Pour l’analyse politique générale des luttes d’octobre, nous renvoyons à l’analyse faite en introduction des luttes de septembre sur le site dans la même rubrique « Luttes ». Nous invitons aussi les communistes et les travailleurs à commander la dernière brochure de la commission ouvrière et d’entreprises de l’URCF intitulée « ORGANISATIONS ET LUTTES OUVRIERES EN France. Comment construire un parti ouvrier, communiste, révolutionnaire ? » (Version courte 21 pages format A4).
1) L’offensive du capital contre la classe ouvrière.
2) Les bureaucraties syndicales contre la classe ouvrière.
3) La campagne idéologique anti-ouvrière.
4) Adopter un vocabulaire matérialiste de classe.
5) La lutte de classes, loi objective du capitalisme.
6) Les outils politiques et sociaux de la classe ouvrière.
7) TABLEAU ANALYTIQUE DES LUTTES OUVRIERES.
Rio Tinto: groupe Alcan (Ariège).
Les salariés du site Rio Tinto ont voté mardi une grève illimitée qu'ils ont entamé le mercredi dès 4h00 du matin contre le projet de vente de l'usine de Tarascon-sur-Ariège. Les 50 salariés du site, spécialisé dans la fabrication de billettes d'aluminium pour l'aéronautique, ont appris lors d’un comité d'entreprise, que le géant minier anglo-australien Rio Tinto (ex-Péchiney) allait créer une entité intitulée Sabart SA en la rattachant à Engineered Products (Produit usiné) avant une possible cession. Double menace sur les ouvriers malgré les promesses : la reprise pourrait (comme d’habitude) être le prétexte à des suppressions d’emploi ou à une délocalisation ; par ailleurs, un éventuel changement de statut consécutif à un rapprochement avec Engineered Products pourrait, selon les syndicats, entraîner pour les salariés un changement de convention par le bas, d’une convention datant de l'époque où ils appartenaient au groupe Péchiney. Pourtant d’après le directeur de l'usine, "le carnet de commandes de l'usine était rempli pour de nombreux mois" et les profits vont bon train pour les propriétaires. L'usine produit annuellement 6.000 tonnes de billettes d'aluminium destinées à l'aéronautique et compte parmi ses clients Aubert et Duval. Elle est la dernière unité de l'ex-Péchiney encore détenue par Alcan en Ariège.
La voie juste est celle de la création d’un rapport de force en lien avec toute la population locale (avec par exemple un comité de défense de l’emploi) et une solidarité nationale et financière de lutte, pour obtenir une garantie de non délocalisation et pas une seule suppression d’emploi. Comme revendication immédiate unifiante, l’URCF propose l’interdiction des licenciements et la nationalisation sans indemnités des entreprise monopolistes casseuses d’emplois.
Chocolaterie Lindt à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques).
La gendarmerie est intervenue brutalement mercredi 30 octobre à Oloron-Sainte-Marie pour dégager l'accès d'une usine chocolatière du groupe suisse Lindt qui était bloquée par les ouvriers en conflit salarial. L'unité de production du groupe chocolatier Lindt & Sprüngli a été bloquée lundi après-midi par quelque 200 ouvriers et employés en grève, empêchant l'accès à l'établissement des camions d'approvisionnement en matières premières et les livraisons des produits de l'usine. L'intersyndicale FO-CGT avait l'intention de "porter plainte" contre la direction de cette usine qui compte 290 salariés "permanents" et plusieurs centaines de saisonniers/précaires. Les grévistes avaient décidé d'interdire l'entrée de l'usine aux camions, laissant passer le personnel, après l'échec d'une demande de revalorisation salariale de 25 euros par mois, la direction patronale ayant dans un premier temps proposé une augmentation de 15 euros, a indiqué la CGT. Le groupe chocolatier Lindt & Sprüngli, dont le siège est à Zurich (Suisse), a dégagé au premier semestre 2008, un chiffre d'affaires de 1,17 milliard d'euros et un bénéfice net de 14 millions d'euros, en hausse de 4,6% par rapport au premier semestre 2007.
L’Urcf salue et soutient la lutte courageuse « des Lindt » mais isolée et pas assez offensive quant aux revendications salariales. Si tous les travailleurs qui ont partout les mêmes revendications (et les mêmes intérêts) opposent (contre la stratégie voulue par leurs directions syndicales) une force de lutte nationale et convergente, le capitalisme et son gouvernement peuvent céder plus que 25 euros par mois. La revendication centrale urgente et unifiante soutenue par l’URCF est d’exiger le SMIC à 1 600 euros nets, l’augmentation générale des salaires et pensions de 300 euros nets mensuels !
Maison de retraite des Amandiers (groupe Medica, Paris).
