Sommaire IC n°88  septembreOctobre 2008

Edito : Guerre, bas salaires, précarité, autoritarisme. Il faut en finir avec le capitalisme!
Le capitalisme : des chiffres qui accusent!
Le mouvement ouvrier : Tableau analytique des luttes ouvrières (I)
Union Européenne : 50 ans et un bilan catastrophique.
Fichier EDVIGE, nouvel outil policier au service de la dictature du Capital
Défendre les services publics, c'est se défendre au quotidien.
La LCR, un socialisme bourgeois
Notre corps n'est pas une marchandise
L’armée et les tâches des communistes.
La résistance des peuples attend notre solidarité.
Attaque contre le service public de la télévision: la voix de son maître
NON à la guerre dans le caucase !
Iran : un nouveau massacre annoncé pour le pétrole.
L’Union pour la Méditerranée (UPM). Les rêves d’une chasse gardée de l’impérialisme français.
Saluons la victoire du «NON» irlandais. Contre l’UE une seule solution : le retrait de l’UE !
BETANCOURT en liberté, le peuple colombien toujours enchaîné!
MAI 68, Plus fort affrontement de classe contre les monopoles. (2)
Hommage au poète palestinien Mahmoud DARWICH 
 
ÉCHOS des luttes dans les fédérations
Hommage à notre regrettée camarade Jacqueline
 SARKO dans ses oeuvres: le billet de JEAN SANITAS

 

Édito : Guerre, bas salaires, précarité, autoritarisme...Il faut en finir avec le capitalisme!

             Dix cercueils dans une cour parisienne, et face à eux pour l’oraison funèbre, l’homme qui a envoyé mourir en Afghanistan des soldats de 20 ans. Le lendemain, sur la place d’un village afghan, quatre-vingt-neuf cercueils contenant les corps des civils victimes d’un nouveau bombardement de l’OTAN.

            Une cruelle ironie du destin a fait se succéder, les 22 et 23 août, ces clichés issus d’une sale guerre : celle que mènent depuis 7 ans, en Afghanistan, les 70 000 hommes de 28 pays coalisés sous commandement états-unien.

Le capitalisme porte en lui la guerre… 

            «Pour les droits de l’homme, contre la barbarie des talibans et le terrorisme», ose prétendre SARKOZY, reprenant le refrain de son maître BUSH. Mais les Français, dans leur majorité, ne sont pas dupes : ils sont 55% à demander le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, refusant le sacrifice de leur jeunesse au profit des compagnies pétrolières américaines et européennes.

            La barbarie, elle est du côté de ces États dits «civilisés» qui, au Proche-Orient, en Afrique, ou dans le Caucase, deviennent des occupants, sèment la mort et la destruction, pour servir les intérêts de leurs monopoles avides de nouvelles terres à piller et de nouveaux marchés à conquérir.

Le capitalisme, c’est le vol !

            Guerre impérialiste à l’extérieur, guerre sociale à l’intérieur, menée contre le peuple travailleur par la classe des possédants, avec le tandem SARKOZY-FILLON dans le rôle d’exécuteurs des basses œuvres. Depuis plus d’un an, ces deux-là accomplissent avec zèle la mission que leur ont confiée leurs amis patrons, actionnaires et banquiers, oligarchie financière toujours plus assoiffée de profits immédiats : parachever le hold-up des richesses produites par la classe des exploités, en reprenant toutes les conquêtes sociales et démocratiques concédées depuis plus d’un siècle sous l’effet des luttes ouvrières et des résistances populaires.

            Ainsi s'accumulent, à un rythme effréné, les 55 contre-réformes néo-libérales, pour allonger le temps de travail hebdomadaire et la durée de carrière, supprimer le Code du travail et les contrats à durée indéterminée, réduire la masse salariale, privatiser les services publics, et baisser les impôts des plus riches. Le tout pour transférer l'argent du travail vers le Capital.

Le capitalisme, c'est la crise Permanente.

            Tout cela au nom de déficits publics en partie fictifs et d’une crise financière présentée comme une fatalité conjoncturelle dont il faudrait chercher les causes dans la seule "mondialisation" (prix du pétrole, politique de crédits américaine, concurrence des pays dits «émergents»…). Face à ces arguments fallacieux, les groupes anti-libéraux (ATTAC, par exemple) dénoncent, à juste titre, la dérèglementation générale et irresponsable induite par le système spéculatif, qui laisse exploser à répétition des «bulles financières»*, provoquant des dégâts considérables sur l’économie du pays ; mais les solutions préconisées limitent la portée de leur analyse : il suffirait - selon eux - de «désarmer les marchés financiers en mettant le système bancaire sous contrôle démocratique». Ces propositions entretiennent l’illusion d’un capitalisme «réformable» et d’un État «au-dessus de la mêlée», capable de mener de telles réformes. Croire cela, c’est ignorer l’histoire de ce système d’exploitation fondé sur l'appropriation de la plus-value, qui, dès la fin du 19ème siècle, a atteint un stade où la gangrène des profits financiers a généré de multiples crises structurelles, dont la réponse capitaliste est la guerre de plus en plus meurtrière, et la réponse ouvrière sera la révolution victorieuse, ou non…

Les réponses de l’État capitaliste à la crise révèlent sa nature de classe.

            C’est aussi sous-estimer gravement la nature de classe de l’État capitaliste, dont la subordination aux monopoles apparaît plus clairement à chaque changement d’équipe au pouvoir. Le jeu de l’alternance politique entre «droite et gauche» n’a pas empêché la continuité des mesures prises en faveur de la bourgeoisie monopoliste (privatisations et cadeaux aux patrons, notamment), préparant le terrain des régressions vécues aujourd’hui au quotidien par des millions de Français : taux d’inflation record, pouvoir d’achat en chute libre, destruction massive d’emplois industriels et publics, chute dramatique des cours pour les pêcheurs et les agriculteurs, précarité et souffrance au travail aggravées, services publics détournés de leur mission générant plus d'inégalités ; un nombre croissant de travailleurs est frappé par la paupérisation, tandis que s’affichent impunément les hausses des profits et des "salaires" de PDG. Le recul du PIB a beau faire surgir le spectre de la «récession», FILLON réaffirme le 18 août : «Il faut poursuivre les réformes structurelles pour rétablir la compétitivité».

            En exacerbant ainsi les antagonismes entre monde du travail et forces du Capital, il sait bien que le mécontentement populaire peut se faire plus menaçant. Pour le juguler, le pouvoir sarkozyste a doté l’État de nouveaux outils institutionnels et policiers lui permettant d’affermir la dictature du Capital : renforcement du pouvoir autocratique de la Présidence et réduction des droits du Parlement caractérisent la nouvelle Constitution, adoptée par le Congrès le 23 juillet 2008 (avec le «coup de pouce» de 10 députés dits «de gauche» - dont l’ancien ministre Jacques LANG - ) ; la politique dite «sécuritaire» (c’est-à-dire répressive), se poursuit, avec un fichage généralisé de tous les citoyens engagés (fichier Edvige créé par décret du 27 juin 2008).

Pas d’alternative au capitalisme sans rupture !

            Les forces de résistance ont besoin d’un vrai mouvement communiste unifié à vocation révolutionnaire. Bien loin des vœux pieux et illusoires d’une M.G BUFFET, prônant «une réforme de la fiscalité qui permette une redistribution de l’argent», bien loin des tartufferies gauchistes d’un BESANCENOT devenu la nouvelle coqueluche des médias bourgeois…

Dans l’urgence, rassemblement populaire de luttes pour se défendre et gagner !

            Tirons les leçons de mai 68, et sachons créer les conditions de l’union, dans la lutte globale, de toutes les victimes du capitalisme, pour résister et faire céder pouvoir et patronat sur nos revendications urgentes. Les salariés et usagers, en prenant l'initiative de se regrouper en collectif de défense des services publics, en défendant l'emploi dans les entreprises menacées de délocalisation ou de fermeture, jetteront les bases de la résistance à la politique de SARKOZY. L’URCF y travaille.

Pour l’avenir de l’humanité, pas de progrès durable sans révolution socialiste !

            Mais ses militants refusent que les victoires conquises à l’issue de ces luttes, puissent être, dans l’avenir, à nouveau usurpées par les forces du Capital. Celles-ci doivent être définitivement mises hors d’état de nuire, par un vrai renversement de leur système : que les travailleurs s’approprient les moyens de production et d’échange, et le pouvoir politique: qu’ils construisent une société nouvelle, socialiste ; et plus aucun cercueil ne portera la mention : «Mort pour les profits» !

 * une «bulle financière» est créée quand un vendeur fait croire à ses acheteurs que le prix de ses produits (dans l’immobilier, par exemple) ne vont pas cesser d’augmenter, prévision fausse par rapport à la réalité. La bulle explose quand les prix s’effondrent sous l’effet de l’appauvrissement des ménages et que les acheteurs ne peuvent plus rembourser leurs crédits (affaire des «subprimes» aux USA).retour au sommaire


 

LE CAPITALISME : DES CHIFFRES QUI ACCUSENT!

 Émeutes de la faim dans 37 pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine.Les bourgeoisies locales compradores ne connaissent qu’une réponse la répression. Les revenus des travailleurs ont baissé de moitié durant cette période dans ces pays !

Hausse vertigineuse du prix des produits de base
Quelques chiffres : 
            À la vente:  

 À la vente:   2005  2008
   Riz : 1 tonne      250$  1050$
   Blé:  1 tonne       132$  330$

 L’oligarchie financière se porte bien
Les 347 multinationales les plus importantes détiennent 600 milliards $ (somme doublée depuis 1999).
Il y a maintenant :
§         7,7 millions de millionnaires en dollars dans le monde.
§         700 000 personnes n’ont pas de toit.
§         Le monde compte 1 milliard de privés d’emploi.

Parasitisme et gâchis
Dans les pays de l’UE, 60% des tomates produites sont détruites afin d’éviter un effondrement des cours !

 France : Austérité pour les travailleurs...
En 10 ans, les revenus réels des travailleurs et retraités ont baissé de 20% en argent comptant.
 ... mais pas pour les capitalistes!
15 000 € par jour, c'est la rémunératon moyenne des patrons du CAC 40.
En 10 ans, +215% de hausse de leurs revenus.

 Tiers-MondeEn 1982, les revenus des pays du Tiers-Monde représentaient 40% des revenus mondiaux. En 2007 par l’action du FMI (président le social-libéral STRAUSS-KAHN), les revenus des pays pauvres sont passés à 25% des revenus mondiaux.

American way of life
Les États-Unis détiennent la triste médaille d’or de la plus forte population emprisonnée : 1 citoyen sur 99 vit en prison !
L’impérialisme américain a dépensé 3 000 milliards $ dans la sale guerre contre l’Irak. Chaque année, 1 milliard est envoyé en Colombie pour fiancer l’armée et la police.

 Le mensonge de la dette pour brider les revendications.

 D’abord la vérité sur les chiffres. La dette de l’État capitaliste en France s'élève à 1 050 milliards €. Elle représente 65% du PIB. Les experts bourgeois et les ministres nous invitent à éviter la situation d'un ménage qui ne dépenserait plus qu’il ne gagne. Simple bon sens qu’il faudrait appliquer à l’État et aux dépenses publiques pour éviter une catastrophe nous disent les gouvernements. Ainsi sont justifiés rigueur, austérité, casse des acquis et privatisations. 
La réalité, c'est qu'il faut trouver les fauteurs de dette. Elle sert d'abord à faire peur à son peuple.
Mais d'où vient-elle?
Comment a-t-elle été créée?
En 1980, la dette atteignait 20% du PIB (100% à la fin du 19è siècle) et l’État capitaliste était encore bénéficiaire. Depuis, le néolibéralisme, la nouvelle politique mondiale des monopoles (multinaltionales) fait son œuvre : baisse de moitié de l’impôt sur les sociétés, 50 milliards € par an d’exonérations fiscales aux entreprises, plus 50 milliards de niches fiscales pour les plus aisés, 14 milliards pour le paquet fiscal (cadeaux aux richards) depuis 2007, 50 milliards de fraudes fiscales annuelles laissées impunies ; sans parler des tarifs préférentiels des services publics aux entreprises privées ou des sinécures réservées aux parlementaires et à la haute bureaucratie de l’État… et sans compter les milliards pour les guerres de l’armée française à l’étranger, les sous-marins ou porte-avions nucléaires, le nouveau missile M51 à tête nucléaire etc.

 Donc  une dette publique créée par l’oligarchie financière qui se subordonne l’État et ainsi transfère l'argent du travail vers la spéculation boursière. La dette profite donc au capital bancaire qui récupère les intérêts (45 milliards € en Bons du Trésor) pour mieux spéculer sur les matières premières (énergétiques ou alimentaires) ou l’immobilier (logement). Les titres d’État émis par un pays comme la France constituent en effet un  placement juteux pour les boursicoteurs. Depuis 1997, à l’initiative de  Dominique STRAUSS-KAHN, alors ministre des finances, il existe même des obligations d’État indexées sur l’inflation (les OATi). Les vautours, qui interviennent sur les marchés financiers, raffolent des titres de la dette publique. Ils n’accordent d’ailleurs aucun crédit aux discours ambiants sur la «faillite» imminente des administrations de l’État : lorsque l’Agence France Trésor souhaite émettre des obligations pour obtenir de la monnaie en échange, la demande de titres publics est toujours très supérieure à l’offre, plus du double en moyenne.  La spéculation des parasites bourgeois alimentent en plus la hausse des prix et la baisse des salaires réels. Déjà LÉNINE explique que le capitalisme français est un des plus rentiers du monde. Notre capitalisme participe aujourd’hui allègrement à la curée des 2 000 (?) milliards $ par jour échangés sur le marché mondial de la finance : ce véritable cancer financier.

