Front des luttes février

 

Sommaire : Dépôt pétrolier (Ajaccio), Office Dépôt (commerce) , NextiraOne (ex-Alcatel, communication),  GlaxoSmithKline (industrie pharmaceutique-Evreux), Poste (Hauts-de-Seine), LE HAVRE ,Des enseignants, des étudiants et des salariés de l'automobile , Port de Marseille, Renault (Nord), Osram (Fabrication d’ampoules - Bas-Rhin), Bristol Myers Squibb (Pharmacie, Eure-et-Loir), Hôpitaux

 

 

Dépôt pétrolier (Ajaccio)

 

La grève est organisée du lundi 2 au mercredi 4 février au dépôt pétrolier d'Ajaccio, pour protester contre deux licenciements et une mutation sur le continent. Depuis mardi midi, la grève a privé de carburant la plupart des stations de Corse du Sud, et a affecté dans une moindre mesure celles de Haute-Corse. "La direction (de Total, propriétaire des dépôts pétroliers de l'île) a fait un pas en avant en décidant de surseoir à la mutation d'un employé, nous en faisons un en suspendant la grève", a commenté le STC (Syndicat des Travailleurs Corses) à l'issue des négociations menées mercredi avec le directeur régional de Total pour le Sud-Est. "La grève reprendra si les engagements pris ne sont pas tenus", a indiqué le STC, précisant que "la question des deux licenciements sera réglée plus tard, devant les prud'hommes". La grève a débuté lundi au dépôt de Bastia et a été suivie, en signe de solidarité, par les conducteurs des camions-citernes, qui ont refusé de livrer le carburant aux stations-service. Les chauffeurs de Haute-Corse ont fait de même mardi au dépôt de Lucciana, près de Bastia, mais ont repris le travail mercredi. Mardi soir, le directeur de Total-Corse avait indiqué que les sanctions avaient été prises "en raison de dysfonctionnement constatés dans l'entreprise". Mercredi après-midi, sur les sept stations-service qui bordent le front de mer d'Ajaccio, une seule disposait de carburant. "J'ai encore quelques litres d'essence sans plomb dans mes cuves, espérons que ça s'arrête vite et que ça ne fasse pas comme en Guadeloupe", a commenté son gérant…

 

Cette lutte pose la question des droits syndicaux et des formes de lutte, cruciale pour les victoires futures des travailleurs, alors que l’idéologie dominante et les lois sont celles de la classe dominante : la bourgeoisie et son oligarchie financière.

Par la lutte, nous devons imposer des droits pour les travailleurs dans l’entreprise.

Plus de la moitié de la classe ouvrière oeuvrant dans des PME est privée souvent de réels droits syndicaux.

L’URCF considère comme une condition vitale de l’unité ouvrière, la question de l’égalité des droits.

Dans les entreprises nationalisées que nous préconisons, nous luttons pour une représentation plus démocratique avec cette idée de bon sens : les travailleurs, catégorie la plus nombreuse, doivent avoir la majorité des sièges.

La politique néo-libérale du gouvernement tente de réglementer voire d’interdire le droit de grève, nos propositions de luttes (voir programme de l’URCF) partent de la nécessité de sa reconnaissance et de sa défense.

Le droit syndical sera obligatoire dans toutes les entreprises, dés lors qu’il y a deux personnes salariées (élection d’un délégué du personnel, création d’une section d’entreprise). Dans les entreprises de 10 salariés, un comité d’entreprise sera élu. Les conditions de vérification seront effectuées par l’inspection du travail avec contrôle des unions locales des centrales syndicales. Toute entrave au droit syndical sera punie par la loi, la notion de « harcèlement » sera étendue aux syndicalistes victimes de pressions patronales quelle qu’en soit la forme. Le droit à l’expression politique dans l’entreprise doit être  reconnu : affichages, réunions, prise de positions. Nul ne peut être poursuivi ou victime de discriminations en raison de son engagement politique,  syndical, ou privé, dans l’exercice de son travail. Le droit de grève sera reconnu comme expression légitime de la souveraineté populaire, les limites actuelles au droit de grève seront abrogées. Les « clauses de confidentialité » sur la gestion de l’entreprise seront abrogées. Les salariés, par l’intermédiaire de leurs élus, bénéficieront du droit à l’information sur tout ce qui concerne la marche de leur entreprise. Dans les entreprises publiques, la démocratisation touchera la représentation paritaire de la direction. Les représentants des salariés auront plus de 50 % des sièges au conseil d’administration. Dans les entreprises privées, les pouvoirs du comité d’entreprise doivent être élargis. Les élus du personnel bénéficieront d’un droit de contrôle sur la gestion et les investissements, sans restriction, avec droit d’interpellation auprès de l’inspection du travail.

