Sommaire IC n°89 Novembre décembre 2008

Édito : LES FAUTEURS DE CRISE DOIVENT ÊTRE LES PAYEURS
Réguler le capitalisme?  NON! IL FAUT LE RENVERSER!
"Nationalisation bourgeoise",
ATTENTION DANGER LOI SUR LE LOGEMENT :
LE HOLD UP CONTINUE!
UN ÉTAT AU SERVICE DE LA CLASSE CAPITALISTE:
TABLEAU ANALYTIQUE DES LUTTES OUVRIÈRES (II)
ÉCHOS DES LUTTES
FICHAGE, ENFERMEMENT, BÂILLONNEMENT:
POUR SAUVER L'ÉCOLE PUBLIQUE, S'ATTAQUER À LA POLITIQUE DU CAPITAL!
LE TRAVAIL DU DIMANCHE, OU LE RETOUR DES BUVEURS DE SANG ?
Amérique Latine: contre l'impérialisme et la réaction.
CORTÈGE UNITAIRE URCF-PCOF CONTRE LA GUERRE EN AFGHANISTAN
OBAMA : contradictions, (faux) espoirs et rappel du réel
Forger la conscience de classe
NOUS VOULONS UNE SOCIETE SANS CRISE : LE SOCIALISME
HOMMAGE À NOTRE CAMARADE Claude GAZÉ
Cuba plus démocratique que la «démocratie américaine»
ÉCHOS DES LUTTES DANS LES FÉDÉRATIONS
Un nouveau livre d’Annie Lacroix-Riz :
3e CONGRÈS DE L’URCF - Souscription nationale

 

LES FAUTEURS DE CRISE DOIVENT ÊTRE LES PAYEURS

Édito

La crise que nous vivons actuellement est la plus grave depuis 1929. Des monopoles géants s'effondrent, entraînant dans leur chute des pans entiers des économies nationales, et même des États (Hongrie, Argentine, Islande...). Des milliards de $ partent en fumée. Des milliers d'usines ferment, jettent leurs travailleurs à la rue, en premier les intérimaires et journaliers. Le système impérialiste étant mondial, la crise l'est et cela provoque un effet de dominos en cas d'effondrement. La spéculation des subprimes aux États-Unis, à laquelle les monopoles français ont largement participé, a précipité le pic de la crise. La spéculation immobilière est d'ailleurs un des piliers du système d'oppression capitaliste sur les travailleurs. En 2007, 52% des ménages français avaient un crédit, 36% un crédit immobilier, poussés par les loyers chers, par la distribution inconsidéré de prêts (avec ces derniers temps, une hausse des taux d'intérêts et un allongement de la durée du remboursement) mais aussi par la politique d'accession "sociale" à la propriété, notamment par la vente des logements HLM, pratiquée jusque dans les municipalités de "gauche".

Il ne faut cependant pas croire que cette crise arrive par la faute de boursicoteurs inconscients et de pauvres victimes qui "marcheraient dans le système". À la base, la crise structurelle du capitalisme résulte d'une surproduction (les travailleurs produisent plus de marchandises qu'ils ne peuvent en acheter puisque leur pouvoir d'achat diminue) et d'une suraccumulation de capitaux. La baisse tendantielle du taux de profit qui en résulte oblige les capitalistes à élargir la base de l'exploitation (cadences infernales, augmentation de la productivité, baisse des salaires) et à conquérir de nouveaux marchés. Les divers gouvernements, ces dernières années, font accélérer le transfert massif des revenus du travail vers le Capital. À présent, même l'épargne populaire (livret A), censée contribuer au logement social, est mise à la disposition des petites et moyennes entreprises, qui sont très souvent les filiales des monopoles. Les exonérations de taxe professionnelles vont, elles aussi, priver de moyens les collectivités locales.

Ces subventions au capitalisme serviront en priorité à financer les plans de suppressions d'emplois, à payer les intérêts aux banques, et certainement pas à embaucher ou à développer l'outil de production. En effet, au stade de l'impérialisme et de la domination de l'oligarchie financière, il ne peut y avoir d'autre loi que celle du maximum de profit: loi incompatible avec la production des biens utiles, et le développement d'emplois de qualité et de salaires "corrects". SARKOZY a été élu pour appliquer intégralement le néo-libéralisme, la privatisation et la destruction des services publics. Ses discours sur la moralisation du capitalisme, comme ses appels à l'unité nationale ne sont que fumisterie.

Les travailleurs payent quotidiennement, par le vol d'une partie de leur travail, les pertes et profits des patrons et de leur État. Celui-ci s'emploie à les faire payer une deuxième fois pour sauver les banques et les grands monopoles: augmentation du temps de travail non payé, de l'âge de départ à la retraite (on nous présente le départ à 70 ans comme un "droit"), licenciements, flexibilité accrue, hausse des prix... Aprés avoir privatisé (bradé) les entreprises quand elles étaient rentables, ce sont les pertes qui vont être socialisées. Face à cela, les fadaises réformistes de ceux qui appellent l'État à soutenir le pouvoir d'achat des salariés ne peuvent que servir SARKOZY, son équipe et la bourgeoisie, en détournant les travailleurs de la lutte de classe. Au moment où l'économie est grippée, l'efficacité de l'arme de la grève, pour peu que les travailleurs s'y mettent de façon coordonnée, est décuplée. Comme en mai 1968, c'est quand les capitalistes craignent de tout perdre qu'ils peuvent céder aux revendications et accorder des augmentations de salaires, renoncer provisoirement aux plans de licenciements...

L'autre solution du capitalisme pour résoudre sa crise, c'est le recours à la guerre pour conquérir de nouveaux débouchés, ruiner le pays vaincu et éliminer la main-d'œuvre en surnombre. La guerre est déjà effective en Afghanistan, et commence à frapper la Syrie, menace l'Iran et peut-être la République Démocratique du Congo.

Les États capitalistes ont injecté plusieurs milliers de milliards de $ pour sauver leur système, alors que la FAO réclamait en vain de quoi sauver immédiatement de la famine 15 millions d'enfants et d'adultes. Le capitalisme montre encore une fois son caractère absurde et nuisible.

La stratégie du Capital est actuellement de faire payer sa crise par les travailleurs. Ces derniers doivent agir, et se rassembler pour empêcher les fermetures d'entreprises et les licenciements, s'opposer aux privatisations et à la casse des services publics. La bataille pour l'augmentation générale des salaires et la maintien de la retraite à 60 ans est fondamentale. C'est par ce biais que nous imposerons les reculs nécessaires au Capital.

La seule alternative, c'est le socialisme, le pouvoir aux travailleurs, la planification de l'économie selon les besoins de la population. La propriété privée des moyens de production est l'obstacle à l'émancipation de l'humanité. Le capitalisme a échoué! Travaillons à son renversement. retour au sommaire


 

Réguler le capitalisme?  NON! IL FAUT LE RENVERSER!

Un systéme pourrissant et parasitaire

Le système mondial capitaliste vit une aggravation aiguë de sa crise structurelle. L'ampleur de la crise financière - 25 000 milliards $ dilapidés (et que le Capital se propose de faire payer aux travailleurs) - atteste de son parasitisme colossal. Le capitalisme est l'obstacle majeur à la résolution des problèmes globaux de l'humanité.

Le stade impérialiste du capitalisme aiguise toutes les contradictions de ce mode de production, notamment celle entre les potentialités des forces productives et des rapports de production caducs. Ces derniers sont fondés sur l'exploitation du travail salarié qui assure l'appropriation capitaliste des richesses produites au détriment du prolétariat et des travailleurs.

Nous sommes confrontés au pourrissement d'un régime qui, ces dernières années, satisfaisait le maximum de profits immédiats, en multipliant par 4 ou 5 la plus-value extraite de l'exploitation, par l'achat/vente d'actions boursières par l'intermédiaire des banques, compagnies d'assurance, fonds de pension.

La crise structurelle souligne la profonde anarchie de la production sous le capitalisme qui vise, non la satisfaction des besoins même élémentaires, mais l'exigence de profits maximums pour les monopoles. Système qui est conduit ainsi périodiquement à détruire le capital en "excès" (celui qui ne réalise pas le profit maximum) et les forces productives au moyen des guerres impérialistes, des fermetures d'entreprises, de la ruine des concurrents et des exploitations agricoles et artisanales, tout en paupérisant l'écrasante majorité de la population mondiale.

Ainsi, le capitalisme contemporain élargit la sphère de ses victimes: ouvriers surexploités par l'allongement du temps de travail et de carrière, en butte aux bas salaires; employés dont les conditions de travail et de revenus les rapprochent du prolétariat, jeunesse vouée à la précarité des "petits boulots" et à la déqualification; couches moyennes dont l'épargne est menacée par la crise financière, petits capitalistes ou commerçants victimes du refus des banques d'accorder des crédits; intellectuels et créateurs dont les potentialités sont soumises à la loi de la rentabilité.

Le capitalisme ne pourra échapper à sa crise structurelle. Là où les méthodes de gestion bourgeoise keynésienne avaient montré leur impuissance à solutionner la crise de surproduction des années 70/80, la politique impérialiste néo-libérale, présentée comme la panacée universelle (et rendue obligatoire par le Traité de Lisbonne) s'est avérée facteur d'aggravation de la bulle spéculative.

Rejeter les solutions capitalistes ou réformistes à la crise.

Les peuples-travailleurs doivent se convaincre d'une chose: quelles que soient les méthodes de gestion, le capitalisme est atteint d'une maladie incurable, ses contradictions internes sont fatales. Toutefois, les maux peuvent perdurer. LÉNINE expliquait "qu'il n'y a pas de situation sans issue". L'avenir de l'humanité va se jouer entre deux voies: la voie capitaliste avec son lot de barbaries et la voie socialiste qui seule peut mettre fin à la source de la misère, du chômage massif, des guerres, de l'oppression impérialiste.

Tournant le dos à ce qu'ils adoraient voici peu (la régulation par le marché), les politiciens bourgeois, les SARKOZY, BUSH, BROWN, POUTINE... prônent maintenant l'intervention de l'État dans l'économie, afin de réguler le capitalisme financier à coups d'argent public détourné au profit des fauteurs de crise: les banquiers et autres monopolistes. Les prétendues nationalisations sont en fait des prises de participation de l'État pour sauver le système impérialiste.

Les propos de circonstances d'un SARKOZY sur le "capitalisme régulé, moralisé" ne sont là que pour endormir les travailleurs et les duper... afin de pérenniser ce système et les profits qui découlent de l'exploitation.

Les conditions objectives pour le passage au socialisme sont mûres depuis longtemps dans les États impérialistes mais le facteur subjectif (parti, syndicat, masses) retarde sur les besoins de la lutte historique, notamment en France.

Dans ces conditions, le réformisme peut être relancé par la classe capitaliste, comme instrument de canalisation et récupération du mécontentement populaire croissant.

Le réformisme consiste d'abord à s'en tenir aux seules solutions anti-libérales ou pour d'autres rêver d'une France souveraine et républicaine alors que la cible historique est le capitalisme. Prôner la taxe TOBIN sur la spéculation financière, "l'utilisation de l'argent autrement" (PCF) revient à "ignorer" les lois économiques du capitalisme et la nature de classe de l'État, qui est bien une dictature (pouvoir sans partage) de classe de la bourgeoisie monopoliste.

Oser se revendiquer de "l'anticapitalisme" comme la LCR/NPA de BESANCENOT, en le limitant à un utopique "partage des richesses" relève de la recherche impossible d'un compromis avec une classe capitaliste qui ne s'enrichit que de la spoliation du travail.

Où a-t-on vu de tels exemples de "partage"? Nulle part bien sûr!

