SOLIDARITE DE CLASSE AVEC LES GREVISTES DES NMPP !

 

Le jeudi 30 octobre, la presse quotidienne n’a pas pu sortir en raison de la grève des travailleurs des NMPP. La FILPAC-CGT  (Fédération des travailleurs des industries du livre, du papier et de la communication) n’a pas appelé « à la non parution des journaux », euphémisme pour désigner la grève de leurs affiliés.

Le secrétaire général de la FILPAC  a déclaré : « Ceux qui veulent (la grève) prendront leurs responsabilités ». Le SGLCE-CGT (membre de la FILPAC) a été à l’origine du déclenchement de la grève des ouvriers de la distribution de la presse, riposte à un plan patronal de « restructuration ».

Le communiqué de la FILPAC mérite d’être cité : « Elle n’appelle pas à une non parution des titres quels qu’ils soient (quotidiens payants et gratuits, périodiques) mais à la mise en place immédiate de la solution négociée par les responsables syndicaux parisiens ».

Ce conflit contre les monopoles de presse se double, comme de plus en plus souvent, de l’affrontement entre deux conceptions du syndicalisme.

Conformément à la ligne confédérale, certaines directions prônent, en théorie et en pratique, un syndicalisme d’aménagement des décisions capitalistes et gouvernementales. Leur « pratique » principale se tourne autour de la « concertation » et de la négociation entre « partenaires sociaux », négociations séparées de la construction préalable du rapport de forces  par la grève, arme éprouvée des travailleurs pour se défendre au quotidien.

Le résultat est connu  : abandon et trahison des revendications et intérêts populaires, les « négociations » débouchent inévitablement sur l’entrée en vigueur des mesures gouvernementales et patronales.

L’autre tradition et ligne syndicale - celle exprimée de plus en plus souvent par la base de la CGT- est celle de la dénonciation, à partir des positions de classe, de telle ou telle mesure,  restructuration, réforme du pouvoir, puis de la mobilisation salariale et enfin de la grève.

Cette identité de classe et de masse du syndicalisme a prouvé son efficacité dans le passé, dans les durs combats opposant classe ouvrière et patronat, pour les droits sociaux et syndicaux, les salaires, les conditions de travail des salariés.

L’abandon volontaire de cette stratégie, préparée par la mainmise sur la CGT d’une couche sociale « au-dessus des travailleurs » - bureaucratie syndicale intégrée au système capitaliste-  se traduit par la collaboration de classes, prélude à l’accompagnement de la casse de toutes les conquêtes sociales gagnées par nos aînés.

Où est l’indépendance syndicale, quand à chaque réforme réactionnaire gouvernementale, les directions bureaucratiques syndicales se positionnent non pas sur le rejet de la contre-réforme (puisqu’elle aggrave l’ordre existant), mais sur la discussion de tel ou tel point, en avalisant l’ensemble !

Que devient le syndicalisme, quand les bureaucraties qui dirigent les diverses centrales refusent toute extension des luttes, toute manifestation de solidarité de classe, toute stratégie de convergence des luttes autour des revendications fondamentales communes ?  

Jusqu’ici, la base combative de la CGT et des autres syndicats n’a pas été assez forte et puissante pour bousculer les appareils sclérosés, mais nul doute que ce n’est que partie remise.

Confrontés aux dures conséquences de la crise (chômage croissant lié aux licenciements, fermetures d’entreprises, temps partiels imposés par la flexibilité, lois anti-grèves, allongement de la durée du travail et de carrière), les travailleurs, pour survivre, ne manqueront pas de rejeter la stratégie patronale et gouvernementale consistant à faire payer la crise aux travailleurs, et non à son fauteur : l’oligarchie financière et bancaire.

La FILPAC-CGT est même allée plus loin en se désolidarisant de la grève du  SGLCE-CGT, en évoquant une  « faute syndicale » !

Les monopoles de la presse, dont on connaît le rôle de relais de l’Etat capitaliste pour orienter l’opinion publique dans la voie de la résignation et de la soumission à l’avalanche de mauvais coups anti-ouvriers et anti-sociaux, se sont engouffrés derrière la position de la FILPAC pour accentuer la division et faire avaliser le plan patronal de liquidation des emplois. Leur objectif immédiat est de promouvoir une campagne anti-grève avec l’aval des « jaunes » briseurs de grève.

Le syndicat patronal de la presse (SQPN) salit la grève des travailleurs des NMPP (on n’en attendait pas moins d’un patronat de choc) en parlant des « auteurs des exactions », « d’action d’arrière-garde  d’autant plus nocive ».

Le directeur du « Monde » Eric Fottorino  écrit : « Empêcher la parution d’un quotidien est un acte grave, surtout s’il est le fruit d’une action sauvage menée au mépris de tout respect des règles établies ».

Laurent Joffrin de « Libération » dénonce la « violence » employée selon lui par les grévistes « qui n’hésitent pas à employer la force physique pour s’opposer à la distribution des journaux  (…) on n’est plus dans le syndicalisme, on est dans la prise d’otages ».

Le directeur du « Figaro », l’ancien responsable de TF1, Etienne Mougeotte, dans un éditorial titré « Ca suffit ! »  trempe sa plume dans le fiel : « La grève d’hier comme les précédentes est purement politique (Est-ce un délit ? La presse ne fait-elle pas de politique ? Poser la question c’est y répondre. Note de l’URCF). Elle vise ni plus ni moins à maintenir un bastion syndical  (…) empêcher par la force, la parution des quotidiens d’opinion est une atteinte intolérable à la liberté d’information contre laquelle tous les citoyens doivent se mobiliser  quelle que soit leur opinion politique… Messieurs les casseurs, ça suffit ! »

Il est donc indispensable de percer le mur du mensonge, de dénoncer la Sainte-alliance patronat/ syndicalisme d’accompagnement, la volonté réitérée d’appeler à l’ « union sacrée » contre les grèves, de refuser l’isolement de nos camarades des NMPP.

L’URCF exprime sa totale solidarité de classe avec le combat mené par les ouvriers du livre des NMPP qui s’opposent au plan patronal baptisé « défi 2010 » qui prévoit, afin de réaliser le maximum  de profits, la fermeture  et la délocalisation des centres de distribution, ce qui supprimerait 10% des emplois (350 sur 3000) sous couvert de « départs volontaires à la retraite ». Les ouvriers du livre ont raison de se battre pour le développement de leurs activités, pour le maintien de tous les emplois et leur remplacement au moment de la retraite par de jeunes salariés.

L’URCF dénonce la position de collaboration de classe de la direction  de la FILPAC, comme contraire aux intérêts des travailleurs.

Contre le syndicalisme d’accompagnement et ses résultats néfastes pour le  monde du travail, il faut appuyer toute résistance, c’est la raison pour laquelle l’URCF appelle les travailleurs et ses adhérents à soutenir et à participer au meeting de « rassemblement interprofessionnel à l’appel de l’USTM-CGT Nord/Pas-de-Calais, du CGT-E SUD (Dalkia), de « Continuer la CGT » et des autres collectifs de défense du syndicalisme de lutte et de masse, à Paris le 29 novembre.

 

URCF commission ouvrière et d’entreprise. Le 3 novembre 2008 
 
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