploi, délocalisations, chômage, casse de l’école, seules les luttes peuvent faire reculer le pouvoir. Pour gagner durablement, il ne faut pas cibler certaines conséquences du capitalisme, mais bien le système et sa dictature politique sur la société. Prétendre le contraire, ce n’est pas du communisme, mais la collaboration de classe version Proudhon. A suivre prochain article : l’alternative des marxistes-léninistes

. Notes : Proudhon : (1809-1865), un des précurseurs de l’anarchisme, teinté de réformisme. Il prônait un système de petite propriété capitaliste et critiquait la « grande propriété » ; il prônait une « banque du peuple » au crédit gratuit, qui permettrait à chacun de devenir artisan. Ces banques favoriseraient, selon lui, l’échange équitable, sans toucher au système capitaliste. Le PCF, avec son projet de réorientation de la banque centrale européenne « au service des populations », s’inscrit dans ce droit fil. Marx et Engels estimaient que Proudhon rêvait de conserver le système sans les éléments qui le révolutionnent et le dissolvent : le prolétariat et les crises économiques.

Quelques vérités sur la Colombie (extraits texte intégral sur le site)