LUTTES DE MAI 2009

 Faurecia (Auchel, équipementier automobile), Altis-Semiconductor  (électronique, Essonne), 3 Suisses (Commerce, Lille), Beaulieu International Group (Textile), Lear (Lagny-le-Sec, équipementier automobile),  Cummins filtration, Nantes/Saint-Nazaire , Caterpillar (construction mécanique, Isère) , Sonas Automotive (équipementier, Creuse), Lancaster (groupe de cosmétiques, Monaco), Continental de Clairoix (Oise, pneumatiques), Goodyear Dunlop (Amiens, pneumatiques), Nufarm de Gaillon (agrochimie, Eure)Visteon (Rougegoutte, équipementier automobile), Veolia Eau (Montpellier), Michelin (pneumatiques, Clermont-Ferrand), STMicroelectronics (semi-conducteurs, Bouches-du-Rhône), SNR (Annecy), STX (Sous-traitance chantiers navals, Saint-Nazaire), Aéroport d’Orly

Luttes pour l’emploi 

Analyses et propositions communistes

 

La crise révèle à beaucoup que le capitalisme n’est pas réformable, qu’il signifiera toujours les mêmes maux pour la majorité laborieuse.

En effet, rien ne change, les fauteurs du chaos économique, les banques, les boursicoteurs, l’oligarchie, veulent profiter de la situation pour gagner toujours plus de profits, en faisant payer aux travailleurs leurs pertes et en tirant de nouveaux bénéfices !

Dans l’immédiat, le plus urgent est pour les travailleurs, la construction du rapport de forces, afin de réussir à faire payer la crise du capitalisme par ses fauteurs, augmenter les salaires, sauver et développer les emplois ! Le capitalisme veut se débarrasser des entreprises dont le profit n’est pas maximum, adapter son outil de production au besoin du marché : le résultat, c’est en France 3000 privés d’emplois de plus chaque jour.[1] Le patronat veut ainsi aggraver l’exploitation capitaliste, durcir les conditions de travail, accentuer la concurrence, volet de chômage oblige, entre travailleurs ayant un emploi et privés d’emploi.

Le programme de l’URCF est construit autour de cet axiome vérifié : les grands changements, les  conquêtes sociales ont toujours leurs sources dans les luttes de classes ! Pour sauver nos emplois, nos axes de luttes sont :

  • Plan national de luttes contre le chômage.
  •  Interdiction des licenciements.
  • Suppression des CDD par la généralisation des emplois en CDI.
  • Les revenus des chômeurs devront être revalorisés, avant l’interdiction des licenciements, il est nécessaire que les  indemnités en cas de licenciements se montent à 90 % du salaire.
  • Nationalisation sans indemnités des entreprises casseuses d’emploi avec contrôle ouvrier et création de vastes pôles de services publics (banques et crédit, logement, santé, Energie, transport, agro-alimentaire, Education,-Recherche-Culture-Communication-Poste).

 

Les marxistes-léninistes savent que les nationalisations relèvent du capitalisme d’Etat (nous avons largement écrit sur le sujet) ; mais dans ces entreprises nationalisées, les travailleurs (aidés par les véritables communistes) devront poser la question d’une production qui réponde aux besoins de la population. Les nationalisés seront ainsi l’objet d’une âpre lutte de classes entre les monopolistes, leur Etat et les travailleurs cherchant toujours plus à satisfaire leurs revendications sociales, politiques. Les monopolistes et leurs agents préconiseront toujours  la rentabilité financière, le pillage des entreprises des pays dominés. La bataille pour les nationalisations exacerbera toutes les contradictions du système capitaliste, si les communistes jouent pleinement leur rôle, et des millions de travailleurs se poseront la question du bris de l’Etat capitaliste, obstacle ultime à leur émancipation sociale. Pour une analyse plus complète de la tactique des pôles de service public, consultez notre programme en ligne (mettre un lien).

Si L’URCF salue toutes ces luttes auxquelles elle apporte son soutien, y compris dans ses formes radicales, la solidarité implique aussi la franchise et la critique des insuffisances. Les  communistes révolutionnaires doivent soutenir et développer les luttes et la solidarité de classe, les diriger contre les profits pour les emplois et les salaires. Les luttes, aussi radicales soient-elles, qui se résument à des augmentations d’indemnité de départ, s’éloignent des intérêts de classe des ouvriers. Nous ne nions pas la nécessité de cette douloureuse bataille, mais à l’issue seulement d’un combat général non victorieux pour le maintien des emplois et des sites qui nous font survivre aujourd’hui et ferons vivre nos enfants demain. L’absence organisée de véritable solidarité et de lutte à l’échelle nationale, conséquence du syndicalisme d’aménagement et d’accompagnement de la bureaucratie ouvrière, livre les travailleurs à leur propre sort. Les insuffisances, quand elles existent, ne sont pas dues aux travailleurs des entreprises concernées, mais bien à l’absence de revendications nationales unifiantes portées par les confédérations - et notamment par la CGT dont ce fut la pratique dans sa période de classe et de masse - et au refus actuel des bureaucraties syndicales d’affronter politiquement et frontalement l’offensive réactionnaire anti-ouvrière et anti-grèves de Sarkozy. Offensive qui a pour objectif de détruire les conquêtes sociales arrachées par nos aînés et de faire payer la crise par ses victimes : le peuple-travailleur. Au centre de ces luttes sont posées la question urgente de la défense de l’emploi, l’urgence de contrecarrer la paupérisation en exigeant une hausse des salaires, la lutte contre la précarité, la défense des services publics contre les privatisations continues et la politique bourgeoise d’austérité de réduction drastique des moyens, la solidarité avec les Sans-papiers.

La lutte pour la défense de l’emploi doit être centrée sur le refus des licenciements, en s’appuyant sur les profits de ces groupes. Le prolétariat n’a que la vente de sa force de travail pour vivre. Son intérêt et celui de son parti est de refuser la moindre suppression de poste. Aucun licenciement ! Pas de suppression d’emploi ! Non aux fermetures d’usine ! Même les suppressions d’emplois « sans licenciements » (par exemple en préretraite payée par l’impôt sur les travailleurs) doivent être combattues une par une. Ce sont nos emplois pour vivre aujourd’hui, demain ceux de nos enfants, c’est notre intérêt de classe. L’URCF est consciente que seule la lutte générale (organisée) par la grève nationale et le blocage dans la durée peut faire reculer (mais pas abdiquer) le capital sur nos revendications immédiates ; stratégie que refusent les bureaucraties syndicales acquises aux intérêts de son capitalisme. Pour l’heure, les ouvriers et les employés de ces entreprises, avec les populations locales, doivent s’organiser en comités larges de défense de l’emploi par la grève et le blocage dans la durée. Ces comités doivent parvenir à se coordonner pour se soutenir et unifier leurs forces. Face à la trahison des bureaucraties syndicales, les travailleurs doivent s’auto-organiser, nous ne pouvons compter que sur nos propres forces !

 

 

Exposé des luttes de mai en France

 Faurecia (Auchel, équipementier automobile)

Un face-à-face tendu entre vigiles gardant le site de l'équipementier automobile Faurecia à Auchel (Pas-de-Calais) et les grévistes organisés en piquets de grève, a été marqué par des bousculades jeudi 30 avril. Après l'intervention, dans la nuit de mercredi à jeudi, de forces de l'ordre pour libérer l'accès à l'usine, des vigiles venus d'une société de sécurité privée ont interdit l'accès de l'usine aux grévistes en fin de matinée, ce qui a failli déclencher une bagarre générale.  Les pompiers ont été appelés sur place à la suite du malaise d'une salariée devant l'usine. D'après les syndicats, plus de 400 salariés bloquaient à nouveau le site jeudi matin. Les forces de l'ordre ont libéré, mercredi vers 23 heures, les accès de l'usine, sur commande du préfet du Pas-de-Calais pour permettre l'évacuation de milliers de pièces stockées dans l'usine et le réapprovisionnement de plusieurs lignes de production.  La direction de Faurecia a dévoilé le 5 mars un projet de fermeture du site. Il prévoit le transfert de 329 postes sur 508 vers les sites de Marles-les-Mines et Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, et la suppression des 179 emplois restants.

