IC 93 juillet Août 2009

Sommaire:

Édito: Non à l'Europe capitaliste : Pour un front anticapitaliste
Le capital continue de nous faire payer sa crise...
Les luttes continuent malgrle silence médiatique
Les 10 Dirigeants monopolistles mieux payés
L'héritage de l' Internationale Communiste.Le 4ème Congrès de l'I.C.
L'AFGHANISTAN OBAMA: L'agression impérialiste continue
Poursuivre et amplifier le combat contre l'UE  capitaliste jusqu'à la rupture : le bilan des européennes.
Fonctionnaires, syndicalistes, jeunes en lutte : Dans l'oeil du cyclone répressif

Édito : NON À L’EUROPE POUR UN FRONT ANTICAPITALISTE

Le capitalisme traverse une crise sans précédent qui affecte son économie et ses formes de domination. La démocratie bourgeoise fait la preuve de sa difficulté croissante à obtenir le consensus nécessaire pour la pérennité du système. De fait, l’élection européenne a manqué le but que s’était assigné la bourgeoisie monopoliste de France : faire avaliser par le peuple la politique anti-sociale des monopoles mise en œuvre par le pouvoir. La classe ouvrière, qui s’est abstenue à 70%, à laquelle s’ajoutent les travailleurs immigrés privés du droit de vote, continue à porter la résistance à la construction de l’Europe impérialiste, dans le prolongement du NON victorieux au Traité constitutionnel. Les luttes contre les licenciements, les restructurations, la casse du service public, se multiplient, malgré le refus des directions syndicales d’organiser une riposte massive, commune, continue. La jeunesse se mobilise également contre la privatisation de l’enseignement, la répression, la précarité.

Le rejet de la politique néo-libérale se traduit aussi par le faible score des partis traditionnels : celui du parti au gouvernement avoisine 11% des électeurs inscrits, ce qui reflète un profond rejet du pouvoir sarkozyste. Le PS trompe également de moins en moins la population qui voit peu de différence entre sa politique et celle de SARKOZY : privatisations, déréglementation des droits du travail, militarisme... Il en est de même des listes social-réformistes (NPA, PCF, Parti de Gauche), qui proposaient de réorienter la politique de l’UE en masquant la dictature des monopoles et l’essence impérialiste et anti-populaire de ce cartel. Leur référence au NON n’a pas trompé les travailleurs qui n’attendent pas une amélioration de leur situation d’un “changement d’Europe”, mais d’une convergence des luttes visant à refuser de payer la crise du capitalisme.

Le score de la liste se présentant comme écologiste, pourtant totalement acquise à la construction européenne et au néo-libéralisme, ne s’explique pas seulement par l’image faussement contestataire de COHN-BENDIT ou par la diffusion d’un film catastrophiste à la télévision juste avant le scrutin. L’écologie est utilisée par le Capital pour justifier les régressions sociales, les hausses de prix, les transferts des revenus du travail vers le Capital au moyen de mesures présentées comme contribuant à “sauver la planète”... Les aspirations légitimes à léguer aux générations futures une terre habitable sont dévoyées par le capitalisme dont le seul objectif est de réaliser un maximum de profits. De plus, il s’enrichit en faisant payer les conséquences de ces détériorations par ceux qu’il exploite : éco-taxes, privatisation de l’eau entraînant la hausse des factures, taxes communales sur les déchets...

Tant qu’existent la propriété privée des moyens de production et la guerre économique des monopoles, il ne peut être question de “développement durable” ni de préservation de la nature, ni d’amélioration du cadre de vie, qui n’est possible que sous le socialisme.

La crise du mode de production capitaliste aiguise la lutte de classe qui entraîne des couches de plus en plus vastes de la population : travailleurs, chômeurs, agriculteurs, étudiants, lycéens... Cependant, les luttes restent défensives, dispersées, le rapport de forces étant toujours en faveur de la bourgeoisie. Les relais syndicaux du Capital, s’ils ont réussi à isoler des luttes qui auraient pu aboutir à empêcher des fermetures d’usines, se trouvent de plus en plus contestés par la base. Pour créer le rapport de forces à l’échelle du pays, les collectifs de grèves doivent échanger, se rencontrer, coordonner leur solidarité, et construire une plateforme revendicative nationale, en toute indépendance, avec l’objectif central de faire payer la crise au Capital et ainsi de satisfaire leurs revendications.

La faiblesse de l’adhésion des masses aux politiques mises en œuvre et l’absence d’alternative, c'est-à-dire l’absence d’un Parti communiste, favorisent le renforcement du pouvoir présidentiel, une fascisation accrue de l’État et une recomposition politique, avec l’écologie comme élément bipolaire. On ressort même le «pacte unitaire pour le progrès» de HUE, tandis que MÉLENCHON en appelle au ralliement de ses partenaires de liste. Or, ce qui est nécessaire aux travailleurs, ce n’est pas l’humanisation impossible du capitalisme, c’est la rupture avec le réformisme et avec l’Union Européenne. Sur la base de revendications de hausses des salaires, de nationalisations des monopoles qui licencient, d’interdiction des licenciements et des fermetures d’entreprises, de baisse des loyers, il est possible de créer un front anticapitaliste et de transformer le rapport des forces. Alors que les masses font de moins en moins confiance à ceux qui les dirigent, il est temps que les organisations communistes agissent ensemble afin de faire grandir l’alternative révolutionnaire et de poser les bases de la création du Parti.
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LE CAPITAL CONTINUE DE NOUS FAIRE PAYER SA CRISE...

