Avec les « obstinés » des Universités,
de la Maternelle au Supérieur,
front de lutte pour défendre le service public d’éducation !
L’URCF salue et soutient pleinement les mobilisations des travailleurs du Supérieur et des étudiants, toujours aussi déterminés, après 9 semaines de lutte, à obtenir l’abandon des contre-réformes de Darcos et Pécresse, et l’abrogation de la loi LRU.
Le gouvernement a beau tenter de jouer le pourrissement du mouvement, avec la complicité de médias aux ordres, la mobilisation ne faiblit pas ! Pour preuves les manifestations du 2 avril, qui ont été massives ; les blocages et occupations de facultés, majoritairement en grève ; les démissions collectives de responsabilités administratives, la déclaration de la Coordination nationale des Universités, en date du 6 avril ; le calendrier d’actions pour le mois d’avril, avec notamment un « Tour de France des obstinés », le contre-sommet de Louvain le 28 avril, et les manifestations unitaires du 1er mai…
Les militants de l’URCF sont aux côtés des étudiants et des salariés qui, par leurs actes de résistance légitimes, montrent leur détermination à défendre l’Université et la Recherche publiques.
A lire ci-dessous, l’analyse de cette lutte, publiée dans le dernier numéro d’ Intervention Communiste, organe de l’URCF.
Ensemble contre la casse du service public d’Éducation et de Recherche !
Depuis le 2 février, l’écrasante majorité des personnels universitaires et étudiants est en grève illimitée.
Mouvement historique par sa durée et sa créativité, par les convergences interprofessionnelles qu’il a su créer au sein des coordinations et par la prise de conscience atteinte, en refusant une Université et une Recherche sacrifiées sur l’autel des profits.
Ces travailleurs et étudiants en lutte demandent le retrait des récents projets Pécresse et Darcos, dont le but est d’accélérer le processus de démantèlement et de privatisation déjà bien engagé depuis la loi LRU (« Liberté et Responsabilité des Universités ») de 2007. Cette loi organise la mise en concurrence entre universités par le recours aux fonds privés, transformant les Présidents de faculté en «chefs d’entreprise ». Elle avait déclenché une mobilisation importante des étudiants, soutenue par l’URCF. La LRU n’a pu être repoussée, en raison du rapport de force encore insuffisant, et les conditions d’études se sont encore dégradées.
Depuis novembre 2008, la « loi Pécresse » a accouché de nouveaux projets :
- suppression de 1 030 postes accentuant le désengagement de l’Etat
- modification du statut des enseignants-chercheurs, les mettant à la merci des intérêts financiers et idéologiques du marché unique de l’enseignement supérieur en Europe. Ainsi, le savoir et la recherche sont subordonnés aux besoins du Capital, à la fois parce que l’enseignement supérieur devient une marchandise comme les autres, et aussi parce que le savoir devient un simple savoir faire immédiatement utilisable par les entreprises et l’idéologie bourgeoise.
- suppression de 380 postes au CNRS, et multiplication des recrutements précaires échappant au contrôle scientifique de cet organisme public dès lors gravement menacé de démantèlement.
Enfin, le projet commun aux deux ministres Pécresse et Darcos, dit de « masterisation », concernant la formation des professeurs, contient tous les éléments du dynamitage du statut d’enseignant fonctionnaire. Ils n’auraient plus droit à l’année de stage rémunéré ni à une formation digne de ce nom
via l’IUFM. Quand on sait que les postes offerts aux concours ont été réduits d’un tiers depuis 2005, on voit la finalité de l’opération : que les détenteurs du « master professionnel » ayant échoué au concours - donc les plus nombreux - alimentent le vivier de précaires destinés à l’Ecole publique ; que les concours nationaux soient supprimés à terme ; enfin, la « revalorisation proposée » ne l’est que sous forme de revalorisation individuelle et de nouvelles divisions corporatistes.
On voit l’enjeu d’une telle contre-réforme pour le pouvoir, et la raison pour laquelle Darcos a fait semblant de reculer le jeudi 12 mars, par l’annonce trompeuse de son report. Les universitaires et étudiants ne sont pas dupes, et ils poursuivent leur mouvement, en travaillant d’arrache-pied à la construction d’un front unitaire « De la Maternelle à l’Université », pour sortir de la situation de pourrissement recherchée par les ministres. Le mouvement s’est heurté aux freins créés par les mesures répressives prises à son encontre (fermetures de facultés, notamment, pour empêcher la tenue des AG), mais aussi par les atermoiements des directions nationales de la FSU et du SNES, qui, sur la pression de leur base, ont dû concéder l’appel à des journées de mobilisations.
L’URCF salue les travailleurs et étudiants engagés dans cette lutte exemplaire. Ses militants agissent pour favoriser les convergences, afin que la victoire soit au bout : pour sauvegarder l’Université et la Recherche publiques, en l’orientant toujours plus vers les intérêts démocratiques et ceux des travailleurs.
Construisons ensemble le front de lutte, qui seul pourra faire reculer les ministres, fossoyeurs du service public d’éducation.
Les étudiants en lutte
Dans un entretien radiophonique et avec fracas, Mme Pécresse claironna récemment :
«L’enseignement supérieur est une priorité du gouvernement». Le décret avait pour objectif d’imposer une gestion « type ressources humaines », afin d’individualiser les carrières et les études. En effet, la loi LRU constitue un palier indispensable vers la privatisation totale de l’Université. Comme le déclare le président de la Sorbonne Paris IV (qui n’a rien d’un progressiste) :« Ces contre-réformes sont les attaques les plus graves contre l’école de la République depuis Vichy ».
D’une manière générale, à l’origine de la mobilisation étudiante, on trouve l’exaspération produite par des conditions matérielles de vie et de travail scandaleuses, mais aussi le mépris gouvernemental pour le savoir, dont l’illustration la meilleure est sans doute la location des amphithéâtres de la Sorbonne à des entreprises privées pour le tournage de films ou de séries, des défilés de modes, ou encore pour des conférences néo conservatrices pour banquiers vieillissants et bourgeois du quartier latin. Au demeurant, les étudiants et les professeurs sont soumis à des fouilles humiliantes et quotidiennes pour entrer à la Sorbonne dont l’accès leur est progressivement restreint. Sa bibliothèque fermera à la fin de l’année universitaire pour une durée indéterminée ; aussi, de sérieuses menaces planent sur les sciences humaines à Paris I, puisqu’il est question de transférer certains de ses enseignements ailleurs.
Plus précisément et à l’échelon national, les étudiants sont mobilisés contre la hausse prévue des « droits d’inscription », la création d’enseignements privés, la ruine du caractère national et scientifique des diplômes avec leur définition par chaque université sous l’influence croissante de leurs financeurs privés et locaux. Bref, ils sont mobilisés contre la mise en concurrence libérale des universités et contre les conséquences de cette même LRU couplée au « Plan licence », imposant notamment aux étudiants de toute licence une «découverte du monde de l’entreprise» capitaliste par l’intermédiaire
de stages non rémunérés dès la deuxième année.
Pour toutes ces raisons et tant d’autres à peine évoquées, les étudiants joignent leurs revendications à celles des universitaires et des personnels administratifs, dans un mouvement de résistance exceptionnel.
Voyous et assistés du CAC 40, hors de nos facs,
pour une université démocratique, publique !
Taxons le Capital sans contrepartie,
pour la gratuité de l’enseignement supérieur et le développement de la recherche !