Aujourd'hui, afin de renforcer les conditions politiques du renversement du pouvoir capitaliste, les travailleurs doivent rejeter les "solutions" bourgeoises, réformistes qui ne visent ou conduisent qu'à faire perdurer un système sans perspectives historiques.

Le socialisme, seule réponse populaire à la crise du Capitalisme

La solution de lutte difficile, qui se heurtera à la résistance acharnée de la classe dominante, mais néanmoins déclinante est celle de la construction d'un front anticapitaliste.

Il faut oeuvrer à la renaissance d'un puissant syndicalisme de classe et de masse, en battant les états-majors syndicaux de la résignation et de la capitulation, mettre en avant la bataille pour l'augmentation générale des salaires, la défense des emplois, s'opposer aux fermetures d'entreprises et licenciements, sauvegarder les services publics de proximité, des transports, de l'éducation, de santé, de l'énergie en combattant les privatisations.

De ces luttes émergera une avant-garde ouvrière qui seule peut guider le combat émancipateur pour renverser le capitalisme: le parti communiste, ouvrier, marxiste-léniniste.

En effet, il n'y aura pas de renversement du système d'exploitation sans parti révolutionnaire, maîtrisant les enseignements du communisme scientifique de MARX et LÉNINE, prenant appui sur la créativité des masses populaires dans leurs luttes pour le progrès social, la démocratie, la paix, faisant grandir la conscience historique de la nécessité du renversement du capitalisme pour assurer la marche en avant de l'humanité, par une révolution socialiste.

Le capitalisme n'a pas d'avenir, il est désormais dans l'incapacité de satisfaire les besoins matériels et culturels de la société. Les réformes, déclarations, promesses des hommes du Capital seront impuissantes devant les contradictions irréductibles engendrées par ses lois de fonctionnement. Mais le capitalisme ne tombera pas de lui-même. Acculé, il envisage les solutions des années 30: le fascisme et la guerre comme moyen de conjurer la crise. Le combat pour les libertés démocratiques, contre la répression et le flicage généralisé, contre les guerres impérialistes doit rencontrer les communistes aux avant-postes de la résistance.

La crise structurelle du capitalisme atteste du besoin d'une société alternative, d'une société sans exploitation salariale ni oppression nationale ou sexiste. Ce nouveau mode de production doit être fondé sur la propriété collective et sociale des moyens de production, d'échange, d'information, la planification de la production afin de satisfaire toujours plus les besoins, prendre appui sur des comités de gestion locaux, d'entreprise sur le modèle des Soviets, assurer la plénitude du pouvoir politique à la classe ouvrière et aux travailleurs dans une nouvelle République du Travail.

MARX et ENGELS déclaraient:  "Les communistes ne cachent pas leur but historique"

Les marxistes-léninistes oeuvrent à envoyer le capitalisme aux poubelles de l'histoire et à engager la marche vers le socialisme et le communisme. retour au sommaire


"Nationalisation bourgeoise",

Le hold-up .

Pour sauver le capitalisme, le gouvernement SARKOZY-FILLON débloque 363 milliards € d'aides et de prêts aux monopoles bancaires. Sont annoncés plus de 400 milliards d'aides directes et 11 milliards de participation (achat d'actions) dans le capital des banques françaises. Certains comparent ces annonces à des nationalisations et parlent même de revirement de la politique de SARKOZY. De la bourgeoisie aux révisionnistes en passant par les courants sociaux-démocrates, tous sèment la confusion sur la question des nationalisations en raison de leur conception de l'État.

Sous le capitalisme, on peut distinguer deux types de nationalisations:

1 - des nationalisations décidées par la bourgeoisie (toujours) au pouvoir pour soutenir et sauver des entreprises en difficulté avec l'argent volé aux travailleurs.

N'oublions pas que SARKOZY et FILLON servent les intérêts de l'oligarchie financière, qui leur donne leur feuille de route afin de permettre aux monopoles la réalisation du profit maximum. Avec la crise financière, la bourgeoisie réintroduit certaines recettes du capitalisme monopoliste d'État.

Il s'agit bien d'un désaveu pour les tenants du néo-libéralisme. Mais en rien d'un affaiblissement du capitalisme. Rappelons la nature de classe bourgeoise de l'appareil d'État. SARKOZY se présentait comme le champion de la libéralisation intégrale de l'économie. La réalité l'appelle à revoir sa copie à coups d'injections d'argent public. Capitalisme d'État ou néo-libéralisme, ce sont bien les travailleurs qui payent. Le hold-up continu, que ce soit à la Caisse d'Épargne, ou ailleurs. Il y aura bien une sortie capitaliste possible à la crise capitaliste.

Rappelons que les nationalisations actuelles des gouvernements bourgeois n'assurent pas le transfert de la propriété privée des banques ou des monopoles à l'État (ce qui serait le Capitalisme d'État), mais utilisent simplement les revenus des travailleurs (impôts directs et indirects) pour les transmettre sans condition en cadeau au Capital.

2 - L'URCF combat pour des nationalisations fondées sur l'expropriation du Capital sans indemnité. Ces nationalisations visent à satisfaire les besoins urgents de l'immense majorité et doivent permettre l'extension des droits des salariés par le transfert de la direction des entreprises à un collectif des travailleurs. Ces nationalisations ne peuvent intervenir que sur fond d'aiguisement de la lutte de classes et d'affaiblissement de la dictature du Capital. Mais elles posent en germe la question du renversement du capitalisme.

Dés lors, grandira la conviction que le progrès social, la marche vers la démocratie et le socialisme, exigent le renversement de la classe dominante. Mais, ou bien les capitalistes, une fois de plus, reprennent ce qu'ils ont dû concéder sous la pression des luttes du mouvement populaire, ou bien le mouvement ouvrier et populaire se débarrasse du capitalisme. retour au sommaire


ATTENTION DANGER LOI SUR LE LOGEMENT :

- Projet BOUTIN - Projet Gredin.

Alors que la crise du logement n'a jamais été aussi grave dans notre pays, le gouvernement poursuit sa politique de casse avec un projet de loi dont les mesures vont aggraver la situation.

Ce projet remet en cause le statut des locataires en prévoyant:

- l'instauration d'un "bail précaire" avec la réduction de sa durée

- la remise en cause du maintien dans les lieux touchant des familles aux revenus pourtant modestes, par une baisse de 10% des plafonds pour accéder au logement social. Ces dispositions visent à chasser du logement social les locataires les plus solvables (ouvriers qualifiés, employés) pour réserver celui-ci exclusivement aux plus défavorisés. Cela risque de créer des ghettos de misère et d'endetter les autres catégories poussées à acheter.

- la remise en cause de l'article 55 de la loi SRU "Solidarité du Renouvellement Urbain" (construction minimum de 20% de logements sociaux pour les communes de plus de 3 500 habitants), la S(m)inistre BOUTIN veut y intégrer l'accession sociale à la propriété (ce qui favoriserait les communes les plus riches dont les maires refusent le logement social). Mesure condamnée par une manifestation de la CNL "CARTON ROUGE à la loi BOUTIN" devant le Sénat le 23 octobre 2008 où l'URCF était présente.

Autres mesures anti-sociales:

- la réduction des délais d'expulsion de 3 ans à 1 an (contraire à la loi DALO), ce qui aggrave encore la situation existante; en 2007, 28 021 expulsions locatives ont jeté à la rue des milliers de personnes dont des enfants. L'année 2008 sera pire!

- la vente des logements HLM, ce qui réduit le parc conventionné déjà très insuffisant

- rappelons que 1,3 million de famille attendent un logement social. Sur les 120 000 logements HLM prévus en 2007, 100 000 seulement ont été construits

- l'État se désengage en diminuant de 6,9% le "budget ville et logement 2009". Les crédits pour le logement social diminuent de 30% (de 800 à 550 millions €). S'ajoute sa volonté de mainmise sur les fonds du "1% logement" versé par les patrons (revenus différés des salariés), soit 4 milliards € par an.

- L'État transfère la charge de plus en plus sur les collectivités locales (et donc les impôts du contribuable). L'ANRU (Agence Nationale de Rénovation Urbaine) ne verse pas aux communes les subventions qui leurs sont dues. L'État n'a versé que 8% des crédits annoncés. Aussi des villes comme Vénissieux (69) ou Aulnay (93) devront attendre pour toucher leurs crédits.

Dénonçons fermement cette politique de casse du logement social, avec les hausses de loyer, des charges locatives qui pèsent lourdement sur le budget des familles alors qu'à l'autre bout de la chaîne les richards vont encore profiter de 15 milliards d'exonération fiscale et que les multinationales et l'État remplissent leurs poches en spéculant et en taxant.

Lors de sa campagne en septembre 2006, SARKOZY de retour des États-Unis vantait les mérites du crédit hypothécaire (subprimes) et rêvait d'une France de propriétaires. Il souhaitait une rupture avec la tradition française:

"Changer les règles prudentielles imposées aux banques en disant que les crédits sont garantis par l'existence du bien (appartement ou maison) ce qui permet à 70% des Britanniques et des Américains d'être propriétaires de leur logement contre 56% en France".

On voit aujourd'hui le fiasco des subprimes. Face à ces attaques, mobilisons-nous avec l'URCF qui, dans son programme se prononce pour:

- La création d'un service public national et municipal du logement social

- La destruction des immeubles vétustes et la réquisition des logements vides pour permettre l'accueil des familles sans logement

- Des aides financières prélevées sur les profits des bailleurs privés destinées à l'installation des jeunes locataires

- L'annulation des dettes pour loyers impayés et l'arrêt des expulsions. retour au sommaire


LE HOLD UP CONTINUE!

Chacun se rappelle les propos de FILLON, déclarant, après son fameux paquet de cadeaux fiscaux de 15 milliards € destinés aux ménages les plus riches de France, que les caisses de l’État (bourgeois) étaient vides et que les Français allaient devoir se serrer la ceinture. Alors que les travailleurs voyaient une fois de plus leur pouvoir d’achat baisser, il leur annonçait comme seule perspective «de travailler plus pour gagner plus». Mais par un coup de baguette magique, le gouvernement a trouvé 382 milliards € pour aider les banques et les PME. Ainsi pour sauver les banques et les grandes fortunes de ceux qui se disent «libéraux» et opposés à l’interventionnisme de l’État, on trouve de l’argent ...public ! L’argent existe, mais il semble introuvable pour ces messieurs lorsqu’il s’agit d’augmenter les salaires et les pensions de retraite, ou de financer la protection sociale.

On entend un président de la république dénoncer les responsabilités des spéculateurs alors qu’il les côtoie chaque jour et qu’il profite de leurs largesses. Oubliés les propos de sa campagne électorale, louant les fonds de pension, la déréglementation de l’énergie et du service public en général !

Prenons l’exemple de Dexia, principal pourvoyeur de crédit des collectivités locales (notamment la Seine-Saint-Denis) qui est le résultat de la privatisation en 1993 du Crédit Local de France, filiale de la Caisse des Dépôts, et du rachat du Crédit Communal de Belgique. En 1999, la direction de Dexia achète pour 2,6 milliards $ un assureur américain, FSA, spécialisé dans le secteur des collectivités territoriales et la titrisation de créances afin de «compléter internationalement son activité». Cette filiale américaine aujourd’hui est la raison de la faillite de Dexia puisque les pertes de FSA couvrent depuis 2 années les bénéfices de la banque franco-belge. Naturellement, des collectivités locales très nombreuses sont menacées de cessation de paiement.

Le 4 octobre 2008, les deux États belges et français viennent à son secours pour 9 milliards €. Voilà à quoi sert l’argent distribué généreusement par le pouvoir.