L’offensive du Capital se poursuit malgré la combativité et la colère des grévistes ; les directions syndicales d’aménagement ont réussi à empêcher la grève générale… pour la plus grande satisfaction des patrons et du pouvoir. «Heureusement que la CGT n’est plus celle de 68», disait FILLON.

Attaques contre les salaires et l’emploi

Depuis 1978, le pouvoir d’achat des couches populaires a baissé de 20 à 30%. Avec SARKOZY, l’allongement du temps de travail, de durée de carrière, et le travail le dimanche se traduisent par l’extraction de plus-value absolue qui paupérise totalement les ouvriers et employés. Les fermetures d’usine, les licenciements massifs nous conduisent vers le million de chômeurs supplémentaires. Les conséquences touchent l’ensemble du monde du travail, avec le renforcement de l’exclusion et de la misère. Déjà 8 millions de travailleurs vivent en dessous du seuil de pauvreté, bien d’autres privés d’emploi vont les rejoindre. Le chômage accentue la concurrence entre salariés pour la vente de la force de travail, et tire les salaires vers le bas et la précarité. Les inégalités sociales s’aggravent (voir tableau) avec les cadeaux fiscaux aux richards et les «aides» au Capital. La politique de la réaction sarkozyste est de transférer toujours plus les revenus du travail dans les poches de l’oligarchie financière. La surexploitation devient la règle des capitalistes qui, pour assurer leur profit maximal, n’hésitent pas à préconiser la baisse du salaire nominal comme à British Airways.

SARKOZY/MEDEF : l’ivresse de la revanche antisociale

Présenté mensongèrement, par les médias à la botte, comme «renforcé par sa victoire électorale aux élections européennes» (11% des inscrits !), le pouvoir accentue sa stratégie consistant à faire payer la crise du capitalisme par ses victimes. La dette colossale de l’État bourgeois (1 500 milliards d’euros) a été largement provoquée par les aides publiques aux monopoles soi-disant «pour sauver les emplois et les investissements». Or cette dette indéniable devient l’alibi pour justifier les suppressions drastiques d’emplois publics : 34 000 postes dont 16 000 pour la seule Éducation nationale, alors que les dépenses parasitaires en faveur du Capital augmentent. École, transports, santé publique, logement, recherche, sont des secteurs sinistrés où les besoins vitaux sont toujours moins assurés.

SARKOZY annonce un nouvel emprunt d’État de 80 à 100 milliards pour les entreprises du numérique, de la recherche, des nano-technologies. Ces mesures vont en réalité accroître le déficit de l’État, puisque l’argent dégagé par l’emprunt alimentera les caisses du Capital, comme cela s’est fait en début d’année (Areva, Renault, PSA, Airbus) au détriment des salaires et de l’emploi. Les parlementaires de l’UMP avancent de nouvelles propositions d’austérité renforcée : hausse du taux de cotisation/chômage des fonctionnaires ; fiscalisation des indemnités relatives aux accidents du travail ; refonte du système d’aides sociales. Toutes ces mesures visent à ponctionner les couches populaires doublement, par la limitation de la satisfaction des besoins, et en leur faisant payer les conséquences des suppressions de postes. L’emprunt GISCARD coûta 80 milliards de francs de paiement des intérêts, soit 10 fois le montant emprunté ! C’est un dispositif de l’État capitaliste qui vole l’argent des travailleurs pour alimenter la masse des capitaux et ainsi trouver les fonds que l’on placera sur les actions boursières. C’est précisément cela le pourrissement du capitalisme au stade impérialiste. La politique de SARKOZY n’a pu s’imposer que par l’entreprise de division et de soutien camouflé au pouvoir, menée par les bureaucraties collaboratrices de classe. L’enjeu de classe immédiat est bien le combat multiforme, local, régional, national, pour que se fédèrent les mécontentements et les résistances, afin que la crise soit payée par ses fauteurs, les capitalistes. Les paroles de Benoît FRACHON, dirigeant historique de la CGT, contre les syndicalistes complices du pouvoir et du patronat, gardent leur actualité :

«L’arrogance patronale ne peut-être vaincue par des courbettes ou des manœuvres subalternes. Contre une attitude aussi insolente, seule l’unité pour une action déterminée est efficace. Cette unité, les travailleurs la veulent… En définitive, elle se fera malgré tout, et ceux qui auront essayé de l’entraver seront balayés par le courant des masses.»

NON, LES TRAVAILLEURS NE PAIERONT LEUR CRISE!


LES LUTTES CONTINUENT MALGRÉ LE SILENCE MÉDIATIQUE

Ces trois derniers mois encore, les ouvriers ont lutté dans des centaines d’entreprises, luttes que les directions syndicales ont refusé d’unifier. Retrouvez sur notre site www.urcf.net l’analyse communiste mensuelle des luttes d’entreprises.