 Démonstration est faite : ce sont bien les travailleurs, ceux qui produisent toutes les richesses, qui payent la totalité de la dette du début à la fin.

Contre cette minorité de bandits impérialistes et la clique au pouvoir, une seule solution : la Révolution.

 Le prix de l'essence et la spéculation

 Après la crises des subprimes , c’est-à-dire des crédits hypothécaires accordés aux familles modestes, les spéculateurs ont déserté les marchés de capitaux pour se rendre sur celui des matières premières, le cours des céréales s’est envolé avec des conséquences graves pour les populations du Tiers-Monde, les métaux précieux sont devenus aussi leurs  cible ainsi que les énergie fossiles.

 Les médias ont monté une immense campagne pour préparer la population à des hausses de prix vertigineuses,  arguant de l’essor de la Chine et de l’Inde, et ils ont présenté comme irrémédiable la hausse du baril de pétrole et de l’énergie !

En réalité, les capitaux des fonds de pension internationaux, les matelas financiers des banques et assurances mondiales, les fonds souverains (capitaux détenus par les États pétroliers ) représentent des sommes colossales qui sont prêtes à se porter sur n’importe quelle cible pour en tirer un bénéfice minimum de 16% l’an. Ils n’hésitent pas à prendre le contrôle de grandes sociétés nationales comme de multinationales et revendent à la moindre difficulté ! Ces masses de capitaux à l’heure de l’électronique passent de pays en pays pour aller se porter n’importe où sur la planète.

C’est bien  la spéculation qui est responsable de l’essence chère : au plus fort moment de la hausse du baril, un commentateur économique parlait de l’énorme spéculation en ces termes: «sur 6 barils achetés en Bourse, un seul est réel, les 5 autres n’existent pas  ! Pour se porter acheteur sur les Bourses de matières premières, il suffit de posséder 4% de la valeur de l’achat». Ainsi, pour la valeur d’un baril de pétrole, on peut "jouer" sur 25 barils ! Imaginons combien de barils peuvent être achetés ou vendus lorsque l’on possède des milliards $.

C’est de cette manière que 85% du marché est entre les mains des spéculateurs. En effet, la demande a baissé mondialement depuis un an y compris aux USA, premier pays consommateur. Les stocks des principaux pays consommateurs sont au plus haut, des spécialistes du marché pétrolier parlent même de raréfaction de la demande, c’est-à-dire des acheteurs réels, par contre les acheteurs "bidons" sont toujours présents et jouent sur les conflits possibles Iran, Russie-Georgie etc.

Le cours a atteint 147 $ au plus fort, et certains le voyaient déjà à 200 dans les prochaines semaines ! Si le pétrole cher fait l’affaire des sociétés pétrolières et des spéculateurs qui sont parfois les mêmes, il ne fait pas l’affaire des populations qui ont besoin de se nourrir, de se transporter et de se chauffer ! De plus la hausse du pétrole entraîne celle du gaz (décision gouvernementale) et déjà près de 20% d’augmentation sont prévus pour 2008. On comprend mieux les privatisations accélérées d’EDF et GDF par cet État au service du grand Capital !

Le pétrole cher, c’est plus d’impôt pour l’État capitaliste (TIPP) qui peut encore plus rançonner la population alors que son pouvoir d’achat à  déjà sensiblement baissé ! À ceux qui demandent la baisse des taxes, FILLON, répond que c’est bon pour la planète et qu’il n’est pas question de faire la promotion de l’essence par une baisse de son prix. Il est d’ailleurs rejoint par les Verts qui sont opposés à toute baisse du prix de l’essence. 

Si nous sommes partisans de transports en commun de qualité qui forment un maillage permettant d ‘éviter d’avoir recours à des moyens individuels de transport générateur de pollution, il reste que pour le moment c’est loin d’être le cas. 

 L’URCF condamne ces hausses scandaleuses de carburants et de prix des transports en commun qui mettent encore plus en difficulté la quasi totalité de la population au nom des intérêts des spéculateurs et des industries pétrolières, y compris françaises.    retour au sommaire


 

LE MOUVEMENT OUVRIER : TABLEAU ANALYTIQUE DES LUTTES OUVRIÈRES   (I)

             Cet article et ceux qui vont suivre sont un condensé d’une brochure (éditée par l'URCF) traitant des aspects théoriques et pratiques des luttes du mouvement ouvrier et gréviste. Contrairement aux rodomontades de SARKOZY : «Le changement, c’est que lorsqu'il y a une grève, on ne s’en aperçoit pas», de nombreuses luttes attestent après les 1 000 grèves de 2007, d’une montée de la résistance ouvrière. La combativité est même remarquable alors que n’existent plus ni parti ouvrier communiste révolutionnaire, ni centrale de lutte de classes. Ce mouvement largement spontané répondant aux coups gravissimes portés par le pouvoir et les monopoles, revêt inévitablement un caractère hétérogène. C'est le reflet de la division entretenue par le patronat, mais aussi, par la  stratégie d’aménagement du néolibéralisme de la direction CGT.

            L’URCF salue toutes ces luttes auxquelles elle a apporté son soutien. Toutefois la solidarité implique la franchise et la critique des insuffisances. Ces dernières ne sont pas dues aux travailleurs des entreprises concernées, mais bien à l’absence de toutes revendications nationales unifiantes portées par les confédérations. S'ajoute que, contrairement à ce qui fut la pratique de la CGT dans sa période de classe, les bureaucraties syndicales refusent d’affronter politiquement et frontalement l’offensive  réactionnaire  anti-ouvrière et anti-grèves de SARKOZY. Les luttes actuelles portent l'exigence de la satisfaction des besoins: emplois, hausse des salaires en refusant la paupérisation, lutte contre la précarité, la défense des services publics contre les privatisations continues et la réduction drastique des moyens, la solidarité avec les Sans-Papiers. 

            L’action de l'URCF pour relier ces luttes à la dénonciation globale du capitalisme, des syndicalistes pour diffuser la solidarité de classe interprofessionnelle sont primordiales pour faire reculer le pouvoir et surmonter l'obstacle du syndicalisme d’accompagnement et de résignation. L’action unie et l’auto-organisation de la base dans les grèves sont la voie  véritable pour se défendre et pour la renaissance d’une centrale de classe et de masse.

Les grèves pour la défense de l’emploi

 Arcelor-Mittal. Gandrange (Moselle)
            Cette puissante multinationale (n°1 de la sidérurgie) veut fermer deux sites à Gandrange. 595 emplois sont menacés à court terme, 900 les années suivantes sans compter les centaines d’emplois en péril (sous-traitance). Ce monopole réalise un chiffre d’affaires de 2,76 milliards $ et un profit en hausse de 36% en 2007. SARKOZY en début d’année s’est fendu d’une visite, apportant son «soutien et ses promesse de défendre les emplois et le site». Promesses démagogiques et sans contenu autre que le soutien à un repreneur. FILLON réitère les mêmes promesses en juin et affirme : «Nous voulons veiller à ce que les capacités industrielles dans notre pays (…) ne se réduisent pas», confirmant les aides publiques à un éventuel repreneur.

            Les arrêts de travail, piquets de grève, manifestation de tout le bassin d’emploi  traduisaient la colère, l’inquiétude et la détermination des travailleurs et de leurs familles. La défense de la sidérurgie concerne l’ensemble du pays et la direction confédérale de la CGT n’a rien proposé pour élargir le combat, semant l’attentisme sur une reprise par un autre groupe (Gerbaut). Cette absence de liens entre revendications sociales et action politique pèse de tout son poids concernant l’avenir des sites de Gandrange. Dés lors, la bataille tourne autour de la gestion sociale des conséquences des fermetures. «La grève a été décidée à la suite du refus de la direction d’ouvrir avant le 30 juin, les négociations sur le reclassement des salariés dont les postes doivent être supprimés d’ici à 2009» (dirigeant CGT d’Arcelor).
            Nous ne nions pas la nécessité de cette douloureuse bataille mais à l’issue seulement d’un combat général non victorieux pour le maintien des emplois et des sites.
            L’absence organisée de véritable solidarité à l’échelle nationale et l’inscription dans des solutions capitalistes de recherche de monopoliste privé, conséquence du syndicalisme d’aménagement et d’accompagnement, ont livré les travailleurs de Grandange à leur propre sort. Il n’est pas trop tard. Partant de la nécessité de la défense du tissu industriel du pays, des emplois et de la satisfaction des besoins de leur choix et décisions. 
            Alors que SARKOZY et FILLON promettent de l’argent public à des monopoles privés intéressés par la reprise, l’URCF avance l'exigence de nationaliser sans indemnités Arcelor-Mittal, multinationale casseuse d’emplois, avec contrôle ouvrier!

 Météo France
            Des grèves se sont élevées contre le projet gouvernemental, visant la recherche du  profit capitaliste par la  privatisation et la  réduction drastique des personnels et moyens, en supprimant les 2/3 des centres régionaux. Les travailleurs se battent pour conserver l’ensemble des sites et ainsi sauver les emplois et le tissu économique local.
            L’URCF appelle au regroupement des salariés et usagers  dans des collectifs locaux de défense des services publics.

Groupe Heineken
            Deux grèves ont concerné ce grand groupe de brasserie. A Schiltigheim (bières Fischer) contre la fermeture du site cassant l’emploi de 126 salariés et à Mons-en-Baroeul (bières Heineken) où 62 emplois seraient supprimés. Les grèves exemplaires ont fait cesser toute production et conditionnement, des piquets de grève veillaient au blocage de la production. Là aussi, la stratégie réformiste confédérale, qui porte au pinacle, les «spécificités locales» au détriment des intérêts convergents et globaux de la classe ouvrière pèse d’un poids négatif. Les travailleurs de ces deux entreprises (appartenant au même propriétaire) ont fait grève séparément dans le temps. Le combat pour la défense des emplois et des activités de production nécessite une stratégie commune aux syndiqués d’une même multinationale, des grèves communes, une solidarité de classe. L’éparpillement et la division ne profitent qu’au Capital.
Rien n’est réglé, la lutte se poursuivra.

 Philips Production de téléviseurs à écran plasma (Dreux)
            Plusieurs semaines de grèves chez Philips qui prévoit de licencier 279 salariés sur 540. «Notre seul moyen de pression, c’est de cesser le travail» dira justement une salariée. L’action a été exemplaire : recherche du soutien avec la population, blocus des routes pour informer les usagers. Les travailleurs n’ont pas seulement mené un combat contre les suppressions d’emploi mais ont aussi revendiqué offensivement pour les salaires. 
             Rappelons que chez Philips, les salaires pèsent à hauteur de 2,5% dans les «coûts» de production. Les jeunes ont été à l’initiative du mouvement puis les syndicats se sont ralliés à la lutte. Une gréviste (non syndiquée) avait raison de faire remarquer «il faut perdre un peu pour gagner plus par la lutte». Le patronat qui proposait une prime dérisoire de 3 000 € pour les licenciés, s’est appuyé sur la division syndicale, FO a proposé une suspension de la grève avant la négociation. La direction ainsi fortifiée campe sur ses positions mais l’action doit se poursuivre, ce qui implique une solidarité active de tous les travailleurs du pays. La municipalité de droite, le conseil régional dirigé par le PS ont accordé de nombreuses aides publiques sans contrepartie à ce monopole. L’argent public doit servir à l’emploi, à l’activité industrielle que Philips à terme veut confier à une sous-traitance, là où les salaires sont plus bas encore. Nous devons, communistes et syndicalistes, faire grandir l’exigence de nationalisation sans indemnités de Philips en France.

 Les ports (Marseille, Le Havre, Saint-nazaire, Rouen, Bordeaux)
            Les travailleurs sont entrés en lutte contre une réforme qui vise à confier au privé les terminaux portuaires, les personnels perdant leur statut public. Le mouvement de grèves a duré trois mois sous une forme alternative : grève d’une journée par semaine, refus d’effectuer les heures supplémentaires, du travail de nuit trois jours par semaine. Les travailleurs sont sortis de leur entreprise et ont bloqué les routes en distribuant des tracts à la population. Ils ont bénéficié de l’action solidaire des travailleurs de la SNCM et des douanes. Là aussi, on a assisté à un écart entre la combativité des travailleurs, et les positions de la direction CGT qui a vite renoncé à la défense du service public pour «saluer les avancées». La fédération CGT liait la grève à l’exigence d’une rencontre avec le ministre BUSSEREAUX, la recherche de la concertation dont se prévaut la loi l’a emporté sur les revendications de la base.
Le projet est devenue loi, la bataille continue.