Cette maison de retraite privée parisienne a fait grève pendant une vingtaine de jours pour des augmentations de salaires. Les résidants ont du être transférés. Une grève de la faim a même été déclenchée par quatre salariés poussés par le désespoir. « Deux autres maisons de retraite Medica, à Sarcelles et Rueil-Malmaison, se sont aussi mises en grève depuis respectivement cinq et trois jours », a déclaré le délégué du personnel CGT. Plus de 90 % du personnel est en grève mais beaucoup sont réquisitionnés au nom du service minimum. Ils sont installés dans le hall, avec leurs collègues, pour protester contre les disparités de salaires entre les agents, qui peuvent atteindre, selon la CGT, 700 euros ! A Sarcelles, les grévistes représentent aussi 90% du personnel. L'établissement de Rueil avait déjà été en grève en septembre. Dans le hall de l'établissement de Paris une quinzaine d'employés en blouses blanches couvertes d'autocollants sont réunis autour des quatre grévistes de la faim. L'un des quatre, K. un infirmier de 32 ans, gagne 1.700 euros net par mois. "J'ai découvert qu'un autre infirmier ayant la même ancienneté gagne 600 euros de plus par mois". "Les salariés ont alors comparé leurs feuilles de paie et découvert que certains recevaient un « complément contractuel », générant des écarts de salaire pouvant atteindre 700 euros", ajoute le délégué CGT. Selon lui, 75% des salariés du site sont aide soignants ou agent de vie sociale, deux catégories dont le salaire moyen avoisine 1.100 euros.. La CGT demande que ce complément soit accordé à tous les salariés de l'établissement, rétroactivement sur cinq ans, ce qui représenterait en moyenne 20.000 euros par salarié. Selon la porte-parole du groupe Medica, "le groupe ne peut pas se le permettre". Médica exploite 9.462 lits dans 126 maisons de retraite pour un chiffre d'affaires 2006 de 324 millions d'euros. Le groupe a été racheté en 2006, à 79%, par BC Partners, un fond de LBO. Plusieurs cadres du groupe sont aussi actionnaires, et les bénéfices vont pourtant bon train.
La grève de la faim est une forme de lutte individuelle mettant en danger la santé du travailleur. Si l’URCF comprend la détresse et la souffrance des travailleurs qui s’y engagent, elle lui préfère des luttes collectives de masse dont l’efficacité gagnante est prouvée. Le facteur principal de ce désespoir réside dans l’isolement et l’absence de stratégie de convergences des luttes, de solidarité financière et politique à l’échelle nationale. Nous devons faire grandir les mots d’ordre : « Tous pour un, Un pour tous ! ». L’URCF soutient la lutte pour la hausse des salaires, la revendication centrale urgente et unifiante est d’exiger le SMIC à 1 600 euros nets, l’augmentation générale des salaires et pensions de 300 euros nets mensuels. Quant à l’appropriation par quelques uns des bénéfices (profits) réalisés dans les entreprises, seule une révolution et le socialisme permettront ce bond qualitatif qui donnera tout le pouvoir de décision aux travailleurs, producteurs de toutes les richesses dans l’entreprise, richesses qui doivent leur revenir sans partage !.
Monaco (L'Oréal cosmétiques).
Mobilisés depuis un mois contre la fermeture programmée de leur entreprise, les 198 salariés de L'Oréal à Monaco tentent de faire entendre leur voix depuis une principauté plus connue pour ses banques que pour ses usines. Au pied des buildings monégasques: une foule vêtue de noir manifeste en silence contre la mort annoncée, d'ici mars 2011, de l'usine Sofamo-Biotherm, filiale du groupe L'Oréal qui conçoit, fabrique et conditionne des produits de beauté et cosmétiques Biotherm et Helena Rubinstein. Mercredi 24 octobre, les 198 salariés de l'usine étaient à leur troisième arrêt de travail depuis l'annonce de sa fermeture intervenue mi-septembre. Créée à Monaco dans les années 50, rachetée par L'Oréal en 1970, l'entreprise Biotherm n'avait jamais connu de journée de grève. "L'Oréal a dû se dire que fermer une petite usine en principauté, ça ferait moins de vagues qu'en France. Les gens pensent certainement que les travailleurs de Monaco sont des privilégiés", suggère un salarié. "Mais les conséquences seront pour nous aussi pénibles qu'ailleurs", note une cadre qui exhibe sa lecture du moment : "Dehors les p’tits Lu !", le récit de la lutte des ouvriers de l'usine Lu d'Evry fermé en 2004. "La