Un accord entre la direction et les syndicats a été trouvé lundi 11 mai sur le maintien de 90 salariés sur le site, dont les ouvriers organisent la grève depuis l'annonce de la fermeture du site le 19 avril. Les salariés ont tout de même voté la poursuite de la grève, dans l'attente du résultat de nouvelles négociations sur le volet social du plan de restructuration.  "Quatre-vingt-dix salariés resteront sur le site d'Auchel, alors que c'était zéro au départ", a affirmé un responsable de la CGT Chimie. « Quatre-vingts autres salariés resteront également à Auchel dans le cadre d'un plan de réindustrialisation", a-t-il ajouté, saluant "un signe d'espoir et une bouffée d'oxygène pour ceux qui luttent contre la fermeture d'usines".  "Dès mardi vont débuter les négociations sur les mesures d'accompagnement social pour les salariés qui partiront à Marles-les-Mines ou Hénin-Beaumont, pour ceux qui choisiront un départ volontaire ou pour ceux qui seront touchés par des mesures d'âge". Lundi, les chaînes de production de l'usine Toyota d'Onnaing, près de Valenciennes, qui fabrique des Yaris, n'ont pas fonctionné en raison d'une rupture d'approvisionnement de panneaux de portes causée par la grève chez Faurecia à Auchel, selon la direction patronale.

 Notre analyse communiste ( CF haut de page).

 

Altis-Semiconductor  (électronique, Essonne)

Un peu plus de 200 salariés de l'usine Altis-Semiconductor de Corbeil-Essonnes (Essonne) ont manifesté mardi 5 mai devant le siège de leur principal actionnaire, IBM France, pour exiger des garanties sur leur avenir, incertain tout particulièrement depuis plus de deux ans. Le PDG d'IBM France a reçu une délégation de l'intersyndicale (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO) au siège de Courbevoie (Hauts-de-Seine), mais "sur le fond, aucune des inquiétudes n'a été levée et l'humeur est vraiment morose", a déclaré le secrétaire CFDT du CE d'Altis.  Depuis l'annonce en 2007 par les deux actionnaires principaux, IBM et Infineon, de leur désengagement de l'usine de semi-conducteurs à l'échéance 2009, les 1 500 salariés du site naviguent entre les projets de reprise et la crainte d'une fermeture. A l'automne 2007, un rachat par un consortium russe avait été annoncé, mais il n'a jamais été concrétisé et un nouveau plan de reprise "franco-français" est évoqué depuis plusieurs semaines pour ce site.  Les salariés ont exigé mardi "la prise en charge par IBM" du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) en cas de reprise et "des garanties" pour "assurer un volume d'activité suffisant jusqu'à l'autonomie de la nouvelle entreprise". "On n'a obtenu aucune garantie", a déclaré le secrétaire CFDT, mais "ils espèrent nous donner le nom d'un repreneur à la fin de la semaine prochaine". Le dernier plan social du site de Corbeil-Essonnes, en 2006, avait supprimé quelque 320 emplois et 101 CDD n'avaient pas été renouvelés
Notre analyse ( CF haut de page). 

 

3 Suisses (Commerce, Lille)

Quelque 500 salariés des 3 Suisses, dont une centaine d'employés de cinq centres d'appel français, ont perturbé, mardi 5 mai à Croix (Nord), un comité d'entreprise censé examiner un plan social qui prévoit 674 suppressions d'emplois. Rassemblés à l'appel de l'intersyndicale CGT-CFE/CGC-CFDT-Sud-FO-GADT-CFTC, les employés ont envahi, vers 11 heures, la salle où se tenait le CE extraordinaire, au siège du groupe à Croix en présence notamment de son directeur des ressources humaines. Le CE, lors duquel représentants de la direction et des syndicats devaient examiner les modalités du plan social annoncé en début d'année, a été de nouveau perturbé mardi après-midi, tandis que d'autres salariés ont bloqué le site d'expédition des colis des 3 Suisses à Croix. Le numéro 2 français de la vente par correspondance a annoncé en février mercredi la suppression de 674 postes, soit 20% de ses effectifs, dans le cadre d’une réorganisation.
Notre analyse ( CF haut de page).  

 

Beaulieu International Group (Textile)

Le groupe belge Beaulieu International Group a annoncé mardi 5 mai son intention de fermer deux usines de fabrication textile situées à Comines (Nord) et Douvrin (Pas-de-Calais), qui emploient au total 344 personnes, en raison de la "crise économique persistante". "Le groupe a annoncé ce matin à son conseil d'entreprise européen son intention de fermer définitivement les établissements de Beaulieu Weavers (tapis tissés) à Comines et Filartois (fils) à Douvrin", selon un communiqué de la direction, qui évoque 344 emplois "menacés". Ce dernier estime que "les restructurations actuelles sont nécessaires pour assurer l'emploi dans les autres établissements du groupe, qui occupent encore plus de 3.000 personnes aujourd'hui".

 Notre analyse communiste  : Tactique classique pour la direction patronale qui tente de monter les uns contre les autres parmi les ouvriers de chaque usine du groupe ; la direction a compris qu’elle ne pourrait pas résister à l’unité des ouvriers de tout le groupe s’ils parvenaient à comprendre et forger leurs intérêts communs de classe (en tant que prolétaires). 
Les syndicats CGT, CGC, CFDT et FO de Filartois ont dénoncé dans un communiqué une "annonce destructrice d'emplois" et vont tenir une assemblée générale des salariés "pour décider des actions à mener". "Aujourd'hui, pour être honnête, c'est un coup de massue", a déclaré le secrétaire départemental du Pas-de-Calais de la CGT, employé chez Filartois, dénonçant "une mauvaise gestion de l'entreprise et du groupe depuis plusieurs années". 
 Analyse communiste : C’est faire fi de toute analyse de classe, que de parler de « mauvaise gestion » dans ces termes et c’est mal diriger la lutte particulière (mais commune à tous les prolétaires) des travailleurs du groupe en créant des illusions sur le capitalisme dans la lutte générale contre ce dernier. Parler de « mauvaise gestion », c’est sous-entendre qu’il suffirait de « corriger la gestion capitaliste » pour obtenir gain de cause. Sous le capitalisme, la loi fondamentale du profit maximum, combinée à celle de la concurrence et de l’anarchie de la production et à l’appropriation privée des richesses produites (appropriation par les quelques propriétaires capitalistes de la plus-value et des bénéfices réalisés par le travail des salariés dans l’entreprise), conduisent à la fermeture des usines jugées insuffisamment profitables et aux suppressions d’emplois d’ouvriers jamais sûrs de garder leur travail pour vivre.

 

Lear (Lagny-le-Sec, équipementier automobile)

Les ouvriers de l'usine Lear de Lagny-le-Sec (Oise), sous-traitant de PSA Aulnay, en grève depuis quatre semaines contre les conditions de fermeture de l'usine, ont été évacués mercredi 6 mai par les forces de l'ordre. L'évacuation qui fait suite à une décision de justice du 17 avril "s'est déroulée sans aucun heurt ni incident", selon un communiqué de la préfecture. L'équipementier américain avait annoncé la fermeture prochaine de l'usine, qui emploie en tout 316 personnes, et le transfert de la production vers Cergy. Les salariés qui avaient entamé un mouvement de grève et de blocage le 6 avril, réclament notamment une augmentation des primes de licenciement et le maintien du salaire de base - qui pourrait être baissé et compensé par des primes - pour les salariés qui accepteraient de travailler à l'usine de Cergy (Val d'Oise). Des représentants des grévistes avaient rencontré lundi des membres du cabinet du secrétaire d'Etat à l'Industrie, Luc Chatel, lequel se serait engagé à "faire pression sur la direction", selon les syndicats…

 Notre analyse communiste

S’il est juste de demander des comptes et de mettre devant le fait accompli les élus locaux  (maires, députés, etc.) ou les représentants de l’Etat en les « montrant du doigt », il ne faut pas créer d’illusions sur « les pouvoirs publics ». L’Etat est subordonné aux entreprises monopolistes (multinationales), il défend les intérêts de l’oligarchie financière (le maximum de profit) contre ceux des travailleurs ; quand l’Etat fait des promesses, il ne les tient pas (voir promesses de Sarkozy devant les travailleurs d’Arcelor Mittal et autres).