Ces droits nouveaux ne pourront être arrachés même partiellement (et momentanément si les travailleurs ne se débarrassent pas du capitalisme) que par des luttes d’une grande ampleur où la question du bris de l’Etat capitaliste sera posée avec force. Ces réformes, qui favoriseront les luttes et l’unité du peuple-travailleur, si les communistes véritables jouent leur rôle, ne constituent pas pour autant un changement de société et de mode de production, les capitalistes restant les propriétaires au pouvoir. Seule la révolution, le renversement du capitalisme, le bris de son Etat et la socialisation, - c’est-à-dire donner aux ouvriers et aux travailleurs les entreprises, banques -, la construction d’un nouvel Etat socialiste afin que les producteurs de richesses puissent jouir enfin de leur travail.

Interdiction des licenciements, blocage continu dès le 19 mars dans une lutte générale pour satisfaire nos revendications contre le pouvoir !

 

 

 

Office Dépôt (commerce)

 

Les salariés du distributeur de matériel de bureau « Office Dépôt » ont fait grève jeudi 5 février, à l'appel d'une intersyndicale (CAT, Unsa, CGT, CFTC, FO, CFDT) pour « exiger de véritables négociations salariales ». Des salariés des entrepôts ont cessé le travail, ainsi qu'une vingtaine au siège. Les travailleurs se battent contre la direction générale qui se réfugie derrière la crise pour refuser catégoriquement d’augmenter les salaires collectifs et mettre en place ce qu'elle appelle « l'individualisation des salaires ».

Office Dépôt compte en France quelque 3 000 salariés, répartis entre 48 magasins, 4 entrepôts, 48 plates-formes de distribution et le siège à Senlis (Oise). Le groupe dispose de trois enseignes: Office Dépôt, Viking (vente à distance et sur internet) ainsi que Office Depot Business Solutions et ses 450 commerciaux. Présent dans 48 pays, le distributeur américain emploie actuellement 49000 personnes. Il a annoncé en décembre la fermeture de 10% de ses magasins en Amérique du Nord, entraînant la suppression de 2 200 emplois. La France n'est pas touchée pour l’instant.

Les salariés doivent refuser l’individualisation des salaires qui soumet celui qui travaille aux résultats supposés de l’entreprise et aux profits des propriétaires capitalistes !

 

La revendication centrale urgente et unifiante soutenue par l’URCF est d’exiger le SMIC à  1600 euros nets, l’augmentation générale des salaires et pensions de 300 euros nets mensuels. Ensemble, le 19 mars et après, pour créer un rapport de force gagnant sur nos revendications dans la grève générale bloquante et continue. Salaires contre profits !

 

 

NextiraOne (ex-Alcatel, communication)

 

Un tiers des quelque 1 800 salariés de NextiraOne (ex-Alcatel), étaient en grève du mardi 3 au jeudi 5 février pour réclamer "une politique salariale digne", soit "100 euros minima d'augmentation générale mensuelle?. D'après la CGT, la CFDT et Sud, qui ont appelé à ce mouvement aux côtés de la CFTC, FO et la CGC, "alors que la direction reconnaît que la crise n'a que peu de conséquences sur le niveau de commandes de l'entreprise, elle retarde les négociations obligatoires, mais prend déjà des décisions unilatérales", comme la réduction de bonus de fin d'année 2008 et la suspension de primes. NextiraOne serait revenu sur cette dernière décision "dès l'annonce de ce mouvement", d'après ces syndicats. "La crise pour qui ?", s'interrogent-ils, notant pour 2008 une amélioration du résultat opérationnel de la société et pour 2009 des prévisions d'un chiffre d'affaires stable. "La communication est coupée" avec la direction.