Goodyear (Pneumatiques, Amiens)

Mardi 2 juin, 400 à 500 ouvriers grévistes de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord bloquaient leur établissement, pour protester contre le licenciement de 820 des 1 400 employés du site. Réunis devant leur usine, les salariés de Goodyear ont enflammé des palettes et des pneus. 1 500 salariés Goodyear Dunlop d'Amiens-Nord et Continental de Clairoix (Oise) ont manifesté ensemble pour dénoncer la prochaine fermeture de leurs usines. "Nous avons beaucoup de leçons à tirer du combat de 2 mois et demi des salariés de Continental", a estimé le secrétaire CGT (majoritaire) du site, évoquant un "exemple à suivre", et ajoutant que la priorité des salariés de Goodyear était d’abord de sauver leurs emplois. La direction du groupe, qui emploie 3 500 personnes en France, a notamment mis en avant le refus de la CGT, syndicat majoritaire, d'accepter en juillet 2008 une nouvelle organisation du travail en "4x8" ! Les manifestants ont forcé les grilles de l'usine voisine Goodyear Dunlop d'Amiens-Sud et brièvement envahi les ateliers avant de reprendre leur marche vers le centre-ville d'Amiens. Les salariés de l'usine d'Amiens-Sud avaient majoritairement accepté la nouvelle organisation du travail. "Les 4x8, comme les 40 heures (signées en 2007 chez Continental), c'est de la poudre aux yeux", ont fustigé les travailleurs en lutte. "Aujourd'hui, j'ai la haine envers la direction, la haine pour les licenciements qu'il va y avoir", a déclaré un opérateur de 36 ans. En plus de leur soutien, les véritables communistes apporteront à ces ouvriers la conscience anticapitaliste, par la démonstration que la propriété privée (patrons, actionnaires…) des moyens de production est la source de tous les maux dont souffrent les prolétaires.


STMicroelectronics (Semi-conducteurs, Bouches-du-Rhône)

Les salariés de STMicroelectronics, à Rousset (Bouches-du-Rhône), sont en grève depuis le 27 mai pour réclamer notamment des hausses de salaires. La dernière partie de la chaîne de fabrication des cartes à puces est bloquée et plus aucune pièce ne sort. Depuis le début de l'année, "un mois de chômage et des congés payés ont été posés autoritairement" ainsi qu'un "gel des augmentations de salaires pour 2009 et l'arrêt des contrats CDD et intérimaires", a détaillé la CGT dans un tract.

À l’opposé, les actionnaires vont se partager pas moins de 120 millions de dollars et les 23 plus hauts dirigeants (...) plus de 40 millions d'euros de salaire annuel. Une illustration de l’aberration qu’est le capitalisme : de l’entreprise à l’État, quelques-uns s’approprient les richesses créées par tous les travailleurs comme c’est la loi sous le capitalisme ! Deux mondes, deux classes : salaires contre profits !

"Nous sommes donc en grève pour exiger une augmentation de salaires, une prime exceptionnelle pour compenser les pertes de salaires dues au chômage, la réattribution des congés imposés en début d'année, la garantie du paiement à 100% des jours de chômage et la reprise des investissements dans l'entreprise", demande la CGT.

Le fabricant de semi-conducteurs dont l’État est actionnaire, compte environ 10 000 salariés en France et 50 000 salariés dans le monde, et va supprimer 4 500 emplois dans le monde en 2009. La France est touchée par "des départs volontaires".

Notre intérêt de classe : pas une seule suppression d’emploi !

Tapons dans les coffres des banques, de l’État et des multinationales !

 

Michelin (Pneumatiques)

En mai déjà, des ouvriers de Michelin ont manifesté pour des hausses de salaire, une meilleure indemnisation du chômage partiel, et pour alerter des risques sur l'emploi, à Clermont-Ferrand devant l'assemblée générale des actionnaires. Repoussant les barrières, des manifestants, à l'appel des syndicats CGT et SUD, ont pénétré brièvement dans le hall du Polydôme où se réunissait l'Assemblée générale, avant d'être évacués par les forces de l'ordre, qui ont ensuite fait barrage devant l'entrée du bâtiment. Les manifestants scandaient :

"Du pognon pour nos salaires, pas pour les actionnaires !" ou "Emplois, salaires, prenons sur les profits des actionnaires !". "Ce n'est pas aux salariés de payer une crise dont ils ne sont pas responsables", a dit le délégué national de SUD.

Le groupe monopoliste Michelin met les salariés au chômage partiel et revoit à la baisse les salaires alors que le groupe se porte bien avec 3 milliards d'euros de bénéfices en 5 ans.

La direction répond dans un premier temps que les réductions d'activité en France n'ont "pratiquement pas eu d'impact sur les revenus des salariés" au premier trimestre, avec notamment la mise en œuvre de deux semaines de formation. Une analyse de classe montre que ces propos sont mensongers. La formation des ouvriers est toujours payée majoritairement par les finances de l’État capitaliste qui ponctionne l’impôt sur le peuple-travailleur. Ce sont donc tous les travailleurs qui payent ! C’est la même musique pour le chômage partiel !