moyenne d'âge chez Sofamo est de 43 ans, pour une ancienneté moyenne de 15 ans. Peu de personnes accepteront les propositions de reclassement interne qui impliqueront des déplacements lointains", prédit Stéphane. Alors que L'Oréal s'est engagé sur la mise en oeuvre d'un plan social "exemplaire", les propositions en cours de discussion sont jugées "inadmissibles": "on nous promet une offre d'emploi par personne mais il pourra s'agir d'un CDD ou d'une mission d'intérim de plus de six mois. Les indemnités de départ se limiteraient à 8/10ème d'un salaire mensuel par année d'ancienneté. Insuffisant", estime Stéphane Langlois. "On nous dit: « 2011, ça vous laisse du temps » mais on offre une prime aux salariés qui partiront avant juillet 2009 et ceux intéressés par la mobilité interne doivent se faire connaître avant fin février", déplore une salariée. La direction de L'Oréal ne veut pas communiquer sur la phase de consultation du « plan social ». Plus fondamentalement, le personnel accuse le leader mondial des cosmétiques d'avoir "tout fait pour dégrader la compétitivité du site" et justifier sa fermeture. "En 2006, six chaînes de conditionnement ont été transférées, ce qui a correspondu à la perte de 25 millions de pièces. Comment dans ces conditions, avec des frais fixes identiques, maintenir notre compétitivité ?", s'interroge Stéphane. L'Oréal estime également que « l'exploitation industrielle n'était plus tenable dans une usine installée sur sept étages d'un immeuble en zone urbaine » (surtout avec la pression spéculative immobilière .note de l’URCF). "Produire à Monaco n'est plus viable économiquement", dit tout simplement Philippe Ortelli, président de la fédération patronale monégasque (FPM) dans un communiqué solidaire du monopole de la cosmétique et de la classe parasitaire à laquelle il appartient. Car pour les patrons monégasques, ce sont les "avantages considérables" des salariés monégasques par rapport à leurs collègues français qui risquent de chasser d'autres industries à la suite de L'Oréal !!?!
A la division des ouvriers français et monégasques voulue par le patronat, les travailleurs devront opposer leur fraternité de classe, se battre pour chaque emploi à Monaco (et pas seulement des indemnités de départ), lutter sur chaque site pour la hausse des salaires et pour l’alignement sur les meilleurs salaires français ou monégasques de l’Oréal. Pour satisfaire ces revendications, il faut taper dans la caisse des milliards de profits de l’Oréal ou les revenus de son PDG qui a longtemps été parmi les plus élevés du monde !
Ford Aquitaine Industries à Blanquefort (Gironde).
Environ 300 salariés se sont rassemblés vendredi devant l'usine de Ford Aquitaine Industries (FAI) à Blanquefort au dernier jour de travail avant une cessation d'activité de dix semaines, jusqu'au 5 janvier. Ce "piquet de grève" était organisé en marge d'une réunion du comité d'entreprise qui a examiné les dispositions relatives à l'arrêt de la production de cette usine de fabrication de boîtes de vitesse automatiques en raison de la crise du marché automobile américain. Quelques échauffourées ont eu lieu entre des manifestants et des membres de la direction à l'issue de la réunion. "Je pense à ma famille. Comment je fais avec 750 euros par mois?", a notamment lancé un ouvrier au président de FAI. Les représentants syndicaux ont demandé à la direction "le maintien des salaires" pendant la période de chômage partiel ainsi que le "maintien du travail" pour certains employés et le recours à des jours de formation. Mais la direction est restée sur ses positions. Une partie des jours de fermeture du site qui emploie 1.600 salariés seront prélevés sur les soldes de RTT et de congés payés et le reste sera rémunéré sur la base du chômage technique, avait indiqué lundi 20 octobre la direction. Les indemnités de chômage partiel des salariés représenteront seulement "50% environ du revenu mensuel" des salariés, selon le secrétaire du CE. En clair une baisse de moitié du salaire d’un ouvrier ! Cet arrêt de la production vise à permettre "d'adapter la production à la demande" et "ne pas faire de stocks", avait précisé la direction ! A l'issue d'une réunion, jeudi 23 octobre à Paris, les syndicats ont par ailleurs été informés de l'existence de deux repreneurs potentiels pour l'usine, dont Ford veut se désengager en 2010.
