Front des luttes - mars 2009 : 1ère partie.
Manitowoc Cranes (fabrication de grues) ,
Lapeyre (groupe Saint-Gobain) ,
SNCM (Transport maritime, Corse) ,
Faurecia (équipementier automobile) ,
Keys Plastics (équipementier automobile, Doubs), :
Magnetto (équipementier automobile, Seine-Saint Denis) ,
Myers Squibb (Pharmacie, Eure-et-Loir)
1er MAI et après…
POUR UN PRINTEMPS DES LUTTES !
La question centrale, posée au mouvement gréviste, demeure celle de la constitution d’un rapport de forces supérieur, pour réaliser l’impératif de l’heure : faire payer leur crise aux capitalistes. Le 29 janvier et le 19 mars ont été couronnés par une forte mobilisation, mais trop espacées dans le temps, ces journées se sont avérées insuffisantes pour gagner ou même infléchir la dure politique réactionnaire de Sarkozy. La colère des travailleurs se manifeste partout dans le pays. Des entreprises qui ferment et licencient… aux universités, les luttes déclenchées s’avèrent radicales quant aux formes (occupations, séquestrations de patrons, destruction des stocks chez les sous-traitants), mais isolées et sans coordination nationale, elles ne réussissent pas à faire reculer le capital.
Deux camps, deux politiques
Les travailleurs doivent compter sur leur propre force. La stratégie de la classe capitaliste est de réaliser le profit maximum, en pressurant toujours plus les revenus du travail. La politique capitaliste appliquée par Sarkozy nous conduit vers un million de chômeurs supplémentaires en 2009. Se soigner, s’éduquer, se loger, devient de plus en plus difficile pour les familles populaires, loi de rentabilité financière oblige. Deux France existent, celle de l’oligarchie financière qui étale son luxe et son impudence, et celle « d’en bas » qui s’inquiète du présent et de l’avenir de ses enfants. La France des banques et des monopoles serait infiniment plus vulnérable, sans l’existence d’un syndicalisme domestiqué. Le capital a su tirer les leçons de l’originalité française (et italienne) où existait un puissant syndicalisme de lutte de classes. La CGT a été à l’origine des luttes qui ont permis de réelles conquêtes sociales, aujourd’hui détruites par le pouvoir. La bourgeoisie a rallié l’ensemble des directions syndicales aux intérêts de l’Etat capitaliste, via la cogestion (sécurité sociale, caisses de chômage, formation permanente…). Cogestion qui se traduit par le « syndicalisme rassemblé », où l’ensemble des centrales est subordonné à la confédération qui revendique, par la bouche de Chérèque, des manifestations exutoires « pour canaliser le mouvement » !
Pour vaincre dans la bataille revendicative, il faut qu’émerge un syndicalisme alternatif à la frilosité, à l’apolitisme et à la collaboration de classes du syndicalisme d’aménagement.
Pour l’auto-organisation des travailleurs
En 1936 et 1968, la base a devancé les directions syndicales, et enclenché un mouvement victorieux, en forgeant son unité syndicale dans l’action. Le seul moyen de faire plier le pouvoir sarkozyste et le patronat, est d’assurer une lutte continue à l’échelle de tout le pays. Luttes qui lèseront les profits, afin d’exercer la pression nécessaire. L’auto-organisation des travailleurs doit pallier les freins et verrous mis en place par les tenants de l’aménagement « social » des contre-réformes. Les comités de grèves doivent se rencontrer, échanger, se soutenir mutuellement, afin de coordonner leur action. L’action continue suppose des formes originales de luttes : grève du zèle, grèves perlées, débrayage d’une heure au quotidien, occupation, puis grève nationale interprofessionnelle. La Guadeloupe a montré l’importance d’un front de luttes structuré autour d’une plateforme axée sur les revendications urgentes : Hausse générale des salaires de 300 euros, SMIC à 1600 euros, interdiction des licenciements, nationalisation des entreprises casseuses d’emplois, un logement pour tous, défense de la retraite à 60 ans, de la Sécu, des services publics, avec abrogation des suppressions d’emplois programmées ; mais revendications également politiques, avec la défense des libertés démocratiques, l’exigence de régularisation des Sans-papiers, la lutte contre la politique de guerre et ses dépenses faramineuses en Afghanistan ou en Afrique noire et contre les instances impérialistes : OTAN, UE. Il faut opposer aux contre-réformes globales et régressives de Sarkozy, une politique immédiate progressiste. Faire payer la crise au capital, sera un premier pas important, satisfaisant les besoins urgents et donnant à la classe ouvrière la conscience de sa force dans le long et multiforme combat pour son émancipation finale, par le renversement du capitalisme.