 

Les salariés doivent refuser l’individualisation des salaires et les primes qui soumettent ceux qui travaillent aux résultats supposés de l’entreprise et aux profits des propriétaires capitalistes !

La revendication centrale urgente et unifiante soutenue par l’URCF est d’exiger le SMIC à  1600 euros nets, l’augmentation générale des salaires et pensions de 300 euros nets mensuels. Ensemble, le 19 mars et après, pour créer un rapport de force gagnant sur nos revendications dans la grève générale bloquante et continue. Salaires contre profits !

 

 

GlaxoSmithKline (industrie pharmaceutique-Evreux)

 

Plusieurs centaines de salariés de l'usine GlaxoSmithKline d'Evreux (Eure) ont cessé le travail, jeudi 5 février, pour protester contre un plan de restructuration qui prévoit la suppression de 798 emplois sur ce site dans les trois ans. Les grévistes se sont rassemblés en masse devant les portes de cette usine qui emploie près de 2 000 salariés. "Il y a 80% des gens travaillant sur le site aujourd'hui qui sont présents pour montrer qu'ils ne veulent pas mourir", a déclaré le délégué FO, entouré par des ouvrières criant leur colère. Cette usine, fondée en 1968, fabrique des aérosols, des poudres à inhaler et des comprimés effervescents. "Depuis 40 ans, les gens sont au rendez-vous pour bâtir cette usine et on les remercie avec un coup de pied au c..". Le délégué CGT a assuré que le plan visait d'abord à "accroître" les bénéfices des actionnaires. "Il est trop tôt pour négocier, il faut nous laisser du temps, même si la direction est pressée de finaliser", a-t-il ajouté. Tous se disent "choqués" par la fermeture (qui doit intervenir dès juin prochain) du centre de recherches installé sur le site, et qui compte 96 collaborateurs de haut niveau. "Depuis cinq mois, les salariés n'ont plus rien à faire". Le maire DVG d'Evreux s'est rendu sur place pour apporter le "soutien" de la municipalité. "C'est traumatisant, parce que Glaxo, qui est le fleuron de l'industrie locale et départementale, était jusqu'à présent toujours en phase ascendante", a-t-il déclaré. Le maire, qui a appelé à la création d'une cellule de crise, a souligné que la Taxe professionnelle de GSK représentait 30% du produit de cet impôt perçu par la Communauté d'agglomération d'Evreux qui compte 84 000 habitants. Selon la direction, la restructuration n'est pas due à la crise, mais à des changements structurels dans l'industrie pharmaceutique, liés en particulier à l'avènement des génériques et des médicaments fabriqués à coût moindre dans les pays émergents. Ce plan annoncé mercredi prévoit aussi la suppression de 37 emplois sur 100 au centre de recherches des Ulis (Essonne) et de 13 sur 850 sur le site industriel de Notre-Dame de Bondeville (Seine-Maritime).

 

La lutte doit être centrée sur le refus des licenciements, en s’appuyant sur les profits de ces groupes. Le prolétariat n’a que la vente de sa force de travail pour vivre. Son intérêt et celui de son parti est de refuser la moindre suppression de poste. Zéro licenciement ! Zéro suppression d’emploi ! Zéro fermeture d’usine ! Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en pré-retraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe. L’URCF est consciente que seule la lutte générale (organisée) par la grève nationale et le blocage dans la durée peut faire reculer (mais pas abdiquer) le capital sur nos revendications immédiates ; stratégie que refusent les bureaucraties syndicales acquises aux intérêts du capitalisme. Pour l’heure, les employés de BMS et les populations locales doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage. Dans ces comités, les communistes de l’URCF relieront la lutte quotidienne (contre les conséquences du capitalisme et de sa crise structurelle) à la lutte générale contre le capitalisme et démontreront patiemment que la révolution socialiste est la seule alternative populaire au capitalisme.