 Quinze salariés avaient été assignés mardi en référé devant le tribunal de Senlis par la direction, pour le blocage du site.

Jeudi 7 mai, les ouvriers ont dénoncé le "lock-out" du site après leur évacuation la veille par les forces de l'ordre. Après l'évacuation, la direction a cadenassé les entrées de l'usine, gardées par une vingtaine de vigiles. "Faire appliquer un jugement, c'est bien, mais derrière on fait quoi? On les laisse emporter les machines? On n'a aucune solution, le préfet doit faire face à ses responsabilités et nous recevoir", dit un représentant CGT du comité de grève. Les grévistes, qui devaient manifester ce même jeudi à Paris, ont annulé leur déplacement pour tenter d'obtenir d'urgence un rendez-vous en préfecture.

 Notre analyse communiste

Les luttes dans les transports, secteur hautement stratégique pour la machine économique, et les luttes qui bloquent les profits au cœur des entreprises, révèlent une autre tactique du capitalisme, alors que les grévistes sont menacés, traînés devant les tribunaux ou désignés bouc émissaires : la criminalisation de la grève et du mouvement ouvrier. Les directions ne cessent d’attaquer en justice le droit de grève. Sarkozy condamne publiquement les leaders syndicaux. Quand le capitalisme est malade, la puissance de son appareil d’Etat est décuplée. La criminalisation de la jeunesse est multiforme : peine de prisons pour les mineurs dès 12 ou 13 ans, réveillon sur fond de mobilisation policière de 40 000 hommes contre les incendiaires de voitures, répression et renvoi de manifestants lycéens. La restriction des libertés démocratiques s’aggrave avec le recours à l’arbitraire. Des jeunes anarchistes sont jetés en prison sur fichage et dénonciation du FBI, accusés sans preuves véritables  « d’attentats contre le matériel SNCF ». La télévision devient celle du « prince » qui nommera désormais ses dirigeants, sur fond, nul doute, de concours d’allégeance. La guerre est l’autre réponse barbare à la crise du monde impérialiste. L’impérialisme français continue de jouer la course aux armements en vendant pour 6 milliards d’armes lourdes au Brésil. L’intervention de l’armée se poursuit en Afghanistan comme le pillage en Afrique sous bonne garde militaire.

Déjà, la loi passée en 2008 dans les transports, restreignait le droit de grève : « négociations préalables » rendant de fait  illégales  les grèves  sur le tas, répondant à un problème donné dans l’urgence ; obligation de se déclarer gréviste, 48 heures à l’avance, ce qui constitue une sape du travail syndical pour élargir la grève jusqu’au dernier moment, etc. Il s’agissait (et il s’agit encore aujourd’hui) pour le pouvoir de combattre avec toute la force des lois coercitives, la seule arme qui reste à la classe ouvrière et aux travailleurs pour se faire entendre et faire reculer les projets anti-sociaux des directions. En France, toutes les avancées sociales se sont faites par la lutte et les grèves. Le capital et son Etat le savent bien ! Le droit de grève ne peut plus être reconnu par la bourgeoisie monopoliste. Avec la crise, les capitalistes veulent accentuer l’exploitation pour faire payer les travailleurs, et récupérer les pertes avec plus-value !

Les travailleurs qui se battent pour leur pain et qui n’ont que leurs chaînes à perdre, savent contourner les lois pour lutter, comme nous l’ont montré par exemple les conducteurs de la SNCF Paris Saint-Lazare, ou Nice TER.

Producteurs des richesses, les ouvriers et les travailleurs, en cessant le travail, exercent une pression maximale sur le patronat et l’Etat.  

Sarkozy et le Capital essayent donc de cadenasser le mouvement ouvrier ; mais les contradictions entre le Travail et le Capital, qui s’aiguisent en raison de la crise (structurelle) et de la politique gouvernementale de classe favorable aux privilégiés, ne manquent pas de susciter luttes et résistances croissantes.

Rappelons qu’aucune loi répressive n’a pu venir à bout de la colère légitime des travailleurs. Des héroïques canuts de Lyon à mai 68, les travailleurs ont su déclencher des grèves massives qui débordaient largement le « cadre réglementaire ». Pendant l'occupation où la grève était punie de mort par les Nazis, des grèves ont bloqué des régions entières et en 1944 la grève générale  est devenue insurrectionnelle !

  

Cummins filtration (Quimper, fabrique des systèmes de filtration)

L'entreprise bretonne Cummins filtration, une filiale du constructeur de moteurs diesel Cummins France, est bloquée depuis trois jours par les ouvriers en grève après l'annonce lundi 5 mai d'un plan social, avec la suppression de 85 postes dont 58 licenciements. Un piquet de grève bloque l'accès au site de Quimper, d'où aucun camion ne rentre ni ne sort depuis lundi. Les négociations avec la direction sont au point mort, alors que les syndicats exigeaient dans un premier temps le versement d'une prime de 2 000 euros à chacun des salariés. En effet, la restructuration, qui a débuté il y a six mois avec le départ de 120 intérimaires, se solde par une surcharge de travail et la dégradation des conditions de travail. Cummins Filtration qui fabrique des systèmes de filtration destinés aux moteurs diesel produits par Cumins France, emploie 485 salariés.
Notre analyse communiste ( CF haut de page).

 

Nantes/Saint-Nazaire (port maritime)

Le terminal à conteneurs du port maritime de Nantes/Saint-Nazaire est bloqué jeudi 7 mai en raison d'une grève lancée par la CGT qui dénonce "un simulacre de négociation" avec la direction sur l'application de la réforme portuaire de 2008." L'assemblée générale a voté un mouvement de grève jusqu'à la prochaine AG du lundi 11 mai, après l'échec de négociations sur le "projet stratégique" que le port est appelé à définir. De leur côté, "la direction du grand port maritime et la SEMP (Syndicat des entreprises de manutention portuaire) dénoncent une attitude d'autant plus incompréhensible que Nantes-Saint-Nazaire est le seul des grands ports maritimes français à subir des mouvements de grève de cette importance", dans un communiqué (ce qui est faux : voir la lutte à Marseille par exemple Voir lutte du port de Marseille ici (mettre un lien)

Fin mars, le gouvernement avait rejeté le compromis signé par la direction du port avec les partenaires sociaux, après deux semaines de tensions et de blocages sur le port, et obtenu la démission du président du directoire du port, François Marendet. Un nouveau président du directoire par intérim, Yves Gauthier, a été nommé par le gouvernement pour mener les nouvelles négociations. "Suite au limogeage de François Marendet et à la remise en cause des accords conclus les 17 et 18 mars, les personnels étaient en colère mais ont privilégié la discussion jusqu'au bout pour essayer de trouver un accord négocié", explique la CGT. Mais, "aujourd'hui notre syndicat dénonce un simulacre de négociation assortie d'une dictature gouvernementale". Le transfert de personnels de l'ex-port autonome vers les entreprises privées est prévu par la loi de modernisation de 2008, mais aussi dans l'accord-cadre signé par la fédération CGT des ports et docks.

Jeudi 14 mai les travailleurs du port ont décidé de mettre fin à la grève et au blocage du terminal à conteneurs, après avoir trouvé un accord avec la direction sur l'application de la réforme portuaire de 2008. Le personnel a voté, lors d'une AG, la reprise du travail le lendemain matin (vendredi), un accord ayant été trouvé entre les entreprises de manutention et la direction du port. L'accord conclu prévoit que dans le cadre du transfert des activités d'outillage vers les opérateurs (entreprises de manutention), les personnels d'exploitation seront détachés dans une structure commune et que d'autre part, la maintenance restera dans les services du port. 