Le chômage partiel n’a aucune raison d’exister au regard des profits que les entreprises engrangent hier, aujourd’hui ou demain. Souvent, en préalable, le choix des congés ou RTT non utilisés sont imposés par le patron. Enfin le chômage partiel est financé avec les fonds publics des Assedic (assurance chômage), c’est-à-dire payé avec les cotisations prélevées sur tous les travailleurs : 170 milliards octroyés par les Assedic pour payer le chômage partiel en 2008. Seulement 1% des dividendes versés suffirait à maintenir l’activité de cette fin d’année. Cette escroquerie organisée par la bourgeoisie consiste à gagner en productivité, en «flexibilisant» l’outil de travail, en prenant les congés, les RTT, les récupérations des salariés, en ayant recours au chômage partiel, pour que demain, l’outil de production tourne à plein régime, quitte à allonger le temps de travail du salariat pour créer plus de profits et remplir leurs coffres-forts. Les jours non travaillés doivent être payés intégralement par l’entreprise. Elle est seule responsable de cette situation, le patronat doit payer ! C’est finalement en juin, quelques jours après l’avoir nié, que la direction de Michelin annonce sa charrette de licenciements et de suppressions d’emplois : «un plan de réorganisation» prévoyant 1 093 suppressions de postes dès 2010 et la fermeture d'une usine près de Lille. Les salariés de trois sites sont concernés par ces suppressions de postes : Tours (340 postes sur 1 300), Montceau-les-Mines (477 postes sur 1 400) et Noyelles-les-Seclin (Nord, 276 postes), près de Lille, que Michelin veut fermer. Chaque fois qu'il y a eu des plans sociaux chez Michelin, il y a toujours eu des licenciements à la clé. Pour empêcher ces suppressions d’emplois et les licenciements, les ouvriers de Michelin devront organiser la lutte de toutes les usines du groupe, par la grève en bloquant les profits et en gagnant la solidarité de toute la population dans des comités locaux et nationaux.

L’URCF lutte pour la nationalisation sans indemnités de ces monopoles rapaces.

Dans le secteur de l’automobile, sinistré par les choix patronaux, l’URCF avance la revendication démocratique de création d’un vaste pôle de service public par la nationalisation sans indemnités des grands groupes automobiles et de leurs sous-traitants, afin de satisfaire les besoins, et d’assurer les emplois.



LES 10 DIRIGEANTS MONOPOLISTES LES MIEUX PAYÉS (Source: Assemblée Nationale)

 MONOPOLE /DIRIGEANT

 RÉMUNÉRATION 2008 en millions €
sans les stocks-options

 POURCENTAGE
par rapport à 2007

 DANONE/Franck RIBOUT

4,279

 - 7%

 LVMH/Bernard ARNAULT

3,879

 - 3,06%

 L'ORÉAL/Jean-Paul AGON

3,465

 - 13,38%

 GDF-SUEZ/Gérard MESTRALLET

3,168

 + 15,33%

 ARCELOR-MITTAL/Lekshmi MITTAL

3,160

 - 1,57%

 TOTAL/Chr. de MARGERIE

2,802

 + 4,28%

 VIVENDI/Jean-Bernard LÉVY

2,568

 + 2,31%

 ALSTOM/Patrick KRON

2,535

 + 2,84%

 AIR LIQUIDE/Benoît POTIER

2,512

   + 2,61%

 MICHELIN/Michel ROLLIER

2,478

  - 53,61%

 

 

 

 

 

 



L'HÉRITAGE DE L'INTERNATIONALE COMMUNISTE.

LE 4ème CONGRÈS DE L’INTERNATIONALE COMMUNISTE

Le Front unique des travailleurs : tactique révolutionnaire des communistes


Cette tactique va prendre sa source dans la nécessité pour les ouvriers et les travailleurs de s’unir dans la lutte quotidienne contre le capitalisme et ses conséquences.

Rappelons que le système d’exploitation parvenu au stade impérialiste organise la scission objective du mouvement ouvrier entre sa tendance révolutionnaire et l’aile réformiste acquise à la défense du capitalisme moyennant son aménagement «social».

Dans de nombreux pays occidentaux, même après la Révolution d’octobre 1917 et la fondation des partis communistes, la social-démocratie, grâce aux syndicats, gardait son hégémonie politique sur la classe ouvrière.

Les partis sociaux-réformistes, après avoir trahi en 1914, avaient joué un rôle contre-révolutionnaire d’auxiliaire du Capital monopoliste pour briser les soulèvements révolutionnaires de Hongrie, d’Italie et d’Allemagne. La tactique de Front unique relève d’une problématique complexe qui nécessitait, de la part des jeunes Partis communistes, la compréhension théorique et pratique de bien différencier la base social-démocrate ouvrière et populaire qui n’avait rien à gagner de la politique de soutien social au Capital, de ses chefs corrompus et traîtres, enrichis par les dividendes du pillage impérialiste, octroyés par les monopoles.