SARKOZY a prévu 40 milliards € pour renforcer les fonds propres des banques, c’est-à-dire leur capital, 10,5 milliards ont déjà été distribués à six banques. Même si SARKOZY annonce un paiement d’intérêts et un remboursement à 5 ans, il reste que cet argent ne reviendra jamais dans les caisses de l’État. Par contre, il permet aux établissements bancaires de continuer de spéculer ; on sait que les banques refusent d’accorder des crédits aux PME, entraînant la liquidation des emplois.

Cette crise va être le prétexte pour le patronat bancaire pour comprimer et supprimer les effectifs, notamment des plus qualifiés, jugés trop chers. Quant aux bénéfices, dans un premier temps, les banquiers vont marquer le coup car une hausse serait une provocation après l’aide de l’État distribuée (l’expérience prouve que l’on peut déprécier facilement des actifs ou majorer des provisions pour affaiblir les bénéfices officiels ; il reste le hors bilan qui officiellement n’existe pas mais permet des opérations dans les paradis fiscaux peu curieux des origines des capitaux). Le capitalisme, c’est la jungle.

Après le trader de la Société Générale poursuivi en justice pour avoir fait perdre 5 milliards à sa hiérarchie, c’est maintenant à la Caisse d’Epargne que le même scénario se renouvelle.

Au stade impérialiste, il n’y a pas que les banques ou sociétés financières qui spéculent ; presque toutes les sociétés le font. Ainsi les fonds de pensions français, les institutions de retraite, les caisses de prévoyance, les mutuelles, certaines collectivités territoriales risquent de se retrouver dans l’œil du cyclone.

Cette crise est loin d’être terminée. Avec la récession, nous allons assister à de nombreuses faillites d’entreprises et à une aggravation du chômage. Seule la lutte unie de tous les travailleurs permettra de satisfaire les revendications et de sortir de cette impasse qu’est le capitalisme !  retour au sommaire


UN ÉTAT AU SERVICE DE LA CLASSE CAPITALISTE:

LA PREUVE PAR LE BUDGET

Les «bonnes vieilles recettes» des cadeaux aux plus riches

Le mardi 28 octobre 2008, les députés ont adopté le volet recettes d’un budget censé répondre à la situation de crise. En validant la prévision gouvernementale irréaliste d’un taux de croissance s’élevant à 1% du PIB (alors que la récession économique est déjà installée dans notre pays), ils ont accepté, avec ce mensonge, de poursuivre dans la voie des cadeaux fiscaux qui ont déjà fait perdre 15 milliards € au budget 2008, et qui contribueront encore à creuser de 10 milliards le déficit actuel. Aucune remise en cause, donc, du paquet fiscal offert en novembre 2007 aux oligarques et aux patrons : abaissement du bouclier fiscal, aménagement de l’impôt sur la fortune, suppression de l’impôt sur les opérations de Bourse, limitation à 18% du prélèvement sur les revenus d’actions et d’obligations, allègement des droits de succession, défiscalisation des heures supplémentaires ; tout cela est reconduit. Et pire, de nouveaux cadeaux fiscaux sont prévus au budget 2009, avec des niches fiscales pour ceux qui «investissent en Afrique» - comprenons, qui participent au pillage des ressources de ce continent…-, et le déplafonnement du crédit d’impôt pour les embauches à domicile – ceux qui emploient des domestiques apprécieront, en effet…-. Dernier cadeau aux entreprises, l’exonération totale de la taxe professionnelle pèsera lourdement sur les collectivités territoriales, entraînant inévitablement une nouvelle hausse des impôts locaux.

Casse du secteur public : la course aux privatisations continue !

Si la clique des possédants paie moins, il faut bien que la masse des travailleurs paie davantage. C’est le sens du volet dépenses adopté le 3 novembre 2008, qui impose une double ponction à l’immense majorité de la population : réduction drastique des dépenses publiques dans la plupart des secteurs, et recours à la privatisation pour soumettre à la loi des profits les missions de service public abandonnées par l’État.

Avec la suppression de 30 600 emplois de fonctionnaires (un départ à la retraite sur deux non remplacé), la chasse aux postes est ouverte, sous la houlette de préfets de région aux pouvoirs renforcés pour faire appliquer la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) : les fermetures et restructurations des services de l’État, dans les départements et les régions, aboutiront, de fait, au démantèlement des missions et statuts de la Fonction publique, réduite à un rôle d’encadrement et de contrôle social.

Les secteurs les plus touchés par la réduction des moyens (compte tenu d’une inflation officielle à 3% en 2008) sont ceux de l’emploi (- 8,6%), de la ville et du logement (- 9,2%) et de l’éducation (-1,3%, avec 13 500 postes supprimés). L’augmentation de 3,5% du budget de la Recherche est essentiellement liée au processus de privatisation prévu dans la loi PÉCRESSE : 900 postes supprimés (donc plus d’emplois précaires), mais 620 millions € d’accordés en crédits d’impôts à la recherche privée, et 170 millions pour les partenariats public-privé dans l’immobilier universitaire (les PPP) ; les étudiants, eux, auront droit à une aide de 59 millions…

Armée, prisons, répression : mater les arrières, ça vaut «le coût»…

Le budget militaire n’est pas épargné par les suppressions d’emplois (- 8 250 postes, surtout des postes civils), mais la forte augmentation des crédits d’équipements (+ 10,7%) et du nucléaire (+ 3%) répond au rôle renforcé que l’impérialisme français entend jouer au sein de l’OTAN et pour son propre compte.

La Justice, elle, se voit dotée de 512 emplois supplémentaires, tous réservés aux prisons, puisqu’un nouveau programme de construction est lancé pour 2009-2011, s’ajoutant aux 30 établissements pénitentiaires construits entre 2002 et 2009. Non chiffré, ce programme devrait d’ailleurs voir se multiplier les fameux PPP, comme celui qui permet déjà à BOUYGUES d’empocher 48 millions € par an pour la construction des prisons de Nantes, de Lille et de Réau…

Au ministère de l’Immigration, 120 millions € seront supprimés pour le volet «intégration», tandis que 70 millions seront consacrés aux expulsions et internements en centres de rétention pour les Sans-Papiers. On voit où se situe la priorité de ce ministère créé l’an dernier par SARKOZY…

Enfin, le gouvernement n’oublie pas de continuer à engraisser l’oligarchie financière, en augmentant de 7,5 % les dépenses consacrées au paiement des intérêts de la dette publique.

Pour un budget de progrès social, front de luttes contre le Capital!

Tous ces chiffres font du budget d’État un miroir du système capitaliste, qui pressure le peuple-travailleur dans tous les domaines de sa vie quotidienne. Il n’y a donc rien à attendre de l’État gestionnaire de ce système : aucun changement ne pourra se produire sans qu’un front de luttes de classe ne fasse reculer le Capital (c’est-à-dire, conjointement, patronat, gouvernement, État), pour le vaincre ensuite.

Pour doter la puissance publique des moyens financiers et politiques nécessaires, il faut une nouvelle étape de nationalisations (sous le contrôle de travailleurs et non de l’État capitaliste), et un processus de réindustrialisation du pays. C’est ce qui permettra de répondre aux besoins populaires en matière d’emploi, d’éducation, de santé, de progrès scientifique, de culture et de logement.

Oui à des pôles de services publics pour la satisfaction des besoins individuels et collectifs, définis et contrôlés par les travailleurs eux-mêmes !

La classe capitaliste ne se laissera jamais déposséder de la moindre miette de profit sans riposter : pas de victoires sociales sans mobilisation de masse et de classe, pas de progrès durable sans renversement du capitalisme, pas de vraie démocratie sans société socialiste.

Dans la tourmente née de la crise financière, nombreux sont ceux (y compris au PCF) qui se tournent vers l’État, lui accordant un rôle régulateur, voire réparateur des dégâts économiques et sociaux causés par les pertes du système bancaire. Il suffit pourtant de regarder de près le budget 2009, voté à l’Assemblée nationale, et de se rappeler le budget 2008, pour se convaincre du rôle véritable joué par cet État : servir la classe minoritaire qui détient le pouvoir économique, et renforcer le pouvoir politique de cette caste sur la classe majoritaire des exploités.

 Comme l'État est né du besoin de réfréner des oppositions de classes, mais comme il est né, en même temps, au milieu du conflit de ces classes, il est, dans la règle, l'État de la classe la plus puissante, de celle qui domine au point de vue économique et qui, grâce à lui, devient aussi classe politiquement dominante et acquiert ainsi de nouveaux moyens pour mater et exploiter la classe opprimée." (F. Engels : De l'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'État ) retour au sommaire


TABLEAU ANALYTIQUE DES LUTTES OUVRIÈRES (II)

Reportage ouvrier

Renault Sandouville

Les ouvriers en lutte pour l'emploi : Récemment, Renault a annoncé 2 000 suppressions d’emplois dans ses filiales européennes (900 en France), qui se rajoutent aux 4 000 annoncées cet été dans ses usines françaises, dont 1 000 pour Sandouville. La direction mise sur des «départs volontaires» avec des indemnisations. Pourtant, d’après Fabrice, syndiqué CGT, : «Renault ne connaît pas la crise malgré les annonces» et «il n’y a aucune raison qu’on fasse payer les salariés alors que les actionnaires continuent de se gaver». Chiffres à l’appui puisque un milliard € vient d’être encore versé aux actionnaires, que le groupe Renault vient d’annoncer une marge opérationnelle de 3% (au lieu de 4,5% espérés…) et que les volumes de ventes vont être pour 2008 au dessus du niveau de 2007…

Révolutionnaires communistes, nous rajouterons que la multinationale Renault, son patron, ses directeurs, cadres supérieurs et autres parasites actionnaires s’engraissent tous les ans en drainant vers eux toutes les richesses créées par leurs ouvriers, comme c’est la loi sous le capitalisme !

L’usine passe malgré tout à une seule équipe et des semaines chômées sont imposées aux salariés qui perdent 400 € par mois ! La résistance s’organise et les Renault commencent à renouer avec leurs traditions de hautes luttes. À l’appel des syndicats, une manifestation est organisée au Havre avec des délégations d’autres sites de France, de travailleurs de Faurecia, Plastic Omnium (sous-traitants de Renault) et la population du bassin. «Ce qu’on veut, c’est manger, donner une vie à nos enfants et payer nos maisons», affirme le délégué CGT.

L’affaire ne peut être ignorée par les médias capitalistes. SARKOZY a décidé alors d’aller à la rencontre des ouvriers de l’usine pour apporter «ses solutions». Mais les travailleurs de Renault ont pu apprendre de Gandrange et des promesses sans lendemain faites par SARKOZY devant les caméras ! Aussi les ateliers se sont agités, et SARKOZY, qui n’a pas pu entrer dans l’usine, s’est replié dans un bâtiment voisin pour recevoir les syndicats de Renault.

Puis, le 24 octobre 2008, les accès de l'usine ont été bloqués par les premiers ouvriers au chômage technique et la CGT. Mais les ouvriers pouvaient accéder à l’usine à pied et le blocage a été levé à 10h00, après l’intervention des forces de l’ordre.

Et des syndicats s’empressent de diviser pour empêcher une stratégie de lutte unitaire et gagnante: «Pas un salarié ne perdra un centime (à Flins), ce qui n’est pas le cas dans d’autres usines.. » explique cet élu FO comme pour dire «on n’est pas si mal lotis !» en distribuant des tracts devant l’usine de Flins. Les salariés ne sont pas toujours dupes : «Dès dimanche, je pars en vacances forcées, mais à notre retour le 12 novembre, qu’est-ce qui nous attend ?» dit Nathalie, 36 ans dont 10 passés chez Renault.