La fonderie Helveticast LES PONT de Ce (Maine et Loire)
La fonderie Helveticast des Ponts-de-Cé dont les salariés en grève avaient menacé de faire exploser un stock fin septembre (voir « Front des luttes de septembre sur notre site), s'est déclarée en cessation de paiement devant le tribunal de commerce de Paris. Lâchée il y a quelques mois par son principal client le groupe PSA, l'entreprise est spécialisée dans la production de pièces de moteur pour l'automobile. "Volkswagen a décidé aussi de réduire ses volumes de commande" a confirmé le nouveau responsable du site angevin. Filiale jusqu'en décembre 2007 du groupe APM, la fonderie des Ponts-de-Cé avait été rachetée à la suite de la mise en liquidation judiciaire de ce groupe, par Helveticast, propriété du fond suisse d'investissement Vista Capital. Le rachat avait été précédé d'une quarantaine de suppressions d'emplois. C'est l'annonce d'un deuxième plan social portant sur une vingtaine de licenciements qui avait déclenché le mouvement de désespoir de ses salariés en septembre. Rebaptisée récemment GM Ponts-de-Cé, l'entreprise emploie encore 91 personnes.
Faisons grandir, en exprimant notre solidarité avec « les Ford » comme « les Renault » et tous les équipementiers, notre refus des licenciements. L’URCF lutte pour la nationalisation sans indemnités de ces monopoles rapaces. Dans le secteur de l’automobile sinistré par les choix patronaux, l’URCF avance la revendication démocratique de création d’un vaste pôle de service public par la nationalisation sans indemnités des grands groupes automobiles et de leurs filiales, afin de satisfaire les besoins, d’assurer les emplois.
Météo France (Toulouse et Lyon)
En mai et juin, déjà des grèves s’étaient élevées contre le projet gouvernemental, visant la recherche du profit capitaliste par la privatisation et la réduction drastique des personnels et moyens, la suppression des 2/3 des centres régionaux (deux sur trois). Les travailleurs s’étaient battus pour conserver l’ensemble des sites et ainsi sauver les emplois et le tissu économique local. Devant la force du mouvement de lutte, la réalisation de premières convergences (convergences réalisées à la base faute de volonté des directions confédérales) avec d’autres grévistes (impôts, Douanes), la direction avait préféré suspendre le projet et promettre que tout serait revu. Cette promesse se révéla n’être qu’une grossière manœuvre, puisque un projet de « restructurations » (suppressions en fait) identique est resservi dès octobre !
Les travailleurs toulousains de Météo France ont alors déclenché une grève et un blocage pendant 12 jours (du 13 au 24 octobre) du plus gros site de France (1000 salariés sur 3700). Ils ont été rejoints par le site de Bron (banlieue lyonnaise) le lundi 20 octobre. Au 9ème jour de grève 435 employés votaient la reconduction de la grève et du blocage contre 35. Nous avons pu voir quelques retombées bien feutrées sur les journaux météo des TV dont les présentateurs évoquaient furtivement la lutte des travailleurs météo d’un : « prévisions à prendre avec réserve car les personnels de Météo France sont en grève » ; pour cause seule les prévisions à plusieurs jours pouvaient être fournies aux médias !
Les personnels de Météo France à l'appel d'une intersyndicale (Spasmet-Solidaires, CGT, CFDT, FO) refusent toute réduction d'effectifs (500 emplois) ainsi que le « plan de restructuration » ramenant le nombre des centres départementaux de 100 à 40 d'ici à 2017. A une époque où des technologies de pointe peuvent être mises au service des besoins humains en matière de prévisions et de prévention des catastrophes naturelles sur tout le territoire, le gouvernement démantèle l’outil météorologique du pays. Tel est le vrai visage du capitalisme au stade impérialiste et de sa loi du profit maximum contre les besoins de la majorité. Le capitalisme est bien l’obstacle au progrès !
Pendant 12 jours, les entrées du site ont été bloquées à l'exception des travailleurs "notifiés", c’est à dire des réquisitionnés de force (par lettre de la direction) comme la procédure l’autorise. C’est la police qui est intervenue pour faire entrer les agents de Météo-France réquisitionnés en cas de grève.
Puis la direction a proposé sous la pression de la lutte, par son PDG Pierre-Etienne Bisch, l'ajout de 15 centres supplémentaires, en retenant le principe de centres territoriaux, regroupant deux à trois départements, et non de centres départementaux ; ce qui est loin du compte puis que ce sont 60 centres qui sont fermés et non 15 ! Sans compter que les 500 suppressions d’emploi sont maintenus !
Le Spasmet-Solidaires, principal syndicat de l'établissement public, s'est alors prononcé pour une "suspension du mouvement à Météo France". Son délégué syndical Yannick Mur a estimé n'avoir "rien obtenu sur les effectifs". "Pour aller plus loin, il faudrait dépasser le cadre de Météo France pour s'attaquer à l'ensemble de la Révision globale des politiques publiques (RGPP)", a-t-il insisté. Les responsables de ce syndicat majoritaire ont finalement été désavoués par l'assemblée générale qui a préféré la poursuite du mouvement. En revanche, les grévistes ont renoncé à un nouveau blocage total, et ont permis l'entrée des "notifiés" (réquisitionnés), une tentative qui avait entraîné l'intervention de la police contre les grévistes.