L’Internationale léniniste devait trouver la voie pour gagner la majorité de la classe ouvrière en laminant l’influence social-démocrate et cléricale.

Le 4è Congrès de l’Internationale allait élaborer cette tactique qui prenait appui sur les premiers succès du mot d’ordre «Allez aux masses» et surtout sur les «21 conditions», base intangible de démarcation avec les réformistes et les centristes.

La tactique du Front unique s’adressait à la base (et parfois au sommet) des partis sociaux-démocrates, pour des actions communes de masse contre la vie chère, le danger de guerre, pour les droits démocratiques et les revendications ouvrières.

Ainsi, malgré le refus ou l’ignorance des bureaucrates réformistes, des actions communes virent le jour, rapprochant la base social-démocrate des partis communistes, auréolés de leur combat révolutionnaire quotidien contre l’exploitation capitaliste.

La mise en œuvre de cette tactique nécessita une double lutte : contre les tendances droitières dans les partis communistes, qui voyaient le Front unique comme une entente électorale au sommet ; mais aussi contre les tendances sectaires de «gauche» qui prônaient un «parti pur», mais manifestaient du dédain pour les masses et une ignorance crasse des conditions d’avènement de la révolution socialiste qui n’a rien à voir avec le du putsch d’une «minorité éclairée».

La révolution dans les États impérialistes nécessite de rallier la majorité du prolétariat organisé et de forger les alliances de classe sous l’hégémonie de la classe ouvrière.

Le 4ème Congrès fit un bilan des 5 premières années du pouvoir soviétique. La Nouvelle Économie Politique (NEP) fut promulguée pour sauver la population des conséquences de la guerre menée par les interventionnistes capitalistes de 17 pays et l’armée blanche tsariste.

Ainsi, elle constitua un recul vers le marché et le petit capitalisme imposé par les conditions objectives.

LÉNINE déclara à la tribune :

«Nous faisons actuellement une retraite. Or, nous le faisons tout d’abord pour amorcer une retraite, mais pour prendre ensuite notre élan et bondir plus fort après».

Fort de la dictature du prolétariat, le pouvoir soviétique savait que le capitalisme de la NEP n’était que provisoire. Il fallait taxer le Capital, accumuler les fonds nécessaires pour industrialiser le pays, «condition pour l’indépendance de la Russie soviétique» (LÉNINE).

Le fondateur du Bolchevisme traça la perspective : «De la Russie de la NEP sortira la Russie socialiste !»

L'AFGHANISTAN OBAMA: L'AGRESSION IMPÉRIALISTE CONTINUE

Il est difficile d’obtenir des informations précises sur la situation actuelle en Afghanistan.

Car la presse «démocratique» financée par le Capital et notamment par les marchands de canons DASSAULT, LAGARDÈRE et consorts, s’en tient à la répétition incessante des mêmes formules : en un mot, grâce aux États-Unis et autres interventionnistes dont l’impérialisme français, la construction de la «démocratie» franchirait chaque mois de nouvelles étapes, car «l’aide humanitaire» apportée par l’OTAN obtiendrait tous les jours l’adhésion de nouveaux Afghans à la «lutte contre le terrorisme» et à l’édification de la démocratie. Mais voyons plus précisément comment les impérialistes «aident» l’Afghanistan.

En vérité, l’Afghanistan affronte actuellement une misère noire : la priorité de l’écrasante majorité des Afghans est simplement de se nourrir et de se loger. L’agression américaine a fait augmenter le coût de la vie de façon exponentielle ; ainsi, avant l’invasion, on pouvait trouver une petite maison pour 50 dollars par mois, mais aujourd’hui, le même logement revient à 1 500 dollars par mois. Car l’économie a été subordonnée aux multinationales, à leurs forces d’occupation impérialiste et aux «ONG» internationales. Les centaines de milliers d’orphelins engendrés par l’agression impérialiste, entièrement livrés à eux-mêmes, survivent dans le dénuement le plus complet et sont sous la menace constante des rapts d’organisations criminelles qui les vendent dans le monde entier à des pédophiles ou pour le trafic d’organes, mais aussi à des entreprises américaines comme Blackwater (une armée privée) et Brown and Root (une entreprise de construction). Entre 2001 et 2007, les impérialistes avaient lâché plus de 1 200 tonnes d’uranium appauvri ( cet uranium est efficient approximativement 5 milliards d’années) sur les talibans armés comme sur les civils, ce qui provoque une quantité effrayante de malformations d’origines génétiques chez les nouveau-nés, des cancers prénataux, ou encore des avortements spontanés.