«C’est lamentable, ça va s’aggraver, le travail, il n’est plus ici, il est ailleurs, en Chine ou en Inde» renchérit un collègue. «Tu as tort, c’est les patrons qui nous volent, pas les Chinois ou les Indiens», répond un autre. "Allez les gars, souriez, c'est un peu plus de sous pour les actionnaires", lance un autre travailleur en sortant de l'usine.

«Personne ne nous dit la vérité. C'est la mort pour ici», avance Christiane 59 ans. Autant de lucidité que les syndicats doivent transformer en lutte soutenue par toute la population avec le mot d’ordre «pas une seule suppression d’emploi !». Christiane s'est renseignée «sur le plan social pour partir plus tôt, mais il est mauvais le plan, je ne vais pas partir avec si peu de retraite.

Tout ça c'est pour nous endormir». «Revenez nous voir le 12 novembre !», lance Nathalie, les yeux cernés, avant de monter dans sa voiture.

Depuis, jeudi 30 octobre, un débrayage et une manifestation ont été organisés devant le tribunal du Havre où 46 salariés de l’usine étaient assignés en référé par la direction qui les accuse d'avoir bloqué à plusieurs reprises le site, notamment lors de la venue de Nicolas SARKOZY le 6 octobre. Au cours de l'audience, la direction a indiqué qu'elle voulait que soit mis "un terme à ce genre de pratiques"! La direction sait bien que c’est la grève et les blocages qui peuvent la contraindre à reculer.

L’URCF voit confirmées ses analyses sur les conséquences de la privatisation de ce groupe qui a entraîné la casse de l’emploi, la fermeture de sites de production.

Faisons grandir, en exprimant notre solidarité avec les Renault, notre refus des licenciements. Dans le secteur de l’automobile sinistré par les choix patronaux, l’URCF avance la revendication démocratique de création d’un vaste pôle de service public par la nationalisation sans indemnités des grands groupes automobiles et de leurs filiales, afin de satisfaire les besoins, d’assurer les emplois.

ÉCHOS DES LUTTES

SOLIDARITÉ DE CLASSE AVEC LES GRÉVISTES DES NMPP !

Le jeudi 30 octobre 2008, la presse quotidienne n’a pas pu sortir en raison de la grève des travailleurs des NMPP. La FILPAC-CGT (Fédération des travailleurs des Industries du Livre, du Papier et de la Communication) n’a pas appelé «à la non parution des journaux», euphémisme pour désigner la grève de leurs affiliés.

Le secrétaire général de la FILPAC a déclaré : «Ceux qui veulent (la grève) prendront leurs responsabilités». Le SGLCE-CGT (membre de la FILPAC) a été à l’origine du déclenchement de la grève des ouvriers de la distribution de la presse, riposte à un plan patronal de «restructuration».

Le communiqué de la FILPAC mérite d’être cité : «Elle n’appelle pas à une non parution des titres quels qu’ils soient (quotidiens payants et gratuits, périodiques) mais à la mise en place immédiate de la solution négociée par les responsables syndicaux parisiens».

Ce conflit contre les monopoles de presse se double, comme de plus en plus souvent, de l’affrontement entre deux conceptions du syndicalisme.

Conformément à la ligne confédérale, certaines directions prônent, en théorie et en pratique, un syndicalisme d’aménagement des décisions capitalistes et gouvernementales. Leur «pratique» principale tourne autour de la «concertation» et de la négociation entre «partenaires sociaux», négociations séparées de la construction préalable du rapport de forces par la grève, arme éprouvée des travailleurs pour se défendre au quotidien.

Le résultat est connu: abandon et trahison des revendications et intérêts populaires, les «négociations» débouchent inévitablement sur l’entrée en vigueur des mesures gouvernementales et patronales.

L’autre tradition et ligne syndicale - celle exprimée de plus en plus souvent par la base de la CGT - est celle de la dénonciation, à partir des positions de classe, de telle ou telle mesure, restructuration, réforme du pouvoir, suivie de la nécessaire mobilisation et du choix de la grève.

Cette identité de classe et de masse du syndicalisme a prouvé son efficacité dans le passé, dans les durs combats opposant classe ouvrière et patronat, pour les droits sociaux et syndicaux, les salaires, les conditions de travail des salariés.

L’abandon volontaire de cette stratégie, préparée par la mainmise sur la CGT d’une couche sociale «au-dessus des travailleurs» - bureaucratie syndicale intégrée au système capitaliste - se traduit par la collaboration de classes, prélude à l’accompagnement de la casse de toutes les conquêtes sociales gagnées par nos aînés.

Où est l’indépendance syndicale, quand à chaque réforme réactionnaire gouvernementale, les directions bureaucratiques syndicales se positionnent non pas sur le rejet de la contre-réforme (puisqu’elle aggrave l’ordre existant), mais sur la discussion de tel ou tel point, en avalisant l’ensemble !

Que devient le syndicalisme, quand les bureaucraties qui dirigent les diverses centrales refusent toute extension des luttes, toute manifestation de solidarité de classe, toute stratégie de convergence des luttes autour des revendications fondamentales communes ?

Jusqu’ici, la base combative de la CGT et des autres syndicats n’a pas été assez forte et puissante pour bousculer les appareils sclérosés, mais nul doute que ce n’est que partie remise.

L’URCF exprime sa totale solidarité avec le SGLCE-CGT en proie à un double adversaire : un patronat avide de profit qui veut supprimer des emplois pour assurer les surprofits, et une direction collaboratrice de la FILPAC, qui donne des gages pour collaborer avec le patronat.

Ce conflit entre syndicalisme d’aménagement et syndicalisme de lutte ne trouvera solution que dans le rassemblement des syndicalistes de lutte de classe. C’est pourquoi nous rappelons l’importance du meeting syndical interprofessionnel du 29 novembre à Paris de 10h30 à 13h30 [salle des Diaconesses, 18 rue du Sergent BAUCHAT, Paris 12è, métro: Nation ou Montgallet).

 

Solidarité avec les salariés intérimaires sans-papiers du groupe FAYAT, à Viry-Chatillon (91)

Les militants de CL-CGT ont apporté leur solidarité aux Sans-Papiers de l’entreprise FAYAT. FAYAT est un grand groupe français du secteur BTP. Depuis le 30 juin 2008, 31 de ses travailleurs, sans-papiers, se sont mis en grève pour demander leur régularisation afin de sortir de l’ombre à laquelle sont condamnés tous les Sans-Papiers et d’obtenir les mêmes droits que les autres salariés.

À ce jour, 17 ont été régularisés, ce qui est une première victoire. Ces grévistes travaillent chez FAYAT depuis 5, 7, 8 ou 10 ans pour certains ! Ils ont toujours travaillé comme intérimaires (pour BGI, ADECCO, SOVITRAT, RANDSTAD, MB Services, VISTAR etc.). Ils payent leurs impôts, cotisations sociales, sans pour autant bénéficier des prestations sociales (indemnités journalières, chômage, aide au logement etc.). La plupart sont chef de famille avec des enfants. Ils se battent aujourd’hui pour les droits les plus élémentaires : le droit de conserver leur travail, un titre de séjour.

C’est une exigence de justice !

Le comité de grève des Sans-Papiers de FAYAT (Viry-Chatillon) a décidé la reconduction de la grève jusqu’à la régularisation de tous les Sans-Papiers de cette entreprise. Leur mot d’ordre «Le cas par cas, on n’en veut pas ! Des papiers pour tous !»

Le comité appelle les salariés, les étudiants, les citoyens, à participer aux différentes actions, manifestations, collectes pour les soutenir.

Ceux qui les maintiennent dans la précarité sont les mêmes qui bloquent les salaires, licencient : Soutenons la lutte des Sans-Papiers !

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L'impérialisme est l'époque du capital financier et des monopoles, qui provoquent partout des tendances à la domination et non à la liberté. Réaction sur toute la ligne, quel que soit le régime politique, aggravation extrême des antagonismes dans ce domaine politique également: tel est le résultat de ces tendances. (Impérialisme, stade suprême du capitalisme. Chap.IX, LÉNINE) 
 

FICHAGE, ENFERMEMENT, BÂILLONNEMENT:

L'ARSENAL RÉPRESSIF DE L'ÉTAT BOURGEOIS SE RENFORCE!

EDVIRSP, le rejeton d’EDVIGE

Le fichier EDVIGE (voir IC 88) est apparemment mort…et ressuscité, malgré le mouvement de protestation (plus de 200 000 signatures de la pétition «Non à Edvige») qui demandait son annulation pure et simple.

Voilà, sorti du chapeau de la ministre de l’Intérieur, un fichier quasi identique, à une nuance près: ne pourront plus être collectées que «les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou l’appartenance syndicale des personnes ». Ouf ! Avec EDVIGE, étaient ajoutées les données concernant la santé et la vie sexuelle ; avec EDVIRSP, elles sont remplacées par le signalement des «origines raciales ou ethniques». Les enfants de 13 ans et plus (soit la bagatelle de 5 millions d’enfants), seront, eux, toujours fichables comme «susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique».

Un seul commentaire: la lutte continue !

  «Ouvrez une école, vous fermerez une prison.» (Victor HUGO)

Le gouvernement SARKOZY-FILLON a choisi d’inverser ce conseil du poète: il «s’occupe» de la jeunesse en prévoyant de l’enfermer plutôt que de l’éduquer.

Depuis 2007, il a fait construire cinq établissements pénitentiaires pour mineurs (les EPM), et supprimé à la pelle les places en foyers éducatifs, dans les services d’insertion professionnelle et de suivi des jeunes justiciables. L’incarcération plutôt que l’éducatif, voilà la doctrine sécuritaire appliquée par le tandem SARKOZY-DATI.

Depuis le début de l’année, 3 adolescents se sont suicidés en prison, et 72 ont tenté de le faire. « Les EPM, il faut pérenniser ce type de structures, elles ont fait leurs preuves », avait dit la Garde des Sceaux au lendemain du premier suicide, en février 2008.

Un seul commentaire: quand la jeunesse et les travailleurs prendront les Bastilles du capitalisme, prenez garde que les EPM ne deviennent des «établissements pénitentiaires pour monopolistes»…

 

Les Centres de rétention pour Sans-Papiers: circulez, il n’y a (plus) rien à voir !

Depuis 1985, la CIMADE apporte aide juridique et soutien aux Sans-Papiers enfermés dans les CRA («Centres de rétention administrative»), en attente d’être expulsés du territoire. Son dernier rapport de 2007 est un réquisitoire sans appel contre ce système carcéral inhumain qui autorise désormais (depuis une directive européenne de juin 2008) le maintien de familles entières derrière des barbelés durant 18 mois.

Ces révélations ne plaisent pas au ministre HORTEFEUX, qui a lancé, en septembre dernier, un «appel d’offres» ouvrant au marché concurrentiel ce service de l’aide aux étrangers détenus dans les CRA, sous la forme très libérale de 8 «lots» à prendre en charge, et exigeant des organismes recrutés «neutralité et confidentialité».

Le 30 octobre, le tribunal administratif de Paris a annulé cet appel d’offres. Mais le ministre ne désarme pas, et veut récidiver.

Un seul commentaire: L’histoire jugera l’infamie, notre solidarité avec nos frères étrangers ne faiblira pas. retour au sommaire


POUR SAUVER L'ÉCOLE PUBLIQUE, S'ATTAQUER À LA POLITIQUE DU CAPITAL!

Après la grève du 7 octobre 2008, les travailleurs de l’éducation et les parents ont massivement manifesté à Paris le 19 octobre, pour exprimer leur colère contre la casse du service public d’éducation. Les militants de l’URCF ont bien sûr participé à cette manifestation, après avoir distribué un tract éclairant sur les finalités de classe de la politique éducative menée par l’État capitaliste contre l’école publique.