Nationalisation sans indemnité des monopoles casseurs d’emploi et intégration dans un pôle public de santé pour assurer les besoins ! Emplois contre profits !

 

 

Poste (Hauts-de-Seine)

 

Les postiers des Hauts-de-Seine en grève se sont rassemblés vendredi 6 février devant le Conseil général à Nanterre, afin d'interpeller le président UMP de l'assemblée départementale et ministre de la « Relance », Patrick Devedjian. Une centaine de personnes se sont réunies dans la matinée devant l'hôtel du département en criant "Aujourd'hui dans la rue, demain on continue !". Selon le responsable départemental CFTC, une réunion entre les syndicats et la direction s'est tenue jeudi mais "n'a rien donné". La CFTC a déposé un nouveau préavis de grève illimitée pour lundi, tandis que le mouvement s'étendait vendredi à "dix centres courrier" du département, a-t-il ajouté. La direction a assuré dans un communiqué que "95% des facteurs des Hauts-de-Seine assurent normalement la distribution du courrier, en dépit des déclarations syndicales pour tenter de généraliser le mouvement à l'ensemble du département". Une rencontre entre le médiateur, Daniel Schlesinger, et les avocats des différentes parties devait se tenir vendredi après-midi "pour définir le calendrier de la médiation", a-t-on précisé à La Poste. M. Schlesinger, a été désigné mercredi en référé par le tribunal de grande instance de Paris, pour régler avant le 18 février le conflit entre La Poste des Hauts-de-Seine, le syndicat SUD-PTT et huit salariés. La direction de La Poste des Hauts-de-Seine a assigné en justice le syndicat SUD-PTT et huit postiers pour "usage abusif du droit de grève et entrave à la liberté de travail". Cette procédure a été lancée par La Poste à la suite du mouvement de grève lancé le 12 janvier par une partie des postiers de Boulogne-Billancourt, à l'appel de SUD-PTT, de la CGT et de la CFTC, et qui avait conduit à l'occupation des locaux du centre de tri du courrier de Nanterre, où se trouvent aussi les bureaux de la direction départementale de La Poste. Le mouvement de grève, qui porte notamment sur l'application d'un projet de réorganisation des tournées, s'est étendu depuis à plusieurs autres communes du département.

 

Pour connaître notre analyse se reporter à la page front des luttes de janvier ou cliquez ici

 

 

 

LE HAVRE

 

Des enseignants, des étudiants et des salariés de l'automobile ont mis en place, le 10 février, des barrages filtrants au Havre pour « exiger du gouvernement des réponses sur l'emploi et le pouvoir d'achat ». A l'appel d'une intersyndicale CGT-CFDT-FSU-Solidaires-Unef, trois barrages ont été mis en place dès 6 heures, avec des centaines de salariés, à chaque fois, aux abords des gares et de la zone industrialo-portuaire. Ces barrages se veulent "un prolongement" de la journée d'action nationale du 29 janvier au cours de laquelle 20 000 personnes avaient manifesté dans les rues du Havre.

"Nous voulons montrer que ce que Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi lors de son intervention télévisée ne satisfait pas les salariés".

Le soir du 29 janvier, la plupart des organisations syndicales du Havre avaient lancé un appel aux confédérations syndicales pour qu'elles constituent "un collectif national de lutte" afin de préparer un mouvement d'ensemble pour "faire plier le gouvernement".

 

Si les bureaucraties du syndicalisme d’aménagement gèrent à nouveau la colère des travailleurs comme ils l’ont fait après le 29 janvier et refusent d’organiser une lutte bloquante et durable dès le lendemain du 19 mars, suivons l’exemple du salariat du Havre et organisons nous-mêmes la bataille dans des collectifs de lutte sur tout le territoire !

 

 

 

Port de Marseille

 

La mise en oeuvre de la réforme portuaire se heurte à une résistance croissante de la CGT à Marseille, où le syndicat a prévenu, lundi 9 février, que la situation était "explosive", en dénonçant le licenciement de salariés grévistes d'un chantier naval privé.