 

Bas les pattes aux droits sociaux conquis ! Unifions les luttes dans tous les ports puis avec tous les travailleurs !

  

Transports (Valenciennes)

Les chauffeurs de bus et tramways de Valenciennes ont mis fin à leur grève lundi 11 mai, après avoir obtenu les garanties qu'ils réclamaient sur les acquis sociaux, d’après la CGT. Le syndicat craignait que la privatisation prévue à compter du 1er janvier 2010 du réseau de transports publics Transvilles -actuellement une société d'économie mixte-, qui couvre l'agglomération de Valenciennes, ne remette en cause les acquis sociaux. Lors d'une réunion lundi après-midi, le président du Siturv (syndicat des transports urbains de Valenciennes) se serait engagé à "obliger les futurs investisseurs à reprendre la totalité du volet social de la délégation de service public". Le Siturv s'est également engagé à organiser le 8 juin une table ronde sur l'avenir de Transvilles et le développement du transport public à Valenciennes. "Le trafic sera normal sur l'ensemble du réseau tram et bus dès 5 heures, demain mardi 12 mai", a indiqué la direction de Transvilles.
la
lutte avait débuté en avril
Notre analyse communiste ( CF haut de page). 

 

 

Caterpillar (construction mécanique, Isère)

Le constructeur américain d'engins de chantier Caterpillar a annoncé la mise en oeuvre de son plan social prévoyant 733 licenciements sur ses sites isérois, choisissant le passage en force après des mois de bras de fer avec les syndicats et l'échec d'ultimes négociations lundi 11 mai. Cette décision intervient au bout de deux mois d'un conflit mené par les ouvriers. Un conflit marqué par la séquestration de cadres fin mars. Un élu CGT du comité d'entrepris, s'est déclaré "dégoûté par le passage en force de la direction", indiquant que l'intersyndicale allait réfléchir à une éventuelle suite judiciaire. "La direction maintient ce qu'elle a mis en place depuis le début. Elle n'a jamais eu la volonté de négocier depuis le début, mais celle de passer en force", a déclaré l’élu des travailleurs. La direction avait un temps émis la possibilité de réduire le nombre de licenciements à 600, sous réserve de la signature d’un accord sur l’aménagement du temps de travail. Un projet d'accord avait été rejeté par la majorité des 2 551 salariés des sites de Grenoble et d'Echirolles (Isère) le 6 mai. La décision d'appliquer le plan social fait suite à une ultime réunion lundi en préfecture entre la direction et les élus du comité d'entreprise (CE), qui ont refusé d'émettre un avis sur le plan social. L'avis du CE, positif ou négatif, n'est que consultatif, mais il est indispensable pour valider la procédure, conformément à la réglementation. Toutefois, selon la jurisprudence en droit du travail, un défaut d'avis des élus du CE vaudrait "avis négatif".

Les élus du CE ont refusé d'émettre un avis et suspendu la négociation en préfecture après le refus de la direction de lever les sanctions à l'encontre de 19 salariés grévistes qui n’ont fait que défendre leur emploi et ceux de tous les travailleurs.  En février, la direction de Caterpillar avait annoncé le « plan social », immédiatement rejeté par l'intersyndicale qui réclamait 450 suppressions d'emploi au maximum.  
Notre analyse communiste : L’URCF salue à nouveau cette lutte à laquelle elle apporte son soutien, y compris dans ses formes radicales (séquestration, piquets de grève, occupation d’usine…), formes éprouvées et vérifiées par des années de luttes ouvrières pour construire un rapport de force supérieur ; les séquestrations ont aussi le mérite de mettre un visage sur ceux qui décident et profitent ; elles rappellent aux masses que ceux qui travaillent et qui créent toutes les richesses sont les plus nombreux, elles font toucher du doigt la force du collectivisme et favorisent la haine de classe nécessaire à l’élimination du capitalisme.

 

 Sonas Automotive (équipementier, Creuse)

Des ouvriers de trois des quatre sites français de Sonas Automotive, équipementier automobile en redressement judiciaire dont le siège se trouve à La Souterraine (Creuse), étaient mercredi 13 mai en grève à l'appel de la CGT. Seul le site de Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne) n'a pas été concerné par cette grève, le syndicat Force ouvrière, qui n'a pas appelé à la grève, y étant majoritaire. La grève illimitée a été votée et suivie à La Souterraine, à Beaucourt (Territoire de Belfort) et à Saint-Nicolas-d'Aliermont (Seine-Maritime), trois sites où sont employés environ 670 salariés sur les quelque 880 du groupe. Au lendemain d'un comité central d'entreprise (CCE) où ont été présentées trois offres de reprise du groupe, placé en redressement judiciaire avec continuation d'activité en novembre, la CGT explique que "rien de sérieux ne nous a été proposé". Le tribunal de commerce de Guéret doit examiner, le 19 mai, les propositions de reprise de ce spécialiste de l'emboutissage. Sonas Automotive est né en 2006 de la cession à un cadre de l'entreprise, David Cardwell, des activités de découpage et d'emboutissage de Wagon Automobile.

 Analyse communiste : Le lancement de la lutte coordonnée de tous les sites du groupe est une voix juste pour créer un rapport de force maximum ; lutte qu’il faudra lié aux intérêts communs de la population locale et de tous les travailleurs pour gagner leur solidarité. Quant à ceux qui empêchent la grève comme FO sur le site de Haute-Vienne, ils doivent être démasqués et les ouvriers devront passer outre avant de faire le ménage !

 

Lancaster (groupe de cosmétiques, Monaco)

Une majorité des 290 travailleurs du site monégasque du groupe de cosmétiques Lancaster étaient en grève jeudi 14 mai pour protester contre le licenciement d'une dizaine de travailleurs. Le mouvement était suivi par 80 à 90% des salariés qui devaient se rassembler en milieu de journée devant le stade Louis II de Monaco. Les salariés protestent contre le licenciement annoncé de dix salariés sur le site monégasque de Lancaster et craignent de nouvelles suppressions d'emplois. Ils demandent à la direction d'aller au-delà du minimum d'indemnisation en cas de licenciement, actuellement limité à 3/10ème d'un mois de salaire par année d'ancienneté. Des négociations sur ce sujet devaient se dérouler dans l'après-midi. En fonction du résultat de ces discussions, les salariés qui avaient déjà débrayé le 30 avril, décideront de l'issue du mouvement. "Le secteur cosmétique fait toujours des bénéfices et on ne peut donc pas avancer une comparaison avec les problèmes qui touchent l'automobile. La crise a bon dos", estime le délégué CGT. Tout comme le groupe de cosmétiques Biotherm dont le site monégasque fermera d'ici 2011, Lancaster est une entreprise historique de Monaco, créée en principauté en 1946 avant de se développer à l'international. Monaco a connu ces derniers mois plusieurs mouvements de lutte significatifs, traduisant l'inquiétude des salariés pour l'avenir du secteur industriel en principauté ainsi qu'un mécontentement récurrent à l'égard de plusieurs dispositions du droit du travail monégasque.

Une semaine plus tard, les syndicats appelaient à la poursuite de la grève et à un rassemblement de solidarité.

CF Les luttes sur Monaco

Notre analyse communiste ( CF haut de page). 

 

 

Continental de Clairoix (Oise, pneumatiques)

Les ouvriers de Continental de Clairoix (Oise) ont manifesté lundi 15 mai à Paris pour faire pression sur la direction de l'équipementier à la veille de l'ouverture de négociations sur le plan social lié à la fermeture du site. Les "Conti" ont défilé à partir de 10H30 entre la gare du Nord et la Bourse pour "montrer aux actionnaires que les délégués syndicaux qui iront négocier mardi à Francfort (Allemagne) ont les salariés derrière eux", a dit le représentant CGT. Cette réunion tripartite (syndicats, direction France et direction Allemagne) ouvrira officiellement les négociations du plan social lié à la fermeture de Clairoix (1 120 salariés), et dont la mise en oeuvre, prévue pour le 19 mai, a été repoussée au 16 juin. Les salariés se réuniront devant l'usine, pour attendre les résultats de la réunion. Continental a annoncé le 11 mars son intention de fermer Clairoix à partir de 2010 en invoquant des surcapacités de production et un manque de compétitivité du site. L'annonce a provoqué la colère des salariés qui avaient accepté en 2007 un retour aux 40 heures de travail hebdomadaire contre une promesse de maintien de l'emploi jusqu'en 2012. Selon un rapport d'experts mandatés par le CCE, la fermeture de l'usine s'inscrit dans une stratégie de délocalisation vers des pays à plus faible coût de main d'oeuvre. La production de l'usine est à l'arrêt depuis le 22 avril, pour "raisons de sécurité", après la destruction par des salariés du pavillon d'accueil abritant notamment l'alarme incendie. En échange du report de la mise en oeuvre du plan social, les syndicats se sont engagés à mettre un terme aux violences et à reprendre le travail le 2 juin, date de fin des travaux de remise en état de l'usine.