 Les Eboueurs parisiens 
            La mairie PS de Paris a proposé de renforcer la privatisation des collectes d’ordures en l’étendant à quatre arrondissements supplémentaires : 3è, 9è, 16è, 19è. La grève de plusieurs jours a été suivie largement par 67 % des 7 000 agents avec des pointes à plus de 70% chez les conducteurs et les ouvriers de maintenance, seule la maîtrise a été peu mobilisée (30%). La combativité et la détermination étaient grandes: pourtant la direction CGT a mené une ligne d’accompagnement en exigeant «du temps pour l’application de la privatisation» en refusant de fait le maintien du service public. La mairie l’a bien compris et, par l’intermédiaire d’un conseiller de DELANOÉ a salué «l’évolution positive des syndicats». Le projet a été voté par le Conseil de Paris (PS, UMP, Modem) seuls les groupes verts et PCF ont voté contre. 
            Cette privatisation va entraîner des suppressions d’emploi et une dégradation des services rendus à la population notamment dans les quartiers populaires. 
            La lutte pour l’emploi continue…

 Dans le prochain IC suite des luttes pour l’emploi et la hausse générale des salaires retour au sommaire

 


UNION EUROPÉENNE  : 50 ANS ET UN BILAN  CATASTROPHIQUE.

          Depuis le début du processus (Traité de Rome) en 1957, loin d'être une modernisation, c'est au contraire à une véritable restauration des vieux privilèges que vise la construction européenne.

             Les promesses sont médiatisées: 
                         J. DELORS : «Nous allons rentrer dans l’ère de la prospérité». 
                         J. CHIRAC : «Il est vital de poursuivre la construction européenne. La France doit affirmer l’exigence d’une Europe … qui garantisse notre modèle social. Portons toujours cet idéal et cette volonté»

           
En réalité, les véritables desseins de l’Europe sont cachés. Diminuer le coût des licenciements, précariser les contrats de travail, détruire les services publics. La commission de l’Union européenne s’exprime ainsi : «…
établir des comptes «chômage» individuels et transférables ; remplacer tous les types de contrat par un seul type de contrat ; diminuer le coût des licenciements…». 
            Jacques DELORS n’excluait pas le recours à une guerre pour le contrôle des ressources énergétiques.  
            Mais les faits sont là et têtus. Depuis des décennies, le bilan social catastrophique de I'UE ne peut plus être occulté par les promesses d'un J. DELORS qui annonçait "la prospérité" lors de la signature de Maastricht.     La donnée nouvelle, c'est qu'après 45 ans de promesses, le voile se déchire : partout se déploie le même chômage de masse, la flexibilité et l’insécurité dans le travail, la précarisation des emplois, la baisse du pouvoir d’achat, la casse des acquis sociaux, la dégradation de l’environnement, le surarmement, l'agriculture du fric qui met en péril la santé humaine. 
            Pour asseoir sa domination, la bourgeoisie a besoin de s'attaquer à tous les acquis des peuples dans chacun des pays membres. 
            Les chiffres sont parlants : 20 millions de chômeurs (officiels dans l'UE des 15), un tiers de salariés connaît un emploi précaire, 50% des emplois créés sont précaires. La loi de rentabilité financière touche tous les domaines de l'activité humaine, telles la culture, la recherche, la santé. L'UE, c'est le démantèlement social généralisé. 
            Partout, on travaille plus longtemps pour gagner moins et vivre moins longtemps. 
            La Commission Européenne, subordonnée à la «Table ronde» (1) vient de porter le temps de travail hebdomadaire maximum de 48 heures à 65 heures !  
            L’UE, c’est la généralisation du travail de nuit des femmes et des adolescents. C’est un enseignement de plus en plus "utilitaire" et soumis aux exigences et besoins patronaux. Conformément au Traité de Lisbonne, la loi FILLON organise la mobilité et la flexibilité dès le plus jeune âge (formation européenne pour les élites ; apprentissage sous la férule patronale pour les plus modestes). Partout, la qualité des soins est en baisse. L'écart se creuse entre États développés et État dominés. La politique des créneaux dans chaque pays a conduit à affaiblir le tissu économique et industriel, à restreindre la satisfaction des besoins.  
            De même, la réalité est loin du mythe d'une Europe riche et généreuse qui va payer pour aider les États moins développés. "L' aide" sert en premier lieu à créer les infrastructures indispensables à la circulation des capitaux et des marchandises, pour le plus grand profit de Volkswagen, Carrefour, Danone, Siemens, Renault...        Elle s'accompagne toujours d'une obligation "d'assainissement" pour les États et de participation des travailleurs aux frais, de délocalisations et de démantèlement du tissu industriel, s'il ne rapporte pas assez de profit ou s'il concurrence les entreprises occidentales. Bien entendu, les travailleurs occidentaux sont mis en concurrence avec la main-d'oeuvre de l'Est, entraînant des délocalisations. La bourgeoisie ne manque pas de nous dresser contre nos frères de classe qui n'auront pourtant rien à gagner et lutteront contre les mêmes exploiteurs.

            Les accords de Schengen ont pour objectif d'organiser l'Europolice, afin d'empêcher toute contestation de l'UE. ( CF. article Edvige). 

            Les seuls bénéficiaires de la construction capitaliste de l’Europe sont les multinationales de chaque pays qui voient grimper à des hauteurs vertigineuses leurs profits. Les monopoles décident, la commission européenne fait les lois, les parlements nationaux appliquent !

            D'une manière générale, l’Union européenne organise la domination absolue des monopoles sur les rapports de production et d'échange, la libre action des lois du marché. Le but est de faire du règne de la propriété privée, du profit maximum et de la concurrence la loi fondamentale de l’Europe. Le but est aussi d'éloigner les centres de décision (l’UE joue la région au-dessus des nations), de les rendre plus efficaces aux ordres des monopoles.

            Les Partis réformistes (PCF, LCR) osent encore user de la ritournelle sur "l'Europe sociale" prétendument à construire, alors qu’elle est l’émanation des monopoles. 

            L'URCF réaffirme que l'Europe des 27 ne peut être sociale, démocratique, parce qu'elle est régie par la propriété capitaliste des entreprises, banques etc., par le pouvoir aux mains du capital financier. Les souffrances quotidiennes, l’insatisfaction des besoins découlent, bien au-delà de l’UE, du système capitaliste. II faut donc agir à la fois pour le retrait de la France de l'UE, contre notre bourgeoisie française responsable de la casse du tissu économique, et contre son système, le capitalisme, incapable de satisfaire les besoins matériels et culturels du plus grand nombre, pour la véritable alternative qui fera «sauter les coffres-forts» : la révolution anticapitaliste

(1) Table Ronde des industriels Européens : La TRIE est le centre névralgique des propositions qui toutes deviendront décisions et réglementations. La TRIE n'est pas simplement le lobby (groupe de pression) décrit par certains, mais le conseil d'administration des affaires communes des monopoles, sous fond d'ententes et de luttes concurrentielles. retour au sommaire


 

Fichier EDVIGE, nouvel outil policier  au service de la dictature du Capital

             Ficher les «indésirables», pour mieux les contrôler ou les arrêter : ce fonctionnement de l’appareil répressif, utilisé par l’État capitaliste depuis ses origines, a pris une nouvelle dimension sous le pouvoir sarkozyste, révélant la nature fondamentalement liberticide et coercitive du système capitaliste.

            Il faut dire que la classe dominante a besoin «d’assurer ses arrières» dans la guerre antisociale qu’elle mène depuis plus d’un an contre le peuple-travailleur. Quand la propagande, les mensonges et la corruption ne suffisent plus à faire avaler la pilule des contre-réformes néo-libérales, quand le mécontentement populaire s’amplifie à travers les luttes et la colère de la jeunesse, le régime policier prend ouvertement le relais.

            C’est ce que prouve le décret du 27 juin 2008 qui, sous le doux nom de fichier «EDVIGE» (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale), autorise désormais le fichage automatisé de toute personne «ayant sollicité ou exercé un mandat politique, syndical ou économique, ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif».

            Il est également prévu de ficher toute personne de plus de 13 ans, tout groupe ou organisation dont l’activité est «susceptible de porter atteinte à l’ordre public », et de permettre aux services de police «d’effectuer des enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois ou à certaines missions».

            Ce puissant outil de surveillance, issu de la fusion des RG et de la DST, permettra donc de centraliser, dans un méga-fichier politico-policier, les opinions politiques ou syndicales de tout citoyen un tant soit peu engagé, mais aussi toutes les informations relatives à ses fréquentations, son comportement, son appartenance ethnique, sa vie sexuelle, sa santé, ses déplacements, son patrimoine, son véhicule…, avec «photographie et signes physiques particuliers» de l’intéressé.  

            Face à l’énormité de cette mesure de fichage, en matière d’atteinte aux libertés dites «fondamentales», les réactions ne se sont pas fait attendre, et une pétition lancée le 10 juillet sur Internet (http://onaedvige.ras.eu.org), demandant l’abandon de ce fichier, a recueilli près de 90 000 signatures, dont celles de 675 organisations et associations, qui soutiennent également le recours déposé par la Ligue des Droits de l’Homme et les confédérations syndicales devant le Conseil d’État.  

            L’URCF s’associe pleinement à la dénonciation de ce nouvel instrument de répression, qui instaure une présomption de culpabilité pour toute personne engagée dans la vie publique, qui cible les mineurs comme des délinquants potentiels, et qui officialise les «interdits professionnels».  

            Rappelons qu’avec les 16 lois sécuritaires votées depuis 2002, la France est devenue «championne olympique» en matière de pouvoirs policiers et de fichage : contrôles d’identité, placements en garde à vue, emprisonnements préventifs, perquisitions, écoutes téléphoniques et caméras de video-surveillance, se sont multipliés.

            De très nombreux fichiers policiers ont été créés (on en compte désormais 34 !), dont le

-  STIC (système de traitement des infractions constatées), qui contient 7,5 millions de fiches de personnes «mises en cause», 

- FNAEG (fichier des empreintes génétiques), qui vaut à de nombreux militants le recueil de leurs empreintes ADN, sous peine d’être condamnés à un an d’emprisonnement,

- ÉLOI (fichier de 2006 destiné aux Sans-Papiers et à leurs soutiens), et

- CRISTINA ( «renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux» -sic!), créé parallèlement à EDVIGE, mais placé sous le sceau du «secret-défense»...

             Cet arsenal de contrôle généralisé sur la population, dans le cadre d’une politique répressive renforcée, a un objectif politique bien précis : criminaliser une part croissante de la population (après les jeunes de banlieue, les SDF, les étrangers, les chômeurs, ficher et punir les militants), pour mieux masquer les causes réelles des dégradations subies par l’immense majorité des travailleurs, accompagner l’état de terreur économique imposée par l’oligarchie financière, et préparer la riposte policière contre le vent de révolte populaire qui déjà, ici et là, a commencé à souffler. Mais quand le vent devient tornade, tous les fichiers du monde ne sont plus que de frêles paravents…

           Les dispositifs répressifs européens ont été utilisés lors des divers sommets, occasionnant blessés et morts. En effet, les responsables de l'UE savent les risques courus par chaque pouvoir, au fur et à mesure des destructions sociales. Les manuels policiers expliquent la nécessité de préparatifs pour briser les éventuelles insurrections urbaines. En 2008 les parlementaires ont revoté le Traité rejeté par les français en 2005 ; une manifestation visible de la fausse démocratie (ou démocratie tronquée) décrite par LÉNINE.  retour au sommaire


DÉFENDRE LES SERVICES PUBLICS, C'EST SE DÉFENDRE AU QUOTIDIEN.

            Nous vivons un processus de privatisation des services publics engagée depuis longtemps, pour livrer cet outil formidable du développement des besoins à la rapacité de l'oligarchie financière. La phase actuelle se distingue par sa brutalité et son autoritarisme hérité du bonapartisme. Elle consiste à rattraper le "retard" de notre pays en la matière, par rapport aux autres pays membres de l’UE. Ce retard s’explique tant par l’importance que revêtent les services publics dans notre pays que par les résistances rencontrées de la part des travailleurs et des usagers qui affichent tous les jours leur attachement à leurs bureaux de postes, leurs hôpitaux, leurs écoles, etc… L’objectif des monopoles, mis en oeuvre tant par l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) que par l’UE conformément au Traité de Lisbonne signé par CHIRAC et JOSPIN, c’est la privatisation de TOUS les services publics. À cette fin le concept de la « rentabilité financière » se renforce contre la satisfaction des besoins. C'est la source des réformes, des restructurations, impliquant la réduction des moyens financiers et humains, avec pour corollaire des réductions massives de postes et «l’élagage» des secteurs dits non rentables.

            Le gouvernement d’une pierre fait plusieurs coups:

         1) Il réduit massivement les dépenses publiques en vertu du «pacte de stabilité» dont il se sert comme arme idéologique pour faire accepter ses décisions par l’opinion publique. Cette politique rend les services publics incapables d’assurer un fonctionnement correspondant aux besoins de la population.