L'Union navale Marseille (UNM, groupe Boluda) a renvoyé sept de ses quelque 130 employés pour "entrave à la liberté du travail" lors d'une grève en janvier que nous avons relayée sur notre site. Les ouvriers ont cessé le travail pour protester contre le recours "abusif" de leur employeur à la sous-traitance, et dénoncent en retour une atteinte au droit de grève. Le recours croissant à la sous-traitance et à la main-d'oeuvre étrangère sur le port entraîne "des dérives dans les conditions de travail et la sécurité", explique la CGT lors d'une conférence de presse qui a réuni des représentants de tous les secteurs du port (dockers, marins, ouvriers métallurgistes, grutiers-portiqueurs et remorqueurs, douaniers). "Le blocage de l'activité par une minorité de l'entreprise met en péril l'avenir de l'ensemble de la société", a rétorqué l'UNM. Selon le syndicat, ce conflit pourrait être la goutte d'eau qui fait déborder le vase, alors que la "mise en marche forcée" de la réforme du 4 juillet 2008 sur le transfert au privé des activités de manutention engendre un mécontentement grandissant. "La privatisation était soi-disant faite pour créer des emplois, mais la réalité, ce n'est pas ça", a martelé le représentant des marins. "On est en train de casser les emplois sur le port, alors qu'on met des millions d'euros d'argent public pour faire venir des repreneurs". "La loi n'a jamais dit que tous les personnels ni tous les outils seraient repris. On sait bien qu'il n'y aura pas de reprise intégrale du personnel, mais ce n'est pas pour autant qu'ils vont se retrouver à la rue", a répondu le directeur général du Port depuis l'automne ! La CGT du port dément refuser la réforme signée par sa fédération nationale, mais devant la réalité du terrain et des intérêts des ouvriers, veut « négocier âprement » sa mise en oeuvre.

En décembre, après plusieurs jours de grève, les personnels des terminaux pétroliers ont déjà obtenu que le port conserve le contrôle du secteur au sein d'une filiale détenue à 51%, et des garanties sociales supérieures à celles négociées dans l'accord-cadre national accompagnant la réforme. "Les terminaux pétroliers, c'est la partie la plus rentable du port, on a mal démarré l'affaire" (sic), a regretté, fin janvier, le président de la chambre de commerce et d'industrie Marseille Provence. Depuis début février, les bassins enregistrent à leur tour plusieurs arrêts de travail du personnel manutentionnaire et de nouveaux préavis de grève ont été déposés. Ces actions ont été vivement dénoncées par l'Union maritime et fluviale (UMF) de Marseille-Fos qui regroupe l'ensemble des opérateurs du port. Pour elle, la réforme doit être "menée à son terme à Marseille-Fos dans les conditions prévues par la loi", sans "que nul ne cède à cet odieux chantage". La CGT, elle, entend peser sur le projet stratégique du port en cours d'élaboration, face à des repreneurs qui "s'engagent a minima" en termes d'emploi. "Je comprends ce que peuvent être les interrogations du personnel face à la crise, mais ils voudraient qu'on ne fasse pas la réforme et qu'on n'applique pas la loi à Marseille", dit la direction du Port. Le directeur « comprend » mais il ne fait rien, il applique et défend les intérêts du capitalisme, de la loi du profit maximum pour un maximum dans les poches de sa classe bourgeoise. La direction de l'UNM a assigné, lundi 16 février, cinq de ses salariés syndiqués à la CGT devant le tribunal de grande instance de Marseille pour "entrave à la liberté de travailler". Le jugement sera rendu le 20 février.

Un peu plus tôt dans la matinée, les salariés de l'UNM ont voté un arrêt de travail reconductible, selon la CGT. Une quarantaine d'entre eux étaient présents devant le tribunal pour manifester leur soutien aux cinq salariés convoqués. Vendredi 13 février, les grévistes avaient bloqué les voies d'accès à l'entreprise. Le licenciement par l'UNM de sept salariés grévistes - qui fera l'objet d'une audience devant les prud'hommes le 12 mars - a encore accru la tension. 