L’école au rabais de SARKOZY-DARCOS: soumission totale à la rentabilité financière

Le budget de l’Éducation nationale, en baisse de 1,3%, assombrit encore l’avenir d’une part croissante de la jeunesse. Après la disparition de 30 000 postes d’enseignants depuis 2003, la programmation de 13 500 nouvelles suppressions justifie une avalanche de contre-réformes qui organisent une casse progressive du système éducatif public :

- à l’école primaire, les élèves seront plus nombreux (+ 15 900), mais 6 000 postes d’enseignants seront supprimés. Les écoliers verront non seulement leur temps scolaire réduit (perte de 2 heures hebdomadaires), mais aussi les «Réseaux d’aide et de soutien» (RASED) démantelés, avec la réaffectation de 3 000 enseignants spécialisés.

- en collège, l’exigence d’acquisition du «socle commun de compétences» conduira à l’éviction d’un plus grand nombre de jeunes vers l’apprentissage patronal.

- en lycée, l’actuel projet ministériel vise à réduire les horaires et l’offre de formation, à instaurer un lycée «à la carte» (par le biais des modules et de l’autonomie des établissements), engendrant de nouvelles inégalités, et à faire disparaître de facto le baccalauréat comme diplôme national permettant l’accès à la poursuite d’études.

- en lycée professionnel, la disparition du diplôme du BEP, sous couvert de Bac professionnel en 3 ans, ne pourra qu’accroître l’échec scolaire, touchant notamment les jeunes de familles populaires.

- les étudiants sont déjà frappés par une paupérisation aggravée, liée notamment aux difficultés pour se loger (seuls 7% des étudiants ont une place en cité-U, et la hausse des loyers varie entre 4 et 8%) ; ils devront payer plus cher pour accéder à des universités contraintes, depuis la loi PÉCRESSE, de recourir aux financements privés pour pallier les nouvelles suppressions de postes (+ 4% de droits d’inscription). Les étudiants des milieux populaires devront se contenter d’une augmentation de 2,5% de leurs bourses, alors que l’inflation est estimée à 3%…

Sombres perspectives également pour les enseignants, paupérisés

par le blocage de leurs salaires, flexibilisés par le non respect de leurs qualifications (plusieurs matières à enseigner, notamment), les heures supplémentaires imposées et les services partagés, et laissés à la merci de l’arbitraire de leur hiérarchie par les graves attaques contre le paritarisme (disparition des commissions de contrôle pour les mutations) et contre le droit syndical (droit de grève et information syndicale sur temps de travail).

Tous ces coups portés contre le système éducatif révèlent le contenu de classe de la politique gouvernementale: il s’agit de parachever la mise en place d’un système scolaire fondé sur la rentabilité financière, où les calculs marchands deviennent la règle de gestion. Cette école est celle de l’adaptabilité aux besoins de caste du capital financier, en développant uniquement les savoir-faire «utiles» aux monopoles, au détriment du savoir.

À tous les niveaux, les mêmes logiques sont à l’œuvre: contenus appauvris, missions de service public sacrifiées, multiplication des ghettos scolaires (avec la disparition de la carte scolaire), plus d’inégalités et de sauve-qui-peut individuels, préparant le terrain d’une privatisation tous azimuts et d’une marchandisation totale de l’Éducation.

Pour défendre et sauver le service public d’éducation: nous organiser en large rassemblement populaire.

Comme pour tous les services publics menacés, l’école publique est à défendre par la mobilisation unitaire des travailleurs et des usagers, contre les suppressions de postes et les contre-réformes.

Une nouvelle grève est prévue le 20 novembre, mais c’est sur la durée, et par le front de luttes le plus large que se construiront les résistances indispensables pour faire céder le pouvoir sur les revendications urgentes en faveur de l’école.

Cette résistance ne trouvera cependant sa pleine efficacité qu’en rejetant les illusions d’un capitalisme «régulable», alors qu’il est par essence anti-social et ne peut en aucun cas répondre aux besoins populaires. Tant que la loi du profit demeurera le fondement de notre société, l’éducation sera, comme cette société, profondément inégalitaire.

Pour une éducation de qualité pour tous, gratuite, laïque et démocratique, libérons-nous du joug capitaliste et choisissons la voie du socialisme ! retour au sommaire

 


 

LE TRAVAIL DU DIMANCHE, OU LE RETOUR DES BUVEURS DE SANG ?

Nous nous en souvenons: Travailler plus pour gagner plus, eh bien nous allons en baver si nous n'intervenons pas - nombreux et unis - pour ne pas travailler le dimanche et sacrifier sur l'autel du profit notre repos hebdomadaire bien mérité.

Certains diront: «mais je gagne effectivement plus», on peut évidemment le souhaiter, mais dès que l'usage sera entré dans les mœurs, la banalisation du travail du dimanche fera que les patrons s'empresseront de ne plus payer les heures au tarif des heures supplémentaires.

«Pas possible» direz-vous ?

Malheureusement, les avantages acquis de hautes luttes sont actuellement remis en cause pour les monopoles. Le repos hebdomadaire a été conquis par nos anciens et l’interdiction du travail du dimanche a été instaurée en… 1906.C’est donc bien d’un recul de civilisation qu’il s’agit. Le capitalisme n'a de cesse de reconquérir le terrain perdu. Ce repos hebdomadaire, le même pour tous, est une condition indispensable pour voir ses enfants et s’en occuper, participer aux diverses activités culturelles, sportives et politiques choisies.

Après le travail des femmes la nuit (et même des adolescents), le travail des enfants dès 14 (ou 16 ans), la remise en cause des 35h, les mesures destinées à repousser l'âge de la retraite et à augmenter les heures de travail de la semaine jusqu'à 65h, etc, le Capital s'attaque maintenant au repos hebdomadaire des travailleurs. «Ah! ben voyons, et nos bénefs ?», crie cette petite minorité de profiteurs, d'exploiteurs.

La campagne pour le travail le dimanche s’accompagne de la possibilité «offerte» aux salariés de travailler jusqu’à 70 ans.

Les travailleurs ne souhaitent pas travailler le dimanche, mais l'appauvrissement les y contraint.

La disposition finalement adoptée ne prévoit pour l’instant qu'une dérogation (la 181ème) au droit commun du travail pour les commerces du secteur de l'ameublement, grâce à l'entremise de la sénatrice UMP Isabelle DEBRÉ.

Mais deux engagements antérieurs passent à la trappe:

1 - le caractère volontaire pour les employés.
2 - ces derniers devaient être payés double.

Après, ce sera au tour des services. Xavier BERTRAND a déjà franchi le pas en annonçant l’ouverture des crèches le dimanche, sans préciser que ce sont les mêmes salariés du dimanche qui les paieront sans doute double. Il ne restera alors qu’à obliger les fonctionnaires qui ne pourront plus faire autrement que d’accompagner «l’évolution de la société» en marche ... arrière.

La volonté du gouvernement et du patronat vise à remodeler le droit du travail pour multiplier les profits, car l'allongement de la durée du travail, c'est l'augmentation de la plus-value, la réduction du salaire réel, donc, l'élargissement de l'exploitation, tout benef quoi!

Au 19ème siècle, le prolétariat avait baptisé le patronat de «buveurs de sang». C’est le retour à ces traditions. retour au somaire


Amérique Latine: contre l'impérialisme et la réaction.

L’Amérique latine est en lutte. Cette lutte affronte le plus puissant des impérialismes, celui des États-Unis. Ces derniers depuis MONROE, estiment que tout le continent, du Canada à la Patagonie, appartient au capital yankee, que c’est son arrière-cour. Seule, jusqu’à présent, Cuba avait victorieusement résisté.

Cuba avait démontré que la révolution anti-impérialiste devait s’inscrire dans la lutte contre les oligarchies locales et pour la révolution socialiste. Aujourd’hui, et dans un climat politique difficile où la période du plan Condor (1) a laissé des souvenirs sanglants, et fait surgir des courants capitulards (BACHELET au Chili par exemple), le processus démocratique révolutionnaire relève la tête. Le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, sont au premier rang du combat pour des transformations anti-impérialistes qui posent la question de l’alternative à leur soumission à l’impérialisme. Cette alternative se construira par la perspective du socialisme. Les transformations qui ont déjà eu lieu, notamment au plan politique en donnant la parole aux masses, en mettant en place des Constitutions démocratiques, et en nationalisant certains secteurs décisifs comme ceux de l’énergie, inquiètent Washington qui tente de reprendre la main par les moyens habituels de cette prétendue plus grande et plus ancienne «démocratie» du monde: la déstabilisation, l’ingérence dans les affaires intérieures des peuples, les campagnes de mensonges, le meurtre, la corruption, la subversion généralisée.

Au cours de l’été, les ambassadeurs barbouzes de «l’Empire» à La Paz et à Caracas ont été expulsés pour leurs sombres manœuvres contre-révolutionnaires. Le référendum organisé en Bolivie a été un franc succès pour le gouvernement de MORALÈS. Mais, parallèlement, des tendances à la conciliation avec l’ennemi (en particulier avec les oligarchies locales) ou aux concessions (plutôt que de s’appuyer sur le mouvement des masses),apparaissent. Un nouveau référendum, pour approuver la Constitution, doit avoir lieu en Bolivie, et des élections pour les gouverneurs et les directions municipales doivent avoir lieu au Venezuela au cours des semaines à venir. Les forces démocratiques et révolutionnaires se mobilisent pour éviter que ne se renouvelle la défaite de décembre 2007 à Caracas. En même temps, la situation économique, qui avait bénéficié du cours élevé des matières premières énergétiques, se trouve en difficulté par le retournement de conjoncture, ce que l’impérialisme américain tente d’exploiter. La solidarité des forces progressistes mondiales doit donc se manifester à un niveau supérieur. Cela passe par le renforcement de la solidarité avec la révolution cubaine, qui constitue sur le continent l’avant-garde du mouvement ; cela passe aussi par une dénonciation, sans trêve, des campagnes médiatiques visant à préparer le terrain, dans l’opinion publique, à des interventions militaires étrangères ou des putschs, sans parler d’éventuelles «interventions humanitaires». Déjà, la presse fait état de l’intervention des paramilitaires colombiens, renforcés par des locaux, dans les régions frontalières du Venezuela, où ils peuvent recevoir un certain soutien dû à l’augmentation de la délinquance (qui ne doit rien au hasard), parmi certaines couches sociales hésitantes sur l’attitude à adopter.

Cependant, et c’est un signe des temps, l’impérialisme américain a un champ de manœuvre qui se révèle étroit. Le mouvement national dépasse le cadre des pays cités. Aussi critiquable que soit la politique de LULA et du PT au Brésil, sa politique internationale contredit, dans des domaines sensibles, celle de Washington (les négociations de l’OMC par exemple, les tentatives d’isolement de Cuba, du Venezuela, de la Bolivie, de l’Équateur…). Le gouvernement de KIRCHNER en Argentine a profité de la crise financière pour rétablir le régime des retraites par solidarité en nationalisant les fonds de pension qui l’avaient remplacé…

La fin de l’année 2008 et l’année 2009 vont se révéler décisives. Il nous faut dès maintenant, et dans l’unité la plus large, mais sans gommer les différences d’analyses, construire le front de la solidarité anti-impérialiste avec l’Amérique latine, en combattant tout particulièrement la politique que mène dans cette partie du monde notre impérialisme et l’Union Européenne.

(1) Plan commun de la CIA et des services secrets des États fascistes d’Amérique Latine qui visaient à liquider physiquement les démocrates et les révolutionnaires en faisant disparaître leur corps.