Manitowoc Cranes (fabrication de grues)
Les syndicats CGT et CFDT de Manitowoc Cranes (ex-Potain) ont appelé les salariés en chômage partiel du leader mondial des grues de chantier à occuper leurs usines sans en bloquer l’activité à partir du jeudi 2 avril. Ils entendent ainsi se battre contre 358 suppressions d’emploi.
"Nous réclamons dans un premier temps des aménagements de fin de carrière avant des départs volontaires accompagnés d’aides incitatives" et, en dernier ressort, si nous devons les subir, nous demanderons des indemnités supra-conventionnelles pour les suppressions de postes", précise le délégué central CGT.
La lutte doit être centrée sur le refus des licenciements, en s’appuyant sur les profits de ces groupes. Le prolétariat n’a que la vente de sa force de travail pour vivre. Son intérêt et celui de son parti est de refuser la moindre suppression de poste. Pas de licenciement ! Pas de suppression d’emploi ! Non aux fermetures d’usines ! Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en pré-retraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe. L’URCF est consciente que seule la lutte générale (organisée) par la grève nationale et le blocage dans la durée peut faire reculer (mais pas abdiquer) le capital sur nos revendications immédiates ; stratégie que refusent les bureaucraties syndicales acquises aux intérêts du capitalisme. En exerçant une pression constante sur les profits patronaux, on change radicalement le rapport de force. Lâcher du lest pour sauver l’essentiel, tel est le credo du Capital quand il est acculé.
Pour l’heure, les employés de Mani et les populations locales doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage. Dans ces comités, les communistes de l’URCF relieront la lutte quotidienne (contre les conséquences du capitalisme et de sa crise structurelle) à la lutte générale contre le capitalisme et démontreront patiemment que la révolution socialiste est la seule alternative populaire au capitalisme.
Nationalisation sans indemnité des monopoles casseurs d’emploi !
Emplois contre profits !
Lapeyre (groupe Saint-Gobain)
Les salariés d'une douzaine de magasins de bricolage Lapeyre (groupe Saint-Gobain) sont en grève pour réclamer "une revalorisation décente et immédiate des salaires".
Le mouvement a débuté mercredi 26 février, après l'échec des négociations salariales annuelles, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), où se rassemblent quotidiennement une centaine de salariés venant de la région parisienne. Il s'agit de la première grève sur ce site depuis 1973, 95% du personnel en magasins est en grève. Les magasins d'Aubervilliers sont fermés, de même que celui de Nanterre. Une dizaine d'autres magasins sont touchés par la grève, à Saint-Brice, Herblay (Val d'Oise), Gournay-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), Arcueil (Val-de-Marne), Toulon, Limoges ou encore Calais. Les travailleurs réclament "5% d'augmentation générale, le retour au 13ème mois et à tous les avantages et primes perdus" il y a plusieurs années, ainsi qu'"une égalité entre les enseignes du groupe Saint-Gobain". La direction a proposé 1,8% d'augmentation individuelle, une prime exceptionnelle (de 150 euros), une revalorisation des minima de 1,5 à 3% au-dessus de la grille de la branche bricolage, une amélioration des bonus, du variable et de l'accord d'intéressement. Elle propose aussi d'augmenter pour ses employés les avantages de la carte Lapeyre (réductions portées à 25% au lieu de 15%). Mais du point de vue lucide d'une gréviste, "on ne va pas remplir nos frigos avec des fenêtres et des portes". "On reconduit le mouvement à mercredi", a indiqué le délégué à l'issue de la réunion. Sur des banderoles et pancartes à Aubervilliers, on pouvait lire "Partage des bénéfices" ou "Oui au 13ème mois, stop à la pression morale".
Pour le DRH de Lapeyre, "la baisse de la consommation des ménages nous impacte et nos marges de manoeuvre sont réduites" (!!!)
Les salariés, en grève depuis le 25 février pour des augmentations de salaires, ont pour l’heure mis fin lundi 9 mars à leur mouvement sans avoir obtenu totalement gain de cause.