 

Pour l’analyse de cette lutte voir les luttes de janvier, au lien suivant :cliquez ici

 

 

 

Renault (Nord)

 

La production de l'usine Renault de Douai (Nord) était très ralentie, jeudi 12 février, en raison d'une grève suivie par 60% des salariés, qui revendiquent une hausse des salaires et de la prime d'intéressement. Dès 10h, l'atelier de tôlerie était entièrement paralysé, alors que l'emboutissage et le montage tournaient au ralenti.

Plusieurs syndicats de l'usine, dont la CGT, FO et SUD, ont appelé à débrayer pour faire pression sur la direction, à la veille de l'ouverture, vendredi, de la négociation annuelle obligatoire (NAO) sur les salaires. "On réclame 10% d'augmentation de salaire et le maintien de la prime d'intéressement, qui passe de 2 000 euros (en 2007) à 200 euros" au titre de l'exercice 2008, alors que l'usine reste bénéficiaire. Les débrayages sont fréquents sur le site "compte tenu des mauvaises conditions de travail avec des cadences qui n'arrêtent pas d'augmenter" et ce en dépit d'une baisse constante de l'activité. "On travaille quatre jours par semaine, six heures par jour au lieu de sept, depuis presque un an. Au plus fort de l'activité, on a produit 2 400 véhicules par jour?. Le groupe Renault a annoncé jeudi un bénéfice net (selon les règles comptables fixées par la bourgeoisie) de 599 millions d'euros pour 2008 (2,734 milliards en 2007).

 

La question des salaires est une revendication centrale de la classe ouvrière. L’URCF soutient la lutte des Renault-Douai qui doivent étendre leur grève à tous les sites du groupe et à la lutte générale pour des augmentations de salaires à tous les travailleurs de France. Cependant, les salariés doivent aussi refuser l’individualisation des salaires et les primes qui soumettent ceux qui travaillent aux résultats supposés de l’entreprise et aux profits des propriétaires capitalistes ! Revendiquons l’intégration des primes dans le salaire !

La revendication centrale urgente et unifiante, soutenue par l’URCF, est d’exiger le SMIC à  1600 euros nets, l’augmentation générale des salaires et pensions de 300 euros nets mensuels. Ensemble, le 19 mars et après, pour créer un rapport de force gagnant sur nos revendications dans la grève générale bloquante et continue. Salaires contre profits !

Renault vient de toucher à plusieurs reprises des milliards du gouvernement Sarkozy ! Nationalisation sans indemnité des monopoles casseurs d’emploi !

Tapons dans les coffres-forts des banques, des monopoles (multinationales) et de leur Etat !

 

 

 

Osram (Fabrication d’ampoules - Bas-Rhin)

 

Les salariés de l'usine Osram de Molsheim (Bas-Rhin) se sont mis en grève, jeudi 12 février, contre le projet de la direction de modifier le temps de travail, qui se traduit par une baisse de 12,5% des salaires. Avec des affiches dénonçant un "Plan social déguisé" et réclamant "Touchez pas à mon temps horaire : non aux -12,5% !", une cinquantaine de salariés (selon la direction) se sont rassemblés devant les portes de l'usine qui emploie 800 personnes, pour manifester leur mécontentement. Selon la déléguée FO, seul syndicat représenté dans l'usine avec la CGC, la grève de 24 heures touche en fait 50% des équipes de production qui travaillent en 3x8, mais les salariés des services de logistique et de l'administration sont peu mobilisés. La déléguée a expliqué que la direction proposait individuellement aux salariés de leur payer 39 heures au prix de 35 heures, ce qui entraîne une baisse du taux horaire de 12,5%. "Dans un premier temps, nous n'aurons pas de baisse de salaire, car nous serons payés quatre heures en heures supplémentaires, mais s'il y a une baisse d'activité, prévisible par ces temps de crise, le salaire diminuera".

La direction a indiqué dans un communiqué qu'"afin de garantir la compétitivité de Molsheim et l'emploi sur le long terme, des entretiens sont en cours avec les salariés sur l'aménagement du temps de travail".