Voir La lutte des « Conti » 
 Notre analyse communiste ( CF haut de page). 

 

Goodyear Dunlop (Amiens, pneumatiques)

La société Goodyear Dunlop a annoncé mardi le licenciement de 820 personnes dans son usine de pneus d'Amiens-Nord, provoquant la colère, même si la décision était attendue depuis plusieurs semaines. C'est une nouvelle charrette pour la classe ouvrière de l'industrie automobile et l'emploi en Picardie, après l'annonce de la fermeture de l'usine de pneus Continental de Clairoix (Oise) avec ses 1 120 salariés. "On est sous le choc, même si on savait que ça allait nous tomber dessus. C'est dramatique, une catastrophe pour les familles et pour l'agglomération amiénoise", a déclaré le délégué de SUD. Une centaine de personnes ont manifesté leur colère devant les locaux du Medef à Amiens à l'appel de SUD. La direction du groupe américain a annoncé lors d'un CCE l'arrêt, sur ce site, de la production des pneumatiques automobiles qui occupe 820 salariés sur un total de 1 400 dans l'usine. Elle envisage également la vente de sa division de pneumatiques agricoles en Europe, qui concerne près de 500 salariés. Dans un communiqué, Goodyear Dunlop a justifié ces projets par la "nécessité de sauvegarder la compétitivité de l'activité pneumatiques tourisme du groupe (...) sur un marché qui subit de plein fouet la crise automobile, et qui s'accompagne d'une surcapacité de production prolongée". La direction du groupe qui emploie 3 500 personnes en France, a aussi mis en avant le refus de la CGT du site, syndicat majoritaire, d'accepter en juillet 2008 "un plan de modernisation comprenant 52 millions d'euros d'investissements sur trois ans et une nouvelle organisation du travail, dite en 4x8". Pour le délégué SUD, le nouveau plan social constitue une "punition" pour ce refus de la restructuration et de ses nouveaux horaires de travail. "Ils veulent nous faire porter le chapeau, mais les gestionnaires, c'est eux. On ne peut pas nous rendre responsables de ce qui arrive. Ça fait 15 ans qu'ils n'investissent plus dans l'usine". Le syndicat CFTC a mis en cause dans un communiqué, l'attitude de la CGT, affirmant qu'elle "porte une lourde responsabilité devant les salariés et leur famille". Mickaël Wamen, secrétaire CGT de Goodyear Dunlop, qui compte attaquer le plan en justice, a répliqué que "si on avait accepté les 4x8 comme chez Continental, on serait dans la même situation aujourd'hui. Chez Continental, ils ont signé et voyez où ils en sont", a-t-il ironisé. 

Notre analyse communiste ( CF haut de page). 
Pour notre analyse rapide de l’attitude de syndicats qui divisent la classe (y compris dans l’entreprise) et sapent les intérêts ouvriers : voir la lutte de Véolia Eau ci-dessous .

 

 

Nufarm de Gaillon (agrochimie, Eure)

Les syndicats de l'usine agrochimique Nufarm de Gaillon (Eure) ont engagé mercredi une grève illimitée pour réclamer une amélioration du plan social qui accompagne la suppression de 104 emplois sur 162. "Nous avons commencé lundi et mardi par des grèves tournantes et maintenant nous sommes passés à la grève illimitée", a expliqué le délégué FO dans cette usine appartenant au groupe australien Nufarm. Mercredi, des salariés de l'usine ont bloqué un train Paris-Rouen durant une demi-heure en se mettant en travers des voies. Jeudi, ils ont manifesté dans les rues de Gaillon "pour expliquer à la population ce qui se trame chez Nufarm".

Les syndicats contestent le choix du cabinet chargé du reclassement des salariés, le montant des congés de formation et celui de la prime extra conventionnelle de départ. Cette dernière représente en moyenne 12 mois de salaire, soit 30 000 euros. De son côté, la direction a assuré dans un communiqué que les mesures qu'elle envisage vont "bien au-delà" de ses obligations. "En comparaison de ce qui se pratique (...) sur le reste de la France, la direction de Nufarm a fait preuve d'un esprit de responsabilité et d'une grande attention aux difficultés des collaborateurs touchés", affirme-t-elle. Avec ce plan annoncé début avril, le groupe veut recentrer l'usine sur son "coeur de métier", les produits phytosanitaires, et abandonner la production d'adjuvants pour peintures.
Notre analyse communiste
Cette lutte est exemplaire dans ses formes : organisation en grèves tournantes et grève illimitée pour bloquer la production et les profits, blocage de l’économie et construction dans la lutte de liens de solidarité avec la population. Cependant la forme ne peut pas cacher le fond.

Les luttes, aussi radicales soient-elles, qui se résument à des augmentations d’indemnité de départ, s’éloignent des intérêts de classe des ouvriers. Nous ne nions pas la nécessité de cette douloureuse bataille, mais à l’issue seulement d’un combat général non victorieux pour le maintien des emplois et des sites qui nous font survivre aujourd’hui et ferons survivre nos enfants demain. L’absence organisée de véritable solidarité et de lutte à l’échelle nationale, conséquence du syndicalisme d’aménagement et d’accompagnement de la bureaucratie ouvrière, livre les travailleurs à leur propre sort. Les insuffisances, quand elles existent, ne sont pas dues aux travailleurs des entreprises concernées mais bien à l’absence revendications nationales unifiantes portées par les confédérations - et notamment par la CGT dont ce fut la pratique dans sa période de classe et de masse - et au refus actuel des bureaucraties syndicales d’affronter politiquement et frontalement l’offensive réactionnaire anti-ouvrière et anti-grèves de Sarkozy.

 

 

Luttes pour les salaires

 Analyses et propositions communistes

 La revendication centrale et unifiante, soutenue par l’URCF, est d’exiger le SMIC à 1600 euros nets, l’augmentation générale des salaires et des pensions de 300 euros nets mensuels. A chaque militant et travailleur de faire grandir cette double exigence dans sa section syndicale et dans sa confédération. La question des salaires est un des axes centraux des luttes dans lesquelles s’impliquent les militants de l’URCF. La revendication d’une augmentation de 300 euros pour tous, est popularisée par le mouvement ouvrier et repris par de nombreux ouvriers en lutte, en particulier dans le secteur privé.

Alors que les grands PDG s’octroient des salaires et des indemnités de départ inimaginables, supérieurs à plusieurs millions d’euros, que les profits des entreprises s’élèvent à 98 milliards en 2008, les salaires sont loin de rattraper les hausses du coût de la vie liées précisément à l’augmentation des profits et aux conséquences du passage à la monnaie unique. Les prix de l’énergie s’envolent avec des augmentations de 8%, la privatisation d’EDF-GDF devant induire des hausses beaucoup plus élevées afin de rémunérer les actionnaires ; ceux des loyers, pour lesquels les familles consacrent souvent la moitié de leurs revenus, ont augmenté d’environ 4% par an.
Un salarié sur six est payé au SMIC, tandis que de nombreux travailleurs jeunes, stagiaires, à temps partiel, vivent avec à peine 600 euros par mois. La baisse du pouvoir d’achat, depuis 2000, est estimée à 10%.
Bien entendu, la faiblesse des salaires entraîne une insuffisance des prestations sociales (salaires indirects), une baisse du pouvoir d’achat des retraités et des privés d’emploi, toujours plus nombreux, au rythme de 3000 de plus par jour !
Les travailleurs doivent unifier les luttes pour augmenter la part des salaires dans la richesse qu’ils créent.