         2) Partant de là, le pouvoir accrédite d’idée que les disfonctionnement des services publics justifieraient leur privatisation, bradant le patrimoine du pays édifié avec l’argent de la collectivité et le savoir-faire des travailleurs.

         3) Avec les «économies» ainsi réalisées sur le dos des usagers, il va pouvoir faire des cadeaux au patronat (4,5 milliards €). Cette politique systématisée est lourde de conséquences pour l’ensemble de la population et surtout pour les plus démunis : personnes âgées, chômeurs, handicapés, car elle taille dans les besoins les plus vitaux. Dans cette optique, le pouvoir sarkosien, a lancé en juillet 2007, une contre-réforme connue sous l’appellation barbare de RGPP (Révision Générale des Services Publics), qui ne doit tromper personne. Qu’on en juge : Afin de réaliser 7 milliards «d’économies», il est prévu de supprimer 160 000 emplois publics en 3 ans; 80 000 suppressions de postes d’enseignants en 4 ans dont 10 000 à la rentrée 2008. Un hôpital sur 4 est promis à la de fermeture. Dans le Var, par exemple, 4 hôpitaux sont menacés. Un service de maternité est d’ores et déjà supprimé à La Seyne sur Mer. La refonte de la carte militaire va priver de nombreuses villes de l’apport économique dû à leur présence impliquant, entre autre, la perte de nombreux emplois. L’espace manque pour énumérer toutes les conséquences de cette politique, catastrophique, systématisée et malthusienne; mais en tout état de cause toutes les régions, départements, quartiers populaire des villes et zones rurales en souffriront : chômage, perte de pouvoir d’achat, pauvreté, impossibilité de se soigner, d’éduquer correctement ses enfants. On ne peut rester passif face à une telle situation.

         Il faut réagir, nous organiser en résistance en créant des comités ou collectifs de défense où chacun sera plus fort de l'apport des autres, pour faire échec à ces projets néfastes. Des initiatives de ce genre ont déjà vu le jour. C’est le cas notamment à Guéret dans la Creuse, à Brignoles dans le Var ou une manifestation contre la RGPP à l’appel de 10 organisations politiques, syndicales, associatives, soutenue par des élus a regroupé 300

personnes. Ce mouvement peut stopper la mise en oeuvre de cette casse programmée, à condition de grandir et d’entraîner tout le pays sur la voie de la lutte. Elle seule est déterminante. Les moyens et les formes jailliront de la réflexion collective ; mais il faudra travailler au «tous ensemble et en même temps». De cette manière, au-delà de la simple résistance et de la mise en échec de ce processus dévastateur, la victoire peut être au bout pour imposer une renationalisation des services publics privatisés, la création de  pôles de mission de service public agissant en synergie pour décupler leur efficacité.

         L’URCF et tous ses militants sont partie prenante de ces actions et mettront tout en œuvre pour aider à la création des comités et participeront activement au développement des luttes décidées démocratiquement.  retour au sommaire

 


La LCR, un socialisme bourgeois

          D’une manière générale, pour la bourgeoisie, le trotskisme fut et sera une source intarissable de solutions possibles pour canaliser de manière inoffensive la contestation (1).          Cependant, lorsqu’un trotskisme est de plus ouvertement social-démocrate, il devient un allié de choix pour les stratèges de l’oligarchie : sous cette figure, l’avantage d’un tel mouvement politique consiste en ce qu’à son masque très révolutionnaire s’ajoutent des slogans réformistes.

         C’est là précisément le sens de l’attention particulière accordée par la presse des riches à la LCR, à son projet nommé "nouveau parti anticapitaliste".

            Ainsi, si BESANCENOT fit la une du Monde et fut l’invité de l’émission très regardée de Michel DRUCKER, c’est parce que le Capital a vu en lui un remplaçant potentiel de l’espace laissé vacant par le social- libéralisme discrédité (celui du PS et du PCF). Car le socialisme de BESANCENOT est une variante du socialisme bourgeois : il se répand en éloges sur l’individualisme (celui qu’il attribue à Che GUEVARA par exemple ( ?) ; belle âme (2), récuse en principe la violence (révolutionnaire), professe le pluralisme. Or, comme le disait une célèbre démocrate, la vérité est une, l’erreur multiple ; ce n’est pas un hasard si la droite professe le pluralisme. De fait, l’anticommunisme de la LCR, et par suite celui de son projet, se manifeste nommément par son rejet unilatéral de l’héritage glorieux des expériences révolutionnaires du XXè siècle; son objectif stratégique apparaît par conséquent comme une énigme, «l’énigme stratégique des révolutions du XXIè siècle», destinée à se résoudre (miraculeusement ?) «chemin faisant»(3). Il propose donc simplement de rompre de manière progressive avec «le despotisme de marché et le pouvoir de la propriété privée» : mettre fin à certains effets du capitalisme. Son réformisme ainsi confirmé s’affirme par des slogans idoines, sociaux- démocrates, comme «partager les richesses». Autrement dit, cette posture, qui prétend rompre avec l’exploitation, sans rompre avec sa cause, exprime parfaitement l’hypocrisie bourgeoise.

 Exploitation et capitalisme 
            Parce qu’une telle solution est illusoire, n’a rien d’anticapitaliste ou revient à soigner une maladie sans lutter contre sa cause, par exemple un cancer par la seule administration d’aspirine. Car l’essence même du capitalisme, c’est l’appropriation privée de la plus-value: un ouvrier travaille, en moyenne, 20% pour lui, les 80% restant pour enrichir son patron. L'exploitation est l'essence même du capitalisme, et non pas une de ses conséquences parmi d'autres.    

LURCF ou lanticapitalisme véritable. 
            Partant, tirer toutes les conclusions de l’anticapitalisme, c’est accepter le renversement de la dictature du Capital - qui est une rupture, mais non le résultat de réformes successives - et les moyens qui y menèrent et mèneront ; à savoir : la construction d’un parti marxiste- léniniste dont l’objectif stratégique, clairement défini, est la révolution socialiste, l’organisation d’un mouvement acceptant toutes les implications du centralisme démocratique et de la dictature du prolétariat, garanties de la satisfaction durable des besoins matériels et des nécessités «culturelles». Cependant avoir pour finalité l’insurrection socialiste n’équivaut nullement à nier les étapes qui y conduisent : marxisme-léninisme ne signifie pas gauchisme. Le parti, meneur de la lutte des classes, doit lutter, certes pour la Révolution, mais aussi pour l’amélioration immédiate des conditions matérielles des classes populaires, la conquête par les ouvriers en lutte d'une plus grande partie de la valeur produite par leur travail, tout en expliquant leur caractère transitoire. Plus - et n’en déplaise aux écrivaillons, lesquels méprisant les principes élémentaires du léninisme, de leur hauteur ultra- révolutionnaire, récusent les étapes intermédiaires - : sans cette lutte de classe destinée à obtenir des concessions, nulle révolution n’est concevable. L’estime, la confiance des prolétaires, indispensable à la réalisation future de l’objectif stratégique, se gagne par ce combat pour la satisfaction des revendications quotidiennes. 
            Seule véritable alternative au socialisme bourgeois de la LCR et de son nouveau parti, cette conception, affirmant clairement le lien entre ces luttes éphémères et la perspectve du socialisme, ainsi convenablement évaluées, est l’âme motrice de l’URCF. Rejoignez son combat pour le socialisme !

 (1) Mais aussi un vivier de solides militants anti-communistes, acculés parfois, par leurs positions, au terrorisme.
(2) Le comportement de la belle âme consiste à moraliser le monde en refusant les moyens nécessaires à son amélioration. 
(3) Entretien avec l’idéologue trotskiste Daniel BENSAID, paru dans Lignes. retour au sommaire 


NOTRE CORPS N’EST PAS UNE MARCHANDISE

            Nadine MORANO, secrétaire d’État à la Famille, s’est plusieurs fois distinguée par ses déclarations intempestives sur les sujets les plus délicats tels que l’euthanasie, l’homosexualité ou les mères porteuses, puisqu’elle a annoncé son souhait de légiférer sur cette dernière question. Prêter, voire louer son ventre à des couples dans l’impossibilité de procréer, c’est ce qu’elle propose de légaliser en France. Notre propos n’est pas de condamner les couples en détresse en recherche d’enfant que les lois sur l’adoption rendent presque inaccessible, mais de voir jusqu’où ces pratiques pourraient conduire. Les conditions de vie des familles les plus modestes ne cessent de s’aggraver. Le chômage, les bas salaires, la précarité font que de plus en plus de personnes survivent en dessous du seuil de pauvreté. Le gouvernement SARKOZY-FILLON aggrave encore plus cette situation avec la baisse des prestations familiales. Après l’effet d’annonce d’une  augmentation de l’allocation de rentrée scolaire, la réalité est que plus de 4,5 millions de familles de 2 enfants et plus, vont subir une baisse de près de 600 € par enfants, dans le but de réaliser pour la CNAF une économie de 138 millions € par an, une fois de plus sur le dos des plus défavorisés.

            Quel rapport avec les mères porteuses ? 
           Face à la misère grandissante, le réflexe humain est d’essayer de s’en sortir dans l’urgence par les moyens disponibles, sans présumer des conséquences pour le reste de sa vie. Pourquoi pas, moyennant quelques milliers € aller jusqu’à sacrifier 9 mois de sa vie pour porter un enfant et l’abandonner dès sa naissance.

            Mère porteuse, un nouveau métier ? 
           Certes non, mais dans des pays où la paupérisation des peuples est la plus grande, cela se pratique et les nantis n’hésitent pas à passer leur «commande» par petites annonces. Après le «travailler plus pour gagner plus», va-t-on entendre «accoucher plus pour gagner plus» ? Et pourquoi pas aller jusqu’à vendre un rein, une partie de son foie, ou une autre partie de son corps pour avoir «la chance» de survivre quelques mois de plus comme cela se pratique à certains endroits de la planète, où les trafics d’organes ne peuvent plus être cachés.

            Non, nos corps ne sont pas des marchandises. Ils ne sont ni à louer ni à vendre contre quelques deniers pour la satisfaction des plus riches. La politique de la famille doit être intégrée à la politique sociale globale, les solutions individuelles ne pourront jamais se substituer à la lutte du "tous ensemble et en même temps" contre ce système qui broie les hommes et les femmes. retour au sommaire

 


L’armée et les tâches des communistes.

          Ces derniers mois, le ministre de la Défense et l’armée de métier française ont été sous le feu médiatique pour des raisons aussi variées que des bavures de militaires (tuerie de Carcassonne) ou des réorganisations budgétaires (suppressions d’emplois).

            En matérialistes, analysons la réalité de cette réorganisation-adaptation de l’armée à la stratégie de l’impérialisme français. Le gouvernement SARKOZY a annoncé fin juin 54 000 suppressions d’emploi en 7 ans sur les 320 000 postes de la «Défense», soit 17% des effectifs. Surtout, ce sont les personnels civils qui vont constituer le gros des bataillons de suppressions : autant de nouveaux marchés et de nouveaux profits pour les propriétaires privés des entreprises choisies en sous-traitances par l’armée, sous-traitances payés par les impôts sur le peuple-travailleur ! Nouvelle politique néolibérale mondiale oblige ! Plus que de suppression, il faut parler, dans certains cas, de redéploiement et de fusion.

         Contrairement à l’armée de terre, la Marine et l’Armée de l’Air sont globalement préservées. Objectif doublement rempli pour l’impérialisme français : se positionner autour de la Méditerranée pour mieux contrôler l’Afrique et le Moyen-Orient (projet «Union Pour la Méditerranée» lancé par SARKOZY, mieux participer (réintégration récente du commandement de l'OTAN) au partage du monde (et partager les profits) avec les éventuels alliés anglo-américains dans le monde (60 000 soldats français projetables sur tout théâtre d’opération extérieur). La politique du gouvernement sur le redéploiement des moyens militaires ne doit pas nous masquer la portée, la construction d'une armée néo-coloniale, de corps expéditionnaires en vue d'actions impérialistes.

          Enfin 10 200 emplois industriels vont à nouveau disparaître parce que «la France n’aura plus les moyens de maîtriser toute la chaîne de son armement» et que la solution (d’alignement sur les normes d’armement américaines) passe notamment par l’Agence européenne de Défense avec à la clé l’intégration communautaire et la libéralisation totale de ce secteur.

 En révolutionnaires, posons les tâches pratiques des communistes.
          Pour nous, la question militaire est un terrain de bataille démocratique. L’axe premier en la matière est la lutte pour une armée de conscription. CHIRAC a annoncé en 1996 sa décision de professionnaliser les armées et de suspendre le service national. La nation et la «Défense» nationale – n’en déplaisent aux chauvins – n’échappent pas aux notions de classes : l’armée défend son État «instrument de domination d’une classe sur une autre» (MARX). Une armée de métier sert mieux les intérêts de défense du capitalisme en écartant le peuple de l'instruction militaire.

