Front des luttes - octobre 2009

 

 

AÉROPORT D'ORLY

 

Les employés de Servisair, du groupe Derichebourg, chargés des enregistrements, chargements, ravitaillement et du fret de plusieurs compagnies, se sont mis en grève mercredi 14 octobre. Plusieurs appareils sont cloués au sol et Easyjet a annulé tous les vols de la journée. « Le 31 octobre, Servisair ferme. Il y a 432 CDI qui ne savent pas ce qu'ils vont devenir. Nous demandons que le concurrent qui va récupérer le marché, Europe Handling, s'engage à reprendre tous les employés avec l'intégralité de leur salaire », explique le délégué CFDT. Servisair, société prestataire de services, a perdu sa licence d'exploitation sur Orly et cessera son activité le 31 octobre.  « Les repreneurs ne se sont pas présentés à cette réunion et notre direction ne nous a rien annoncé. Nous sommes victimes d'une politique de business des compagnies, nous maintenons la grève et demandons un médiateur du ministère ou du préfet », a ajouté le délégué syndical UNSA-SNMAC le lendemain à la sortie d’une réunion. Deux sociétés sont susceptibles d'être repreneurs, Europe Handling (services aéroportuaires) et OFS, filiale du groupe de manutention WFS. 

 

Un second mouvement de lutte, mené par des employés de WFS, a débuté dans le secteur d'Orly-Ouest et a des répercussions sur le trafic des compagnies Cityjet, Régional et Britair, toutes des filiales d'Air-France. A Orly-Sud, quatre-vingt-dix salariés de Servisair ont bloqué l'enregistrement des passagers de vols de la compagnie Air-Caraïbes durant environ une quarantaine de minutes. Montés sur les comptoirs, les travailleurs en lutte sifflaient et chantaient pour se faire entendre, en tapant également sur des bonbonnes d'eau vides en guise de tambours. Quelques jours plus tard, le repreneur signe un engagement à reprendre tous les salariés de Servisair

 

Cet exemple le montre : la lutte a payé ! L’URCF a toujours dit que des luttes locales, bloquantes, organisées dans la détermination, pouvaient être victorieuses sur des revendications claires. Cette lutte gagnante et d’autres sont la preuve de ce qui peut être fait dans une stratégie d’affrontement contre le Capital. Elles sont un message vivant envoyé aux directions des centrales syndicales qui ne font rien pour soutenir et organiser l’unification des luttes, handicapant ainsi la très grande majorité d’entre elles, et empêchant toute victoire générale sur les revendications communes à tous les travailleurs.

Ces luttes retentissent comme un écho aux stratégies de manifestations sans grève ou sans lendemain (et surtout sans résultat !), conduites par des directions syndicales en réalité acquises à l’objectif de ne pas porter de coups à leur capitalisme, qui leur rend bien en sinécures en tous genres.

De telles victoires, même isolées, montrent toute la force des luttes bloquantes multiformes dans la durée.

Vive les travailleurs de Servisair qui ont su créer un rapport de forces supérieur à leur direction patronale pour sauver leurs emplois !

 

Nous saluons aussi toutes les luttes de la classe.

 

Salut de lutte, en particulier, aux travailleurs de Keolis-Lyon (transport en commun), Freescale, Aéroport de Roissy, Rohm and Hass, salariés des  transports routiers, Watts Industries, agents de la communauté urbaine du Grand Toulouse, SNCM et CMN, Sans-papiers, services du ministère de l'Agriculture, SeaFrance, Alcanet, Surcouf, SNCF-RATP, Alcatel Lucent, lycéens de Levallois-Perret, Pôle-emploi, parents d'élèves de l'école maternelle Jules-Ferry d’Argentueil, cheminots et usagers de Cahors, H&M, Société des transports en commun de l'agglomération roannaise (STAR), d'ErDF, l'usine du semencier Clause de Brétigny-sur-Orge, Vigimark Sûreté VS  : ce n’est qu’un début, continuons le combat, sur tout le territoire, auto-organisons-nous en comités de lutte unifiants !

 

Retrouvez notre programme sous le thème : « Le socialisme : seule alternative au capitalisme »

 

Commission ouvrière et d’entreprises de l'URCF, 20 novembre 2009

 
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