L’URCF revendique le SMIC à 1600 euros net, l’augmentation de 300 euros pour tous, tout en liant la lutte pour les revendications immédiates, indispensable et incontournable, à la dénonciation générale des fondements du capitalisme. Sous le socialisme, la plus-value produite servira directement à satisfaire les besoins sociaux (y compris par la hausse des rémunérations) et à développer l’économie planifiée démocrati-quement au service des travailleurs.

Salaires contre profits ! Travail contre Capital !

Tapons dans les coffres-forts des entreprises et des autres monopoles, des banques et de l’Etat ! Pour cela, auto-organisons-nous en comité de grèves pour faire reculer les patrons, leur gouvernement et leur Etat !

 

 

Visteon (Rougegoutte, équipementier automobile)

Le 5 mai, une partie des usines PSA de Sochaux (Doubs) et Mulhouse (Haut-Rhin) se trouve à l'arrêt en raison d'une grève de leur fournisseur de pièces d'habitacle Visteon à Rougegoutte (Territoire de Belfort). A Mulhouse, la grève de Visteon a empêché la fabrication des Citroën C4 et elle entraînera un nouvel arrêt de plusieurs lignes le mercredi. L'usine de Sochaux est en rupture d'approvisionnement en planches de bord du cross-over Peugeot 3008 et d'une partie des 308 break. La production de l'usine avait déjà été perturbée en mars par la grève d'un autre fournisseur local, Key Plastics. Selon la section CGT de PSA Sochaux, la grève chez Visteon a été déclenchée lundi matin pour réclamer une hausse de salaire de 250 euros. Située à mi-chemin de Sochaux et Mulhouse, l'usine de Rougegoutte emploie 385 salariés dont 200 intérimaires. La grève à l'usine de planches de bord Visteon, entrée lundi 12 mai dans sa 2ème semaine, bloque toujours en partie la production des sites de PSA. « La nuit de lundi à mardi sera décisive pour la suite du conflit, car cette équipe de travail regroupe la majorité des grévistes », explique un délégué CGT. L'intersyndicale, qui regroupait à l'origine quatre organisations, s'est réduite à la CGT et à la CFDT, après le retrait de FO et celui de la CFTC.  "Face à une direction sourde et muette sauf pour dire non, nous avons décidé de ne pas rester jusqu'au-boutistes, nous chercherons des avancées ultérieurement", a justifié le secrétaire de FO.
Notre analyse communiste :Ce n’est pas en soi, que la position de FO de se replier est critiquable, car lorsque le rapport de force n’est plus favorable et que les réserves s’épuisent, il faut s’avoir se replier en bon ordre pour mieux repartir. Mais c’est dans le contexte d’une lutte qui a atteint un rapport de force intéressant, qui bloque déjà les profits et qui demande à s’étendre jusqu’au blocage complet de l’usine, que le retrait d’un syndicat (FO ou autre) relève de la trahison des intérêts des ouvriers du site en sapant la dynamique. C’est en cela seulement qu’il y a trahison, diront les marxistes-léninistes.

 Les négociations engagées seulement dimanche soir n'ont duré que quelques heures pour revenir au point mort. Les revendications salariales sont passées dimanche de 250 à 100 euros nets par salarié, par un meilleur paiement des heures supplémentaires, la revalorisation de l'ancienneté et la rémunération de temps de pause. Selon le secrétaire général chimie-énergie CFDT de Franche-Comté, le chiffre initial était destiné à "créer un électrochoc de négociation", l'objectif consiste à obtenir "une centaine d'euros par la correction de tous les dysfonctionnements qui durent depuis des années et font monter l'exaspération du personnel".  Le conflit a entraîné la perte de production de plus de 5 500 véhicules (Citroën C4, Peugeot 206+, 308 et 3008) dans les usines PSA de Sochaux et Mulhouse que Visteon/Rougegoutte livre en flux tendu en planches de bord. La grève, qui paraissait s'essouffler, a repris de la vigueur dans la nuit de lundi à mardi pour être suivie à nouveau par une centaine de salariés sur 385, précise le délégué CGT. Les grévistes qui réclament une augmentation de 100 euros nets par diverses mesures se sont estimés insatisfaits, mardi, des "avancées minimes" proposées par la direction. 

Notre analyse sur la question des salaires.

  Quelques exemples de  luttes a cours du mois de mai

Veolia Eau (Montpellier)

Des salariés de Veolia Eau étaient en grève à Montpellier vendredi 15 mai, à l'appel de la CGT (région sud), pour protester contre les changements des catégories d'emplois et des plans de carrière des salariés, qui ont fait pourtant l'objet d'un accord au niveau national. Après quatre jours de grève, avec occupation des locaux dans la nuit de jeudi à vendredi, les grévistes ont été assignés en référé vendredi devant le tribunal pour "atteinte à la liberté de travailler". Le tribunal leur a ordonné de quitter les lieux avec effet immédiat. "Ça tombe bien, on est parti", a indiqué le délégué régional CGT/sud, Alain Gelis, qui a annoncé la poursuite du mouvement la semaine prochaine et des assemblées générales sur les sites Veolia du sud de la France le lundi suivant. Les grévistes, qui ont fait brûler des pneus devant le bâtiment de la compagnie et réclament la démission du directeur général, protestent contre une réforme des statuts des salariés. Cette réforme "a fait l'objet d'un accord signé par la quasi-totalité des syndicats au niveau national, dont la CGT", a commenté la direction régionale sud de Veolia. "Cet accord est en train d'être mis en place en France et n'est contesté que par un seul syndicat régional, CGT/sud", a-t-on ajouté. Les catégories d'emplois passent de 7 à 3. Ceci va se traduire par des difficultés pour les salariés pour passer d'une catégorie à une autre et entraîner des changements des plans de carrière ainsi que par des pertes de salaires.

 
  Notre analyse communiste : Un nouvel exemple de la trahison des intérêts ouvriers par les bureaucrates syndicaux nationaux d’une Fédération. Un phénomène d’ampleur national dans toutes les centrales, auquel il convient de donner une explication matérialiste. Sous l’impérialisme (stade suprême du capitalisme), les monopoles (entreprises multinationales) tirent un surprofit du pillage des pays dominés (colonies et semi-colonies), surprofit qui permet au Capital d’entretenir une véritable couche intermédiaire : l’aristocratie et la bureaucratie ouvrières, étrangères aux besoins et aux intérêts des salariés, vivant des sinécures offertes par le capitalisme. La bourgeoisie a rallié l’ensemble des directions syndicales aux intérêts de l’Etat capitaliste, via la cogestion (sécurité sociale, caisses de chômage, formation permanente…). Disons-le franchement, des bureaucrates syndicaux bénéficient de sinécures, ils ont un avenir sécurisé ; à la retraite, ils se retrouvent dans des entreprises de management ou de conseil en « ressources humaines », ils sont flattés par les  dirigeants capitalistes, ils côtoient le monde, le show-biz dans des cocktails ou des salons, ils sortent des livres qui sont salués par la presse ou les médias, ils vivent bien et sont moins intéressés à porter des coups au système qui les entretient ; alors qu’être à la tête du syndicat devrait être un sacrifice de chaque instant où les coups pleuvent, où l’on risque même la prison, comme cela a été pour beaucoup de responsables syndicaux par le passé, où l’on est en 1ère ligne, fier de défendre sa classe, et ni entouré ni protégé par des molosses d’entreprises spécialisés dans la sécurité, mais protégés par des travailleurs formés par le syndicat.