             L’armée professionnelle est plus efficace pour mater les arrières et conduire les guerres décidées par les monopoles. Elle permet également de créer de nombreuses passerelles avec des bandes de mercenaires de plus en plus utilisées en appui de certaines missions (voir Irak) ou pour de sales besognes «sans responsables» (ou «sans coupables») contre le mouvement ouvrier (voir Colombie). La conscription (service national par catégorie d’âges) appelle dans les casernes des centaines de milliers de civils, jeunes, ouvriers, employés. Cela rend plus difficile les tâches de répression des ouvriers grévistes par les jeunes soldats qui restent aussi, même en caserne, des prolétaires. Des exemples illustrent cette réalité : les régiments qui rejoignent en 1904 les révoltés agricoles du Midi rouge ; lors du putch d’Alger en 1961, les appelés refusent d’exécuter les ordres des officiers putchistes pro-Algérie française... La lutte démocratique pour la conscription exige la reconnaissance du droit d’expression politique pour les militaires, le droit d'association et de grève (d'autant que chaque année, ce sont 28 000 jeunes qui entrent dans l'armée et sont privés de ces droits).

 Autre axe de lutte : la dénonciation des dépenses colossales de l’État subordonné aux monopoles français pour la défense de leurs intérêts financiers. 
         3è budget militaire au monde (en % du PIB), 14 milliards € pour le nouveau missile à tête nucléaire M51, 200 millions € pour 700 soldats supplémentaires en Afghanistan, le coût exhorbitant de la professionnalisation et de la fin du service national.
            Les travailleurs français n'ont aucun intérêt à l'envoi de corps expéditionnaires pour satisfaire les intérêts rapaces de quelques monopolistes. retour au sommaire


La résistance des peuples attend notre solidarité.

             La crise aiguë du système mondial de l’impérialisme pousse celui-ci à accentuer son caractère belliciste afin de conquérir de nouveaux marchés et maintenir des taux de profits élevés. En retour, il suscite la résistance des peuples à sa domination, en particulier dans les pays non industrialisés occupant des positions stratégiques ou détenant des matières premières indispensables à l’économie mondiale. 

            Le peuple du Népal, sous la direction du Parti Communiste du Népal (maoïste), vient d’enfoncer un nouveau coin dans la domination impérialiste en réalisant la première révolution démocratique du 21è siècle en Asie, mettant fin à la monarchie clérico-féodale. Le nouveau gouvernement de coalition dirigé par le Premier Ministre PRACHANDA, leader du PCN(m), aura pour tâches de réaliser la réforme agraire, de bâtir une industrie au service de la population et d’affranchir le pays de la domination étrangère, en premier lieu indienne. Cette révolution a été possible grâce à la guerre populaire déclenchée en 1996 qui a mobilisé les masses paysannes et destabilisé l’appareil répressif de l’État, et à l’intelligence des dirigeants du PCN(m) qui ont su nouer des alliances de classe avec la petite bourgeoisie des villes sur un programme démocratique. La proximité de la République Populaire de Chine avec qui le pays a une frontière commune est aussi un atout important.

             La Palestine, malgré les difficultés liées au blocus imposé par l’État sioniste avec la complicité du régime egyptien tient face à l’occupation, même si les affrontements entre le gouvernement élu du Hamas et l’Autorité Palestinienne soutenue par l’UE et les USA provoquent de fait la diminution des actions de résistance. Les conséquences des accords d’Oslo qui n’ont fait que diviser la population, enrichir une couche bureaucratique et renforcer l’occupant, doivent être tirées par toutes les organisations palestiniennes et aussi par les progressistes défenseurs de la cause palestinienne.  

            En Irak, l’armée US et sa coalition ne viennent toujours pas à bout de la résistance populaire héroïque. Celle-ci frappe régulièrement, outre les occupants, les soldats, policiers et collaborateurs du régime fantoche. Des actions de résistance similaires se produisent en Afghanistan. Les peuples qui mettent ainsi l’impérialisme en difficulté, l’obligeant à surseoir à d’autres interventions militaires, doivent recevoir le soutien des travailleurs du monde entier, car ils privent nos exploiteurs des profits qu’ils escomptaient et affaiblissent l’ennemi de classe.

 


 Attaque contre le service public de la télévision: la voix de son maître

             Partons d’un constat : qu’elle soit publique ou privée, la télévision de ce début du 21è siècle présente une programmation où l’abêtissement et la promotion des comportements les plus bas sont érigés en modèle, motivant le choix des organisateurs de nos chaînes. Patrick LELAY, ancien directeur de TF1, a parfaitement défini la fonction de la télévision privée, qui est aussi celle des chaînes publiques, puisque elles sont soumises aux mêmes modalités de financement :

            «Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible.»

             En quoi consiste alors l’apparente «grande estime»(SARKOZY) portée par le néolibéralisme au service public télévisuel ?

            La «commission COPÉ», lancée par SARKOZY, propose en substance la suppression des publicités, dont le manque pécuniaire serait comblé surtout par des redevances augmentées, par la «suppression rapide de 300 postes», mais aussi par la transformation du groupe France-Télévision en une entreprise unique à laquelle serait conféré «un conseil d’administration avec deux représentants de l’État, et huit personnalités issues du monde de l’entreprise». Le président de ce groupe serait nommé par le chef de l’État. Ne soyons pas dupes : la suppression des publicités, en soi une excellente chose, n’est, dans les conditions actuelles, qu’une stratégie pour amoindrir encore la qualité du service public, au profit des chaînes privées, menaçant son avenir. Ce projet n’est rien d’autre qu’une contre-réforme supplémentaire, dont le but est la privatisation des services publics. En fait, l’organisation même des chaînes publiques, dont la programmation est suspendue à leur «chiffre d’affaires», est viciée, et interdit toute amélioration sans les moyens et les garanties de qualité nécessaires à leurs missions de service public.

            Seule une nationalisation démocratique de l’ensemble des chaînes accessibles sur le réseau national, et seul le respect d’une charte de qualité, pourront répondre aux besoins populaires en matière d’information, de culture, de création et de divertissement ; un espace d’expression libre et démocratique doit être créé, sinon la télévision restera ce qu’elle est aujourd’hui plus que jamais : un outil de la dictature économique et idéologique exercée par la classe bourgeoise au pouvoir. 

Nationalisation de toutes les chaînes de télévision sans contrepartie pour les affairistes qui en sont les propriétaires !

Suppression de la publicité !
Création de comités de contrôle populaire sur les médias et les moyens de communication !

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NON A LA GUERRE DANS LE CAUCASE !

 

         Le déclenchement du conflit armé dans plusieurs régions du Caucase (Ossétie, Abkhazie, Géorgie) trouve son origine historique dans la victoire de la contre-révolution bourgeoise en URSS.

          La destruction de cet État socialiste fédéral et multinational, où 101 nationalités formaient une nouvelle nation soviétique, a eu pour conséquence la renaissance de l’impérialisme russe, l’exacerbation des nationalismes indissociables de la domination de la classe capitaliste dans ces pays. 
          Conflit qui est aussi l’expression des contradictions entre impérialismes états-unien et russe. La source économique de cette guerre se situe dans la concurrence exacerbée entre compagnies américaines et Gazprom, pour le contrôle des oléoducs et gazoducs dans la région.

 La guerre du Caucase est injuste pour les deux peuples de Russie et de Géorgie.

          La Géorgie bourgeoise de SAAKACHVILI a conduit une politique irresponsable et aventurière. Ce fut tout d’abord sa politique ethniciste qui l’a conduite à refuser le statut d’autonomie (accordé par le pouvoir soviétique) à deux régions géorgiennes : l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, ce qui s’est traduit par une séparation de fait de ces deux régions. 
         En perte de vitesse après la prétendue «révolution des roses», en raison de la politique libérale à marche forcée qui a paupérisé la majorité de la population, SAAKACHVILI n’a vu d’autre issue que l’allégeance toujours plus forte à l’impérialisme nord-américain, en lui proposant d’adhérer à l’OTAN au Sommet de Budapest. 
         Proposition qui a rencontré la vive approbation de l’administration BUSH … mais a suscité l’opposition des impérialismes français et allemand, soucieux de ménager le régime de POUTINE. Les actuels «efforts de médiation» de la France et de l’UE, par l’intermédiaire de SARKOZY, sont à situer dans ce contexte de rivalités interimpérialistes. 
         Le président SAAKACHVILI, par son intervention en Ossétie du Sud, n’a pas hésité à placer la population géorgienne en première ligne, misant dangereusement sur une intervention de l’armée russe pour obliger l’OTAN à le soutenir ouvertement. L’objectif étant de déclencher un conflit majeur sur le modèle éprouvé de la guerre contre la Yougoslavie. 
         Le 8 août, l’intervention militaire de la Géorgie en Ossétie du Sud, sous prétexte de «rétablir la réalité constitutionnelle», et le bombardement de sa capitale Tskhinvali, ont occasionné de très nombreuses victimes, la quasi destruction de cette ville, l’exode forcé de 30 000 Ossètes vers la Russie. 
         Au lieu de s’en tenir à la voie diplomatique pour faire condamner l’agression géorgienne, l’impérialisme russe a organisé une riposte armée dont les principales victimes sont les civils géorgiens, dont beaucoup condamnent l’aventurisme irresponsable de leur premier dirigeant. La ville de Gori (un symbole aussi, c’est le lieu de naissance du dirigeant soviétique STALINE), le port de Poti, ont été victimes de lourds bombardements. 

         L’URCF condamne tant le nationalisme fascisant du pouvoir de SAAKACHVILI, son ambition de faire de la Géorgie une base d’agression de l’OTAN et de l’impérialisme US, que l’interventionnisme impérialiste russe qui renouvelle la politique de force de type tsariste contre les peuples du Caucase. 
         L’URCF soutient les forces démocratiques et pacifiques de la région, qui appellent à fraterniser, comme le firent ces athlètes géorgienne et russe aux J.O, à faire grandir l’exigence d’un véritable cessez-le-feu, du retrait de toutes les troupes hors leurs frontières, au droit à l’autodétermination des peuples abkhaze et ossète, afin qu’ils décident en toute indépendance de leur avenir sans les pressions bellicistes de SAAKACHVILI et de Washington. 
         L’URCF voit, dans ces tragiques événements, la preuve supplémentaire que le capitalisme signifie l’exploitation, l’oppression nationale, la guerre. Occasion de rappeler à chacun la portée réelle du socialisme en URSS qui, en liquidant tous les maux cités ci-dessus, avait permis l’union fraternelle de la Russie et de la Géorgie soviétiques et de toutes les autres Républiques sœurs. URSS qui prouva l’unité de classe et internationaliste des 15 Républiques socialistes en libérant, à l’avant-poste, l’humanité du joug du fascisme allemand et japonais. 
         L’URCF est solidaire du combat de classe et antiguerre des communistes du Parti communiste ouvrier de Russie contre leur propre impérialisme, et de la lutte des communistes de Géorgie pour la paix et contre la clique atlantiste et fascisante de SAAKACHVILI. retour au sommaire

 


Iran : un nouveau massacre annoncé pour le pétrole.

             Les impérialistes menés par BUSH continuent les préparatifs d’une agression contre l’Iran, dont l’objectif principal est de s’emparer du pétrole (l’Iran est le 4e producteur mondial, ses réserves étant les deuxièmes), du gaz (6e producteur, 2è réserves), ainsi que de contrôler les voies d’approvisionnement et se les disputer. Quatre porte-avions US sont mobilisés. Des manœuvres simulant une attaque contre l’Iran, auxquelles participaient le sous-marin d’attaque français Améthyste et des bâtiments britanniques, brésiliens, italiens, ont eu lieu dans l’Atlantique Nord.

            Des avions Rafale ont notamment pu apponter sur les bâtiments US, ce qui souligne la collaboration étroite avec les objectifs du Pentagone. Un blocus se met progressivement en place, visant à pousser la population à se soulever et mettre au pouvoir une bourgeoisie compradore au service de l’Occident. Le prétexte de BUSH et de ses alliés est toujours d’empêcher (de quel droit?) l’Iran de se doter d’armes nucléaires, bien que ce pays n’en ait pas les moyens et ne développe qu’une industrie nucléaire civile. L’État sioniste, qui dispose, lui, d’armes nucléaires, a menacé de lancer des attaques aériennes si la “diplomatie” ne faisait pas plier l’Iran.

             Malgré la perte de dix soldats en Afghanistan, SARKOZY maintient fermement son alignement sur l’OTAN. L’escalade guerrière va signifier encore des restrictions dans les dépenses utiles et des massacres de populations avec des armes sophistiquées dans un combat inégal. Seule la mobilisation populaire contre la guerre et l’OTAN, puis, en cas d’agression, pour la défaite des impérialistes, pourra stopper leur machine de guerre. 

L’URCF voit dans ces tragiques  événements, la preuve supplémentaire que  le capitalisme signifie  la guerre.  retour au sommaire

 


L’Union pour la Méditerranée (UPM). Les rêves d’une chasse gardée de l’impérialisme français.

          Nous serions dans l’ère «post-idéologique ». Il faudrait «tous ensemble» se mettre au travail, chose aujourd’hui possible grâce à la «fin de la lutte des classes» (Serge DASSAULT).