En 2006, l’Afghanistan enregistra la plus grande récolte d’opium de l’histoire, dépassant de 60% le record précédent. Comment est-ce possible ? « La réponse est simple. Les quatre auteurs principaux de ce jeu sont tous membres du gouvernement afghan pour lequel nos soldats se battent et meurent. Quand nous avons attaqué l’Afghanistan, l’armée de l’air états-unienne a recouvert le pays de bombes, pendant que la CIA a armé et équipé les barons de la drogue et les seigneurs de guerre afghans pour qu’ils effectuent les opérations terrestres – puis nous les avons nommés ministres […] » (Craig MURNAY, ancien ambassadeur anglais en Ouzbékistan). Il est encore à remarquer que lorsque les Talibans étaient au pouvoir, la culture du pavot, à l’origine de l’opium, a été supprimée. Les présidents changent, mais l’impérialisme et ses projets demeurent. C’est pourquoi, dès son élection, OBAMA, dont la politique n’est donc pas de nature de classe différente que celle de son prédécesseur, annonça l’envoi de 30 000 soldats supplémentaires. Quant à SARKOZY, une fois élu, il prit la décision d’envoyer 700 soldats additionnels, augmentant ainsi le contingent français déjà sur place, et désormais entièrement sous le commandement de l’OTAN.

Dans ces conditions, il n’est nullement étonnant que la population afghane, affamée, désespérée, vienne grossir chaque jour les rangs des Talibans (armés et financés par les États-Unis dans les années 80 pour lutter contre les forces révolutionnaires de la république démocratique populaire afghane) : l’organisation sociale imposée par les Américains, c’est-à-dire l’anarchie économique, véritable la loi de la jungle, consiste à changer les équipes de féodaux réactionnaires de plus en plus asservis. L’impérialisme n’est en rien intéressé à ce que la situation s’améliore. Bien au contraire. Car ses objectifs principaux sont probablement au nombre de deux : d’une part, maintenir l’occupation pour conforter une position stratégique encerclant principalement la Chine, la Russie et l’Iran ; d’autre part, assurer l’acheminement du pétrole via le «pipeline» en projet. De fait, pour 900 € dépensés pour l’occupation, 1 € est dépensé pour «l’aide «humanitaire»…

Comme on peut le constater, cette guerre impérialiste n’a rien à voir avec de prétendues raisons humanitaires ou démocratiques. C’est pourquoi tous les communistes doivent se mobiliser contre la guerre, et exprimer leur solidarité avec les révolutionnaires afghans dans leur combat pour surmonter la défaite et les pogroms anti-communistes perpétrés après 1990.

Troupes françaises hors d’Afghanistan,

OTAN hors d’Afghanistan !

POURSUIVRE ET AMPLIFIER LE COMBAT CONTRE L’UE CAPITALISTE JUSQU'À LA RUPTURE : LE BILAN DES EUROPEENNES

Les élections européennes du 7 juin ont montré l’opposition croissante – bien que passive dans encore beaucoup de pays - à la consolidation et à la politique du bloc des États impérialistes d’Europe : l’Union Européenne. Le démontrent l’abstention massive et majoritaire, et dans certains pays, le renforcement du vote communiste (Grèce, Portugal).

Le sens d’une abstention massive

En France, l’abstention record des couches populaires a atteint le score du NON au référendum sur le Traité constitutionnel européen (TCE).

La classe ouvrière, avec près de 70% d’abstentions, s’avère bien le fer de lance du refus de la politique de Bruxelles, la classe la plus radicale dans le combat anti-impérialiste contre l’UE.

La jeunesse, vouée dans toute l’Europe au chômage de masse ou à la précarité et aux bas salaires, s’est massivement abstenue. Lycéens et étudiants subissent de plein fouet le programme européen commun (réaction et social-libéralisme l’ayant adopté ensemble), appelé «processus de Bologne», portant sur l’éducation au 21ème siècle, et traduit en France par la politique de DARCOS et PÉCRESSE.

Ce programme de Bologne vise à créer un enseignement toujours plus subordonné à la rentabilité monopoliste et aux besoins étroits de main-d’œuvre des multinationales, sacrifiant les services publics éducatifs, organisant la sponsorisation capitaliste des activités scolaires ou universitaires selon le modèle US. La recherche est sacrifiée au complexe militaro-industriel et aux intérêts boursiers. Mais les luttes massives des étudiants - de la Grèce à la France - montrent qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres, pour le Capital financier.

Se sont donc principalement mobilisés à cette élection, l’ensemble des fractions de la bourgeoisie et les couches moyennes urbaines, aux situations sociales différenciées, mais qui rêvent d’une «Europe autrement», constituant ainsi pour sa frange la moins aisée, la base sociale du réformisme : écologie, social-libéralisme, social-réformisme. Ce dernier courant, représenté par le NPA et le Front de gauche, a fait campagne sur la «réorientation de la politique de l’UE», mais dans son cadre institutionnel, dont pourtant les traités fondateurs sont condamnés tant par le NPA que par le Front de gauche ! Comprenne qui pourra ! Ces partis, accordant la priorité au choix d’avoir des élus, ont été, tout au long de la campagne, en porte-à-faux avec le rejet populaire de la politique, mais aussi du cadre de l’UE.

La classe ouvrière, en amplifiant la lutte contre l’UE, doit œuvrer à soutenir les intérêts des couches moyennes les plus lésées par la crise et par la politique de SARKOZY (chercheurs, personnels hospitaliers, personnels de justice…), afin de les détacher des alliances de classe directes ou indirectes avec le Capital monopoliste.

Parallèlement à la campagne électorale, les luttes sociales se sont poursuivies, comme chez Continental ou EDF, sur fond d’abandon et de trahison des bureaucraties syndicales au service de l’aménagement «social» des contre-réformes du pouvoir.