Les agents de Météo France ont par ailleurs voté à la quasi-unanimité, un appel aux fédérations et confédérations syndicales « pour qu'elles interviennent en leur faveur ».
Devant le refus du gouvernement (tenu par la feuille de route que lui a donné l’oligarchie financière) de négocier plus, la suspension de la grève, sous sa forme actuelle accompagnée du blocage des entrées du site toulousain, a été votée.
L’analyse des syndicats météo est juste concernant la détermination des travailleurs météo mais l’insuffisance du rapport de force créé.
"On ne peut pas se contenter du résultat auquel nous sommes arrivés dimanche dans les discussions avec la direction", qui a proposé de préserver quinze centres supplémentaires, a déclaré le délégué syndical SNM/CGT, Benoît Dumont.
« Ce mouvement n'a pas permis de débloquer la situation en raison du mur qu'oppose le gouvernement", a déclaré Renaud Tzanos, conseiller national de Spasmet-Solidaires, appelant à une convergence d'actions dans d'autres secteurs de la Fonction publique pour s'opposer à la Révision générale des politiques publiques (RGPP), qui prévoit le non-remplacement d'un retraité sur deux soit 500 postes à Météo France.
Même appréciation pour Emmanuel Celhay, secrétaire général de la CGT Météo France, évoquant des mouvements à l'Insee ou à l'Office national des forêts (ONF). "La question des effectifs n'a pas bougé d'un pouce lors de la réunion au ministère" de l'Ecologie, jeudi. "Le ministère est resté définitivement inflexible sur l'accroissement des effectifs", a-t-il ajouté.
"Il n'y a pas eu de remise en cause du plan stratégique qui prétend l'aménager", a poursuivi M. Celhay ajoutant que des discussions sur les répartitions d'effectifs (à la baisse), selon les centres territoriaux (supprimés), vont débuter. Des entretiens auxquels certains syndicats de Météo France "ont déjà dit qu'ils n'iraient pas".
Lors de cette assemblée générale du site toulousain, les personnels ont aussi voté à la quasi-unanimité, la création d'un comité de grève qui devra notamment veiller "au décompte des jours de grève" et envisager d'autres suites au mouvement de grève.
Cette lutte confirme l’analyse de l’URCF. Elle montre combien, sans organisations politique révolutionnaire et syndicale nationale de lutte, l’hétérogénéité du mouvement ouvrier et gréviste est grande ; le recours amplifié aux solutions individuelles ou aux luttes isolées (et maintenues dans l’isolement par les bureaucraties d’aménagement du capitalisme), l’absence de revendications centrales unifiantes et de convergences organisées conduisent à l’échec. Luttes isolées qui ne peuvent que difficilement être victorieuses, faute de rapport de force sérieux.
Pour gagner à la météo, à la Poste et ailleurs, l’URCF appelle au regroupement des salariés et usagers dans des collectifs locaux de défense des services publics. Gagner toute la population à la solidarité avec la lutte, est un facteur important de victoire mais une tâche compliquée à accomplir sans soutien national ou confédéral. Elle salue la lutte courageuse des personnels de Météo France et soutient la création de comité de grève pour rassembler à la base, sur la base des convergences d’intérêt, en rupture avec le syndicalisme d’accompagnement.
"Wagons-Lits" (rail-SNCF—restauration)
Le service de restauration à bord des TGV circulant en France n'était quasiment pas assuré mercredi 22 octobre, en raison d'une grève des personnels des "Wagons Lits". C’était la deuxième grève en octobre de ces travailleurs qui craignent de perdre ce marché pour la période 2009-2012 à l’appel de CFDT-CGT-FO-Sud-Rail-Unsa. "La restauration n'est quasiment pas assurée dans les TGV", a confirmé la direction des "Wagons-Lits". Entre 300 et 350 salariés de Wagons-Lits se sont rassemblés devant le siège de la SNCF, alors que se tenait un conseil d'administration avec Guillaume Pépy (PDG de la SNCF) qui devait se pencher sur l'appel d'offres pour lequel "Wagons Lits" était en concurrence avec le groupe italien Cremonini. Selon les syndicats de la Compagnie des Wagons Lits, filiale du groupe Accor, "la SNCF s'apprête à attribuer à Cremonini le marché du service à bord et à nous laisser l'avitaillement pour les TGV en France, hors TGV Est". L'offre de Cremonini, semble-t-il moins chère, est basée sur une révision à la baisse des acquis sociaux et des conditions de travail des employés de la restauration des trains.