Lors d'une assemblée générale au siège de la société à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), les salariés de la région parisienne ont voté la reprise du travail alors qu'une nouvelle réunion avec la direction n'avait rien donné de plus.
La question des salaires est une revendication centrale de la classe ouvrière. L’URCF soutient la lutte des salariés de Lapeyre, qui doivent étendre leur grève à tous les sites du groupe et à la lutte générale pour des augmentations de salaires à tous les travailleurs de France. Cependant, les salariés doivent aussi refuser l’individualisation des salaires et les primes qui soumettent ceux qui travaillent aux résultats supposés de l’entreprise et aux profits des propriétaires capitalistes !
Revendiquons l’intégration des primes dans le salaire !
La revendication centrale urgente et unifiante, soutenue par l’URCF, est d’exiger le SMIC à 1600 euros nets, l’augmentation générale des salaires et pensions de 300 euros nets mensuels. Créons un rapport de force gagnant sur nos revendications dans la grève générale bloquante et continue. Salaires contre profits !
Tapons dans les coffres-forts des banques, des monopoles (multinationales) et de leur Etat !
L’immense mobilisation de plus de trois millions de travailleurs le 19 mars, approuvée par près de 80% de la population, reflète la prise de conscience croissante des intérêts contradictoires entre la majorité des couches populaires qui doit se serrer la ceinture et la classe capitaliste qui s’enrichit de la crise de son système. Ainsi, alors qu’il n’y aurait pas d’argent pour augmenter les salaires, plus de 458 millions d’euros sont distribués principalement aux ménages les plus riches au titre du bouclier fiscal. Les grands monopoles continuent d’afficher des profits faramineux (TOTAL 14 milliards, Véolia 405 millions, EADS 1,57 milliard, en tout 75 milliards pour les seules entreprises du CAC 40).
Malgré la continuation des contre-réformes de Sarkozy et de son équipe, malgré les milliers de suppressions d’emplois, de fermetures d’entreprises, la reprise des expulsions de locataires, la réunion intersyndicale au lendemain de cette journée d’action, qui était elle-même consécutive à celle du 29 février... n’a débouché sur aucun appel à poursuivre et à amplifier la lutte. Nous sommes en plein dans l’impasse du “syndicalisme rassemblé” où aucun syndicat (à l’exception de SUD) n’ose la moindre initiative de peur de ne pas être suivi par les autres centrales. En s’alignant de la sorte sur le plus réformiste, plutôt que de partir des besoins des travailleurs et de les organiser, de les mobiliser pour préparer la grève générale, seul moyen de faire céder la bourgeoisie, les chefs syndicaux s’en remettent au bon sens du gouvernement qu’ils conjurent de mettre en œuvre quelques mesures destinées à atténuer les effets de la crise pour sauver l’essentiel : le système capitaliste qui engraisse la bourgeoisie et l’oligarchie financière. Or, la crise du capitalisme ne peut être résolue. Des périodes de reprise de courte durée pourront encore apparaître au prix d’un appauvrissement grandissant de la majorité des peuples, de guerres et de pillages des pays dominés, d’une répression du mouvement ouvrier et démocratique. Mais l’écart grandissant entre la surproduction et la sous-consommation populaire, la loi du profit immédiat et maximum, aggraveront inévitablement la crise et poseront les bases objectives de la révolution. La ligne de démarcation se dresse entre ceux qui cherchent à sauver l’économie, quelles que soient leurs “bonnes intentions”, et ceux qui luttent aux côtés des masses pour arracher la satisfaction des besoins populaires contre le capitalisme et ses serviteurs. En matière d’organisation, suivons l’exemple de nos frères de Martinique et de Guadeloupe qui ont su se rassembler sur des revendications d’urgence, sur un programme démocratique élaboré depuis plusieurs années et un projet de société basé sur l’homme et non sur le profit. Des grèves pour les salaires et contre les licenciements ont eu lieu dans de nombreuses entreprises: Glaxosmithkline à Evreux, Continental à Clairoix, Caterpillar à Grenoble... Seul un mouvement interprofessionnel fera céder le patronat.
L’URCF appelle les travailleurs et les syndicalistes de lutte de classe à s’organiser sans attendre les consignes des directions confédérales, voire à passer outre si celles-ci visent à étouffer les luttes et à empêcher une grève interprofessionnelle de longue durée.