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CORTÈGE UNITAIRE URCF-PCOF CONTRE LA GUERRE EN AFGHANISTAN

Samedi 20 septembre, une manifestation contre la guerre en Afghanistan et pour le retrait des troupes françaises a traversé Paris de la Place de la République à la Place de Clichy.

Les militants et sympathisants de l’URCF y ont diffusé un tract dénonçant la politique de guerre de l’impérialisme français, et le grand Capital qui fait payer sa guerre par les travailleurs. À leurs côtés, ont défilé les camarades du Parti Communiste des Ouvriers de France, qui partagent la position marxiste-léniniste sur la nécessité d’aider les peuples en lutte, de lutter contre son propre impérialisme. Les drapeaux, banderoles et slogans des deux organisations (“pas un sou, pas un soldat pour la guerre, retrait de la France de l’OTAN”) tranchaient avec ceux des groupes trotskistes, hélas majoritaires dans la manifestation, et dont des membres prétendaient nous empêcher de manifester.

Ce défilé commun est un pas en avant important dans la reprise par les marxistes-léninistes de leur place dans le mouvement anti-guerre et de leur rôle d’avant-garde dans la lutte révolutionnaire. C’est la seule alternative au trotskisme et à la social-démocratie qui ont prouvé dans l’histoire leur incapacité à mener la lutte anti-impérialiste jusqu’au bout. retour au sommaire


 

OBAMA : contradictions, (faux) espoirs et rappel du réel

Une fausse démocratie !

Aux États-Unis, près de 40 millions d’individus vivent en dessous du seuil de pauvreté, chiffre augmentant chaque année. En outre, le centre de l’american way of life, où un citoyen sur 99 est emprisonné, se situe au 37ème rang mondial concernant le système sanitaire et au 49ème sous le rapport de l’alphabétisation : par exemple, il est classé au 41ème rang mondial selon le taux de mortalité infantile, et détient, selon l’enquête internationale sur l’alphabétisation des adultes, le record du nombre de personnes ayant bénéficié de moins de neuf ans de scolarité en Occident. La sécurité sociale est absente aux États-Unis - absence provoquant au moins 18 000 décès chaque année -. L’«Amérique» c’est aussi, comme récemment par exemple, l’expulsion de centaines de milliers de familles surendettées. C’est là quelques aspects du versant «social» de cette «grande démocratie». Enfin, pour illustrer le caractère de classe de la «démocratie» états-unienne, on pourrait rappeler que les droits civiques ont été retirés, tout récemment, aux familles du Michigan, victimes de la crise des subprimes, qui n’ont pas été en mesure de payer les traites de leurs emprunts et dont on a confisqué la maison. À n’en pas douter, pour les capitalistes, les États-Unis sont une grande démocratie, mais pour les marxistes-léninistes, ils sont bien une dictature pour les exploités et opprimés !

Obama vainqueur : une formidable ambiguïté

La victoire d’OBAMA mérite une analyse approfondie des potentialités ouvertes, des contradictions et de la nature de classe de la politique préconisée par le candidat démocrate. La forme politique de «démocratie représentative» (en réalité de dictature des monopoles) aux États-Unis, s’est bâtie sur la ségrégation, la discrimination et l’exclusion des minorités nationales : Afro-américains, Indiens, «Chicanos» (mais pas l’émigration cubaine contre-révolutionnaire). Dans ce pays, facilement exportateur de la «démocratie» par la guerre, la révolution bourgeoise est restée inachevée, puisque des millions d’Américains, jugés de citoyenneté inférieure, ont été privés des droits démocratiques bourgeois, même formels. L’Internationale communiste faisait de la résolution de la question des Noirs américains, l’axe central pour conquérir la démocratie et la perspective révolutionnaire. La voie réformiste d’intégration (Martin Luther KING), aussi bien que la voie violente et armée pour l’autodétermination du peuple afro-américain (Black Panthers) ont subi l’écrasement, victimes de la ségrégation raciale et de classe et de la répression policière. Dans l’histoire, il se produit qu’un parti, un leader, une campagne soient amenés à susciter l’engouement, l’espoir dépassant ainsi leur cadre initial de simple défenseur du système. Dans ces cas, les forces vainqueurs sont en partie prisonnières de l’adhésion suscitée. La campagne d’OBAMA a su mobiliser des jeunes, des Afro-américains, des pacifistes, des victimes du capitalisme néolibéral, qui ne se sont pas arrêtés au programme de leur candidat, mais ont vu en lui un instrument de leur revanche sur des siècles d’oppression et de négation de leurs droits sociaux et politiques, malgré et au-delà précisément du caractère bourgeois de son programme. Les électeurs populaires d’OBAMA ont utilisé leur bulletin de vote pour infliger une défaite à la politique colonialiste intérieure, raciste et ségrégative. En cela, cette victoire présente au moins un double aspect antagonique : OBAMA a le soutien des multinationales qui lui ont accordé le leadership pour sortir le capitalisme US de sa crise profonde, de sa tendance au déclin, en présentant au monde un visage de l’impérialisme américain infiniment plus avenant et moderne que celui de l’administration BUSH, mais tout aussi dangereux et prévaricateur. En effet, les hommes font l’histoire, mais à partir de positions de classe, et OBAMA a reçu mandat et directives du capital monopoliste, pour consolider et renforcer le régime d’exploitation du salariat.

Cependant, son électorat a aussi sanctionné la politique de BUSH avec ses guerres impérialistes contre l’Irak et l’Afghanistan, sa politique de la canonnière contre l’Iran, Cuba, la Corée populaire, le camp de concentration de Guantanamo, les violations des libertés fondamentales et du secret de la correspondance sous couvert de lutte contre le terrorisme. Une grande partie des travailleurs américains a rejeté le néolibéralisme de l’oligarchie financière, caractérisé entre autres par le transfert des revenus populaires dans la poche des capitalistes, dans la liquidation du système de santé et d’éducation aux conséquences dramatiques. Il s’agit donc, pour ces électeurs, de sanctionner des aspects du capitalisme, mais pas encore le système lui-même. OBAMA a engendré de grands espoirs qu’il ne pourra satisfaire, en raison du fait que les monopoles le soutiennent comme la corde soutient le pendu.

Sa victoire a éveillé à la vie politique des millions d’opprimés qui veulent l’égalité des droits, une politique de paix. Un vaste espace de luttes s’est ouvert en partie grâce et malgré OBAMA, ces forces qui ont fait preuve d’enthousiasme, de capacités de mobilisation, d’illusions aussi, ne se laisseront pas confisquer facilement la parole conquise. Nous allons vers une période d’aiguisement des luttes de classes dans la citadelle de l’impérialisme. Affrontement qui opposera la politique réelle d’OBAMA et des monopoles, anti-populaire et impérialiste, aux espoirs engendrés par sa victoire (il est déjà significatif que le premier choix du vainqueur, pour désigner son directeur de cabinet, soit de se porter sur un homme qui s’est engagé dans l’armée israélienne). Les victimes de la crise risquent de refuser désormais d’être ses payeurs ! Dans l’affrontement entre OBAMA et Mc CAIN, ce sont deux stratégies qui s’affrontent, et non deux politiques fondamentalement différentes. Mc CAIN représente une conception néo-conservatrice dans la continuation de la politique de guerre ouverte de BUSH. OBAMA est, quant à lui, partisan d’une stratégie néo-conservatrice dite de soft power consistant, si l’on devait condenser son principe en une phrase, à privilégier une conception impérialiste moins coûteuse, faite essentiellement de déstabilisations secrètes et de coups d’États manigancés par les services de renseignements. C’est là, semble-t-il, le choix du capitalisme américain pour les années à venir. Une telle tactique, portée par un tel candidat, présente plusieurs avantages, à l’heure où la politique terroriste planétaire des Américains suscite une haine de plus en plus virulente: en un mot, l’oligarchie blanche souhaite laisser les futures mesures anti-sociales imposées par la crise à un Noir, et donner une apparence moins violente à son impérialisme. Mais «sans destruction de l’impérialisme» (STALINE), sa base matérielle faite d’exploitation de classe, d’oppression nationale et de guerres engendrera la même politique, si les peuples-travailleurs ne prennent pas en main leurs destinées, refusant tout homme providentiel ! Un seul homme, si charismatique soit-il, ne peut produire un tel changement. Seul un puissant mouvement de classe en est capable. retour au sommaire


Forger la conscience de classe

Selon une conception prétendument socialiste, la lutte syndicale suffirait, l’organisation révolutionnaire - ou le parti - selon cette même idée, devrait s’en tenir aux revendications économiques des classes populaires. Le spontanéisme, ou «trade-unionisme», est une déviation qu’il convient de dénoncer.

Le trade-unionisme ou l’asservissement idéologique de la classe ouvrière

En effet, «l’histoire de tous les pays atteste que, par ses seules forces, la classe ouvrière ne peut arriver qu’à la conscience trade-unioniste, c'est-à-dire à la conviction qu’il faut s’unir en syndicat, mener la lutte contre le patronat, réclamer du gouvernement telles ou telles lois nécessaires aux ouvriers, etc.». De nombreuses organisations, se parant toutefois d’une phrase marxiste, nient la nécessité de la théorie et contredisent ainsi leur prétendu marxisme ; leur pratique reste arrimée aux luttes et mots d’ordre syndicaux, aux revendications spontanées amplifiées par les centrales syndicales. Mue par une sorte de fatalisme théorique, dont la devise pourrait être :

est désirable la lutte qui est possible ; est possible celle qui se livre au moment présent,

leur déviation se nomme économisme, et consiste en outre à borner la conscience de la classe ouvrière sur elle-même au lieu de l’élargir à toutes les manifestations de l’oppression. En un mot, l’économisme subordonne le tout à la partie, la lutte pour l’émancipation et le socialisme à la lutte pour les réformes présentes, semant ainsi des illusions sur celles-ci : il est l’asservissement idéologique de la classe ouvrière par la bourgeoisie.

La conscience obéit à un double mouvement : pratique spontanée de la classe ouvrière dans la lutte quotidienne, et solidarité et apport de la théorie marxiste par les militants marxistes-léninistes.

Le gauchisme, au service de la bourgeoisie

D’autres, tirant des conclusions tout aussi peu dialectiques, du haut de leur théorie ultra-révolutionnaire, et toujours très sûrs d’eux-mêmes, pensent pouvoir faire l’économie des revendications immédiates ou économiques. Une telle conception est, comme hier, erronée.

Possibles ou impossibles, les concessions, les revendications économiques et politiques immédiates, parfois arrachées au Capital, doivent être soutenues par les marxistes-léninistes. Même si l’impérialisme contemporain en crise ne pouvait rien concéder, il serait encore juste de maintenir cette tactique, en raison du principe énoncé par LÉNINE : les ouvriers doivent faire leur propre expérience.

Les marxistes-léninistes (ML), tout en soutenant les revendications immédiates, réaffirment sans cesse qu’elles ne suffisent pas, mais voient toutefois en elles l’embryon du processus révolutionnaire à venir.

Si les communistes s’en tenaient à la dénonciation du capitalisme comme tel et à la simple énonciation «de la nécessité immédiate de la révolution», comment les classes populaires feraient-elles le lien entre les manifestations quotidiennes de l’oppression et le capitalisme, qui en est la cause ? Elles ne le feraient pas, car le capitalisme leur apparaîtrait comme une cause hypothétique, lointaine et abstraite de leurs maux. Nous ne prétendons pas que les intentions des gauchistes sont mauvaises, mais nous disons qu’ils se sont un peu trop hâtés d’approfondir LÉNINE et STALINE avant de les comprendre….