         S’appuyant sur ce postulat aussi absurde que mensonger, les idéologues du capitalisme nient l’apport du monde arabe, et sa contribution à la connaissance dans le monde. Pour eux, il n’est pas jusqu’à la langue arabe qui serait intrinsèquement «anti-scientifique». C’est un néo-négationnisme qui sert les intérêts d’un néo-colonialisme. Ainsi, la presse promeut le livre de Sylvain GOUGENHEIM intitulé ARISTOTE au Mont-Saint-Michel, véritable révision identitaire de toutes les recherches reconnues jusqu’à ce jour. On comprend mieux pourquoi la France propose gracieusement «son intelligence» à «la main-d’œuvre arabe» : «Ensemble, avec votre main-d'œuvre, avec nos écoles, nos universités, avec ce que nous échangerons, nous pouvons créer un modèle qui triomphera dans le monde entier ». (SARKOZY, Discours de Tunis, 29 Avril 2008). 
          Seulement personne ne croit sérieusement à la «fin des idéologies» et d’une manière générale, on le constate aisément : soixante ans après la décolonisation, l’impérialisme français, de plus en plus agressif et malgré ses dénégations, cache mal son dessein néocolonial de subordination de la «main-d’œuvre arabe» à «l’intelligence française». C’est dans cette perspective qu’il faut appréhender la grande publicité faite au livre de GOUGENHEIM, qui alimente les milieux les plus chauvins et les plus bellicistes. STALINE avait prévenu, en cas de victoire de la contre-révolution : «Il n’est pas douteux que l’anéantissement de la République Soviétique entraînerait la réaction la plus noire et la plus féroce dans tous les pays capitalistes». (Œuvres complètes, t 9, p.141). 
         Plus précisément, comment comprendre «l’Union pour la Méditerranée» dont le premier Sommet s’est réuni le 13 Juillet à Paris ?

         À vrai dire, le nombre important d’États impliqués, ajouté au manque d’informations, rend l’affaire très opaque. Il s’agit sans doute d’une formule rhétorique prononcée par le président lors de son discours du soir du 6 Mai 2007. Mais l’objectif est de concurrencer l’impérialisme allemand en s’installant en zone méditerranéenne. Il veut utiliser l’argent européen pour installer une zone de domination en Méditerranée, exactement comme, en son temps, les Allemands avaient utilisé les fonds européens pour installer leur puissance en Europe de l’Est après la destruction du camp socialiste. 

         L’«Union pour la Méditerranée» apparaît ainsi comme une manifestation éloquente d’une rivalité inter-impérialiste existant au sein même de l’Europe, celle de la France et de l’Allemagne.  En effet, selon les propagandistes, il s’agit «d’équilibrer au Sud l’élargissement à l’Est».  Cependant, SARKOZY essuya un refus lorsqu’il proposa de structurer cette union sur le modèle du Conseil des États de la mer Baltique, créé en 1989 à l’initiative essentielle de l’Allemagne, et dont seuls les pays riverains peuvent être membres à part entière, les autres pays européens ne pouvant disposer que d’un statut d’observateur. Angela MERKEL réussit à imposer une union intégrant l’ensemble des 27 pays européens. L’avenir dira dans quelle mesure l’Allemagne est parvenue à saboter le projet français. Néanmoins, le Sommet a eu lieu et passe pour une réussite : à l’exception de KADHAFI, 40 chefs d’États ont, fait remarquable, répondu à l’appel, du président syrien El ASSAD, au dirigeant sioniste, OLMERT.

         Mais est- il utile de le préciser ?

         L’UPM, pas plus que la politique pro-atlantiste de l’UMP ne favorisera la paix, que ce soit au Proche-Orient ou ailleurs. Les peuples n’ont rien à attendre de cette Union pour les Monopoles. 

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Saluons la victoire du «NON» irlandais. Contre l’UE une seule solution : le retrait de l’UE !

             Quand les peuples sont consultés, la politique de l’UE est rejetée !

            Les NON des travailleurs français et néerlandais au Traité Constitutionnel Européen avaient constitué un fort désaveu, une défaite majeure pour la bourgeoisie monopoliste de ces pays et pour les multinationales d’Europe.

             Le NON avait le mérite de démontrer le caractère de classe de l’union européenne (UE) au service du capital financier. Le besoin du capital financier de créer un consensus sur la construction européenne dans les couches populaires, après le rejet du Traité Constitutionnel Européen (TCE), alors que la politique inhérente à ce Traité était appliquée avant et l’est toujours, a conduit la Commission européenne à proposer une nouvelle mouture de ce Traité.

            L’impérialisme français, par l’action de SARKOZY, a joué un rôle moteur dans l’élaboration du Traité de Lisbonne, Traité qui reprend l’ensemble du TCE en le rendant encore plus illisible (plus de 500 pages avec les annexes !).

            Ce Traité rend obligatoire une politique néo-libérale dans tous les pays et présente un caractère anti-social, antipopulaire affirmé, visant à faire avaliser une politique de surexploitation de la classe ouvrière, de paupérisation de l’ensemble du monde du travail, de déréglementation générale.

            SARKOZY s’est battu, échaudé après la défaite du Capital, lors du référendum de 2005 pour que les États ratifient ce Traité par la voie parlementaire. En effet, en France,  90% des élus au Parlement ont fait campagne pour le OUI en 2005, UMP, PS, UDF sont des partis-relais des intérêts de l’UE impérialiste. La ratification par la voie parlementaire était le gage du succès assuré pour la bourgeoisie française … véritable putsch institutionnel qui a nié la victoire du NON au référendum. Telle est la «démocratie» capitaliste ! 
            Constitutionnellement, l’Irlande était obligée de recourir au référendum pour faire ratifier le Traité de Lisbonne. Une fois de plus, la preuve est faite que lorsque les peuples sont consultés démocratiquement, la politique de l’UE est rejetée.

            Nous saluons la victoire du peuple-travailleur d’Irlande dont le NON de classe s’inscrit dans les traditions révolutionnaires de James CONNOLY (révolutionnaire irlandais, un des dirigeants de l’insurrection de Pâques 1916 à Dublin). Au-delà de l’Irlande, c’est une victoire des ouvriers et des travailleurs de toute l’Europe.

            Toutefois, l’URCF appelle à la vigilance démocratique, à la lucidité révolutionnaire. Sinon, nous sèmerons des illusions et désarmerons le combat continu contre l’UE, cette «entente de bandits impérialistes». (LÉNINE sur les «États-Unis d’Europe»). 

            Quelle est la portée des NON irlandais, français, néerlandais ?

            Nous parlons de victoire, mais de victoire dans une bataille car les travailleurs d’Irlande, de France et des Pays-Bas ont réussi par le NON majoritaire à délégitimer l’UE aux ordres des multinationales et des États impérialistes. 
            L’expérience montre que cela a aggravé les contradictions inter-impérialistes au sein de l’UE, et affaibli la classe capitaliste, mais que cette dernière, gardant le pouvoir, peut poursuivre cette même politique néo- libérale du Capital pourtant condamnée démocratiquement par les peuples.

            «Normalement», on pourrait penser, si la démocratie n’avait pas un contenu de classe, que le respect du suffrage universel s’impose et qu’ainsi le NON irlandais va se traduire par le rejet du Traité de Lisbonne.

            La démocratie pure n’existe pas. Sous le capitalisme, elle est au service de l’oligarchie financière qui a imposé partout des Constitutions autoritaires où se succèdent au pouvoir des coalitions libérales ou social-libérales, sans danger pour la domination capitaliste.

            Le bulletin de vote est l’expression du mécontentement et de la résistance, un instrument de délégitimation du pouvoir du Capital, mais reste insuffisant pour imposer une politique de progrès social satisfaisant les besoins des travailleurs. Le primat pour satisfaire les revendications immédiates et futures doit aller aux luttes de classes.

            L’UE a maintes fois prouvé que le contenu de sa politique ainsi que ses structures de direction étaient antidémocratiques. Conçue par le Capital pour le Capital, l’UE est l’expression de la dictature des monopoles internationaux (multi-nationales).

              L’URCF appelle chacun à ne pas se leurrer sur le «démocratisme» de la bourgeoisie. Le NON irlandais, pas plus que les précédents, ne sera respecté. Déjà, le 21 février, 499 députés européens sur 628 (y compris, bien sûr, ceux du PS et des Verts) avaient voté contre l’amendement de la Gauche Unitaire demandant que le Parlement européen «s’engage à respecter le résultat du référendum irlandais».

            L’UE ne peut survivre sans violation constante des souverainetés populaires.

            C’est le reflet du fait que la Commission de Bruxelles de l’UE tout entière est au service uniquement des intérêts d’une minorité, l’oligarchie financière, et aggrave les conditions de vie de l’immense majorité des forces du travail : ouvriers, paysans, intellectuels, artisans et commerçants, couches moyennes urbaines. C’est une question liée à la domination de classe des monopoles dans les États capitalistes de l’UE, nullement à la seule composition de cette commission. retour au sommaire

 


 

BETANCOURT en liberté, le peuple colombien toujours enchaîné!

Elle remercie la Vierge et URIBE, le fasciste narco-trafiquant et paramilitaire qui usurpe la présidence. 

            Ainsi le 2 juillet, Ingrid BETANCOURT a retrouvé la liberté. L’armée colombienne, au mépris des traités internationaux en vigueur, utilisant deux hélicoptères maquillés en appareil de la Croix-Rouge pour l’un, en véhicule de la télévision bolivarienne (TVsur) pour l’autre, ont attaqué le campement où BETANCOURT et une dizaine de prisonniers étaient retenus. La trahison de deux éléments des FARC a permis l’opération. Visiblement, les prisonniers avaient été rassemblés là en attente d’un accord politique pour leur libération. L’homme des narcotrafiquants, l’admirateur déclaré des nazis, le président URIBE, empêtré dans ses démêlés avec la justice et les cascades de révélations sur ses agissements comme sur le terrorisme d’État depuis trente ans, a pu exulter quelques heures sur le triomphe de la manière forte.

             A-t-il réglé ses problèmes pour autant ?

            La libération d’Ingrid BETANCOURT pourrait bien être une victoire à la PYRRHUS. Cas unique dans ce genre d’histoire, la Croix-Rouge et les organisations de journalistes (pas RSF : nous parlons d’une organisation de journalistes, pas d’une officine de provocation) ont élevé des protestations contre l’utilisation de la Croix-Rouge et du nom de la chaîne de télévision. Les juges en charge du dossier URIBE (violation de la Constitution colombienne, ce qui lui a permis de se représenter aux élections présidentielles) n’ont pas l’air de s’émouvoir ; pourtant, un des chefs des paramilitaires, menacé d’extradition pour les États-Unis pour son rôle dans le trafic de cocaïne parle beaucoup : on a découvert 4 000 fosses communes et le chiffre de 32 000 assassinés au minimum est avancé. Et il trouve que les paramilitaires ont bon dos, car, dit-il, s’ils n’avaient pas eu l’appui, la couverture et les ordres de l’armée et du gouvernement, rien n’aurait pu se faire ! Par là même il se confirme bien ce qu’ont toujours dénoncé les forces révolutionnaires et démocratiques colombiennes : le para-militarisme a toujours été l’expression de l’extension de la violence de l’État et du même coup, sont mis en relief les liens entre l’État et son appareil politique, le narco-trafic, les paramilitaires et … les États-unis d’Amérique, grand pourvoyeur d’armes et de conseillers militaires de tout ce joli monde.

            Bref, de cette soi-disant grande opération, que reste-t-il ?

            URIBE a reçu le soutien de l’oligarchie colombienne,de la haute hiérarchie catholique et du gouvernement des USA, mais il l’avait avant. De SARKOZY, de KOUCHNER, de la gauche-caviar, mais ça ne change pas grand-chose sur le terrain.

            De Mme BETANCOURT. Il faut s’y arrêter quelques instants.

         On la présentait comme malade, au bord de la mort, amaigrie : chacun a pu constater le mensonge. Elle est en bonne santé et tant mieux pour elle. Elle n’a jamais été torturée non plus, à l’opposé des FARC prisonniers quand ils ont la chance d’être encore vivants. Ce qui n’est pas le cas de ceux qui ont été assassinés délibérément, comme REYES, parce qu’ils menaient les pourparlers pour la libération de celle-ci (et même les deux traîtres des FARC ont été trahis à leur tour par leurs maîtres). Mais surtout, elle a révélé au monde son vrai visage : celui qui la renvoie à l’oligarchie colombienne dont elle est partie prenante. Des mercis au gouvernement français (pourquoi ? pour avoir permis de faire assassiner REYES et ses camarades ? car Paris n’est pour rien dans l’opération militaire). Et surtout à l’armée de son pays, au président de son pays, … c'est-à-dire à ceux qui mènent depuis 1948 (cf l’article sur le site Internet de l’URCF) la guerre sale contre le peuple colombien, à ceux qui sont mêlés jusqu’au bout des cheveux dans le narcotrafic et dans le paramilitarisme pour le plus grand bien des sociétés Yankees et ouest-européennes.

            Mme BETANCOURT n’était pas «l’otage» innocent que l’on nous présentait. Elle était, et elle est restée, dans le camp des exploiteurs et des oppresseurs de la Colombie et de son peuple, comme de toute l’Amérique latine. L’annonce de sa candidature aux élections présidentielles s’inscrit donc dans le dispositif politique destiné à permettre la continuité du système oligarchique.