SNCM (Transport maritime, Corse)
Le 3 mars, les marins du Syndicat des travailleurs corses (STC) de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM) ont entamé une grève de 48 heures qui a entraîné la suspension de huit traversées entre la Corse et le continent. Les revendications du STC portent sur l'emploi et l'organisation du travail à bord des navires.
"La direction de la SNCM a un comportement totalement irresponsable, que ce soit en termes d'emploi ou d'organisation du travail à bord des navires. On a discuté hier pendant six heures et ça n'a rien donné", a déclaré le secrétaire du STC. "La situation est dégradée à un tel point qu'aujourd'hui, ce n'est plus tenable". « Si d'ici le 19 mars (journée nationale d'action), nous n'avons pas obtenu satisfaction, nous irons vers une grève illimitée ».
Une réunion de négociation se tenait mercredi 4 mars à Ajaccio suite au conflit qui se déroule aussi au dépôt pétrolier d'Ajaccio depuis jeudi, et entraîne une pénurie de carburant dans le sud de l'île.
Le préavis de grève déposé pour le dépôt de carburant de Lucciana (sud de Bastia) était maintenu, les chauffeurs (des camions-citernes) devaient se réunir le mardi soir avec les employés du dépôt pour décider des suites.
L’URCF est solidaire de ces travailleurs du transport maritime, qui doivent s’organiser aussi dans des comités larges usagers/travailleurs de défense d’un transport de qualité. Bas les pattes aux droits sociaux conquis ! Dans le domaine des transports, l’URCF avance comme axe de lutte la création d’un Pôle de service public Transport. Ce pôle devra redéfinir ses missions afin de combattre la dégradation des services liée à la rentabilité financière. Le pôle public de transport permettra la coordination et la complémentarité des lignes de divers transports et de leurs horaires afin d’améliorer la qualité des déplacements urbains et de répondre aux besoins de transports terrestres et maritimes.
Ces luttes dans le transport, secteur hautement stratégique pour la machine économique, révèle une autre tactique du capitalisme, alors que les grévistes sont menacés ou désignés comme boucs émissaires : la criminalisation de la grève et du mouvement ouvrier. Les directions ne cessent d’attaquer en justice le droit de grève. Sarkozy condamne publiquement les leaders syndicaux. Quand le capitalisme est malade, la puissance de son appareil d’Etat est décuplée. La criminalisation de la jeunesse est multiforme : peine de prisons pour les mineurs dès 12 ou 13 ans, réveillon sur fond de mobilisation policière de 40 000 hommes contre les incendiaires de voitures, répression et renvoi de manifestants lycéens. La restriction des libertés démocratiques s’aggrave avec le recours à l’arbitraire. Des jeunes anarchistes sont jetés en prison sur fichage et dénonciation du FBI, accusés sans preuves véritables « d’attentats contre le matériel SNCF ». La télévision devient celle du « prince » qui nommera désormais ses dirigeants, sur fond, nul doute, de concours d’allégeance. La guerre est l’autre réponse barbare à la crise du monde impérialiste. L’impérialisme français continue de jouer la course aux armements en vendant pour 6 milliards d’armes lourdes au Brésil. L’intervention de l’armée se poursuit en Afghanistan comme le pillage en Afrique sous bonne garde militaire.
Déjà, la loi passée en 2008 dans les transports, restreignait le droit de grève : « négociations préalables » rendant de fait illégales les grèves sur le tas, répondant à un problème donné dans l’urgence ; obligation de se déclarer gréviste, 48 heures à l’avance, ce qui constitue une sape du travail syndical pour élargir la grève jusqu’au dernier moment, etc. Il s’agissait (et il s’agit encore aujourd’hui) pour le pouvoir de combattre avec toute la force des lois coercitives, la seule arme qui reste à la classe ouvrière et aux travailleurs pour se faire entendre et faire reculer les projets anti-sociaux des directions. En France, toutes les avancées sociales se sont faites par la lutte et les grèves ! Le capital et son Etat le savent bien ! Le droit de grève ne peut plus être reconnu par la bourgeoisie monopoliste. Avec la crise, les capitalistes veulent accentuer l’exploitation pour faire payer les travailleurs, et récupérer les pertes avec plus-value !