Le marxisme-léninisme, seule idéologie révolutionnaire

Les communistes gagneront l’estime et la confiance des travailleurs en soutenant leurs revendications économiques, sans cependant cacher l’insuffisance de telles revendications, c'est-à-dire sans dissimuler leur projet révolutionnaire et sa nécessité. De même, pour acquérir une conscience politique de classe, parce qu’ils auront à terme à diriger les luttes et révolutions anti-capitalistes du XXIème siècle, il faut que les ouvriers révolutionnaires s’intéressent à tous les versants de la vie politique. Or l’acquisition d’une telle conscience est incompatible avec l’économisme, car celui-ci prétend que l’organisation révolutionnaire doit donner un caractère politique aux revendications sociales, c'est-à-dire simplement relayer les revendications d’ordre syndical. C’est là une politique bourgeoise de la classe ouvrière. Cependant, la position rigoureusement inverse des révolutionnaires de la phrase, qui consiste à mépriser le soutien aux revendications immédiates, relève d’un manque de lucidité rédhibitoire : les marxistes-léninistes doivent certes dévoiler le caractère transitoire des réformes démocratiques arrachées en régime capitaliste, mais il est absolument nécessairement de prendre acte de l’état de la conscience actuelle des travailleurs.

Comme LÉNINE le disait : «Tout ce qui a fait son temps pour nous, n’a pas fait son temps pour la classe ».

Or celle-ci ne saisira la nécessité de la révolution qu’en faisant sa propre expérience. retour au sommaire


NOUS VOULONS UNE SOCIETE SANS CRISE : LE SOCIALISME

Alors que tous les partis, de la droite aux trotskistes, dénigrent le socialisme en affirmant qu’il a échoué, l’URCF se référant au marxisme-léninisme, le présente comme la seule alternative au capitalisme criminel et inhumain. La génération qui le construira aura l’avantage de pouvoir se référer aux expériences de l’Union Soviétique et des démocraties populaires et d’avoir des conditions de départ plus faciles que l’ancienne Russie tsariste ou l’Europe centrale détruite par les hitlériens. Mais en attendant, le plus dur est à faire : la construction d’un Parti Communiste et la révolution.

Comme dans la Russie des Soviets, un des premiers décrets de la France socialiste sera probablement la proclamation de la paix aux autres peuples, des droits à l’autodétermination pour les territoires d’outre-mer. Les troupes seront rapatriées, les traités inégaux servant à piller et bâillonner les peuples du “Tiers-Monde” seront abolis, ainsi que la prétendue dette. Au plan intérieur, l’égalité des droits sera reconnue à tous les travailleurs, quelle que soit leur nationalité.

La nationalisation des banques, la collectivisation des grandes entreprises et leur passage sous la propriété de l’État socialiste permettront de rompre avec l’anarchie de la production capitaliste (où chaque entreprise produit pour augmenter ses profits et vendre moins cher que le concurrent) et de construire une économie planifiée. Il s’agira dans un premier temps d’assurer les besoins non satisfaits par le régime capitaliste : développement des transports collectifs, construction de logements à proximité des lieux de travail, reconstruction des services publics, réindustrialisation, et politique énergétique visant à assurer l’indépendance du pays. Les petites entreprises et exploitations agricoles seront intégrées progressivement, en fonction de l’état de conscience des producteurs, de leur expérience des avantages de l’économie socialiste, par le biais de coopératives ou d’associations. Les conditions matérielles engendrant l’exploitation de l’homme par l’homme seront supprimées. La banque fonctionnera dans l’intérêt des travailleurs, étant dirigée par eux (pas de bourses, pas d’usure, pas de spéculation). Elle servira en priorité à développer l’industrie qui sera à reconstruire après les ravages opérés par la bourgeoisie, l’agriculture coopérative, à soutenir la consommation, à construire des logements sociaux, ainsi qu’à loger les travailleurs dans les ex-quartiers bourgeois. Le surendettement, cette plaie du système capitaliste qui accable les familles et l’aide à se maintenir, n’aura plus lieu d’être.

La plus-value qui, en régime capitaliste est accaparée par la classe bourgeoise, sera socialisée, c’est-à-dire utilisée pour satisfaire les besoins du peuple (école, logement, santé, culture, défense nationale, sport...) et développer l’appareil productif. Les prix seront régulièrement révisés à la baisse, puisque le prix de la force de travail n’y sera plus intégré et que le profit aura disparu, alors que la productivité augmentera sans exploitation.

Sous le socialisme, il y aura harmonie (relative) entre le développement des forces productives et les rapports de production. Les entreprises seront gérées par les conseils de travailleurs selon une planification centrale permettant un développement harmonieux du pays. Le but de la production ne sera plus la compétitivité mais la satisfaction des besoins croissants de tous. La quantité se transformera en qualité.

Le socialisme offrira la véritable démocratie : le pouvoir y sera détenu par la classe ouvrière et l’ensemble des travailleurs. (dictature du prolétariat). Des formes inédites de démocratie directe seront mises en œuvre, car le pouvoir sera géré par les conseils de travailleurs, de bas en haut de la société.

Les droits démocratiques et syndicaux, seront enrichis par la participation des syndicats à la gestion du pays.

Les formes concrètes de lutte des classes détermineront les formes d’organisation du pouvoir politique, mais la classe ouvrière, exploitée sous le capitalisme, dirigera la société, parce qu’elle est porteuse jusqu’au bout de la construction du socialisme.

L’homme, libéré de l’exploitation, pourra donner libre cours à ses capacités physiques et intellectuelles. La formation par l’école socialiste sera polytechnique et permettra au travailleur de ne pas être rivé au même métier toute sa vie. Le travail ne sera plus considéré comme un “taf” ennuyeux et fatigant, obligatoire pour survivre mais comme une activité indispensable pour édifier une vie harmonieuse et résoudre les problèmes de l’humanité.

La France socialiste ne pourra pas manquer à son devoir internationaliste d’aider les autres peuples à lutter contre l’impérialisme et à édifier une société au service de l’homme. Les frontières seront ouvertes aux réfugiés, étudiants, médecins, travailleurs des pays dominés. Comme à Cuba, ils pourront étudier, se soigner gratuitement aux côtés des travailleurs de France. Après la victoire de la révolution dans plusieurs pays, une communauté socialiste pourra se constituer afin de faire front contre les puissances impérialistes et de mettre en commun les richesses et les savoirs.

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HOMMAGE À NOTRE CAMARADE Claude GAZÉ

Notre camarade nous a quittés des suites d’une longue maladie à l’âge de 79 ans. Voici l’hommage rendu lors des obsèques par le secrétaire général de l’URCF, J-L. SALLÉ au nom du Comité Central.

(…) Les camarades de luttes de Claude, très touchés de sa disparition, tiennent en accord avec sa fille et son épouse à lui rendre l’hommage mérité à hauteur de l’affection que nous lui portions, à hauteur de l’engagement communiste qui fut le sien jusqu’à son dernier souffle. Claude était d’une modestie rare, exemplaire et pourtant d’une érudition remarquable. C’était un camarade dépourvu de toute affectation ou pose. Claude était un homme d’idées, un intellectuel de la politique et même un théoricien. Son humanité profonde, son attention constante aux autres, était un autre trait marquant de sa personnalité. On peut vraiment dire que Claude était un homme rare, précieux. Claude apportait sa rigueur conceptuelle et sa profonde solidarité de classe à l’égard de tous ceux qui souffrent des injustices sociales engendrées par le système d’exploitation. Longtemps militant du PCF, Claude rompit pour mieux rester communiste. Claude n’était ni l’homme des reniements ni de l’abaissement de nos idéaux. Toute sa vie, il fut un fidèle défenseur de l’URSS dans laquelle il voyait le pays de la Révolution d’Octobre, le pays qui a contribué le plus à la victoire sur le fascisme, un défenseur de l’œuvre de LÉNINE et STALINE.

Esprit rigoureux, Claude ne pouvait manquer d’apporter une contribution éminente à la lutte idéologique. En matérialiste, il s’intéressait à l’histoire, à l’économie. Avec son inséparable ami et camarade Marcel COCHENNEC, trop tôt disparu, ils fondèrent une revue remarquable à caractère théorique dénonçant les mensonges et les impostures de l’anticommunisme, la revue «Que faire», journal de l’URCF.

Sa perte est grande pour nous, s’ajoutant aux pertes - les plus récentes - de camarades comme Roger ZALMA, Jacqueline CHOMAT, Alain MONTCHATRE. Nous vous présentons nos condoléances attristées et voulons dédier à chacun, ces vers de Victor HUGO qui traduisent l’avenir pour lequel lutta toute sa vie notre camarade Claude :

Tout l’univers n’est plus qu’une famille unie

Le saint labeur de tous se fond en harmonie

Toute l’humanité dans sa splendide Ampleur

Sent le don que lui fait le moindre travailleur

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Cuba plus démocratique que la «démocratie américaine»

Cuba, contrée du Tiers-Monde, surpasse les États-Unis dans tous les domaines couvrant les besoins populaires. Ainsi, l’île de la santé, selon une expression de la télévision péruvienne, est un modèle pour les pays en voie de développement pour les soins octroyés aux mères et aux enfants.

(Mme Lea GUIDO, représentante de l’Organisation mondiale de la santé à Cuba) : le taux de mortalité infantile a atteint le chiffre record de 5,8 pour mille en 2004 à Cuba (seul le Canada dispose d'un taux de mortalité infantile inférieur à celui de Cuba sur le continent américain). Quant à l’alphabétisation, le gouvernement révolutionnaire, ayant depuis longtemps éradiqué l’illettrisme dans l’île, se soucie aujourd’hui de l’Amérique latine en y envoyant des brigades d’alphabétisation ; en Equateur, par exemple. Enfin, la sécurité sociale est universelle à Cuba, où l’essentiel de l’économie est géré par l’État démocratique. retour au sommaire


ÉCHOS DES LUTTES DANS LES FÉDÉRATIONS

Fédé du Val d’Oise

Le comité départemental du 95 de l’URCF s’est rendu le 20 octobre à une réunion de création du Comité départemental contre la privatisation de la Poste. C’est le syndicat CGT des postiers 95 qui nous avait invités suite aux grèves de postiers et aux actions que nous avions soutenues et auxquelles nous avions aussi participé. Participaient à cette réunion les syndicats SUD et FO des P et T ainsi que l’UD CGT, le PCF, ATTAC, la LCR, le NPA, le PCOF, les VERTS, le PS, Que Choisir et des élus PCF, conseillers régionaux et municipaux. Le texte du Comité National contre la privatisation de la Poste a servi de plate-forme pour lancer les premières actions de pétitions. Parmi les revendications du Comité National, il existe une demande de référendum ; nous sommes intervenus pour expliquer nos réserves parce que la principale forme de lutte reste l’action. Nous avons été suivis par une grande partie de l’assistance mais nous n’en avons pas fait un préalable pour adhérer au comité. Nous avons proposé des formes d’action dans le département en direction des communes et des usagers qui vont voir leur bureau de poste supprimé ou réduit !

Une manifestation départementale est prévue pour le 13 décembre 2008.

Fédé du Rhône

Les camarades du Rhône de l’URCF ont participé en septembre au rassemblement organisé place des Terreaux à Lyon, contre la guerre en Afghanistan avec le tract national largement diffusé : AFGHANISTAN : NON A LA SALE GUERRE ! RETRAIT DU CORPS EXPEDITIONNAIRE FRANÇAIS !