           Les FARC ont subi des coups ces derniers mois. La mort du camarade MARULANDA (fondateur avec J. ARENAS, des FARC), l’assassinat de REYES et celui d’Ivan RIOS, ont obligé à une réorganisation de la direction politique. C’est Alfonso CANO qui est devenu le commandant des FARC. La direction de celle-ci a réaffirmé l’orientation politique de l’organisation. La guérilla a étendu son champ d’activité à de nouvelles régions du pays, mais surtout elle a, par sa tactique militaire mise au point par MARULANDA, rendu inopérantes les attaques de l’adversaire. La crise politique traversée par le gouvernement de Bogota est donc loin d’être résolue (BETANCOURT est-elle une carte de Washington pour succéder à URIBE ?) Officiellement terminé, le paramilitarisme reprend de plus belle : un dirigeant du Parti Communiste de Colombie a été assassiné à la sortie de chez lui au début de juillet, tandis que quelques jours plus tard, la maison du secrétaire général de la JC était assaillie par des inconnus. Cela n’a pas provoqué l’émotion des amis parisiens de Mme BETANCOURT évidemment.

            Dans une interview aux agences latino-américaines, Ivan MARQUÈS, membre du secrétariat des FARC, a conclu de la manière suivante :

              «La lutte armée n’est pas en question. Les causes qui l’ont motivée n’ont pas changé. Les oligarchies réclament une paix qui ne touche pas leurs privilèges, qui ne modifie pas les structures politiques, sociales et économiques injustes qui ont provoqué la misère publique. La stratégie de domination des États-Unis est tracée … Ce que veulent les Gringos, c’est le pétrole du Venezuela, le gaz de Bolivie, les richesses de l’Amazonie, et la misère pour nos peuples. Ce qui s’impose, c’est la résistance aux politiques agressives de l’empire. Je veux rappeler que, derrière les fusils des guérilléros des FARC, résistent tous les peuples de Notre Amérique. Quant à la pertinence de la lutte armée, voici une réflexion du Libérateur (Simon Bolivar.NdT.) : «Même quand les conséquences de la résistance au pouvoir sont difficiles, il n’en est pas moins certain qu’il existe dans la nature de l’homme social, un droit inaliénable qui légitime l’insurrection ». Tant que les FARC existent, personne ne fera rendre le fusil au Che.» retour au sommaire

 


 

MAI 68,  PLUS FORT AFFRONTEMENT DE CLASSE  CONTRE LES MONOPOLES. 

POUR VAINCRE IL FAUT UNE STRATEGIE REVOLUTIONNAIRE

Le PCF et Mai 68. 
            Le PCF est à l’époque solidement implanté dans la classe ouvrière, avec ses 20 000 cellules d’usine. Ce parti jouit du prestige acquis dans la Résistance armée antifasciste, et des réformes sociales et démocratiques qui doivent beaucoup à son action gouvernementale en 1945-47. Le PCF s’est rallié à la stratégie opportuniste prônée par le XXème Congrès du PCUS sur la «voie pacifique et parlementaire au socialisme». Le PCF cherchait à forger une alliance stratégique avec la social-démocratie autour d’un programme commun de gouvernement pour assurer des «réformes démocratiques qui ouvriraient la voie au socialisme». 
            Cette politique se heurtait à plusieurs facteurs objectifs qui n’étaient pas analysés par le PCF.
            Etait ignorée la nature de classe réelle de la SFIO (social-démocratie), ce courant constituait un soutien important à la politique du capital financier dans les couches populaires.
            Selon les propos du dirigeant social-démocrate français Léon BLUM, la SFIO était un «gestionnaire loyal du capitalisme», et l’avait prouvé dans divers gouvernements. 
            Les sociaux-démocrates français étaient non seulement les agents de «leur» bourgeoisie, mais s’étaient montrés les défenseurs les plus zélés des intérêts impérialistes nord-américains. Enfin, la social-démocratie au pouvoir avait mené deux sales guerres impérialistes contre les peuples frères du Vietnam (1945-54) et d’Algérie (1954-62), en soutenant résolument les intérêts rapaces des colonisateurs ! La bureaucratie ouvrière (payée par l’impérialisme français) qui, à l’origine, dirigeait ce parti, s’était totalement intégrée à l’appareil d’État capitaliste. 
            Prisonnière d’une stratégie à caractère uniquement électoral, la direction du PCF fut prise de court, en mai 1968, et gênée par un mouvement qui bousculait les échéances électorales légales. Sa tactique fut donc de soutenir les grèves, mais en veillant à «éviter l’aventure», en donnant la priorité aux revendications sociales. 
            En effet, dévoué à la signature d’un «programme commun», le PCF ne voulait pas de précipitation politique, alors que précisément la SFIO n’était pas signataire d’un tel document. Pour répondre à la formation de comités de lutte dans les usines et les universités, le PCF lança le mot d’ordre de formation de «comités populaires» peu actifs qui avaient pour but de faire pression sur la social-démocratie pour qu’elle se rallie au «programme commun PCF/SFIO». Disons-le franchement, c’était loin des préoccupations du mouvement gréviste. De plus, cela revenait à subordonner la grève générale à une social-démocratie déconsidérée et peu active durant la grève. Ces appels eurent un succès très mitigé. 
            L’ouverture de négociations entre le pouvoir et les syndicats (vers le 25 mai) fut soutenue par le PCF, qui y voyait un moyen de sortir de la crise «par le haut». 
            Affolé par la radicalité des luttes ouvrières, le capital monopoliste était prêt à des concessions sociales importantes, pour sauver l’essentiel : le système d’exploitation capitaliste et sa dictature de classe. 
            Les accords de Grenelle (lieu de la négociation) constituaient des gains salariaux (augmentation du salaire minimal de 35%, des salaires de base d’environ 17%), et des droits syndicaux élargis (reconnaissance des sections syndicales d’entreprise…) 
            Pourtant, quand les dirigeants de la CGT présentèrent le bilan de ces négociations à Renault Billancourt, la réaction fut hostile et les sifflets furent nombreux. Les ouvriers ne voulaient pas reprendre le travail, la grève continua encore une quinzaine de jours…

 Les leçons révolutionnaires de Mai 68 : Mai 68 est un mouvement complexe et contradictoire.

            Les revendications soutenues et défendues par les syndicats ne représentaient qu’un aspect du mouvement, les ouvriers rejetaient le taylorisme abrutissant, les cadences infernales. Mai 68 se traduisit par l’entrée de la catégorie la plus précaire du prolétariat (les OS ouvriers des chaînes) dans les luttes grévistes. 
            Ouvriers, étudiants rejetaient le système d’exploitation ou du moins ses manifestations les plus flagrantes sans avoir la conscience politique révolutionnaire de la voie pour renverser le capitalisme. 
            Le mouvement gréviste lui-même présentait des aspects contradictoires. 
            Les formes de luttes étaient radicales : grève illimitée qui se prolongea jusqu’à la mi-juin, alors que le rapport de forces avait basculé du côté de la réaction ; occupation des entreprises ; séquestration de patrons ; comités ouvriers ; piquets de grève. La rue avait la parole, dans tout le pays se déroulaient des débats passionnés. 
            Dans le même temps, les comités et assemblées générales, comme les occupations d’usine, étaient le fait d’une minorité de travailleurs ; beaucoup restaient chez eux-même s’ils étaient d’accord avec la lutte. La reprise du travail se fit progressivement, des poches de résistance durèrent jusqu’au milieu du mois de juin. Mai 68 en France fut à bien des égards un géant de la lutte sociale, mais un nain politique ! 
            On sait que LÉNINE a magistralement analysé les indices d’une situation révolutionnaire, en affirmant que «ceux du haut ne peuvent plus diriger et que ceux du bas ne veulent plus être dirigés par ceux du haut». 
            En 1968, il est incontestable que du 13 au 29 mai, il y eut crise de l’appareil d’État capitaliste.  Les gouvernants ne voyaient pas de parade pour stopper la grève illimitée. Après la signature de l’accord national  entre le gouvernement et les syndicats, il y eut même panique au sommet de l’État. Le premier ministre dira à un interlocuteur : «C’est la révolution !». Cela traduit plus la panique que la raison. 
            Autre leçon propre à tout mouvement révolutionnaire, le rapport de force peut basculer d’un moment à l’autre, et susciter le retour en force de la réaction. Les couches moyennes sont la cible des alliances de classe que doivent conduire, pour des objectifs antagoniques, la bourgeoisie monopoliste et la classe ouvrière. Au début, la sympathie de la petite bourgeoisie allait aux étudiants victimes de la répression, aux grévistes qui s’élevaient contre la crise sociale. Ensuite l’absence d’alternative issue des luttes allait provoquer un basculement des couches moyennes. 
            L’absence de toute perspective politique fut le principal facteur du retour en force de la réaction.  Paradoxalement la grève s’amplifiait, mais personne, parmi les millions d’acteurs du mouvement, ne savait comment cela allait finir. Les slogans politiques ciblaient De GAULLE : «Dix ans, ça suffit !», mais n’allaient guère au-delà. 
            La social-démocratie exigea, au meeting de Charlety, la formation d’un gouvernement provisoire pour préparer des élections législatives, sans rencontrer grand écho chez les grévistes. Le PCF voyait justement là, une manœuvre de la social-démocratie pour l’écarter, mais à la fois souhaitait et craignait (faute d’accord PS/PC) la tenue d’élections anticipées. 
            La bourgeoisie monopoliste reprit l’initiative en deux temps. Tout d’abord s’assurer de la solidité et de la fidélité de l’appareil d’État répressif et de son corps ultime recours : l’armée. 
            Ce fut le 30 mai, le voyage rocambolesque et clandestin de De GAULLE à Baden-Baden (Allemagne) pour rencontrer le général en chef des troupes françaises d’occupation en Allemagne, MASSU, qui profita de la demande d’aide du chef de l’État pour un donnant-donnant : oui à la répression si nécessaire, mais libération et amnistie pour tous les officiers fascistes de l’OAS (organisation armée secrète, colonialiste), ce qui fut accordé !
            De GAULLE, rassuré, prit alors la décision d’élections législatives anticipées. Dans toutes les situations de crise ou révolutionnaires au XIXè siécle et au XXè, la bourgeoisie a cherché une issue possible en recourant aux élections, ce qui a fonctionné le plus souvent en raison des fortes traditions parlementaristes y compris dans les partis ouvriers ! 
            Dès lors, le Capital reprenait l’initiative politique, ce qui allait se traduire dans les urnes par une des plus formidables victoires de la réaction ! 
            Risquons-nous, sans pour autant trancher un débat livré maintenant aux historiens. En mai 68, les conditions étaient objectivement révolutionnaires, la grève était totale, les activités économiques du pays, paralysées. La classe ouvrière, les étudiants, les employés,  aspiraient à une autre société qui satisferait leurs besoins économiques, culturels, sociaux. Le socialisme était alors une aspiration de beaucoup d’ouvriers grâce aux succès de l’URSS.

            Par contre, faisait défaut le facteur subjectif nécessaire pour que la révolution soit victorieuse. Il existait un parti ouvrier, communiste très influent, mais ce dernier était dépourvu de toute stratégie révolutionnaire, enfermé qu’il était dans les seules échéances électorales et luttes sociales syndicales, importantes mais pas décisives. L’économisme dominait. Etait «oublié», le primat marxiste des luttes extra-parlementaires. 
            La «ligne générale du XXè Congrès du PCUS» montra toutes ces limites opportunistes en mai 68 en France. On peut dire que «le mouvement était tout et le but n’était rien», les déviations parlementaristes conduisaient à s’inscrire dans le cadre fixé par le pouvoir bourgeois, et subordonnaient ainsi les luttes aux échéances électorales. 
            L’URCF s’appuie de manière critique sur l’héritage du PCF pour donner d’abord la priorité au travail dans les usines et entreprises, afin de constituer des cellules communistes et de défendre le syndicalisme de lutte. 
            Nous en tirons une leçon pratique essentielle, ce qui a manqué en 1968, c’est le degré de conscience anticapitaliste. Depuis des décennies, le PCF se battait et même bien sur des objectifs intermédiaires déconnectés du but stratégique final, présenté comme «lointain». Quand la bourgeoisie défendait un projet réactionnaire, le PCF et les travailleurs combattaient le projet, parfois le faisaient annuler, mais sans relier telle ou telle mesure avec les sources matérielles qui l’engendrent : le capitalisme, avec la propriété capitaliste des moyens de production et la dictature du capital financier.