Cette cogestion se traduit par le syndicalisme dit « rassemblé » (voir le concept dans les documents de congrès de la CGT), où l’ensemble des centrales est subordonné à la confédération qui revendique, par la bouche de Chérèque, des manifestations exutoires « pour canaliser le mouvement » ! En effet, François Chérèque, le dirigeant de la CFDT, déclarait avant le 19 mars, sur les ondes de RTL : « Oui, voilà, les journées, c’est pour canaliser le mécontentement, vous savez autrement, ça pourrait exploser de manière incontrôlée ». Comme travailleurs, nous comprenons la nécessité du front uni syndical, mais nous pensons qu’il doit se faire dans la clarté et le refus de s’aligner sur ceux qui s’en tiennent (en attendant le « bon vouloir » du pouvoir) à des journées d’actions exutoires. Le front uni syndical doit se construire solidement à la base, car tous les travailleurs (au-delà de leur appartenance syndicale), de Continental à l’Education nationale, de Renault à la santé, sont identiquement victimes du système capitaliste, du pouvoir de Sarkozy qui chaque jour, à coups de licenciements, de fermetures d’usines, de suppressions de postes publics, fait de nous les payeurs des frais de la crise pour mieux enrichir les banquiers.

Nationalisation sans indemnité des monopoles comme Veolia pour assurer les besoins et l’emploi !

 

 

Michelin (pneumatiques, Clermont-Ferrand)

Des ouvriers de Michelin manifestaient pour des hausses de salaire, une meilleure indemnisation du chômage partiel, et pour alerter la population sur les risques de suppressions d’emplois, à Clermont-Ferrand devant l'assemblée générale des actionnaires. Repoussant les barrières, des manifestants, à l'appel des syndicats CGT et SUD, ont pénétré brièvement dans le hall du Polydôme où se réunit l'assemblée générale, avant d'être évacués par les forces de l'ordre, qui ont ensuite pris position devant l'entrée du bâtiment. Les manifestants ont lancé des pétards, scandant "Du pognon pour nos salaires, pas pour les actionnaires !" ou "Emplois, salaires, prenons sur les profits des actionnaires !". "Ce n'est pas aux salariés de payer une crise dont ils ne sont pas responsables", a dit le délégué national de SUD. "Michelin continue de mettre les salariés au chômage partiel et revoit à la baisse les salaires" alors que le groupe "se porte bien avec 3 milliards d'euros de bénéfices en 5 ans", a-t-il souligné. Michelin "fait baisser les stocks pour augmenter la rentabilité", a aussi affirmé Gilbert Boyer, délégué du personnel CGT. La manifestation survient alors que direction et syndicats négocient actuellement un "accord de méthode", qui servira de cadre aux futures négociations sociales dans le contexte de crise. Après une dernière réunion jeudi, la direction doit transmettre mardi prochain un projet aux syndicats. Ils auront jusqu'au 5 juin pour présenter leur réponse.

Le groupe a mis en place, depuis fin 2008, des mesures de chômage partiel dans la plupart de ses sites et demandé aux ouvriers de prendre des jours de RTT ou de congés payés, notamment à Clermont-Ferrand, où travaillent 11 800 salariés. Le patron de Michelin a expliqué qu'"une journée de production non vendue représentait 30 millions de dette supplémentaire". Michelin "s'efforçe de limiter les conséquences" des réductions de production "par des mesures d'accompagnement". Il a rappelé que le groupe avait mis en oeuvre des mesures de flexibilité au premier trimestre en recourant à la formation et à la maintenance. Les réductions d'activité en France n'ont "pratiquement pas eu d'impact sur les revenus des salariés" au premier trimestre, avec notamment la mise en oeuvre de deux semaines de formation. 

 Notre analyse communiste

Une analyse de classe montre que ces propos sont erronés. La formation des ouvriers est toujours payée majoritairement par les finances de l’Etat qui ponctionne l’impôt sur le peuple-travailleur. Ce sont donc tous les travailleurs qui payent !

C’est la même musique pour le chômage partiel !

Le chômage partiel n’a aucune raison d’exister au regard des profits que les entreprises engrangent hier, aujourd’hui ou demain. Souvent, en préalable, le choix des congés ou RTT non utilisés sont imposés par le patron. Enfin le chômage partiel est financé avec les fonds publics des Assedic (assurance chômage), c’est-à-dire payé avec les cotisations prélevées sur tous les travailleurs : 170 milliards octroyés par les Assedic pour payer le chômage partiel en 2008. Seulement 1% des dividendes versés suffirait à maintenir l’activité de cette fin d’année. Cette escroquerie organisée par la bourgeoisie consiste à gagner en productivité, en flexibilisant l’outil de travail, en prenant les congés, les RTT, les récupérations des salariés, en ayant recours au chômage partiel, pour que demain, l’outil de production tourne à plein régime, quitte à allonger le temps de travail du salariat pour créer plus de profits et remplir leurs coffres-forts.

Les jours non travaillés doivent être payés intégralement par l’entreprise : les patrons créent cette situation, ils doivent payer !

 Alors qu'une manifestation houleuse de salariés a eu lieu le matin devant le bâtiment abritant l'assemblée générale, le PDG de Michelin a dit "comprendre que l'inquiétude s'exprime" dans cette période de crise. "Nous n'avons pas de grande restructuration à faire. On exporte beaucoup à partir de la France, donc on a une base, pour alimenter nos usines françaises, beaucoup plus importante que nos concurrents", a-t-il assuré.  Les usines françaises ont enregistré une baisse de production de 25% au premier trimestre, selon la direction, ce qui a touché un tiers des 12 000 salariés des sites de production en France à raison de trois jours par mois. 

Alors que la direction dit en mai qu’aucun plan de suppressions d’emplois n’est prévu, un salarié de Kléber a évoqué des menaces sur l’emploi dans le groupe, déclarant que « des annonces de licenciements de grande envergure » étaient envisagées « courant septembre ». C’est finalement en juin, quelques jours après l’avoir nié, que la direction de Michelin annonce sa charrette de licenciements et de suppressions d’emploi : « un plan de réorganisation » prévoyant 1 093 suppressions de postes dès 2010 et la fermeture d'une usine près de Lille. Les salariés de trois sites sont concernés par ces suppressions de postes : Tours (340 postes sur 1 300), Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire, 477 postes sur 1 400) et Noyelles-les-Seclin (Nord, 276 postes), près de Lille, qui va fermer. Cette réorganisation se fera "avec zéro licenciement", a martelé la direction.

Les suppressions de poste ne concernent pas Clermont-Ferrand, siège du groupe, où travaillent 11 800 personnes sur 25 000 en France. Le groupe prévoit parallèlement un "plan de départs volontaires dans toute la France sur trois ans pour 1 800 salariés". La direction a indiqué que ce plan serait ouvert aux volontaires dès le mois de septembre. La fermeture de l'usine près de Lille est programmée pour mi-2010. "A chaque fois qu'il y a eu des plans sociaux chez Michelin, il y a toujours eu des licenciements à la clé", a souligné le délégué syndical central CGT (1er syndicat), jugeant "peu probable que tous les gens du Nord viennent travailler à Clermont". Au sujet du plan de départs volontaires, le délégué a estimé que "les gens seraient déçus car beaucoup attendent des mesures de retraite anticipée et ce sera en fait du temps partiel". La CFDT (2ème syndicat) a pour sa part assuré que la fermeture de Lille constituait "une grosse surprise", se disant particulièrement "inquiète" pour les salariés de ce "bassin d'emploi délicat". Pour SUD, "Michelin n'arrête pas de souffler le chaud et le froid et doit arrêter de jouer avec l'angoisse des salariés". "Michel Rollier (patron du groupe) nous avait promis encore mi-mai qu'il n'y avait pas de plan social prévu et nous annonce un mois plus tard la fermeture d'une usine", a fustigé le responsable de SUD. "L'entreprise fait des bénéfices de trois milliards d'euros en cinq ans, c'est de la démesure totale, les salariés, n'ont pas à payer", a-t-il ajouté.

 Nos propositions :L’URCF lutte pour la nationalisation sans indemnités de ces monopoles rapaces. Dans le secteur de l’automobile, sinistré par les choix patronaux, l’URCF avance la revendication démocratique de création d’un vaste pôle de service public par la nationalisation sans indemnités des grands groupes automobiles et de leurs sous-traitants, afin de satisfaire les besoins, et d’assurer les emplois.