Repris longuement au mégaphone. Nous étions également toujours présents aux diverses manifestations de septembre et d’octobre pour la défense des services publics

Fédé du Nord

La Braderie de Lille est une manifestation propice à l'activité politique. Une famille, que nous remercions, nous a fait une place à côté d'elle. La Fédération du Nord, renforcée par deux camarades de Paris, a diffusé des brochures de l’URCF et un tract dénonçant la politique anti-populaire de SARKOZY. Plus de 500 tracts furent distribués. Lors de la diffusion, nous avons pu échanger avec de nombreuses personnes sur les problèmes relatifs aux conditions de vie et de travail des milieux populaires, ainsi que sur la perspective révolutionnaire.

Globalement, cette seconde participation (la première a eu lieu en 2004) à la Braderie est une initiative qu'il faut renouveler avec plus de camarades et de moyens.

Le mardi 4 octobre, nous avons soutenu, au Tribunal civil de Lille, nos camarades du CGT-E de Dalkia. Nous n'étions pas seuls : la Coordination communiste 59/62 et l’UL CGT de Douai étaient aussi présentes. Les camarades de Dalkia sont mieux à même que nous d'expliquer le fond et la forme de l'affaire. Il faut féliciter la plaidoirie de l'avocat de la défense. Sa plaidoirie incisive a été une leçon de défense du syndicalisme de lutte de classes. Il ne s'est pas contenté d'une défense juridique, il a élargi sa plaidoirie aux manœuvres de la direction de Dalkia, qui s'est entourée de syndicalistes «maison» pour casser le syndicat CGT-E. En effet, il faut croire que le prestige moral de la CGT, le syndicat qui a marqué de son empreinte indélébile toutes les grandes conquêtes sociales du 20ème siècle, n'est plus ce qu'il était. La Confédération n'a rien dit, rien fait, pour empêcher la collusion entre la section CGT de Dalkia et la direction de l'entreprise. Ce fait grave est la parfaite illustration des errements idéologiques du «syndicalisme rassemblé» cher à la ligne confédérale de la CGT actuelle.

Cette ligne, qui prétend concilier les intérêts des travailleurs avec ceux des patrons, est plus préoccupée de la santé du portefeuille du syndicat que de la défense intransigeante des intérêts de la classe ouvrière.

Fête de l’Huma

L’URCF était présente à la fête de l’Huma les 12, 13 et 14 septembre, temps fort du militantisme car occasion de nouer des contacts politiques avec la classe ouvrière et d’échanger sur notre ligne. À côté du traditionnel Mojito révolutionnaire et du bar de rafraîchissements/sandwichs, notre table de lecture présentait, outre des classiques marxistes-léninistes et livres d’EPO, de nouvelles brochures URCF telles que : PAS DE RÉVOLUTION SANS PARTI RÉVOLUTIONNAIRE ! et celle éditée par la Commission Ouvrière et d’Entreprises de l’URCF : ORGANISATIONS ET LUTTES OUVRIÈRES EN FRANCE – «Comment construire un parti ouvrier, communiste, révolutionnaire ?» (brochures disponibles que vous pouvez commander à notre boîte postale). Une exposition sur les dégâts de la politique de SARKOZY décorait notre stand ainsi que des T-shirts et badges. Le présentoir dans l’allée centrale a connu son succès habituel où tous les numéros de notre journal «Intervention Communiste» comme PROPA ont été pris et lus avec intérêt. L’IC «4 pages» spécial fête de l’Huma dénonçant les mauvais coups de SARKOZY a été distribué massivement et quelques centaines d’IC 88 «Guerre, bas salaires, précarité, autoritarisme …» IL FAUT EN FINIR AVEC LE CAPITALISME ont été vendus. Le samedi après-midi, un soutien aux Sans-papiers en lutte, avec échange verbal a eu lieu. Les camarades des diverses fédérations qui ont participé aux tâches militantes du stand sont repartis satisfaits du travail politique accompli qui fait avancer nos idées de révolutionnaires–communistes pour fonder le Parti dont le pays a tant besoin.

Fédé d’Ile et Vilaine.

Le 19 octobre à Châteaubriant, une délégation rassemblant une trentaine de camarades communistes et conduite par notre secrétaire fédéral URCF participait à la commémoration. Malgré le blocage des drapeaux rouges à l’entrée de la clairière, ils ont rendu hommage aux fusillés, en s’inclinant devant chacune des 27 stèles. Le soir a eu lieu une réunion de la Fédération au cours de laquelle les militants, après discussion politique sur la ligne de l’URCF, ont conclu être en parfait accord avec les positions nationales. Les tracts distribués dans les diverses manifestations (fonction publique, école, retraites etc.) sont très bien accueillis et même parfois relayés par d’autres manifestants. Les militants de la Fédé 35 ont décidé dorénavant de ne plus manifester par corporation mais de se regrouper en un seul cortège derrière le drapeau URCF.


Nous portons à la connaissance de nos lecteurs ce poème de notre camarade et ami Jean SANITAS qui exprime ici son rêve militant d’une Palestine unie contre les forces de l’impérialisme.

PALESTINE Unie

Palestine
Terre
D’histoire
Entre
Occident et Orient
Mer morte et Jourdain.
Le Coran
La Bible
Le Manifeste.
Trinité inventée
Pour
Unir dans l’action
Des hommes et des femmes
Epris
De justice et de liberté
Prisonniers
Dans Les déserts, les oliveraies, les champs, les pâtures
Les
Villages et les villes
D’une
Palestine transformée en prison
Des
Hommes et des femmes
Libres
Pourtant
Dans les déserts, les oliveraies, les champs, les pâtures
Les
Villages et les villes
De
Palestine.
Libres
Sous les chaînes et derrières les barreaux des geôles
Libres
Jusqu’à la mort.
Don
Fait
A la liberté
Par
Des hommes et des femmes libres.

Palestine
Terre
D’histoire
Entre prophètes et bergers
Révolutionnaires et prolétaires
Croisée
Des
Religions
Et
Des idées émancipatrices
Combats
Pour
Survivre
Guerre
Pour
L’indépendance.
Allah
Jéhovah
Marx
Trilogie repensée
Pour
Que ces hommes et ces femmes
Triomphants
Vivent
Libres
Dans les déserts, les oliveraies, les champs, les pâtures
les
Villages et les villes
Au Sein d’une Palestine libre.


 Un nouveau livre d’Annie Lacroix-Riz :

De Munich à Vichy

Avec «De Munich à Vichy», publié chez Armand Colin, Annie Lacroix- Riz poursuit son étude systématique de la position de l’impérialisme français, et des relations internationales, de la montée du fascisme à l’Occupation. Nous avons affaire à un travail d’une grande rigueur, fondé sur les archives et leur confrontation avec une bibliographie étendue qui force l’admiration.

Ce livre pulvérise les évidences sur lesquelles repose l’histoire officielle : «Munich une erreur, tragique certes, mais tout le monde peut se tromper» ; BLUM, «un honnête homme et un humaniste» ; JOUHAUX, «un syndicaliste qui a fait ce qu’il a pu»; «l’armée n’était pas prête (à quoi ?)»; la défaite, «un choc imprévisible »; les Français, – le peuple – «n’avaient pas le cœur à se battre», les capitalistes, «voulaient sauver les meubles »... Par contre, les communistes, leur Internationale, l’URSS et STALINE, eux, étaient les premiers responsables !

Or, la révélation, tirée des archives européennes, est éblouissante : fondamentalement les impérialismes franco-britanniques, l’oligarchie financière française, ses hommes de main (social-démocratie comprise) ne voulaient pas s’opposer à HITLER et à MUSSOLINI, mais composer avec eux (Munich l’illustre) pour les utiliser contre le premier État socialiste, l’URSS. Les preuves s’accumulent au fil des pages : il s’agissait pour les monopoles et l’oligarchie financière, avec la participation directe des individus la composant, de profiter de la tension internationale, avant de profiter de l’état de guerre proprement dit, pour éradiquer le mouvement ouvrier révolutionnaire, le Parti Communiste et le syndicalisme de lutte de classe. Mais aussi le mouvement ouvrier réformiste, après que l’on se fut servi – comme en Allemagne – de sa complaisance et de sa complicité, ainsi que tout l’héritage démocratique républicain depuis 1789.

De Munich à Vichy démontre sans détour ce qu’est la politique pour la bourgeoisie, à savoir l’organisation de la guerre civile entre le Capital et le Travail, pour reprendre la formule de MARX. Guerre civile larvée, la plupart du temps, avec des formes d’organisations secrètes, et guerre civile ouverte, quand les contradictions s’aiguisent et que la grande bourgeoisie se sent menacée. Ce livre révèle l’histoire d’un complot, étayée par des faits corroborés par des sources qui se recoupent toutes, et qui témoignent du caractère concerté de la catastrophe programmée que furent la défaite, la capitulation, la dictature fasciste de PÉTAIN-LAVAL- DARLAN-WEYGAND et l’occupation.

Ce livre, comme les précédents, invite à la réflexion sur plusieurs éléments. On trouvera sur notre site Internet (http://www.URCF.net) un développement simplement résumé ici.

L’ouvrage démontre de plus les réformes structurelles recherchées par l’oligarchie à cette époque, préparant le terrain de la Constitution gaullienne de 1958, et l’apparition d’une caste de technocrates renforcée par la création de l’ENA en 1945.

L’auteur se penche tout particulièrement sur un aspect de la période : la répression anti-communiste. On a surnommé la période allant de septembre 1939 à mai 1940, «drôle de guerre». Elle est tout sauf «drôle», cette guerre.

C’est la guerre civile, la guerre de classe, il n’y a qu’un ennemi et un seul : les communistes ; et un front anticommuniste allant des fascistes aux dirigeants de la SFIO, sans oublier l’Eglise catholique. Cette guerre remonte à novembre 1938 avec l’échec de la grève générale contre DALADIER, échec organisé par la direction de la CGT, JOUHAUX comme BELIN. Quelle leçon de voir ces dirigeants syndicaux organisant la défaite des travailleurs en leur faisant croire qu’ils sont à leurs côtés ! Ce sabotage avait pour but de livrer les communistes à la répression. Les mesures prises sous le couvert de la menace de guerre ne visaient que les communistes. Et, après que le gouvernement a saboté les négociations avec l’URSS, quand le pacte germano-soviétique de non-agression est signé, plus rien ne les arrête. Au point que les documents d’archives témoignent que de LAVAL à BLUM en passant par FLANDIN, DALADIER, REYNAUD, ils sont tous «pacifistes» quand il s’agit des nazis et férocement bellicistes quand il s’agit d’attaquer le PCF et l’URSS.

Le 10 juillet 1940, l’oligarchie financière, les forces réactionnaires les plus sombres peuvent être satisfaites. Elles en ont fini avec la Gueuse (la République) et le Parti communiste ! Le réveil va être brutal. Elles avaient oublié les peuples !

«Heureusement», il y aura les États-Unis, et on prendra quasiment les mêmes pour recommencer dans un contexte plus difficile. Il faudra attendre des jours meilleurs, quand GORBATCHEV fera triompher la contre-révolution ! Et que Denis KESSLER pourra annoncer la fin de l’ère ouverte en 1945.

C’est une autre histoire, mais il semble qu’ils oublient encore les peuples. Grâce au livre d’Annie, nous, par contre, nous pouvons être optimistes : la fin de l’Histoire, ce n’est pas pour demain. retour au sommaire


 3e CONGRÈS DE L’URCF - SOUSCRIPTION NATIONALE

 

L’URCF appelle tous ses militants et sympathisants à verser à la souscription ouverte pour son troisième Congrès, afin de lui donner les moyens financiers d’intensifier son action au sein de la classe ouvrière, de diffuser plus massivement Intervention Communiste, et de créer des cellules nouvelles. 
Les versements sont à envoyer à l’adresse suivante :

Les amis d’Oulianov, BP 40084, 75862 Paris CEDEX 18.

(Chèque au nom des Amis d’Oulianov).

 

 
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