            Avec notre campagne «Accusons le capitalisme», nous relions chaque contre-réforme au système qui l’engendre.  
          En combattant les conséquences dramatiques du système d’exploitation, nous remontons aux causes qui engendrent le chômage, les bas salaires, la destruction des conquêtes sociales du XXè siècle. Les marxistes-léninistes doivent forger une solide conscience anticapitaliste (et pas sa caricature trotskiste) afin que des affrontements de classe qui se rapprochent de plus en plus (1995, 2003, 2005 et mai 2008), se forgent les armes nécessaires pour la victoire de la révolution socialiste.retour au sommaire

 


Hommage au poète palestinien Mahmoud DARWICH   

Inscris ! 
Je suis arabe 
Tu as raflé les vignes de mes pères
Et la terre que je cultivais 
Moi et mes enfants ensemble 
Tu nous as tout pris hormis  
Pour la survie de mes petits-fils  
Les rochers que voici 
Mais votre gouvernement va les saisir aussi ...à ce qu’on dit ! 
Alors…Inscris !
En tête du premier feuillet  
Je n'ai pas de haine pour les hommes
Je n'assaille personne
Mais… si on m’affame
Je mange la chair de mon usurpateur 
Gare ! Gare ! Gare à ma faim  
Et à ma fureur ! 
Extrait de  Carte d’identité, célèbre poème de Mahmoud DARWICH (1964)

             L’URCF salue la mémoire de Mahmoud DARWICH, grand poète palestinien, décédé le 9 août à l’âge de 67 ans. Ce chantre de la conscience et de la résistance palestiniennes était à l’unisson du destin tragique de son peuple : chassé de son village de Galilée, rasé lors de la Nakhba de 1948, mis en prison pour son engagement au sein du Parti communiste israélien, puis de l’OLP, exilé en 1970, il était revenu en terre de Palestine en 1995, et s’était installé à Ramallah deux ans après les accords d’Oslo qu’il considérait comme «un piège pour le peuple palestinien».

            Auteur d’une trentaine d’ouvrages, recueils de poésie et essais, lauréat de nombreux prix, Mahmoud DARWICH était non seulement «la voix et la vision de la Palestine» (Hanane ACHRAOUI), mais aussi une voix universelle de tous les opprimés, celle qui «rassemble les débris pour dessiner un moineau et une porte pour l’espace». retour au sommaire 


ÉCHOS DES LUTTES DANS LES FÉDÉRATIONS

 Fédé de Paris. 
      Notre réunion/débat du samedi 14 juin sur la situation réelle en Colombie avec le combat des FARC s’est tenue en présence d’un journaliste colombien. Il a apporté des éléments d’informations sur les véritables conditions de lutte que mènent ces guérilléros dans ce conflit armé colombien pour se défendre contre l’oppression d’Alvaro URIBE et son État de narco-trafiquants. Un film sur la place des femmes qui s’enrôlent volontairement dans cette lutte et leur vie quotidienne dans la jungle ainsi que leur formation aux armes a été projeté.
      La discussion s’est instaurée avec la salle et les camarades ou lecteurs d’IC invités ont pu poser leur question afin d’être plus au fait de l’actualité en Colombie. Occasion de rappeler que les FARC sont la principale guérilla communiste colombienne impliquée dans le conflit armé colombien. Elles ont été créées en 1964 sur les décombres des diverses guérillas qui avaient lieu en Bolivie depuis 1953, après une guerre civile ayant fait entre 150 000 et 300 000 victimes essentiellement des paysans. 
         Nous étions également présents dans les manifestations, avec nos tracts pour la défense du Service public, contre la RGPP, dont une des terribles mesures est de supprimer 91 000 postes dans l’Éducation nationale entre 2008 et 2012. 

Fédé du Var. 
        Face aux attaques que subissent les services publics depuis des années et contre la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), des militants de plusieurs organisations tant politiques que syndicales ou associatives ont décidé de créer un collectif de défense auquel la Fédération du Var de l’URCF a pris toute sa place. Les militants, toutes organisations confondues, ont pendant plusieurs semaines contribué à la mobilisation de la population des villages du Centre Var en vue d’une journée d’action qui s’est déroulée le 14 juin dernier. Des milliers de tracts ont été distribués. Plus de 5 000 signatures ont été récoltées. Le 14 juin les stands des organisations à l’origine de cette initiative étaient dressés le long des berges du Caramy à Brignoles. Chacun ayant sa propre expression (banderoles, tracts, journaux, publications, brochures), avec pour objectif de faire grandir par le débat, la discussion, la riposte indispensable que nécessite cette attaque d’envergure qui n’a d’autre objet que de sacrifier des pans entiers du service public. Car ce projet prévoit la fermeture de services, d’établissements, réduction importante d’effectifs etc… sans considération aucune pour les besoins des populations, afin de privatiser les secteurs les plus rentables. 

         Nous déplorons que par «esprit de chapelle» certaines organisations aient refusé de se joindre à ce collectif alors que l’avenir de plusieurs établissements du département, notamment les hôpitaux, est en danger. (Les salariés apprécieront). La journée s’est terminée par une manifestation dans les rues de Brignoles rassemblant plus de 300 personnes. Les discussions autour de notre stand étaient nombreuses et animées, la nécessité de faire front «tous ensemble et en même temps» était pour beaucoup considérée comme indispensable pour rendre les luttes efficaces. Au cours de cette journée nos militants ont distribué les tracts «Accusons le capitalisme» qui traitaient des questions des services publics, des journaux et brochures ont été vendus. Des contacts ont été pris.

 Fédé de lAude
        L’URCF continue à être la seule organisation révolutionnaire du département à être présente avec son matériel (tracts «Accusons le capitalisme») dans les manifestations. Les bases de Convergence Communiste un groupe local connu dans l’Aude (15% aux cantonales «contre» un PCF) et issu du PCF ont contacté un militant de l’URCF pour une rencontre avec la FD de l’URCF Aude.

         Le travail en direction des entreprises s’est étendu à une usine agroalimentaire. Le tract distribué a (d’après les ouvriers) eu un impact sur la prise de conscience et la lutte de classe : «ça a fait du bruit», « y’a eu du remous», nous ont dit les salariés de cette entreprise qui licencie.

         Nous sommes aussi allés à la rencontre des ouvriers qui bloquaient l’usine Pilpa-Boncolac de Carcassonne et ont remporté une victoire partielle sur leurs revendications. Un message de soutien avec matériel de l’URCF a également été envoyé aux ouvriers en grève du Domaine du Val d’Orbieu. La bolchévisation et le travail prolétarien se poursuivent dans l’Aude ! retour au sommaire 


HOMMAGE À NOTRE REGRETTEE CAMARADE JACQUELINE.

             Le 4 juin nous parvenait une bien triste nouvelle, notre camarade Jacqueline CHOMAT était décédée des suites d’une longue maladie à l’âge de 90 ans. 

            La perte est d’autant plus cruelle qu’elle touche en premier lieu sa petite fille notre camarade Emmanuelle chère à notre organisation.

            Jacqueline, institutrice, fut une militante communiste et syndicale énergique et infatigable, même quand ses forces physiques déclinèrent. Elle était appréciée de tous. Lors de la fondation de l’URCF, Jacqueline reçut la carte n°1, et ce n’était pas simplement la reconnaissance du respect dû à son âge mais avant tout l’hommage à son extraordinaire jeunesse d’esprit. En effet, à plus de 80 ans, Jacqueline qui avait toujours milité au PCF, en colère devant l’opportunisme triomphant, s’engagea dans la reconstruction du parti, témoignage de sa fraîcheur d’engagement et de la fermeté de ses convictions.

             Jacqueline était dotée d’une forte et exigeante personnalité, nous garderons le souvenir de ses éclairs de colère dans les yeux quand elle exprimait un désaccord vite démenti par un sourire éclatant après l’échange. C’était une camarade attentive aux autres, ayant déclaré la guerre à toutes les injustices, elle aura connu les victoires et avancées de sa jeunesse mais mesuré et vu la défaite (destruction de l’URSS et du PCF) accomplir  son œuvre. Malgré cela, Jacqueline gardait la même indignation et la même colère révolutionnaires à l’égard du capitalisme et de son sale cortège de misère et de guerre. Jacqueline était une militante passionnée, une femme amoureuse de la vie ; son combat ne sera pas oublié et nous, ses continuateurs, nous le poursuivrons jusqu’à la victoire finale.

             Le comité central présente ses condoléances attristées et fraternelles à tous ceux qui l’ont connue et aimée. Notre douleur est très grande.

 Nous dédions ces vers du poète vietnamien  Che  Lan VIEN à Jacqueline :

            Tu t’en vas, le soir s’en va 
            Le jardin perd ses oiseaux 
            Les oiseaux en s’envolant 
            n’emportent pas la lumière 
            Si le soleil me quittait 
            Je garderai les étoiles 
            Tu me reviendrais demain 
            Tu seras faite de fleurs 
Le comité central de lURCF.

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SARKO DANS SES ŒUVRES   

             On a dit de Nicolas SARKOZY quil est un nouveau BONAPARTE, un autre Premier Consul, voire un apprenti dictateur (il promet le petit). Jai dit, dans de précédents numéros d «Intervention Communiste» quil est mégalomane, narcissique, gesticulateur, autant fait pour être un homme d’État (malgré les cinq ou six cerveaux que lui prête sa Carlita chérie et les chaussures, talonnées haut, «habillant» ses pieds) que moi pour coiffer la tiare épiscopale. Je dis, aujourd’hui, qu’il est le BERLUSCONI français, peut-être en plus grave, en plus dangereux, forcené du pouvoir personnel qu’il est, de surcroît fasciné par le luxe et le fric, homme lige des puissances d’argent hexagonales et du capitalisme mondial.  Je le dis et je le prouve. Avant de signer. Mégalomane, narcissique, gesticulateur ? Ses apparitions quotidiennes sur tous les écrans de télévision (publics ou privés), ses moindres faits et gestes rapportés par les radios (publiques ou privées), effets de manche, déclarations grandiloquentes, promesses de gascon, flatteries pour les uns, insultes pour les autres, le prouvent. BERLUSCONI français ? Par la mainmise qu’il est en train d’opérer sur les médias (presse audiovisuelle et presse écrite). Mainmise, avec la complicité de ses copains Martin BOUYGUES, Vincent BOLLORÉ, Serge DASSAULT, Armand LAGARDÈRE (ce dernier, entre autres, actionnaire de l’«Humanité», sur les deux tiers de la presse française, quotidiens, hebdomadaires, mensuels, revues spécialisées, magazines, journaux à scandales confondus.

            Mainmise sur l’audio-visuel en «boustant» les chaînes de télévision ou les radios privées, en étouffant les chaînes de télévision et les radios publiques. Avant leur privatisation pure et simple. Mainmise sur ces médias en éjectant leurs responsables en place (direction, administration, rédaction, pour injecter des hommes et des femmes à lui (Nonce PAOLINI, Laurence FERRARI, Nicolas de TAVESNOST, Christine OKRENT (Mme KOUCHNER), Alexandre BOMPARD, Anne SINCLAIR (Mme STRAUSS-KAHN), pour ne citer que celles et ceux-là.

            But final : La mise en place d’une sorte d’ORTF privée et d’un panel de journaux aseptisés. Et à la gloire de Berlu… Pardon ! de Sarko.

            Homme d’État ? 
                         Un président qui traite son premier ministre d’imbécile et de crétin, insulte un citoyen («casse-toi pauvre con» !), qui dit blanc un jour et noir le lendemain, tout et son contraire, promet la lune, bien que la sachant inaccessible, réfléchit (et encore) après avoir parlé, remet en cause, à tours de bras, les conquêtes sociales du Front Populaire et du Conseil National de la Résistance ?

            Un homme d’État ? 
                         Le président qui distribue la manne aux riches (lisez les capitalistes) et ne donne rien aux pauvres (lisez ceux que les capitalistes exploitent). Même pas la portion congrue.

            Un homme d’État ? 
                         Un président qui est en train de livrer, de restituer la France aux capitalistes, aux impérialistes américains, capitalisme et impérialiste ne faisant qu’un au demeurant. 
            Fou de pouvoir personnel ? 
                        C’est tellement évident à la lueur de son activité. Fasciné par le fric et le luxe, l’un n’allant pas sans l’autre ? Ses fréquentations extra présidentielles en font la démonstration. Pouvoir personnel, fric, luxe, c’est l’osmose. C’est Sarko. 
            Ne vient t-il pas d’augmenter le budget de l’Élysée de 8.4% ? N’a-t-il pas englouti un demi million € dans la réfection de l’appartement élyséen dit «du roi de Rome» que lui et sa Carlita n’utilisent pratiquement jamais ? 
           Les effectifs du personnel mis à sa disposition ne sont-ils pas passés de 957 personnes au 1er janvier 2006 à 983 en juillet 2007 puis à 1045 en octobre de la même année (les embauchés principalement affectés à son courrier et à sa sécurité) ? 
            Ses voyages officiels – ou officieux – ont fait parcourir 448 000 kilomètres de plus en 2007 qu’en 2006 aux véhicules qui lui sont affectés .
            Et les avions ? Et les hélicoptères ? 
            Il est le candidat du pouvoir d’achat. Le sien. Les faits sont là. Les chiffres sont là. Un autre fait : SARKOZY est en train, comme NAPOLÉON, de créer une dynastie. Son fils Jean ne vient-il pas d’être «élu» (à 22 ans) président du groupe UMP au Conseil Général des Hauts-de-Seine ? Un autre n’est-il pas maire de Neuilly ? Je signe. En rouge. retour au sommaire

 

 
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