 

 

STMicroelectronics (semi-conducteurs, Bouches-du-Rhône)

Les salariés de STMicroelectronics à Rousset (Bouches-du-Rhône) sont en grève depuis mercredi 27 mai pour réclamer notamment des hausses de salaires. La dernière partie de la chaîne de fabrication des cartes à puces est bloquée et plus aucune pièce ne sort. "On souhaite obtenir des négociations pour que ce mouvement ne dure pas trop longtemps", a affirmé le délégué CGT, précisant qu'une première réunion avec la direction avait eu lieu jeudi matin 28 mai, sans résultat. Depuis le début de l'année, « un mois de chômage et des congés payés ont été posés autoritairement ainsi qu'un gel des augmentations de salaires pour 2009 et l'arrêt des contrats CDD et intérimaires », a détaillé la CGT dans un tract.

Or, "les actionnaires vont se partager pas moins de 120 millions de dollars" et les "23 plus hauts dirigeants (...) plus de 40 millions d'euros de salaire annuel", a précisé le syndicat.

 Notre analyse communiste : Une illustration de l’aberration du capitalisme : de l’entreprise à l’Etat, quelques-uns s’approprient les richesses créées par tous les travailleurs, comme c’est la loi sous le capitalisme ! Deux mondes, deux classes : salaires contre profits !

 "Nous sommes donc en grève pour exiger une augmentation de salaires, une prime exceptionnelle pour compenser les pertes de salaires dues au chômage, la réattribution des congés imposés en début d'année, la garantie du paiement à 100% des jours de chômage et la reprise des investissements dans l'entreprise", demande la CGT.  La CFDT s'était jointe jeudi matin à ce mouvement. Le fabricant de semi-conducteurs, qui compte environ 10 000 salariés en France et 50 000 salariés dans le monde, va supprimer 4 500 emplois dans le monde en 2009. La France ne devrait pas être concernée par ce plan, mais est touchée par "des départs volontaires".

 

 SNR (Annecy)

C’est dans un climat de forte tension que les négociations annuelles sur les salaires s’étaient ouvertes à la SNR. Les salariés perdent entre 100 et 300 euros par mois avec le chômage partiel. D’autant que les heures supplémentaires ont été supprimées. La réunion a tourné court, avec le refus de toute augmentation par la direction, et les salariés se sont mis en grève le 5 mai dernier.

« La direction nous a fait savoir que c’était "0" pour tout, même pour l’indemnisation du chômage partiel », a déclaré le secrétaire CGT-SNR. Résultat immédiat : 200 salariés de l’équipe du jour (soit 90 % des salariés en production) ont aussitôt répliqué en se mettant en grève. C’est une réaction au mépris de la direction « qui dans le même temps, s’est vantée de sortir de deux années historiques. Elle a réalisé 640 millions d’euros en chiffre d’affaires et a enregistré 8 millions d’euros de report à nouveau. Elle a largement de quoi nous payer », plaide le secrétaire CGT. « La direction invoque la crise mondiale pour expliquer sa décision ! La crise a bon dos » !.

 Notre analyse sur la question des salaires.

 

 

Luttes pour les conditions de travail

  

STX (Sous-traitance chantiers navals, Saint-Nazaire)

Onze ouvriers bulgares, employés par une société lituanienne sous-traitante des chantiers navals STX à Saint-Nazaire, sont en grève depuis dix jours pour réclamer notamment le paiement de leurs salaires. "Les salariés en lutte travaillent comme soudeurs à bord du paquebot en construction MSC Magnifica, et effectuent 51 heures par semaine au tarif de 2,88 euros de l'heure, montant indiqué sur leur contrat, alors que verbalement on leur a promis entre 9,50 et 11 euros", a dénoncé la CGT (majoritaire) dans un communiqué. Depuis deux mois, les salariés bulgares de la société Litana, sous-traitante directe de STX (ex-Chantiers de l'Atlantique), n'ont perçu aucun salaire ou seulement une partie de celui-ci. De surcroît, depuis leur arrivée à Saint-Nazaire à l'été 2008, les Bulgares ne touchent "aucune indemnité de déplacement et la nourriture est à leur charge, ce qui est contraire à la législation", a-t-il précisé. La CGT, dans son communiqué, "exige des pouvoirs publics la fin du travail forcé sur le site naval". De précédentes grèves de salariés bulgares et grecs de sous-traitants de STX avaient déjà eu lieu pour des raisons similaires en 2008.

Français-immigrés, une seule classe ouvrière, solidarité de classe !

 

Aéroport d’Orly

Tous les bagagistes d'Alyzia à Orly étaient en grève le 29 mai. Les bagagistes qui travaillent pour les compagnies comme Corsairfly, Iberia, Air Algérie ou Air Berlin à Orly-Sud et Ouest, se sont mis en grève à l'ouverture de l'aéroport. "Des renforts de bagagistes arrivés de Roissy devraient permettre de mettre fin au cours de la matinée aux soucis que nous avons rencontrés ce matin au niveau de l'enregistrement et de la livraison des bagages", a déclaré un porte parole. "Nous protestons contre les changements de notre convention collective, qui remettent en cause un certain nombre de nos acquis en terme de rémunération, de repos et d'organisation du travail", a déclaré la déléguée syndicale.

 Leurs droits sociaux sont aussi les nôtres et ceux de nos enfants ! Solidarité avec les grévistes ! Bas les pattes les droits sociaux conquis ! Intérêts communs usagers/bagagistes !

 

20 Minutes (Presse)

Une grève à la rédaction du journal gratuit 20 Minutes a empêché la parution de l'édition papier jeudi 28 mai et la fermeture d'une partie du site internet.

Une majorité de la rédaction s'est mise en grève mercredi 27 mai contre un "projet de réorganisation" présenté par la direction, et une réunion se tenait jeudi dans la matinée sur ce projet. 

 Nous vous invitons également à lire notre programme de lutte sous le thème : « Le socialisme, seule alternative au capitalisme »

Commission ouvrière et entreprises de l'URCF, 28 juin 2009

 

 

 

Florilège de slogans entendus dans les manifestations 

 

        Paris: "Lutter plus pour gagner plus !", "1789-2009", "Paix dans les chaumières, guerre au chateau" (pancartes)    

        Bordeaux: "Caca…pipi…capitalisme ! C'est quand la vidange ?", "A bas la profitation !" (banderoles). "Grève générale jusqu'à satisfaction" (slogans).       

        Lyon: "0+0 = la tête à Sarko !", "Ciao Sarko, basta Carla" (banderoles).       

        Angoulême: "Et hop les salaires plus hauts que les profits, et paf Sarkozy envoyé au tapis" (slogans). "Sarko la Rolex, pauvre France" (pancarte)   

        La Rochelle: "Aujourd'hui c'est le temps du muguet, demain sera le temps des cerises", "La France malade du Sarkome" (pancartes)       

        Toulouse: "Casse-toi, riche con!" (un retraité EDF), "On n'est pas des Kleenex" (salariés de Freescale), "Quand l'ordre est injustice, le désordre est un commencement de justice" (enseignant), "Ce n'est pas le service public qu'il faut casser, c'est le gouvernement qu'il faut miner" (étudiants).      

        Auch: "Séquestrer les patrons, c'est bien, les exproprier c'est mieux...Collectiviser, je kiffe !" (banderole).       

        Grenoble: "Du travail, pas la mort" (banderole des salariés de Schaeffler), "2,71 milliards d'euros de bénéfice, 733 supressions de postes. Caterpillar = patron voyou" (banderole des salariés de Caterpillar).       

        Rouen: "Sarkozy, la France n'est pas Neuilly", "UMP = Un Monde Pourri" (banderoles).

        Rennes: "Chômage, année noire", "Casse-toi, pauv'crise", "Choses promises, chomdu" (slogans).       

        Besançon: "Qui sème la misère, récolte la colère" (banderole)



[1] Chômeurs de catégorie un, alors qu’il y a au total huit catégories de chômeurs.

 
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