Les travailleurs qui se battent pour leur pain et qui n’ont que leurs chaînes à perdre, savent contourner les lois pour lutter, comme nous l’ont montré par exemple les conducteurs de la SNCF Paris Saint-Lazare, ou Nice TER.
Producteurs des richesses, les ouvriers et les travailleurs, en cessant le travail, exercent une pression maximale sur le patronat et l’Etat.
Sarkozy essaye donc de cadenasser le mouvement ouvrier ; mais les contradictions entre le Travail et le Capital, qui s’aiguisent en raison de la crise (structurelle) et de la politique gouvernementale de classe favorable aux privilégiés, ne manquent pas de susciter luttes et résistances croissantes.
Rappelons qu’aucune loi répressive n’a pu venir à bout de la colère légitime des travailleurs. Des héroïques canuts de Lyon à mai 68, les travailleurs ont su déclencher des grèves massives qui débordaient largement le « cadre réglementaire ». Pendant l'occupation où la grève était punie de mort par les Nazis, des grèves ont bloqué des régions entières et en 1944 la grève générale est devenue insurrectionnelle !
Faurecia (équipementier automobile)
L'équipementier automobile français Faurecia, filiale de PSA-Peugeot-Citroën (à plus de 70%), a annoncé jeudi 5 mars la fermeture d'ici fin 2010 de son site d'Auchel (Pas-de-Calais) et la suppression de 179 emplois sur 508. Les salariés présents dans l'usine ont aussitôt cessé le travail et bloqué les deux accès au site. Une assemblée générale des salariés a décidé dans l'après-midi, "à l'unanimité", la poursuite du blocage jusqu'à nouvel ordre. "Tout est bloqué, on reste cette nuit, ce week-end. On est là, on reste", a dit la secrétaire CGT. Selon un communiqué de Faurecia Intérieur Industrie (intérieurs de véhicules), le site d'Auchel accuse un "déficit structurel d'activité" et ne présente aucune "perspective économiquement viable dans son cadre industriel actuel" (sic). Un total de 329 postes seraient redéployés vers deux sites Faurecia, dans le Pas-de-Calais. Quelque 172 postes iront au site de Marles-les-Mines, distant de 4 km, où seront transférées les activités de fabrication pour la Renault Kangoo en août 2009, puis pour le monospace des constructeurs Fiat, Lancia, Citroën et Peugeot en août 2010. Et 157 postes seront réattribués au site d'Hénin-Beaumont, distant de 50 km, dans le cadre du transfert vers ce site de la production d'équipements pour la Toyota Yaris en août 2009 et pour Volvo en août 2010. Les salariés font valoir à juste titre que, sous la loi du profit maximum (loi économique fondamentale du capitalisme), le transfert de 329 postes ne représente nullement une garantie d'emploi à long terme car les sites de Marles-les-Mines et de Hénin-Beaumont enregistrent eux-mêmes une forte baisse de charge depuis plusieurs mois et fonctionnent au ralenti. Faurecia a annoncé pour 2009 un programme de réduction de « coûts » (c'est-à-dire de main d’œuvre) de 600 millions d'euros avec notamment 1.215 suppressions d'emplois en France entre 2009 et 2011, auxquelles s'ajouteront les réductions d'effectif annoncées jeudi. Faurecia emploie 60.000 personnes dans 28 pays.
Keys Plastics (équipementier automobile, Doubs)
Les salariés de l'équipementier automobile Key Plastics, en redressement judiciaire, sont en grève et bloquent le site de Voujeaucourt (Doubs) pour faire pression sur la direction.