Finalement le projet a bien été entériné par la direction de la SNCF. La lutte des employés n’a pas été gagnante, faute d’élargissement à toutes les composantes du rail pour l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble de ses travailleurs et de la qualité de ce service de transport majeur contre la loi des profits et de la rentabilité financière. L’URCF dans son programme avance comme axe de lutte la création d’un pôle service public transport. Ce pôle devra redéfinir les missions afin de combattre la dégradation des services liées à la rentabilité financière. La SNCF doit récupérer la gestion du réseau ferroviaire de France dans un service unique intégrant également tous les sous-traitants ou filiales composantes quotidiennes de la bonne marche ferroviaire (nettoyage, restauration-avitaillement, entretien, sécurité…). Les lignes régionales jugées « non rentables » doivent être maintenues en service car elles assurent la satisfaction des besoins des usagers. Les lignes TGV doivent être étendues aux régions qui n‘en bénéficient pas.
Tyco Electronics (Val d'Oise Automobile-électronique)
Quelque 250 employés en grève du groupe américain Tyco Electronics, qui a annoncé en septembre la suppression de 520 postes en France, ont manifesté vendredi 24 octobre devant la préfecture du Val-d'Oise. Le groupe avait annoncé en septembre la fermeture des usines de Chapareillan (Isère) et de Val de Reuil (Eure), qui produisent des composants électroniques pour l'industrie automobile, ainsi que le regroupement des activités administratives du site de Cergy-Saint-Christophe avec celles de Pontoise (Val d'Oise), avant la fin 2009. Les grévistes demandent l'organisation d'une table ronde avec des représentants du personnel, de la direction et de l'Etat, une prime exceptionnelle pour les employés licenciés et une meilleure information sur le plan social en préparation. Au total la restructuration des activités européennes de Tyco devrait déboucher sur la suppression de 850 postes d'ici la fin 2009.
Nous sommes solidaires de ces salariés dans leur détresse, mais nous nous devons de dire franchement notre opinion. Nous avons l’exemple d’un combat dévoyé par des syndicats de collaboration de classes. Le contexte économique est particulièrement difficile, ainsi se créent les conditions objectives d’émergences de courants de résignation voire de capitulation, encouragés par les bureaucraties syndicales. L’individualisme prôné par le « syndicalisme de l’individu » fait rechercher des solutions personnelles et non collectives. On ne peut combattre pour ses intérêts, même avec des moyens de luttes comme la grève, pour aménager la politique de chômage de masse du capital.
L’URCF pense qu’il est vital, pour la classe ouvrière, d’avancer d’autres axes pour son combat.
La lutte doit être centrée sur le refus des licenciements, en s’appuyant sur les profits de ce groupe. Il faut agir auprès de la population pour qu’elle s’organise en comité de défense de l’emploi local afin d’aider les travailleurs dans leur lutte contre les licenciements. Toute fermeture d’entreprise et toute suppression d’emplois ont de lourdes conséquences sur les économies locales, c’est la base pour un vaste rassemblement de défense des emplois menacés, pour des alliances de classes autour de la classe ouvrière.
Enfin, quand un groupe monopoliste étranger (comme français à l’étranger) jette les travailleurs après les avoir pressurés, nous devons faire grandir le mot d’ordre de nationalisation sans indemnités des monopoles casseurs d’emplois !
Montpellier, cheminots, trafic TER SNCF.
Environ 300 cheminots ont manifesté vendredi à Montpellier devant les locaux de la direction régionale Languedoc-Roussillon de la SNCF, pour dénoncer "la casse" du service public SNCF et défendre les libertés syndicales. La grève a été lancée par la CGT ; le trafic TER était perturbé ce vendredi 24 octobre en Languedoc-Roussillon. "Près de 1.100 emplois de cheminots ont été supprimés ces sept dernières années alors que les trafics augmentaient de façon exponentielle" explique la CGT. "Les restructurations menées à marche forcée par la Direction dégradent les conditions de vie et de travail des cheminots et le service rendu aux usagers", précise Thierry Desbruères, secrétaire CGT cheminots du Languedoc-Roussillon. Ces restructurations, dénonce-t-il, se font en l'absence de consultation des organisations syndicales. Le secrétaire général de la fédération CGT des cheminots, Didier Le Reste, avait fait le déplacement à Montpellier pour "soutenir l'action engagée contre le démantèlement du service public SNCF". "J'apporte aussi notre détermination à lutter contre la répression syndicale", a-t-il déclaré. "La