L'usine de Molsheim est en train de se reconvertir dans la production d'ampoules halogènes à économie d'énergie, qui vont remplacer les ampoules à incandescence.

 

Les ouvriers d’Osram et d’ailleurs, producteurs des richesses matérielles, sont juste bons à être exploités, comme c’est la loi sous le capitalisme. La loi du profit maximum est une loi fondamentale du capitalisme-impérialisme. Nos patrons et l’Etat qui leur est subordonné, ne veulent pas augmenter le niveau de vie des travailleurs, mais veulent baisser le coût du travail par tous les moyens - y compris l’allongement de la durée de travail - pour augmenter leur taux de profit. Seule la lutte peut les faire reculer. Sarkozy et le gouvernement ont une feuille de route donnée par l’oligarchie financière : nous faire payer la crise et en tirer des bénéfices !

La revendication centrale urgente et unifiante, soutenue par l’URCF, est d’exiger le SMIC à  1600 euros nets, l’augmentation générale des salaires et pensions de 300 euros nets mensuels. Ensemble, le 19 mars et après, pour créer un rapport de force gagnant sur nos revendications dans la grève générale bloquante et continue. Salaires contre profits !

Quant à l’avenir, il ne saurait résider dans un système capitaliste fondé sur la maximisation du profit, sur l’incapacité à satisfaire les revendications durables matérielles et culturelles, en France et ailleurs. L’URCF est persuadée que la classe ouvrière, au fur et à mesure de ses luttes, apparaîtra comme la seule classe (avec l’ensemble des travailleurs) apte à chasser la bourgeoisie afin de prendre le pouvoir, socialiser – c’est-à-dire donner aux ouvriers et aux travailleurs - les entreprises, banques, construire un nouvel Etat socialiste, afin que les producteurs de richesses puissent jouir enfin de leur travail.

 

 

 

Bristol Myers Squibb (Pharmacie, Eure-et-Loir)

 

La majorité des salariés de l'entreprise Bristol Myers Squibb (BMS) d'Epernon (Eure-et-Loir) est en grève illimitée pour protester contre l'abandon, par la direction, du site de production d'Epernon. "Plus de 70% du personnel du site d'Epernon, qui compte 220 salariés, est en grève illimitée", a précisé le délégué CGT. Dans le cadre d'une « réorientation » de sa production, le groupe pharmaceutique américain a annoncé son intention de se désengager entre fin décembre 2009 et juin 2010 des sites d'Epernon et de Meymac (Corrèze). "Les conditions de reclassement ne nous conviennent pas", a précisé le délégué syndical. "Les négociations jusqu'à ce soir, du plan social n'ont pas permis de trouver un accord", selon la CGT. Les salariés de Meymac et d'Epernon doivent se rendre mardi prochain au siège de l'entreprise, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), pour manifester. Une partie des employés pourrait être mutée au sein d'une usine à Agen.

Le responsable de la communication de l'entreprise a affirmé à la presse que "les avantages et salaires des personnels mutés seront maintenus". "Notre repositionnement stratégique est logique, surtout en situation de sur-capacité", a-t-il ajouté.

 

Nous sommes solidaires de ces salariés, mais nous nous devons de dire franchement notre opinion. Le contexte économique est particulièrement difficile, ainsi se créent les conditions objectives d’émergence de courants de résignation, voire de capitulation, encouragés par les bureaucraties syndicales. Une lutte qui se résume à la négociation du plan social est en dessous des intérêts des travailleurs.

Pas question pour le peuple-travailleur de porter comme revendication des mesures compensatoires à des licenciements ou des conditions de reclassement acceptables ! (cette négociation des compensations ou du plan social peut venir au terme d’un rapport de force défavorable, mais pas en préalable de lutte comme une revendication à faire aboutir). L’URCF pense qu’il est vital, pour la classe ouvrière, d’avancer d’autres axes pour son combat. 