Depuis mardi 3 mars à 5h, les 115 salariés du site de Voujeaucourt de Key Plastics, sous-traitant de Renault et PSA dont le siège est à Bellême (Orne), bloquent l'entrée et la sortie des camions de matière finie comme de matière première. Ils accusent la direction d'accélérer la production pour faire des stocks, ôtant ainsi aux salariés toute force d'action, et de vouloir démonter des machines pour les déménager sur d'autres sites. « Nous tiendrons le blocage au minimum jusqu'à la réunion de lundi sur l'avenir de l'entreprise », a déclaré la déléguée CFDT du site de Voujeaucourt. "Nous demanderons plus de précisions sur l'éventuel futur acheteur et si on est partis pour une fermeture ; si malheureusement on doit quitter notre emploi, nous voulons des primes correctes", a-t-elle ajouté. Les salariés jugent insuffisantes les propositions de la direction: une prime extra-légale de 13 000 euros plus une prime de licenciement qui représente près de 5 400 euros pour une personne ayant 13 ans d'ancienneté. La direction nationale de Key Plastics veut absolument fermer le site et partir, ce qui confirme les craintes d'une fermeture programmée de longue date, même si la direction dit le contraire. L'audience du tribunal de commerce d'Alençon statuera sur l'avenir de Key Plastics le 23 avril. En l'absence de repreneur, l'usine devrait fermer en juin. L'entreprise Key Plastics avait été mise en redressement judiciaire par le tribunal de commerce d'Alençon le 18 novembre 2008.
Outre le site de Voujeaucourt, Key Plasyics possède un site à Bellême, un à Rochefort (Charente-Maritime), et une usine en Slovaquie.
Refusons la casse de l’emploi, la fermeture de sites de production ou le chômage partiel !
Faisons grandir, en exprimant notre solidarité avec les travailleurs de l’automobile, notre refus des licenciements et des suppressions d’emplois. L’URCF lutte pour la nationalisation sans indemnités de ces monopoles rapaces. Dans le secteur de l’automobile, sinistré par les choix patronaux et dont les capitalistes viennent de toucher des dizaines de milliards d’euros de l’Etat grâce à l’impôt sur tous les travailleurs, l’URCF avance la revendication démocratique de création d’un vaste pôle de services publics par la nationalisation sans indemnités des grands groupes automobiles et de leurs filiales, afin de satisfaire les besoins, d’assurer les emplois dans une lutte de classe continue jusqu’au bris de l’Etat capitaliste.
Magnetto (équipementier automobile, Seine-Saint Denis)
Des négociations étaient en cours vendredi 6 mars à Aulnay-sous-Bois entre Magnetto, sous-traitant de PSA, et les représentants des grévistes, alors que la justice a ordonné aux 200 ouvriers de libérer deux entrées sous peine d'expulsion, a-t-on appris auprès de la CGT.
Les discussions ont démarré à 10h. Elles doivent être suivies d'une nouvelle assemblée générale. La grève, qui se déroule dans un « climat tendu », a démarré le 26 février après l'échec de négociations annuelles sur les salaires entamées depuis janvier dans cette entreprise de carrosserie (360 salariés dont une centaine d'intérimaires). Suite au rapport de force créé par la grève, la direction de Magnetto Automotive (M.A. France) s'engage à garantir le maintien de l'activité sur ce site situé au coeur de l'usine PSA, et propose 30 euros bruts d'augmentation générale des salaires, 34 euros de prime de "polycompétence" avec rétroactivité de trois mois, une révision de la prime d'assiduité et 100 euros de prime de reprise.
La direction s'engagerait également à ne pas poursuivre ou prendre de sanctions contre les grévistes !!! (sic). Les ouvriers, qui ont connu trois jours de chômage partiel fin février, revendiquent 45 euros nets d'augmentation et 250 euros nets de prime de polycompétence. Vendredi, le tribunal correctionnel de Bobigny a ordonné aux grévistes assignés par l'entreprise de dégager deux des points d'accès au site sous peine d'expulsion sous 48 heures, selon l'avocat des ouvriers. La direction départementale du travail a pourtant rendu un rapport accablant pour l'entreprise sur des atteintes au droit de grève (recrutement d'intérimaires pour remplacer les grévistes, ouvriers grévistes non autorisés à accéder à certains locaux, collations octroyées aux non-grévistes).
L’URCF salue et soutient cette lutte offensive sur les salaires. Grèves offensives d’autant plus rares que le contexte économique est particulièrement difficile, et que les conditions objectives accentuent l’émergence de courants de résignation voire de capitulation et d’union sacrée autour de son patron, encouragés par des bureaucraties syndicales, soucieuses de ne pas porter des coups au capitalisme de leur pays (sic) qu’elles acceptent. Encore une fois, c’est dans la lutte que tombent aux yeux des travailleurs les masques des bureaucrates syndicaux bons gestionnaires des colères et souffrances des salariés.
Pour élever le niveau du rapport de force et gagner plus, les travailleurs de Magnetto devront porter la lutte au niveau de tout le groupe et devront bloquer la machine à profits de leurs patrons par la grève ou l’occupation de leurs usines.