CGT est de plus en plus combattue car elle empêche de « casser en rond ». "Nous, on ne lâchera rien, a-t-il ajouté ». Nous continuerons à être une force de contestation mais aussi de propositions, mais il faut que la SNCF accepte le dialogue social. Or les propositions alternatives de la CGT ne sont jamais entendues (ah non nous voilà rassuré le dirigeant CGT supplie son patron d’instaurer le dialogue social ! note de l’URCF)", a regretté M. Le Reste, qui s'est élevé contre la poursuite, par la direction de la SNCF, "du démantèlement du statut de cheminot". Nous rappellerons juste à M. Le Reste sa complicité dans le démantèlement précisément du statut des cheminots pas plus tard qu’il y a un an avec l’enterrement des acquis sociaux en matière de régimes spéciaux de retraite ! La question des « régimes spéciaux » présentait pourtant un aspect primordial : défendre les conquêtes, défendre le nivellement par le haut, en se battant pour l’abaissement de l’âge du départ en retraite, ce qui aurait permis la fédération des travailleurs du public et du privé. La méthode avancée par le syndicalisme d’aménagement (ou dit de « propositions ») consiste toujours à proposer des négociations, sans avoir au préalable construit le rapport de forces indispensable. Les résultats sont connus. Le syndicalisme d’aménagement a accompagné l’ensemble des destructions des conquêtes sociales. Fin 2007, la veille du conflit annoncé des cheminots, la direction confédérale, par l’intermédiaire de Thibault récidive. Reçus par Xavier Bertrand, Didier Le Reste et Bernard Thibault firent le recul nécessaire : la négociation pouvait se dérouler dans chaque entreprise, recul qui entérinait la position gouvernementale dès le début. Les déclarations de B. Thibault ont été largement relayées par les médias des monopoles et d’Etat. Le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant pouvait alors « saluer la position du secrétaire général de la CGT » : « Il a fait en sorte de dénouer la crise dès le premier jour du conflit » ! La grève des cheminots et agents des transports urbains de 9 jours a été exemplaire (2007). Cependant, abandonnés par leurs centrales et sans mot d’ordre ferme de retrait du projet de liquidation des régimes spéciaux (à l’exception des sections CGT les plus combatives et de Sud), les grévistes ne pouvaient vaincre. Lors de ce dernier important conflit des cheminots fin 2007, les bureaucraties syndicales surenchérissaient comme aujourd’hui dans les paroles lénifiantes et rassurantes pour le pouvoir. Didier le Reste dénonçait « l’instrumentalisation à des fins politiciennes d’un conflit social » et appelait à une « table-ronde direction SNCF/syndicats ». Le dirigeant de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly déclarait pour sa part : « Nous ne sommes pas dans un mouvement anti-Sarkozy de caractère politique », FO appelait à des négociations séparées « compte tenu des particularités de chaque régime », gommant au passage la volonté du pouvoir de liquider l’ensemble des régimes spéciaux excepté celui des forces de répression. La CFDT par la voix de François Chérèque ajoutait (alors que les étudiants s’opposaient à l’autonomie des facs) : « S’il y a un mélange des mouvements entre les régimes spéciaux, les fonctionnaires et je ne sais qui encore, on se réserve le droit de se retirer du mouvement de grèves ». Ce que la CFDT fera sans qu’il y ait pour autant la jonction de tous les mécontentements. Propos significatifs d’une crainte par-dessus tout d’un « débordement » qui mettrait en péril la légitimité des chefs syndicaux. Il y a ici une claire subordination des intérêts revendicatifs des travailleurs au sort et pouvoir de la bureaucratie. Le refus de toute politisation (alors que le gouvernement la revendiquait) et de toute globalisation du mouvement, alors que dans le même temps 55 contre-réformes détruisaient toutes les conquêtes sociales arrachées par nos aînés au prix de dures luttes de classes, relèvent du crétinisme apolitique et de la collaboration de classes. Le syndicalisme d’aménagement « rassemblé » rejette toute stratégie d’affrontement social et politique avec le gouvernement et sa politique : pourtant la plus réactionnaire depuis Vichy. Les bureaucraties craignent par-dessus tout un mouvement de masse spontané type 68- que la politique antisociale et anti-ouvrière de Sarkozy et du capital peut engendrer à tout moment. Mouvement de masse que les centrales ne pourraient contrôler et qui serait susceptible d’entraîner une rapide et massive prise de conscience de leur fonction de soutien social dans la mise en œuvre de la politique néolibérale du capital, de leur trahison du mouvement revendicatif.
Printemps (PARIS).