La lutte doit être centrée sur le refus des licenciements, en s’appuyant sur les profits de ces groupes. Le prolétariat n’a que la vente de sa force de travail pour vivre. Son intérêt et celui de son parti est de refuser la moindre suppression de poste. Zéro licenciement ! Zéro suppression d’emploi ! Zéro fermeture d’usine ! Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en pré-retraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe. L’URCF est consciente que seule la lutte générale (organisée) par la grève nationale et le blocage dans la durée peut faire reculer (mais pas abdiquer) le capital sur nos revendications immédiates ; stratégie que refusent les bureaucraties syndicales acquises aux intérêts du capitalisme. Pour l’heure, les employés de BMS et les populations locales doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage. Dans ces comités, les communistes de l’URCF relieront la lutte quotidienne (contre les conséquences du capitalisme et de sa crise structurelle) à la lutte générale contre le capitalisme et démontreront patiemment que la révolution socialiste est la seule alternative populaire au capitalisme.

Nationalisation sans indemnité des monopoles casseurs d’emploi pour assurer les besoins ! Emplois contre profits !

 

 

 

Hôpitaux

 

4000 manifestants ont réclamé, jeudi 12 février à Paris, le "retrait de la loi Bachelot" examinée à l'Assemblée nationale et « le maintien de tous nos hôpitaux ». Les manifestants se sont rendus jusqu'à l'Assemblée aux cris de "ni amendable, ni négociable, retrait de la loi Bachelot!", à l'appel notamment de plusieurs syndicats de la santé de la région parisienne, dont une intersyndicale de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), et de la Coordination nationale de défense des hôpitaux et maternités de proximité.

Au milieu de drapeaux CGT, SUD ou CFTC, des banderoles ou pancartes demandaient "le maintien de tous nos hôpitaux" ou "des moyens humains pour le soin". Elles transformaient aussi le sigle HPST du projet de loi "Hôpital, patients, santé, territoires", en "Hôpital public sous terre" ou "Hôpital privatisé, santé torpillée". Certains d'entre eux criaient : "De l'argent, il y en a, dans les poches du patronat !" ou "Sarko dehors!". A Caen, une centaine de personnes ont également envahi l'agence régionale de l'hospitalisation (ARH) au cri de "retrait de la loi Bachelot". "A l'hôpital de Lisieux, on supprime 50 postes de soignants sur 480, alors que nous avons 2 000 journées d'hospitalisation en plus par an sur 24 000. A cause des restrictions budgétaires, on est obligés de mettre trois lits dans les chambres à deux lits", a déclaré Alain, de la CGT, membre du Conseil d'administration de l'hôpital de Lisieux (Calvados), en zone rurale.

 

L’URCF soutient la lutte des personnels hospitaliers.

La santé n’a pas de prix, exigeons le maintien et le développement du service public de santé, en taxant les profits des grands laboratoires et des sociétés pharmaceutiques.

Dans son programme (de lutte), l’URCF se prononce pour la création d’un pôle de service public santé et pour des Etats généraux de la santé avec les professionnels, les usagers, les représentants des autres pôles de service public, les représentants des salariés, afin de définir l’état des lieux et les besoins à satisfaire.

La création importante d’emplois dans le secteur de santé doit viser à rattraper les 100 000 emplois supprimés tant par la droite que par les sociaux-libéraux, puis à créer de nouveaux emplois selon les besoins. L’existence d’établissements privés fondés sur le profit est incompatible avec la santé publique. 

La priorité doit être donnée aux Etablissements publics de santé. Les aides publiques ne  doivent pas aller aux établissements privés dont le financement doit rester totalement  privé, sauf si ces derniers adhèrent au pôle de service public santé, pôle qui ne pourra voir le jour que dans un grand affrontement de classes où les luttes et les contradictions du système capitaliste seront exacerbées.

L’heure est à la lutte dans tous nos hôpitaux, en lien avec la population, pour sauver et gagner notre droit à une santé de qualité pour tous. Lutte qui devra se hisser au niveau d’une lutte générale pour être victorieuse.

 

 

Commission ouvrière et d’entreprises de l’URCF, 20 mars 2009

 
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