L’abstention massive constitue à la fois un ancrage permanent dans le NON victorieux et un clair désaveu de l’imposition du Traité constitutionnel européen via sa nouvelle mouture, le traité de Lisbonne.

C’est la raison pour laquelle, l’URCF appelait à une abstention démocratique et populaire, puisque SARKOZY a refusé de respecter le suffrage universel et la souveraineté populaire exprimés par la victoire du NON, en passant en force par la voie de la réunion des deux chambres, sans risque puisque 90% des députés et sénateurs étaient déjà acquis au OUI au référendum !

Coup de force implicitement condamné par l’abstention massive.


Fracture politique

Dans ce contexte, les scores obtenus par l’ensemble des listes n’en apparaissent que plus médiocres.

La crise du mode de production capitaliste s’accompagne aussi d’une crise de la représentation politique, en contresens avec les intérêts de la majorité laborieuse.

Crise qui recèle des potentialités de luttes, mais aussi des dangers d’autoritarisme continu, de fascisation, compte tenu de l’absence et du retard à faire renaître un véritable Parti communiste, porteur et avant-garde de l’alternative anticapitaliste.

L’UMP et SARKOZY arrivés en tête, crient victoire ; pourtant, il n’y a pas de quoi pavoiser, puisque le parti présidentiel doté du contrôle des médias d’État et du soutien de l’écrasante majorité des médias privés, regroupe à peine 12% des inscrits. À noter que les résultats officiels ne donnent pas les scores de chaque parti en rapport avec le total des inscrits. Le discours officiel sur le soutien réitéré à SARKOZY prétendument manifesté par les électeurs, tient à la fois de la méthode COUÉ et de la tentation permanente de passer aux forceps. Le pouvoir affirme avoir reçu le feu vert, pour continuer et amplifier ses contre-réformes antisociales et antidémocratiques.

Le Parti socialiste subit un revers cuisant puisqu’il perd près de 40% d’électeurs par rapport au scrutin précédent. Le PS, en période de crise du capitalisme, paye son social-libéralisme, son impossibilité de se démarquer, sur le fond, de la politique de SARKOZY, et son incapacité croissante à tromper les masses populaires. Comme le PS est l’un des piliers essentiels du pouvoir capitaliste (dictature de classe), les monopolistes cherchent à promouvoir une force nouvelle qui incarnerait l’alternance dans le cadre du système d’exploitation.

L’écologisme, outil idéologique du Capital

C’est le rôle dévolu aux Verts et à l’écologie qui représente une nouvelle forme d’«union nationale» regroupant exploiteurs et exploités, «au-dessus des classes» pour sauver la planète menacée par notre «surconsommation». Pour porter les Verts et COHN-BENDIT au pinacle, les médias capitalistes ont ouvert leurs antennes au film de Yann ARTHUS-BERTRAND qui sème la peur (la Terre n’aurait plus que 10 ans à vivre !) et qui fait de la défense de l’environnement la question centrale universelle. À cet égard, l’écologisme, au-delà peut-être des intentions de ses fondateurs, a été récupéré et canalisé par le Capital monopoliste, et se transforme en nouvelle idéologie totalitaire (au sens philosophique) assénant des axiomes transformés en vérité révélée. Rappelons-nous COHN-BENDIT qui, avec Yves MONTAND et TAPIE, s’écriait «Vive la crise !» pour mieux faire passer le néolibéralisme et sa déréglementation générale (1983).

En affirmant cela, nous ne nions pas les menaces écologiques existantes, mais nous appelons à remonter à leur source.

En effet, contrairement à ce qu’affirmait le renégat GORBATCHEV, les valeurs universelles ne se dissocient pas des intérêts de classes et de la lutte entre elles. C’est le capitalisme qui, pour sa recherche du profit maximum, à travers les multinationales et notamment les monopoles pétroliers et pétro-chimiques, est seul responsable du saccage de l’environnement, en exportant de plus les nuisances et autres poisons principalement dans les pays semi-colonisés du Tiers-Monde.

La défense véritable de l’environnement présuppose une dimension première anticapitaliste et anti-impérialiste à ce combat. Ce sont «les rouges», c’est-à-dire les communistes, qui doivent mener, dans cette forme, cette lutte globale avec les forces démocratiques.

L’idéologie «écologiste» dédouane au contraire le Capital de ses responsabilités majeures. Le «Nous» employé par ARTHUS-BERTRAND mêle allègrement fauteurs de pollution et ses victimes. Les critiques sur le mode de consommation ignorent les différenciations de classes et de revenus. Les 8 millions de citoyens de France, qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, apprécieront sans nul doute ce langage, de même que le milliard 200 millions d’êtres humains qui souffrent de la faim, les 2 milliards de Sans-toit ou le milliard de privés d’emploi, dans le monde capitaliste.

L’écologisme à la COHN-BENDIT constitue bien une union sacrée, comme le prouvent les contacts réguliers avec l’Élysée, les satisfecits adressés à BORLOO. Ce courant accompagne partout la politique visant à faire payer la crise du système capitaliste par les travailleurs.