Les ouvriers de l’automobile et d’ailleurs, producteurs des richesses matérielles, sont justes bons à être exploités, comme c’est la loi sous le capitalisme. La loi du profit maximum est une loi fondamentale du capitalisme au stade impérialiste. Nos patrons et l’Etat qui leur est subordonné, ne veulent pas augmenter le niveau de vie des travailleurs, mais veulent baisser le coût du travail par tous les moyens -y compris l’allongement de la durée du temps de travail- pour augmenter leur taux de profit. Seule la lutte peut les faire reculer. Sarkozy et le gouvernement ont une feuille de route donnée par l’oligarchie financière : nous faire payer la crise et en tirer des bénéfices !
La revendication centrale urgente et unifiante soutenue par l’URCF est d’exiger le SMIC à 1 600 euros nets, l’augmentation générale des salaires et pensions de 300 euros nets mensuels.
Transformation de tous les CDD en CDI ! Intégration des primes dans le salaire !
Amplifions la lutte sur nos revendications dans la grève générale bloquante et continue. Salaires contre profits !
Rappelons quelques-uns des axes de luttes de l’URCF en matière d’emploi : Interdiction des licenciements ; suppression des CDD, période d’essai ramenée à trois mois avec contrat à durée indéterminée à la clé (voir programme et axes de luttes de l’URCF sur ce site).
Bristol Myers Squibb (Pharmacie, Eure-et-Loir)
Les salariés du groupe américain pharmaceutique Bristol Myers Squibb du site d'Epernon (Eure et Loir), touchés par un plan social, ont voté vendredi la reprise du travail après plus de trois semaines de grève. Leurs collègues du site Meymac (Corrèze), également bloqué, se prononceront lundi après-midi, à l'issue d'une présentation des nouvelles propositions de la direction aux salariés. Les salariés s'étaient mobilisés pour réclamer de meilleures conditions de départ.
"Le blocage a permis d'influencer les négociations avec la direction. Nous avons obtenu jeudi des avancées lors du comité central d'entreprise", a déclaré le délégué du personnel. Dans le cadre d'un plan de restructuration annoncé en septembre, le groupe a décidé de se désengager d'Epernon et de Meymac, qui emploie respectivement 223 et 162 salariés. La direction dit vouloir transférer 200 postes sur le site d'Agen (Lot-et-Garonne). "Nous étions partis d'un plan social famélique, pas du tout en rapport avec la santé de l'industrie et des précédents plans sociaux chez Bristol Myers", a commenté le délégué CFDT.
Le mouvement de grève avait débuté le 11 février à l'appel d'une intersyndicale (CGT, FO, UNSA, CFE-CGC, CFDT) pour manifester le mécontentement des salariés face « à la faiblesse des mesures d'accompagnement et à la lenteur de la direction pour progresser dans les discussions ».
Le groupe a encore fait 5,2 milliards de bénéfices. La contradiction est là et l’équation à porter par les syndicats créant le rapport de force était là : taper dans les coffres-forts du groupe pour refuser tout licenciement, toute suppression d’emploi ; chaque poste sauvé nous permet de vivre aujourd’hui ; chaque poste sauvé, c’est celui demain de nos enfants !
Dans cette lutte, les syndicats ont obtenu entre 10 000 à 25 000 euros de primes de « désengagement ». Ils ont également négocié une prime d'ancienneté de 5 000 euros pour ceux employés depuis 10 à 19 ans et de 10 000 euros pour ceux présents dans l'entreprise depuis plus de 19 ans. Les salariés de Meymac, « où les reconversions seront plus difficiles » (sic), auront une prime supplémentaire de 3 000 euros…
"Trois repreneurs ont manifesté leur intérêt pour le site d'Epernon, mais rien n'a été signé. Nous en saurons davantage en juin", a précisé un délégué du personnel.
Pas d’illusion, seule la lutte paie pour faire reculer le capital et faire gagner le camp du travail : à n’en pas douter et comme à chaque fois, les repreneurs capitalistes s’en mettront plein les poches et fermeront l’usine s’ils ne tirent pas le profit maximum, comme c’est la loi sous le capitalisme…
Pour l’analyse communiste de cette lutte voir les luttes de février.