Des salariés du Printemps Haussmann ont occupé le vendredi 17 octobre le magasin parisien pour dénoncer "les déréglementations à répétition" décidées par leur direction en matière d'horaires, "pour des salaires ridicules".Les salariés des Galeries Lafayette, situées non loin de là, ont également appelé à la grève et à un rassemblement contre les projets de la direction d'extension des horaires nocturnes et de multiplication des ouvertures les dimanches. Au Printemps, 120 à 130 salariés, en grande majorité des femmes, ont défilé avec drapeaux et banderoles à l'intérieur du magasin Homme, en criant "Non aux 21H !" et "Tous ensemble, tous ensemble, ouais, ouais !", à l'appel d'une intersyndicale CGT, CFDT, FO, Unsa. "Le 21 juillet 2008, changement d'horaire de fermeture: le printemps fermait à 19H00, aujourd'hui, c'est 20H00, contre l'avis unanime du comité d'établissement et de la grande majorité des salariés" et "Maintenant, notre nouvelle direction, sous prétexte de pseudo concurrence, voudrait nous faire travailler jusqu'à 21H00 durant un mois (du 24 novembre au 23 décembre)", pouvait-on lire sur des tracts distribués aux clients. "Cette ouverture tardive va peut-être dépanner des gens qui ont des sous, mais ça va pas forcément rapporter plus au magasin", a déclaré Brigitte, "à la caisse depuis 30 ans et toujours au Smic".
"Travailler plus pour des salaires ridicules, Non !", proclamait un autre tract. Une autre travailleuse, également payée au Smic, a souligné les contraintes du métier, "debout toute la journée", souvent penchée vers une cliente pour lui montrer une crème ou un parfum. "C'est un métier difficile et il y a déjà des problèmes d'effectifs : ils n'ont qu'à embaucher!", a-t-elle ajouté. Une autre vendeuse a expliqué qu'habitant en banlieue parisienne, comme nombre de ses camarades, une fermeture à 21H00 la ferait arriver chez "vers 22H30", "car je ne pourrais pas attraper que le train de 21H31 à Saint Lazare".
La baisse du taux de profit (cause permanente et structurelle de la crise mondiale du capitalisme) pousse les conseils d’administration des monopoles et les Etats à leur solde à accentuer l’exploitation et à élargir la base de l’exploitation. Ils veulent nous faire travailler plus de jours, plus d’heures et plus d’années en gagnant moins ! Sarkozy tient bien cette feuille de route donnée par les multinationales en nous proposant le travail le Dimanche, le travail jusque 70 ans, 41 puis 42 annuités pour une retraite à taux plein, la semaine à 65 heures maximum au lieu de 48 heures (entérinée par l’Union Européenne), la fin des 35 heures (même annualisés)…
Nous soutenons le combat des travailleuses des grands magasins et des commerces qui devront faire le lien avec tout le peuple-travailleur et en plaçant au centre, l’intérêt commun de tous les travailleurs et leurs familles à ne travailler ni le Dimanche ni le soir, à revendiquer de véritables 35 heures avec une demi-journée de repos dans la semaine (pour faire ses courses par exemple !), en plus du week-end et sans diminution de salaires.
Pour cela et les augmentations de salaires (300 euros nets, 1600 euros nets pour le Smic), tapons dans les coffres forts du Printemps, Galerie Lafayette et autres monopoles, des banques et de l’Etat ! Pour cela, tout ensemble, organisons nous pour faire reculer les patrons, leur gouvernement et leur Etat !
Linpac Tarascon (emballage, MARSEILLE).
Les 127 salariés de Linpac Tarascon (Bouches-du-Rhône), fabricant de barquettes alimentaires, sont en grève depuis vendredi 24 octobre pour protester contre la décision de la maison mère britannique de fermer ce site. "A partir d'aujourd'hui, nous occupons aussi les locaux pour surveiller que le matériel reste en bon état", a déclaré Ahmed le délégué CGT. La direction du groupe refuse toute solution alternative à la fermeture du site", regrette Ahmed selon qui Linpac, géré par le fonds d'investissement britannique Montagu, a annoncé sa décision fin juillet, "prenant prétexte de coûts de production élevés et d'une concurrence féroce". La production de Tarascon devrait être transférée sur d'autres sites du groupe, en Allemagne, Espagne, Italie et Pologne. Selon la CGT, le site de Tarascon peut rapidement revenir à l'équilibre financier si le groupe décide d'augmenter sa production. Le syndicat s'étonne par ailleurs du refus de la direction de communiquer des éléments sur une offre de reprise qu'aurait formulée un groupe scandinave. Les salariés avaient retenu le directeur du site lundi 27 pour exiger des réponses de la direction du groupe. Linpac emploie 9.000 personnes dans le monde et réalise un chiffre d'affaires annuel d'environ 1,4 milliard d'euros et d’importants bénéfices.
Nous saluons la détermination et l’organisation exceptionnelles des travailleurs de Linpac qui doivent tenir bon et créer un comité local de défense de l’emploi avec toute la population du bassin. Solidarité nationale avec les travailleurs en lutte pour sauver nos emplois ! Nationalisation sans indemnités des monopoles qui délocalisent !
Commission ouvrière et d’entreprise de l’URCF