Les forces social-réformistes

Elles n’ont réussi pour leur part qu’à occuper une partie mineure de l’espace social-libéral qu’elles visent à conquérir.

Leur concurrence et leurs divisions les ont affaiblies mutuellement.

On peut parler d’un échec relatif du NPA, en dessous de la barre des 5%.

NPA dont le leader avait été promotionné sur les écrans à des heures de grande écoute, que les organismes de sondage (aux mains de la classe capitaliste) présentaient comme l’opposant le plus populaire ! BEBEL, un révolutionnaire allemand, constatait sagement : «Je me demande toujours quelle bourde j’ai pu commettre, quand je suis flatté par l’ennemi de classe».

Quant au Front de gauche, un certain dynamisme de sa campagne et les drapeaux rouges n’occultent pas la nature réformiste de ses propositions, dont le thème central fut la réorientation de la politique de l’UE, avec à la clé la transformation de la Banque Centrale Européenne (BCE) en «banque pour l’emploi et les investissements productifs» (sic !). Par quel tour de passe-passe, alors que la BCE est précisément l’instrument de direction des multinationales et des États capitalistes pour leur politique antisociale et antipopulaire ?!

En fait, le Front de gauche, par son «euro-constructivisme» revendiqué, refuse de rompre avec l’idéologie dominante (présentant comme «ringarde» et «nationaliste» toute opposition à l’UE), et au contraire s’aligne sur la superstructure voulue par les États impérialistes d’Europe. Tant qu’il n’y aura pas de remise en cause de l’UE comme cadre capitaliste, base de sa politique, l’opposition du Front de gauche restera inconséquente.

Le vote du 7 juin montre que le NON progressiste n’appartient à personne, à aucune formation politique puisque, malgré l’appel à voter du Front de gauche, du NPA, de Lutte ouvrière et d’autres, la majorité populaire a refusé de cautionner la politique néolibérale inchangée depuis le référendum. Dure leçon pour ceux, nombreux, qui se pensaient les dirigeants du NON.

Le social-réformisme a échoué à lier les dimensions antisociales et antidémocratiques à la politique de guerre impérialiste menée ou soutenue par l’UE, de Gaza à l’Afghanistan, en passant par l’ex-Yougoslavie et l’Afrique. Les sociaux-réformistes ont peu connecté leur campagne à la crise du mode de production capitaliste et n’ont pas répercuté, dans le pays, ce mot d’ordre central de l’heure : Faire payer la crise

par son fauteur, le capitalisme !




FONCTIONNAIRES, SYNDICALISTES, JEUNES EN LUTTE:

DANS L'ŒIL DU CYCLONE RÉPRESSIF

Ils ont en commun de déranger le pouvoir capitaliste : les fonctionnaires refusent que les services publics soient privatisés ; les travailleurs du privé refusent la casse de l’emploi ; les syndicalistes les plus combatifs refusent que les salariés soient les victimes des fauteurs de crise ; les jeunes lycéens et étudiants en lutte refusent que leur avenir soit sacrifié sur l’autel des profits.

Pour contrer ce front du refus, le gouvernement sarkozyste active tous les leviers de son appareil de domination au service de la classe capitaliste.

Sur le plan institutionnel, il renforce encore le pouvoir quasi monarchique du Président, avec des députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles le 22 juin, pour écouter pieusement SARKOZY leur dicter sa loi.

Sur le plan législatif, il organise la casse de la Fonction publique, en faisant voter le 7 juillet 2009 une loi dite «de mobilité» qui va permettre de licencier les fonctionnaires considérés comme «en surnombre» (34 000 postes à supprimer en 2010 !) ou trop contestataires, et qui va généraliser la précarité à grande échelle, notamment avec le recours aux agences d’intérim. Sur le plan idéologique, il entretient, avec ses médias, la permanence d’un discours sécuritaire et criminalisant, destiné en fait à construire un sentiment d’insécurité, pour prévenir les révoltes contre l’ordre établi. Ainsi, un groupe de jeunes anarchistes, à Tarnac, devient-il une «association de dangereux terroristes» ; ainsi, les collégiens et lycéens deviennent-ils des délinquants en puissance, à placer sous le contrôle de portiques, de vidéosurveillance et de policiers.

Enfin, la répression administrative, policière et judiciaire s’abat chaque jour un peu plus sur «tout ce qui bouge» : des profs «désobéisseurs» lourdement sanctionnés, aux 28 syndicalistes de l’USTKE condamnés le 29 juin à de la prison pour avoir défendu les salariés de Air Calédonie, en passant par les dizaines de manifestants, notamment étudiants et lycéens, ou grévistes défendant l’emploi et leur pouvoir d’achat, victimes de violences policières et accusés par les tribunaux de «rébellion contre agent de la force publique» (sic !).

Mais la force brutale qu’exerce ce pouvoir révèle aussi sa faiblesse : les masses en mouvement lui font peur, surtout si, conduites par un véritable Parti communiste, elles décident d’en finir avec le vieux monde capitaliste. Et c’est à cela que travaille l’URCF !

 
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